mardi 13 octobre 2026
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Conférence Raphaël Imbert 

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Poetic ways © Marina Lohk

L’Espace Gérard-Philipe de Port-Saint-Louis-du-Rhône accueille Raphaël Imbert, saxophoniste, directeur artistique de la Compagnie Nine Spirit et directeur général du Campus art Méditerranée INSEAMM, pour une conférence-concert consacrée au jazz. Le rendez-vous s’appuie sur la présence du saxophone et permet ainsi à Raphaël Imbert, musicien érudit, de partager sa connaissance du jazz, son histoire, ses influences et ses particularités à travers les mots mais aussi directement par le son. Le public n’est donc pas seulement placé dans la position du spectateur d’un concert : il est également invité à comprendre ce qui se joue dans les œuvres et dans leur interprétation.

M.V.

25 septembre
Espace Gérard-Philipe, Port-Saint-Louis-du-Rhône

Manon des sources

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Jacquline Pagnol dans Manon des Sources de Marcel Pagnol, 1952

Manon des sources, le Musical, est une création qui transpose en comédie musicale pour la première fois le diptyque L’Eau des collines de Marcel Pagnol, composé de Jean de Florette et Manon des sources. Sans abandonner les grands thèmes de l’œuvre : la transmission, les secrets, la vengeance et la possibilité d’une rédemption. Les destins de Manon, Aimée, Ugolin, Jean de Florette, Bernard et du Papet sont racontés à travers une succession de chansons et de scènes qui font évoluer l’intrigue entre théâtre musical et récit. 13 artistes sur scène et vingt-deux chansons originales, dont La Sauvage, Chacun sa croix, Les silences qui tuent, Manon, je t’aime ou encore Si j’avais su que c’était lui. L’adaptation est signée par Jean-Jacques Thibaud, la musique Julien Vallespi.

M.V.

Du 24 au 27 septembre
Théâtre de l’Odéon, Marseille

La Couleur de la grenade

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La couleur de la grenade © Julie Cherki

Mourad Merzouki ouvre la saison de Théâtres en Dracénie avec un hommage à Sergueï Paradjanov. Inspirée de son film Sayat Nova, La Couleur de la grenade naît d’une invitation en Arménie de la metteuse en scène Saté Khachatryan. Sept interprètes français et arméniens croisent hip-hop et danses traditionnelles, sur des musiques des deux pays mêlées d’électro. Les costumes d’Edgar Manoukian et les lumières de Yoann Tivoli accompagnent cette succession de tableaux, à découvrir alors que la compagnie Käfig fête ses trente ans.

S.C.

25 et 26 septembre
Théâtre de l’Esplanade
, Draguignan

Sixties à l’Église

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L’Église Sainte-Marguerite (Marseille 9e) accueille un concert d’orgue insolite dans le cadre des Festivalines 2026, portées par LAZA/Cie Jean-Jacques Sanchez. Rendez-vous place Antide Boyer pour une introduction chorégraphique, avec la danseuse Coline Delgado. Sur scène, Charlie O., multi-instrumentiste aux collaborations prestigieuses (Christophe, Philippe Katerine, Cédric Klapisch, Peter Von Poehl), interprète sur l’orgue Quoirin (facture artisanale française) des extraits de ses albums Marguerite et M2, paru sur le label Sounds Like Yeah ! de Laurent Garnier, DJ et producteur français, pionnier de la techno. Des compositions aux accents de bande originale sixties, revisitées en live avec le trompettiste Thierry Amiot et, en invité, le mandoliniste Vincent Beer-Demander.

A.-M.T.

27 septembre
Église Sainte-Marguerite

Le festival Allez Savoir parle cash

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Projection à la baleine dans le cadre d'Allez savoir © Florent Kolandijian

Qu’il est cruel, dans certains festivals, d’avoir à choisir entre deux rendez-vous alléchants, dont les créneaux se chevauchent ! Allez Savoir cette année se resserre sur trois jours, et renforce la frustration de ne pouvoir se dédoubler, tant son fil rouge, l’argent, ouvre à des réflexions cruciales. Comme le souligne Romain Huret, président de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), porteuse de la manifestation marseillaise depuis 2019, « on assiste depuis quelque temps à un renouveau des travaux autour de cette épineuse question ». Sociologues, anthropologues, économistes, historiens et philosophes réinterrogent ce système d’échange symbolique qui a des conséquences majeures sur nos existences.

