vendredi 13 février 2026
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Lune Jaune 

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lune jaune
© C Dimpre

Le metteur en scène Olivier Barrière adapte le récit de David Greig, Lune Jaune : la ballade de Leila et Lee. Un « Bonnie and Clyde » moderne, où deux adolescents aux tempéraments opposés se rencontrent et se laissent happer par la passion amoureuse. Stag Lee Macalinden, interprété par Thibault Pasquier, est le classique bad boy attiré par une vie criminelle. Leïla, jouée par Marion Banjot, est l’introvertie silencieuse, qui succombe au charme intrépide de Lee, s’imaginant être la nouvelle héroïne d’un thriller empreint de romance. 

Ensemble, ils s’enfuient vers le nord de l’Écosse, aux alentours de Glasgow, sur les traces du père de Lee. La pièce raconte la fragilité d’exister lorsqu’on a 17 ans, tout autant que l’empressement d’embrasser le monde lorsqu’on est adolescent. 

LILLI BERTON FOUCHET

24 avril
Théâtre d’Arles

Rescousse

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rescousse
© X-DR

L’Ouvre-Boîte, tiers lieux géré par la compagnie Théâtre du Maquis à Aix-en-Provence, propose de découvrir ces 24, 25 et 26 avril le duo musical Rescousse, qu’ils accueillent en résidence. Porté par Martin Mabz (fondateur du label indépendant Les Disques Brûlants) et Samy Bé, les deux musiciens se connaissent depuis l’enfance, et forcément, l’alchimie est au rendez-vous. 

De leurs titres comme Rap à la RescousseLa tangente ou Milliardaires, ils naviguent sur des thèmes aussi bien sociaux que des récits personnels. Sur un flow aiguisé, ils riment avec audace et proposent une musique riche en émotion et en réflexion. Un « boucan raffiné » qui se situe entre hip-hop, jazz manouche et percussions du monde. 

LAVINIA SCOTT

Du 24 au 26 avril
Théâtre de l’Ouvre-Boîte, Aix-en-Provence

Dyptique Marc Lainé 

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dyptique marc lainé
© Simon Gosselin

À la fin des années 1960, Paul rencontre Liliane. Leur histoire, mise à mal par leur différence de milieu social et la domination de l’un sur l’autre, s’achève en 1975. Seize ans plus tard, iels se retrouvent le temps d’une balade dans Paris. Marc Lainé raconte ces deux volets de cet amour dans deux pièces, présentées en dyptique au Bois de l’Aune. 

Nos paysages mineurs retrace leurs premières années sous la forme poétique d’un voyage en train, et En finir avec leur histoire suit en temps réel leur déambulation immobile, des années plus tard. Deux temporalités différentes, mais aussi de nombreux point communs, comme le dialogue formel entre théâtre et cinéma, et l’attention portée à la complexité des personnages et au contexte politique. Le tout accompagné au violoncelle par Vincent Segal. 

CHLOÉ MACAIRE

24 et 25 avril 
Bois de l’Aune, Aix-en-Provence 

Being Prey

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being prey
© Pierre Gondard

Une première au Théâtre des Halles avec Being Prey (« être une proie »), spectacle adapté du texte de la philosophe éco-féministe australienne Val Plumwood (1939-2008), où elle témoigne de son attaque par un crocodile marin dans le parc national de Kakadu, et appelle à tisser des liens de continuité entre les mondes matériels et les mondes humains. Un texte faisant écho aux recherches des cinéastes Emmanuel Vigier et Mario Fanfani (fondateur en 2021 du Groupe Dispersion, collectif de cinéastes, comédien·nes, ensignant·es qui travaille au lien entre art et écologie). 

L’idée d’un spectacle vivant naît, travaillé en résidence notamment à Montévidéo à Marseille, puis à Châteauvallon, avec la comédienne Mar Sodupe, dans lequel texte et images se répondent pour questionner la place dominante de l’espèce humaine sur la planète. 

MARC VOIRY

25 avril
Théâtre des Halles, Avignon

Shiver & Dive  

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Dive © Zoé Dumont
Dive © Zoé Dumont

Edouard Hue est un ancien danseur d’Hofesh Shechter, formé à cet art de la vitesse et de l’essoufflement, de la recherche des gestes naturels, pulsés et rapides mais instinctifs. Trouvés dans le sol, dans les tripes et dans la relation au corps de l’autre. Shiver est un duo que le chorégraphe suisse interprète, jusqu’au bout du souffle et du Frisson, avec Yurié Tsugawa.

Dive, sa nouvelle pièce pour six interprètes de sa Beverdam Company, joue des mêmes ressorts et propose une véritable Plongée dans des sentiments divers exprimés à l’unisson ou par des mouvements de groupes enchaînés avec virtuosité, et semblant convoquer un au-delà, ou un en-deçà, du corps et de ses récits. Sur la musique électronique de Jonathan Soucasse, essoufflante elle aussi, qui semble épouser les intentions et le plaisir des mouvements des corps. Pour une date dans le Sud, à ne pas manquer. 

