lundi 27 juillet 2026
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Joulik

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© X-DR

Joulik c’est une folk-music à la poésie nomade, une escapade sonore qui porte en elle mélodies vagabondes, paysages harmoniques et oniriques. Depuis 2010, le groupe, installé autour du Ventoux, emmène son public sur toutes les rives de la Méditerranée, jusque dans les terres d’Europe centrale. Nouveau départ en 2026, en quatuor, avec Rivages, un album qui s’inspire du jazz moderne et des musiques actuelles du monde où se dégagent polyphonies et des chants écrits et traduits en multiples langues (même imaginaires). Les voix et les cordes – guitare, violoncelle et mandole – s’enlacent et sont rejoints par l’accordéon, les percussions, avec un soin apporté à la sonorité, le rythme et une énergie tout aussi inventive et envoutante.

L.S.
10 avril
Théâtre de l’Arrache-Cœur, Avignon

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Kiosque & Co

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James BKS © Trianon

Avec l’arrivée du printemps, l’alliance entre La Mesón, le Théâtre de l’Œuvre et la mairie des 1er et 7e arrondissement propose une nouvelle édition de Kiosque & Co à Marseille. Après un préambule pour les plus jeunes au jardin Labadié, c’est au square Léon Blum – au kiosque à musique – que le rendez-vous est fixé pour Temenik Electric. La formation marseillaise, bien connue, propose une musique à la lisière de la transe électro-oriental, la pop et de l’arabian-rock. Ensuite, James BKS fera danser le public avec une « New World Music », son appellation d’un genre nouveau mêlant afro, électro et hip-hop, qui se trouve illustré par le titre New Breed, produit avec la rappeuse anglaise Little Simz, la légende Q-Tip (A Tribe Called Quest) et Idris Elba.

 L.S.
11 avril
Square Léon Blum, Marseille

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I will survive

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I will survive © Fabrice Robin

I will survive est la dernière création des Chiens de Navarre. Ils y tissent en parallèle deux histoires, liées aux violences faites aux femmes : celle d’une femme ayant assassiné son mari violent, et celle d’un humoriste et d’une de ses blagues plus que douteuse. Le tout dans un mélange de rire, de malaise et d’effroi.

À travers une succession de scènes courtes, se déroulant au commissariat, dans les bureaux de la radio, en prison, dans l’appartement familial, on suit alternativement la progression de ces deux histoires jusqu’au tribunal. L’obscénité, brossée à grands traits, d’une société se vautrant (à quelques exceptions près) dans un superficialisme – narcissisme – je m’en-foutisme – cynisme rigolards. Burlesque et glaçant. 

M.V.

10 et 11 avril

Théâtredes Salins, Scène nationale de Martigues

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La Mare à sorcières (KILLT)

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La Mare aux sorcieres © Christophe Raynaud de Lage

Expérience théâtrale participative destinée au jeune public (à partir de 9 ans), La Mare à sorcières s’inscrit dans le dispositif KILLT (Ki Lira Le Texte). L’histoire met en scène Nina, venue de la ville, curieuse et intrépide, et Pierre, enraciné dans la campagne, fin connaisseur du vivant. Ensemble, ils explorent une forêt où se cache une mystérieuse mare, menacée par un projet humain destructeur. Leur aventure devient le point de départ d’un récit initiatique mêlant amitié, imaginaire et engagement écologique. Guidés par un comédien, les participants lisent à voix haute des fragments du texte disséminés dans l’espace, faisant advenir collectivement l’histoire. Les mots deviennent matière scénographique, visibles et manipulables, et la représentation n’existe que par l’implication active du public.

M.V.

8 avril

Espace Gérard Philippe
Port-Saint-Louis-du-Rhône

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Nom

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Nom © Simon Gosselin

Comment dire une liberté qui implique la destruction de toutes les attaches ? Comment faire entendre une pensée qui refuse les compromis ? Le metteur en scène Hugues Jourdain adapte pour la scène le roman éponyme de Constance Debré, un seule en scène (interprété par Victoria Quesnel) donnant à entendre une parole radicale, tendue vers une quête absolue de liberté.

