mardi 13 octobre 2026
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Une Affaire turque

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Une affaire turque (C) Paname distribution

« Avec Une Affaire turque, et à travers mon personnage de Mathieu, je raconte une expérience qui résonne avec la mienne : celle d’un enfant turc arrivé en France et ayant grandi avec sa famille dans une communauté d’immigrés. Tout comme mon personnage, j’ai poursuivi des études au cours desquelles j’ai changé de prénom pour faciliter mon avenir professionnel. Ce choix a créé une distance inévitable avec mes racines. Un dilemme qui a donné le point de départ de mon film »

Mathieu Duman (Lionel Erdogan) avocat d’affaires, soutient à la chambre de commerce un projet pour la réhabilitation d’un site.  En fond, une chanson turque, Bir Yarali Kustum (Comme un oiseau blessé) de Gaya Su Akol. Une dirigeante arménienne refuse de travailler avec un avocat turc ! Son patron et Mentor, Claude (Charles Berling) qui l’apprécie et veut qu’il de vienne son associé, confie une autre affaire à Mathieu, prénommé à l’origine Mustapha. Mathieu a réussi, il est brillant, vit loin de sa famille et de la communauté turque.  C’est ainsi que démarre le premier long métrage de Hüseyin Aydin Gürsoy, Une Affaire turque.

Pressé par sa sœur de venir participer à la fête du Bayram, Mathieu retrouve ses parents, mais s’y sent comme étranger. Sa sœur sollicite son aide pour un jeune de la communauté, Abdullah Ozkan (Metehan Aygun) : employé comme chauffeur de taxi, il a subi une agression raciste : il s’est défendu mais a été blessé à un œil, puis… viré par son patron. Il a une vidéo de l’agression, a décidé de porter plainte et a besoin d’un avocat. Mathieu commence par refuser, arguant qu’il est avocat d’affaires ! Un vrai cas de conscience pour lui. Quand il apprend que l’agresseur est en stage d’assistant parlementaire, neveu d’un ancien ministre, tout se complique. Chantage, argent pour étouffer l’affaire, menaces, essai de soudoiement de la nouvelle avocate : Faiza Benseddik (Lubna Azabal), d’origine marocaine, s’occupe du droit des immigrés et lui rappelle qu’il devrait défendre sa communauté :  Merci pour ta visite, Mustapha ! lui lance -t-elle refusant sa proposition. De tous les côtés la pression. Abdullah à juste titre veut que justice lui soit rendue. Mais cette histoire plonge dans les hautes sphères du pouvoir politique et financier ; ce transfuge de classe, Mathieu-Moustapha, est empêtré jusqu’au cou et s’enfonce dans une spirale qui lui donne le vertige. Souvent dans sa voiture, visage filmé en gros plans par le directeur de la photo, Romain Le Bonniec, crispé, angoissé, en colère, triste, il navigue entre ces mondes ; malgré ses choix souvent peu moraux, on ne le condamne pas totalement : on sent son ambivalence. Il a tout fait pour réussir sa carrière mais n’est pas dans le rejet complet de ses origines. «« Vous êtes tous les jours dans ma tête » dit-il à sa famille ; Lionel Erdogan porte le film avec une remarquable sobriété. Son jeu, tout en retenue, traduit les hésitations, les failles d’un homme qui perd peu à peu le contrôle d’une situation qu’il pensait maîtriser, un homme prisonnier de ses choix, partagé entre l’ambition individuelle et une fidélité culturelle qu’il croyait avoir laissée derrière lui.

« Ce qui m’intéresse dans le cinéma, ce sont les récits épris de tensions. Cette question de violence psychologique liée au racisme peut être très brutale pour les personnes qui la subissent et je voulais qu’elle transparaisse dans le langage cinématographique du film, à travers les images et le rythme. Je voulais vraiment embrasser les codes du thriller en racontant l’histoire d’un personnage issu d’une minorité. » précise Hüseyin Aydin Gürsoy.

Annie Gava

Une Affaire turque sort en salles le 12 août

© Paname distribution

L’art du dialogue s’impose à la Roque d’Anthéron

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© X-D.R.

À La Roque, le piano se donne le plus souvent seul, à deux ou face à l’orchestre. Le duo avec violoncelle demeure plus rare, et la réunion de deux artistes amis de longue date n’ayant pourtant jamais partagé l’affiche ensemble, avait de quoi enthousiasmer. Et ce d’autant plus qu’aucune des partitions choisies ne relègue le clavier au rang d’accompagnateur, et que chacune se distingue par une approche singulière de la composition et de l’instrument.

