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Ettore Scola, vu par Robert Guédiguian 

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Vittorio Gassman et Stefania Sandrelli dans Nous nous sommes tant aimés ! d’ Ettore Scola © X-DR

Zébuline. L’Institut culturel italien a choisi l’expression « Les héritages infidèles » pour nommer cette soirée. Que doit-on comprendre ?

Robert Guédiguian. Je suis très fidèle à l’esprit de ce cinéma-là, « national-populaire » comme disait Gramsci, et Jean Vilar plus tard. Je reste très sensible à ces idées-là, mais on ne parle pas tout-à-fait la même langue, les choses ont changé. Le cinéma ne se fait plus de la même manière. Reste quand même l’essentiel : des acteurs qui jouent un texte et nous racontent une histoire. 

Robert Guédiguian © Florence Behar Aboudaram

Vous connaissiez personnellement Ettore Scola ?

Oui. La dernière fois où il est venu en France pour un débat à Paris, on lui a demandé avec quel cinéaste français il voulait intervenir, il m’a choisi. Il a eu ce jour-là un mot qui m’a beaucoup touché, en réponse à une question du public qui demandait pourquoi moi, et il a répondu avec beaucoup d’humour : « Parce que c’est le meilleur cinéaste italien contemporain. » Nous nous sommes revus plusieurs fois par la suite. 

L’esprit de Scola, il subsiste ?

Je vais dire une phrase que j’ai dite dans Mitterrand : « Je crois aux forces de l’esprit ». Même avec la victoire de Meloni, ça ne veut pas dire que l’esprit Scola a disparu. Ça s’est un peu dissout, comme un comprimé d’Efferalgan. Ça ne fait plus corps, ce n’est pas réuni, mais c’est là, en suspension. 

L’Institut culturel italien est un lieu de passage et de mémoire. En choisissant de montrer Nous nous sommes tant aimés, quel message tente-t-on d’adresser à la jeunesse marseillaise d’aujourd’hui ? 

Que la vie est belle quoi qu’il arrive. Au bout du compte, il reste l’amitié, le message est assez clair.  

Est-ce qu’au fond, ce film de Scola, terriblement actuel, ne nous démontre pas que le plus grand risque n’est pas l’échec politique, mais le renoncement intime et le cynisme ?

Oui, bien sûr. Il faut toujours affirmer et faire exister ce qui nous a fondés. La forme peut changer, mais pas le fond des principes. Par exemple, pour moi, le principe de partage des richesses est un principe fondamental, viscéral, quoiqu’il arrive. Je peux envisager d’autres façons, d’autres techniques, selon le monde dans lequel nous vivons, mais cela reste pour moi un principe essentiel de la vie en société, de la vie de l’humanité. 

Quoi d’autre est pour vous non négociable ?

L’absolue sincérité. Ne pas jouer avec l’école, avec la financiarisation du cinéma. Ne jamais transiger sur l’urgence de ce qu’on a à faire ; ne pas faire de choses pour de mauvaises raisons.

Peut-on dire que Scola, à l’instar de Pasolini ou de Renoir, est une des figures tutélaires de votre cinéma ?

Oui, c’est vrai. J’ai été vraiment marqué par Affreux, sales et méchants que Pasolini avait adoré. Scola est un grand cinéaste, Pasolini est un génie, ce qui ne dévalorise pas l’un par rapport à l’autre. On peut même éprouver plus de plaisir à voir un film de Scola qu’un de Pasolini, mais Pasolini est d’une verticalité dingue. Je pense qu’il est un des plus grands artistes de la deuxième moitié du XXe siècle. 

Une dernière question : quelle est votre définition du bonheur ? 

Il y a un proverbe napolitain qui dit : « C’est un peu d’air frais qu’on prend sur le balcon. »

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR DANIELLE DUFOUR-VERNA

« Les héritages infidèles d’Ettore Scola »
15 janvier
Institut culturel italien, Marseille

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Le cabaret des oiseaux

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Le cabaret des oiseaux © Lucien Roux

Le cabaret des oiseaux, deuxième création de la compagnie marseillaise Le Vaisseau, est un spectacle qui se déploie comme une expérience immersive, où le burlesque côtoie la douleur de la perte, dans un mélange d’absurde et de poésie explorant le thème universel de la recherche des êtres aimés. La scène est une vaste pièce sombre traversée d’étranges lueurs, où se trouve une lourde porte, surveillée par des bureaucrates loufoques et abîmés : un homme veut la franchir pour retrouver un être cher qui en est passé de l’autre côté, mais l’accès lui est catégoriquement refusé. À travers une lutte effrénée, faite de procédures délirantes et de rites absurdes, il s’acharne à convaincre ces personnages bureaucratiques, entraînant le spectateur dans un labyrinthe burlesque où se mêlent humour, absurdité et émotion.

