mercredi 21 janvier 2026
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Yes Daddy

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Yes Daddy © Firas Odeh

Dans un huis clos autant physique que mental, Yes Daddy raconte la relation éphémère entre un escort et un vieil homme souffrant de perte de mémoire. Au fil de la nuit, les frontières se brouillent : le visiteur devient le reflet des fantômes du passé, et le face-à-face se transforme en un étrange théâtre de la mémoire et du désir, où la parole devient piège, où chaque geste dévoile autant qu’il dissimule. Une façon, pour le metteur en scène palestinien Bashar Murkus, d’explorer la manière dont l’intimité, la manipulation et la fiction s’entrelacent jusqu’à rendre la vérité méconnaissable. Laissant planer cette question : la vérité est-elle indispensable, si la fiction nous permet de survivre ?

M.V.
18 et 19 novembre
Théâtre Joliette, Marseille

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Andromaque

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Andromaque © Hubert Amiel

Oreste aime Hermione, qui aime Pyrrhus, qui aime Andromaque, qui aime Hector. Mais Hector est mort. La tragédie classique de Racine est une chaîne de désirs impossibles où l’amour, le pouvoir et la mort s’enlacent jusqu’à l’épuisement. Le collectif belge La Brute s’empare d’Andromaque de Racine pour en faire un champ d’expérimentation contemporain : le texte, dit, crié, murmuré, se frotte à la musique, à la vidéo, à la physicalité brute des interprètes. Dans une mise en scène à la fois sobre et incandescente, à travers le deuil d’Andromaque et les excès d’Oreste, La Brute interroge la disparition du rituel et la perte du sacré dans un monde hanté par la mort, mais incapable de la regarder en face.

M.V.
12 au 14 novembre
Théâtre Joliette, Marseille

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Le Misanthrope

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Le Misanthrope © Marie Clauzade

Dans Le Misanthrope, Alceste méprise l’humanité tout entière. Il en dénonce l’hypocrisie, la couardise et la compromission. Mais paradoxalement, alors qu’il est aimé d’Arsinoé, la prude, et d’Éliante, la sincère, il aime passionnément Célimène, une veuve de 20 ans, coquette, superficielle et médisante. Un classique parmi les classiques, que le metteur en scène Georges Lavaudant revisite dans une mise en scène moderne et épurée, trempée dans une atmosphère de crépuscule social. Dans le rôle d’Alceste Éric Elmosino, dans celui de Célimène Mélanie Richard, deux interprètes avec lesquels Lavaudant a déjà travaillé, tout comme avec la plupart des autres comédien·nes qu’il a choisi·es, dont Aurélien Recoing en Oronte, Astrid Bas en Arsinoé, ou François Marthouret en Philinte.

M.V.
Du 18 au 29 novembre
Théâtre du Jeu de Paume, Aix-en-Provence

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Vaslav

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La Scène nationale de Cavaillon programme propose le spectacle Vaslav, en itinérance dans la région du 16 au 22 novembre. Au-devant de la scène se trouve Olivier Normand – habitué du cabaret de Madame Arthur – il est tour à tour danseur, comédien, chanteur, et même un peu magicien. Il incarne un androgyne poétique – un personnage d’intelligence et d’humour – entre Barbara et David Bowie. Le concert traverse les répertoires et les époques de Monteverdi à Gainsbourg : du rock au classique sans oublier le jazz ou encore le ragga. Vaslav est un spectacle qui entend interroger le genre et ses artifices par lesquels nous cherchons, paradoxalement, à nous révéler.

L.S.
Du 16 au 22 novembre

À Noves, Oppède, Saignon, Velleron, Lacoste et Lourmarin

Une proposition de La Garance, Scène nationale de Cavaillon

What you want

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Une soirée où c’est le public qui choisit, voilà ce que propose Thomas Lebrun et les danseurs·euses de la formation Coline. Le programme se décline comme un « menu » : un jukebox chorégraphique composé d’une trentaine de titres allant des années 1940 aux tubes des années 80 jusqu’aux hits de la pop d’aujourd’hui. Les six danseurs improvisent alors, en solo, duo ou en groupe et se laissent guider par l’ambiance de chaque nouveau morceau.