À travers les derniers instants de la vie de son père, l’autrice raconte une trajectoire de rupture : abandon des cadres sociaux, remise en cause de la famille, du couple, du travail, jusqu’à l’idée même du nom de famille et de la filiation. Un flux verbal qui immerge le spectateur dans une introspection sans concession, au sein d’un espace scénique dépouillé.

M.V.
8 et 9 avril

Théâtre Liberté, Scène nationale de Toulon

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Une bonne histoire

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Une bonne histoire © Sylvain Chabloz

Avec Une bonne histoire, la metteuse en scène suisse Adina Secretan propose un théâtre construit à partir de témoignages, d’archives journalistiques et d’enquêtes menées sur plusieurs années autour d’une affaire survenue dans les années 2000. Souvent désignée sous le nom de « Nestlégate », cette affaire suit l’infiltration de milieux altermondialistes suisses par de jeunes femmes employées par une société de sécurité privée, agissant pour le compte d’une multinationale. L’originalité de la proposition tient à ce geste de « contre-mise en scène » : là où l’infiltration relevait déjà d’une forme de jeu imposé au réel, le théâtre vient réinvestir cette histoire pour interroger la notion de vérité et les stratégies de manipulation à l’œuvre dans nos sociétés contemporaines.

M.V.

9 et 10 avril

Le Zef, Scène nationale de Marseille

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Ceramic Circus

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Ceramic Circus © X-DR

Ceramic Circus du circassien suisse Julian Vogel, fait de la céramique, matériau à la fois résistant et fragile, le cœur d’un dispositif scénique instable et poétique. Seul en scène, l’artiste se transforme en véritable homme-orchestre, en assurant simultanément l’interprétation, la manipulation des objets, la création sonore et les dispositifs techniques. Assiettes en rotation, boule de céramique en suspension, vélo désarticulé ou déplacements en rollers composent un univers en perpétuel déséquilibre, où chaque geste semble menacé par la chute ou la casse. Du suspense, de l’humour, de la poésie autour de la fragilité des existences et de la beauté instable du monde.

M.V.

9 avril
Théâtre d’Arles

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Etty

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Etty de Hagai Levi © X-DR

Projection en avant-première à La Criée, en partenariat avec Arte, de l’intégrale de la série Etty (sortie en salles le 6 mai, disponible à partir du 13 mai sur arte.tv) en présence de son réalisateur Hagai Levi. Pensée comme une immersion, une séance-marathon de six heures, entrecoupée d’un entracte et suivie d’une rencontre. La série retrace le parcours, à partir de ses journaux intimes, d’Etty Hillesum (interprétée par Julia Windischbauer), jeune femme néerlandaise juive, morte à Auschwitz à l’âge de 29 ans. Transposée dans un Amsterdam contemporain sous occupation nazie, une trajectoire marquée par la quête de sens, la spiritualité et la lucidité face à la montée de la barbarie.

M.V.

11 avril

La Criée, Théâtre national de Marseille

Forbon N’Zakimuena hybride le théâtre

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© X-DR

Le théâtre gagnerait-il à être hybridé par le rap ? Les MC, maitres de cérémonies plus parleurs que chanteurs en France, ont de fait beaucoup en commun avec les Prologue, Choeur, narrateur, Jiutai et autre récitant-bateleur qui racontent et commentent l’action dans les traditions théâtrales du monde. La culture hip-hop, venue de la contre-culture pop américaine, irrigue aujourd’hui toutes les cultures populaires urbaines du monde. Adaptant ses rythmes et ses modes aux spécificités locales, les déclinaisons du rap reposent sur un universel : celui d’une réponse, en rythme, en mots, en corps, à l’oppression sociale, raciste et colonialiste.

