dimanche 8 février 2026
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Noël vibre au son du belcanto

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Don Pasquale ©Jean-Louis Fernandez pour Opéra national de Lorraine

Décembre s’achève sur deux productions pensées pour célébrer le « bout d’an » et le passage à 2026. À Marseille, Le Barbier de Séville de Rossini investit l’Opéra municipal du 26 décembre au 4 janvier, tandis qu’à Toulon, Don Pasquale de Donizetti s’installera hors-les-murs de l’Opéra le 31 décembre et 2 janvier au Zénith. Deux œuvres incontournables de la tradition belcantiste, unies par la finesse et la virtuosité de leur écriture vocale, un art consommé du comique et, surtout, une légèreté qui défie avec malice les conventions sociales. 

Séville rit, Marseille chante

À la tête de l’Orchestre philharmonique de Marseille, la direction musicale, confiée à Alessandro Cadario, promet de mettre l’orchestre au diapason belcantiste. Le chef a notamment fait forte impression au Rossini Opera Festival avec La Cenerenola, mais aussi ailleurs dans Norma.

Son Barbier sera servi par une distribution solide et vive, menée par Éléonore Pancrazi dans le rôle de Rosina : la mezzo-soprano a déjà bâti une carrière versatile allant du baroque à la musique contemporaine, tout en cultivant une belle affinité avec le belcanto et Rossini. Lauréate d’une Victoire de la Musique, elle possède précisément ce qui fait une Rosina convaincante : un legato princier, une colorature nette, une musicalité qui passe sans effort du sourire franc à l’ironie. Aux côtés de Pancrazi, le ténor Santiago Ballerini incarne le comte Almaviva, qu’il connaît bien. Amoureux fou de Rosina, encore loin des traits plus sévères et autoritaires qu’il revêtira dans Les Noces de Figaro, le personnage est ici un jeune premier, secondé dans ses manœuvres pour libérer la jeune pupille par un « factotum » redoutablement malicieux.

Formé au baroque mais passé depuis, entre autres, par le Salzburger Festival et plusieurs maisons germaniques, le baryton napolitain Vito Priante promet d’incarner ce Figaro espiègle et vif sans effort. Le Nîmois Marc Barrard, Andreea Soare, Alessio Cacciamani et Gilen Goicoechea complètent une troupe qui sait faire pétiller les ensembles à rallonge.

La mise en scène et les décors sont signés Pierre-Emmanuel Rousseau, qui assume également les costumes : un parti pris visuel cohérent pour cette production coproduite avec l’Opéra national du Rhin et l’Opéra de Rouen-Normandie et déjà amplement saluée ailleurs. Sa lecture du livret de Sterbini, d’après Beaumarchais, joue la carte de la clarté et de l’allégresse, en accord avec le génie comique de Rossini mais aussi l’ancrage andalou que le metteur en scène célèbre joliment, sans jamais sombrer dans le piège de l’exotisme.

Il Barbiere di Siviglia © Opéra national du Rhin 2018, Klara Beck

Toulon, farce et liberté

À Toulon, Don Pasquale réunit une distribution tout aussi solide, avec David Bižić en tête d’affiche. Le baryton serbe, lauréat d’Operalia, exclusivement habitué aux grandes scènes, a décliné ses Don Giovanni, ses Leporello et ses rôles rossiniens sur plusieurs scènes européennes. Dans Don Pasquale, il combine autorité vocale et fantaisie : le mélange idéal pour ce personnage à la fois ridicule, tendre, dépassé. 