En amont, le public aura l’occasion de découvrir le 7e projet que Thomas Lebrun crée pour Coline, rejoint par deux étudiants danseurs de la LAK – Latvian Academy of Culture – et les 14 apprenti·es de la session 2024-2026.

L.S.

13 novembre

La Garance, Scène nationale de Cavaillon

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Ok Boomons et Hand Pop

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Ok Boomons ! © Scopitone et cie

C’est la Journée des enfants du festival En Ribambelle ! à La Criée, qui se met au rythme du corps et du son avec deux propositions pleines d’énergie signées Scopitone & Cie, compagnie qui aime croiser les disciplines et les imaginaires. Hand Hop (17h – dès 5 ans – entrée libre) mêle théâtre d’objets et breakdance pour raconter, avec humour et virtuosité, la rencontre entre deux univers : celui des mains qui manipulent, et celui des corps qui tournent, bondissent, défient la gravité. Une performance ludique et poétique, où chaque geste devient musique, chaque objet devient partenaire de jeu. Et juste après, Ok Boomons ! (17h30 – dès 5 ans – entrée libre) qui transforme le plateau, dans un décor vintage plongeant dans l’ambiance des années 1990, en une véritable piste de danse. Aux manettes, des marionnettes DJ !

M.V.
15 novembre
La Criée, Théâtre national Marseille

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Attraper l’ange

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Attraper l’ange © Christophe Raynaud de Lage

Alice a grandi dans l’ombre lumineuse de ses parents, deux artistes qu’elle admire sans mesure. Elle voudrait, elle aussi, brûler de la même flamme, mais le talent lui échappe, l’élan se dérobe. C’est de ce vertige, de ce désir d’être à la hauteur, que naît Attraper l’ange, le nouveau seule en scène de Geneviève de Kermabon : une plongée dans les coulisses de la création et du doute. À partir d’entretiens menés avec une trentaine d’artistes – parmi lesquels Ariane Ascaride, Charles Berling, Catherine Frot, ou Denis Lavant – la comédienne et metteuse en scène invente le récit d’Alice, son double imaginaire et celui de toutes celles et tous ceux qui cherchent leur place sous les lumières. Un solo, où elle incarne tour à tour la fille, les artistes, les fantômes de la scène et de la mémoire.

M.V.
14 novembre
Théâtre des Halles, Avignon

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John Maus

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Parmi les belles surprises de l’année à l’Espace Julien, il y a le passage d’un artiste rare ce 15 novembre. Apparu sur scène à la fin des années 1990, l’Américain John Maus n’est pas vieux mais est déjà une vraie légende de la synth-pop. Notamment pour ses deux albums mythiques Songs (2006) et Love is real (2007), qui avaient fini d’asseoir sa notoriété dans le milieu des musiques alternatives.

Également docteur en philosophie politique, il s’est pourtant illustré en utilisant des boites à rythmes et des synthés des années 1980 pour écrire une musique pop, faite d’arpèges languissants, frisant avec le VU-mètre et l’énergie punk. À suivre avec intérêt aussi, la pop métissée de Sarah Maison pour ouvrir la soirée.

N.S.

15 novembre

Espace Julien, Marseille

KIKA, dominer sa vie, dominer sa peine

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Kika est en retard. Le matin, pour accompagner sa fille à l’école. Le soir pour la récupérer. Au boulot, où en tant qu’assistante sociale, elle subit la pression de la détresse humaine face aux procédures administratives et à la pénurie. Kika ne domine rien. Ni son emploi du temps ni le coup de foudre qui l’enflamme.