Jouer, chanter, danser

Le solo de Forbon N’Zakimuena ne prend pas de gants. Il diffuse d’abord les ignobles propos de Zemmour sur les prénoms français – il voulait qu’Hapsatou Sy s’appelle Corinne – puis raconte sa propre histoire. Celle d’un enfant né en France mais qui doit justifier, à 13 ans, du fait qu’il est français, et même de « pourquoi il veut devenir français », devant une juge. Son projet était tout autre. Il voulait retrouver son prénom complet : il s’appelle Zola-Forbon. Or « devenir » français signifie pour lui renoncer à ce Zola, remplacer ce Forbon qui n’est pas dans le calendrier. Ce qu’il refuse, parce que ce qu’il est, son identité, doit aussi à ses parents congolais, aux mots de son père, aux chansons qu’il fredonne sans cesse. À ce Zola, à ce Forbon.

Le rappeur joue les scènes au tribunal, son solo se ponctue de trois très beaux moments de rap qui finissent poing levé. Il affirme son droit à occuper l’espace, à le danser, habillé de lumière, rappelant « Je suis seul devant ils sont nombreux derrière. »

Dans chaque ville où le rappeur passe, son ghetto blaster diffuse les témoignages de ces Français aux prénoms venus d’ailleurs. Qui sont toujours en butte au même racisme colonial, inscrit dans la loi française depuis 1993. Celle qui remit en cause le droit du sol, et qui grignote aujourd’hui les droits des français racisés.

AGNÈS FRESCHEL

Zola pas comme Émile !!! a été joué le 11 mars à Babel Minots, Marseille et le 31 mars au Théâtre des Halles, Avignon.

À venir

23 et 24 avril

Friche la Belle de Mai, Marseille

Dans le cadre de la Biennale des écritures du réel

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Le RN n’aime pas la Vague

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© X-DR

Zébuline. Vous êtes le directeur du festival La Vague classique, créé en 2021 par la volonté du maire Jean-Sébastien Vialatte (LR), dont vous étiez membre de son cabinet. Comment pensez-vous que la vie culturelle de la Ville va évoluer après le changement de majorité ?

Gérald Laïk-Lerda. Sur la vie culturelle je ne peux pas me prononcer je n’ai pas de recul. Pour la Vague Classique les choses sont claires. Jean-Sébastien Vialatte a lancé la saison, tout est en place, et ils ont garanti durant la campagne qu’ils ne reviendraient pas sur les engagements municipaux. Mais ils ont déjà acté qu’il n’y aurait pas de saison 2027.

Depuis leur prise de fonction ?

Oui, cela fait partie de leurs premières déclarations : 2026 sera la dernière édition. Et ils mettent un coup d’arrêt au développement prévu, à l’auditorium qui aurait permis une saison à l’année.

Que reprochent ils à La Vague Classique ?

Des fantasmes. Un fantasme de coût : durant la campagne ils ont parlé de 900 000 à 1 million d’euros, alors que le coût de La Vague Classique, tous frais compris, est de moins de 500 000 euros. C’est moins de 1% du budget de la ville, qui n’a aucun problème d’argent.

L’autre fantasme est celui de l’élitisme. Image associée à la musique classique, alors que le prix des places commence à 10 euros, qu’on peut assister à l’ensemble des 28 concerts de la saison pour 210 euros. Et que nous avons des actions pédagogiques auprès des écoles primaires et dans les maisons de retraites. Et qu’à côté des grands concertistes comme Renaud Capuçon nous invitons de jeunes virtuoses pour leurs premières scènes… Mais c’est ce stéréotype de l’élite culturelle qui a fait office de rejet de l’équipe municipale de Jean-Sébastien Vialatte, alors même que notre politique culturelle visait à l’ouverture pour tous.

Franck Boccaletti est connu pour avoir tenu une libraire vendant des ouvrages négationnistes. A-t-il un projet culturel ?

Oui. Comme partout, Frédéric Boccaletti veut valoriser la culture provençale et les artistes locaux. Ce que nous avons toujours fait, on considère aussi que c’est important, mais réduire la culture à cela est terrifiant. Elle doit ouvrir sur le monde…

Concrètement, qu’avez vous mis en place durant le dernier mandat ?

