jeudi 3 avril 2025
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Ambra Senatore danse le solo 

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D’Altro Canto, Ambra Senatore © Bastien Capela

Après Pierre Rigal et avant Thomas Lebrun, au tour d’Ambra Senatore de proposer une pièce ce 30 novembre dans le cadre du « Parcours 1, 2, 3… soli ! » proposé par le théâtre marseillais cette année. C’est la chorégraphe elle-même qui accueille le public au micro. Frêle silhouette, jean et pull rouge, cheveux blonds tressés en indiquant que la salle est barricadée et qu’on ne peut pas sortir ! Un paradoxe alors que les portes du théâtre ont toujours été ouvertes pendant l’élaboration de ce projet. En effet, le travail s’est fait en interaction avec celles et ceux qui sont se sont saisis de cette opportunité. 

Des voix venues de loin

Même si elle est seule en scène, Ambra Senatore ne cesse de remplir l’espace, de se nourrir de la présence de spectateur·ices, dans un retour constant entre la scène et la salle. Si la musique est absente au début du spectacle, on entend son souffle, ses mots qui, parfois, déclenchent des rires. Sa grammaire n’est pas celle des entrechats, des ronds de jambes et des pas de bourrée mais empreinte de moments de la vie quotidienne : des arrêts sur image, des ralentis, des discours interrompus au milieu d’un mot qui racontent l’histoire d’une femme ou celle de toutes les femmes. On entend leurs voix venues de très loin et pourtant si proches. La lumière évoque les entrelacs des branches d’une forêt primaire tandis que l’interprète rampe au sol à l’écoute de sons ancestraux, parfois issus de sa propre gorge et mixés en direct par le compositeur Jonathan Seilman. Parviennent jusqu’à nous, des voix venues de très loin, celles des femmes en exil qui ne peuvent plus faire marche arrière, abandonnées à leur sort comme les femmes afghanes ou luttant courageusement comme les Iraniennes. Le récit, souvent chanté, évoque la résistance de celles qui n’ont plus que le travail manuel, la broderie, la cuisine, comme espace de liberté. Ambra Senatore, loin d’être dans sa bulle, nous offre une création polyphonique qui porte les mots de celles qui sont réduites au silence. 

ISABELLE RAINALDI

À venir
À suivre au Zef, le 5 et 6 décembre, le dernier des trois soli proposés cette année, celui de Thomas Lebrun, directeur du CCN de Tours, qui porte aussi une voix de femme, celle de Marguerite Duras. Les récits que l’autrice a partagé sur Radio France, enregistrés sur plusieurs décennies ont inspiré le chorégraphe. Intitulé L’Envahissement de l’Etre, Danser avec Duras, ce solo fait prendre chair aux mots car la danse est aussi écriture. I.R.

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« Istiqlal », les fantômes du passé de Tamara Al Saadi

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Istiqlal © Christophe Raynaud De Lage

De grands pans de tissus translucides tombent des cintres sur le plateau, le sol est couvert alternativement de terre brute et de parquet, symbolisant déjà un univers disparate. Des personnages surgissent et foulent le sol. Femmes et hommes. Des écritures en arabe se forment sur les tissus, une voix les dit en même temps… Julien (Arthur Oudot), correspondant de guerre en Irak, rencontre Leïla (magnifique Mayya Sanbar) d’origine irakienne. Il lui parle alors de ce pays qu’elle ne connaît pas, dont elle ignore la langue, car sa mère s’est toujours tue sur son passé. C’est tout le propos de Tamara Al Saadi qui s’est elle aussi interrogée sur ses racines, a questionné les femmes de sa famille, s’est confrontée au choc des vécus de ces femmes obligatoirement soumises à leurs époux et violées par les occupants. Leïla ressent confusément leurs souffrances dans son corps et s’invente une fille qu’elle n’aura jamais.

Passé colonial et présent

Les fantômes de cinq générations précédentes assistent au cheminement de Leïla et le commentent comme un chœur antique, apportant une dimension onirique accompagnée de danses superbement chorégraphiées par Sonia Al Khadir, qui soulignent divers épisodes de ces vies douloureuses : le viol par un soldat anglais de la mère de Leïla, la fille battue car elle veut apprendre à lire, les nattes de la grand-mère coupées le jour de son mariage. Tamara Al Saadi met en évidence les problèmes des couples mixtes confrontés aux traditions et à la modernité, mais aussi aux propos et aux comportements des autres. Leïla parvient à obtenir quelques souvenirs de sa mère, superbe Lula Hugot qui exécute pour elle une danse orientale en chantant. Puis elle apprend l’arabe pour faire des traductions tandis que Julien analyse le rôle des photos qu’il rapporte. À qui ouvrent-elles les yeux ?

