mardi 7 juillet 2026
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Touste dehors (enfin !)

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© G.C.

Il faisait beau, et même très chaud sous le soleil gapençais pour le 13e festival des arts de la rue, Toustes dehors (enfin) !. Avec une affluence considérable, les festivaliers se pressant pour mieux voir et entendre. Pas facile, quand il s’agit d’une déambulation telle que celle proposée par La horde dans les pavés, qui explore l’espace urbain avec d’autres usages que ce pour quoi il a été prévu. Cinq acrobates inspirés par le parkour et un musicien avec clavier portatif composent ce collectif : de minute en minute, ils disparaissent et apparaissent dans des endroits improbables, juchés sur un lampadaire, en haut des toits, accrochés par les cheveux (!) à la fenêtre de la piscine municipale…

« J’ai appris à sauter à l’âge de deux ans, révèle l’un d’eux. Tout mon corps a décollé du sol, et c’était cool. » C’est tout aussi cool la vingtaine passée, semble-t-il : ces jeunes femmes et jeunes hommes échangent entre eux des regards tendres, se rattrapent, se portent, sont présents les uns pour les autres, se remercient. Le message politique de la compagnie n’est peut-être rien de plus que « solidarisez-vous les uns des autres », mais franchement, cela fait du bien.

Aimer contre tout

Même tendresse entre potes dans Hune, spectacle de théâtre chorégraphié par la Cie Paon dans le ciment. Deux jeunes gens investissent l’escalier du lycée pour y rouler-bouler, le temps, en moins d’une heure, de raconter la vie de Mattia et Adri au moyen d’un mash up brillant, dont l’humour léger sert de cheval de Troie à un propos dramatique. Tour à tour journaliste cherchant le fait divers, passante n’ayant pas vu grand chose mais ravie qu’on lui tende le micro, politiciens en mal de récupération, gendarme, pompier intervenu pour prendre en charge un malaise, ils délivrent avec brio l’histoire d’une personne qui s’effondre, dans un système fait pour exclure. Son ami d’enfance, lui-même en bute à la violence du monde du travail, passe de boulot en boulot comme on change de chemise et, happé par ses responsabilités familiales, peine à empêcher la dégringolade. Des destins très familiers : ce pourrait être nous. Aussi l’affection bourrue qu’ils se témoignent perce le cœur.

Joie partagée d’avoir un corps

Une autre énergie, féminine cette fois, se déploie dans Faune, performance des trois danseuses de la Cie Libertivore. Elles roulent sur un tapis rond semé de feuilles, à l’ombre des grands arbres du parc de la Pépinière, s’entremêlent, s’envolent, s’échappent. Des bois de cerf leur servent d’appui, de grappin, d’ailes, de griffes. Une bande son musicale, rythmée par des cris et stridulations, accompagne leur gestuelle, toute de défi et de furtivité animale. Cette sauvagerie est une célébration de la joie d’avoir un corps jeune et souple. Un cadeau offert au public : lorsqu’ils se relèvent, encore songeurs, adultes, enfants et vieux et vieilles bougent pour un moment avec plus de liberté.

Même émotion soutenue par la musique, jouée en direct par le violoncelliste Guillaume Bongiraud, dans Solstice, de la Cie Contrepoint. Le mouvement hypnotique de deux circassiens maîtres de la roue Cyr procure une sensation poignante : ah, si une telle harmonie pouvait exister dans le cours banal de l’existence humaine ! Le spectacle ne dure qu’une demi-heure, mais il mérite bien sa standing ovation.

En troupe ou bien tout seul : s’aventurer

Grand succès aussi pour La Bande à Tyrex, du cirque cycliste doté également d’un accompagnement en musique live. Mais l’esprit est bien plus déluré : ils sont neuf, véloces, taquins. Franchement, qui eût cru qu’on pouvait faire autant de choses avec une bicyclette ? Jouer de la trompette debout sur la selle et le guidon, s’entasser à quatre dessus, s’enfuir en marche arrière, jubilant après l’avoir fauchée sans vergogne à ses copains ? C’est peut-être la morale de l’histoire : ensemble, on rigole plus. Parfois, il n’est pas besoin d’autre chose.

