lundi 9 février 2026
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Amine Soufari

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Amine Soufari Trio © Studio Escobette

Mené par le pianiste et compositeur Amine Soufari, le Trio Amine Soufari explore des territoires musicaux où jazz, musiques populaires nord-africaines et improvisation se rencontrent. Aux côtés de France Duclairoir (contrebasse) et Nadia Tighidet (percussions), Amine Soufari tisse un langage musical ouvert, mouvant, ancré dans des motifs rythmiques méditerranéens tout en s’autorisant des éclats de liberté et des dialogues intenses. Le trio privilégie un souffle collectif, où chaque musicien fait résonner sa singularité tout en partageant un même horizon sonore.

S.CA.
7 février
Cité de la musique, Marseille

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Quatuor Agate

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Quatuor Agate © X-DR

Le Quatuor Agate, formation française en pleine ascension, investit le Palais du Pharo le 7 février avec un programme de musique de chambre où s’imposent précision d’exécution et densité expressive. Une soirée en trois mouvements où se répondent Mozart, Taillefer et Ravel. Du maître du classique aux confins de l’impressionnisme français, en passant par une compositrice retrouvant à juste titre ses lettres de noblesse, l’ensemble prenant pour modèle une pierre constituée de couches différentes entendent tisser un tissu de corrélations. Les cordes s’y densifieront peu à peu, esquissant non pas une rupture mais un continuum entre tradition et invention, précision et lyrisme.

S.CA.
7 février
Palais du Pharo, Marseille

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Beethoven

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Sayaka Shoji © Sacha Gusov

C’est à un géant du répertoire symphonique que le Cercle de l’Harmonie s’attaquera le 6 février au Grand Théâtre de Provence. Sous la baguette affutée de Jérémie Rhorer, la troisième Ouverture de Léonore, prélude dramatique à l’unique opéra du compositeur, Fidelio, ouvrira les hostilités. Viendra ensuite le célèbre Concerto pour violon, confié à la virtuose japonaise Sayaka Shoji.Nul doute que les lignes claire set expressives du violon noueront un dialogue passionant avec les couleurs sensibles de l’orchestre sur instruments d’époque. Pour clore la soirée, la Symphonie n° 4 déploiera sa vigueur mélodique, lumineuse et poétique.

S.CA.
6 février
Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence

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The Mastermind : Art, loose et jazz

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Condor Production

A Framingham, petite ville du Massachussetts, James Mooney (Josh O’Connor) fils de bonne famille, menuisier au chômage, marié à la discrète Terri (Alana Haim), père de deux enfants, citoyen au-dessus de tout soupçon, imagine le vol de quatre tableaux d’Arthur Dove dans le musée local. On est dans les années 70. C’est l’automne. Le chef op Christopher Blauvelt reconstitue une lumière chaude, poudrée. Dominantes ocre, jaune, marron.

La banlieue est pavillonnaire, les téléphones filaires et les chemises cintrées. Les autos sont des Buicks, Mercury, Corvette et Coccinelle VW : une vraie plongée « vintage ». En arrière-plan, mais omniprésents, sur les écrans télé, dans les journaux, la Guerre du Vietnam, Nixon président, les manifestations pacifistes et leur répression.

Les aléas de la réalité – traités à la sauce comédie, grippent le rêve de notre voleur d’art – un rêve somme tout aussi abstrait que la peinture de Dove. James devient un fugitif. On bascule alors dans un road movie qui le conduit à Cincinnati (Ohio) vers ses amitiés passées et révolues. L’hiver remplace l’automne. Cette errance solitaire, vaine et triste, ne pourra s’achever que par l’ironie du sort.

Ne vous fiez pas au titre du film : c’est une fausse piste. Rien de très génial dans le casse organisé par notre « cerveau ». On est loin des plans complexes, méticuleux, chronométrés à la seconde, assortis -pour les films de braquage les plus récents, de gadgets électroniques défiant les systèmes de sécurité. Non ce n’est pas Ocean’s Eleven ! On est ici dans l’artisanat, voire l’amateurisme. Une fois de plus, Kelly Reichardt s’amuse avec un genre profondément américain qui a inventé ses mythes et ses codes. Les cinéphiles reconnaîtront sans peine quelques clins d’œil aux grands classiques. On retrouve la Reichardt’s touch : le refus du spectaculaire, le sens du détail, et de l’essentiel, des scènes quasi bressoniennes à l’instar de celle où James montant et descendant de l’échelle, hisse son butin, châssis après châssis, dans une soupente de porcherie.

