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Audiovisuel public : La télé, un bien commun ? 

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Depuis juillet 2025, la commission culture du PCF, présidée par Pierre Dharréville, initie des rencontres sur « l’état d’urgence culturel » et Pierre Laurent, responsable du collectif médias de cette commission, a organisé ces tables rondes qui ont fit le point sur les menaces et attaques, mais aussi rappelé l’histoire riche et fascinante de l’audiovisuel français.

Informer, cultiver divertir sont les trois missions de l’audiovisuel public. Si les restrictions imposées à la création audiovisuelle sont inquiétantes (voir encadré I-a ci-dessous), celles sur l’information mettent en danger la démocratie, a magistralement rappelé Dominique Pradalié, présidente de la Fédération Internationale des Journalistes, et ancienne secrétaire générale du Syndicat National des Journalistes (SNJ). Or France Télévision ne dispose plus de moyens suffisants pour produire une information vérifiée et pertinente. Elle constate que les médias privés ne respectent pas leur obligation de pluralisme interne (voir encadré II-a ci-dessous), que l’Arcom (ex-CSA) ne joue pas son rôle de régulateur, et que le ministère exempte les chaînes privées de cette obligation, pourtant inscrite dans les lois de l’audiovisuel. 

I-a : Impact sur la création
France Télévisions est le premier financeur de la création audiovisuelle, et un important financeur du cinéma français et européen. Les 80 millions d’économie qui devront s’opérer en 2026 impacteront directement les œuvres et leurs auteurs, en particulier les créations régionales, les documentaires et magazines, et les œuvres de fiction : il est d’ores et déjà prévu 80 épisodes de fiction en moins. Quant au cinéma, la baisse de financement de France Télévisions va le toucher gravement : il devra éponger 10 millions en moins (sur 80 que France Télévisions consacre chaque année au cinéma), avec un financement qui cible le cinéma indépendant, préfinance au moins 60 films par an. Bien loin du financement de Canal+ et Bolloré. A.F.

Pauline Amiel, directrice de l’EJCAM (école de journalisme et de communication d’Aix Marseille) expose avec brio les cadres législatifs mais aussi l’histoire des journalistes de l’audiovisuel, et rappelle l’importance des antennes régionales et locales « qui sont les premières à disparaître alors qu’elles sont nécessaires à l’égalité territoriale et à la démocratie locale ».

II-a : Pluralisme externe, pluralisme interne
Les décisions du Conseil constitutionnel de septembre 1986, relatives à la liberté de communication, fondent et fixent la notion de « pluralisme » de la presse : hors audiovisuel, une autorité de régulation publique doit veiller au « pluralisme externe », c’est à dire à « la présence d’une diversité d’acteurs médiatiques sur le marché représentant des lignes éditoriales variées et qui ont des propriétaires différents ». La concentration actuelle des propriétaires de presse contredit manifestement ce pluralisme. Quant au « pluralisme interne », il est réservé aux médias audiovisuels. Il ne s’agit pas pour eux, publics ou privés, d’être neutre vis à vis de l’information, mais chaque média audiovisuel doit « respecter l'expression pluraliste des courants de pensée et d'opinion dans les programmes, en particulier pour les émissions d'information politique et générale. » Y compris Cnews, que l’Arcom pourtant ne sanctionne pas, malgré l’enquête menée par Reporters sans frontières. Arnaud Froger, responsable du bureau investigation dénonce des « rattrapages nocturnes des temps de parole, traitement univoque des sujets controversés, couverture abondante d’une poignée de sujets[...] CNews est la seule chaîne à s’éloigner autant des critères établis par l’Arcom pour faire respecter le pluralisme à l’antenne. Ce grand contournement de la loi et des règles fixées s’opère en toute impunité. » Or les radios et chaînes privées sont soumises aux mêmes obligations de « pluralisme interne » que l’audiovisuel public, contrairement à ce qu’a dit Delphine Ernotte, présidente de Fance Télévisions qui estime que l’audiovisuel privé peuvent être des « médas d’opinion ». A.F.

