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Pommerat au Pays des merveilles sombres

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Pommerat
Les Petites Filles modernes Les Petites Filles modernes (titre provisoire) - © Agathe Pommerat

Peut-on être sauvé parce qu’une boîte n’a pas été ouverte, parce qu’on n’a pas soulevé le couvercle d’un puits sans fond, pas avancé vers le vide, pas ouvert les portes successives du long couloir qui révèlent les morts anciennes ? Peut on être sauvé parce qu’on a maîtrisé ses fantasmagories ? 

Ne pas ouvrir les boites. Contrairement à Cendrillon, un des chefs d’œuvre de Pommerat, Les Petites filles modernes ont intérêt à tenir leur promesse et à trahir leurs parents. Leur monde imaginaire est aussi menaçant que leur réalité mais leurs fragilités sont dissymétriques : l’une, incontrôlable, est victime de la violence de ses parents, mais bien ancrée dans le réel : l’autre paniquée, est en proie à un imaginaire envahissant qui lui fait douter de tout, sauf… de son amie qu’elle aime d’amour. 

Aimer et avoir peur

Comme dans Contes et Légendes il est question de la violence de l’adolescence, celle qu’elle subit, celle qu’on lui fait subir. Du rejet social, de l’ambiguïté sexuelle, de l’amour immature, du désir homosexuel. Mais dès la première image, somptueuse, on ne sait pas, littéralement, où s’arrête la scène et où commence l’illusion. 

Dans une scénographie d’une virtuosité époustouflante, Pommerat sculpte les espaces sans aucun projecteur : la vidéo seule éclaire des murs noirs et quelques tulles qui bougent à peine, mais figurent pourtant une infinité de lieux, dont on ne saura jamais si les petites filles les traversent vraiment, ou si elles les rêvent. Les deux, peut-être ? 

Jamais le théâtre de Pommerat n’avait autant ressemblé à la projection sur scène d’images mentales. Lorsque les voix des comédiennes spatialisées circulent autour de nous, lorsqu’on distingue à peine leurs murmures et que la voix off (mais qui est ce narrateur ?) prend le relais, lorsque des lignes et des signes circulent sur une surface qu’on n’avait pas perçue, lorsque tout change en un instant. Le temps, à peine, de cligner des yeux. 

Miroirs et passages

Comme dans un univers réversible deux histoires nous sont contées. Celle des jeunes adolescentes, et celle d’un couple extraterrestre dont l’une est enfermée dans une boîte (celle qu’il ne faut pas ouvrir ?) et l’autre vieillit pendant 100 ans. Tous, interdits d’aimer, se cachent, inventent, sombrent, se sauvent, chaque désir nouveau invalidant le désir précédent, chaque peur se combattant en prenant conscience de son caractère illusoire. 

Frôlant comme toujours la mort, les adolescentes modernes sortiront finalement de leurs fantasmes et de leurs angoisses, toujours aussi liées l’une à l’autre, prêtes à repartir vers d’autres inventions, mais ayant échangé leurs voix et leur corps en traversant les surfaces et en plongeant dans des puits profonds. Tunnel d’Alice, portes de Barbe bleue, sommeil de 100 ans, ours et blanc et tigre peluche, chanteur adulé, manoir hanté, animaux bavards, parents sataniques semblent, au terme du voyage, exister encore dans leurs fantasmes, mais ne plus déborder dans le réel. Comme si nos imaginaires étaient des boîtes de Pandore à garder dans nos poches, soigneusement fermés. 

AGNÈS FRESCHEL

Les Petites filles modernes a été créé à Châteauvallon du 24 au 29 avril.

Retrouvez nos articles Scènes ici

Jean-Baptiste Mees : œufs, bacon, et tout le reste 

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(C) 529 dragons

Tout commence par une éclipse solaire qui captive tous les habitants de Montréal. Sans doute celle d’avril 2024, l’éclipse du siècle. On en parle, on la regarde avec des lunettes de protection. Cris de joie. Applaudissements de la foule réunie dans le parc Jeanne-Mance. Visages tournés vers l’astre qui disparait, en gros plans. Des visages filmés de près, on en voit beaucoup dans le film de Jean-Baptiste Mees. Ceux des habitués de deux lieux de Montréal, le Corvette et le Nouveau Canada Hot-Dog ; des lieux où l’on peut encore manger des œufs et du bacon !

