lundi 9 février 2026
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Sanseverino

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© Alice Dalongeville

Sanseverino, 12 albums au compteur, parcourt depuis plus de 30 ans aussi bien les scènes intimistes des clubs que les grandes salles et festivals, avec un répertoire qui traverse les époques et les genres : swing manouche, rock, blues, tango et musiques tziganes. Auteur-compositeur-interprète, chanteur et guitariste virtuose, au jeu inspiré de Django Reinhardt, il conjugue sa musique vivante et inventive avec des textes souvent ironiques et remplis d’humour. Un artiste, comédien à l’origine, qui est en concert autant conteur que musicien. Entre les morceaux, il parle beaucoup, improvise, digresse, ironise sur l’actualité, la société, le quotidien. Ce qui ne devrait pas manquer de se produire pour ce concert au Théâtre des Calanques, imaginé en version intimiste, où il revisitera ses propres compositions.

M.V.
31 janvier
Théâtre des Calanques, Marseille

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Les Dessay, Naouri à Broadway

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© Mathieu Foucher

La famille Dessay est constituée de Natalie, soprano française internationalement connue, Laurent, son mari, baryton-basse, figure importante du chant lyrique français, Neïma, leur fille, chanteuse au timbre jazzy, engagée dans diverses productions musicales, et Tom leur fils, chanteur et musicien. Ensemble, ils ont décidé de célébrer le répertoire des comédies musicales américaines issues du mythique théâtre de Broadway. Au programme, des standards de George Gershwin et Irving Berlin et des œuvres de Leonard Bernstein et Stephen Sondheim, le tout sous la direction musicale et au piano d’Yvan Cassar, accompagné de Benoît Dunoyer de Ségonzac à la contrebasse et Nicolas Montazaud aux percussions.

M.V.
28 janvier
Théâtre de l’Odéon, Marseille

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Chanter l’Auvergne

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Collectif La Crue © Ge ro me Blanchard

Sept musiciennes, sept parcours différents, un projet commun : faire résonner l’Auvergne autrement. Réunies au sein du collectif La Crue, Clémence Cognet, Marthe Tourret, Lisà Langlois-Garrigue, Mathilde Spini, Elisa Trébouville, Noëllie Nioulou et Anaëlle Marsollier ont mené l’enquête dans le patrimoine musical de la région pour en extraire matière à création. Sur commande des compositrices Marie Nachury et Perrine Bourrel, elles assemblent violons, cabrette, boha, viole de gambe, banjo, çumbus, fifres, contrebasse et électronique. Leurs sept voix complètent l’attirail. Et voilà Nuées. Du baroque au trad, du contemporain aux musiques du monde, leurs bagages respectifs, ce qu’elles trimballent, se mélangent avec ce qu’elles ont collecté ici. Une belle énergie collective.

A.-M.T.
30 janvier 
Cité de la musique, Marseille

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Deux pianos, mille sortilèges

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© Antoine Terrieux

Avec Sorcellerie pour deux pianos, le Duo Jatekok convie le public à un concert envoûtant où la musique dialogue avec la magie et les ombres. Naïri Badal et Adélaïde Panage, complices de longue date, déploient à deux instruments un répertoire habité par le mystère, de Debussy à Stravinsky, en passant par Dukas, Moussorgski ou de Falla. Derrière un rideau mouvant de fils noirs, l’ombromane Philippe Beau et le magicien Antoine Terrieux font surgir silhouettes inquiétantes, lévitations et illusions troublantes. Jamais décorative, la magie prolonge l’écoute et souligne la puissance expressive des œuvres, jusqu’au sabbat final de L’Apprenti sorcier ou du Sacre du printemps. Un spectacle hypnotique, poétique et accessible, qui stimule l’imaginaire des petits comme des grands.

 A.-M.T.
3 février
Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence

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Entrez, dans La librairie du vendredi

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Sawako Natori © X-DR

L’histoire débute avec Fumiya, un jeune étudiant tokyoïte en quête de repères, qui entend parler d’une rumeur étrange : quelque part dans la petite gare de Nohara existerait une librairie où chacun peut trouver exactement le livre dont il a besoin. Pour Fumiya, l’enjeu est particulier. Il cherche désespérément à retrouver un ouvrage prêté par son père, qu’il a égaré et que ce dernier lui réclame avec insistance. Intrigué et un brin désespéré, il quitte Tokyo. Et si la rumeur disait vrai ?

