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Pratiquer le monde au sommet

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Duo Paamath : Sandoval © X-DR

Le festival met à l’honneur les musiques du monde dans un cadre idyllique : le parc naturel du Queyras. Le village d’Abriès-Ristolas culmine à 1500m, entouré de crêtes impressionnantes et de pentes escarpées. La 33e édition, qui se déroule du 22 au 26 juillet, va du jazz au rock en passant par des chants polyphoniques. Une programmation alliée à des stages d’été d’accordéon, chant, piano, percussions et danse. 

Le 22, après une session jam, le duo Paamath et Sandoval ouvre le festival, à la Salle de l’Ogival, aux rythmes des guitares, avec des compositions personnelles chantées en espagnol, wolof, buru, et en français. 

Le quatuor Bargainatt – violons, accordéon et violoncelle, tous chanteurs également – empruntent les impulsions de danses de diverses régions, de la Bretagne à l’Auvergne. Ils interprètent leurs compositions inspirées d’airs traditionnels à l’Espace Guinguette. 

Ensuite, direction les caraïbes où les 5 musiciens du Commandant Coustou incarnent le plongeur célèbre en s’appuyant sur un répertoire aux sons cubains, de la biguine martiniquaise, calypso et twoubadou haïtien. Plus tard dans la soirée, les sept voix de Barrut invitent le public à découvrir chants traditionnels polyphoniques et percussives de la méditerranée, notamment grâce à leur dernier album, Travèrsas, chanté en langue occitane. Par la suite, le trio nantais Djusu voyage au fil des chants d’Evelyne Mambo infusés de rythmes et genres musicaux d’Afrique occidentale ou de la Rumba, et avec des références rock-psyché. Le soir de clôture voit le Slim Paul Trio – guitariste aficionado du blues au Chapiteau d’Abriès avant le DJ set El Pabuelito.

Faire ensemble

En amont des concerts débutent les stages, qui donnent à ce festival son identité, et en font un lieu de référence pour les apprentis musiciens et les amateurs éclairés. Guillaume Aubert et Simon Gielen dirigent le stage d’accordéon diatonique  (musiques traditionnelles et chansons du mond)e. La chanteuse Cécilia Simonet invite à découvrir les chants polyphoniques et traditionnels d’Europe du Sud accompagnée au saxophone par Vincent Cladère. Yani Fola propose un atelier « orchestre » de percussions africaines (djembé, doundoun, kenkeni, yabara et balafon). Une restitution publique de ces trois stages a lieu à l’Espace Guinguette le 25. Les pianistes pourront aussi libérer leur jeu avec le stage de composition au piano conduit par Kevin Taduy. Et le 23, Marie Claire propose une initiation à la danse folk. 

LAVINIA SCOTT

Musiqueyras
Du 21 au 26 juillet 
Abriès-Ristolas

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Un festival engagé au cœur des Cévennes

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transes
© Cie Alas negras

Depuis 1998, Les Transes Cévenoles reviennent chaque été dans le village de Sumène au cœur des Cévennes gardoises. Avec l’association Les Elvis Platinés et une équipe de 180 bénévoles, ce festival associatif et à taille humaine reste fidèle à son ambition première : conjuguer création artistique et engagement social et écologique. Il est de retour les 19 et 20 juillet.

Pour cette édition, la programmation artistique reflète la vitalité de la scène émergente. Du concert solaire de la Montpelliéraine Mauvaise Bouche au show explosif du septet brésilien TechnoBrass, en passant par le duo marseillais Baja Frequencia et ses mixes endiablés entre reggaeton, cumbia et techno, la scène musicale promet des soirées éclectiques et exaltantes.

Côté arts de rue et spectacles, la programmation confirme la ligne artistique singulière du festival : le spectacle poétique Dans les rêves de la Cie Alas Negras, la fresque naturaliste Aucèls de la Cie l’Araignée au Plafond, ou encore l’univers absurde de Très grosse alerte à Maliboue de la Cie Monde Truelle entraîneront à coup sûr petits et grands. Sans oublier Ceci est mon corps de la Cie Chagall sans M, un monologue sur la réappropriation de soi, ou encore Essaye encore de la Cie Hors de Portes, un duo burlesque et fragile à souhait.

