mercredi 26 août 2026
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Matières, Fantômes

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Magali Paulin, Pavillon de l’Indochine, Nogent-sur-Marne, juillet 2024. Avec l’aimable autorisation de l’artiste.

Dans un ancien jardin de la région parisienne où se tint, autrefois, une exposition coloniale, Magali Paulin traque les persistances matérielles et immatérielles de l’Histoire. Photographe française d’origine martiniquaise, elle travaille ici les territoires postcoloniaux, la mémoire et les traces laissées par les dominations. Végétaux, ruines, sols et archives composent une enquête sensible sur ce qui demeure sous les récits officiels : fantômes d’empire, circulations forcées, résistances minuscules.

S.C.
Espace Monoprix

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Tout le monde peut être Lucifer

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Thato Toeba, civilians I [civils I], 2025, collage, verre et bois. Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de Stevenson, Cape Town / Amsterdam. © Mario Todeschini

Par l’art du collage hérité de ses modèles modernistes, Thato Toeba mène une contre-enquête sur les récits africains déplacés, conservés ou confisqués par les regards coloniaux. Artiste, juriste et chercheur·se originaire du Lesotho, iel assemble archives, images trouvées, journaux, miroirs, verre et bois. Ces compositions fragmentées font surgir dans Tout le monde peut être Lucifer ce qui manque autant que ce qui demeure : héritage impérial, mémoires trouées et futurs empêchés.

S.C.
Salle Henri Comte

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Paysage prisme : une traversée katangaise

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Sammy Baloji, Clémentine Samba Mushidi, Kasaji, province du Lualaba, 2018. Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la galerie Imane Farès, Paris

Avec Paysage prisme : une traversée katangaise, Sammy Baloji repart du Katanga, en République démocratique du Congo, pour interroger ce que les images font à l’histoire. Archives coloniales, photographies familiales, témoignages et paysages contemporains composent une enquête sur un territoire marqué par la sécession, les guerres du Shaba et l’extractivisme. Au centre, l’Hôtel Impala de Kolwezi, lieu familial confisqué par les conflits, noue histoire intime et récit politique.

SUZANNE CANESSA
Église des Trinitaires

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The anonymous project

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Lee Shulman et Omar Victor Diop, Being There, 2023 Avec l’aimable autorisation des artistes.

À partir d’archives photographiques vernaculaires américaines des années 1950 et 1960, qui célèbrent le bonheur ordinaire d’une Amérique prospère, Lee Shulman et Omar Victor Diop proposent une relecture grinçante de la mémoire collective. Car derrière cette apparente insouciance se dessinent les réalités d’une société marquée par la ségrégation raciale et les inégalités.

En s’insérant, par un montage subtil, dans ces photographies d’époque, Omar Victor Diop fait surgir une présence noire absente des récits visuels dominants, révélant les mécanismes de l’exclusion, de la représentation et de l’effacement historique.

M.V.

Ancien collège Mistral

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Nous ne sommes pas seuls

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Eduard Albert « Billy » Meier, Troisième cliché d’une série de huit images représentant un « vaisseau pléiadien », Ober-Säelegg, Suisse, 8 mars 1975. Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de FIGU.

Que montrent réellement les photographies d’ovnis ? Conçue par Philippe Baudouin, lauréat de la bourse de recherche curatoriale 2025 des Rencontres d’Arles, l’exposition rassemble photographies, archives, publications, films et documents qui témoignent de plus d’un siècle de représentations de l’inconnu.

Une proposition qui ne cherche pas à démontrer ou à réfuter l’existence des ovnis, mais à interroger les images elles-mêmes : leur statut de preuve, leur pouvoir de fascination et les récits qu’elles engendrent. En confrontant documents scientifiques, témoignages, productions populaires et œuvres d’artistes, Nous ne sommes pas seuls expose les multiples usages de la photographie dans la construction de ces imaginaires.

M.V.

Croisière

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R comme Regarder

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Adam Broomberg, Oliver Chanarin, « P comme Peindre », Humains et autres animaux, Tate Publishing, Londres, 2015 Avec l’aimable autorisation de Late Estate of Broomberg and Chanarin.

Comment apprend-on à regarder une photographie ? Cette question est au cœur de R comme Regarder, exposition consacrée à un territoire négligé de l’histoire de la photographie : celui du livre photographique destiné à la jeunesse.

À travers une sélection d’ouvrages, d’images originales et de dispositifs éditoriaux, le parcours montre comment photographes, graphistes et éditeurs ont conçu, depuis plusieurs décennies, des livres capables d’initier les plus jeunes à la lecture des images. Loin d’être de simples supports pédagogiques, ces publications constituent un véritable laboratoire de création où se rencontrent narration, expérimentation graphique et transmission du regard.