Un lieu magique

Dans cette librairie du vendredi nichée au cœur de la gare, Fumiya découvre bien plus qu’une simple boutique. Il y rencontre trois personnages aussi attachants qu’excentriques : Makino, la patronne rayonnante et fantasque dont la douceur apaise instantanément les visiteurs ; Waku, le propriétaire perpétuellement grognon qui cache sous son air revêche une vraie tendresse et une érudition pour les livres et Sugawa, le mystérieux et séduisant libraire aux yeux bleus, taciturne mais d’une perspicacité troublante.

Ce qui fait le charme fou de cette librairie, ce n’est pas seulement son catalogue. C’est son atmosphère unique, onirique. On y trouve un salon de thé où l’on sert de réconfortants mochi (pâtisserie préparée en pilant du riz gluant cuit à la vapeur jusqu’à obtenir une pâte très élastique et collante) mais aussi, de façon plus étrange, les plats évoqués dans les romans que l’on emprunte. Comme si la frontière entre fiction et réalité s’estompait entre ces murs. Et puis il y a ce sous-sol mystérieux et immense, aménagé dans une ancienne rame de métro désaffectée, véritable caverne d’Ali Baba littéraire où semblent dormir tous les livres du monde.

Livres guérisseurs

Mais au-delà du cadre fantastique, c’est la philosophie du roman qui touche. Chaque chapitre se concentre sur un livre différent et tisse des parallèles entre l’histoire racontée et la vie des clients qui franchissent le seuil de la librairie. Sawako Natori explore, sans avoir l’air d’y toucher, combien les livres peuvent consoler nos âmes, nous apporter un soutien réel dans les moments difficiles, du courage face à l’adversité, et faire évoluer notre regard sur le monde.

On croise au détour des rayons les auteurs fétiches de l’écrivaine : Haruki Murakami, Raymond Chandler et Raymond Queneau. Car Sawako Natori, née à Kobe et diplômée en littérature française de l’université Meiji, est une francophile passionnée. Après avoir débuté comme scénariste de jeux vidéo, elle s’est consacrée à l’écriture de fiction, portée par son amour des livres et de ceux qui les font vivre, ces passeurs de mots qui enrichissent et enchantent nos vies. Un printemps au goût de mochi est 1er volume de la série La Librairie du Vendredi qui en compte quatre. Les suivants seront eux aussi publiés par Le bruit du monde. On a hâte.

 La Librairie du vendredi - Tome 1 : Un printemps au goût de mochi
De Sawako Natori
Traduit du japonais par Jean-Baptiste Flamin
Le bruit du monde - 19,90 €

Un conte à cœur perdu

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Valentina © Jean-Louis Fernandez

En France, on estime que la barrière de la langue est la principale limite à l’accès au soin pour environ un patient sur cinq. C’est le cas de la maman de la très jeune protagoniste de la dernière création de Caroline Guiela Nguyen, Valentina.

La pièce commence comme un conte fantastique, narré en voix off. L’histoire que vous allons découvrir, nous dit-elle, est celle d’un cœur humain « qui ne meurt pas », exposé sous un dôme de verre, dans une forêt roumaine. Le cœur est exposé dans une sorte d’autel nichée dans le décor, filmé en gros plan par un cameraman au plateau.

On rencontre la famille de la petite Valentina (incroyable Cara Parvu, 9 ans) dont la maman a le cœur très malade. Pour tenter d’être soignée, elle déménage en France avec sa fille de 7 ans. Elle lui fait promettre de ne parler de sa maladie à personne, sans que l’on ne sache ce qui motive cette décision.

Les comédien·nes ne quittent jamais le plateau, et modifient subtilement le décor pour signifier les différents espaces qu’ils occupent. La vidéo, filmée en live et projetée sans discontinuer, donne à voir le visage des comédien·nes de près. Ce dispositif participe de la fluidité du récit, comme si on tournait les pages d’un livre.