Une fête populaire et engagée

Mais ce qui distingue véritablement les Transes Cévenoles, c’est leur engagement écologique et social, au cœur de chaque édition. Le festival bannit le plastique jetable, favorise les mobilités douces, propose des repas végétariens, installe toilettes sèches et fontaines à eau en accès libre, et réduit drastiquement les supports imprimés. 

Au-delà de l’écologie, le festival œuvre pour l’égalité des genres, lutte contre les violences sexistes et sexuelles grâce à des stands de prévention, des équipes formées, et un espace d’écoute animé par l’association TKT. Une attention particulière est aussi portée à l’inclusion, avec l’accueil de jeunes issus de structures sociales pour vivre les coulisses de l’événement en immersion.

Les Transes Cévenoles, un modèle d’événement festif et citoyen. À travers une politique tarifaire souple et des engagements concrets, il dessine le visage d’un festival du XXIe siècle, conscient de ses responsabilités, sans jamais renoncer à la joie de faire la fête.

MANON BRUNEL

Les Transes Cévenoles
19 et 20 juillet
Sumène

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Verdi dans la verdure

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© X-DR

Organisé dans l’écrin naturel enchanteur du Théâtre Silvain, niché entre mer et pinède, cette soirée musicale exceptionnelle, à l’initiative de Marseille Concerts, va permettre au public d’entendre quelques-uns des plus grands airs du maître italien : du célèbre « La donna è mobile » de Rigoletto à l’intense duo d’amitié de Don Carlos, en passant par la prière déchirante de Desdémone dans Otello, ou encore le bouleversant « Addio del passato » de Violetta dans La Traviata, chaque extrait donne à entendre l’humanité à fleur de peau des personnages verdiens. Avec le compositeur italien, la passion, l’amour, le destin, le sacrifice… tous les grands sentiments sont au rendez-vous !

Ces héros lyriques seront portés par quatre jeunes solistes parmi les plus prometteurs de leur génération. La soprano Chloé Chaume, qu’on a pu entendre à l’Opéra de Paris ou à l’Opéra-Comique, prêtera sa voix lumineuse et sensible à Violetta ou à Gilda (Rigoletto). À ses côtés, la mezzo-soprano Ambroisine Bré, lauréate de nombreux prix et saluée pour son intensité dramatique incarnera les superbes Madalena (Rigoletto) et Azucena (Le Trouvère). Le ténor Samy Camps, voix ardente et charismatique, prêtera son souffle avec panache au jeune et passionné Alfredo. Le baryton Yoann Dubruque, quant à lui apportera son timbre sombre et profond aux rôles tourmentés de Rigoletto ou de Rodrigo, dans Don Carlos.

Yoann Dubruque © Olivia Droeshaut

Sous les doigts inspirés du pianiste Ismaël Margain, ces airs prennent vie avec toute la richesse expressive de ce répertoire grandiose. Et pour accompagner le public dans cette traversée lyrique, Olivier Bellamy,  directeur artistique de Marseille Concerts, présentera les extraits en les replaçant dans leur contexte, rendant l’opéra aussi vivant qu’accessible.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

le 19 juillet 
Théâtre Sylvain, Marseille 

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Les artistes à l’Estaque touchés par l’incendie

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© La Déviation

Au Pôle Nord, non loin de la gare, l’Agence de Voyages Imaginaires, au programme du festival d’Avignon, n’était pas présente pour voir les flammes gagner son local. Mais un peu plus loin, les artistes de La Déviation ont bien assisté, impuissants, à la destruction d’une bonne partie de leur infrastructure. Le feu a épargné la plupart de leur production artistique, mais a détruit entre autres leur atelier céramique, leur boulangerie, et des machines destinées à la réparation du lieu.

Un chantier solidaire y était en cours ces derniers mois. La Déviation est une ancienne usine désaffectée, devenue lieu de création et résidence artistique quand un groupe artistes en a obtenu la propriété d’usage. La Déviation avait reçu des subventions de la mairie de Marseille et du département, pour restaurer toit et mur. L’incendie force à un départ à zéro bien malvenu.

