lundi 9 février 2026
No menu items!
Accueil Blog Page 4

On fera mieux la prochaine fois

0
On fera mieux la prochaine fois © Nicolas Heredia

Depuis sa création en 2013, La Bulle Bleue, troupe montpelliéraine composée de comédien·nes en situation de handicap, collabore régulièrement avec le metteur en scène Nicolas Heredia et sa compagnie, La Vaste entreprise. Ensemble, iels créent notamment Faux-plafond (ciel variable), une pièce autour de la notion de travail.

Avec la création de On fera mieux la prochaine fois, Heredia resserre le cadre sur un métier en particulier, celui d’acteurs·ices. Les comédien·nes, installé·es sur une sorte de plateau de télévision, y rejouent des extraits d’interviews de grands noms comme Isabelle Huppert ou Marcello Mastroianni, diffusés en direct dans leurs casques. À travers ce projet, Heredia interroge le rapport des membres de La Bulle Bleue à leur propre métier, dans un dispositif qui favorise la spontanéité et l’imprévu.

C.M.

5 février

La Garance, scène nationale de Cavaillon

12 et 13 février

Théâtre du Bois de l’Aune, Aix-en-Provence

Retrouvez nos articles Scènes ici

« »

0
« » © Cie Iimmediat

« » (titre volontairement vide, entouré de guillemets) est la nouvelle création chorégraphique et circassienne de Camille Boitel et Sève Bernard. Un spectacle sans nom, « une déclaration d’amour à l’imprévisible, écrite avec la précision d’un accident ». Une proposition qui ouvre un espace de jeu où l’imprévisible devient maître du jeu, invitant le public à participer à une expérience où corps, objets et mouvements sont en perpétuelle transformation. Sur scène, les quatre interprètes évoluent dans un univers où tout peut basculer à chaque instant. Une célébration de l’erreur, de la magie de l’accident et de la joie de l’inattendu, où « chaque représentation est unique et chaque chute une poésie ».

M.V.
5 et 6 février
Bois de l’Aune, Aix-en-Provence

Retrouvez nos articles Scènes ici

Le Grand Phuket, une adolescence en Chine

0

The Great Phuket était l’un des nombreux films chinois sélectionnés à la Berlinale 2024, toutes sections confondues. Des films nourris par les traumatismes nés des bouleversements urbains, économiques, sociologiques qui ont secoué tout le pays et l’ont projeté avec une grande brutalité, pour le meilleur et souvent le pire, parmi les premières puissances mondiales. Des films de déchirure, d’entre deux temps, d’entre deux mondes.

Pour son premier long métrage, le jeune réalisateur Yaonan LIU de 39 ans, a fait appel à des acteurs non professionnels castés dans les villages urbains du district du Grand Phuket au sud de la Chine. Une zone restructurée par le plan de reconstruction gouvernemental. Des barres d’immeubles, des ilots de maisons villageoises au confort sommaire, un lycée tout neuf, des terrains vagues, des champs de ruines d’habitations récemment détruites, un plan d’eau pollué : un chaos dans lequel Li Xing un adolescent de 14 ans, cherche ses marques. Conflits avec sa mère et son beau-père, des gens du peuple « sans instruction et peu entreprenants » comme ils se définissent eux-mêmes et qui refusent l’expropriation. Incidents à l’école où Li Ying dort en cours, introduit des portables interdits et se bagarre avec les « caïds » du campus.

Li Xing a l’âge des émois amoureux : son cœur bat pour la brillante jeune fille qui anime la radio du lycée. Li a l’âge ingrat et la peau acnéique. Li est un effronté. Lointain cousin du Doisnel des 400 coups dans lesquels il entraîne son ami Song Yang, plus timoré, issu d’un milieu « bourgeois » et dont la mère suscite ses fantasmes érotiques.

Li et Song ont trouvé l’entrée d’un tunnel où ils se réfugient souvent. Là, les pierres ont enregistré les sons du passé et le souterrain conduit à une usine désaffectée interdite au public. Song y frôlera la mort et Li, miné par la culpabilité et la détresse verra cet abri s’écrouler au sens propre et figuré. Le quartier en voie de destruction, va de pair avec Li, comme lui en devenir et à reconstruire. Et le boyau où il s’enterre, archéologie d’un passé industriel récent, renvoie à l’idée de digestion et de gestation.