Face à lui, la jeune soprano Lauranne Oliva, révélée par une série impressionnante de concours, dont celui de Voix Nouvelles, incarne Norina avec l’énergie d’une interprète déjà très affirmée. Mozartienne chevronnée, également formée au baroque avec La Calisto et Mitridate, elle excelle dans les rôles d’héroïnes piquantes et vives : un style direct, précis, qui promet une Norina pétillante et stratège, davantage maîtresse du jeu que victime consentante. Afin de plumer le vieux patriarche, la soprano redouble de séduction et de malice. Et c’est là tout l’intérêt de Don Pasquale : Norina n’est pas une ingénue passive mais une héroïne qui manœuvre avec habileté pour sauver l’amour d’Ernesto, et dont la ruse devient le moteur d’une satire subtile des conventions sociales et des jeux de pouvoir entre les sexes. 

Armando Noguera, baryton formé au Teatro Colón et à l’Atelier lyrique de l’Opéra de Paris, et souvent applaudi, entre autres, à Toulon et à Marseille apportera à Malatesta sa diction nette et son naturel scénique – qualités déjà éprouvées, entre autres, dans Figaro, Papageno ou Dandini. Pour compléter, Jonah Hoskins, ténor passé par le Lindemann Young Artist Program du Metropolitan Opera, a le profil exact de l’Ernesto idéal : lyrisme clair, jeunesse, phrasé impeccable, rôles belcantistes déjà installés (Nemorino, Fenton, Belfiore).

Dans sa version en trois actes chantée en italien surtitré en français, l’opéra s’inscrit dans la plus pure tradition de l’opera buffa: duel de générations, stratagèmes amoureux et retournements de situation rythment cet opéra bouffe, sommet dramatique situé quelque part entre l’incisif Barbier et le bouffon Falstaff de Verdi. 

La mise en scène de Timothy Sheader, saluée, entre autres, à Nancy, Lausanne, Nice et Rouen,mise sur l’énergie, la couleur et le burlesque ; elle promet une lecture à la fois respectueuse du style et pleine de vie, portée par les décors de Leslie Travers et des costumes de Jean-Jacques Delmotte

Belcanto, rires et émancipation

Rossini et Donizetti, artisans de cette saison des fêtes, nous rappellent combien l’opéra belcantiste est un art de la voix, de l’esprit et de la liberté : la musique chante autant l’élégance des lignes vocales que la vivacité des caractères. Rosina et Norina, plus malicieuses que naïves, transcendent les caricatures et s’affirment, chacune à sa manière, comme des figures d’émancipation. 

À Marseille comme à Toulon, le belcanto champagne célèbre ses héroïnes libérées pour des soirées où rires et émotions se mêlent sous les lustres des scènes provençales.

SUZANNE CANESSA

Il Barbiere di Siviglia
Du 26 décembre au 4 janvier
Opéra de Marseille

Don Pasquale
31 décembre & 2 janvier
Zénith de Toulon

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Karwan prend le large 

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Spectacle Traction par la Cie Motion House lors de l’édition spéciale de La Folle Histoire des Arts de la Rue pour Marseille Provence 2013 © Augustin Le Gall

Grande animatrice du spectacle dans l’espace public de la région, l’association Karwan a décidé de cesser ses activités en 2026. Dans un message envoyé par sa directrice Anne Guiot, l’association explique arrêter en raison « des restrictions budgétaires », face à des « coûts de production [qui] ne cessent d’augmenter », mais aussi en raison du « renouvellement des forces vives du secteur », citant le Citron Jaune, Lieux Publics et la FAIAR.  

Avant de clôturer ses activités, Karwan annonce avoir transmis les projets qu’elle porte à d’autres acteurs régionaux du spectacle. C’est le cas du Réseau RIR et sa Saison régionale Rue & Cirque, dont le pilotage est désormais confié au Cnarep du Citron Jaune (Port-de-Bouc) avec le soutien de Lieux Publics (Marseille). 

Créé en 2000 par Joël Chosson et Michel Almon, Karwan a organisé des centaines de rendez-vous dans l’espace public, comme L’année des 13 lunes en 2002, Le Vieux-Port entre flammes & flots en 2013, Pignon sur mer, festival le long du parc naturel marin du Golfe du Lion (depuis 2019), ou encore Au bout la mer – Bleue donné chaque année sur la Canebière depuis 2021. 