Fauré, inclassable parmi les inclassables, ouvre ce parcours. Victor Julien-Laferrière tire de son instrument un chant mélodique presque éthéré, mais aussi poignant et puissant lorsque l’écriture l’exige. Rien n’est forcé : la ligne respire, soutenue par un piano qui ne la double pas mais l’interroge, l’oriente et lui ouvre d’autres profondeurs. Sur le rare Stephen Paulello Opus 102 aux cordes parallèles, Lucas Debargue, pianiste singulier, lettré, également compositeur, distingue chaque voix sans assécher le lyrisme.

La Sonate de César Franck confirme cet équilibre. Sa version pour violoncelle, autorisée par le compositeur, n’est pas une transcription de circonstance. Le violoncelle n’y occupe pas le centre soliste : il est porté, entouré, englobé par l’architecture mouvante et fascinante d’un piano monumental. La technique est omniprésente ; l’intelligence des plans et la musicalité à l’œuvre n’étonnent pas quand on sait également la carrière de chef d’orchestre de Victor Julien-Laferrière, à l’écoute de toutes les inflexions qui l’entourent.

Le sens de l’écoute

Après l’entracte, les Trois Pièces de Nadia Boulanger fascinent. Deux viennent de l’orgue et conservent quelque chose de son étagement des registres : le violoncelle devient tour à tour pédalier mouvant ou ligne suspendue, tandis que le piano fait chanter le grave et diffuse l’harmonie dans l’aigu. Qui porte alors le chant ? Les deux instruments, selon un échange constant des fonctions. Trop souvent considérée d’abord comme pédagogue, ou laissée dans l’ombre de sa sœur Lili, Nadia Boulanger apparaît ici de nouveau comme une musicienne passionnante.

Grieg ne rompt pas le fil français : on entend plutôt l’estime réciproque que lui et Ravel se vouaient. La netteté du rythme, la couleur, l’art de faire surgir un paysage de l’harmonie. Le duo révèle la modernité et les accents presque français de cette Sonate sans lui retirer son élan propre. Leur entente se mesure moins aux regards échangés qu’à la précision avec laquelle chacun sait écouter et laisser place à l’autre.

SUZANNE CANESSA
Le concert a été donné le 1er août au Parc de Florans dans le cadre du festival international de piano de la Roque d’Anthéron

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Le poids des morts

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Requiem(s) © Didier Philispart

La mort accompagne depuis longtemps le désir de modernité de la danse. De La Mort du cygne de Fokine au Sacre du printemps, un corps s’éteint pour qu’une forme renaisse. Elle faisait déjà du Roméo et Juliette d’Angelin Preljocaj une pièce inoubliable. Dans le pas de deux final, Roméo empoigne Juliette inerte et tente de lui insuffler les gestes qui avaient éclairé sa vie ; réveillée trop tard, elle les lui rend avec moins de force, mais le même désespoir.

Requiem(s) revient à plusieurs reprises sur cette image. Duos, trios et ensembles se construisent entre corps vivants et corps abandonnés à leur poids. On relève, traîne, porte, enlace ; l’élan se brise contre l’inertie. Ce travail redoutable exige des dix-neuf interprètes une technique souveraine : donner sa vérité au relâchement sans perdre la précision du geste. Le chaos vient régulièrement rompre les architectures, jusque dans une bande sonore remarquablement pensée. La fureur mélancolique de System of a Down surprend davantage que Ligeti, Bach ou Messiaen, mais s’impose. On ne sait plus si la paix se trouve dans la frénésie des vivants ou dans la doucequiétude des morts.

Libérer la vie

La voix de Gilles Deleuze prolonge le travail engagé dans Deleuze/Hendrix : corps et pensée, existence et idée ne sont jamais compartimentés. Évoquant Primo Levi et la « honte d’être un homme », le philosophe assigne à l’art la tâche de « libérer la vie que l’homme a emprisonnée ». La Shoah élargit ainsi le deuil intime aux morts de l’Histoire. Plus loin, des voix marquées par l’âge racontent la perte d’un nouveau-né et retrouvent dans le récit une tendresse et une vigueur intactes.

Cette porosité gagne toute la pièce. Sur Messiaen, fait rare chez Preljocaj, la mélopée semble un instant dicter sa ligne à la danse, sans que celle-ci devienne mimétique. Les vidéos de Nicolas Clauss, qui évoquent Bill Viola, reprennent l’image sur laquelle s’achevait Mythologies : Requiem(s) commence là où l’œuvre précédente finissait. Les costumes gothiques d’Eleonora Peronetti, les Pietà, les figures renaissantes et les poupées de Noces composent moins un musée de la mort qu’un répertoire de formes sans cesse réanimées. Vie et mort travaillent ici plus que jamais le même corps.