Pas de gabegie, des records d’audience

Dominique Pradalié enchaîne et décrit « ce qui s’apparente à une mise à mort en cours depuis des années », « depuis le démantèlement de l’ORTF », la disparition de la redevance « qui permettait d’ assurer un budget plancher et une indépendance vis à vis du pouvoir en place », la « publicité prohibée après 20 h » qui a entraîné une perte de recettes considérable au profit des chaînes privées, la fin des JT de nuit et des décrochages régionaux, ainsi que des « services » (social, international, culture, santé…) qui garantissaient une « information informée et de qualité ».

Ces attaques successives « sous prétexte de gabegie », Pierre Mouchel (CGT France TV) les souligne également, expliquant qu’en 2026 France TV, qui doit économiser 80 millions supplémentaires, ne peut que basculer ans la crise budgétaire ouverte. « L’audiovisuel public français est économe, il coûte 4,3 milliards aux Français, alors que l’audiovisuel allemand coûte plus de 10 milliards… »Il souligne aussi, comme tous les intervenants, les records d’audience de France TV et Radio France, « malgré les décisions hâtives sur les grilles de la direction, parce que le personnel tient bon ». 

Gouvernement marâtre

Car, le martèlera ensuite Sylvie Robert, vice-présidente du Sénat (PS) et membre de sa commission culture, le procès fait à l’audiovisuel public par Rachida Dati relève d’une campagne de dénigrement. « Le gouvernement ne soutient pas l’audiovisuel public, alors qu’il en est la tutelle ». La sénatrice rappelle que depuis le 20 mai 2025 le règlement européen sur la liberté des médias oblige les États membres à financer l’audiovisuel public (voir encadré III-a ci-dessous). 

III-a : L’Europe et la redevance
Le Media Freedom Act adopté par l'Union européenne, est d'application directe en France. Son article 5 dispose que :
« Les États membres veillent à ce que les procédures de financement des fournisseurs de médias de service public soient fondées sur des critères transparents et objectifs préalablement établis. Ces procédures de financement garantissent que les fournisseurs de médias de service public disposent de ressources financières suffisantes, durables et prévisibles correspondant à l'accomplissement de leur mission de service public et leur permettant de se développer dans le cadre de celle-ci. Ces ressources financières sont de nature à permettre que l'indépendance éditoriale des fournisseurs de médias de service public est préservée. »
Pour garantir des ressources financières « suffisantes, durables et prévisibles » Sylvie Robert préconise « le rétablissement de la redevance», outil « socialement juste et fiscalement efficace ». La généralisation de la redevance télé à une redevance « écran » diffusant l’audiovisuel, est également discutée. A.F.

Mais pour quel audiovisuel public ? Daniel Schneidermann, créateur d’Arrêts sur Images souligne avec humour le paradoxe de sa présence à ces tables rondes : « J’ai été viré par Patrick de Carolis et j’ai dû externaliser la critique interne… L’audiovisuel public a renoncé à l’enquête, à la critique des médias ». L’Arcoma déclaré le 28 novembre 2025 qu’ « il n’y a pas d’atteinte au pluralisme sur CNews » et la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les médias « a importé le maccarthysme dans les murs de la république ». 

Un bilan pessimiste ? Rachida Dati n’est plus ministre, sa loi sur l’audiovisuel n’a pas été votée, mais France TV, Radio France et l’INA, privés de redevance et de recettes publicitaires, doivent répercuter 86 millions de réductions, dont 80 millions pour la seule France Télévisions. Vous feriez comment ? 

Agnès Freschel


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Un monde à découvrir

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Sylvia Vaudano (C) A.G.

Sylvia Vaudano, directrice des Films du Delta, présente la 15e édition du festival nouv.o.monde  du 09 au 15 mars 2026

Zebuline : Nous faire écouter les battements du monde, nous faire découvrir de nouveaux cinéastes,  c’est toujours la ligne artistique des Films du Delta ?

