vendredi 27 février 2026
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Noël en culture aux Rotatives La Marseillaise

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De Gauche à droite : Maurice Gouiran Gilles Del Pappas et Jean-Paul Delfino © X_DR

De la mémoire révolutionnaire au polar social marseillais, en passant par la poésie d’Aragon mise en musique, ces rencontres célèbrent une littérature militante, de celle qui ne renonce jamais au combat. Le 12 décembre à 18 heures, ouverture du bal avec Guillaume Quashie, historien et auteur de Haro sur les Jacobins, Essai sur un mythe politique français (XVIIIe-XXIe siècle)

Dans cet ouvrage qu’il présentera, Quashie interroge la manière dont la mémoire révolutionnaire est aujourd’hui instrumentalisée, occultée ou réinventée. Comment les figures jacobines, ces révolutionnaires radicaux de 1793, sont-elles devenues tantôt des épouvantails, tantôt des icônes que l’on invoque à tout propos ? Que sont donc ces fameux jacobins ? Ont-ils seulement existé ? s’interroge l’auteur, qui est parti à leur recherche pour les étudier dans leur époque et comprendre les références polémiques dont ils sont depuis l’objet. 

Le lendemain, la matinée sera consacrée à la rencontre avec des auteurs témoignant de la vitalité de la création littéraire régionale. L’occasion de préparer ses cadeaux de Noël en faisant dédicacer les livres par des auteur·rices en chair et en os. Parmi eux Martine Gärtner, dont les romans sociaux ont pour cadre une Allemagne où elle a enseigné vingt ans ; Bernard Ghirardi, connu pour ses ouvrages retraçant l’histoire locale ; Edmond Purguette, auteur du roman Drôles de bestioles (2022) qui s’inspire de son vécu dans l’enseignement et décrit des destins parfois difficiles d’adolescents. Mais encore Robert Rossi, trublion rock – il est le chanteur de Quartiers Nord – et historien qui a écrit une histoire de la Commune à Marseille et raconte dans ses livres les marges et les oubliés. 

On discutera aussi avec la poétesse Marine Saint-Persan et Laetitia Vivaldi, auteure du livre Les âmeutés, qui évoque la résistance d’un peuple face à un capitalisme destructeur. Seront aussi présents les « polardeux » qui interviendront l’après-midi durant la rencontre Massilia noire.

Le polar comme arme sociale

Celle-ci réunira sept figures du genre. Florence Brémier, qui écrit pour la jeunesse, le Martégal Jean-Claude Di Ruocco, Jean-Paul Delfino, l’écrivain-voyageur aux nombreux prix littéraires, qui affirme un goût pour les ancrages populaires, les lieux de friction sociale et de dérive morale. On retrouvera aussi Gilles Del Pappas, écrivain au grand cœur à la gouaille toute marseillaise dont les anti-héros – et en particulier Le Grec –, humanistes, refusent le cynisme et les compromissions des lieux et époques qu’ils traversent. 

Enfin, on entendra Maurice Gouiran, lauréat du Prix spécial du jury – Prix de l’Évêché 2025 pour son roman On n’est pas sérieux quand on a 17 ans et Pierre Dharréville, ancien député communiste des Bouches-du-Rhône, également romancier. Ce dernier, décidément homme aux multiples talents, proposera un moment musical autour de Louis Aragon et présentera le disque qu’il a réalisé avec le musicien Christian Vaquette, qui met en musique treize textes du poète, certains célèbres, d’autres moins connus du grand public. Avec des sonorités pop-rock, cette pépite offre une relecture contemporaine d’une œuvre aux textes intemporels. 

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Noël en culture
12 et 13 décembre
Les Rotatives La Marseillaise, Marseille
Entrée libre

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Marseille a la côte 

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Anonyme, les plages du PRado depuis le Roucas-Blanc (vers 1960, (AMM, 2 Fi 70)

À quoi ressemblait le littoral marseillais au XIIIᵉ siècle ? La côte marseillaise a été profondément modifiée au fil des siècles par l’impact humain. Du littoral sauvage des Calanques aux plages urbanisées du centre-ville, en passant par les bassins du port autonome, le littoral est complexe, et il existe mille et une manières de le raconter. 