SUZANNE CANESSA

Requiem(s) a été donné du 28 au 30 juillet au Théâtre de l’Archevêché, à Aix-en-Provence.

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Festival d’Avignon : Un bilan, face aux murs

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Collectif XY © Mélissa Waucquier

De l’Athènes antique aux théâtres méditerranéens, des marionnettes sur l’eau vietnamiennes aux griots africains contemporains, le théâtre a toujours su, partout et sans concertation, mettre en mots et en corps les bouleversements des sociétés et du monde. Les représentations des crises, par la palabre, la danse, dans des salles ou sur des places publiques, ou dans un théâtre de l’illusion mimétique et de l’identification plus ou moins distancié, plus ou moins narratif, plus ou moins symbolique ou cruel.

Le cirque, sur scène, devant un public assis dans des gradins face aux artistes, est en fait, aussi, du théâtre. Du moins celui du collectif  XY : sa façon si sensible, si simplement humaine, de faire corps commun, sans artifice, sans scénographie a offert au Festival une de ses grandes pages de théâtre, comme la danse de Pina Bausch a su le faire il y a presque 50 ans.

Le cirque peut changer le monde

Du cirque, il y en a eu au festival d’Avignon, dès Jean Vilar, avec la famille Thierrée-Chaplin qui fabriquait de très belles illusions et en mettait plein les mirettes. Mais, en 80 ans, il n’avait jamais eu les Honneurs de la Cour. Avec son lot de difficultés, qui interdit les tours de magie possibles dans les boites noires, exige qu’on renonce aux gros plans sauf à les filmer/projeter, et impose un vide qu’il faut remplir, ou faire parler.

Mais Le Pas du monde, que le collectif XY a joué à la Villette ou à Montpellier Danse, prenait dans l’architecture papale, face au mur, une dimension impressionnante. Parce que les artistes, 22 pour occuper la Cour, n’avaient que leurs corps pour exprimer. Leurs voix pour chanter. Le main-à-main, spécialité de cette compagnie d’acrobates qui se passe d’agrès, de scéno et de costumes, devenait une démonstration de ce que peuvent les corps lorsqu’ils prennent simplement appui les uns sur les autres, hommes et femmes, X et Y, en collectif, et qu’iels plongent, confiant·es, depuis trois étages de corps, dans les bras ouverts de leurs collègues qui les recueillent, les projettent aussi dans les hauteurs, vers des sauts périlleux où le péril parait apprivoisé, maitrisé par le collectif.

Ensemble iels inventent des pyramides qui tremblent, des animaux fantastiques, des écroulements aussi, dont iels se relèvent. Porteurs solides, porté.es graciles et corps intermédiaires forment une humanité commune qui chante et résiste, et oppose aux agressions du monde non des tours de magie, des discours, des écrans, mais une communauté d’individu·es qui s’épaulent, s’embrassent, se reçoivent, s’équilibrent. Et ne cesse de prodiguer cette joie du cirque, de l’exploit physique, du risque maitrisé, du risque pris. Ce frisson qui saisit et ouvre les portes de l’imaginaire, dès l’enfance.

 À l’aube d’un nouveau monde

Et tandis que nos landes brûlaient, après un orage qui avait rafraichi l’atmosphère, et annulé la dernière de XY sans parvenir à éteindre les incendies du Var, le public prenait place dans la Cour à l’aube pour partager des questionnements. Les 2 heures prévues ont duré près de quatre heures, les interventions étaient inégales et sans doute assez mal taillées, assez mal timées, mais quelque chose de très réussi a surgi pourtant, toujours face au même mur, sur lequel on a vu des visages projetés en direct depuis l’Ukraine, en direct depuis Gaza, depuis le Liban, pour témoigner de ces guerres, de ces agressions des civil·es, qui plongent notre monde dans un désarroi, une tragédie, un sentiment d’impuissance sans fin.

 Pour y répondre, parce que cette Aube des questions induisait aussi des chemins implicites pour en sortir, la musique : l’orchestre national Avignon-Provence, frigorifié, dirigé par la lumineuse Déborah Waldman, dans une musique de Fabien Call, accompagnait la forêt de questions posées par les artistes, par les auteurs. Des extraits vidéo ou audio, trop nombreux pour que le public en saisisse toutes les nuances, de Blanchot, Duras, Alice Diop, Marc Crépon… creusaient les questionnements, confrontaient les problématiques philosophiques à celles, quotidiennes , du peuple, cernaient le bonheur, la résilience, la violence, la domination.