NICOLAS SANTUCCI 


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Ferdinandea ré-émerge au Mucem

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Clément Cogitore – Ferdinandea, l’île éphémère - Mucem, scénographie Benjamin Saint-Maxent, Décembre 2025 © Nadine Jestin - Hans Lucas - Mucem

Auteur d’un buzz sur internet en 2017 avec une vidéo de la rencontre improbable entre la musique baroque de Rameau et le krump, l’artiste Clément Cogitore développe depuis les années 2010 une œuvre située principalement à la croisée du cinéma, de l’art contemporain et de la recherche anthropologique. Donnant lieu à des installations où se mêlent film, vidéo, photographie, et écriture, dans lesquelles la frontière entre documentaire et fiction est poreuse. Ferdinandea, installation créée au Museo Madre de Naples en 2022, et présentée au Mucem jusqu’au 20 septembre 2026 dans une nouvelle version, relève de cette pratique.

Autour de la black box

Dans la salle Henri Rivière, plongée dans la pénombre, Ferdinandea déploie son dispositif tout autour d’une « black box », salle de projection qui accueille le film de 45 minutes, Incertitudes, cœur de l’installation. Tout autour, film 16 mm, vidéos, photographies, arts graphiques, documents d’archives et peintures, créent des strates de lecture entre passé et présent, science et superstition. 

Les documents d’archives sont français, anglais, siciliens : tous ont eu des prétentions de propriété sur cette apparition d’île, allant y planter leur drapeau respectif, en la nommant différemment : l’île de Graham pour les Anglais, Julia pour les Français, Fedinandea pour le Royaume des Deux-Siciles. 

Sous différentes vitrines, on peut voir des extraits de correspondance échangée entre les consuls français de Naples, Palerme et Malte et le ministère des Affaires étrangères à Paris – des extraits malheureusement difficilement lisibles. Sont également présentés de nombreux dessins, estampes, aquarelles, cartes géographiques, gouaches (qui permettent de s’amuser de quelques écarts de représentation : certains n’ont vu qu’un cratère, d’autres en ont vu jusqu’à sept en éruption !) ainsi qu’un échantillon de roche volcanique récolté par l’expédition scientifique missionnée par l’Académie des sciences de Paris.

Les murs accueillent principalement les œuvres de Clément Cogitore, toutes achetées par le Mucem (ainsi que le film central) : trois impressions au jet d’encre sur papier sous verre gravé, deux vidéos contemplatives (Cendres, Vigilances) et un court film 16mm muet, très pictural (Prémonitions). 

Incertitudes 

Le cœur de l’installation Ferdinandea est le film Incertitudes qui, à travers neuf chapitres, mêle récit historique et « fiction spéculative » : tout en retraçant l’apparition de l’île depuis 1831 à travers des témoignages, courtes phrases dites en anglais, italien, sicilien, français, maltais, arabe (sous-titrés en français). L’artiste imagine, en brouillant les temporalités, et en utilisant différentes images d’archives (parmi d’autres Reagan et les bombardements libyens en 1986) une réapparition de l’île, cette fois-ci au large de la Tunisie, et sous le nom de « Nour », avec tout ce que cela déclenche comme réactions en termes géopolitiques. 

On en retient une vision de la Méditerranée sombre, hantée par la catastrophe. Et une méditation politique et esthétique sur la fragilité des certitudes et la capacité des images à inventer des futurs. 

MARC VOIRY

Ferdinandéa, l’île éphémère
Jusqu’au 20 septembre 2026
Mucem, Fort Saint-Jean, Marseille

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Le luxe tue

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Lacrima © Jean-Louis Fernandez

La directrice du Théâtre national de Strasbourg est une des figures les plus importantes de la scène théâtrale contemporaine. Programmée par le Théâtre du Gymnase hors les murs à La Criée, elle a réuni trois salles pleines pour un spectacle de trois heures qu’elle a écrit et mis en scène. Et qui s’assène comme on subit le dérèglement affolant du monde actuel.