Sylvia Vaudano : Toujours. Plus que jamais parce que le cinéma ne se porte pas si mal que cela. On a encore plein de pépites et de jeunes cinéastes à faire découvrir.

On a remarqué que dans les festivals en ce moment, il y avait beaucoup de films autour des liens familiaux, des racines. Est-ce le cas pour  cette 15e édition de nouv.o.monde?

Incroyable ! Vous avez remarqué cela ! C’est le constat de la ligne de cette année. On ne cherche pas à illustrer une thématique mais il s’en dégage une avec le choix de nos films. Cette année il y a deux choses fortes, la famille dont parfois on doit s’émanciper, où parfois on peut se ressourcer. Et la place des femmes.

Combien de films présenterez –vous ? Et de quels pays ?

Nous avons 15 séances : 12 longs métrages et 6 courts venus d’une douzaine de pays ; Turquie, Allemagne, France, Inde, USA, Macédoine, Tunisie, Espagne, Afrique du Sud, Ukraine, Angleterre et Russie

Vous avez programmé deux films qui étaient en compétition à la dernière Berlinale, A voix basse de Leila Bouzid et Yellow letters de  İlker Çatak qui vient de remporter l’Ours d’Or. Qu’est ce qui vous a plu et intéressé dans ces films ?

Il y en un 3e qui avait été en compétition à la Berlinale l’an dernier, La Gifle de Frédéric Hambalek que nous présentons en avant –première. Ces films nous ont plu par  leur thématique et un point de vue original. C’est ce qu’on recherche : savoir où le réalisateur pose sa caméra : un dispositif cinématographique original.

Vous avez toujours à cœur de permettre au public de dialoguer autour des films. Quels seront les cinéastes invités cette année ?

On aura trois cinéastes présents Frédéric Hambalek avec le film La Gifle qui nous a vraiment séduit par l’originalité du propos et par le genre hybride entre drame et humour. Un mélange intelligent qui sert vraiment le propos . Il y aura aussi les  réalisateurs de deux des courts métrages qui « regardent le monde autrement » :Chryssa Florou pour Des doigts en or et Solal Bouloudnine pour Veuillez patienter. On a eu envie de faire un éclairage sur la comédie. Comment on traite un sujet sociétal en comédie. Les deux viennent du One man show. Ce sont des comédiens du spectacle vivant qui se sont mis au cinéma. Ce sera une belle rencontre.

Nouv.o.monde se passe à la salle Emilien Ventre de Rousset mais aussi à Aix au Mazarin ..

A Mazarin, le 10  mars il y aura Yellow Letters en avant-première, le nouveau film du réalisateur de La Salle des profs. Une séance en partenariat avec Sciences Po Aix. Ainsi qu’ une séance en partenariat avec Aix-Marseille Université le 9 mars où on reçoit Leïa Haïchour, une jeune actrice du film de Princia Car, Les Filles  désir. (https://journalzebuline.fr/vierge-ou-putain/) Une master class autour de la direction d’acteur

Bien entendu vous appréciez tous les films que vous allez faire découvrir. Mais, vous Sylvia quel est votre coup de cœur 

J’ai eu grand coup de cœur pour Le Garçon qui faisait danser les collines de Georgi M. Unkovski . Un film de république tchèque et Macédoine. Un film très léger, plein de souffle pour parler de l’émancipation de la jeunesse. On suit deux ados à travers l’art, la danse et la musique. Un très beau sujet traité avec beaucoup d’humour. De la fantaisie dans la mise en scène. Jubilatoire ! Un film qui fait pense à Kusturica, plein de poésie. Un film où on passe des larmes au rire. Un réalisateur à suivre de très prés Le 15 mars en clôture.

Entretien réalisé par Annie Gava et Elise Padovani

Pour le programme : https://www.filmsdelta.com/nouv-o-monde

Les Films du Delta

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Je t’aime plus loin que toi

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Je t’aime plus loin que toi © Kevin Selerin

Un spectacle à dimension méta-théâtrale, les deux comédiens, Valentine Gérard et Fabrice Adde, incarnant sur scène Valentine et Fabrice, couple d’artistes à la vie comme à la scène, qui souhaitent créer une œuvre puissante, moderne et engagée. Mais la réalité de leur condition d’« artisans contemporains » se révèle problématique.