CHRIS BOURGUE

Spectacle donné du 26 au 29 novembre au Théâtre Joliette
À venir 
Le Théâtre Joliette poursuit son compagnonnage avec l’excellente Tamara Al Saadi cette semaine. La metteuse en scène y présente Mer ces 4 et 5 décembre, une pièce qui propose de revisiter le rapport mère-fille avec humour, danse et tragédie. C’est Tamara Al Saadi, donc c’est à voir. 

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Antonin Appaix : douceur de cactus

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© Marina Germain

Zébuline. La pochette nous informe qu’« Antonin Appaix est Cactus Boy ». Qui est ce personnage ? 

Antonin Appaix. J’avais envie d’éviter la confusion entre la personne et l’artiste, chose que j’entretenais dans mes premiers disques en voulant me mettre à nu. Je voulais aller plus vite, faire une mixtape et mélanger des choses, des collaborations, en sortant de l’album concept. Cactus Boy, c’est un truc léger, qui fait référence au latin, au méditerrannéen. J’avais commencé à écrire des morceaux pour un film d’un réalisateur mexicain où il y avait des histoires de perruques et de cactus ; ça s’est un peu fait comme ça. Je me suis aussi souvenu qu’enfant j’étais tombé dans un massif de figuiers de barbarie. C’est un peu fourre-tout, mais c’est le concept. 

Est-ce que ce personnage vous permet d’écrire des choses différentes, d’évoquer d’autres thèmes ? 

Jusqu’à présent, j’avais toujours au fond de la tête que je devais respecter qui j’étais, je pensais à la façon dont mon entourage recevrait mes textes. Ce n’est pas inintéressant mais ça m’a fait du bien de commencer à émettre un point de vue depuis ailleurs et de me permettre quelques incursions vers le rap, que j’avais beaucoup de mal à m’autoriser avant, alors que je passe ma vie à en écouter. 

Quel est votre processus de création des morceaux ? 

Je pars souvent d’une suite d’accords, je fais ensuite la batterie. Je compose quasiment tout le temps au moment où j’écris la chanson pour la faire exister le plus vite possible, même si je n’ai que des petits bouts : j’adore ces moments de magie et d’excitation. Je fais les arrangements ensuite. 

Sur l’album, vous avez collaboré avec Waralu, artiste argentine installée à Marseille, sur le titre Bout de Verre, aux influences reggaeton. Comment est né ce morceau ? 

J’aime beaucoup faire des exercices de style. Je suis autodidacte et je viens du punk, la musique électronique vient donc pas à pas. Sur ce morceau, j’avais fait un exercice reggaeton en cherchant sur YouTube comment on place la caisse claire etc. Je me suis vraiment amusé et j’avais un morceau quasiment fini. J’avais adoré aussi un docu Arte sur les chanteuses r’n’b qu’on invitait sur des morceaux de manière revendicative, dans les années 1990. Donc je cherchais quelqu’un pour entrer de manière old school sur le titre. Jeune Lennon, avec qui je collabore sur le disque, m’a présenté Waralu ; on a essayé plein de trucs et on a bossé tous les trois dessus. 

On entend que vous aimez la poésie. Quel rapport avez-vous avec les mots, avec l’exercice de parolier ? 

Je ne me considère pas comme un poète, mais j’ai toujours un cahier ouvert dans lequel je note ce qui me passe par la tête. J’aime mélanger des choses triviales, écrites maladroitement, avec des choses plus littéraires ou des mots plus recherchés. J’ai l’impression d’avoir un pied dans un truc intello et l’autre pas du tout. Souvent, je lis en même temps que j’écris ; du Cendrars ou du Giono, par exemple… ou bien j’écoute du rap. Je pars généralement d’un mot, parfois, je vole une phrase entière… assez courte pour que ce soit accepté par ma déontologie intérieure [rires]. 

Qu’a-t-on envie de faire une fois le disque sorti ? 

Ça fait quelques mois que je prépare les clips et la promo, et maintenant il faut que j’assure les release party et les concerts. Mais paradoxalement, j’ai déjà hâte d’écrire un disque !