Kika (Marion Clavel) rencontre David (Makita Samba). Elle est mariée. Il a une copine. Mais l’attraction est irrésistible. Après deux mois d’idylle, Kika et David cèdent à leur désir dans une chambre rouge boxon qui se loue à l’heure. Et on les retrouve quelque temps après installés ensemble.
C’est ici que la délicieuse comédie romantique – de celles qui font fondre, se pimentent d’humour et mettent en scène la maladresse amoureuse, s’arrête brutalement. David meurt. Kika n’a pas les moyens de conserver l’appartement qu’ils occupaient. Aura-t-elle assez de forces pour garder le bébé qu’elle porte ? Elle, qui dans son métier passe son temps à trouver un toit et des aides à ceux qui en ont besoin, se retrouve enceinte, fauchée, avec un enfant, et sans domicile. Hébergée par sa mère et son beau-père, « gentils » mais insupportables et névrosés.

Coup de fouet

Les jeux du hasard, pour le meilleur et pour le pire, ficèlent à la perfection ce scénario que la réalisatrice a écrit avec Thomas Van Zuylen : Kika par un concours de circonstances – et une culotte sale, se retrouve dans une filière sadomasochiste. De dominée, elle devient dominante, procurant une douleur jouissive et mesurée à des inconnus en détresse contre de l’argent. Sa propre douleur d’un deuil trop grand, trop soudain, trop injuste, reste en elle. Et elle la porte comme son enfant, au fond de son ventre. Son initiation au travail de « Maîtresse » par des professionnelles amicales ne manque pas de drôlerie. Kika, à l’air d’institutrice, bienveillante et polie, , s’étonne des demandes de ses « clients » :  face sitting, scatologie, fisting, gode-ceinture, fessée, flagellation, humiliation verbale … Fondées sur une recherche documentaire, toutes ces séquences sonnent juste et mettent en écho les chagrins et les désarrois de chacun. Sans voyeurisme, sans jugement moral, on approche le sens politique et humain de ces échanges monnayés. Axelle Poutine la documentariste aime les gens. Axelle la réalisatrice de fiction, ses personnages. Malgré la gravité du sujet, elle donne à la vie, sa drôlerie, sa lumière et sa chance. Une balade à bicyclette ouvre le film dans une image saturée de soleil jusqu’au flou, une autre le fermera.

La trajectoire du film, en ellipses et dérapages, épouse celle de l’héroïne cabossée.

Au fil des rencontres, entre rires et larmes, se dessine le portrait d’une femme attachante, vulnérable mais forte, incarnée avec une justesse inouïe par Marion Clavel dont la voix de contralto vibre longtemps dans l’oreille.

ELISE PADOVANI

Kika d’Axelle Poukine

En salles le 12 novembre

© Condor Distribution

Sète : Biennale des Arts de la scène en Méditerranée

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A place of Safety © Luca Del Pia

A Place of Safety 

En juillet 2024, les metteurs en scène, auteurs et acteurs italiens Enrico Baraldi et Nicola Borghesi, fondateurs de la compagnie Kepler-452, ont embarqué sur le navire Sea-Watch 5 afin de documenter de l’intérieur les missions de sauvetage en Méditerranée centrale. Leur immersion auprès des « humanitaires », des « migrant·es » secouru·es et des équipes d’intervention marque le point de départ de A Place of Safety – Voyage en Méditerranée centrale dans lequel les expériences vécues à bord, entre urgence, impuissance, solidarité et bureaucratie, servent de matériau brut.
Un spectacle créé au Teatro Arena del Sole de Bologne en février dernier, présenté pour la première fois en France ces 13 et 14 novembre au Théâtre des 13 vents dans le cadre de la Biennale des Arts de la Scène en Méditerranée.