Quelques moments marquants ont surgi, sans doute différents pour chacun·e des spectateurices, selon son degré de fatigue, son âge, son appétence. Le rap magnifique de Nanii, la lecture anticapitaliste de Camille de Toledo, la danse de Boris Charmatz marquée par la Shoah familiale, le sacrifice de la biche blanche de Leonor de Recondo… et bien sûr, pour finir, l’intervention de Christiane Taubira, révolte guyanaise toujours intacte, terrifiée mais debout, calée sur sa béquille, pour s’indigner contre le probable accès au pouvoir du RN.

Cette Aube, qui s’est sans doute laissé déborder parce que chacun avait trop à dire, parce qu’aucune des paroles n’a réussi à se couper, à se restreindre, a construit pourtant un trajet. Du constat sur le terrible état du monde à celui d’une résistance possible, d’une résilience sans renoncement, et de solutions esquissées : par la présence affirmée des femmes, très largement majoritaires, par le questionnement sur leur très faible proportion dans les institutions carcérales (3,4%, avec très peu de variations historiques et géographiques), par la communion sensible dans cette Cour où le froid, la longueur inattendue, les baisses de rythme n’ont pas empêché le public de faire communauté et d’applaudir debout, désirant ensemble cette aube nouvelle.

 Qui au fond est aussi celle du collectif XY, et ne tient qu’à nous.

 AGNÈS FRESCHEL

L’Aube des questions a eu lieu le 25 juillet à 5h. Le Pas du Monde a été joué du 22 au 24 juillet, la représentation du 25 ayant été annulée pour cause d’orage

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Occitanie : Le souffle et l’abîme

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Roderick Cox © Dennis Weber

The Unanswered Question de Charles Ives s’érige sur un tapis de cordes presque immobile. Depuis les gradins, une trompette solitaire lance sa question ; les bois, menés par les chromatismes de la flûte, lui opposent des réponses de plus en plus agitées. Roderick Cox pose d’emblée les antagonismes de timbres et d’espaces. Très belle préparation à l’écoute : la musique ne sera pas un discours univoque, mais la coexistence de mondes qui s’entendent sans parvenir à se rejoindre.

Jamie Barton entre alors dans les Rückert-Lieder de Mahler avec une voix ample, sombre, expressive. L’Orchestre national Montpellier Occitanie l’entoure sans jamais l’étouffer. Les textures se renouvellent autour d’elle, parfois caressantes, parfois rugueuses. Dans Um Mitternacht, les cordes se taisent ; les cuivres et les bois creusent la nuit, rencontrent les graves de la mezzo-soprano et leur donnent une profondeur presque tellurique. Barton, que l’on avait entendue en Brangäne à Aix en 2021 et dont le timbre incarne à lui seul ce post-romantisme-là, connaît intimement cette manière de faire de la voix le lieu même du drame. Avec Ich bin der Welt abhanden gekommen, le retrait du monde devient une paix étrange, suspendue. 

Puis vient la Symphonie n°6 de Tchaïkovski, et avec elle l’un de ces concerts dont on sort changé. Roderick Cox obtient de l’orchestre une plénitude extraordinaire : chaque pupitre existe, chaque motif revient chargé de ce qui l’a précédé, et l’émotion n’abolit jamais la construction. Le troisième mouvement emporte tout dans sa marche éclatante. Il possède l’énergie, l’évidence et la puissance conclusive d’un finale. Le public applaudit ; nous aussi.

Mais non. Tchaïkovski nous a laissé croire à la victoire pour mieux nous la reprendre. L’Adagio lamentoso commence et défait lentement ce qui semblait acquis. Le célèbre motif revient, obsédant, terrassant ; les cordes s’enfoncent, la vie se retire. Créée sous la direction du compositeur en octobre 1893, quelques jours avant sa mort, la Pathétique a souvent été lue comme un requiem prémonitoire. Elle est surtout, ici, une expérience physique de l’effondrement. On quitte l’auditorium la boule encore vive au ventre, reconnaissant d’avoir entendu un orchestre et un chef capables de conduire si loin. 

Isolde, enfin

Jaap van Zweden et l’Orchestre Philharmonique de Radio France © X-DR

Le lendemain, cinq heures de Tristan et Isolde passent comme un seul souffle. On goûte généralement peu les versions de concert, qui peuvent réduire l’opéra à une succession d’airs debout devant des pupitres. Celle-ci rappelle au contraire que toute la scène est déjà dans la partition de Wagner. Un solo, une inflexion, un appel hors champ : tout agit, tout vibre, tout signifie ; tout désire.