Le film volontairement elliptique, juxtapose scènes réalistes et scènes oniriques. Rêves ou cauchemars se traduisent en images d’animation sans rupture avec le prosaïsme documentaire. Parfois ce prosaïsme-là se fait collage surréaliste :  des poissons sèchent suspendus à un fil, au balcon de la maison paysanne, tandis que l’arrière-plan se hérisse de tours au milieu des gravats.

Le monde adolescent n’est pas rationnel, dit Yaonan LIU, il obéit aux émotions, crée ses trompe l’œil, s’entiche de ses illusions.

Comme souvent pour un premier film, Le Grand Phuket puise dans la vie de son réalisateur, dans sa nostalgie  » d’un lieu sale et désordonné « , de cette  » ville éphémère prise en étau entre deux époques « , à l’instar de toute adolescence. Il rend aussi hommage aux adultes, à leur faculté d’adaptation et à leur énergie pour reconstruire une vie sur les ruines du monde ancien.

ELISE PADOVANI

Le Grand Phuket de Yaonan LIU

En salle le 4 février

Psychodrame

0
Psychodrame © Clara Normand

Un spectacle de Lisa Guez et la Compagnie 13/31 qui explore les frontières entre théâtre et thérapie à travers le psychodrame, méthode thérapeutique consistant à rejouer ses propres traumas pour mieux les comprendre et s’en libérer.

Dans un centre psychiatrique pour femmes, six soignantes se retrouvent chaque semaine pour animer des séances de psychodrame avec leurs patientes. Face à la crise des moyens et la menace de disparition de cette thérapie, elles luttent pour maintenir cette pratique essentielle. Incarnant tour à tour médecins et patientes, tissant leurs personnages à partir de recherches de terrain, d’improvisations et d’inspirations personnelles, les six interprètes donnent à voir comment l’art peut accompagner la compréhension de soi et la réparation.

M.V.
6 février
Les Salins, scène nationale de Martigues

Retrouvez nos articles Scènes ici

Oiseau

0
Oiseau © Christophe Raynaud de Lage

Adapté et mis en scène par Anna Nozière d’après son propre texte publié aux Éditions Théâtrales Jeunesse, Oiseau est un spectacle jeune public (dès 9 ans) qui aborde, avec humour et sensibilité, des thèmes essentiels tels que la mort, le deuil et la vie à travers le regard des enfants. L’histoire se déroule dans une école où Mustafa, qui vient de perdre son père, et Paméla, qui a récemment perdu son chien, se lient d’amitié autour de leur chagrin. Leur rencontre avec Françou, une petite élève de CP persuadée de savoir comment « aller de l’autre côté » pour revoir les disparus, déclenche une aventure collective qui va impliquer toute la classe et déstabiliser les adultes : enseignants, directrice, parents et gardiens.

Un spectacle qui invite à « parler de la mort comme on parle de la vie » dans une mise en scène mêlant jeu live, vidéo et musique.

M.V.
5 et 6 février
Le Zef, scène nationale de Marseille

Retrouvez nos articles Scènes ici

La Famille

0
La Famille © Cyril_Bruneau

Une comédie théâtrale écrite et mise en scène par l’auteur, metteur en scène, cinéaste et dramaturge Samuel Benchetrit, autour d’une famille dysfonctionnelle. Le père, la mère, les deux frères ne se fréquentent que rarement, jusqu’à ce qu’un événement bouleverse leurs habitudes. Tous doivent se retrouver autour d’un dîner qui va révéler rancœurs, non-dits et ressentiments. Une réunion de famille (avec Patrick Timsit, François-Xavier Demaison, Claire Nadeau, Kate Moran et Jackie Berroyer) qui devient le terrain d’une tragicomédie des relations humaines, mêlant humour, dialogues incisifs et moments d’émotion.

M.V.
10 au 14 février
Théâtre de L’Odéon, Marseille
Dans le cadre de la programmation hors-les-murs du Théâtre du Gymnase.

Retrouvez nos articles Scènes ici

Un barrage contre le pacifique

0
Un barrage contre le pacifique © X-DR

Adaptation théâtrale par Anne Consigny du roman majeur de Marguerite Duras, qui s’inspire largement de son enfance passée en Indochine française. Elle y raconte l’histoire d’une mère sans nom, vivant en 1931 avec ses deux enfants dans une concession qu’elle a achetée après quinze ans de labeur, espérant y construire une vie meilleure. Un portrait intime et violent de la condition féminine et des désillusions coloniales. Sur scène, l’actrice s’empare de ce texte dans un seule en scène où elle est à la fois adaptatrice, metteuse en scène et comédienne, donnant vie à cette famille et aux figures qui gravitent autour d’elle.