 « Autrefois, à Montréal, c’était facile de trouver des restaurants où on pouvait trouver des œufs et du bacon. Maintenant, c’est des cafés avec des croissants et des muffins », constate Denise Laroche, qui déplore le côté « hautain » de ces cafés. Car dans les retaurants, on se sent bien. On y mange, on parle, on picore dans l’assiette de son voisin de table, on se confie : regret de tout ce qu’on n’a pas fait dans sa vie, aller camper, partir en road trip avec quelqu’un. On joue aux mots fléchés. On est là pour essayer de s’échapper du trou de l’isolement. Langage des yeux, langage des signes, visages qui sourient, visages tristes, entrevus dans les reflets, filmés parfois de l’extérieur où la neige amortit tous les bruits, enveloppant ces lieux de vie tels des cocons. Portraits esquissés, comme des fragments de vie qui nous parlent de solitude  mais aussi de chaleur humaine. Des fragments que Jean-Baptiste Mees a su capter avec sa caméra Super 8 avec beaucoup de douceur et d’amour.

ANNIE GAVA

Jean-Baptiste Mees est venu présenter jeudi 24 avril au cinéma La Baleine son film documentaire La journée qui s’en vient est flambant neuve. Entretien

Jean – Baptiste Mees (C) Nikita Thevoz

Zébuline. D’où vous est venue cette idée de film ? 
Jean-Baptiste Mees. L’idée vient de ma rencontre avec le restaurant ; j’y suis entré un jour d’hiver. Je venais d’arriver à Montréal, j étais un peu perdu. Il neigeait et ce resto m’a appelé, ce genre de resto qu’on voit souvent dans le cinéma américain. J’y suis allé régulièrement le matin et j’ai eu envie de filmer ce que j’y voyais. C’était lié aussi à la lecture de poésie québécoise contemporaine. Comme de la poésie directe. J’expérimentais en film Super 8 et 16. J’ai eu envie de créer des récits du matin avec la contrainte du Super 8 dans cet espace-là.

Il y a deux lieux ; les deux restaurants Le Corvette express et le New Canada Hotdog à 49 minutes à pied l’un de l’autre. Pourquoi ce choix ?
Absolument. Je me suis rendu dans plusieurs restaurants et très vite j’ai fait des prises de son. Quand je sortais le micro, les gens venaient vers moi. Des gens qui avaient le désir d’une rencontre et qui ont pris le micro. Très vite, j’ai eu des rencontres importantes dans ces deux resto qui ont quelque chose en commun : des restaurants -déjeuners qui ont une tradition d’hospitalité mais tendent à disparaitre dans cette ville qui se gentrifie beaucoup. Je n’ai pas eu envie de choisir entre les deux. De plus, j’ai rencontré Denise, la dame mal entendante, qui fréquentait les deux. Cela m’a conforté dans l’idée dans mon désir de filmer les deux lieux.

Tourner en super8 a été un choix dès le début ? Filmer en pellicule veut dire une économie de plans à l’inverse du numérique. Comment avez-vous géré cela ?
Avant je tournais en numérique et j’ai eu envie de briser cela. Avant d’arriver à Montréal, j’avais expérimenté le Super 8 et le 16 dans une société de production, Main Films. J’ai très vite compris qu’avec la contrainte de la durée du film – une bobine, c’est 2 minutes 30 – j’allais toucher à une écriture plus fragmentée, plus poétique et que ça m’emmenait ailleurs. Tourner en numérique n’aurait pas donné le même film. On a une succession de rencontres avec des gens qui reviennent. Il y a une empreinte très forte de ces moments-là. 

