lundi 18 mai 2026
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La connerie d’Œdipe

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Zébuline. Quelle est la genèse de Andy’s gone, projet théâtral dont Immortels est la quatrième pièce ? 

Julien Bouffier. J’ai fait une commande à l’autrice québécoise Marie-Claude Verdier, il y a dix ans, pour répondre à un appel à projet de spectacle joué dans les salles de classe. Je lui ai demandé une relecture d’Antigone, dans un dispositif où les spectateurs seraient munis de casques audio, et qui serait jouée par deux femmes.

Dans une classe il n’y a ni décor ni rideau noir, rien, et c’est ça qui m’excitait : imaginer comment l’écriture de Marie-Claude Verdier et l’univers sonore de Jean Christophe Sirven, diffusé dans les casques, pouvait nous emmener autre part.

À l’origine, on ne l’a pas pensé comme un projet avec plusieurs pièces, mais souvent les spectateurs me posaient des questions sur la fin. Donc on s’est dit que ce serait drôle de faire une suite, et rapidement on a compris qu’il fallait faire un n°3. 

Comment incluez-vous les mythes à votre fiction ?

Pour chaque pièce, on a une œuvre-socle qui pose des enjeux auxquels on cherche à répondre hors de leur contexte. Pour Antigone, je voulais que la loi qu’elle refuse concerne toute la société, et me servir de ce  personnage qui dit non au pouvoir pour parler d’aujourd’hui. Notre Antigone ne s’oppose donc pas à l’interdiction d’enterrer son frère, mais au refus de la reine d’accueillir les personnes qui viennent de l’extérieur de la Cité. La trilogie est traversée par la question de la peur de l’autre, qui conduit finalement à la destruction de la Cité. 

Pourquoi créer une quatrième pièce ? 

On avait le désir de revenir à quelque chose de plus traditionnel, de convier le public dans un théâtre, mais aussi de faire de cette invitation une raison dramaturgique. On leur dit, vous venez dans ce théâtre parce que dans cette cité totalement détruite, et il ne reste plus que ce bâtiment. Le spectacle commence à la fin de la trilogie, tout s’est écroulé, et on va raconter ce qui s’est passé. Donc, c’est un peu le préquel d’Antigone, inspiré par le mythe de la génération précédente, Œdipe. On s’est dit : ok, il a fait une connerie, mais il faudrait une connerie qui concerne plus largement la société que d’avoir tué son père et avoir couché avec sa mère. 

Comment adaptez-vous au théâtre cet univers  que vous avez créé pour des lieux non-théâtraux ? 

Il y a cette fois un « quatrième mur », ce mur imaginaire entre les spectateurs et le spectacle, puisqu’on retourne dans le passé. Mais les spectateurs restent intégrés dans la fiction, même s’ils sont en dehors du plateau, et un personnage les accompagne, Mnemo, qui leur parle directement. On ne change pas grand chose dans le rapport avec le public.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR CHLOÉ MACAIRE 

Immortels

Du 28 au 30 avril 

Théâtre Joliette, Marseille

Retrouvez nos articles Scènes ici

Artiste au carré

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La vie de Mehdi Moutashar – né en Irak, non loin de Babylone, passé par Paris puis installé à Arles – n’a rien d’une ligne droite. Son œuvre pourtant en compte beaucoup. Des angles droits, du bleu clinquant, du bois, du métal, de la brique aussi. La galerie Zemma, située rue Sainte à Marseille, propose de découvrir cet artiste mieux connu à l’étranger qu’en France – alors qu’il y habite depuis 1967. Une exposition bienvenue d’autant que son œuvre s’y rencontre sur le vif, et permet d’e comprendre toute sa musicalité, sa poésie et sa tension, bien loin de l’orthodoxie que pourraient suggérer les photos de ces œuvres – et des articles qui tenteraient de les décrire.  

Qu’est-ce qui se trame ici ? 

Une dizaine d’œuvres de Mehdi Moutashar sont présentées dans les deux espaces de la galerie. Il y a d’abord Ha’ – la sixième lettre de l’alphabet arabe – un carré bleu outre-mer foncé, entouré – sans l’oppresser – d’un câble élastique, tendu lui aussi en carré, mais offrant d’autres espaces et d’autres angles à l’œuvre entière. À côté, et au centre de la pièce, Quatre carrés, où bois peint et bois brut s’enlacent, s’équilibrent, et instillant dans ses angularités une poésie quasi-insaisissable.  