Le dialogue inaugural déplacé

Par un concours de circonstances qui serait ironique si l’austérité frappant les événements culturels et scientifiques n’était pas aussi grave, le dialogue inaugural du 24 septembre n’aura pas lieu comme précédemment dans la cour de la Vieille Charité. Le grand chapiteau qui recevait le public coûte trop cher… Aussi l’organisation se replie à la bibliothèque de l’Alcazar, heureusement partenaire identifié de longue date par les festivaliers, de même que le musée d’histoire : personne ne devrait être dérouté par ce changement dans le rituel. 

D’autant que la rencontre promet d’être stimulante, en fonçant droit dans les clichés pour les secouer un peu et voir ce qu’ils ont dans le ventre : « L’argent fait-il le bonheur ? ». Telle est la question posée à Claudia Senik, économiste de la Sorbonne, directrice de l’Observatoire du bien-être, et à Jérôme Dokic, dont les travaux vont de la philosophie de l’esprit aux sciences cognitives. Un sujet qui pourra intéresser aussi bien les jeunes rappeurs attirés par ce qui brille que les citoyens atterrés par les profits orgiaques réalisés par l’industrie fossile.

Ce que l’argent fait aux riches

Parmi la très riche (sans mauvais jeu de mot) programmation, certains rendez-vous semblent particulièrement à même de bien muscler l’esprit critique. C’est le cas de plusieurs rencontres littéraires, par exemple celle prévue le 25 septembre à la bibliothèque de l’Alcazar, avec Fatma Çingi Kocadost, autrice de La promesse qu’on nous a faite (éditions de l’EHESS, 2025). En démystifiant l’institution du mariage pour les femmes maghrébines, avec l’homme en position de pourvoyeur économique, et l’émancipation par le travail, elle y met le féminisme occidental à l’épreuve du réel. 

Le lendemain matin, deux historiens, Guido Alfani et Cécilia d’Ercole, participeront avec l’anthropologue Anne-Christine Trémon à une table-ronde qu’il ne faudra pas rater, autour du livre non encore traduit du premier. As Gods Among Men. A History of the Rich in the West (Princeton University Press, 2023), remonte l’histoire de l’Occident depuis l’Antiquité pour mettre en lumière « malgré la diversité des voies d’accès à la richesse selon les époques, des continuités fondamentales dans le comportement des riches et dans les attitudes du public à l’égard de la richesse ». 

Par ailleurs, comme dans les six précédentes éditions de Allez Savoir, il y aura bien d’autres occasions d’apprendre de manière moins cérébrale, au travers d’ateliers, propositions artistiques, jeux, projections et balades.

GAËLLE CLOAREC

Allez savoir
24 au 26 septembre
Divers lieux, Marseille 

C’est pas du luxe ! : la solidarité, une voie joyeuse 

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© X DR

Le principe de C’est pas du luxe !, imaginé en 2012 par la Scène nationale de Cavaillon, l’association d’insertion Le Village (Cavaillon) et la fondation Emmaüs, est d’affirmer que la culture, pour les personnes en situation de pauvreté, est essentielle : parce qu’elle permet de retrouver dignité et confiance, mais aussi parce que la parole située des pauvres, des réfugiés, des SDF, fabrique des œuvres bouleversantes. Après trois éditions au Thor et à Apt, l’ex-maire d’Avignon Cécile Helle (PS) a accueilli en 2018 la biennale dans sa ville, et s’y est depuis installée. Un geste politique, qui n’est pas assuré de sa pérennité dans la ville. Olivier Galzi (divers droite), le nouveau maire, vient de mettre en fin à l’épicerie étudiante solidaire Agoraé [voir encadré] et en août dernier, il signait un arrêté « anti-mendicité » visant à interdire l’occupation prolongée de certains espaces publics de la ville. Une mesure finalement suspendue le 11 septembre grâce à une forte mobilisation des associations. 