Sous la direction de Jaap van Zweden, le prélude déborde sans jamais perdre son assise. Tout est en place, mais rien n’est figé. Dès le premier acte, Anja Kampe impose une Isolde souveraine. Maîtrise absolue de l’instrument, timbre limpide, projection franche, intelligence de chaque inflexion : cet acte est le sien. Comment peut-on encore parler du « Tristan », comme si l’héroïne n’était que le terme du voyage masculin ? Sa colère, sa mémoire et son désir organisent toute la traversée.

Face à elle, la Brangäne de Tanja Ariane Baumgartner offre un timbre sombre, presque celui d’un alto, d’une mélancolie profonde. Au deuxième acte, la complémentarité des deux voix devient dramaturgie : l’une veille dans la nuit, l’autre conserve une lumière juvénile. Le duo s’écoule sans rupture, porté par un Orchestre Philharmonique de Radio France rompu à l’exercice wagnérien. Les heures disparaissent. Les soli sont d’une beauté inouïe, notamment celui du violoncelle ; les appels hors scène du cor anglais ouvrent soudain un autre espace dans la salle, comme la trompette d’Ives la veille.

Le troisième acte appartient davantage à Tristan. Stuart Skelton semble né pour le rôle. Sa puissance terrienne, presque pataude, se fend d’une fragilité juvénile ; on entend les sanglots dans le timbre sans que la ligne cède jamais. Iain Paterson lui offre un Kurwenal d’une fidélité ardente, Kwangchul Youn un roi Marke noble et profondément humain. Mais Isolde revient, et Anja Kampe reprend jusqu’au dernier souffle son inoubliable Liebestod.

Les voix portent l’expérience d’artistes mûrs, tandis que les personnages conservent quelque chose d’absolu, de presque adolescent. Ce contraste ne les éloigne pas du mythe : il fait entendre dans leurs tourments à la fois la démesure puérile du désir et une douleur vieille comme le monde. Au terme de ces deux soirées, une même évidence demeure : celle d’une musique incandescente devenue pure émotion, lorsque l’interprétation atteint ce degré d’engagement.

SUZANNE CANESSA

Les deux concerts, donnés les 10 et 11 juillet au Corum de Montpellier, ont été diffusés sur France Musique : Symphonie pathétique en direct le 10 juillet à 20h ; Tristan et Isolde le 19 juillet à 20h. 
Ils sont disponibles à la réécoute sur le site de France Musique et l’application Radio France

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Avant le soir : Du théâtre social et engagé à Marseille

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© X-DR

Le festival Avant le soir a permis au public de découvrir un dispositif particulier qui consiste à s’occuper d’enfants hospitalisés au service hémato-oncologie de l’hôpital La Timone. Il y a 20 ans, Cathy Darietto, profondément touchée par leurs souffrances et leur isolement, créait la compagnie Après la pluie, pour leur venir en aide. Sur l’espace dépouillé de la place Labadié, avec les comédiennes Agnès Audiffren et Claire Philippe, elle expose la genèse de son projet. Visite aux enfants dans les chambres stérilisées, dialogue, écriture, chansons. Il s’agissait de « mettre des mots sur les maux ». Les enfants ont écrit, les musiciens mis leurs mots en musique. Des livres et des CD ont été édités et vendus.

Une expérience unique, une mise en scène adaptée

Tâche délicate car il fallait créer l’empathie en respectant la distance, Olivier Pauls s’est attelé à la mise en scène en recueillant le ressenti des comédiennes. Ainsi il y a deux espaces de jeu : celui des chansons, de la poésie et celui de l’expérience des artistes confrontés à une situation si particulière pour des interprètes. 

La version donnée dans le jardin a dû être adaptée spécialement car les spectacles étaient auparavant joués dans des espaces clos. Les textes des enfants parfois très jeunes sont chantés, ils disent leurs rêves, leurs espoirs, mais aussi leurs douleurs. Écrire et chanter leur a permis d’oublier un moment leur situation. Ils laissent leur « trace », même si certains ont maintenant disparu… Hommage à ces artistes totalement engagés qui trouvent la manière la plus juste possible de rendre compte de la parole de ces enfants qui ont beaucoup parlé d’amour. « L’amour, c’est essentiel », disent-ils.

CHRIS BOURGUE

…Traces… s’est joué le 15 juillet place Labadie. 
Prochaines représentations les 29 juillet au jardin Benedetti et le 18 août au square Bertie Albrecht 

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L’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée électrise Aix

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Sora Elisabeth Lee © X-D.R.

C’est toujours un bonheur d’assister à un concert de l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée. Leur fougue et leur enthousiasme donnent aux œuvres une vitalité particulière, celle d’une jeunesse qui découvre ensemble un répertoire exigeant.