Dans le deuxième espace, une installation monumentale : Trente-deux carrés posés au sol en bois brulé. Au centre de chacun d’eux, du pigment de ce même bleu qui colore toute l’œuvre de l’artiste. Il y a aussi ces études pour Carré en division de sept, où l’artiste décortique encore et encore ses carrés, les démembre… l’occasion de voir ici toute  son obstination. 

Car obstiné, ou obtus, Mehdi Moutashar l’est certainement. Il a mis plusieurs décennies à lâcher son sacro-saint angle à 90°. Il s’ouvre aujourd’hui aux angles aigus, au 45° voire même au 22,5°. Et introduit de nouveaux matériaux à son travail avec parcimonie – le câble élastique vient tout juste d’apparaître dans l’œuvre de cet artiste octogénaire. 

Au-delà des carrés, des matériaux, il est assurément question de langage dans son œuvre. Il y a ces références à l’alphabet arabe, et surtout cette géométrie, autre forme de langage. La géométrie est la « mesure de la Terre », et qu’a-t-on de plus universel, de commun, que cela ? L’exposition de la galerie Zemma rend hommage à cet artiste à sa juste, et singulière, mesure. 

NICOLAS SANTUCCI

Trame(s)

Jusqu’au 7 mai
Galerie Zemma, Marseille

Argerich, Shani, deux concerts « titanesques »

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© Caroline Doutre - Festival de Pâques 2026

À peine entrée sur scène, elle est ovationnée. Martha Argerich se dirige à pas menus vers le piano. L’immense Münchner Philharmoniker entame avec brio le concerto pour piano n°2 en si bémol majeur de Beethoven. Œuvre de jeunesse, c’est le plus mozartien des concertos du compositeur ; influence que l’on ressent dès l’introduction pleine de fraîcheur. Mais déjà, le piano entre dans un petit prélude enfantin suivi d’un thème plus véhément. L’immense pianiste argentine a toujours eu un amour particulier pour les deux premiers concertos de Beethoven, qu’elle a enregistrés plusieurs fois, et dernièrement en 2023 avec l’Orchestre Philharmonique d’Israël sous la direction de Lahav Shani, qui dirige désormais l’ensemble munichois. Quand Martha joue, la salle suspend son souffle. L’iconique octogénaire semble avoir toujours vingt ans, ses mains inspirées s’envolent, tendres, puissantes ou lyriques. La complicité avec Shani est évidente, organique.

Orchestre intérieur

Dans le fugato, la main gauche imite et répond à la main droite en décalé, comme deux voix se poursuivant sur le clavier. Argerich fait dialoguer son propre orchestre intérieur avec une intelligence musicale hors du commun. Dans le sublime adagio en mi bémol majeur, le piano répond aux suggestions de l’orchestre comme une conversation à voix basse. Enfin, le Rondo séduit par le dialogue vif entre piano et orchestre et ses rythmes syncopés, presque tziganes. Le jeu de Martha, d’une limpidité stupéfiante, bouleverse la salle debout. En bis, la Sonate K. 141 de Scarlatti, petite flamme baroque, vive et nerveuse, dont les notes répétées évoquent déjà l’impertinence du jazz.

La Symphonie n°1 en ré majeur de Mahler, rebaptisée « Titan », porte magnifiquement son nom. Le premier mouvement, envoûtant et brumeux, laisse surgir des appels de cor, des clarinettes, puis un thème bondissant, solaire. Shani dirige sans partition dans un engagement corporel qui force l’admiration, la battue canalisée, précise. Après un deuxième mouvement très rythmique où il semble s’amuser, l’œuvre débouche sur le saisissant Feierlich und gemessen : une contrebasse solo entonne Frère Jacques en mode mineur, transformant la comptine en marche funèbre grotesque. Entre les reprises s’intercalent des épisodes klezmer criards et déchirants. Drôle, grinçant et glaçant à la fois. Le dernier mouvement est une tempête colossale dans laquelle Shani a l’élégance des grands maîtres d’armes. Les cors se lèvent, la symphonie explose en triomphe. Une déflagration sur scène comme dans la salle.