M.V.
6 et 7 février
Théâtre d’Arles

Retrouvez nos articles Scènes ici

El Ajouad (Les Généreux)

0
Les genereux ©X-DR

Écrite en 1984 par Abdelkader Alloula, la pièce El Ajouad, dont le titre signifie littéralement « Les Généreux », est une fresque sociale qui se déroule autour de trois personnages : un concierge de lycée, un employé d’hôpital et un syndicaliste qui protège des animaux abandonnés. Explorant avec humour et gravité la générosité discrète de ces humbles face aux inégalités de la société, cette adaptation présentée par le Collectif Gena, en collaboration avec la compagnie Istijmam mêle, dans un espace scénique volontairement dépouillé, comédiens algériens et français. Et fait dialoguer le français et l’arabe sans sur-titrage, invitant le public à sentir la musicalité des langues.

M.V.
4 au 7 février
La Criée, Théâtre National de Marseille

Retrouvez nos articles Scènes ici

Les genereux ©X-DR

Sortir du cadre

0
La Lumière ne meurt jamais de Lauri-Matti Parppei © Made

Musicien, cinéaste et plasticien, Lauri-Matti Parppei vient de la scène underground finlandaise, où il s’est fait connaître avec son groupe Musta valo. Auteur de courts métrages remarqués (Silent As Murderers, The Last Day), il inscrit avec La lumière ne meurt jamais son premier long métrage dans un territoire expérimental où cinéma et musique se répondent. Le film est tourné à Rauma, sa ville natale, dans un paysage nordique marqué par la retenue, le silence et une certaine difficulté à formuler la souffrance psychique.

Le récit suit Pauli, virtuose de la flûte traversière – Samuel Kujala, tout en émotivité butée –  revenu vivre chez ses parents après une dépression. La musique, pourtant au cœur de son identité, se fait absente : l’instrument porte désormais le poids d’une réussite devenue stérile. La rencontre avec Iiris – Anna Rosaliina Kauno – ancienne camarade de classe devenue musicienne expérimentale, marque un premier déplacement. Iiris évolue hors des cadres : improvisations, micros de contact, objets détournés, sons enregistrés sur le vif.

Ce que raconte La lumière ne meurt jamais n’est pas tant l’opposition entre musique classique et musique expérimentale que le lent glissement d’un regard – et d’une oreille. Pauli observe les pratiques de Iiris et de son camarade de jeu avec une distance, parfois un scepticisme que partage avec lui le spectateur. Les expériences paraissent d’abord anecdotiques, voire absurdes, avant de devenir peu à peu concluantes. La création cesse d’être une démonstration pour devenir un espace partagé, où l’erreur, le tâtonnement et l’écoute collective prennent le pas sur la maîtrise.

C’est quand il fait réellement place à la musique que La Lumière ne meurt jamais se révèle, formellement parlant, le plus intéressant. Toute la musique du film est enregistrée en direct pendant le tournage, selon un principe proche du Dogme95 cher à Lars Von Trier et Thomas Vinterberg : pas de postproduction luxueuse, mais un travail in vivo, fragile, exposé. La mise en scène, construite avec le chef opérateur Mikko Parttimaa, reste volontairement sobre, presque classique, laissant aux séquences musicales le soin de fissurer le cadre.

Le film avance ainsi comme une partition : silences prolongés, motifs récurrents, variations progressives. Le retour final de la flûte, longtemps tenue à distance, vient magnifiquement clore le récit. Le même instrument, mais chargé de l’expérience collective, transformé par le chemin parcouru. 

SUZANNE CANESSA

La Lumière ne meurt jamais, Lauri-Matti Parppei
Sortie le 4 février 2026

Retrouvez nos articles Cinéma ici

Relay

0
Hannan Jones et Samir Kennedy©Alan Dimmick

Donné dans le cadre du festival Parallèle, Relay réunit pour la deuxième fois les artistes-performeurs Hannan Jones et Samir Kennedy. Méditation sonore, musicale, dansée et improvisée sur l’identité, et tout particulièrement sur le dialogue entre identité algérienne et britannique, Relay établit des ponts entre interprètes, disciplines et pays – Marseille et Glasgow, villes jumelées, y occupent une place de choix. Une célébration de l’ailleurs où l’abstraction se fraye également une place de choix.

S.CA.
6 février
Friche Belle de Mai, Marseille

Retrouvez nos articles Scènes ici