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR LUCIE PONTHIEUX BERTRAM

Cactus Boy, Antonin Appaix
Sorti le 29 novembre 

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Ma république et moi

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© X-DR

Le point de départ de la représentation d’Issam Rachyq-Aharad est un fait divers survenu en octobre 2019, lors d’une sortie scolaire. Une classe de CM1/CM2 travaille sur les valeurs républicaines et la citoyenneté, et part assister à une séance plénière du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. Sur place, un élu du Rassemblement national demande à une mère accompagnatrice de quitter les lieux sous prétexte que, voilée, elle ne représenterait pas les valeurs de la République. Ce spectacle explore la réparation nécessaire pour cet enfant témoin de l’humiliation de sa mère. Il pose une question universelle : comment se reconstruire après une telle épreuve ? C’est en nous invitant chez sa mère, dans un moment de convivialité autour d’un thé et de gâteaux, que l’interprète metteur en scène nous invite à partager quelques instants de vies. 

CÉLIANE PERES-PAGÈS

5 et 6 décembre
Théâtre du Bois de l’Aune, Aix-en-Provence

Les Messagères

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TEATER - LES MESSAGERES after Sophocles' Antigone, directed by Jean Bellorini with the Afghan Girls Theater Group: Hussnia Ahmadi, Freshta Akbari, Atifa Azizpor, Sediqa Hussaini, Shakila Ibrahimi, Shegofa Ibrahimi, Tahera Jafari, Marzia Jafari, Sohila Sakhizada at TNP Théâtre National Populaire on June 24, 2023. THEATRE - LES MESSAGERES d’après Antigone de Sophocle, mise en scène de Jean Bellorini avec L’Afghan Girls Theater Group : Hussnia Ahmadi, Freshta Akbari, Atifa Azizpor, Sediqa Hussaini, Shakila Ibrahimi, Shegofa Ibrahimi, Tahera Jafari, Marzia Jafari, Sohila Sakhizada au TNP Théâtre National Populaire le 24 juin 2023.

Les neuf jeunes comédiennes de l’Afghan Girls Theater Group sont arrivées en France en août 2021, après avoir fui leur pays (re)tombé le joug des talibans. Accueillies par le Théâtre National Populaire à Villeurbanne, le metteur en scène et directeur du lieu Jean Bellorini leur propose, suite à plusieurs mois de rencontres et d’échanges, de travailler sur Antigone de Sophocle, l’histoire d’une femme qui dit non. Tout comme elles, qui ont fui l’Afghanistan pour continuer à exister, à grandir, à découvrir. Ainsi est né Les Messagères, pièce qui raconte comment elles en sont venues ensemble à être Antigone. Une aventure artistique, politique et humaine, conjuguée à la retraversée d’un classique. Le spectacle est interprété en langue dari surtitré en français. 

MARC VOIRY

5 décembre
Théâtre Liberté, scène nationale de Toulon

Festival Tous Courts Aix : du court à l’horizon  

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My beautiful doll de Hesam Dehgani (C)persian Magic ArtGroup

Au fil de ses pépites cinématographiques, le festival provençal plonge chaque année ses spectateurs dans un programme riche entre rencontres, projections et compétitions officielles. Organisé par l’association Rencontres Cinématographiques d’Aix-en Provence, Tous Courts propose de nouveaux paysages filmiques, avec cette année une sélection officielle qui réunit 79 films.

Court-métrage, long voyage

Au menu : découvertes, partages et échanges autour de courts métrages en tout genre. Entre fiction, animation, documentaire et expérimental, le festival propose des séances thématiques diffusées en treize programmes, projetés dans différents lieux d’Aix-en-Provence, du Cézanne au Mazarin en passant par la Manufacture. Dix programmes en « compétition internationale » et trois en « compétition expérimentale », laquelle fêtera sa 10e édition cette année.

Deux cartes blanches marqueront aussi le festival, l’une par Oxfam France, l’autre dédiée au cinéma africain, en collaboration avec Africapt, le festival des Cinémas d’Afrique du Pays d’Apt.

L’autrice Émilie Tronche sera également à l’honneur avec la diffusion de sa série tubesque Samuel lors d’une soirée spéciale, tandis que les masterclass et les films hors compétitions – Films en Régions, les Objets singuliers, Femmes et Cinéma – viendront enrichir cette édition.