Fugue exubérante

L’accueil fut plus mesuré pour le concert du lendemain, réunissant Shani, Argerich, le violoniste Renaud Capuçon et des solistes du Philharmoniker pour un programme de chambre. La Sonate KV 301 de Mozart par les deux hommes ne restera pas dans les annales. La sonate de Debussy est en revanche hypnotique : lui, solaire et élégant, l’archet entre émotion et retenue ; elle, souveraine, capable d’un pianissimo comme d’un éclat soudain. Entre eux, une respiration partagée.

Ce sont les deux œuvres de Schumann qui marquent la soirée. L’Andante et Variations op. 46 réunit les deux pianos, deux violoncelles et un cor solennel. Puis le Quintette op. 44 – mouvement conquérant, marche funèbre écrasante, scherzo slave – culmine dans une fugue exubérante vers une apothéose collective. Le public la redemande. Et ce sera le bis.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Les concerts se sont déroulés le 10 et 11 avril, au Grand théâtre de Provence, Aix-en-Provence.

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La nuit est andalouse

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José Maldonado, Flamenco Azul 2026 © Juan Conca

Marseille prend, en ce début de vacances scolaires, des airs d’Andalousie. Les terrasses débordent, baignées d’une douceur méditerranéenne retrouvée, tandis que la chaleur gagne aussi l’intérieur du Centre Solea. Sous ses lustres en cristal, ce haut lieu du cante jondo accueille le festival Flamenco Azul, dont toutes les soirées affichent complet pour cette édition 2026.

Le tablao de ce vendredi ne fait pas exception. Fidèle à la tradition, on s’y attable comme dans une bodega aux murs d’azulejos. Sangria, paella et pan con tomate circulent entre des tables serrées, propices aux conversations spontanées. Le public mêle aficionados de longue date et néophytes curieux, parfois venus de loin, attirés par la renommée de José Maldonado, tête d’affiche de la soirée.

« Un tablao se construit ensemble. Ce soir, vous n’allez pas assister à un simple spectacle. Le geste flamenco exige silence et recueillement », prévient Maria Pérez, directrice du centre et du festival, avant d’ajouter, non sans humour : « N’essayez pas de taper des mains en cadence, c’est un vrai métier. »

Les premières notes de la guitare de Manuel Gómez s’élèvent, accompagnant la lente tombée de la nuit marseillaise. Les voix de Justo Eleria et Emilio Cortés s’y entremêlent bientôt, portées par le cajón de Juan Luis Fernandez. Puis José Maldonado entre en scène, silhouette tendue dans un somptueux costume de torero. Né à Barcelone, le danseur se revendique « plastique », nourri par l’ensemble des arts de la scène. Son écriture chorégraphique, profondément ancrée dans la tradition, s’ouvre pourtant à une recherche formelle audacieuse. Sa présence, à la fois gracile et incisive, découpe l’espace et transforme le tablao — ces planches vibrantes sous ses talons — en véritable territoire sensoriel.

La puissance de son engagement, portée par les encouragements des musiciens, saisit le public, suspendu, parfois proche de l’extase. À la virtuosité du danseur répond celle des chanteurs, dont les voix expriment une urgence presque vitale. L’entracte survient comme une nécessité, une respiration après l’intensité de la première partie. Les verres s’entrechoquent de nouveau, les conversations reprennent, avant que chacun ne regagne sa place.

Pour la seconde partie, Maldonado apparaît en costume trois-pièces, jouant avec sa cravate comme d’un accessoire dramatique, à mesure que la tension et la chaleur montent. Le public, entièrement conquis, se lève finalement pour accompagner les artistes dans un même élan. 

ISABELLE RAINALDI

Spectacle donné les 10 et 11 avril au Centre Soléa, Marseille.

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Concerts à l’appart’ 

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Macha Gharibian © Laurent Seroussi

À l’époque romantique, il y avait le salon de musique, désormais il y a les concerts en appartement. Initié en 2021 par la Compagnie Piano and Co, dirigée par Nathalie Négro, la saison En Ap[p]arté est une série de concerts proposée dans des lieux atypiques – en l’occurrence chez des particuliers. Volontairement intimistes, ces concerts s’inscrivent dans une démarche qui tend à « faire découvrir le patrimoine marseillais et sortir du cadre [traditionnel] des concerts » et ainsi, « croiser les artistes et les publics » explique la directrice artistique Nathalie Négro. Cette 5e édition propose quatre rendez-vous mensuels entre avril et juillet, et œuvre à la visibilité des femmes dans une programmation qui mêle créations contemporaines, musiques improvisées, électroniques et traditionnelles.