À travers une sélection de 150 documents et objets – manuscrits, dessins, cartes, gravures, cartes postales – les Archives municipales de Marseille dépeignent le littoral de la rade nord à la rade sud, montrant sur près de 50 kilomètres, les évolutions de la côte à travers les âges.

Une promenade côtière

A l’image d’une balade en bord de mer, le parcours met en lumière des documents datant pour certains du XIIIᵉ siècle, comme des parchemins du Vieux-Port. Conçue comme une « exposition-promenade », Entre Terre et Mer fait le choix d’une scénographie légère et immersive. En première ligne de l’exposition, une carte géologique est prise comme point de départ des aménagements côtiers montrant l’importance de la nature des sols dans l’évolution et la transformation du littoral. 

C’est réellement à partir du XIXᵉ siècle que les transformations s’accélèrent : en 1848 a lieu l’aménagement du chemin de la Corniche, poursuivi par les bains du Roucas-Blanc au début du XXᵉ siècle, puis par les plages du Prado dans les années 1960. À l’image des lieux aujourd’hui qualifiés « d’instagrammables », l’histoire visuelle privilégie des sites iconiques – Vieux-Port, Corniche, plage du Prophète, Calanques- laissant d’autres zones peu représentées au sein de l’exposition. 

Les archives : un espace de réflexion

Donner au public des repères historiques, proposer des ressources pour comprendre et sensibiliser à l’histoire du littoral; derrière Entre Terre et Mer, les Archives municipales affichent l’ambition d’ouvrir le débat autour des aménagements futurs. Si les archives d’une ville sont parfois comme «un vieux tas de papier», elles sont en réalité un véritable outil de réflexion pour penser les transformations à venir et nourrir les réflexions citoyennes. Face aux conséquences du dérèglement climatique, il est essentiel d’éclairer le débat actuel sur l’avenir du littoral marseillais en tenant compte des évolutions historiques.

Carla Lorang

Entre Terre et Mer
du 6 décembre au 24 avril 
Archives municipales de Marseille

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À Aix, une histoire de regard

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© Culturespaces : Thomas Garnier

Le parti pris d’une exposition peut être monographique, chronologique, thématique. Elle peut aussi être la mise en lumière du travail d’un mécène, d’un riche collectionneur. La nouvelle exposition du centre d’art Caumont, à Aix-en-Provence, présente une sélection de la collection d’un riche industriel du caoutchouc, Oscar Ghez. 

Né en Tunisie il a constitué à partir de 1955 une importante collection, avant d’ouvrir en 1968, un musée dédié à Genève, le Petit Palais. Un tableau renvoie d’ailleurs à la figure du collectionneur, critique d’art en la personne de Thadée Natanson de la Revue blanche, peint par Vallotton. Et Ghez lui-même, dans la première salle apparait dans le tableau de Trèves comme figure tutélaire de l’événement.

Portrait avant tout 

Le choix des acquisitions dévoile des lignes de force : Ghez aime avant tout les portraits. Portrait de femmes, en liseuse chez Guillaumin, en dame horrifique à la voilette de Manet, en nu chez Vallotton, Lempicka ou Valadon, en pied chez van Dongen, en funambule poétique chez Marie Laurencin. 

Le portrait revient à l’intérieur de scènes familiales dans un jardin ou dans l’œuvre phare de Caillebotte, le pont de l’Europe. Ce grand format structure plusieurs éléments : des personnages isolés comme un ouvrier en blouse, un soldat dans l’arrière-plan et surtout un couple bourgeois qui avance dans la direction du visiteur, au premier plan, cachant en fait un autoportrait de l’artiste, en redingote et haut-de -forme. 

Ghez semble moins sensible au paysage, peu représenté dans la collection. Quelques réalités plus sociales apparaissent comme l’Aciérie de Maximilien Luce. Quant à au cubisme, l’abstraction qui ont marqué l’histoire de l’art des années contemporaines de la vie du collectionneur, ils sont quasiment absents. Le seul et unique tableau non figuratif, est une œuvre d’Artur Segal et les deux Picasso présents à la fin du parcours sont eux aussi rattachés à une représentation humaine, dont l’Aubade. Ghez est donc un collectionneur au goût sûr mais assurément pas un découvreur, ni un aventurier de l’art de son vivant.

