mardi 7 juillet 2026
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Distro

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Distro, Cie Choari © Mikhael Brun

Raconter par la danse l’ambiance des bistrots bretons. C’est l’idée des danseuses Pauline Sonnic et Nolwenn Ferry, qui proposent un duo poétique autour de ces lieux particuliers, qu’elles ont longuement fréquentés lors d’une tournée. Entre danse contemporaine et danse traditionnelle bretonne, le spectacle, joué habituellement devant l’océan Atlantique, arrive jusqu’à nous dans les alentours de Cavaillon ! Organisé par La Garance six représentations itinérantes et en extérieur sont prévues du 9 au 14 juin, en itinérance. Le spectacle, parsemé d’anecdotes glanées aux détours des bistros, invite aussi à l’interaction. Les deux danseuses s’entremêlent et s’entrechoquent, dans une chorégraphie aussi aérienne que les vapeurs d’alcool et rude que le temps breton.

M.L.

9 au 14 juin

À Mérindol, Oppède, Caumont-sur-Durance, Mollégès, L’Isle-sur-la-Sorgue, Saignon
Dans le cadre de la programmation Nomade(s) de La Garance, Scène nationale de Cavaillon.

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Moussu T e Blu

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Mossu T e Blu © X-DR

Membre fondateur du Massilia Sound System, co-inventeur du reggaemarseillais, Moussu T, ou Tatou, balance ses riddim des scènes de marseille jusqu’au bout du monde – et on ne parle pas de Callelongue ! – depuis quelques décennies. Il a aussi fondé le Moussu e lei Jovents, et ce sont les morceaux de cette formation qu’il vient jouer le 5 juin à la Cité de la Musique de Marseille avec le musicien Blu. Ensemble ils reprennent les classiques de ce groupe, mais en version acoustique. Poésie, amour et luttes sont attendus. 

N.S.
5 juin
Cité de la Musique de Marseille

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 La Critique à Marseille

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La Gradiva(C) Tandem

Organisée par le Syndicat Français de la Critique de Cinéma, la Semaine de la Critique a présenté à Cannes11 longs métrages, 7 en compétition, 4 en séances spéciales et 13  courts métrages .Ils seront presque tous dans notre cité.

Au Variétés

Le 5juin à 20h, Eva Cahen, la Déléguée Générale,  ouvrira la reprise avec le 1er long de Julien Gaspar-Oliveri, La Frappe, un film sur un thème universel,  les liens familiaux. Le lendemain, on pourra voir à 14h 30, le deuxième long de la cinéaste Kosovare Blerta Basholli, Dua, qui nous plonge dans le quotidien de son pays des années 90 : Dua, 13 ans, doit choisir entre les injonctions de ses camarades de classe et ses propres envies. A 19h30, la  directrice de la photo, scénariste et, désormais réalisatrice, Marine Atlan accompagnera son premier film, La Gradiva, «  un film sur l’héritage, l’exil, l’amour ». Dimanche à 15h30, ce sera La deuxième fille de ZOU Jing qui aborde un sujet de la société chinoise des années 80/ 90, peu abordé jusque là : l’abandon et la disparition de nombreuses filles. A 18h, ce sera Viva, le premier opus de la comédienne, réalisatrice, scénariste et productrice espagnole, Aina Clotet ; une comédie douce amère, aux dialogues piquants. On suit Nora, une jeune femme qui se redécouvre et se reconstruit après une grave maladie. A 20h 30, le scénariste, réalisateur et producteur, Félix de Givry présentera son premier film Adieu monde cruel, racontant avec beaucoup de tendresse la jeunesse d’aujourd’hui. On continuera, après le weekend, avec The station, première fiction de la documentariste Sara Ishaq : au Yémen dans un village ravagé par la guerre civile, une station-service exclusivement réservée aux femmes, un havre de paix dans un pays déchiré par la guerre. Et mardi, ce sera Seis meses en el edificio rosa con azulun du Mexicain Bruno Santamaría Razo où le cinéaste convoque ses souvenirs de petit garçon, voilés par le mystère qui entourait la maladie de son père dans les années 90.