LILLI BERTON FOUCHET

Festival Tous Courts
Jusqu’au 7 décembre
Divers lieux, Aix-en-Provence

Tout ça tout ça

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Tout ça tout ça © X-DR

Pour sa deuxième mise en scène, Thomas Resendes s’intéresse au regard que portent les enfants sur le monde qui les entoure avec Tout ça tout ça, une pièce de Gwendoline Soublin. Au départ du récit, la disparition volontaire du jeune Ehsan, 12 ans, qui a laissé pour seul indice une lettre sur son lit, expliquant son angoisse face à la crise écologique. Sa sœur, ses amis et sa baby-sitter se mettent alors à sa recherche avant d’avoir à prévenir les adultes. Un texte écrit à partir d’entretiens réalisés avec des enfants de 4 à 14 ans à propos de leurs « réclamations d’avenir » lors d’une résidence en Suisse, et qui cherche à porter à la scène leur parole et notamment leurs peurs, sans naïveté mais avec espoir, comme un pamphlet joyeux en faveur de l’engagement chez les plus jeunes. 

CHLOÉ MACAIRE

Les 4 et 5 décembre 
Les Salins, scène nationale de Martigues

Midnight mood

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Café Zimmermann © C. Renucci

Ensemble musical en résidence au Théâtre du Jeu de Paume, Café Zimmermann s’est donné pour mission de promouvoir la musique du XVIIIe siècle auprès d’un public élargi, par des actions de sensibilisation inventives. Tout en se produisant en même temps dans les salles de concert et les festivals internationaux parmi les plus renommés, et réalisant des enregistrements discographiques récompensés par plusieurs Diapasons d’Or et Chocs de Classica. Avec Midnight mood, inspiré par des visions de la nuit, à la fois repos et aventure, menace et tentation, veille et rêve, Café Zimmerman invite le public à venir s’immerger dans un assortiment de musiques nocturnes, composé d’arrangements des plus beaux airs des cantates de Bach, des opéras de Haendel ou de Charpentier. 

MARC VOIRY

5 décembre
Jeu de Paume, Aix-en-Provence

Frustration

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FRUSTRATION © Blaise ARNOLD

C’est un totem du rock français, dans ce qu’il a de plus percutant, brutal et authentique. Une aventure sonore qui se balade entre les bas-fonds de Londres et la banlieue froide parisienne. Depuis 21 ans, Frustration ne promet pas de soleil, pas de mélodie accrocheuse, seulement l’énergie de leur punk-cold-wave qui semble inlassablement accroché à l’air du temps. Ce 6 décembre au 6mic, ils sont accompagnés par une autre signature de Born Bad Records, l’envoûtant Vox Low et son panaché de krautrock, cold-wave et dub. N.S.

6 décembre
6mic, Aix-en-Provence

Cartoon

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Cartoon © Christophe Raynaud de Lage

Sur la scène, la famille Normal : il y a les parents, Norman et Norma, Jimmy, Dorothy, un bébé, un chien et un poisson rouge. Apparemment, tout ce qu’il y a de plus normal ! Sauf que pas du tout… Ce sont des « toons », personnages de dessins animés, dont les vies répondentaux règles du genre : par exemple, les animaux parlent, et chaque matin, tout redémarre à zéro. Ils ne ressentent jamais la douleur, ne vieillissent pas et ne meurent jamais. Une situation imaginée pour le théâtre par l’auteur anglais Mike Kenny, qui écrit surtout pour le jeune public, mise en scène par Odile Grosset-Grange, comédienne et directrice artistique de La Compagnie de Louise, qui travaille sur les textes de Mike Kenny depuis plusieurs années (elle a monté cinq de ses pièces). Et s’adresse aussi principalement au jeune public, en cherchant à aborder, à hauteur d’enfants, des thématiques graves et actuelles, avec humour, sens du rythme, et mélange des genres. Plus grosse production de la compagnie à ce jour, Cartoon mêle théâtre d’objets, marionnettes, tours de magie, comédie musicale, et jeux de lumière. Un récit initiatique qui entend prendre des airs de conte, autour de l’acceptation de notre passage éphémère sur Terre, de la normalité et de la fantaisie, de la victime et du bourreau, et de la magie du spectacle vivant ! 

MARC VOIRY

7 et 8 décembre
Les Salins, scène nationale de Martigues