Apparaissent une vingtaine de personnes dont certaines deviennent Personnages Quel pacte documentaire avez-vous passé avec eux ?
Je me suis rendu compte que je filmais les gens qui m’avaient interpellé. J’ai tourné pendant deux ans et ceux qui sont au cœur du film sont venus à moi. J’ai fait du son seul, je venais régulièrement prendre mon petit déjeuner. Je filmais peu. Je me suis présenté aux gens qui se sont habitués à ma présence et c’était comme si j’avais rendez vous avec eux.  Ce restaurant est un espace de solitudes : seul ensemble, seul à plusieurs .Parfois une petite brèche s’ouvre. J’aime ce moment où Louise m’interpelle, me plaçant comme une personne dans le film. J’ai l’impression d’avoir fait partie de ce lieu avec ma caméra, de faire partie d’une ville.

Le film commence par l’éclipse solaire : celle d’avril 2024 ? Un autre repère temporel est les incendies de 2023 ou 2024 ?
Les incendies ont tendance à se reproduire de façon véhémente chaque année au Québec. La scène de l’éclipse précède le générique et a une nature un peu spéciale, symbolique. C’est un moment de communion, la promesse d’une journée flambant neuve. Le film est fait de petites histoires humaines mais il y a aussi le Monde qui entre dans le restaurant…

Le titre est aussi celui d’une chanson de l’album Astronomie du groupe Avec Pas D’Casque.
J’avais parlé de l’idée balbutiante du film à mes colocs et l’une d’entre elles m’a fait écouter cette chanson ; le titre plus que la chanson m’a marqué et a été une direction pour la fabrication du film. Je filmais tôt le matin et ce à quoi je tends, c’est la possibilité d’une journée flambant neuve : un moment entre la nuit et le jour qui n’a pas encore commencé. Un moment où on puise de l’énergie, où on se réajuste.

Vous pouvez nous parler du choix de la musique composée par Abéle Kildir et Cassandre Henry ?
Cassandre est une amie d’une de mes colocs. C’était super de travailler avec ces deux musiciennes. J’avais le désir d’une musique organique qui vienne raconter qu’autour de la nourriture, qu’autour de ces regards il se passait quelque chose de beau. Une sorte d’épiphanie dans la journée.

L’impression que j’ai ressentie en voyant ce film est à la fois une grande solitude et une grande chaleur humaine : c’est cela que vous ressentiez vous même ?
J’arrivais dans une ville que je ne connaissais pas, un moment de changement important dans ma vie. J’ai eu l’impression de trouver une sorte d’assise. Je me suis assis dans ce restaurant, j’ai fait un film en le fréquentant. Des sentiments que je reconnaissais et que j’ai eu envie d’explorer.

ENTRETIEN REALISE PAR A.G.

La journée qui s’en vient est flambant neuve, produit par le réalisateur et producteur Régis Sauder de la société de production marseillaise 529 Dragons a été sélectionné à Visions du réel et au Festival de Cinéma de Brive.

Propager toutes les dimensions du son 

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propagations
Musique Fiction © Quentin Chevrier

Le Centre national de création musicale (CNCM) est le plus important de France après l’Ircam parisien (dont plus personne ne sait que l’acronyme désigne un Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique). Historique, créé par un collectif de compositeurs dès 1972, il a été labellisé par l’État dès la création des CNCM. Ouvrant depuis toujours de nouvelles voies à la musique, le GMEM (dont plus grand monde ne sait que l’acronyme désigne Groupement de Musiques Expérimentales de Marseille) a accompagné, et parfois déclenché, les évolutions musicales et culturelles de son temps.  

Christian Sébille, arrivé à la direction en 2011, a en quelques années opéré des révolutions notables : la fusion avec le GRIM (dont on a oublié que l’acronyme désignait un Groupe de Recherches et d’Improvisations Musicales) de Jean-Marc Montera, l’installation à la Friche La Belle de Mai, la construction du spectaculaire Module, la multiplication des résidences de création et l’instauration de rendez-vous réguliers, les Modulations, sont allés de pair avec l’arrivée en nombre de compositrices et créatrices sonores, ainsi que d’une approche du son plutôt que de la note, de la singularité plutôt que des chapelles, et du partage des territoires avec les autres arts, en particulier la littérature.