Et pour ceux qui apprécient la culture plus littéraire, il était aussi possible d’aller applaudir dans le jardin du Centre diocésain L’Ouest Loin, œuvre inclassable d’Olivier Debelhoir (Cie d’un Ours). Juché sur une paire de skis, avec sa perche de funambule, il soliloque en truffant son texte de citations de Victor Hugo, Marcel Proust, Edith Piaf ou encore Daniel Balavoine. Un éloge du risque qu’on encourt à solliciter autrui : s’il ne vient pas, il faut oser s’aventurer tout seul.

GAËLLE CLOAREC

Le festival Toustes dehors (enfin) ! a eu lieu du 5 au 7 juin à Gap.

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Le jazz jamais en rade

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© X-DR

C’est désormais habituel : chaque printemps, le Marseille Jazz s’associe avec le cinéma L’Alhambra pour une proposition conjointe. Cette année, c’est un ciné-concert de haut degré artistique qui était proposé. Le film En Rade, muet et en noir et blanc, réalisé en 1927 par le Brésilien Alberto Cavalcanti, narre les rapports émus et craintifs entre une petite serveuse de bar, rudoyée par sa mère, affolée par ses clients les dockers et Jean, le fils de la blanchisseuse qui rêve à d’autres horizons – un simple d’esprit s’en mêle, fasciné par la jeune fille et les bateaux qui s’éloignent des rivages marseillais.

Restauré par Les Films du Jeudi, il permet de découvrir des images de la cité phocéenne loin de tout stéréotype. Ici, pas de Vieux Port ni de Bonne Mère, mais des vues sur les marchandises, les cargos et les portefaix. À peine les docks de la Joliette et la Digue du Large sont-ils esquissés.

La musique, une suite composée par le pianiste Benjamin Moussay, est interprétée par un quartet d’excellence. Outre le pianiste, Airelle Besson est à la trompette, Thomas Savy à la clarinette et Eric Echampard à la batterie, qui tous sont là pour amplifier les émotions que suggèrent les images.

La musique et l’héroïne

On croit que chaque instrument est censé représenter un personnage – notamment la trompette, qui entre en jeu dès l’entrée en scène de l’héroïne. Puis on a la sensation que la clarinette fait vibrer le décor jusqu’à la moindre volute d’un châle, alors que le piano rend les cadrages plus précis encore, et que la batterie devient un instrument de montage. Par de subtiles polyphonies et polyrythmies, fondées sur des arpèges impressionnistes d’où émerge un swing furtif, l’orchestre déploie des ondes sensibles aux nuances infinies, rejoignant le propos artistique aux atours expérimentaux du réalisateur. Tout ça pour une histoire d’amour avec un port comme cadre ? Oui. Et c’était sublime.

LAURENT DUSSUTOUR

Ciné-concert donné dans le cardre du Parcours métropolitain du Marseille Jazz des Cinq Continents le 7 juin au cinéma L’Alhambra, Marseille.

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Hair, Paper, Water

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Nuit, feu, eau, grotte, abeilles, chauves-souris…des mots inscrits en rouge sur l’écran. Et c’est la voix chaude d’une vieille dame, Mme Hậu, qui nomme, en langue Rục les éléments de la nature, filmés en gros plan. « Dans une grotte, je suis née » confie t- elle. Venue au monde à sept mois, elle y restée jusqu’à ses onze ans. Elle appartient à une minorité ethnique qui a vécu isolée dans des grottes, une communauté découverte en 1959, dans un petit territoire à la frontière du Laos. Mme Hậu transmet sa langue, ses savoirs, ses traditions à la nouvelle génération, en particulier à son petit fils qui partage avec elle son amour de la nature, les yeux émerveillés. Nicolas Graux et Truong Minh Quy qui l’avait rencontrée et filmée dans un documentaire précédent, vont la suivre au fil de l’eau sur sa barque vers sa grotte, mais aussi à Saigon où elle part aider sa fille qui vient d’accoucher. C’est par ses yeux que nous découvrons une ville, un monde dont elle ignore tout.