La violence des rapports sociaux est représentée par une robe. De princesse, de mariée, de luxe. À travers elle, c’est tout l’héritage social des monarchies européennes, des empires coloniaux, du capitalisme industriel puis financier qui est représenté. La fabrique, en 8 mois de cette robe de princesse, dont le voile d’Alençon sera porté en tout 27 minutes, dit comment le rêve des uns dépend du cauchemar mortifère des autres. Car cette robe n’est pas une simple anecdote : les plus grandes fortunes françaises reposent sur l’industrie du luxe et la haute couture.

Machine narrative et scénique

Le texte de Caroline Guilea Nguyen met en place un dispositif narratif impressionnant, débutant par la fin, tragique, de la directrice de collection qui se suicide devant sa robe. Tout le reste s’écrira comme un thriller qui revient à la date de la commande, et tisse son intrigue sur trois fils, à Paris pour la maison de couture, à Alençon pour la dentelle, à Mumbai pour la broderie de perles. Trois drames s’y entrelacent également, révélant une violence structurelle faite aux femmes, aux ouvriers, aux ouvrières, par leur mari, leur patron, le système économique qui aveugle les brodeurs de Mumbai et les dentellières d’Alençon, qu’on préfère sourdes et muettes.

La mise en scène est aussi virtuose que l’écriture, fractionnée par des prises de vue en direct diffractées sur un écran omniprésent, qui donnent par contraste plus de relief et d’émotion aux scènes jouées au centre du plateau. Comme si la coexistence malsaine entre nos corps et leur image, leur voix, s’anéantissaient en se multipliant. Les gestes d’amour, de création, se heurtent à l’emprise, au chantage économique, au trafic de mémoire. Les comédiens passent d’un rôle à l’autre avec une plasticité d’autant plus virtuose qu’elle est sans démonstration. Ils incarnent les personnages complexes, campent les simples figures. Chaque changement, chaque déplacement, chaque intention, étant réglée au millimètre. 

Ainsi Lacrima avance comme une machine sensible, et son impitoyable progression provoque les larmes qui coulent lorsque le monde sombre. 

Agnès Freschel

Lacrima a été joué à La Criée du 10 au 12 décembre dans le cadre de la programmation hors les murs du Théâtre du Gymnase

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Belsunce dans les oreilles 

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© NICOLAS SANTUCCI

Depuis 25 ans, l’association Ancrages s’attache à préserver et à valoriser les mémoires des communautés immigrées. Sa coordinatrice, Samia Chabani (également collaboratrice de Zébuline) produit aujourd’hui une série de podcasts en partenariat avec Radio Grenouille pour faire entendre ces mémoires, quartier par quartier. 

Les cinq premiers épisodes, réunis sous le titre Fi Khatar Belsunce (« Hommage à Belsunce ») offrent chacun un point de vue différent sur l’histoire récente de ce quartier, à travers le récit d’un·e habitant·e – à commencer par Bouga, rappeur connu pour le titre culte Belsunce Breakdown.

Samia Chabani se concentre d’abord sur les activités commerciales dans le quartier, surnommé dans les années 1980 « le triangle d’or ». Comme l’expliquent les commerçant·es interrogé·es – Halima Brahim et Nasser Sabeur – Belsunce était alors économiquement prospère, notamment grâce aux vacanciers algériens qui venaient y acheter des produits de consommation. 

Iels décrivent également l’importance du commerce à la sauvette, les bazars, la répartition communautaire de l’activité (les Arméniens et la vente de chaussures, les juifs séfarades et la vente de gros…), et la possibilité d’une ascension économique et sociale. 