Les anti-héros sont fatigués

James Moonay est un anti-héros, un looser -pas même flamboyant, loin de l’image du gangster macho et de la figure patriarcale incarnée par son père, le Juge. C’est un déclassé de l’Amérique. L’Ex-étudiant en art est devenu menuisier, chômeur puis voleur. Il est paumé, irresponsable, lunaire et fauché -certains ont vu dans son patronyme MOONEY, un mot valise facétieux liant moon et money. Il est menteur, égoïste, individualiste. Pas question de quitter les USA pour rejoindre, comme lui suggère un ami, « les communautés de braves gens » :  camés, déserteurs, féministes radicales installées à la frontière canadienne. Il en serait presque antipathique si l’interprétation sensible de Josh O’Connor ne lui conférait une vulnérabilité touchante et un certain mystère.

Que serait Ascenseur pour l’Echafaud sans Miles Davis ? Ici pas d’échafaud et un ascenseur qui ne ferait que descendre, mais, tout aussi indissociable de la réussite du film : Rob Mazurek. Cuivre, claviers, percussions, le compositeur joue librement des improvisations et signe une BO riche de références. Les motifs musicaux épousent la tension dramatique, ou marquent un subtil décalage humoristique, accompagnant avec subtilité, la lente et irrésistible dérive de James.

ELISE PADOVANI

The Mastermind de Kelly Reichardt

En salle le 4 février

Bach Mirror

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Thomas Enhco et Vassilena Serafimova © X-DR

Dans Bach Mirror, Thomas Enhco (piano) et Vassilena Serafimova (marimba) tissent un dialogue poétique entre l’univers baroque de Bach et des sonorités plus contemporaines. Virtuosité instrumentale, art du contrepoint et improvisation et patte jazz se combinent pour faire vibrer des pages emblématiques sous un jour nouveau. Le prélude en do mineur du Clavier bien tempéré s’ampute d’un temps et se syncope, la Cantate 208 tinte sublimement, sans fioritures ; la Suite n°3 traîne avec une mélancolie nouvelle. Placée sous le signe, omniprésent dans l’œuvre du Cantor, du miroir, le duo s’ouvre avec complicité et générosité au jeu, à l’émotion et à la circulation des timbres.

S.CA.
5 février
Conservatoire Darius Milhaud, Aix-en-Provence

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Julia Lepère en tournée

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Julia Lepere©Astrid di Crollalanza

Libraires du Sud, qui regroupe près de 90 librairies, organise chaque année des tournées d’auteurs dans la région. L’association propose, gère les déplacements et les hébergements, rémunère les auteurs… Un gros travail qu’une librairie isolée n’aurait pas les moyens de faire. Pour ce premier round cette année, c’est l’autrice Julia Lepère qui s’arrêtera dans trois librairies pour présenter aux lecteurs son premier roman : La mer et son double (Éditions du sous-sol).

Le roman met en scène deux femmes dont les destins se font écho. La première débarque dans la ville de P., une cité isolée aux allures de western, où règne une chaleur accablante. Elle y filme les lieux et rencontre une galerie de personnages : tenancière de bar, jeune fille, poète, sculpteur, pianiste. La ville est marquée par la méfiance envers la mer et les tensions entre colons et exilés. La seconde femme, amnésique, est repêchée en pleine Atlantique par un cargo, trois jours après qu’un membre d’équipage a disparu lors d’une tempête. Les deux protagonistes doivent reconstituer leur identité en collectant des indices pour sortir de leur situation.

Une autrice de talents

Julia Lepère vient de la scène théâtrale et poétique. Elle a d’abord fait ses armes comme dramaturge avant de publier son premier recueil, Je ressemble à une cérémonie, (Éditions du Corridor bleu) en 2019. Deux autres recueils ont suivi : Par elle se blesse (Flammarion) en 2022, qui a consolidé sa présence dans le paysage poétique français, puis Molly Fall (Angle Mort) en 2024.

Parallèlement à son travail d’écriture, elle mène une carrière de comédienne et développe un travail de performance autour de ses textes, créant des formes hybrides entre lecture, jeu et installation sonore. Ces performances lui ont permis de toucher un public au-delà du cercle strictement littéraire et de construire une œuvre qui interroge les frontières entre les genres artistiques. Cette tournée permettra de découvrir son travail romanesque et d’échanger avec elle sur son parcours d’artiste.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Julia Lepère en tournée
4 février, 18h30
Mima, Marseille
5 février, 18h30 
La Gargouille, Briançon
6 février, 18h30 
De fil en page, Château-Arnoux-Saint-Auban

Écrire est un métier manuel  

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A pied d'oeuvre C) Diaphana

À pied d’œuvre :  être prêt à travailler, à commencer une tâche. C’est aussi le titre d’un roman autobiographique de Franck Courtès, publié en 2023, que Valérie Donzelli a décidé d’adapter.

