dimanche 8 février 2026
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Bab et les chats en famille

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Bab et les chats © X-DR

Un rock festif combiné à l’énergie débordante de Candice Guennec et Guillaume Baranger : voici la recette magique pour faire chanter à tue-tête et gigoter joyeusement une foule d’enfants. Souvent assignés à de simples spectateurs, ici, les rôles s’inversent. Le temps d’une soirée, le concert de Bab et les Chats invite les petits comme les grands à participer et à interagir avec la scène. Sur du rock, du ska, les paroles chantantes résonnent en un véritable cri d’espoir pour les jeunes générations. Avec des instruments fabriqués à partir de matériaux recyclés, les deux artistes jouent, chantent, et partagent généreusement leur énergie avec le public. Un duo explosif qui promet un concert familial, festif et interactif.

C.L.
20 décembre
Espace 233, Istres

Le rêve de Sam

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Le rêve de Sam © Karine Gilly

Transformer une compilation de quatre courts-métrages d’animation en une expérience symphonique : c’est le pari de Raoul Lay avec l’Ensemble Télémaque. Ils jouent avec les images animées pour composer une bande sonore, tantôt joyeuse, tantôt mélancolique, qui vient directement sublimer les dessins. La projection débute avec Le Renard et la Baleine, un voyage contemplatif, où un renard recherche désespérément un cétacé, poursuivi par Jonas et la Mer, un « hymne vibrant à la beauté des profondeurs », puis par le road-movieHome Sweet Home. Enfin, Le Rêve de Sam clôt le ciné-concert sur une note poétique. Une expérience sonore et visuelle qui convoque les imaginaires mais invente aussi des passerelles entre les mondes.

C.L.
20 décembre
Espace Gérard Philipe, Port-Saint-Louis-du-Rhône

Tu connais la chanson ?

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Tu connais la chanson ? © Jérôme Quadri

Tu connais la chanson ? est un spectacle interactif à la croisée du stand-up et du blind-test. Le chanteur et compositeur, Louis Caratini, invite le public à un grand karaoké naviguant à travers la musique francophone, avec comme point de départ, les paroles. Sur scène, il est entouré de divers instruments – d’un piano, un mini clavecin mais aussi d’une machine à écrire – pour mettre en musique ce répertoire qui passe par le chant, le slam et le rap. Il alimente sa performance d’anecdotes et d’humour en interrogeant le public sur la genèse de ces chansons, et d’évoquer en passant la notion du plagiat. Le spectacle est porté par le Collectif Animale et mis en scène par Charlotte Adrien.

L.S.
17 et 18 décembre
Théâtre du Jeu de Paume, Aix-en-Provence

La Cité des amours

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La cité des amours © ClaraLePicard

Autrice, metteuse en scène, chanteuse et comédienne basée à Marseille depuis plus de vingt ans, Clara le Picard convie la neurobiologiste Sylvie Thirion et le psycho-sociologue Themistoklis Apostolidis pour une exploration commentée du sentiment amoureux. La cité des amours est une balade sonore immersive dans les pensées intimes d’un homme et d’une femme en proie à l’amour. D’où vient-il, comment expliquer son caractère saisissant et son intensité parfois dévastatrice, à quel point est-il prévisible et socialement déterminé derrière son apparente irrationalité ? Fiction théâtrale scientifiquement étayée, La Cité des amours s’inscrit dans la série des « bons moments » du Zef qui propose au public de se rapprocher du processus créatif dans un format original propice aux échanges avec les artistes.

A.C.
17 décembre, 15h30
Zef, Scène nationale de Marseille

Tadam

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Tadam © Alice Piemme

Yann est un magicien dont les pouvoirs semblent s’être éteints depuis l’échec de son dernier tour, la Grande Disparition. Alors qu’il continue d’essayer d’impressionner sa fille Louison avec des tours de passe-passe qui ne l’intéressent plus, celle-ci s’efforce d’élucider le mystère des silences obstinés d’un père qui s’éloigne de plus en plus. Sur scène, trois personnages gravitent autour d’un escalier et d’un jeu d’échecs dans une atmosphère dont les alternances d’ombres et de lumières se prêtent bien aux artifices de la magie. Création de la compagnie Renards/Effet Mer, Tadam aborde par le prisme adoucissant de la magie le poids des non-dits, la difficulté de se reconstruire, et l’acuité de l’enfance dans une histoire touchante et poétique.