MARIE DU CREST

Regards d’un collectionneur
Jusqu’au 22 mars 2026
Centre d’art Caumont, Aix-en-Provence

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Splendeurs et misères de la cité phocéenne  

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Alèssi dell’Umbria est né et a grandi à Marseille, à la Plaine. Il lui fallut douze ans pour rassembler la documentation nécessaire à la rédaction de l’Histoire universelle de Marseille de l’an mil à nos jours. Cette nouvelle édition est complétée par un épilogue évoquant les transformations de la ville dans les vingt dernières années. Celles-ci semblent confirmer les réflexions pessimistes de l’auteur face à un urbanisme jugé incohérent et au processus de gentrification. Il est question bien sûr de la réponse municipale à l’effondrement de la rue d’Aubagne. 

L’ouvrage est rédigé dans un style clair qui facilite la lecture tout au long de ses quelque 812 pages. La présence d’un cahier d’illustrations rassemblant plans de la ville et tableaux, ainsi que d’un index et d’un glossaire (explicitant notamment certains termes provençaux), permet également de plonger dans ce cheminement du Moyen-Âge au XXIe siècle qui, selon l’auteur, n’a pas uniquement pour but de constituer une somme de savoir historique, mais vise à contribuer à « nourrir certains gestes de résistance à la dépossession brutale » que vivent les Marseillais depuis le début des années 2000. 

L’auteur est particulièrement critique envers la tradition de centralisation à la française, qui tend à imposer un système politique, économique et culturel, d’abord par l’intégration dans le royaume de France (longtemps, Marseille n’a été qu’une « terre adjacente » à celui-ci), puis dans le culte d’une nation construite autour de sa capitale. Il expose a contrario la richesse des liens culturels et linguistiques au sein de l’aire occitane et avec les régions limitrophes (Catalogne, Piémont, etc.). 

Alèssi dell’Umbria démontre à quel point Marseille a été et est encore, malgré tout, une ville profondément tournée vers le bassin méditerranéen et qui doit résister à un processus de « colonisation intérieure », c’est-à-dire d’uniformisation artificielle à partir d’un modèle qui ne correspond ni à sa géographie, ni à son histoire. 

GABRIELLE BONNET

Histoire universelle de Marseille, d’Alèssi dell’Umbria  
Agone -35 €

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Marseille Objectif Danse : Naviguer dans l’espace et les mots

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Georges Appaix © X-DR

Après avoir cessé les activités de sa compagnie La liseuse en 2021, Georges Appaix est passé du studio à la table. Mais on connaît sa capacité d’adaptation, puisqu’il était passé plus tôt dans sa vie des Arts et Métiers à l’apprentissage du saxophone puis à la danse, se fabriquant peu à peu un langage très personnel. L’amour de la langue et des mots le taraude. Mais aussi celui de la musique créant un spectacle hybride dans lequel les mots s’enveloppent de musique et de chansons qui sont à la fois des ponctuations et des ouvertures.

Culture partagée et connivence

Avant d’être écrivain, ou chorégraphe, Georges Appaix est lecteur. Parsemé de références et de citations, son texte s’écoule avec vivacité, enthousiasme et fantaisie. Ainsi parfois un mot lui rappelle un texte connu, s’il dit « chantez » aussitôt lui vient la suite de La Fontaine « Hé bien, dansez maintenant ». 

Les citations de chansons illustrent généreusement son état d’esprit. On passe de Ferré à Trenet, de Nougaro à France Gall qui demande de « résister » à l’affaiblissement. Mais on a commencé par un passage des Variations de Goldberg accompagné par la voix tonitruante d’Appaix et d’amples mouvements de bras, esquissant des déplacements. Tout son texte est animé d’un grand amour du mouvement et de la vie dont le cours est comme un torrent bondissant. Alors il file la métaphore en pagayant. On éprouve beaucoup de plaisir à l’écouter et le voir lisant à la table, citer les différentes définitions du dictionnaire pour le même mot en s’étonnant. Simplicité et professionnalisme le caractérisent et on apprécie son partage amical.