 Paul marquet, 42 ans, un photographe reconnu, gagnant bien sa vie : de 3000 à 8000 euros selon les mois, a décidé d’abandonner cet emploi confortable pour se consacrer à l’écriture. Il a la chance d’avoir publié trois romans qui ont eu un succès critique, mais aucun succès commercial. Pour son nouvel opus, son éditrice, Alice (Virginie Ledoyen) attend de lui qu’il signe enfin son grand roman. Là, il doit quitter l’appartement où il vivait : son ex-femme part avec leurs enfants, à Montréal. Il se retrouve dans un minuscule studio en sous -sol. Il lui faut aussi trouver un job pour subvenir à ses besoins, ce qu’il va faire en installant sur son téléphone « jobbing », une application qui fonctionne selon un algorithme :  être le premier à répondre tout en proposant le prix le plus bas pour décrocher un petit boulot manuel. Il espère ainsi avoir assez de temps libre pour pouvoir écrire. Il va ainsi enchainer des missions ingrates comme tondre une pelouse… avec des ciseaux   sic), démonter une mezzanine très lourde, déraciner des buis résistants sur un balcon et bien d’autres tâches éreintantes payées une misère : « J’ai pris conscience que je devenais pauvre » Une voix off scande le film, comme une trace de la plume de Courtès. » « Le métier d’écrivain consiste à entretenir un feu qui ne demande qu’à s’éteindre. Achever un texte ne veut pas dire être publié, être publié ne veut pas dire être lu, être lu ne veut pas dire être aimé, être aimé ne veut pas dire avoir du succès, avoir du succès n’augure aucune fortune. »

Appels vidéo avec ses enfants et son ex- femme à des kms de ce qu’il vit. Courses avec la voiture paternelle qu’il a récupérée, devenue taxi. Paroles très dures de son père (André Marcon) qui ne le comprend pas et lui reproche même de « rater sa vie de pauvre », compte tenu de son inaptitude au travail manuel. Moments de solitude dans son logement exigu entre découragement et volonté d’aller au bout de son chemin. Un homme qui ne veut pas se trahir lui-même.

 Bastien Bouillon incarne avec intensité cet homme qui parle peu, note, semblant observer les autres, ceux qu’il n’aurait jamais croisés dans sa vie précédente. La caméra de la directrice de la photo, Irina Lubtchansky, filme les gestes de cet homme sur la pente de la précarité : se lever, effectuer la tâche qu’il a gagnée en baissant le prix, écrire, compter chaque dépense en l’inscrivant sur son carnet…Un homme pauvre qui a faim et en arrive même à dépecer et cuisiner un chevreuil …

 « Je voulais être totalement sincère sur ce que je savais : c’est mon point de vue sur le monde. Je ne voulais pas tricher, pas une seule seconde. Ce film devait être honnête. J’ai cherché ça tout le temps, partout : dans chaque plan, chaque détail sur le tournage. Il y a beaucoup de travail derrière tout ça, mais j’espère que ça a l’air simple, oui. Et pur » a précisé la réalisatrice.

Pari réussi : même si au départ du film on a du mal à être en empathie avec son personnage qu’on peut trouver un peu « bobo » Valérie Donzelli a réussi au fil du film à nous le rendre attachant et à nous faire poser la question : c’est quoi un écrivain aujourd’hui ? Quelle valeur accordons-nous à une vie animée par une passion silencieuse, irrésistible : le besoin de créer, quoi qu’il en coûte ?

Annie Gava

À pied d’œuvre, de Valérie Donzelli
En salles le 4 février

Le film a obtenu le prix du meilleur scénario à la 82e Mostra de Venise.

Raconter l’Est

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L'autrice bulgare Joanna Elmy en dédicace aux Arcenaulx © A.-M.T.

Le roman de Joanna Elmy suit le parcours de Yana, jeune bulgare exilée aux États-Unis, vivant dans la précarité. Elle y est témoin d’un accident mortel impliquant une réfugiée d’Europe de l’Est. Le choc fait ressurgir les voix de sa mère et de sa grand-mère. Entrelacées, elles forment la trame du récit sur trois générations.