Bande-son

La musique est également omniprésente dans les récits, et chaque interview est entrecoupée de titres de musique maghrébine et arabe. D’ailleurs, dans le troisième épisode, Mohamed Chabani, ancien vendeur de cassettes, explique l’importance de la musique pour les populations exilées, et décrit l’industrie musicale qui existait dans le quartier. 

Le racisme, la précarité et les tensions avec les autorités sont sous-jacents dans nombre de leurs récits, mais n’en sont pas le cœur. Le podcast s’intéresse surtout à ce Belsunce prospère, de partage, dans lequel les différentes communauté « vivaient en bonne intelligence » comme le formule Mohamed Chabani.

Dans le dernier épisode, l’anthropologue Michel Peraldi offre un regard plus académique sur l’histoire et l’évolution du quartier, et met en lumière les dynamiques qui ont transformé le Belsunce prospère dont le podcast fait vivre la mémoire, en celui que nous connaissons aujourd’hui.

CHLOÉ MACAIRE 

Quartier d’exil - Fi Khatar Belsunce 
Disponible en streaming 
ancrages.org / radiogrenouille.com

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A l’an que vèn !

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Difficile de trouver, en cette fin d’année bien peu réjouissante, des accomplissements à célébrer. Difficile aussi de caresser des espoirs pour une année 2026 dont on peine encore à imaginer les contours, tant l’air du temps semble chargé de menaces, de replis et de renoncements. Le lancement d’un grand plan gouvernemental contre l’infertilité prêterait presque à sourire, tant il oublie que l’heure est, pour des Français plus que jamais contraints dans leur pouvoir d’achat et l’étendue de leur possible, davantage au bilan résigné qu’à l’espoir et à la foi en l’avenir.

Une page se tourne ?

On espère ainsi que le départ de Charles Berling de Châteauvallon-Liberté ne marquera pas la fin d’une ère : celle d’un théâtre ouvert, exigeant et populaire, mené à rebours des crispations identitaires et des calculs politiciens, au moment même où la montée du Rassemblement national inquiète au sein du territoire. L’association Karwan cessera l’an prochain ses activités pour d’énièmes raisons budgétaires, elle qui pourtant avait su développer et faire rayonner une certaine idée du spectacle de rue, et de la culture pour tous et toutes.

Les tribunes se multiplient pour alerter sur l’affaiblissement de la lecture, l’appauvrissement du pluralisme, les atteintes répétées à la liberté d’informer et au secret des sources. Notre propre rédaction s’en fait l’écho sur notre site : en Région Paca, l’éducation aux médias manque plus que jamais de moyens, alors qu’elle demeure indispensable pour former des citoyens critiques, capables de distinguer faits, idées, opinions et manipulations. Autant de signaux qui, mis bout à bout, dessinent un paysage culturel et démocratique dangereusement fragilisé.

Triomphes de la légèreté

Les attentats, en Australie comme ailleurs, ravivent la peur et sapent un peu plus l’idée d’un vivre-ensemble déjà mis à rude épreuve, nourrissant les réflexes de haine et de suspicion dont se repait l’extrême droite. L’Amérique aussi a perdu de sa légèreté. La disparition de Rob Reiner, suivie des déclarations glaçantes de Donald Trump frôlant l’appel au meurtre, semble refermer le chapitre d’une certaine idée joyeuse, égalitariste et fantasque des États-Unis. Celle des comédies romantiques, de Princess Bride et de Quand Harry rencontre Sally, de l’humour tendre, de ces films de fin d’année où l’amour et l’ironie triomphaient encore.

Et pourtant. Il reste des scènes où la jeunesse s’invente, des spectacles qui célèbrent la poésie, la puissance du langage et l’élan des corps. Une exposition épique au Mucem qui raconte la Méditerranée comme un espace de mythes, de conflits et de possibles. Même l’opéra – et même celui de Marseille, pourtant peu hospitalier aux femmes – continue de faire résonner des récits d’émancipation féminine.