Plus de vingt nationalités sont représentées dans cette formation symphonique, réunie quelques jours avant le concert dans le cadre du Festival d’Aix-en-Provence : le pari est de faire naître en quelques jours une communauté sonore à partir de personnalités qui n’ont rien de commun a priori. Pour cette session, l’orchestre affiche 87 musiciens et un programme construit sur mesure autour du grand répertoire et sous la direction musicale, la cheffe coréenne Sora Elisabeth Lee, ample et enthousiasmante qui est déjà venue à l’Académie du Festival en 2024 comme cheffe en résidence.

Le concert s’ouvre sur les Danses de Galánta de Zoltán Kodály, magnifique compositeur hongrois trop peu joué. L’œuvre puise dans ses souvenirs d’enfance : le village de Galánta, sur la route reliant Prague, Bratislava et Budapest, était renommé pour son orchestre tsigane, dont le répertoire de danses nourrit toute l’inspiration de la pièce.

Vient ensuite une œuvre d’un autre hongrois Ernő Dohnányi, dont tout le monde a le thème principal à l’oreille : les Variationen über ein Kinderlied, tournent autour du « Ah vous dirai-je maman », popularisé par Mozart mais attribué aussi à Campra ou à Rameau. Cette fresque symphonique est portée au piano par Aris Alexander Blettenberg, directeur musical de l’Opéra de chambre de Munich depuis 2024, qui fait ici ses débuts au festival d’été. L’œuvre déploie un dialogue constant avec chaque pupitre. On peut entendre des carillons de Noël, des moments joueurs et des passages plus sombres ou lyriques, des fugues enjouées où le thème circule d’un pupitre à l’autre. Une partition qui va comme un gant à cet orchestre, mettant en valeur cors, bassons, flûte et piccolo, avant une dernière variation convoquant l’orchestre au grand complet, puis un finale qui redonne toute sa place au soliste.

Terre et mer

Comme toujours avec l’OJM, un principe de création clôt la première partie. Cette année une composition collective pour quintette, née d’une résidence au Caire sous la direction de Fabrizio Cassol, directeur musical depuis 2015 des sessions de composition collective de l’orchestre. Le propos : depuis un lointain recoin du cosmos, la Terre apparaît comme un point bleu pâle ; l’humanité s’est égarée sur de sombres chemins, oubliant l’importance du contact, de la paix et de la solidarité. Cette musique se veut un noyau de gratitude et de bienveillance.

Grande place est donnée au trombone impressionnant du jeune Jules Regard, qui ouvre la création, rejoint par Akram Ben Romdhane à l’oud, passé par l’Institut Supérieur de Musique de Tunis. Le quintette s’enrichit du piano de la Grecque Eirini Alisá et des voix d’Amena El Abd,chanteuse égyptienne formée sur les appels à la prière et les maqâms, et du Tunisien Saber Radhouani, aux graves exceptionnels. Une belle richesse née de la rencontre entre traditions multiples.

La seconde partie est consacrée aux Tableaux d’une exposition de Moussorgski. Chaque tableau y ménage un solo pour un musicien de l’orchestre : un exercice formateur pour ces jeunes interprètes, appelés à porter seuls la couleur de l’œuvre avant de se fondre à nouveau dans le tutti. Un programme généreux, une soirée qui confirme la vitalité de ce magnifique projet de rencontre entre des jeunes musiciens méditerranéens… Ovationnés.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Le concert s’est déroulé le 20 juillet au Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence

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Festival de Châteauvallon : Théâtre en résistantes

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© C.LP

Le dispositif à l’intersection des genres a été initié avec la mise en scène de Léon Blum, une vie héroïque, qui était à l’origine un podcast sur France Inter de Face à l’Histoire. Avec l’apport de Charles Berling, à la fois à la conception scénique et sur le plateau comme acteur, la radio avait pris corps. Pour ce deuxième volet il est question de résistance durant la Seconde Guerre mondiale, en France, au féminin. Les trois résistantes sont incarnées par des actrices amateures, Charles Berling passe au rôle de narrateur en compagnie de Bérangère Warlouzé.