Sur place le 8 juillet, Lila raconte la fumée descendant des collines à l’arrière, vers 13h. L’ascension desdites collines, la réalisation du danger qui arrive. Les coups de fils aux voisins, dont certains s’étaient confinés sur conseil de l’Etat. L’appel à l’évacuation. A 15h, la Déviation est atteinte par les flammes. A 19h, les pompiers, débordés, finissent par arriver. Ils réussissent tout de même à sauver la majeure partie du bâtiment principal.

A l’Estaque, de plus en plus d’artistes établissent leurs ateliers depuis les années 2000. Lila explique que dans cette commune en périphérie de Marseille, différents histoires d’immigration se mélangent, et le dialogue ouvrier-artiste est facile. Après le traumatisme, la solidarité des habitants a mis du baume aux cœurs des artistes touchés. Une cagnotte, lancée dans l’urgence sur Instagram (@la_deviation), avait déjà récolté 23 000€ dimanche. Entre attachement fort au lieu et soutien continu des Estaquéens, une chose est sûre pour Lila : ce triste évènement ne marque pas la fin de la Déviation.

Un appel aux dons est aussi en cours pour aider Valérie Bournet, co-gérante de l’Agence de Voyages Imaginaires, dont la maison a brûlé, en plus d’une partie de son lieu de travail : Solidarité Maison Valerie sur Lichee a recueilli plus de 20 000.

GABRIELLE SAUVIAT

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Des paillettes sur de l’horreur 

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© X-DR

Des murs fuchsia et jaune. Des couleurs éclatantes comme pour dissimuler le malaise. Dès les premiers pas dans l’exposition Eros dans l’arène de Picasso, la dissonance est palpable. Le cœur s’alourdit à mesure que le regard se pose sur les explications. Car l’exposition, si elle se veut un hommage à l’héritage culturel de la corrida, se transforme peu à peu en un face-à-face avec la violence d’un artiste élevé au rang de mythe : Pablo Picasso.

Objets traditionnels – capes de matador, affiches de corrida, éventail en bois – cohabitent avec des œuvres dérangeantes du maître espagnol : huiles, lithographies, croquis. On croit, d’abord, plonger dans le patrimoine local. Mais la thématique se transforme rapidement en une représentation des rapports de pouvoir, de violence symbolique, voire sexuelle, entre les genres. Chaque pas dans cette scénographie devient un pas de trop, jusqu’à l’overdose.

Admiration masculine comme norme

« Le sujet de l’exposition est audacieux », affirme la commissaire lors du discours d’ouverture du vernissage, rappelant que ce sont « quatre femmes féministes » qui ont conçu le parcours. Pourtant, la volonté de distanciation se heurte à un mur : celui de l’impunité artistique. Le visiteur est invité à contempler des scènes érotiques où le taureau — symbole masculin chez Picasso — domine quasi systématiquement. La femme est muse soumise, comme dans A los toros avec Picasso où elle est nu face à un torero habillé. 

Le discours de présentation sur le site du musée cherche à rassurer : « les femmes s’y montrent puissantes, compatissantes ou dominatrices ». Mais les œuvres disent tout autre chose. L’admiration pour la force virile, la domination de la femme, l’adoration de la brutalité masculine forment une narration stéréotypée et violente. Les œuvres exposées, bien que témoins d’une époque, ne sont jamais déconstruites. Elles sont sacralisées. 

Le monstre au musée

Le musée tente de dissocier l’homme de l’artiste. Mais Picasso lui-même proclame : « ce sont des mémoires qu’on s’écrit à soi-même ». Fernande Olivier, sa compagne à partir de 1905, raconte qu’il l’enfermait à clé dans son atelier quand il s’en allait. La photographe Dora Maar, sa compagne dans les années 1930, était battue jusqu’à perdre connaissance. Son épouse, Olga Khokhlova, s’est retrouvée plusieurs fois traînée par les cheveux chez eux. Les violences conjugales qu’il a fait subir sont établies, et ces violences irriguent directement sa production artistique.