Alors non, tout n’est peut-être pas perdu. À défaut de regarder de trop près l’année qui s’achève, trinquons à celle qui vient ! Avec vigilance, avec désir, et avec cette obstination qui consiste, envers et contre tout, à croire encore au commun.

SUZANNE CANESSA


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Boby Caraïbes

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Bobby Lapointe © X-DR

Surnommé « le chanteur sous-titré », en raison de la difficulté à saisir sa virtuosité verbale, Boby Lapointe a croisé le chemins de Brassens, Anne Sylvestre, François Truffaut ou encore Charles Aznavour. Dans le spectacle boby Caraïbes, il est incarné par Bass Dhem, comédien, acteur, chanteur, et amoureux des textes de l’auteur héraultais. À ses côtés, Christophe Cavallini signe la mise en musique et le spectacle est mis en scène par Bruno Dubois. C’est une première étape de création à laquelle est invité le public ce 18 décembre à l’Alpilium. L’entrée est gratuite.

L.S.

18 décembre

Alpilium, Saint-Rémy-de-Provence

Winter Story

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Winter Story © Gilles Senac

Après The Bear, qui s’appuyait sur le film du même nom, le groupe Oco propose un nouveau ciné-concert intitulé Winter Story. Sur le thème de l’hiver, comme son nom l’indique, le spectacle rassemble quatre films d’animation réalisés entre 1936 et 1948 par Max Fleischer. Pionnier dans le développement des cartoons animés, il est à l’origine des personnages de Betty Boop, Koko le Clown ou Superman. Ici, les images suivent les aventures d’un frère et d’une sœur, d’une famille d’ours polaires, d’un inventeur excentrique et d’un renne intrépide. Le ciné-concert est orchestré par Cyril Catarsi à la guitare, au chant et bruitages, et Violet Arnold au clavier, chant et bruitages.

L.S.
20 décembre, 15 h
La Colonne, Miramas

Ring (Variations du couple)

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Ring © Samy La Famille

Jina Djemba et Amaury de Crayencour présentent Ring (Variations du couple) : une pièce en seize rounds amoureux qui traversent la vie à deux, écrite en 2013 par Léonore Confino. De l’élan des débuts à la routine des soirées canapé, jusqu’aux silences et aux ruptures. Sur scène, les deux comédien·nes incarnent tous les visages du couple : amants, parents, étrangers, divorcés. Un grand canapé blanc devient tour à tour, tantôt un refuge, tantôt un champ de bataille, et même parfois une « baignoire des rancœurs ». Entre rires, colères et larmes, la mise en scène de Côme de Bellescize, accompagnée de la chorégraphie de Mehdi Baki, laisse entrevoir une partition sensible de la vie à deux, une vie où « chaque malentendu peut devenir un incendie, chaque étincelle, un adieu ».

C.L.
19 décembre
Espace Robert Hossein,Grans

Soirée Frichti

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Yann Frisch © X-DR

Révélé au grand public avec Baltass, un numéro mêlant illusion et jonglage, le champion du monde de magie Yann Frisch a carte blanche en cette fin d’année pour clore le temps fort Magic’s Not Real, à La Seyne-sur-Mer. Le temps d’une soirée, il devient chef d’orchestre en proposant un show décalé, débridé et rempli de surprises. Sur scène, il sera accompagné de trois complices et acolytes : Fred Blin, « clown punk au regard acide », Véronique Tuaillon, « poétesse gouailleuse et tendre », et le musicien Antonin Leymarie. Tous·tes seront présent·es aux côtés du magicien afin de garantir une expérience singulière, inventant ensemble un format inédit mêlant performance et exploration. Aucune certitude sur ce qui peut arriver car absolument tout peut arriver durant cette Soirée Frichti.

C.L.
20 décembre
Chapiteau de la mer, La Seyne-sur-Mer
Une proposition du Pôle