Tourné avec une caméra Bolex 16mm, avec un son post-synchrone,Hair, Paper, Water se lit comme un livre d’images, une sorte d’abécédaire  poétique  Hair comme les longs cheveux de  Mme Hậu, qu’elle peigne avec soin, qu’elle a coupés trois fois et vendus pour acheter de la nourriture. Paper, fabriqué avec les acacias coupés dans les forêts dévorées par ce qu’on appelle le progrès. Water, l’eau des fleuves et rivières, l’eau d’un pays en crue, symbole du temps qui s’écoule, mémoire mouvante qui pourrait disparaitre et que Mme Hậu transmet à travers mots et gestes. Cueillette de plantes médicinales, herbes qu’on hache, qu’on fait infuser et qui soignent les entorses, macérations dans lesquelles on baigne les bébés. La caméra saisit tous ces gestes qui risquent de se perdre, les visages de la grand mère et de son petit fils, la force de leur lien, mais aussi le souffle du vent dans les arbres, le clapotis de l’eau, le vert pâle des paysages. Un film au grain granuleux, au rythme lent,  entre documentaire et rêverie, qui peut nous emporter ou nous laisser sur la rive.

Annie Gava

Hair, Paper, Water  sort en salles le 10 juin

17 à la Quinzaine !

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Shana(C) Les Films du Losange

Pour commencer le 10 juin à 20h 30, on plongera au cœur du mouvement Harlem Renaissance dans les années 1920 avec le documentaire de William et David Greave , Once Upon a Time in Harlem,  que nous présentera Matthieu Verdeil, réalisateur de Claude Mc Kay, Errances d’un poète révolté  et l’universitaire Claudine Raynaud.

Le lendemain, on sera en Amérique Latine avec le film argentin, Double freedom de Lisandro Alonso et Death has no master du Vénézuélien Jorge Thielen Armand. De même, vendredi  avec La Chienne de la Chilienne Dominga Sotomayor.

Ceux qui suivent le travail d’Alain Cavalier seront ravis samedi 13 à 16h 30 de découvrir le  dernier épisode de son journal filmé, Merci d’être venu. Suivra le Coup de cœur de la SACD  qui a choisi de primer ‘ « la jeunesse dans son élan et ses fragilités, un film qui révèle une actrice hors du commun »  Eva Huault qui interprète Shana dans le nouveau film de Lila Pinell. Et pour finir cette soirée, ce sera, le Prix label Europa Cinéma,  le 1er long métrage de Sarah Arnold,entre comédie noire absurde et polar rural, L’Espèce explosive.

Dimanche  14 à 14h,  ce sont les fans de Bruno Dumont qui seront ravis de découvrir son nouvel opus, Les Roches rouges, tourné avec six  enfants sur La Côte d’azur. Et à 18h, ce sont ceux du Roumain Radu Jude qui se précipiteront pour voir le Journal d’une femme de chambre, librement adapté du roman d’Octave Mirbeau : Gianina, une jeune  Roumaine  travaille comme employée de maison dans une famille bourgeoise bordelaise et le soir répète avec une troupe de théâtre amateur…

Entre les deux, le Prix du Public, Je vois des immeubles tomber comme la foudre où  la cinéaste britannique Clio Barnard dresse l’image d’une génération, des trentenaires et d’une ville, Birmingham. 

Lundi 15 juin  à 14h et 20h 45, Le réalisateur Maxence Voiseux présentera son documentaire Gabin : il y suit Gabin, le petit dernier de la famille Jourdel  pendant près de dix ans.

D’autres films venus du Nigéria (Clarissa d’Arie et Chuko Esiri) , de Norvège (Low Expectations d’ Eivind Landsvik), de Corée du sud (Dora de July Jung ) et de Thaïlande (9 temples vers le ciel de Sompot Chidgasornpongse) complètent cette foisonnante programmation.

 Si vous n’êtes pas allés à Cannes, n’hésitez pas à aller à L’Alhambra

Annie Gava

Pour le programme complet : https://www.alhambracine.com/

Dua : Une adolescence dans la guerre

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Dua (C) Jour2Fête

En 2022, la cinéaste kosovar Blerta Basholli avait réalisé Hive (La Ruche), un film touchant sur le combat d’une femme pendant la guerre du Kosovo  Cette année, c’est Dua , sélectionné et récompensé à juste titre à la Semaine de la Critique. Un film inspiré par sa propre  adolescence dans un pays en guerre.