MARC VOIRY
Espace Van Gogh

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La terre amoureuse(se dit de la terre qui colle aux bottes)

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Rebekka Deubner, Mains de maraîcher et manifestant à Saint-Soline 2 lors des semis, 2023, série la terre amoureuse (se dit de la terre qui colle aux bottes), 2023-2026 Avec l’aimable autorisation de l’artiste.

La terre amoureuse est une immersion dans le quotidien et dans le monde des éleveur·ses, maraîcher·ères, militant·es et écologistes de Sainte-Soline. Rebekka Deubner s’y rend d’abord en 2023 aux cours de manifestations contre les projets de mégabassines, mais dévie son objectif vers l’ordinaire d’un lieu que rythment les saisons. La photographe capture et vit les gestes et actions répétées qui façonnent et transforment la terre dans un temps long, cyclique. Sur ces images immobiles, l’eau, comme un fil conducteur, traverse les images et rappelle sa valeur.

P.L.

Croisière

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Lueur Nomade

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Ming Smith, Sun Ra Space II, 1978.Avec l’aimable autorisation de l’artiste

À l’église Saint-Anne, Lueur Nomade dépeint l’univers de la photographe afro-américaine Ming Smith. L’exposition rassemble des travaux de plusieurs décennies, donnant une vision d’ensemble sur sa manière d’appréhender le médium. Le regard de Ming Smith s’est construit d’un mélange de la culture africaine-américaine et de voyages vers une Europe imprégnée d’histoire de l’art. Une structure classique dessine ses images, que vient perturber de légers flous, posant l’atmosphère de souvenirs diffus. L’identité noire, centrale dans son œuvre, s’y exprime, empreinte d’une fluidité sensible, échappant à toute catégorisation.

P.L.

Église Saint-Anne

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Monsieur Steichen

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Lisa Oppenheim, Steichen Study 5, 2024, Dye Transfer Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la Tanya Bonakdar Gallery, New York / Los Angeles.

Avec Monsieur Steichen, Lisa Oppenheim se livre à une exploration des potentialités de la photographie, au travers d’expérimentations en chambre noire, du procédé du « Dye Transfer » ou encore de manipulations à l’IA. La mutation des archives de Steichen – photographe et commissaire d’exposition américain d’origine luxembourgeoise – est le fil conducteur de cette exposition : elle hybride les iris capturées par l’artiste, fait de ses motifs organiques une série de textiles en soie et recompose ses pratiques. Ainsi, elle étire son héritage et propose l’idée de l’image comme un medium vivant qui se transforme à l’infini.

PAULINE LIGHTBURNE
La Mécanique générale

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Notre mer à tous

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Anne-Lise Broyer, Port of Beirut, Lebanon, 2022 Courtesy of the artist.

L’entrée dans l’exposition d’Anne-Lise Broyer se fait par des voûtes de pierres taillées, dans l’ancienne abbaye romane de Montmajour, à quelques kilomètres d’Arles. Un cadre qui invite à la contemplation. Dans la grande salle qui lui est consacrée, les clichés argentiques verticaux sont alignés à hauteurs d’œil, telle une ligne d’horizon, ponctuée par de grands formats de la mer brumeuse. Les contours de cette immensité bleue, qui devient chez Anne-Lise Broyer nuances de gris vaporeux, ont été des théâtres de l’Histoire. Aujourd’hui, qu’en reste-t-il ? C’est ce que la photographe a tenté de capter par ses clichés, en se basant sur des textes de Philippe Sollers écrits pour le documentaire expérimental Méditerranée de Jean-Daniel Pollet.

Reconstruire ce qui est détruit

L’exposition est un voyage sur les côtes, allant de l’Italie au Maroc en suivant les traces de sculptures et de vestiges de l’Antiquité. La mise en relation des images est ici primordiale, chaque cliché se faisant écho, mettant constamment en lumière le lien entre passé et présent. Les ruines modernes sont mises en relation avec les temples. Les visages sont faits de pierres et de chairs, les yeux sont fixés sur le spectateur, figés dans l’éternité.

Ça et là, des poèmes, textes d’auteur·ices méditérannen·nes sur de grandes feuilles blanches apportent une dimension littéraire à la série très réussie de la photographe parisienne. Les nuances de gris donnent à voir les fissures, les endroits abîmés, l’inerte. Ils attirent notre regard sur le temps qui passe et la vie qui continue, coûte que coûte. Des clichés d’hommes et de femmes de dos, les yeux rivés vers la mer, symbolisent l’universalité du rapport à la mer, à l’apaisement. Le vivant y est célébré dans sa diversité, mais aussi dans son universalité. L’âme de la Méditerranée, sublimée.

MONA LOBERT

Méditerranée, est-ce là que l'on habitait ? Abbaye de Montmajour

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