Le plateau devient alors un lieu intime où se mêlent quotidien, création et remise en question permanente. À travers leurs échanges, les deux interprètes explorent les thèmes du temps qui passe, de la relation amoureuse, de la création artistique et de l’inévitable confrontation avec la mort. Une proposition où fiction et réalité se côtoient et se répondent, au sein d’un théâtre présenté comme un art de vivre et d’aimer.

M.V.

7 mars

Théâtre des Halles, Avignon

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Le roi et l’oiseau

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Le Roi et l’OIseau © X-DR

Transposition sur scène et en danse du chef-d’œuvre d’animation Le Roi et l’Oiseau de Paul Grimault, lui-même inspiré du conte La Bergère et le Ramoneur d’Hans Christian Andersen et sublimé par les textes de Jacques Prévert… ainsi que par les musiques de Wojciech Kilar et Joseph Kosma.

Un plateau épuré, où drapés, lumières et formes se métamorphosent, et où, sur une chorégraphie d’Émilie Lalande, les danseurs deviennent sculptures vivantes. Par leurs corps, leurs mouvements et leurs gestes, ils incarnent les émotions des personnages – tyrannie, solitude, amour et quête de liberté. Une danse contemporaine accessible à toutes les générations, à la fois ludique et profonde, qui invite petits et grands à réfléchir sur l’amour, la solidarité et la liberté.

M.V.

10 mars
Théâtre d’Arles

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Harry et le jeune monde

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Harry et le jeune Monde © X-DR

Après de nombreuses résidences de travail, où des extraits du spectacle ont été partagés avec le public et des adolescents dans des ateliers d’écoute et de co-création, c’est, ce lundi 9 mars, au Bois de l’Aune, la création de Harry et le jeune monde. Mis en scène par Julie Villeneuve, un dialogue philosophique entre deux personnages singuliers : Harry, une vieille femme malade, désinhibée, singulière et libre, qui accueille les spectateurs dans une tente-refuge – un espace immersif pensé comme un lieu de rencontre et de réflexion. Et à ses côtés, Monde, jeune garçon en fuite, fragile et impulsif, en quête de sens dans un monde qu’il tente de comprendre. Leur relation constitue le cœur de la pièce : une rencontre entre deux âges de la vie, deux façons d’être au monde, d’écouter, de perdre et de retrouver sa place.

M.V.

9 et 10 mars
Bois de l’Aune, Aix-en-Provence

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Un succès fou

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Un succes fou © Bernard Richebe

Lauréats du Molière de la Meilleure comédie en 2023 pour Une idée géniale, l’auteur Sébastien Castro et le metteur en scène José Paul reviennent en ce début d’année avec une nouvelle pièce, Un succès fou, créée il y a quelques jours à Villeneuve-sur-Lot.

Cette comédie, donnée le 5 mars au Théâtre de Fos, raconte une soirée dans la vie d’Océane, Antoine et Simon (respectivement Raïssa Mariotti, Guillaume Clérice et Sébastien Castro), trois personnages dépourvus, autant financièrement qu’en amour. Iels ne se connaissent pas, mais se retrouvent par hasard dans le même immeuble, à des étages différents qui cohabitent dans le décor. Pendant 1h30, la pièce suit en temps réel les événements qui se déroulent à ces trois étages au cours de cette soirée.

C.M.

5 mars

Théâtre de Fos, Fos-sur-Mer

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Spécimen

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Specimen © Emile Zeizig

À quoi ressemblerait Alice au Pays des Merveilles si Alice était une prolétaire quadragénaire, et le Pays des Merveilles était la Préhistoire ? Cela paraît improbable, mais c’est à quelque chose près l’argument de départ de Spécimen, nouvelle création de la Cie Arnica (à qui l’on doit notamment Castelet is not Dead). La pièce, signée Gwendoline Soublin, suit l’aventure de Lucy Afarensis, employée de supermarché, qui bascule dans une faille spatio-temporelle après avoir été traitée de « Cro-Magnon » par son patron. S’en suit un voyage initiatique à travers les différentes périodes de la préhistoire.