Là où force masculine rime avec séduction, les pouvoirs de domination sexiste persistent. Dans Minotaure regardant une femme endormie, le minotaure, figure masculine et bestiale, est accroupie sur une femme et a son visage penché sur le sien. Endormie, la femme est en position de vulnérabilité. Les métaphores animales ne camouflent pas la brutalité : elles la traduisent.

Un seul tableau semble offrir une respiration : celui d’une torera signée J.G Domergue. Geste de dérision ou tentative de rééquilibrage ? Difficile à dire. Mais il vient, comme un murmure tardif, rappeler que d’autres récits sont possibles. 

MANON BRUNEL

Exposition donnée au Musée Estrine, à Saint-Rémy-de-Provence.

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De la filiation à la fiction

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L’autrice, rompue aux complexités de l’écriture de scénarios au cinéma, l’est autant que la narratrice, dans ce deuxième roman. Le genre scénario donne au texte une dimension profondément dialogique. Il explore la part intime, émotionnelle et identitaire des relations humaines, ici entre une grand-mère et une petite-fille qui pourrait bien être Carine Hazan elle-même. Tout est destiné à souligner l’intensité et le sens de cette relation : un cadre, un hôtel perdu dans les Alpes australiennes, un passé, celui de la Shoah et de l’exil, une filiation, matrilinéaire et fragile, un récit, mi-fiction mi-témoignage, transformant l’épreuve indicible en mémoire réappropriée, la survie en vie.

Le récit, hybride, entre essai historique, autofiction, thriller et comédie noire, exprime et performe le pouvoir salvateur de la fiction, bribes de souvenirs réinterprétés, que la vieille dame juive polonaise transmet à sa petite-fille. Au-delà des mots, il y a les actes : se venger, avec la complicité de sa petite-fille, supposée imaginative et pleine de ressources, en assassinant son dernier boyfriend, Carl Schubert, qu’elle soupçonne d’être un ancien nazi. 

Boulevard des assassins

À partir de là, le roman prend la tournure d’un théâtre de boulevard du crime, au burlesque tragique : séquestration, dissimulation, suite de quiproquos, situations absurdes. Il masque la question, profonde et grave, sous-tendue par le texte, entre reconstruction post-traumatique, vengeance et justice. Prendre le pouvoir sur le bourreau, c’est, individuellement, reprendre le pouvoir sur l’histoire de sa vie, avant l’exil et la perte des siens, c’est, collectivement, résister contre le silence et l’oubli.

La langue de Carine Hazan emprunte au théâtre sa vivacité, son esprit caustique et ses rebondissements, aux scénarios ses rythmes, ses fragmentations et ses raccourcis, se passant notamment, dans les moments les plus tendus, de ponctuation. Le texte est comme un fil qui vient recoudre le fil de la grande Histoire, à l’échelle concrète du témoignage vivant et survivant.

Les thèmes abordés dans le roman résonnent avec les enjeux du présent, entre réparation, reconstruction, réconciliation ou encore prise en considération du rôle des femmes, trop souvent oubliées par l’Histoire. 

FLORENCE LETHURGEZ

Vies et survies d’Elisabeth Halpern, de Carine Hazan
Phoebus

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Trois concerts dans la verdure

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Aylen Pritchin © X-DR

Petit village du centre Var, Mazaugues est situé à l’extrémité Est du massif de la Sainte-Baume à 15 km de Brignoles et de Saint-Maximin. Son festival, prisé pour son accueil chaleureux, simple et authentique, se déroule dans un théâtre de verdure magique et plein de charme.

Trois concerts seulement mais quelle qualité avec des artistes d’envergure internationale. Le premier accueille le violoniste russe Aylen Pritchin. Formé dans de prestigieuses écoles à Saint-Pétersbourg et à Moscou, lauréat de nombreux prix dont le Concours international LongThibaud (2014), il se distingue par son aisance à interpréter un répertoire allant de la musique baroque à la création contemporaine, sur violon moderne comme sur instrument d’époque. Un grand écart dont il nous démontrera tout le talent avec un programme JeanSébastien Bach (16851750) et Niccolò Paganini (17821840). Pritchin a souvent interprété les Sonates et Partitas pour violon seul de Bach, considérées comme un sommet du répertoire. Il y ajoutera la virtuosité du redoutable répertoire de Paganini (19 juillet).