 Dua  Gashi a 13 ans et comme toutes les adolescentes parle des garçons, d’un futur premier baiser. Cadette d’une fratrie de quatre enfants, il lui tarde que son corps se transforme. On danse, on écoute de la musique. Mais on est à Pristina au  Kosovo, à la fin des années 1990 et  les tensions grandissent  entre Serbes et Albanais. Dans la salle de classe, on accueille de jeunes réfugiés d’une  zone de combat. Humiliations ordinaires, contrôles policiers, répression féroce de manifs étudiantes, le climat de peur grandit et des familles quittent le pays. La mort de la sœur d’une de ses amies, abattue dans une rue de Pristina par la police serbe, rend la menace encore plus présente pour Dua. Elle se lie d’amitié avec Maki (Vlera Bilalli), réfugiée d’une autre région qui l’initie au judo. Pour gagner,  « Pense à la bête qui est en toi »  lui conseille-t-elle. Dua et son frère Vegim (Andi Bajgora) pensent à rejoindre l’UÇK, l’armée de libération. « Tout le monde n’est pas né pour se battre » rétorque la mère (Yllka Gashi) Mais Dua a la rage…

 Dua, c’est Pinea Matoshi dont c’est le premier rôle. Et c’est un coup de maitre ! Son regard en dit long sans qu’elle ait besoin de parler. La caméra de la talentueuse directrice de la photo Lucie Baudinaud ne la lâche pas, scrutant son visage comme un paysage changeant au fil des émotions, la suivant dans les rues de la ville en de longs plans séquences. La scène où, après la fermeture forcée de l’école, avec sa sœur Tina (Kaona Sylejmani), elle chante et danse dans leur chambre au rythme de Brazen de Skunk Anansie  « Pourquoi ne pleures tu pas quand je te blesse  et la colère grandit en toi.. »  traduit la colère et la soif de vivre de cette jeune adolescente ; les oscillations entre l’insouciance et la conscience du danger se plus en plus prégnant.

« Je  voulais montrer la complexité de la vie d’adolescent en temps de guerre, faire un film sur des jeunes dans un pays en guerre, pour montrer qu’ils sont comme tous les ados du monde. Ils ont leurs rêves et leurs problèmes. » précise Blerta Basholli. C’est réussi.

Annie Gava

Dua  © Jour2Fete

Un festival d’ethnocentrisme

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La conférence de presse de la Région Sud sur les festivals d’été a été le lieu d’un dérapage non contrôlé qui démontre l’emprise de l’extrême droite dans l’esprit d’hommes politiques qui croient défendre des valeurs républicaines. On a pu entendre, après que le Festival d’Avignon a parlé de sa programmation coréenne et les Rencontres d’Arles a présenté des expos décoloniales, cette phrase, totalement hors sol en contexte : 

« Il faut protéger notre nation […] des forces extérieures qui veulent détruire nos valeurs occidentales »

Ludovic Perney

Ce n’est pas un adepte de Zemmour, Ciotti ou Le Pen qui a prononcé ces mots, mais un Républicain, vice-président de la Région Sud délégué à la jeunesse. Il est, qui plus est,  candidat à la présidence de la fédération LR des Bouches-du-Rhône. La prédécesseure à ce poste, Laure-Agnès Caradec, qui prônait l’alliance avec l’extrême droite d’Allisio pour les municipales marseillaises, a depuis rejoint l’UDR de Ciotti, et démissionné. 

Cette déclaration était en décalage total avec les paroles ouvertes, bienveillantes et défendant la nécessité d’une culture publique libre de Sophie Joissains, vice-présidente à la Culture, et de Michel Bissière, conseiller régional délégué à la vie culturelle. Pourtant, interrogé à ce propos, Ludovic Perney esquivait d’abord, en parlant des « valeurs des Lumières », puis questionné à nouveau s’enfonçait dans une réponse hasardeuse, où il a affirmé que « nous devons défendre notre liberté de vêtement [sic], nos libertés qui ont toujours existé ici. ». Pourquoi ? Parce que :

« L’Occident a toujours été au centre des cartes »

Ludovic Perney

Comment le discours d’un homme de droite, jeune, engagé à 14 ans, devenu avocat, peut-il être à ce point contaminé par les caricatures d’extrême droite ? Ludovic Perney ignore sans doute que la première carte humaine est babylonienne (5e avant notre J.-C.), et les suivantes chinoises (2 siècles après mais toujours 3 avant notre J.-C.) et que les premières représentations géographiques de l’Europe ne placent pas « l’Occident » au centre mais la Méditerranée. La première carte à peu près complète du monde (sans Amériques), la Tabula Rogeriana, a été dessinée par Al Idrissi, un géographe arabe du XIIe siècle qui plaçait le golfe persique au centre du monde. 