 A.C.
18 et 19 décembre
Bois de l’Aune, Aix-en-Provence

Céleste ma planète

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Céleste ma planète © Emilia Stéfani Law

Comment sauver un monde qui s’effondre ? Cette question – d’actualité – est au cœur de Céleste, ma planète, adaptation du roman de Timothée de Fombelle mis en scène par Didier Ruiz. Dans l’épais brouillard d’une pollution suffocante, cerné de tours de verre et d’écrans lénifiants, un adolescent s’enlise dans le confort et la solitude. C’est alors qu’inopinément l’amour survient lorsque Céleste fait une irruption éphémère dans ce paysage dystopique. L’adolescent amoureux s’élance à cœur perdu dans une course effrénée pour retrouver Céleste et sauver la planète. D’une pureté inespérée dans le marasme ambiant, l’amour apparait comme un fil rouge à suivre pour échapper au délitement du monde et de soi. La morale est celle de l’action face à un désastre écologique qui n’a rien d’inéluctable pour qui sait aimer.

A.C.
18 décembre
Les Salins, Scène nationale de Martigues

Corps extrêmes

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Corps extrêmes, Rachid Ouramdane © Pascale Cholette

Moquant les lois de la gravité, dix interprètes de la compagnie de Chaillot s’élancent à l’assaut du vide dans une chorégraphie vertigineuse imaginée par le danseur et chorégraphe Rachid Ouramdane. Depuis sa création en 2021, Corps extrêmes ne cesse d’éblouir ceux pour qui mettre un pied devant l’autre est bien la seule prouesse dont leur corps est capable. Mélange de danse, de cirque et de sports extrêmes, la chorégraphie se déploie sur une scène équipée d’écrans géants diffusant des vidéos de paysages naturels époustouflants. En fond sonore, la musique de Jean-Baptiste Julien apporte une dernière touche éthérée à ce spectacle saisissant qui semble vouloir repousser les limites du corps humain.

A.C.
17 et 18 décembre
Grand théâtre de Provence, Aix-en-Provence

L’Hôtel du libre-échange

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L’Hotel Du Libre-Echange © Jean-Louis Fernandez

Sans conteste l’une des œuvres les plus acclamées de Georges Feydeau, L’Hôtel du libre-échange est présenté au Théâtre de la Criée dans une nouvelle mise en scène de Stanislas Nordey. Las de la libido déclinante de leur conjoint respectif, Madame Paillardin et Monsieur Pinglet cherchent dans l’adultère l’assouvissement d’un désir débordant et un remède contre l’ennui d’une vie bourgeoise qui les étouffe. Théâtre de leurs ébats, l’Hôtel du libre-échange devient le lieu de convergence d’une compagnie hétéroclite de personnages insolites dont les mœurs dissolues amusent autant qu’elles dérangent. Un vaudeville tout en satire et en exubérance qui continue de plaire au plus grand nombre.

 A.C.
Du 17 au 19 décembre
La Criée, Théâtre national de Marseille
Une proposition du Théâtre du Gymnase hors les murs.

L’amitié, une histoire de couple

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Alice Ferney © Jean-Luc Bertini

Alice Ferney s’est lancée dans une analyse subtile et nuancée de la relation entre une jeune femme mariée, fidèle, mère de trois enfants et d’un célibataire aussi séducteur qu’obstiné. Marianne crée des sacs à mains, Cyril est chroniqueur-photographe de la vie artistique et mondaine parisienne. Il demande une interview à la créatrice. Très vite l’entretien évoque l’art et la littérature. Si Cyril voit en elle une « partenaire possible », Marianne n’a aucune attirance. Mais une connivence spontanée les amène à se revoir, puis ils prennent assez vite l’habitude de se téléphoner presque tous les jours.

Étrangement leurs échanges sont exclusivement téléphoniques en dehors de leurs rares rencontres. Aucune trace écrite. Ainsi le roman est essentiellement fait de dialogues ciselés qui rendent compte de leurs goûts, de leur complicité en 40 petits chapitres qui ont tous pour titre un verbe à l’infinitif. Des changements importants surviennent : le mari de Marianne a une liaison et leur divorce sera prononcé, tandis que Cyril tombe amoureux de Julia, de dix ans sa cadette.