AGNÈS FRESCHEL

25 avril
Théâtre Liberté, Scène nationale de Toulon

Boîte Noire 

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BOÎTE NOIRE
Boîte Noire © Vincent Muteau

Comment la sexualité et ses représentations ont-elles été façonnées depuis 2000 ans ? Boîte Noire, un spectacle de cirque contemporain mis en scène par Coline Garcia, aborde l’histoire de deux millénaires d’inégalités entre femmes et hommes. Dans sa réflexion, elle cherche à aller à l’encontre des stéréotypes de genre, et s’interroge sur la « domination masculine dans la sexualité » : une lutte contre le patriarcat interprété sur scène par les corps de femmes en mouvement. 

Le texte, écrit par Haïla Hessou, rassemble des témoignages, des recherches sociologiques, des récits d’expériences personnelles, pour former avec la performance un « manifeste engagé ». Un spectacle, à partir de 15 ans, qui s’adresse principalement aux adolescent·e·s et aux jeunes adultes dont la perception peut encore être remodelée. 

LILLI BERTON FOUCHET

25 et 26 avril 
Le Pôle, Le Revest-les-Eaux

Mer plastique 

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mer plastique
MER PLASTIQUE - une pièce chorégraphique de Tidiani Ndiaye, avec Eric Nebié, Kaïsha Irma Essiane, Flora Schipper, Souleymane Sanogo et Andréa Semo. Genève, Le Grütli - centre de production et de diffusion des arts vivants. ©Dorothée Thébert Filliger

Des milliers de sachets plastiques colorés envahissent le plateau du Pavillon Noir. Échoués dans ce paysage artificiellement pollué, cinq danseur·euse·s. Iels se démènent au milieu des sachets, les envoient virevolter de leurs gestes amples, se les approprient, les recyclent, les intègrent. Jusqu’à devenir elleux-mêmes d’étranges créatures de chair et de plastique, entre humains et déchets. 

Au Mali, le plastique a envahi de nombreux paysages et les a modifié durablement. Les immenses décharges à ciel ouvert sont devenues des aires de jeu pour les enfants et des lieux de travail toxique pour celleux en charge de les éliminer par le feu. Dans la Mer Plastique, le chorégraphe malien Tidiani N’Diaye explore la relation paradoxale des humains au plastique induit par cette omniprésence. 

CHLOÉ MACAIRE

29 avril 
Pavillon Noir, Aix-en-Provence

Depuis que je suis né 

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Depuis que je suis né © Christophe Raynaud de Lage
Depuis que je suis né © Christophe Raynaud de Lage

Sami, un petit garçon âgé de 6 ans écrit ses mémoires. Dans sa chambre, entouré de jouets et d’objets sonores, il s’amuse à se remémorer les prémices de sa vie pour transmettre son histoire comme son grand-père l’a fait avant lui. Convaincu d’avoir des super-pouvoirs grâce à ses nouvelles connaissances en lecture et en écriture obtenues il y a quatre jours… il teste ses aptitudes qu’il ne maitrise pas très bien encore. Mais, doté d’une très bonne mémoire, il décide de raconter en chanson de sa naissance à ses années maternelles, donnant parfois des explications sur pourquoi les bébés pleurent par exemple. 

Depuis que je suis né est une pièce musicale, du metteur en scène et musicien David Lescot, qui mêle humour et douceur de l’enfance et dans laquelle l’innocence et l’imagination de Sami réveilleront sûrement l’enfant intérieur qui est en nous. 

LILLI BERTON FOUCHET

 22 et 23 avril 
Le Liberté, Scène nationale de Toulon

Simón de la montaña

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@20/20

Un film dérangeant, à la croisée des genres, sur la jeunesse, ses désirs, ses prises de risque. Un regard singulier sur le handicap, la norme et le hors-norme. Et comme l’a promis Ava Cahen, Déléguée générale de la Sélection cannoise, avant la projection, « une expérience immersive » nous téléportant, dès le prologue, dans l’austère Cordillère des Andes, perdus avec un groupe d’adolescents et jeunes adultes neuro-atypiques, au cœur d’une violente tempête qui gronde et hurle, bouscule les corps, brouille les réseaux et floute l’image de poussière. C’est de cette errance, hautement métaphorique, et de ce trouble que va surgir la figure du protagoniste, Simón que la caméra portée ne lâchera plus guère.

Simón a 22 ans. Il vit, entre sa mère lasse et son beau-père déménageur qu’il aide dans ses tournées. Son domicile se trouve près d’un Centre de jour pour jeunes déficients mentaux, qu’il cherche à intégrer bien que n’ayant aucun trouble cognitif.