Outre l’erreur factuelle, Ludovic Perney occulte aussi que la culture « occidentale » s’est caractérisée par la privation de liberté – et souvent de la vie – pour les esclaves, les indigènes, les femmes, les homosexuel·les, les domestiques et les prolétaires, les juif·ves, les protestant·es, les invalides, les communistes, les journalistes, les écrivain.es… Les Républicains, généralement, se souviennent aussi que les dénommés « indigènes » par notre république, loin d’attaquer nos valeurs, ont délivré la zone sud de l’occupation nazie, et des « valeurs » de Vichy. 

Le meilleur remède contre la contamination d’extrême droite ? Un petit tour aux festivals de culture publique que la Région Sud promeut, et finance. Et ce malgré une opposition toute RN qui risque fort, aux prochaines élections régionales, de mettre dehors cette droite si oublieuse de ses principes, et des voix de gauche qui ont permis son élection.

AGNÈS FRESCHEL


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L’absent(e)

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L’absente © Nassimo Berthomme

La compagnie Begat Theater propose une nouvelle version de son spectacle déambulatoire. Le principe : pendant une semaine, un·e auteur·ice créé·e une histoire pour deux personnages. Mais ils ne sont pas seuls. L’absent(e), c’est cette troisième personne que l’on cherche à découvrir. Le spectacle s’articule autour de deux groupes. Chacun suit l’un des personnages dans ses déplacements. Parfois, les deux se rejoignent, créant des moments de dialogues. Une œuvre qui se transforme à chaque représentation, puis disparaît. Éphémère. Le processus d’écriture rapide est issu d’un protocole, minutieusement élaboré par les trois auteur.ices associées au projet : Marc-Antoine Cyr, Eva Doumbia, Patrick Goujon. Un spectacle qui se joue dans et autour du théâtre, se passant de scénographie complexe, à la recherche de l’intime.

M.L.

5 et 6 juin

Théâtre Joliette,Marseille

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Waku Doki

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wakudoki©X-DR

En japonais, waku doki désigne la montée d’adrénaline avant de réaliser quelque chose d’excitant. Le prolifique danseur et chorégraphe niçois Éric Oberdorff et sa Compagnie Humaine se sont emparés de cette sensation d’intensité. Sur scène, les quatre interprètes incarnent par le mouvement cet instant grisant de liberté, sur la musique In C de Terry Riley, dans une version revisitée. Etienne Guiol signe une scénographie numérique immersive, accompagnant les danseurs dans leurs mouvements. La chorégraphie pour révéler ce qu’il y a d’universel : les émotions humaines. Dans un instant suspendu, un petit haut le cœur pour un grand haut les corps.

9 juin

Klap - Maison pour la danse,Marseille

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Mega Zorg

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Megazorg © X-DR

Partant du constat que nos sociétés se morcellent, le trio du Muerto Coco, collectif théâtral en questionnement permanent, cherche à retisser les liens. Pour leur sortie de résidence, ielles ont choisi le format d’une comédie musicale humoristique pour confronter les gen(re)s. Affublé·es de costumes de power rangers, ielles signent une véritable auto-critique sociale sur l’entre-soi dans le milieu du théâtre. Une mise en abyme en rodage avant le festival d’Aurillac cet été. Quand le milieu artistique se parle à lui-même, quid de celleux autour ? Comment créer des ponts entre l’art conceptuel et les néophytes ? Tout un programme qui s’annonce dans ce spectacle d’une quarantaine de minutes.

M.L.

5 juin

Citron Jaune, Port-Saint-Louis-du-Rhône

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On a pas pris le temps de se dire au revoir

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On a pas pris le temps de se dire au revoir © X-DR

Les seuls en scène autobiographiques du comédien et metteur en scène Rachid Bouali sont la mémoire vive de la cité de son enfance, la Lionderie, dans le nord de Lille. Son dernier spectacle, On a pas pris le temps de se dire au revoir, c’est l’épisode de la destruction de sa cité, mais aussi de sa famille, avec la maladie de son père. Garder une trace du silence, de l’anéantissement, voici la ligne directrice de cette pièce. Rachid Bouali livre ici un quatrième spectacle, après sa trilogie de Cité Babel, Un jour j’irai à Vancouver et Le jour où ma mère a rencontré John Wayne qui retrace son enfance dans un quartier populaire, l’adolescence et la découverte du théâtre, puis l’émancipation.

M.L.

5 juin

Forum de Berre

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