Comme chaque année, la saison En Ap[p]arté accorde une grande place à la jeune génération d’interprètes. Rendez-vous le 21 mai avec la pianiste Mila Gostijanovic, 20 ans, qui se produit pour la première fois pour Piano and Co. Elle va faire résonner les compositions de Sophie Lacaze, Daphné Hejebri, Cécile Chaminade, Debussy et Rameau : une programmation qui inclut de nombreuses compositrices, une volonté de la direction artistique explique Nathalie Négro.

Voyages en appart 

Quelques semaines plus tôt, le 23 avril, c’est Macha Gharibian et Lionel Suarez qui vont ouvrir le bal. Un duo piano et accordéon qui invientent sur scène les danses du monde. Ensemble ils explorent le répertoire de la chanteuse, pianiste et compositrice tissant un fil à travers rythmes balkaniques, mélodies arméniennes et la tradition du bal, de la valse, et du tango. 

C’est un voyage un peu plus distant qui suivra en juin : une rencontre entre le contrebassiste canadien Chris Jennings et la multi-instrumentiste iranienne Shadi Fathi. Eux naviguent entre deux mondes, deux univers musicaux. La contrebasse contemporaine dialogue avec le setâr, le zarb et le daf persans avec une improvisation libre, sensible et audacieuse. 

Pour conclure la saison et continuer à dépasser les frontières esthétiques, le public découvre l’écriture sonore hybride de Clameurs. Le duo formé par Sarah Procissi et JeanChristophe Bournine marie l’oud électroacoustique à la contrebasse à cinq cordes et explorent textures expérimentales, effets, amplifications, et riffs, le tout composé avec l’élégance de la musique de chambre. Un conte musical proposé un extérieur – avec pique-nique – et parfait pour s’évader vers un monde imaginaire.

LAVINIA SCOTT

En Ap[p]arté
23 avril, 21 mai, 11 juin et le 8 juillet Divers lieux, Marseille

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Le Nestlégate sur la scène du Zef

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© Sylvain Chabloz

Le public s’installe dans une ambiance de fumée, et au son d’un jazz Nouvelle Orléans. Puis on entend dans l’obscurité une voix enregistrée accélérée, pendant qu’un castelet lumineux dessiné par des néons s’avance tout seul sur la scène, bientôt rejoint par les deux actrices manipulant ensemble une marionnette. Dans un playback amusant, la marionnette livre un prologue remettant en contexte le « Nestlégate » : en Suisse dans les années 2000, des agentes, recrutées par un certain Gérard de la société Securitas pour le compte de la multinationale de l’agro-alimentaire, s’introduisent sous les noms de Sara Meylan et Shanti Müller dans des milieux militants (la première chez Attac, au moment de l’écriture d’une brochure Attac contre l’empire Nestlé,  la seconde dans le GAR – Groupe Anti-Répression) pour les espionner. 

Doutes et manipulations

Les deux actrices Joëlle Fontannaz et Claire Forclaz continuent ensuite le spectacle en duo, dans un décor minimal qu’elles manipulent à vue, en restituant les témoignages recueillis auprès des militant·e·s victimes de ces infiltrations. Décrivant certains faits, moments-clés, leurs étonnements d’avoir été ainsi manipulé·e·s, leurs ressentis, leurs certitudes et leurs doutes. Les deux actrices n’incarnent pas les personnages, mais font circuler leurs voix, parfois fermes, parfois hésitantes, déroulant une histoire en fragments, organisés successivement autour des trois personnages de l’opération d’espionnage, dont les prénoms s’allument successivement sur des enseignes lumineuses.

Des témoignages qui décrivent du côté de Gérard le processus de recrutement d’un agent, et de Sara et Shanti la manière dont elles ont construit la légitimité de leurs personnages respectifs. Des militant·e·s se sentant après coup tout à fait trahi·e·s, s’en voulant de leur crédulité, fragilisé·e·s.