Dans ce contexte où les stigmatisations et les discriminations envers les personnes précarisées ont le vent en poupe, le festival C’est pas du luxe ! entend rappeler que la solidarité est une voie joyeuse à ne surtout pas négliger. Et mettra en lumière celles et ceux que l’on peu, bien trop souvent invisibilisé·e·s par la société. Du 25 au 27 septembre, une vague humaine de 600 artistes amateurs et professionnels s’empare d’Avignon avec plus de 70 créations dans une trentaine de lieux. Du théâtre à la musique, en passant par la danse et le cinéma, la biennale investit la Cité des papes pour faire de l’art un « terrain d’émancipation, de dialogue et surtout de fête ». 

Danser ensemble

En ouverture, de la danse. La danseuse-chorégraphe Mariam Kaba et les mineurs exilés de l’association Rosmerta présentent le spectacle Danser c’est Vivre, une « ode à la puissance du collectif » : de quoi donner le ton du rendez-vous. 

© X DR

Collectif aussi sera la proposition de l’artiste Marina Gomes. Elle propose un moment de danse intergénérationnel à La Fabrica avec Street Fighters, une « agora vivante » mêlant rap, battle hip-hop, flashmob géante et théâtre. Une énergie que l’on retrouve avec la compagnie Le Doux Supplice et les pensions de famille du territoire, à travers Faire Corps en Chœur. Une création dansée dans laquelle une « horde » joyeuse se déplace dans l’espace public, au risque d’embarquer avec eux les Avignonnais. 

Se faire entendre

Faire collectif, c’est aussi faire entendre les voix des uns et des autres. Porté par plusieurs communautés Emmaüs, la création théâtrale Du silence à nos voix, prend comme point de départ les textes – collectés lors d’ateliers dans les structures Emmaüs – d’une soixantaine de personnes. De là naissent des montages faits de voix enregistrées, de fragments de vie et autres surprises. 

Ces histoires continuent d’être explorées dans les expositions du festival. Famille(s), née de la rencontre entre habitants de pensions de famille, travailleurs sociaux et membres de la Collection Lambert, explore la question de faire famille lorsqu’on est en errance. L’artiste syro-palestinienne Bissane Al Charif poursuit ces réflexions autour de l’amitié et des liens que l’on choisit avec Empreinte(s) de l’invisible. Le cinéma, lui aussi, donne à voir d’autres histoires. La réalisatrice Pauline Bastard livre au public Expert Esthétique, un long métrage né d’un atelier de couture d’Emmaüs Grenoble dans lequel le tri des vêtements se transforme en une drôle de collection de « haute couture ». 

Faire avec les moyens du bord, décider collégialement, créer avec et ensemble, voilà la volonté de C’est pas du luxe !. Car, comme le rappelle le festival : « La culture est un droit, au même titre que tous les autres droits, et c’est de notre devoir, en tant qu’institution culturelle, de fournir les outils, les espaces, les moyens qui permettent à celles et ceux qui ont été empêché·es de pratiquer des projets culturels à leur endroit. »

CARLA LORANG

C’est pas du luxe !
25 au 27 septembre
Avignon

La mairie d’Avignon combat les pauvres, pas la pauvreté

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© Christophe Agostinis

Le pourcentage de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté (moins de 60% du revenu médian) à Avignon est effarant : 35 % des Avignonnais sont pauvres, plus d’un tiers. Un taux plus de deux fois supérieur à la moyenne nationale (15%), à celle de PACA (19%) à celle de Vaucluse (20%) et même à celle du Grand Avignon (27%), dont le taux est légèrement modéré par quelques communes riches comme Villeneuve-lès-Avignon. 