Confronter amateurs et professionnels est le principe de ces pièces radiophoniques théâtralisées : les trois actrices lisent des témoignages de et sur Geneviève de Gaulle, Lucie Aubrac et Mila Racine, et le spectacle est accompagné du Chœur de préparation militaire marine d’Hyères et de l’Orchestre d’harmonie d’Ollioules, ponctué de deux débats ouverts aux questions du public, animé de chansons connues reprises en chœur par les spectateurs, illustré par les dessins réalisés en direct par Sébastien Goethals. Le magnifique amphithéâtre de plein air de Châteauvallon, offre un cadre idéal à ce déploiement, qui dure cinq trop courtes heures… 

Le récit est découpé en huit chapitres et un épilogue, structurés par périodes. Résister en 1940 n’est pas la même chose qu’en 1944. Philippe Collin en maitre de cérémonie prévient : la Résistance a trop longtemps été assimilée au maquis, au maniement des armes, d’où une invisibilisation des femmes peu nombreuses dans ce rôle. L’historien Fabien Archambault apporte des précisions lors des débats : la résistance armée était menée par ceux qui savaient se servir d’une arme, donc plutôt des militaires, anciens ou démobilisés. Ce qui caractérise l’engagement des femmes est la précocité affirme Philippe Collin : ainsi Geneviève de Gaulle entre en résistance en arrachant un drapeau allemand, ou en allant fleurir la tombe délaissée de sa grand-mère, la mère de Charles.

Collectif et individu·es

Les retours du public démontrent que les questionnements sont toujours là. Qui a résisté ? Quel nombre ? Qu’est-ce que résister ? Collin souligne qu’entrer en résistance n’est pas un acte de courage individuel, qu’il est lié à des engagements d’avant-guerre dans un réseau d’amitiés, de liens sociaux, susceptibles de se transformer en action collective et souterraine de renseignements, d’aide aux victimes et aux persécutés, de presse clandestine, voire de la prise d’armes comme a pu le faire avec son incroyable témérité Lucie Aubrac.

De son côté, Geneviève de Gaulle ne se contente pas de fleurir des tombes, elle rejoint le premier réseau de résistance français, celui du Musée de l’Homme. Et Lucie Aubrac, militante et proche du parti communiste, participe de ce fait à la création du journal clandestin lyonnais « Libération ». Mila Racine, la troisième protagoniste de la pièce, appartient avant-guerre à des mouvements clandestins qui lui permettent d’organiser la fuite de juifs et juives, victimes de pogroms, vers la Suisse. C’est pour ces faits qu’elle sera arrêtée et déportée.

Mais ces femmes apparaissent aussi dans la différence de leurs histories intimes. L’engagement très jeune de Geneviève de Gaulle au service des autres, dans le cadre d’une éducation catholique traditionnelle, répond à celui de Lucie Aubrac dans les mouvements d’éclaireuses. 

Ces deux figures célèbres représentent les deux grandes tendances qui structurent la résistance : gaullisme et communisme. Mila Racine une inconnue parmi les 800 000 résistant·es recensé·es après-guerre, apporte cette part d’héroïsme des invisibles. À leur courage, on peut associer la fougue de la jeunesse. Nos trois protagonistes avaient 20 ans en 1940, tout comme les actrices amateures qui les « incarnent » aujourd’hui.

CAMILLE LE PAT

Les Résistantes a été créé le 4 juillet à Châteauvallon, Scène nationale d’Ollioules
Charles Berling, bientôt sur le départ 
Comme annoncé il y a quelques mois, Charles Berling quittera ses fonctions de directeur de la Scène nationale Châteauvallon-Liberté ce 31 août. Une décision liée à « une certaine fatigue », mais certainement pas à un désir de retrait.
Sarah Behar, actuelle administratrice, assurera la transition jusqu’en janvier. Cinq candidatures restent en lice et la succession devrait être tranchée à la fin du mois de septembre. Charles Berling précise qu’il n’intervient pas dans le choix. « Cela ne relève plus de mes compétences ».
De passage à Avignon le 14 juillet, il insistait surtout sur la nécessité de réfléchir à l’avenir de ces lieux, « d’autant plus que les financements risquent de s’y raréfier ». Le comédien et metteur en scène reviendra dès octobre au Liberté dans Lost and Found de Lars Norén, avant de retrouver L’Histoire du soldat de Stravinski et Ramuz à l’Opéra de Toulon. S’il cesse ses activités de direction, il dit avoir « hâte de continuer à diriger et à jouer ».
SUZANNE CANESSA

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Ainsi va la Vague Classique

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Petibon © sixfoursvagueclassique

Ce soir-là, rien ne va. Déplacé à l’Espace André-Malraux en raison de la chaleur et des impératifs de sécurité, après avoir déjà changé de date quelques mois plus tôt, le concert commence avec un léger retard. Patricia Petibon paraît trop tôt : « Je me suis trompée d’entrée. » Dès L’Arrivée de la reine de Saba, une corde de violon cède. Jean-Christophe Spinosi meuble, raconte une anecdote, fait rire sans peine une salle complète et manifestement ravie d’être là.