Contrastant avec ces paroles sensibles, le spectacle se termine sur un épilogue froid et informatif : un texte projeté sur un écran, amené sur le devant de la scène, qui résume les suites judiciaires (non-lieu au pénal en 2009, condamnation au civil en 2012 – quelques petites amendes) et les zones d’ombre persistantes : notamment des questions qui peuvent se poser sur la collecte de noms de syndicalistes colombiens par Sandra Meylan et une autre espionne découverte en 2008 au sein d’Attac, communiqués à Nestlé, dont certains ont ensuite été assassinés. Aucune enquête en cours.

MARC VOIRY

Une bonne histoire a été présenté au Zef, Scène nationale de Marseille, les 9 et 10 avril.

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Dvořák en Amérique

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Antonin Dvorak © X-DR

Antonin Dvořák quitte à cinquante ans sa Bohême pour un poste prestigieux au Conservatoire de New York : de cet exil naîtront de nombreuses œuvres – la Symphonie du Nouveau Monde, le Quatuor « Américain », parmi les plus célèbres – tournées vers le pays natal comme vers la terre d’accueil. Pour donner corps à ces œuvres nourries par cet exil à la fois souhaité et douloureux, Marseille Concerts organise à La Criée un programme retraçant cette traversée esthétique et musicale. Pour ce faire, la chanteuse Cristina Pasaroiu, le pianiste Sélim Mazari, mais également, au quatuor, Cyprien Brod, Charlotte Chahuneau, Issey Nadaud et Caroline Sypniewski s’empareront d’extraits partitions emblématiques, contextualisées par Olivier Bellamy, directeur artistique de Marseille Concerts tenant ici le rôle de récitant.

S.CA.
27 avril
La Criée, Théâtre national de Marseille

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Putting it together

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Jasmine Roy © X-DR

Pour sa saison pensée hors les murs, l’Opéra de Toulon s’installe une fois de plus au Liberté avec un programme alléchant. C’est de nouveau Stephen Sondheim qui sera mis à l’honneur avec Putting it together, assemblage inspiré réunissant de nombreux tubes et airs du dernier maître de la comédie musicale interprétés par Jasmine Roy, Olivier Breitman, Kelly Mathieson et Dov Milstein. La mise en scène, signée Olivier Bénézech, et la chorégraphie de Johan Nus mettront l’accent sur l’esthétique « revue » et farouchement méta, proche de la tradition française du cabaret, puisque l’action de ce Putting it together se concentre sur les coulisses de gestation d’un spectacle.

 S.CA.
Du 24 au 28 avril
Théâtre Liberté,Scène nationale deToulon

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Zygel et Beethoven

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Jean-François Zygel © Thibault Stipal

Le pianiste Jean-François Zygel s’empare de l’univers de Beethoven avec fantaisie et intelligence, aux côtés de la cheffe Débora Waldman et de l’Orchestre national Avignon-Provence. Entre récital, conférence et performance improvisée, le spectacle Mon Beethoven à moi revisite les grandes pages du compositeur allemand – sonates, symphonies – mais aussi ses opus plus rares, détournés et réinventés en temps réel. Fidèle à son style qui a fait sa renommée, Zygel dialogue avec le public, déconstruit les idées reçues, s’amuse et révèle la modernité d’un génie souvent figé dans le marbre. Un rendez-vous aussi pédagogique qu’inventif, accessible aux initiés comme aux curieux.

A.-M.T.
28 avril
Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence

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La Boucle des secrets

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La Boucle des secrets © X-DR

Si les enfants ont tendance à se placer au rang de simples spectateurs, La Boucle des secrets inverse la tendance en leur proposant une performance interactive qui les place au cœur de la création. Dans une ambiance nocturne et chaleureuse, trois comédien·nes ouvrent un espace de jeu et d’exploration où les bambins sont invités à confier leurs émotions, à travers un long tube de communication (s’ils, elles le souhaitent), à l’oreille d’un mystérieux personnage. À travers ce dispositif, les enfants deviennent acteurs et explorateurs de leurs émotions : joie, peur, souvenirs. Les deux autres interprètes transforment cette matière, dans l’objectif de créer ensemble une Boucle des Secrets collective et colorée. Une œuvre rassembleuse qui célèbre les émotions et invite à construire un monde, où chacun peut s’exprimer librement, petit comme grand.

C.L.
29, 30 avril
Théâtre Massalia, Marseille
En co-accueil avec Klap - Maison pour la danse

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