Cet état de fait, qui s’aggrave, peut être nié, invisibilisé par les édiles, ou étudié et combattu. Le maire d’Avignon, après avoir voulu promulguer un arrêté anti-mendicité cet été, s’attaque aujourd’hui à la précarité étudiante. L’Agoraé, épicerie solidaire étudiante qui met en vente des produits essentiels à 10% de leur prix habituel, a cessé son activité à Avignon faute de local : la Ville a mis fin à la mise à disposition pour l’épicerie rue de la Carreterie, et ne prévoit pas de solution de repli. 

Affamer la jeunesse ? 

L’Agoraé est un réseau national, des épiceries solidaires existent dans toute la France grâce à des locaux mis à disposition, du bénévolat étudiant, des services civiques. Ces épiceries permettent simplement aux étudiant·es de manger à peu près à leur faim. Le taux de pauvreté des étudiants est de 30% en France, 40% pour ceux qui ne sont pas hébergés par leurs parents. Un taux sujet à de fortes disparités en France : il n’est pas mesuré dans la population étudiante Avignonnaise, mais est sans doute bien plus élevé que la moyenne nationale. 

Refuser la solidarité à ses jeunes, les laisser avoir faim semble donc l’option retenue par la Ville. Mais dans une cité où de nombreux équipements culturels sont fermés en dehors du festival, il s’en trouvera peut-être un pour accueillir l’épicerie solidaire ?

AGNÈS FRESCHEL

Emily Brontë, jusqu’aux os

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Claudine Galéa © X DR

Zébuline : Pourquoi récrire Les Hauts de Hurlevent, best-seller romantique mille fois adapté ? 

Claudine Galéa : C’est un roman marquant… C’est France culture qui m’avait demandé une fiction radiophonique, en me laissant libre de mon choix, et j’ai dit Emily Brontë, pas une adaptation, mais ma lecture. L’idée est remontée presque malgré moi, comme quand j’ai écrit sur Patti Smith… 

Un rapport entre les deux ? 

Oui sûrement. Deux femmes radicales, dans un engagement total. Deux outsiders aussi, dans le rock, dans l’écriture. J’ai même découvert récemment que Patti Smith avait préfacé une édition des Hauts de Hurlevent !

Pourquoi transformer cette pièce radiophonique initiale ? Le texte quu est aujourd’hui édité chez l’Arche, dans la collection Des écrits pour la parole… 

La pièce radiophonique, écrite en 2018 a été réalisée en 2023. Elle m’a donné la liberté des pièces radiophoniques, celle de pouvoir faire parler le roman, la lande, comme des personnages. Mais en l’écoutant je me suis dit ohlàlà, l’amour l’amour la passion l’amour, il y a autre chose dans ce roman, ses soubassements historiques. Le colonialisme. Quand même ! Heathcliff a le teint « foncé », « hâlé », « noir » selon les traductions, « swarthy » et « dark-skinned » en anglais. Il est ramené de Liverpool par le père. C’est clairement un immigrant. J’ai donc réécrit le texte, en essayant d’aller jusqu’à cette carcasse-là. 

Qu’est-ce que ça veut dire aller à la carcasse ? 

J’aime travailler la réécriture de textes qui m’ont marquée, et les dépecer, voir ce qu’ils ont fait en moi.

Jusqu’aux os, c’est le titre de votre premier roman…

Oui. J’aime aller au rugueux, à l’inacceptable, travailler les adjectifs, les rythmes. Hurlevent Carcasse parle surtout de l’écriture…

Mais l’écriture d’Emily Brontë parle-t-elle de colonialisme ? 

Je ne sais pas. Elle a conscience que son pays est une terre de colonialisme, et sans doute la haine de Heathcliff, présenté comme un enfant différent, noir, vient-elle de son rejet. Cette spirale de la violence est liée à cette couleur de peau. Mais ce que pense Emily, je ne le sais pas.