L’amitié a-t-elle tous les droits ?

Si Marianne, après les bouleversements de la séparation, retrouve pendant un certain temps une vie amoureuse satisfaisante, Cyril connaît une période tumultueuse d’élans amoureux et de doutes. Car Julia souhaite un enfant, ce que refuse Cyril. En plus de ses réticences il gagne très mal sa vie. Tous deux ne sont pas d’accord sur la notion de « vrai couple », qui voudrait dire partager le même appartement, rencontrer les familles respectives… Alors Julia rompt, Marianne conseille et réconcilie.

De ce moment, des secrets, des omissions, ternissent les relations et la belle harmonie qu’a connu l’amitié s’érode. L’amitié permet-elle de tout dire ? Jusqu’où peuvent aller les conseils et la sincérité ? Marianne comprend le désir de Julia et les deux femmes connaissent une période de complicité sororale qu’ignore Cyril.

Alice Ferney met en scène avec délicatesse et précisions cliniques ce trio hésitant qui avance, recule et aborde le problème du choix de l’enfant ou pas. Les atermoiements de Cyril occupent le dernier tiers du roman et le dénouement que l’on soupçonne adviendra dans sa cruelle violence.

CHRIS BOURGUE

Comme en amour, Alice Ferney
Actes Sud - 22 €

L’environnement, terre de Risc

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The Cosmic Microwaves Background de Robin Touchard © Le Fresnoy - Studio national des arts contemporains

Le festival Risc est toujours l’occasion de découvrir des films que l’on ne verrait pas ailleurs, de par leur ligne hybride, entre recherche scientifique et expression cinématographique. La 16e édition a amené son lot d’œuvres expérimentales, qui trouvent ainsi leur public.

Notamment en format court-métrage. C’était le cas le 10 décembre, pour une programmation au Muséum d’histoire naturelle, autour d’une thématique Environnement(s). Au sens parfois très large, prenant même carrément les dimensions de l’univers dans The Cosmic Microwaves Background, de Robin Touchard. Ou en se focalisant sur du très local, lequel résonne désormais avec le global, sur notre planète mondialisée.

Risquer de changer

Un quartier de Bruxelles, par exemple, où la crise financière de 2008 a entraîné l’arrêt d’un chantier et l’apparition… d’un marais, avec la remontée des nappes phréatiques. Dans L’eau était là, Sophie Sherman et Némo Camus baladent leur caméra auprès des habitants, désireux de « faire alliance avec les zones humides », contre un urbanisme moderne qui n’en veut pas. Une femme serre un magnifique coq contre son cœur, ou un chat tout pelé, avec la même tendresse. « C’est pour ça qu’on se bat ; pour les animaux. On a raison, non ? », demande-t-elle aux réalisateurs, et à nous au-delà.

Bien-sûr, madame ! Tout comme on a des raisons de se battre contre les industries fossiles ou l’artificialisation des paysages. Le pétrole, dans Green Grey Black Brown de Yuyan Wang, est une matière huileuse, organique, plastique, que des humains malaxent, répandent, brûlent. À l’écran, des images dont on ne sait si elles sont documentaires ou fictives, montrent des personnes se vautrant dans cette boue. Métaphore de notre débauche énergétique irrépressible ?

Quant au film de Simona Obholzer, DIN 18035, il trouble fort, en illustrant l’étonnante capacité humaine à faire culture de tout. Y compris de l’industriel et du machinique ! Une grosse pelleteuse qui griffe le sol comme pour dessiner dans sa matière grumeleuse un jardin zen, avec bruit de gravillons en pluie, on a beau s’en défendre, cela satisfait un sens esthétique. DIN 18035, en langage technocratique, est une norme standardisée, à laquelle doivent se conformer les terrains de sports synthétiques. Que l’on en arrive à trouver cela beau est sans doute le signe que nous devrions évoluer.

GAËLLE CLOAREC

Les Risc se sont tenues du 9 au 13 décembre dans divers lieux à Marseille.