A la Baleine

Samedi 6 juin, à 17h, Ava Cohen présentera Tin Castle du documentariste franco-irlandais Alexander Murphy ; une immersion dans une communauté de « Travellers » (« voyageurs ») qui est extrêmement stigmatisée par la société irlandaise. Et le lundi, ce sera une romance dans le milieu routier que nous propose  Pierre Le Gall avec son film Du Fioul dans les artères : «  Je voulais voir deux travailleurs acharnés vivre une grande histoire d’amour. Je voulais offrir à ces deux routiers un droit à la beauté et à la liberté. »  Pierre Le Gall sera à la Baleine pour nous en parler. Et pour clore le 9 juin, en présence des cinéastes,  3 courts métrages dont le documentaire de Laïs Decaster, Love Story 

Annie Gava

La Gradiva de Marine Atlan © Tandem

La belle fête au Vallon des Auffes

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Fête du vallon 2025 © X-DR

Le temps d’un week-end, le Vallon des Auffes se métamorphose en un véritable air de jeux. En collaboration avec la compagnie Échappée Belle Théâtre-École, la mairie du 1er et 7e arrondissements fait du quartier une grande scène accueillant théâtre, concerts, lectures performées et lots d’ateliers en tout genre.

Au programme le vendredi 5 juin : du théâtre avec À celles et ceux qui viennent après nous, création porté trois groupes de l’Echappée Belle qui explore le passage des âges, suivi de Phèdre à la plage – adaptation de Sénèque (Cie Bobèche Dégaine) –, sous forme d’impromptu théâtral. Place ensuite à la littérature avec Faire Maison de la compagnie Sirine : une lecture performée autour de la notion de chez-soi, dans laquelle trois amies questionnent ce que signifie habiter un lieu, entre bribes de récits et souvenirs intimes. Le rap sera également de la partie avec Zélie Gillet qui vient performer sa création inédite La Mâle.

Cette première soirée se poursuivra sous les étoiles avec Comme il nous plaira, une lecture à ciel ouvert par La Déserteuse sous forme de patchwork mêlant péripéties de Don Quichotte, chansons d’Anne Sylvestre et assortiment de poèmes. La fête s’étend sur deux jours et reprend sportivement le samedi 6 juin avec un cours de yoga matinal proposé par Justine Gallardo. Avec Le Monde et Merveilles, les enfants du Vallon du CMA-ACM proposent l’après-midi ateliers et exposition d’œuvres plastiques réalisées à partir d’objets de récupération. Autre concept convivial, Le Bal des bâtons réunit petits et grands autour d’un atelier participatif intergénérationnel musical. Enfin, pour clôturer les festivités, place à la fête avec le groupe YaMaMé, un quartet marseillais aux sonorités hip-hop et jazz, teintées de musiques kabyles et iraniennes.

C.L.
5 et 6 juin
Vallon des Auffes, Marseille

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Dafné Kritharas

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Dafne Kritharas © Chloe Kritharas

La voix de Dafné Kritharas semble venir de loin, et pourtant parler au présent le plus vif. Du rebetiko traditionnel aux compositions originales, la chanteuse fait circuler l’amour, l’exil, la fête et les blessures de la mémoire grecque, sans jamais figer l’héritage. Entourée de Paul Barreyre, à la guitare, au chant et au bouzouki, et de Camille El Bacha au piano, elle déploie une musique de passage, traversée par les langues, les rives et les fantômes heureux. Le concert, organisé par Scènes et Ciné, sera suivi d’un buffet grec offert.

S.C.
5 juin
Espace Gérard Philipe,
Port-Saint-Louis-du-Rhône

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Rigoletto

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Rigoletto © Christian Dresse

Tout brûle dans cet étrange opéra verdien : la malédiction, le désir, la vengeance, l’amour paternel poussé jusqu’à l’aveuglement. Avec Rigoletto, le compositeur vériste tire du Roi s’amuse de Victor Hugo un drame de grande ampleur, où les airs les plus célèbres n’adoucissent jamais la cruauté du monde. À l’Opéra de Marseille, Paolo Arrivabeni dirige la production mise en scène par Charles Roubaud, avec Sebastian Catana dans le rôle-titre, Ruth Iniesta en Gilda et John Osborn en Duc de Mantoue. Une histoire de père et de fille, donc, mais surtout d’emprise, de classe et de fatalité.