CHRIS BOURGUE

Dans l’écriture de Georges Appaix a été donné le 5 décembre dans le studio de Marseille Objectif Danse

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Junior ballet de l’Opéra national de Paris

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Junior ballet de l’Opera national de Paris-© Sebastien Mathe

Un siècle de danse : voilà l’étendue que la jeune troupe parisienne promet de parcourir lors de cet ambitieux programme, donné au Théâtre des Salins de Martigues. Balanchine ouvre la soirée sur Tchaïkovski, dans une écriture précise et aérienne où les jeunes interprètes affirment déjà une maîtrise élégante. Béjart apporte ensuite une énergie plus solaire et pop, avant la délicatesse de Requiem for a Rose, portée par la sensibilité d’Annabelle Lopez Ochoa. Le programme se conclut avec José Martinez, dont la virtuosité contemporaine révèle l’engagement d’une troupe en plein essor.

S.C.
12 et 13 décembre
Les Salins, Scène nationale de Martigues

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Groupe Grenade – Ulysse

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Ulysse, Josette Baiz © Laurent Paillier

Avec Ulysse, Josette Baïz transmet aux jeunes danseurs du Groupe Grenade l’énergie fondatrice imaginée par Jean-Claude Gallotta il y a plus de quarante ans. Sur scène, la pièce retrouve une vivacité étonnante : les corps se lancent, tracent des lignes claires, jouent avec le rythme dans une jubilation presque contagieuse. Cette jeunesse met en lumière la dimension joyeuse et élancée du vocabulaire de Gallotta. Costumes blancs, décor sobre, vitesse des enchaînements : tout porte l’écriture vers la fraîcheur et l’épure. Une reprise qui redonne à Ulysse sa force première, portée par une génération qui dirige ses pas vers un horizon nouveau.

S.C.
16 et 17 décembre
Pavillon Noir, Aix-en-Provence

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L’art d’avoir toujours raison

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L’art d’avoir toujours raison © X-DR

Comment réussir une campagne électorale ? Sébastien Valignat signe une pièce de théâtre nommée L’art d’avoir toujours raison aux côtés de Logan de Carvalho (texte) et Guillaume Motte (mise en scène). Le dramaturge se retrouve sur scène accompagné de Adeline Benamara pour incarner deux conférenciers du G.I.R.A.F.E. (Groupe International de Recherche pour Automatiquement Fédérer les Electeurs). Le duo présente à de futurs candidats leurs travaux : une méthode, qui permet, si elle est suivie à la lettre, d’emporter une élection. Sans se soucier d’éthique, ils transmettent comment avoir toujours quelque chose à dire, comment faire disparaître le conflit et enfin, comme avoir toujours raison.

L.S.
13 décembre
Théâtre des Halles, Avignon

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Galaxie Provisoire

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Maguelone Vidal © X-DR

Dans Galaxie Provisoire, la saxophoniste et performeuse Maguelone Vidal construit un univers cosmique à partir du souffle et de son instrument. Grâce à une paille, son souffle se transforme en bulles, qui apparaissent en planètes lumineuses, peu à peu éclatant à leur rythme, révélant leur nature éphémère. L’univers devient sonore et se transforme en bruit pour ressembler à l’érosion de la banquise. Il y a aussi la parole poétique portée par des voix d’enfants – sur un texte signé Olivier De Vleeschouwer. Alors, le saxophone surgit et envahit l’espace de cette odyssée cosmique pour enfants.

L.S.
10 décembre
Espace 233, Istres

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Sur les pas de Stravinsky

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Carlos Martin Esteve, bassoniste © X-DR

Le concert, qui se déroule au Foyer de l’Opéra, va s’ouvrir avec Lied ohne Name de Stravinksy. Les bassonistes Carlos Martin Esteve, Stéphane Coutable, Hervé Issartel et Frédéric Baron donnent vie à cette courte pièce pour deux bassons, dense et dépouillée. Ils naviguent alors parmi les XXᵉ et XXIᵉ siècles avec des pièces héritières de son écriture, en passant par des œuvres de Schneider, Désirée Diotte, Paul Hansen et Alan Stephenson. Parmi ces œuvres, ils traversent l’ironie rythmique de Prokofiev (Scherzo humoristique) jusqu’à l’humour musical de Peter Schickele (Last Tango in Bayreuth). Le programme met en lumière les jeux de styles, contrastes et les influences de Stravinsky.

 L.S.
13 décembre
Foyer de l’Opéra de Marseille

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