Par exemple, on a construit un cinéma de 4 salles, le Six n’étoiles, on a permis le retour d’une librairie, la Librairie Charlemagne, on a rouvert la Maison du Cygne, avec ses espaces d’expositions et ses jardins remarquables. Et le projet de bibliothèque est en train de sortir de terre… On peut dire qu’on a mené une véritable politique culturelle pour tous, habitants et estivants.

Pensez vous que la municipalité RN va abandonner ce projet de bibliothèque?

Je ne veux pas insulter l’avenir. Le pôle culturel est lancé, les palissades sont là, et j’espère qu’ils ne reviendront pas là dessus. Ils sont aux affaires depuis moins de 15 jours, je ne veux pas leur faire de procès d’intention.

Comment expliquez vous, au fond, cette défaite, dans une ville où la délinquance est très faible, où l’horizon marin est un des plus beaux du monde, où la population a un niveau de vie élevé…

Agiter les peurs est toujours plus facile que persister à construire. Jean-Sébastien Vialatte est là depuis 30 ans, on n’a certainement pas tout bien fait. Mais les haines, les fake news, l’ambiance générale de terreur agitée dans une population plus âgée que la moyenne ont fait leur office. À 21 voix près, sur 18 000 votants, 38 000 habitants. Leur victoire est là, mais elle est très courte, et nous n’abandonnerons pas.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR AGNÈS FRESCHEL


Une édition 2026 préservée, le flou pour la suite
À quelques semaines de la prochaine édition de La Vague Classique, qui se tient du 23 mai au 20 septembre, le nouveau maire d’extrême droite Frédéric Boccaletti assure dans son édito que l’édition 2026 sera préservée, tout en insistant le caractère provisoire de son soutien. « Pour cette édition 2026, et comme je m’y étais engagé, j’ai souhaité que la Vague Classique conserve pour cette année ce qui fait son identité et sa force ». Plus loin, le maire élu avec 21 voix d’avance explique que l’édition 2027 « prendra une nouvelle forme, fidèle à l’esprit et aux engagements pris devant les électeurs. » N.S.

Boccaletti : un maire RN au passif nauséabond

Si le Rassemblement national joue la carte de la dédiabolisation depuis plusieurs années, ce n’est certainement pas avec Frédéric Boccaletti que le parti d’extrême droite va adoucir son image. Député de la 7e circonscription du Var depuis 2022, le nouveau maire de Six-Fours est aussi connu pour avoir tenu à Toulon la librairie Anthinéa – une référence à Charles Maurras – dans laquelle on trouvait des exemplaires de Mein Kampf, et où des ouvrages négationnistes auraient été vendus sous le manteau.

Outre son passé de « libraire », Frédéric Boccaletti a également été condamné en 2000 pour « violence en réunion avec arme ». Selon l’enquête de la police, le nouveau maire aurait donné une arme de poing – pour laquelle il n’avait pas de permis – à un ami, qui a ensuite tiré deux coups vers des personnes hostiles à leurs idées lors d’une campagne d’affichage.

Plus récemment, Libération révélait le joli profil de deux de ses colistiers lors de la dernière élection municipale. D’abord Alain Trillat, qui suit et partage sur Facebook des publications de la page « Pétain Maréchal de France » dans laquelle on trouve de « la documentation antisémite ou collaborationniste, des messages à la gloire des soldats de la Wehrmacht, du Parti national-socialiste français (oui, il y en a eu un) ou de Paul Touvier, le bourreau de la milice à Lyon », explique le quotidien.

En dernière position sur la liste du nouveau maire – last but not least – Pierre Siniscalco, qui repartageait lui aussi des contenus racistes sur Facebook : « Je ne suis pas arabe […] je ne suis pas de la communauté de la pisse de chameau » peut-on lire sur l’un de ses partages ; ou encore une vidéo Youtube (depuis retirée) dont le titre était sans équivoque : « Un écrivain algérien : les Arabes sont arriérés et pas adaptés à la civilisation. »

Soubresaut de l’Histoire, c’est dans la salle Simone Veil que tout ce beau monde se réunit ce mercredi 8 avril pour son premier conseil municipal…

NICOLAS SANTUCCI

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