Sans oublier Satie

C’est un duo de charme et de choc qui nous attend avec la pianiste Laure Favre Khan (pianiste) et le comédien Alain Carré dans Les Mémoires d’un Amnésiqueréférence au recueil d’Erik Satie qui y livre notes autobiographiques et aphorismes percutants. Le compositeur français témoigne d’une réflexion originale sur la musique en général, mais aussi sur les autres disciplines artistiques comme la poésie et la peinture. Ces écrits, souvent pleins d’humour flirtent avec l’absurde. Alain Carré, prête sa voix aux textes de Satie et Laure Favre-Khan, interprètera des œuvres du compositeur. (2 août)

Le festival se clôturera le 8 août avec le récital du pianiste israélien Adi Neuhaus. Héritier d’une grande lignée de musiciens, il parcourt les plus grandes salles du monde, du Carnegie Hall à la Philharmonie de Saint-Pétersbourg. Son programme, centré sur Chopin et Rachmaninov, promet un spectacle de haute volée, entre excellence technique et interprétation romantique. Ces deux compositeurs qui étaient au cœur de son premier disque sorti en février 2023 chez Calliope Indésens, salué à l’international.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Les Nuits Musicales de Mazaugues
Les 19 juillet, 2 et 8 août 
Théâtre de verdure du château, Mazaugues

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Le piano roi sous les platanes

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La Roque d'Anthéron Festival © Valentine Chauvin

Depuis plus de quarante ans, La Roque d’Anthéron déroule son tapis vert au pied des arbres centenaires du parc du Château de Florans. Pour cette édition 2025, proposant près de soixante-dix concerts, les soirées s’annoncent de nouveau généreuses. Dès le samedi 19 juillet, le ton est donné avec l’Orchestre de chambre de Paris et Maxim Emelyanychev dans un programme tout en transparence classique : Haydn, Mozart et une Pastorale de Beethoven qui s’annonce aussi bucolique qu’élégiaque. Le lendemain, place à la puissance évocatrice de Lucas Debargue, poète du clavier, entre Fauré et Chopin, en passant par un Scriabine ardent et un Liszt habité. Au cloître de Silvacane, le claveciniste Pierre Hantaï ouvre une belle parenthèse baroque à la lumière des œuvres de Haendel.

Le lundi 21 juillet, la jeune prodige Arielle Beck ravira les spectateurs du Château de Florans tandis qu’Abdel Rahman El Bacha brillera à l’Auditorium du Pharo à Marseille. La semaine monte en puissance : mardi 22 juillet, Claire-Marie Le Guay médite sur Bach à Miramas, avant qu’Alexandre Kantorow, accompagné de l’Orchestre Philharmonique de Marseille sous la direction de Lawrence Foster, ne se lance dans un Brahms d’anthologie (et Dvořák), illuminé par The Lark Ascending de Vaughan Williams. Le mercredi 23 juillet, Vladimir RublevSae Hyun Kim et Philippe Pierlot investissent à leur tour divers écrins avec finesse, du répertoire pour piano solo aux croisements baroques.

Le jeudi 24 juillet, le Ricercar Consort, en compagnie de Philippe Pierlot et de l’organiste Bernard Foccroulle, s’approprie le cloître avec un programme unique (Dowland, Monteverdi…). Le même soir, Dmitry Masleev fait résonner Mozart, Beethoven, Tchaïkovski et Liszt, tandis que le Janoska Ensemble électrise Eygalières. Le vendredi 25 juillet, Jean Rondeau illumine Couperin et Rameau au clavecin, puis Sophia Liu et Dang Thai Son revisitent Chopin en concerto à deux pianos avec l’Orchestre national de Cannes.

Le samedi 26 juillet, le Geister Duo investit l’Auditorium Marcel Pagnol en trois temps pour une intégrale Schubert à quatre mains. Le dimanche 27 juillet, les Musiciens de Saint-Julienfont vibrer Bach, avant qu’Alexander Malofeev, accompagné de l’Orchestre national Avignon-Provence, n’explore Beethoven – le Concerto « Héroïque » et la Symphonie n°3 — au Château de Florans.