Mentir en Français

On suit le parcours parallèle de Valentina et sa mère, l’une à l’école, l’autre à l’hôpital. Valentina apprend rapidement le français, ce n’est pas le cas de sa mère qui ne parvient pas à communiquer avec sa médecin. Pour traduire, elle a recours à des sites de traduction ou à une amie jointe par téléphone, ce qui ne manque pas de créer des situations absurdes à l’humour bienvenu. Alors que son état s’aggrave, elle finit par amener sa fille pour faire l’interprète.

La petite apprend à dire « fibrose » et « service de cardiologie ambulatoire », et est de plus souvent absente de l’école sous de faux prétextes. Voulant protéger le secret de sa mère, elle multiplie les mensonges et s’y enfonce.

Pris dans le rythme du récit, on oublie la caractère fantastique de la pièce, bien que le cœur figé dans son écrin de verre demeure devant nos yeux. Le fin inattendue nous rappelle qu’il s’agit d’un conte moral… à la morale complexe et profondément touchante.

CHLOÉ MACAIRE

Valentina a été donné les 20 et 21 janvier à La Garance, scène nationale de Cavaillon.

À venir
L’Inouïe Nuit

Ces derniers jours de janvier, une grande yourte fait son apparition dans le patio de La Garance. À l’intérieur, c’est la nuit, le théâtre des rêves. Assis dans cet espace circulaire, au plus près des actrices, le jeune public (à partir de 6 ans) y rencontre la petite Moune, qui a peur de s’endormir, et sa grande sœur qui tente de la rassurer.

Dans L’Inouïe Nuit de Moune, la metteuse en scène Alexandra Tobelaim plonge ses petit·es spectateur·ices dans les rêves de Moune. L’espace se transforme au gré du récit, et le public est invité à explorer ce monde onirique et polyglotte (le texte, commandé à l’autrice Karin Serres, est en plusieurs langues). Une jolie manière de créer du commun et de rappeler que nous sommes tous égaux face aux rêves.
C.M.

Du 28 au 31 janvier

La Garance, scène nationale de Cavaillon

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L’Ukraine en récits à la Friche

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© X-DR

Zébuline. Pourquoi la Friche a-t-elle souhaité s’inscrire dans cet événement national ?

Lucie Duriez. Nous avons été contactés par Francky Blandeau, le directeur adjoint à l’Institut français en charge de la saison et par la directrice de l’Institut ukrainien. Il nous a semblé qu’il y avait là une façon tout à fait intéressante de venir porter d’autres récits sur la situation ukrainienne, et de montrer comment la culture et les lieux culturels peuvent être des endroits de résistance et de résilience, où les personnes peuvent se ressourcer en temps de guerre. La Friche a une habitude de coopération au niveau international assez forte, avec des structures résidentes qui ont développé, notamment avec des structures ukrainiennes, des liens depuis longtemps.

Cela se traduit par deux jours de programmation. Comment ont été conçues ces deux journées ?

La Friche, dans le paysage culturel national, est à l’endroit de ce qu’on appelle les lieux intermédiaires, où se trouvent des projets culturels mais où se passent aussi énormément de choses en termes de débats d’idées, et autour de l’économie sociale et solidaire. On a donc eu envie de faire un temps fort sur la question de ces lieux intermédiaires et de comment ils pouvaient se positionner dans le cadre de ce conflit : ça va être deux journées de rencontres professionnelles, qui ne sont pas ouvertes au public, où des acteurs culturels ukrainiens, européens et français vont venir dialoguer et travailler sur leur coopération. Autour, on agrège un certain nombre de propositions artistiques, élaborées dans un aller-retour entre les expertises notamment des curateurs et curatrices qui travaillaient depuis l’Institut ukrainien, en dialogue avec les résidents de la Friche.

Il va y avoir une exposition, une table ronde ouverte au public, liée aux deux journées de travail que vous venez de mentionner, de la musique avec un concert, des Dj sets, un grand dîner ukrainien, mais pas de spectacle vivant. Pourquoi ?