M.V.
16 et 17 janvier
L’Ouvre-Boîte, Aix-en-Provence

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L’Origine du monde (46×55)

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L’Origine Du Monde © Musée Fabre Montpellier

Le projet de L’Origine du monde (46×55) est né dans une brocante, où l’artiste Nicolas Heredia découvre une reproduction du célèbre tableau L’Origine du monde de Gustave Courbet, posée parmi des objets usuels et vendue 200 €. Cette trouvaille inattendue devient chez lui l’élément déclencheur d’une exploration théâtrale et intellectuelle sur la valeur que nous accordons aux œuvres, aux objets et aux histoires qui les entourent. Sur scène, l’auteur, metteur en scène, comédien et scénographe transforme ce récit en une sorte de conférence en forme de voyage à la fois ludique, poétique et philosophique, où les objets, les souvenirs et les idées se répondent pour questionner notre rapport à la beauté, à l’authenticité et à la perception.

M.V.
Du 14 au 18 janvier
À Apt, Lacoste, Maubec,
L’Isle-sur-la-Sorgue, Lourmarin
Une proposition de La Garance – Scène nationale de Cavaillon

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Les bonnes ondes du Luberon 

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La Caravane Sonore à Vaugines en septembre © X-DR

Créer du lien au sein des territoires ruraux, croiser les regards de ses habitant·es, offrir une première expérience radiophonique à ses jeunes en les invitant à parcourir leur village micro en main. C’est le point de départ de la Caravane Sonore. Lancé en septembre dernier à Vaugines, le projet embarque les jeunes habitant·es de six communes du sud Luberon dans une aventure faite de rencontres et de sons. En ce début d’année, la Caravane traversera quatre nouveaux territoires: du 14 au 17 janvier à Cucuron, du 4 au 7 février à Cadenet, du 18 au 21 mars à La Bastide-des-Jourdans, puis du 25 au 28 mars à La Tour-d’Aigues.

Pour et par les jeunes

Portée par les jeunes villageois·es, la Caravane Sonore prend la forme d’un plateau radio itinérant. Dans chaque bourgade, les apprenti·es journalistes sont accompagné·es par un professionnel de la radio et des médiateur·ices pour découvrir la réalisation de podcasts, les techniques d’interview et l’écriture. 

La génération Z est au cœur du projet : c’est son regard qui guide la narration. À la rencontre des habitant·es, les adolescent·es collectent récits, anecdotes et souvenirs, donnant une voix aux rues, aux maisons, aux commerçant·es et aux patrimoines locaux. Micro à la main, chacun·e devient, le temps des ateliers, un véritable collecteur d’ambiances et d’histoires locales.

Restitution et mémoire

À l’issue de chaque étape, un temps de restitution est proposé sous la forme d’une exposition ouverte à tous·tes. Histoires de vie, récits collectifs et légendes composent ainsi une grande carte sonore interactive, permettant aux habitant·es comme aux curieux·ses d’écouter les sons et témoignages associés aux lieux des villages. Portée par Culture Lub– association culturelle du sud du Luberon – et en partenariat avec leur média Ouste, l’exposition finale, réunissant les six cartes sonores, sera présentée lors du festival Le Grand Ménage de Printemps, en avril 2026 à La Tour-d’Aigues. 

Au-delà de la création artistique, La Caravane Sonore a pour mission de créer et de renforcer les liens entre habitant·es autour d’un attachement commun. Il s’agit aussi de préserver les récits des villages tels qu’ils étaient et tels qu’ils sont. Si les histoires ne vivent plus, elles risquent de s’envoler et de s’oublier : la Caravane Sonore crée cet espace où la jeunesse les fait vivre !

CARLA LORANG 

La Caravane déambulera à Cucuron (du 14 au 17 janvier), Cadenet (du 4 au 7 février), La Bastide-des-Jourdans (du 18 au 21 mars), et à La Tour-d’Aigues (du 25 au 28 mars)

Retrouvez nos articles Escapade ici

Diotima

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Le Quatuor Diotima © X-DR

A l’heure du brunch, la scène du Méjan à Arles accueillera le prestigieux Quatuor Diotima pour un dialogue entre traditions et avant-garde. L’ensemble, composé de Yun-Peng Zhao et Léo Marillier aux violons, Franck Chevalier à l’alto et Alexis Descharmes au violoncelle, ouvrira avec le Quatuor n°2 op. 56 de Karol Szymanowski, qui puise dans le folklore polonais des montagnes du Tatras. Suivra Terra Memoria de Kaija Saariaho, moment de recueillement poignant. Composée en 2007 et dédiée « à ceux qui sont partis » cette œuvre explore la mémoire et le deuil avec une délicatesse caractéristique de la compositrice finlandaise disparue en 2023. Le concert se conclura avec le célèbre Quatuor en fa majeur de Maurice Ravel, chef d’œuvre impressionniste, unique contribution du maître français au genre.