Du lyrisme pur jus

Le Romantisme sera le maître mot des semaines lyriquissimes qui suivront. Le lundi 28 juillet, Benjamin Grosvenor embrasera Ravel, Schumann et Moussorgski. Le 29, Bruce Liu électrisera le Château avec le 2e concerto de Tchaïkovski. Le 30, Bertrand Chamayousublimera les deux concertos de Ravel en compagnie de l’Orchestre Philharmonique de Nice qui, sous la direction de Lionel Bringuier, interprètera également son célébrissime Boléro. Le 31 juillet, Nikolaï Lugansky enflammera l’auditorium du parc sur Beethoven, Schumann, Wagner et Liszt, tandis que Le Jeune Orchestre Baroque Européen investira Miramas.

Le vendredi 1er août, Renaud Capuçon, Gérard Caussé et Paul Zientara, entre autres, réunissent cordes et piano dans La Truite de Schubert et Strauss à Florans, suivis d’un récital de Jean-Marc Luisada à Gordes. Le 2 août, Minsoo Sohn explore Beethoven, puis Arcadi Volodos embrase le Château avec Schubert. La même soirée, Joachim Horsley propose un concert de jazz, tandis que Luis Fernando Pérez revisite un riche programme de recueil d’« encores ».

Le dimanche 3 août, Lucile Dollat fait résonner l’orgue baroque à Cucuron, avant que Víkingur Ólafsson offre un récital envoûtant de Bach, Beethoven et Schubert à Florans.Lundi 4 août, Yunchan Lim et Minsoo Sohn proposent un duo à quatre mains (Debussy, Strauss, Rachmaninov), suivi d’un récital par Nathalia Milstein à Aix-en-Provence. Le 5 août, Mikhaïl Pletnev revisite Bach et Grieg, tandis que Jonas Vitaud explore Dvořák et De Séverac à Aix.

Everest musicaux 

Le 6 août, Marie-Josèphe JudeJean-Frédéric NeuburgerCharles Heisser et le Quatuor Ellipsos explorent Tchaïkovski, Nagao et Gershwin, suivis le soir par Yunchan Lim dans les Variations Goldberg. Jeudi 7 août, le festival invite Márton Illés et propose des rencontres et répétitions suivies du récital du phénomène Hayato Sumino en deux parties pour petits et grands. 

Le 8 août, Michaël Levinas offre son regard sur Bach, Schumann et Beethoven, suivi de la performance de Vsevolod Zavidov dans les Transcendantales de Liszt, et du récital de Nelson Goerner. Les 9 et 10 août, Jean-Frédéric Neuburger explore Boulez, Debussy, Berg et Ryan Wang, avant que Mao Fujita ne clôture la nuit du samedi 9 avec un programme impressionniste.

Lundi 11 août, Marcel Tadokoro propose un panorama d’études pianistiques, tandis que Christian Zacharias et Sinfonia Varsovia revisitent Haydn et Mozart à Florans, puis Claire Désert dialogue en musique américaine à Lambesc. Le 12 août, Dominic Chamot et un trio de pianistes clôturent la nuit Ravel, puis un concert de musique de chambre à l’église de Lambesc. Mercredi 13 août, Mathis Cathignol explore Rameau, Chopin et Balakirev, avant l’événement final du festival : Marie-Ange Nguci et Sinfonia Varsovia offrent Beethoven, Strauss et Stravinski sous les platanes, le jeudi 14 août, pour une clôture étincelante.

SUZANNE CANESSA

Festival international de piano de La Roque-d’Anthéron
Du 19 juillet au 17 août

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Un air serbe dans le Gard 

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Selene © Sylvain Gripoix

Le festival propose chaque année une programmation qui reflète les tendances du jazz en Europe et au monde. Cette année, c’est la scène serbe qui est mise à l’honneur avec commeinvité principal, Bojan Z. Du 16 au 19 juillet, le festival mêle concerts nocturnes, certains gratuits, et stages de jazz pour enfants et adultes.