Ses motivations demeureront ambiguës. Serait-ce pour rompre sa solitude dans ce coin déshérité du pays sans véritable horizon ? Serait-ce pour se choisir une famille quand la sienne ne lui convient pas ? Serait-ce pour obtenir le certificat d’handicap qui assure une allocation mensuelle et des avantages financiers ? Serait-ce par transgression ou perversion ? Pour jouer avec le feu et tenter d’exister en devenant ce qu’il feint d’être ? Toutes les pistes sont ouvertes par le scénario sans qu’aucune ne soit privilégiée. La complexité du personnage admirablement interprété par Lorenzo Ferro dont le visage se déforme à volonté, est au diapason d’un film funambule. Entre le jeu et la vie. Au Centre, on répète Roméo et Juliette mais l’actrice est vraiment amoureuse de son partenaire. Colo, une jeune handicapée, aime Simon mais ce dernier joue-t-il avec elle ? Se joue-t-il d’elle ? Jamais il n’abusera d’elle malgré les propositions de la jeune fille, restant maître de son rôle, dans les situations limites, mais quels sont ses sentiments réels ? Dans son enfance, le père de Simon lui faisait lire Hamlet – et Colo va frôler la noyade : ce doute adolescent existentiel et fatal, n’est-il pas un des fils conducteurs du film. Comme l’est, plus tangible, le sonotone que Colo lui offre. Source d’amplification et de distorsion du son – prolongée par les effets de saturation des guitares électriques – la prothèse auditive lui fait percevoir le monde comme ceux auxquels il voudrait ressembler. Malgré son âpreté – qui l’éloigne des comédies bienveillantes du box office à l’instar du récent Un p’tit truc en plus  d’Artus, Simon de la montaña est une ode à la vitalité de la jeunesse qui ne cherche pas à être aimable mais s’affirme par une mise en scène et une écriture cinématographique très inspirées.

ÉLISE PADOVANI

La tradition se réinvente 

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griots
© Lawrence Damalric & Amine Machaï

Depuis 10 ans, l’association Live Culture s’efforce de faire briller l’art des griots sur le sol marseillais avec son événement annuel La Nuit des Griots. Pour cette édition anniversaire, qui se tient du 23 au 27 avril, le festival dirigé depuis sa création par le musicien Issiaka Kouyaté entend faire résonner la tradition ouest-africaine avec des cultures internationales.

En ouverture, L’Empreinte du Griot d’Issiaka KouyatéPortée par deux griottes accompagnées d’instruments traditionnels mandekas, cette création revient sur l’histoire du griotisme et son rôle dans la culture mandé. Puis au tour de Momi Maiga de monter sur la scène de la Cite de la Musique. Le jeune chanteur et joueur de kora, et les musiciens européens qui l’accompagnent, fusionnent les genres musicaux, jazz ethnique, flamenco et musique classique.

Le Prince Diabaté et Édouard Chaize proposent eux aussi un dialogue intercontinental. Le joueur de kora électro-acoustique guinéen et le multi-instrumentiste français puisent leurs influences entre Europe, Afrique, Amérique du Sud, et incluent dans leurs concerts une dimension pédagogique (24 avril, Cité de la Musique). Le balafon, percussion d’Afrique occidentale, est ensuite mis à l’honneur par le groupe burkinabé Kanazoé Orchestra

Le 25 avril, l’Espace Julien accueille Habib Koité avec son groupe Bamada. Artiste internationalement reconnu, Koité allie la tradition du griot et la guitare acoustique. En première partie de ce concert événement, le multi-instrumentiste Alexandre Scalisi présente son projet Balaphonik Sound System dans lequel les instruments traditionnels de plusieurs continents rencontrent les machines et le beatbox. 

La Nuit des Griots s’achève le 27 avril après-midi à la Friche La Belle de Mai, avec un bal de Bamako. Lors de ce moment participatif, Blinkiss Sangaré, danseur du Ballet du District de Bamako, propose un spectacle pour 40 danseur·euse·s auxquel·les·s le public est invité à se joindre.

Les Petits Griots

En amont du festival, Live Culture programme trois journées à destination du jeune public à l’Espace Musical Hypérion. Le 16 avril, les enfants à partir de 6 ans pourront participer à l’atelier Oralité & Racontage avec la comédienne Anaïs Enon. Iels seront invités à inventer collectivement un récit à partir d’une histoire de leur choix, et à l’enregistrer.

Coté spectacles, la compagnie Africa Clowns présente Bienvenue Mr Diallo, qui suit, tout en humour, en danse et en percussions, la difficile arrivée d’un exilé africain au pays Bleublanrouge(16 avril). Toujours avec humour, Éric Zongo propose une découverte de la marionnette traditionnelle malienne dans Zongo, Le Guignol d’Afrique (17 avril). Et dans Grand-mère, dis-moi Tassala Tata Bamouni conte l’enfance de sa grand-mère.

CHLOÉ MACAIRE 

Le Festival des Petits Griots
Du 16 au 18 avril 

La Nuit des Griots 
Du 23 au 27 avril
Divers lieux, Marseille

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