En balade

La 5e édition de Propagations propose huit créations originales et une trentaine d’événements adaptés aux huit lieux qui les reçoivent. Le grand plateau de La Criée est parfait pour accueillir le premier opéra de Philippe HurelEspèces d’espaces, d’après l’essai de George Perec, joué par l’ensemble Court Circuit avec la soprano Élise Chauvin et le comédien Jean Chaize. Un opéra des objets, sonores et vocaux, mais aussi physiques et projetés, construisant une « espèce » d’histoire, un « espace » oulipien.

Au Couvent, lieu moins officiel, un concert Emergence, en entrée libre, composé et joué par les élèves du Conservatoire et ceux de la Cité de la Musique, mais aussi la classe de composition de Graz (Autriche). 

Au 3bisF, une forme à la mesure du théâtre résolument pluridisciplinaire et atypique : Soizic Lebrat et deux autres violoncellistes jouent Bach to 3D, accompagné·e·s par une danseuse preneuse de son, Alice Duchesne, pour une performance qui s’écoute au casque et déploie les pages de Bach dans l’espace, dessinant d’infinis triangles… Une spatialisation du son qui prendra le caractère d’une dissection au Zef : dans Anatomia la pianiste Claudine Simon commence par jouer les Funérailles de Liszt, signant ainsi la fin de son instrument, dont elle désossera peu à peu les structures, jouant des cordes, des marteaux, jusqu’à retrouver un nouvel usage des pièces…

C’est la fondation Camargo de Cassis qui recevra la création de Fabrizio CassolLorenzo Bianchi et Adèle Viret. Les trois compositeurs, respectivement au saxophone, violoncelle et voix fusionnent les sons, les textures et les timbres à la recherche de la note perdue. Notes on the memory of notes, un voyage immersif en quête du souvenir de la mélodie…

Au Klap, la danse, bien sûr : Rebecca Journo et Mathieu Bonnafous performeront Bruitage,la danseuse déclenchant par le geste les sons que le compositeur prolonge. Puis un quintet chorégraphié par Mélanie Perrier explorera unissons et décalages sur la musique de Thierry BalasseJusqu’au moment où nous sauterons ensemble.

Dans le foyer de l’Opéra, la voix ! La soprano Mathilde Barthélémy explore les Espaces blancs, les paysages anonymes que l’on traverse et qui s’effacent avec les mémoires. Une « cartographie du sensible », conçue avec la plasticienne Nina Bonardiet et la compositrice Claudia Jane Scorraro.

À La Friche

Ces partenariats intelligents emmènent la musique de création au cœur de projet de chaque lieu où il trouve refuge. Mais la plus grande partie de la programmation aura lieu à La Friche, dont le GMEM est un résident actif. 

Le Petit plateau sera offert aux compositions sonores des étudiants de la Satis qui dialoguent avec le cinéma expérimental de Javier Elipe Gimeno, puis à Grand8 en 16, un concert d’improvisation sur des projections multiples, en 16mm, de Gaëlle Rouard. Au Grand plateau, Polyphème un concert de gamelan de création, et le grand concert de clôture, Visions,  de l’ensemble Multilatérale.

Littéraire

Mais c’est sans doute dans le Module du GMEM que se tiendra la part la plus originale de cette édition : les Musiques-Fictions de l’Ircam, collection de fictions sonores confiées à un duo auteurice/compositeurice (le plus souvent autrice et compositeur ). Ce sont douze textes, de grands romans souvent, qui seront entendus : Maylis de Kérangal, Marie Ndiaye, Lydie Salvayre, Annie Ernaux, Céline Minard, Erri de Lucas, Nastassja Martin, ou encore Robert Linhardt… mis en musique par des compositeurs aux univers sonores différents, mais qui s’inscrivent tous dans la spatialisation impressionnante du dispositif « ambisonique » de l’Ircam : 49 haut-parleurs accrochés à une voute, au sein desquels une quinzaine de spectateurs s’assoient pour écouter le roman d’un bout à l’autre, entendre les voix, imaginer les visages et les lieux. 

Une mention spéciale à la création qui ouvrira ces écoutes immersives, et le Festival, le 2 mai : Olivia Rosenthal et Christian Sébille créeront En voiture ! une fiction sur l’ambivalence de cet objet de libération et d’aliénation, de Ford à Tesla. 