Le festival s’ouvre donc avec un concert solo – et gratuit – de Bojan Z, célèbre pianiste serbe, en France depuis les années 1990 et grand habitué de Jazz à Junas. Il revient le lendemain, cette fois accompagné de Rémi Vignolo (batterie), Pierre-François Dufour (violoncelle), et Thomas de Pourquery (saxophone). 

Un peu plus tôt, une petite balade en Arménie avec le trio Sėlēnę et sa musique rebello-psychédélique qui s’empare du Temple de Junas. Puis retour dans les Balkans avec le Trio Nenad Vasilić. Le contrebassiste est accompagné de Romed Hopfgartner (saxophone) et Marko Zivadinovic (accordéon) pour interpréter ses compositions inspirées des rythmes et mélodies classiques, jazz et balkaniques. Autre tête d’affiche : Ana Popovic et son sextet. Surnommée la « Jimi Hendrix au féminin », la guitariste est une figure connue de la scène blues internationale. Pour finir son édition, le festival accueille Ekrem Mamutović Orkestar, élue meilleure fanfare balkanique lors du festival Guca en 2013.

Du monde pour les stages

Depuis 13 ans, le festival organise également des stages avec 150 participant·es musicien·nes. Il y aura notamment le Minots Jazz gang en partenariat avec l’école de Junas, où quatre ateliers accueillent des enfants de 6 à 16 ans, pratiquant ou non la musique. Parmi les ateliers proposés, la guitariste-chanteuse Esla Scapicchi mène celui de création vocale, et Guillaume Séguron dirige l’atelier d’improvisation et de perfectionnement. Des stages pour adultes aussi, comme celui de Rémy Gauche accompagné de cinq musiciens-professeurs qui se tient du 13 au 19 juillet à Sommières. Notons aussi la masterclass que donnera l’invité d’honneur Bojan Z, le 17 juillet. 

LAVINIA SCOTT

Jazz à Junas
Du 16 au 19 juillet
Divers lieux, Junas

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Échos d’été

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Quatuor Modigliani © Jérome Bonnet

Du 19 au 27 juillet, le Festival de Saint-Paul de Vence s’impose comme un rendez-vous incontournable pour les amateurs de musique classique, mais pas que. Le coup d’envoi est donné le 19 par le Quatuor Modigliani et son concert sur la place de la Courtine : un programme réunissant Haydn, Beethoven et Debussy, témoignant d’une filiation entre les époques et les styles du classicisme à l’impressionnisme. Le lendemain, le Trio Busch investit la Fondation Maeght pour un voyage à travers les œuvres de Beethoven, Frank Bridge et Mendelssohn. 

Une riche palette sonore

Le festival ouvre ensuite ses portes au jazz avec deux soirées consacrées à des voix féminines singulières. La chanteuse Gabi Hartmann, accompagnée de son sextet le 21 juillet place de la Courtine mêle improvisation et écriture, tandis que Célia Kameni propose à la Fondation Maeght le 22 un répertoire mêlant jazz et influences africaines. Jeudi 24, place aux King’s Singers, formation britannique tout droit sortie de Cambridge et emblématique de la musique vocale a cappella. Une création originale rassemblera enfin le violiste baroque Valentin Tournet et le DJ Djedjotronic le 25 pour un mariage inédit entre musique ancienne et électro à la Fondation CAB.

Clôtures en duos

Le samedi 26, le duo pianistique Béatrice Rana et Massimo Spada propose un voyage musical d’une grande intensité. Leur programme puise dans le répertoire des quatre mains :Ma mère l’Oye de Maurice Ravel, œuvre pleine de contes enchantés et métamorphoses, ouvre la soirée avec ses images sonores délicates et poétiques. Puis Fazil Say avec sa Nuit impose des atmosphères tourbillonnantes et parfois inquiétantes, avant que ne s’achève la performance avec la transcription du Sacre du printemps d’Igor Stravinsky. Le lendemain, c’est le violoniste Renaud Capuçon qui investit la scène avec le pianiste Guillaume Bellom avec un programme romantique mettant en lumière les œuvres de Schumann et Brahms. 

SUZANNE CANESSA

Festival de Saint-Paul de Vence
Du 19 au 27 juillet
Place de la Courtine et Fondation Maeght

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