Dans le champ du spectacle vivant, la question de la découverte artistique passe beaucoup par des voyages de repérage. Et en l’occurrence, le producteur de spectacle vivant qui peut-être aurait pu se positionner à cet endroit n’avait pas la possibilité de faire cette découverte-là. C’est peut-être différent sur les scènes musicales où on a la possibilité de rencontrer l’univers artistique de certains artistes par d’autres moyens que le fait de voir les choses en direct. La temporalité extrêmement resserrée de la saison ne l’a pas forcément permis.

ENTRETIEN REALISE PAR MARC VOIRY

Les rendez-vous

Vendredi 30

À partir de 17h - Vernissage de l’exposition Le Gué – Culture sous guerre

17h - Rencontre publique La culture contre-attaque

19h - Émission radio en public et en direct : Cuisine et culture

contre-attaquent !

De 22h30 à 4h00 - Lives et DJ sets

Samedi 31

Concert Les Oreilles d’Aman et orchestre klezmer – 19h

Grand dîner ukrainien – 20h30

Le voyage en Ukraine

30 et 31 janvier

Friche La Belle de Mai, Marseille

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Le film corse à l’Alhambra

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Yolaine Lacolonge © X-DR, S.Pujol-Latour et M. Abbenanti © X-DR, Julie Perreard © Elisa Timotei

Depuis plusieurs années, le festival Arte Mare, Festival du cinéma méditerranéen de Bastia, propose en partenariat avec le cinéma L’Alhambra de découvrir des films corses. Le 31 janvier, quatre réalisatrices viendront présenter trois films, avant d’échanger avec le public.

À l’affiche

Dans La Confrontation de Marie Abbenanti et Sandy Pujol-Latour, Maxime, 17 ans, va devoir affronter, au sein d’un commissariat, sa plus grande peur : se confronter à son parrain qui l’a violée lorsqu’elle était enfant.

Le documentaire de Julie Perreard, Tu n’es pas seule, qui a obtenu le prix du documentaire au dernier Arte Mare, nous fait suivre six filles du collectif Collages Féminicides Corse.

Dans Camera Obscura, Yolaine Lacolonge questionne la puissance des images et le rôle du cinéma à travers le regard de trois réalisateurs corses : Thierry de Peretti, Julien Colonna et Frédéric Farrucci.

Les ambassadrices jeunes du cinéma d’Arte Mare, qui font partie du programme permettant de renforcer la cinéphilie des jeunes générations, rencontreront leurs alter ego marseillais et réaliseront un podcast pour l’occasion. 

ANNIE GAVA

Arte Mare
31 janvier
L’Alhambra, Marseille

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Brahms réinventé

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© Caroline Doutre

Surprise en début de concert : le baryton John Brancy s’avance seul sur scène et entame Wer nur den lieben Gott lässt walten de Bach. On comprend rapidement que ce choral protestant n’est pas un simple prélude au Requiem allemand de Brahms. Il pose d’emblée les fondations d’un concert conçu comme un dialogue entre deux luthériens, maîtres de musique.

Alors que nombre de programmations font précéder le Requiem de pages chorales de Brahms telles que Le Chant du destin ou Nänie, Laurence Equilbey opte pour un choix plus audacieux : insérer au cœur même du Requiem des pièces qui n’en sont pas issues. Ce sera le cas plus tard avec Magdalena, extrait des Marienlieder, composé par Brahms à 26 ans. De même, après la dernière note du Requiem, le baryton interprétera O Welt, ich muss dich lassen, choral du XVIᵉ siècle mis en musique aussi bien par Bach que par Brahms, refermant la boucle ouverte par le choral initial. Si cette proposition a pu déstabiliser les afficionados de l’œuvre, elle en révèle la cohérence : explorer le Requiem non comme une pièce isolée, mais comme l’aboutissement d’une tradition protestante traversant les siècles.

Ferveur collective

L’œuvre s’ouvre sur Selig sind, die da Leid tragen, austère et empreint d’humilité. Le manque de réverbération de la salle, s’il met parfois les sopranos à l’épreuve dans les passages les plus éthérés, devient paradoxalement un atout dans les fugues, où chaque ligne polyphonique se détache avec une netteté remarquable. Fidèle à sa rigueur, Equilbey dirige avec une précision minutieuse. Le cadre qu’elle impose à l’Ensemble Accentus et à Insula orchestra nourrit la densité du discours. L’intensité dramatique monte progressivement jusqu’à Denn alles Fleisch ist wie Gras, marche funèbre portée par un chœur de 36 chanteurs, chantant sans partition. Ce travail « par cœur », rare dans ce répertoire, témoigne d’une appropriation profonde de l’œuvre et renforce le lien visuel avec les interprètes. Les ténors, très engagés, s’y distinguent tout particulièrement.