S.C.
Du 7 au 16 juin
Opéra de Marseille

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Les Noces de Figaro

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Les Noces de Figaro © X-DR

Il y a, dans Les Noces de Figaro, tout l’art de Mozart : la mécanique folle du désir, du déguisement, du jeu de rôle, mais aussi celle du pouvoir et de la sujétion. Et soudain, sous le rire, cette tendresse inquiète qui laisse les personnages plus nus qu’ils ne l’auraient voulu. La production d’Opéra Éclaté et de l’Opéra des Landes, dirigée par Gaspard Brécourt et mise en scène par Éric Perez, réunit notamment Judith Fa, Charlotte Despaux, Jean-Gabriel Saint-Martin, Anas Séguin et Estelle Mazzillo autour de cette journée qui n’en finit pas de défaire les hiérarchies.

S.C.
4 et 5 juin
Théâtre de l’Odéon
, Marseille

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Sous le ciel de Haute-Provence

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Fouilles, Quinson © X-DR

Les équipements départementaux des Alpes-de-Haute-Provence savent allier nature et culture, histoire et sciences, fouilles archéologiques et observation des étoiles. Le festival Du Silex aux Etoiles se décline en trois soirées de juin dans les trois musées et domaines départementaux. Dans le musée d’ethnobotanique de Salagon (Mane), il sera question de la forêt, avec un film de Luc Jacquet et la présence de l’écologue Yves Caraglio (le 6 juin). Le 13, à Quinson, il sera question d’archéologie et d’histoire avec la projection d’un documentaire sur les Celtes, civilisation mystérieusement disparue, en présence de l’historien Jean Chausserie-Laprée. Le 19 juin, après la projection du 3e Loup de Lisa Fauconnier, il sera question de faune sauvage, et d’étoiles, au Centre Astro de Saint-Michel-l’Observatoire.

Tout est en accès libre, tout comme les Rendez-vous au jardin de Salagon les 6 et 7 juin, qui permettent de découvrir les jardins thématiques, des plus exotiques aux plus austères, médiévaux, qui cachent des plantes magiques… Le dimanche les visites seront accompagnées pour les plus jeunes, d’animations ludiques ou créatives, autour de la couleur rouge, de la peinture pariétale, et de quizz simples pour les plus jeunes.

Du 12 au 14 juin, c’est le musée de Quinson et les gorges du Verdon qui seront à l’honneur, pour les journées nationales de l’archéologie. Avec au programme des chantiers de fouilles pour enfants, des jeux, des conférences sur les Gaulois… mais aussi les expositions Âge du Fer : « qui sont les Gaulois ? », « Sors de ta réserve » et « Echos du Bronze », pour un voyage passionnant, adapté à tous les âges, dans les collections du musée, qui recèlent les traces les plus anciennes, et très émouvantes, de notre humanité.

AGNÈS FRESCHEL

Du Silex aux Etoiles
Du 6 au 19 juin
Alpes-de-Haute-Provence

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À Martigues, l’histoire du peuple

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Atlantic bar de Fanny Molins © Solab Pictures

À Martigues, ville communiste depuis 67 ans, il va de soi que l’histoire du peuple se vit en commun, et que les multiples conférences, conversations, projections, spectacles et balades sont en entrée libre, suivis d’un pot tout aussi offert, et de longs bavardages des convives. Conçu avec les partenaires de la ville, culturels (Théâtre des salins, Librairie Alinéa, Cinéma la cascade…) et scientifiques (Aix Marseille Université, le CNRS, la Maison méditerranéenne des sciences humaines et sociales…) le festival invite des chercheureuses très pointu·es, mais attentifs à rester accessibles. Et remarquablement ouvert·es aux remarques et questionnements !

Ainsi Michèle Riot-Sarcey a ouvert le festival en faisant parlant de « l’histoire discontinue des femmes », qui, génération après génération, doivent affirmer leur émancipation et leur liberté, et le lendemain Laure Verdon analysait la construction de la misogynie au Moyen Âge. Les femmes, très majoritaires dans le public, réclamaient d’aller plus loin, pour la prochaine édition, dans cette exploration de l’histoire populaire des femmes.