En voiture ! sera aussi lu-joué en direct par elle et lui à La fondation Camargo. Et toute la collection sera également rediffusée pendant Oh les Beaux jours ! Parce que la création musicale et la littérature ont tout à gagner à adresser ensemble leurs récits concrets à nos oreilles vivantes, et à laisser nos cerveaux recréer les images du monde.

AGNÈS FRESCHEL

Propagations
Du 2 au 11 mai
Marseille, Cassis, Aix-en-Provence

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Montévidéo transposé

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montévidéo
Diaty Diallo © Bénédicte Roscot

Hubert Colas était directeur de trois structures imbriquées : sa compagnie Diphtong, son festival actoral, et son lieu, Montévidéo, que le propriétaire a récupéré après un combat épique et triste. Désormais logé au Couvent de la Cômerie et travaillant à retrouver un lieu d’accueil et de programmation, le directeur dorénavant bicéphale annonce la fusion de Montévidéo et d’actoral. Qui continuera bien sûr son précieux festival de septembre, mais proposera aussi des activités à l’année, sorties de résidences, performances, lectures, concerts, expositions… tout ce qui faisait la saveur incomparable du lieu, et qui essaimera désormais dans la ville.

Le printemps d’actoral a donc commencé à la Cômerie avec une performance de Marin Moher(écriture) et Théo le Moher (musique) et se poursuit le 2 mai par une lecture de Diaty Diallo invitée par Sonia Chiambretto dans le cadre de son exposition Comme un printemps je serai nombreuse [voir ici ] proposée par Triangle-Astérides à la Friche. 

Le lendemain, une « performance vidéo-lecture » (la nomenclature est toujours importante à actoral) de Graine, Lumière, Cuire de Laura Vazquez (écriture) Élise Blotière (vidéo) et Arthur Boval (musique) au Frac-Sud. La performance sera suivie par le lancement du numéro 5 de la revue poétique Tendre, dont Agathe Chevallier et Luz Volckmann liront leurs contributions.

Le 21 mai ce sera le tour de la Revue IF, puis le 28 mai le temps d’un concert de Das Kinn et Mamacita matadora… Montévidéo n’est pas mort !

AGNÈS FRESCHEL

Le Printemps d’actoral
Jusqu’au 28 mai
Friche La Belle de Mai, Frac-Sud, Marseille

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Hune 

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Hune © X-DR
Hune © X-DR

C’est l’histoire d’une jeunesse passée dans la cage d’escalier : tous y passent et tout s’y passe… le temps, les gens… l’attente, l’ennuie, mais aussi les discussions et les engueulades. Hune est un spectacle qui s’inscrit entre danse, théâtre et musique mis en scène et interprétée par Mattia Maggi et Tom Verschueren. 

Dans cette création poétique, les corps en mouvement témoignent de « l’absurdité du quotidien », de choses minimes qui consolident les relations dans les espaces urbains : sur ces marches de béton qui se transforment en lieu d’intimité et de transition. Crée en 2021 par la Cie Paon dans le ciment, programmée par Karwan dans le cadre de la saison RIR, Hune fera escale devant La Major à Marseille, après Cucuron (84) et avant de partir vers les Alpes.

LILLI BERTON FOUCHET

2 mai
Esplanade de la Major, Marseille 
Une proposition de Karwan

Un dimanche aux Aygalades 

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dimanche
© Marine Danaux

C’est un intense Dimanche aux Aygalades qui se trame à la Cité des Arts de la rue en ce joli mois de mai. Comme l’an dernier, le Secours populaire se joint aux festivités dominicales avec son Mondjali Festival, pour y célébrer 80 ans de solidarité internationale. Ambiance joyeuse et chaleureuse à prévoir, autour d’un marché d’artisans, d’une braderie, de stands de restauration du monde, d’animations ludiques… 

Le tout, ponctué d’impromptus artistiques : danse malgache à 10h30, chorale Affrimayé à 15h30, et duo de clowns, mât chinois et scratching à 14h30 (Happy Apocalypse to you par Les enfants sérieux, programmé par Lieux Publics). Et à 16 h, grand tirage au sort de la tombola ! 