Il est incroyable ce texte écrit par une femme de 23 ans au beau milieu du XIXe siècle… 

Oui. Toute sa famille écrivait, et le succès de sa soeur a éclipsé le sien à l’époque, mais ce roman, écrit comme Jane Eyre (roman de Charlotte Brontë sorti la même année NDLR) sous pseudo masculin, est incroyable, par sa violence, ce qu’il dit, mais aussi par sa structure, ses récits enchâssés. L’histoire est mise à distance par un système de narration indirecte qui laisse flotter des interrogations constantes sur le sens du roman. C’est ce qui en fait sa force, intacte aujourd’hui encore.

Hurlevent Carcasse n’explore pas la génération d’après, importante dans le roman. Celle qui répare…  

 Oui, je me suis centrée sur les deux personnages, Catherine et Heathcliff, qui sont les échos du réel, Emily et son frère Branwell, qu’elle a accompagné quand il sombrait dans le désespoir amoureux et l’alcool. J’ai donné une voix à la Lande, au Roman, à la sauvagerie qu’ils partagent. 

Comme le crime colonial ? 

Peut-être. 

Entretien réalisé par AGNÈS FRESCHEL
Hurlevent Carcasse sera lu le 29 septembre au Frac dans le cadre d’Actoral

Kinovisions: Quand le cinéma parle allemand

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Gentle monster (C)ad Vitam distribution

Depuis plusieurs années, l’association Kinovisions propose de découvrir des films de jeunes talents ou de cinéastes confirmés ainsi que des films du patrimoine présentés par des cinéastes et des professionnels du cinéma : en 2026, deux hommages et un coup de projecteur sur le cinéma autrichien

Hommages :

 Un hommage à Alexander Kluge disparu en mars 2026 avec le film Anita G- Abschied von gestern, un visage de l’Allemagne des années 60.

Pour le 50e anniversaire de la mort de Fritz Lang, on pourra (re)voir son premier film parlant, le fameux M. Le Maudit-Eine Stadt sucht einen Mörder avec Peter Lorre dans le rôle d’un tueur d’enfants qui sème la terreur

En ouverture le 23 septembre au Variétés, Fatherland de Paweł Pawlikowski qui continue d’explorer les bouleversements moraux d’une Europe de l’après-guerre. Avec la super actrice Sandra Hüller. (Prix de la Mise en Scène ex aequo à Cannes 2026). Le 25 Sieger Sein (Être vainqueur) de Soleen Yusef, raconte une histoire de passage à l’âge adulte qui souligne l’importance du travail d’équipe face aux défis de la vie.

Venus d’Autriche

Le même jour en avant -première, à la Baleine, un autre film primé à Cannes (Un Certain Regard), Everytime de Sarah Wollner, qui explore avec élégance et virtuosité les effets d’un deuil familial. Le lendemain à l’Artplexe, autre coup de projecteur sur le cinéma autrichien, Gentle Monster, le nouveau film de Marie Kreutzer qui pose la question : connaît-on vraiment l’être qu’on aime ?

Le cinéaste Julian Radlmaier présentera au Variétés le 26 septembre son film Sehnsucht in Sangerhausen (Les Fantômes de juillet), un film d’aventures romantique sur une amitié improbable et le désir d’une autre vie. Et pour terminer ce festival en langue allemande, l’occasion de revoir le documentaire musical de Fatih Akin, Crossing the bridge – the sound of Istanbul sorti en 2005, proposé par l’UNERHÖRT! Musikfilmfestival : un étonnant voyage à travers la musique turque et la ville d’Istanbul

Le programme complet est à retrouver sur https://kinovisions.blogspot.com/

Annie Gava

Gentle Monster © Ad Vitam distribution

Théâtre du Briançonnais : le directeur accusé de violences

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© X DR

Comportement toxique au travail, violences dans la sphère privée, de multiples accusations graves visent l’actuel directeur du Théâtre du Briançonnais (TDB), Romaric Matagne. Après un signalement de la Drac-Paca au titre de l’article 40 du code pénal, une enquête a été ouverte par la procureure de la République de Gap, et des témoignages ont déjà été recueillis par la justice selon nos informations. Des anciens salariés dénoncent son management toxique, et un article de la radio Ram05 rapporte le témoignage glaçant d’une de ses ex-compagnes, qui se dit victime de violences morales et physique. 