L’amplification légère ne dénature guère les instruments, mais complique la tâche des voix. Très peu augmentée, Patricia Petibon souffre parfois de la trop grande présence des graves, tandis que les micros saisissent jusqu’au moindre soupir de Jean-Christophe Spinosi. Heureusement, sa ligne de violon ne tremble jamais. L’Ensemble Matheus part à l’assaut de Haendel : le continuo fuse, les attaques claquent, la musique avance avec une énergie à toute épreuve.

Remanié pour s’accorder à l’acoustique, le programme devient un voyage plus libre encore que la succession d’airs annoncée. La Music for the Funeral of Queen Mary de Purcell répond à la Médée de Charpentier ; le Cum dederit de Vivaldi, transcrit pour violon et continuo, glisse vers la Sarabande de Haendel, avant le Concerto rustico et les folies de Platée. Les pages espagnoles de José de Nebra et de Haendel, puis les airs de tradition orale, déplacent encore les frontières. Tonalités parentes, traits semblables, mêmes élans de danse ou de plainte : ici, la musique classique n’est ni corsetée ni morte. Elle circule, vibre et se partage.

Vers l’horizon

Cette liberté tient beaucoup à l’amitié ancienne et à la complicité réelle entre la soprano et le violoniste. Elle joue, ose, passe de la tragédie au sourire ; il relance, accompagne, provoque. Même les accidents deviennent matière de concert.

Mais la fête ne dissipe pas tout. Depuis mars, la commune est dirigée par le RN, vainqueur par vingt et une voix d’avance. Le nouveau maire a promis de conserver l’édition 2026, tout en annonçant qu’en 2027 le festival « prendra une nouvelle forme » [Lire ici]. Une formule assez vague pour nourrir les craintes exprimées par Jean-Christophe Spinosi et les musiciens en fin de soirée.

Patricia Petibon prend alors le micro pour évoquer sa famille de La Seyne-sur-Mer, les ouvriers des chantiers navals, artistes et musiciens en puissance qui auraient peut-être pu le devenir pleinement si les circonstances le leur avaient permis. Elle se dit chanceuse. L’émotion la gagne. Soutenir un festival, rappelle-t-elle en creux, c’est aussi empêcher que des vocations demeurent des vies inaccomplies.

En bis, Danny Boy suspend la salle. Le navire tangue, mais la musique tient bon.

SUZANNE CANESSA

Le concert a été donné le 19 juillet à l’Espace André-Malraux de Six-Fours-les-Plages dans le cadre du festival La Vague Classique

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De 10 à 13 : Tribulations d’une adolescente du XXIe siècle

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© Pierre Daendliker

Camille a 10 ans en 2006. Dans la cour de récréation, les amitiés se nouent, se déchirent, se rabibochent. Les rêves frétillent puis s’effritent. La vraie Camille, la metteuse en scène Camille Dordoigne, a retrouvé son journal intime en mettant de l’ordre dans ses affaires. Dans ces mots rédigés quinze ans auparavant, elle trouve, inquiétude ou rage, une vérité pure. Brute, l’écriture s’est faite sans calcul n’étant pas destinée à être lue. Avec le recul, elle voit se dessiner sa trajectoire et porte son regard de jeune adulte sur son parcours. 

Turbulences de l’adolescence

Elle a choisi une amie comédienne qui a la même énergie : Chloé Zufferey possède une voix aux modulations étonnantes dans les graves qui ouvre d’ailleurs le spectacle. Descendant du fond de la salle, elle saute sur la scène dans un hurlement. S’ensuivent les récits alternés de victoires amoureuses, de défaites et de trahisons. Car le sujet est bien celui des amours de jeunesse, du désir de plaire, du corps qui change, des premières règles…

La scénographie est sobre. Un grand tableau noir occupe le fond. Camille y écrit et dessine, note les dates. Les épisodes se succèdent avec cocasserie, recherche de vêtements sexy, jeux de lèvres et de hanches dans le miroir. Épisode enthousiasmant : la comédienne va s’assoir sur les genoux d’un spectateur qu’elle appelle papa et lui donne à lire des répliques imprimées. Tout cela a un charme fou, c’est inventif et léger !

Le spectacle se fait plus sobre et plus sérieux quand Camille est confrontée au décès de sa grand-mère, découvrant à la fois la douleur de la perte et la crainte de sa propre disparition. Surgissent alors les questionnements sur ce que l’on devient après la mort avec l’angoisse de grandir trop vite. Un spectacle très équilibré et des artistes pleines de promesses.

CHRIS BOURGUE

De 10 à 13 écrit et mis en scène par Camille Dordoigne se joue au Train Bleu jusqu’au 23 juillet

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