La mise en scène, signée Émilie Flacher, allie le théâtre et différentes techniques marionnettiques pour donner vie au monde préhistorique, ses animaux et ses premiers humains.

C.M.

10 et 11 mars

Théâtre Joliette, Marseille

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L’Art de la joie

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L’art de la joie © Christophe Raynaud de Lage

Goliarda Sapienza est une figure de la gauche radicale italienne, dans laquelle elle évolue dès son enfance dans les années 1920. Elle bénéficie d’une éducation aux antipodes des normes fascistes alors en vigueur. Ces valeurs, ainsi que ses propres expériences de vie, infusent toute son œuvre et en particulier son Art de la joie, achevé en 1976 et publié à titre posthume en 1998.

En 2023, Ambre Kahan met en scène la première partie de ce roman fleuve qui suit la vie de l’intrépide Modesta, son investissement politique et intellectuel ainsi que ses conquêtes charnelles, à travers le XXe siècle. La pièce dure 5h30 et est interprétée par 13 comédien·nes : un miracle en cette période de diminution des budgets culturels, d’autant plus pour une œuvre ouvertement antifasciste !

C.M.

7 et 8 mars

La Criée, théâtre national de Marseille

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Décaméron

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Décaméron © Barabra Buchmann

Pièce opératique conçue d’après le chef-d’œuvre de Boccace, le Décaméron s’installe à l’Opéra Grand Avignon pour sa création, soutenue par le GMEM. Matteo Franceschini signe, avec Stefano Simone Pintor et Caroline Leboutte, un livret qui resserre l’architecture du récit pour en faire un dispositif scénique collectif. Dix jeunes artistes incarnent sans artifice les récits grivois, cruels, romanesques ou burlesques du chef-d’œuvre médiéval. Ils se partagent tour à tour la parole, le chant, le récit, comme dans la retraite florentine imaginée en 1348 : Charlotte Avias, Clara Barbier-Serrano, Elena Caccamo, Mathieu Dubroca, Robin Kirklar, Laure Magnien, Laura Muller et Kenny Ferreiraendossent sans hiérarchie conteurs et personnages ; Hélène Escriva (basson) et Elena Olga Groppo (accordéon) sont à vue, intégrées à l’action. Sous la direction musicale de Bianca Chillemi et dans la mise en scène mobile de Caroline Leboutte, la partition fragmentée circule entre théâtre parlé, lignes lyriques et pulsation contemporaine : l’art du récit devient geste collectif.

S.C.
7 et 8 mars
Opéra Grand Avignon

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Quand le Groupe des Cinq rencontre le Groupe des Six

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Ivan Kobylskiy © X-DR

Il fallait y penser. Deux esthétiques, deux manifestes, deux manières d’affirmer un style et une identité du second XIXe siècle à l’aube du XXe. Autour du Trio de Rimski-Korsakov et de celui de Borodine, la veine russe déploie un lyrisme ample, nourri de folklore et d’élan romantique. En miroir, de l’autre côté de l’Europe et à l’avènement de la polytonalité, le Trio d’anches d’Auric affiche une netteté presque insolente ; la Suite d’après Corrette de Milhaud expose le format baroque à la lumière moderne ; la Sonatine d’Honegger densifie le discours, quand le Trio de Poulenc glisse de la gravité à l’ironie avec une liberté et une fantaisie inédites. Ivan Kobylskiy (hautbois), Alain Geng (clarinette), Frédéric Baron (basson) et Nathalie Lanoë (piano) feront dialoguer ces tempéraments sans les lisser : contrastes assumés, couleurs franches, lignes claires.

S.C.
7 mars
Foyer de l’Opéra de Marseille

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