JULIE BORDENAVE

4 mai
Cité des arts de la rue, Marseille

180° Ethnologie sonore du milieu de l’élevage 

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180° Ethnologie... © X-DR
180° Ethnologie... © X-DR

De marches solitaires ou collectives en concerts radiophoniques en passant par des écoutes de paysages, Mathieu Delaunay peaufine ses dispositifs sonores au gré de ses rencontres et de ses explorations. Considérant, dans le sillage de la chercheuse Jocelyne Porchet, l’élevage comme « le coeur de notre relation à l’animal et à la nature », et par-delà, au vivant, l’artiste a tendu ses micros à l’écosystème sonore qui englobe le milieu de l’élevage, partageant durant plusieurs semaine le quotidien d’éleveurs des territoires de Gap et d’Apt. 

En résulte une frappante évocation, du pré à l’assiette, restituée en deux temps : un concert in situ en paysage (Face A), suivi d’une mise en bouche sous forme de repas radiophonique (Face B). 

JULIE BORDENAVE

6 mai
Ferme du plateau, Saint-martin-de-Castillon
Une programmation du Vélo Théâtre d’Apt.

Rédemption 

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Redemption © X-DR
Redemption © X-DR

Des lumières électrisantes au son d’une batterie ardente. Dans REDƎMPTION, le chorégraphe et metteur en scène Alexis Jestin mêle musique, empreinte de multiples sonorités, au talent d’interprétation de Jamil Attar. Un artiste complet qui se retrouve pendant 55 minutes, au centre d’un solo-concert entrelaçant nu-jazz (croisement entre jazz, funk et électro) et Drum & Bass (percussions rythmées).

À la fois danseur, musicien et chef d’orchestre, Jamil Attar assure un spectacle percutant rythmé par des mouvements puissants. Le live de batterie s’associe à la composition électronique, réalisée en collaboration avec le producteur Dilemma. Le tout sous un jeu de lumière et dans une ambiance fantasmagorique élaborée par le scénographe Samson Milcent. La suite du programme, c’est au Zef que ça se passe. 

MÉLYNE HOFFMAN BRIENZA

6 mai
Klap – Maison pour la danse, Marseille

Organicitées

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Organicitées © Elodie Matchaa
Organicitées © Elodie Matchaa

Précédée à 19h de REDƎMPTION d’Alexis Jestin à KlapOrganicitées est une chorégraphie signée Marion Blondeau, dont le travail de création explore depuis 10 ans la question des corps féminins et de leurs paroles dans nos sociétés contemporaines. Un spectacle-installation qui vient questionner l’invisibilisation qui s’exerce sur les corps de femmes dit « matures ».

Recouvrant la scène, un tapis blanc rectangulaire aux bords arrondis, sur lequel sont disposés d’étranges masses, et où évoluent trois danseuses âgées de 60 à 70 ans (Marie de Corte, Anne Martin et Coralie Lordier). À travers danse, musique et performance, elles dévoilent leurs corps, affirmant de façon poétique et engagée leur beauté acquise avec le temps, loin des injonctions à une beauté juvénile. 

MARC VOIRY

6 mai 
Zef, Scène nationale de Marseille
En co-programmation avec Klap - Maison pour la danse.

Insuline et Magnolia 

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Insuline & Magnolia © P. Gely
Insuline & Magnolia © P. Gely

Metteur en scène et comédien (dans L’avare de Molière mis en scène par Jérôme Deschamps par exemple), Stanislas Roquette raconte, dans ce seul-en-scène autobiographique, comment il a appris, en pleine adolescence insouciante et joyeuse, qu’il était atteint d’un diabète de type 1. Résultat : piqûres régulières, régime alimentaire restreint et peur qui rôde… « T’es guéri pendant 2h, après, tu vérifies ! ».

Sa rencontre avec Fleur (aujourd’hui disparue) va le sauver de l’enfermement dans la maladie et l’angoisse, en lui ouvrant les portes du théâtre et de la poésie. Il raconte leur histoire commune, exaltée et nourrie de poèmes, et réinvente la langue de Fleur, éprise d’absolu et de découverte. 

MARC VOIRY

6 et 7 mai
Théâtre Liberté, Scène nationale de Toulon