Sur tous les Fronts

Comme pour illustrer cette éternelle lutte, l’autre focus, sur le Front populaire, était majoritairement masculin en tribune, et féminin dans les salles, même si c’est Ludivine Bretigny parlait des limites du gouvernement de 36 (pas de remise en cause du joug colonial, pas d’intervention en Espagne…), Le front populaire à Marseille et en Provence, l’histoire des grèves a été abordé par des hommes, qui parlaient aussi des femmes. La Ciné conférence menée par Tanguy Perron permettait de voir des images documentaires marquantes, mais aussi La Marseillaise de Renoir, qui parle autant le la Révolution française que de l’époque du tournage, en plein Front populaire.

Car une autre des spécificités de Pop Histoire est de confronter l’histoire avec des œuvres : des livres, des films, l’exposition Ernest Pignon-Ernest , du théâtre avec L’Écriture ou la vie de Semprun mis en scène par Jean-Baptiste Sastre , ou encore le documentaire de Fanny Molins (2022), Atlantic Bar, sur les personnages touchants et cabossés d’un bar populaire d’Arles, marqués par l’alcool, la misère, la violence, mais surtout par la tendresse.

Un film très beau, de photographe : Fanny Molins a découvert l’Atlantic bar durant les rencontres de la photographie dont elle était l’invitée. Elle raconte sa disparition et la cité arlésienne, en laissant à peine dans le cadre, une fois, les arènes et la tour de Gehry. Et elle s’attarde sur les visages burinés, les mains déformées et alertes, les pieds qui dansent, et touchent au cœur.

AGNÈS FRESCHEL

Pop histoire s’est tenu du 28 au 31 mai à Martigues

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Au Pavillon Noir, Trajal Harell danse le « Köln Conert »

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Trajal Harrell © Reto Schmid

Au cœur de la fournaise aixoise, le Pavillon Noir accueillait, en cette fin de mois de mai caniculaire, l’un des derniers rendez-vous de sa saison. Salle comble pour cette pièce construite autour du « solo de piano le plus célèbre de tous les temps » : le Köln Concert de Keith Jarrett. Pourtant, c’est d’abord une voix féminine qui ouvre la soirée, celle de la chanteuse canadienne Joni Mitchell, comme une invitation à pénétrer un espace de mémoire avant que les premières notes du concert ne viennent envahir le plateau.

C’est Trajal Harrell lui-même qui accueille le public et initie la performance. Sur scène, les interprètes sont assis sur de simples bancs, blancs et noirs, hommes et femmes ensemble, traversés d’émotions mouvantes et contradictoires. Puis vient le défilé, porté par la musique de Joni Mitchell. Habillés de tissus soigneusement choisis par le chorégraphe, les danseurs transforment peu à peu le plateau en un catwalk sensible et mouvant. La gestuelle singulière de chacun affirme des présences autonomes oscillant entre vulnérabilité et puissance.

Dans une seconde partie, les danseurs vêtus de noir semblent surgir d’un espace suspendu entre rêve et réminiscence. On pleure, on rit sur ce plateau, parce qu’il est ici question de notre humanité commune. Depuis plusieurs années, le chorégraphe explore le corps comme réceptacle de mémoire et terrain de spéculation historique. Figure majeure de la danse contemporaine internationale, invité dans la Cour d’honneur du Festival d’Avignon en 2023, il s’est imposé en faisant dialoguer deux histoires que tout semblait opposer : le voguing né dans les ballrooms queer new-yorkaises et la postmodern dance américaine.

Avec cette nouvelle création, Trajal Harrell poursuit son travail de tissage esthétique et historique en y intégrant des influences du butō japonais et des premières formes de danse moderne. Une danse d’apparition et de disparition, d’une élégance rare, qui laisse le spectateur dans un état de suspension bien après la fin du spectacle. Pari réussi pour un chorégraphe qui confie : « Je ne sais pas comment faire une danse, je commence et je recommence. » On retrouvera Trajal Harrell au Festival d’Avignon 2026 du 22 au 24 juillet, au Cloître des Carmes.

ISABELLE RAINALDI

Spectacle donné le 28 mai au Pavillon Noir, Aix-en-Provence.

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