Le solo du baryton sur Herr, lehre doch mich développe la méditation sur la fragilité humaine, reprise ensuite par le chœur avec une ferveur collective impressionnante. La fugue qui suit, lancée par les sopranos puis rejointe par les autres voix, est magistralement menée. Le contraste est total avec Wie lieblich sind deine Wohnungen, moment suspendu de grâce. L’insertion du Marienlieder a cappella libère alors les voix de l’emprise orchestrale, avant le retour au Requiem avec Ihr habt nun Traurigkeit, seul solo de soprano. L’Australienne Eleanor Lyons l’aborde dans une veine plus lyrique que sacrée, presque opératique, mais qui sert l’expression de la souffrance au cœur de l’œuvre.

Le second solo du baryton, Denn wir haben hier keine bleibende Statt, annonce la fugue jubilatoire Herr, du bist würdig. Le Requiem s’achève sur Selig sind die Toten, miroir du chœur initial, où Brahms déploie une écriture particulièrement riche pour les altos. Enfin, le dernier choral a cappella referme le concert dans une profonde sérénité.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Le concert s’est déroulé le 22 janvier au Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence.

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« Le sexe est politique »

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Ce Procès du siècle, qui entendait Donner des nouvelles de nos intimités, était encore plus bondé que d’habitude. Avec peut-être un huitième seulement de présences masculines dans le public. Un chiffre révélateur, selon l’animatrice de la soirée, la journaliste Naya Ali. Car les hommes semblent, encore aujourd’hui, difficilement s’autoriser le terrain de l’intime. Un manque cruel pour les jeunes, inondés de contenus masculinistes et de pornographie, qui auraient besoin pour se construire de pouvoir échanger avec leurs pères et leurs pairs tant sur les relations affectives que sur la sexualité.

Les jeunes femmes, quant à elles, ont pris la mesure de ce que « la parole et l’écoute peuvent avoir de réparateur », se réjouissait Axelle Jah Njiké, podcasteuse et documentariste. En insistant sur l’importance de dire la vérité sur les violences, notamment sexuelles, massivement vécues par les filles. « Nos silences ne nous sauveront pas ; le fait de parler est ce que les femmes peuvent faire de plus subversif. »

Ouverture des possibles

La sociologue Marie Bergström, coordinatrice d’un ouvrage collectif récent paru à La Découverte, La sexualité qui vient, confirme cette émancipation. « En 2023, une femme sur cinq ne se disait plus exclusivement hétérosexuelle. Ces dernières décennies, elles ont pu découvrir d’autres manières de vivre l’intimité. » La figure repoussoir de la salope n’en a pas pour autant disparu, mais malgré les attaques contre les droits des femmes qui se durcissent partout dans le monde, l’espoir est là : « Je pense qu’il s’agit d’un mouvement réactionnaire face à un courant de fond qui ne s’effacera pas facilement. Dans notre enquête, 56 % des jeunes hommes se disent désormais féministes. »

Une note optimiste, renforcée par l’humour d’une jeune témoin appelée « à la barre » : « J’aime la monogamie, mes valeurs entrent en conflit avec mon désir. Est-ce que cela fait de moi une mauvaise queer ? Pas assez déconstruite ? » Les générations nouvelles semblent bien décidées à désobéir à tous les dogmatismes. Comme le faisaient les Saint-Simoniennes au XIXe siècle, rappelait la conservatrice du patrimoine Anna Millers : très avant-gardistes, elles dénonçaient le mariage comme une institution aliénante, prônaient l’amour libre et l’affranchissement des femmes par elles-mêmes. Elles seraient probablement fières de celles qui continuent à ne rien lâcher.

GAËLLE CLOAREC

Le prochain Procès du siècle, « Comment s'y retrouver dans le chaos informationnel ? », aura lieu le 2 février.

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