« Au départ, il s’agissait d’une nouvelle pour laquelle j’avais gagné une bourse », explique l’autrice. Le grand auteur Georgi Gospodinov, emballé par le texte de la jeune femme – elle n’a alors que 26 ans –, estime qu’il y a matière à un roman. « Cela me semblait impossible. Mais j’ai essayé. Deux ans plus tard, le roman était là. » Et quel roman ! Publié en 2021 en Bulgarie, Porter la faute est aujourd’hui traduit en quinze langues (Lire ici).

« Il y a un peu de mon histoire personnelle », poursuit Joanna. « Je suis partie aux États-Unis en 2015, l’année des élections entre Hillary Clinton et Trump. J’observais à la télé cet homme aux cheveux orange qui racontait des choses folles. Cela a été le point de départ : comprendre pourquoi ce pays dont l’Est rêvait basculait dans de tels extrêmes. »

Culpabilité en héritage

Joanna veut aussi faire le récit de la génération des enfants de la transition, nés après la chute du Mur. « On a pensé alors que tout serait “magnifique” comme à l’Ouest. Mais les choses ont été bien compliquées : inflation monstrueuse, rayons vides dans les magasins. Mes parents ont connu une pauvreté que l’on peut à peine imaginer. » Le roman relate aussi la vie d’Eva, la grand-mère, qui incarne la période du communisme : « Je m’intéresse à la violence, celle des hommes et celle de l’État, elles se ressemblent beaucoup. »

Tous les personnages portent en eux une culpabilité héritée de la génération précédente ; une transmission qui se reflète dans la forme même du roman : récit à plusieurs voix, éclaté. « Je n’arrive pas à penser une histoire de manière linéaire. Mon écriture est sans doute le reflet d’une existence moderne où l’on consomme l’information en scrollant. »

Comme son héroïne, Joanna fait partie d’une génération qui a grandi « avec l’idée qu’en Bulgarie, il n’y avait pas de futur, que “réussir”, c’était partir ». Sur six millions de Bulgares, deux millions vivent à l’étranger. Mais aux États-Unis aussi, « où tout se compte en heures et en dollars », la désillusion attend Yana : « Les exilés y sont les petites mains du nettoyage, des restaurants…  Difficile de s’intégrer dans une société qui ne veut pas de vous. »

Avec ce roman dense et intense, l’autrice brosse un portrait d’une Bulgarie méconnue : « L’Europe de l’Est n’est vue que sous l’angle de la dictature. Il me semblait important de raconter une autre histoire qui ne se résume pas à la seule division entre libéraux et communistes. »

ANNE-MARIE THOMAZEAU

La rencontre s’est déroulée le 30 janvier, à la librairie des Arcenaulx, Marseille

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Trahisons 

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Trahison © Caroline Bottaro

Une femme, un mari, un amant… c’est beau comme du vaudeville, mais avec un twist : la bien-nommée Trahisons, pièce de l’auteur britannique Harold Pinter que met aujourd’hui en scène Tatiana Vialle, se raconte à l’envers. Le public rencontre Jerry alors que sa femme Emma lui apprend qu’elle le trompe avec son meilleur ami, avant de découvrir, de la fin au début, les dessous de cette liaison. 

Il faut des acteur·ices de talent pour jouer et déjouer cette histoire qui déconstruit le manichéisme habituel de ce genre de triangle amoureux, et interroge les rapports de couple comme d’amitié. Et c’est bien d’acteur·ices que Vialle s’entoure : Swann Arlaud, Marc Arnaud, Marie Kauffmann et Tobias Nuytten.

CHLOÉ MACAIRE

Les 3 et 4 février 
Châteauvallon, scène nationale d’Ollioules 

On ne jouait pas à la pétanque dans le ghetto de Varsovie 

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© X-DR

Né de l’écriture et de l’interprétation d’Éric Feldman, mis en scène et élaboré en collaboration avec Olivier Veillon, On ne jouait pas à la pétanque dans le ghetto de Varsovie se situe à la croisée du stand-up, de la conférence et du récit intime, oscillant entre humour corrosif et gravité historique.

Le point de départ de cette autofiction est à la fois une interrogation improbable et un jeu de pensée : « Et si Freud avait été le psy d’Hitler ? » Cette hypothèse, volontairement décalée, sert de fil conducteur à une exploration des traumatismes hérités de la Shoah, Éric Feldman évoquant avec humour, émotion et profondeur l’impact psychologique sur ses proches – ses parents, oncles et tantes, enfants cachés et survivants – ainsi que sur lui-même, leur descendant.

MARC VOIRY

Du 3 au 7 février
Théâtre des Bernardines, Marseille