« Une humiliation constante »

Ce vendredi 18 septembre, l’ouverture de saison du Théâtre du Briançonnais ne s’est pas passée comme prévu. Quelques heures plus tôt, un article de la radio locale Ram05 révélait que Romaric Matagne était visé par une enquête judiciaire pour des faits de violences et de harcèlement. Ce soir-là sur la scène du théâtre, pas de directeur. Il est tenu éloigné à la demande des équipes et du Conseil d’administration du théâtre. À la place, un collectif d’ancien·nes salarié·es et d’artistes, baptisé « Coulisses solidaires », venu dénoncer le comportement de ce directeur, et la surdité des tutelles pendant plusieurs années. 

« C’était une humiliation constante. Le but était de descendre les personnes, de les placardiser. » Voilà comment cette ancienne salariée, membre du collectif Coulisses solidaires, décrit les années passées aux côtés de Romaric Matagne. Un témoignage loin d’être isolé selon le communiqué lu sur scène par le collectif : « Plusieurs salarié·es du TDB on dû quitter leur emploi au théâtre dans des conditions difficiles et d’autres personnes ont pu souffrir des agissements de Romaric Matagne alors qu’il était administrateur et responsable des ressources humaines, puis directeur-adjoint, puis directeur du théâtre. » 

Des faits de harcèlement au travail, qui ont été dénoncés à la Drac Paca au moins une fois il y a deux ans, dans un long courrier que Zébuline a pu lire. Il y est rapporté de nombreux problèmes de gouvernance, une ambiance toxique et une succession de licenciements, démissions, arrêts maladies qu’a connus le théâtre ces dernières années. Ce témoignage, méticuleux et fouillé, n’aurait pourtant engendré aucune réaction de la part de la Drac, pas même un coup de fil, explique le collectif à Zébuline. Du côté du Conseil d’administration, il n’aurait pas non plus pris la peine d’écouter la détresse des équipes : « Le CA a toujours filtré les demandes, malgré mes sollicitations. Jamais personne n’a voulu nous écouter », souffle cette ancienne salariée. 

« Sans témoins »

Un comportement qui a touché les équipes du théâtre, mais aussi des artistes passé·es par Briançon, selon cette autre membre du collectif Coulisses solidaires, artiste elle aussi. « Les agissements étaient toujours psychologiques. Il était dans le rabaissement de la personne, avec des propos extrêmement violents. En prenant soin, toujours, qu’il n’y ait pas de témoins. » Des artistes, souvent des femmes, qui n’ont pas osé prendre la prendre la parole publiquement, de peur de mettre leur carrière ou leur compagnie en danger. 

Mais selon le média Ram05, qui cite une ex-conjointe de Romaric Matagne, son comportement aurait été encore plus violent en privé. L’ex-compagne, prénommée Valentine dans l’article, « aurait été plaquée au sol, maintenue par le cou, et frappée à plusieurs reprises sur la tête. […] Le dernier tournant d’un continuum de violences qu’elle dit avoir vécu pendant deux ans et demi avec Romaric Matagne », décrit Ram05. À la suite de ces violences, la plainte que dépose Valentine sera classée sans suite quelques mois plus tard.

Un comportement finalement signalé

En août dernier, Romaric Matagne se rend au Festival d’Aurillac, où il se fait remarquer en discutant bruyamment avec deux femmes, alors qu’un spectacle se tient. Bastien Salanson, artiste des arts de la rue, intervient et lui demande de partir. Ce dernier rapporte cette interaction, et les suspicions qui pèsent contre Romaric Matagne dans un post sur Facebook. Un post qui trouvera un important écho, et libérera la parole de nombreuses victimes présumées du directeur. 

Plusieurs signalements sont alors transmis par le collectif #MetooThéâtre à la Drac Paca, et c’est elle qui saisira la justice au titre de l’article 40 du code pénal, rapporte encore Rom05. Depuis, la procureure de la République de Gap a ouvert une enquête, et des auditions se sont déjà tenues.  

NICOLAS SANTUCCI