A.-M.T.

18 janvier
Méjan (Espace Van Gogh), Arles

Viva España

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Jennifer Michel © X-DR

Le directeur du Forum de Berre, Mikhael Piccone, convie le public pour une soirée autour des mélodies espagnoles et de la zarzuela, ce genre lyrique à la croisée de l’opéra et de la comédie musicale. Le directeur-chanteur est accompagné par le pianiste franco-espagnol Sylvain Souret, et de la soprano Jennifer Michel – finaliste du concours International de Chant de Tenerife en Espagne en 2013 – et du ténor Juan Antonio Nogueira, ténor.

 L.S.
18 janvier
Forum de Berre

lovemusic

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lovemusic © X-DR

Invité par le GMEM, le collectif strasbourgeois lovemusic passe par Marseille ce 20 janvier. Un collectif qui œuvre depuis plusieurs années dans la promotion de la nouvelle génération de compositeur·trices, et qui a reçu, en 2025, le Prix d’Ensemble de la Fondation Enrst von Siemens pour la Musique. Ils se démarquent par une démarche inclusive, dans une volonté de créer de la musique où compositeurs et musiciens sont tous impliqués dans le processus de création, et dans une multiplicité des esthétiques. Dans Protest of the Physical, lovemusic explore le corps – source et vecteur de la création musicale.

L.S.
20 janvier
Friche la Belle de Mai, Marseille

Femme non-rééducable

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Femme non reeducable © Louis Josse

Le texte de Stefano Massini, écrit après l’assassinat de la journaliste Anna Politkovskaïa en 2006, révélait les atrocités du régime de Poutine. Fondé sur les notes de ses reportages sur la guerre en Tchétchénie, sur le cynisme, les mensonges d’État et l’emprise despotique d’un pouvoir qui ne recule jamais devant le meurtre, la pièce est aussi un magnifique portait d’une femme remarquable, courageuse au-delà de ses doutes mêmes et de son envie de vivre.

La pièce, portée par Pierre Berçot et Caroline Rochefort et mis en scène par Tadrina Hocking, a été saluée depuis sa création en 2024. Elle est proposée le 17 janvier par Scènes et Cinés dans le cadre d’un week-end sur les femmes journalistes, avec le 18 la projection débat de Kurdistan, la guerre des filles de Mylène Sauloy, et Camille, portrait d’une photographe de guerre en Centrafrique de Boris Lojkine.

A.F.

Les 17 et 18 janvier

Espace Robert Hossein, Grans

Une vie parisienne

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Une vie parisienne © Philippe Mangeot

Une vie parisienne d’Irène Bonnaud mêle théâtre et opéra en revisitant l’univers de Jacques Offenbach à travers les textes de l’écrivain Henri Heine. Juifs allemands originaires de Rhénanie, Henri Heine et Jacques Offenbach ont en commun d’avoir été immigrés à Paris, partageant le même sens de la légèreté, de l’humour et une observation malicieuse de la société française en plein bouleversement.

Sur scène, le comédien François Chattot incarne Heine, accompagné par les voix lyriques de Mylène Bourbeau (soprano) et Aurore Ugolin (mezzo-soprano), ainsi qu’un ensemble musical dirigé par Benjamin Laurent. Ensemble, ils font résonner des airs célèbres ou méconnus d’Offenbach, mettant en lumière la modernité et l’ironie cinglante des œuvres de l’écrivain et du compositeur.

M.V.

16 et 17 janvier

Théâtre Liberté, Scène nationale Toulon

On vous raconte des histoires

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On vous raconte des histoires © Laure Villain

Dans une conférence burlesque, Agnès Larroque et Laure Seguette « dynamitent le merveilleux » en revisitant Blanche-Neige, Le Vilain petit canard et Hansel et Gretel avec à travers une jolie dose de comique et d’énergie. Madame Train, spécialiste autoritaire des contes, expose son analyse tandis que sa joyeuse assistante Mademoiselle Carton illustre les propos à travers des images.

Très vite, les mots et les images s’entrechoquent, les objets s’animent et un lot d’imprévus surgit, mettant à rude épreuve les certitudes de Madame Train. Derrière le rire, le spectacle invite à réfléchir sur la différence, la famille, l’écologie et la mort. La Compagnie du Détour mêle théâtre d’objets et embarque petits et grands dans une relecture burlesque, poétique et politique des histoires qui ont forgé nos histoires.

C.L.

18 janvier

Théâtre de L’Esplanade, Draguignan