Un théâtre documentaire engagé
A Place of Safety se présente comme une « pièce documentaire », interprétée sur le plateau par Nicola Borghesi et par les membres de la mission eux-mêmes, refusant la posture victimaire simplificatrice, préférant mettre l’accent sur la complexité du contexte : des vies en suspens, des frontières fermées, des choix difficiles.
Le spectacle pose la mer comme frontière mobile, entre vie et mort, entre exil et refuge, entre engagement et impuissance. Transformant le plateau en un lieu de témoignage direct, grâce à un dispositif scénique qui mêle voix, fragments documentaires, langues multiples, le public est invité à ressentir la fragilité des trajectoires humaines, la tension entre l’attente et l’intervention, et l’énigme d’une mer à la fois usage, enjeu et témoin.
Un spectacle en italien, anglais, portugais surtitré en français, dont la représentation le jeudi 13 sera suivie d’une rencontre avec l’équipe artistique.

13 et 14 novembre
Théâtre des 13 vents, Montpellier

Boujloud (L’homme aux peaux)

Menant une enquête sur le consentement au Maroc pour créer un spectacle documentaire, Kenza Berrada rencontre Houria, femme marquée par une agression sexuelle subie dans l’enfance, concluant son récit par un violent et fatal : « C’était comme ça à l’époque ». Une question s’impose alors à l’artiste : mais quand finit cette époque ? 
Pour dire l’indicible, l’artiste convoque Boujloud, figure rituelle du Rif et du Haut-Atlas occidental. Couvert de peaux, moitié homme moitié bête, Boujloud surgit chaque année après l’Aïd pour incarner la force vitale du passage, de la mue. Dans son spectacle, cette figure devient le véhicule d’une mémoire enfouie : elle porte les voix tues, les blessures transmises, les colères rentrées, transmises de génération en génération.

7 et 8 novembre
Domaine d’O, Montpellier
Boujloud © Hélène Harder

Et tout est rentré dans le désordre

Avec Et tout est rentré dans le désordre, Julie Benegmos et Marion Coutarel, de la Compagnie Libre Cours, proposent une traversée poétique et politique des pratiques funéraires d’aujourd’hui. Leur point de départ : une enquête menée auprès de celles et ceux qui cherchent à réinventer les rites de la mort, à redonner sens et humanité à ces passages souvent confisqués par le rationalisme ou le marché.
Le spectacle oscille entre théâtre expérimental, documentaire et fiction, explorant le potentiel transformateur des rituels. Sur scène, un rituel se compose, à la fois grave et joyeux, entre documentaire et célébration symbolique. Les spectatrices et spectateurs deviennent témoins d’une tentative de réconciliation avec la mort, d’un partage sensible où le désordre devient lieu de transformation.

7 novembre
Théâtre municipal Jérôme Savary, Villeneuve-lès-Maguelone

13 novembre
Théâtre Molière, Sète
Et tout est rentré dans le désordre © Alban le Goff

Necropolis

Le danseur, chorégraphe et artiste visuel Arkadi Zaides se penche sur les milliers de migrants disparaissant depuis une trentaine d’années aux frontières de l’Europe. Seul en scène, s’appuyant sur la liste minutieusement tenue depuis 1993 par l’organisation United, il se tient face à un ordinateur et à la projection d’une carte du continent, en faisant émerger une cartographie des vies perdues dans les flots, les déserts, les zones d’attente et les marges administratives.
Un geste, un clic, un nom : chaque point lumineux correspond à une mort. Au fil de cette conférence performée, associant investigation du territoire et enquête médico-légale, l’artiste transforme la donnée brute en un rituel d’attention, cherchant à incarner les noms de celles et ceux à qui l’on a refusé toute identification, après la mort.

12 au 14 novembre
Théâtre de La Vignette, Montpellier
NECROPOLIS © Eike Walkenhorst

La Biennale des Arts de la Scène en Méditerranée est initiée par le Théâtre des 13 vents – CDN Montpellier et un vaste réseau de partenaires

MARC VOIRY


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