mardi 11 août 2026
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C’est si simple l’amour

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C’est si simple l’amour © Vincent Berenger

Après une première réussie, les comédiens Alma et Robert invitent leur amie Hedda et son mari psychologue à prolonger la fête chez eux. À mesure que s’enchaînent les verres, la conversation dérape vers un procès chaotique, et personne n’est épargné. Les vieilles rancœurs ont fini de s’accumuler, l’alcool délie les langues et les masques tombent. Entre jalousie, violence et regrets, chacun règle ses comptes à coups de répliques acides, annonciatrices d’une plongée tête la première vers la catastrophe conjugale. À partir du texte de Lars Norén, grand dramaturge des relations humaines, Charles Berling met en scène un spectacle tragi-comique aussi drôle que glaçant. Alors non, l’amour, ce n’est pas si simple.

P.L.

Du 3 au 7 mars

Théâtre du Jeu de Paume, Aix-en-Provence

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Tenir debout

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Tenir debout © Jean-Louis Fernandez

Après avoir enchainé les auditions ratées, Suzanne de Baecque décide de jouer la comédie autrement, et s’inscrit au concours de miss de sa région natale. Une actrice « undercover » à un concours de beauté, ça donne quoi ? Les concurrentes de Miss Poitou-Charentes 2020 s’appellent Kiara, Lauraline, Chloé, Lolita et Océane. Suzanne, en immersion, recueille leurs témoignages, avec bienveillance et sans jugement. Accompagnée sur scène de Raphaëlle Rousseau, elle raconte leur histoire et dépasse les préjugés. Un collage de textes, vidéos et enregistrements sonores donne un spectacle narratif entre théâtre documentaire et cabaret. Tenir debout parle, avec humour et émotion, d’une jeunesse féminine qui défend ses rêves et espoirs dans la violence d’un monde patriarcal. Une plongée vers l’univers pailleté des miss, peut-être pas si superficiel.

P.L.

Du 3 au 5 mars

Le Liberté, Scène nationale de Toulon

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Odile et l’eau

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Odile et l’eau © Vincent Warin

Comédienne, réalisatrice et romancière, Anne Brochet explore, dans un seule en scène, les imaginaires aquatiques à travers la figure d’Odile, une femme de cinquante-cinq ans, ordinaire, éprise d’une grande solitude. Pour faire face à sa mélancolie, son remède : la piscine. Dans son couloir de nage, la quinquagénaire enchaîne les longueurs et se replonge dans les profondeurs de son vécu. Son journal de bord aquatique dessine l’ordinaire de l’existence et entremêle passé et présent. À chaque longueur, jaillit « un petit couloir d’existence » et surtout une nouvelle renaissance. Chorégraphiée par Joëlle Bouvier, Anne Brochet se prête au jeu en apparaissant en maillot de bain, bonnet et lunettes de piscine. Un seul-en-scène qui promet de la poésie dans une ambiance aquatique.

C.L.
Du 3 au 7 mars
Théâtre Bernardines, Marseille

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Angine de Poitrine au Makeda

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Angine © Constantin Monfilliette

Objet sonore et scénique remarqué, le duo québécois Angine de Poitrine tourne sans relâche en France ce mois-ci. Le projet, que tout le monde avait sur le bout des lèvres après la dernière édition des Trans Musicales de Rennes – leur première date française – tient pour singularité des rythmiques empruntées au rock expérimental et à la noise, jouées par un batterie furieuse et une guitare microtonale (un guitare où les notes sont espacées d’un quart de ton, plutôt que d’une demi, comme sur les instruments occidentaux).

Si le groupe se définit lui-même comme un « Orchestre Mantra-Rock Dada Pythago-Cubiste, Anti-aréna-rock microtonal cartonneux », il faut le voir en concert pour vivre l’expérience pleinement. Affublés de costumes marionnettiques à pois et têtes géantes, les frères Khn et Klel de Poitrine s’adonnent énergiquement à une performance musicale pointilleuse, bien plus cadrée que l’asymétrie rythmique ressentie pourrait le laisser penser. Le tout, transcendantal au possible, fait glisser quiconque vers des amours psychédéliques.

LUCIE PONTHIEUX BERTRAM

20 février
Le Makeda, Marseille

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Avec Cyril Aris

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Cyril Aris (C) Annie Gava

Fiction et/ou documentaire

En fait j’ai toujours fait de la fiction donc avant Danser sur un volcan qui est un documentaire,  j’avais fait La Balançoire projeté à Cinemed en 2018 ou 2019, qui était aussi un long métrage de documentaire, mais avant ça, je faisais des courts métrages de fiction, j’ai toujours été très intéressé par la fiction. Mais l’histoire de Danser sur un volcan et l’histoire de La Balançoire, ce sont des histoires qui se sont présentées à moi, et je me souviens très bien que lorsque la tragédie de La Balançoire s’est passée, j’avais commencé à écrire un scénario où, je parlais de cette histoire-là. Donc un scénario de fiction. Et c’est là que j’avais réalisé que c’est complètement inutile d’écrire un scénario quand les événements se passent vraiment en face de soi. Maintenant au Liban, dans le monde arabe, c’est assez compliqué de financer de la fiction ça prend des années et des années. Alors je  montais des films de fiction et je réalisais des documentaires en attendant.J’aimerais bien être ce genre de réalisateur qui peut travailler dans les deux formes. Je trouve que dans le cinéma libanais, il y a toujours cette attente d’un cinéma plutôt misérabiliste, d’un cinéma de guerre, d’un cinéma de crise ;  évidemment ça fait partie de notre quotidien, mais ce n’est pas toujours le cas .Les Libanais qui sont au Liban et les Libanais qui sont en dehors restent toujours très affectés par la situation et très attachés . Donc, je voulais vraiment parler de cette relation assez ambivalente et assez contradictoire, assez complexe parce que c’est assez compliqué pour nous d’expliquer cet attachement qu’on a pour notre pays,  pour notre patrie. J’ai voulu faire ça à travers deux personnages assez contradictoires et expliquer leur amour, leur attachement envers leur pays et en même temps leur désespoir et leur désillusion. Je  pense que c’est vraiment la base de notre relation avec le Liban. C’est vrai que c’est un pays en crise, enfin constamment en crise, et c’est un pays d’où on émigre et duquel on essaye de se lâcher, mais c’est toujours très compliqué de s’en lâcher complètement. Donc voilà, c’est cette contradiction-là dont je voulais parler. « On peut toujours enlever le Libanais du Liban, mais on ne peut jamais enlever le Liban du Libanais ! »

De  plus en plus les documentaires sont structurés un peu comme des fictions : une histoire avec un début un milieu et une fin et je pense que c’est ma base de fiction qui fait que  chaque séquence fait 15 minutes ; elle commence et elle finit. C’est vrai que j’aime penser à la structure du documentaire, en montage,  comme un film de fiction. Parce que finalement la formule de fiction est la formule classique qui date d’Aristote. .Je pense que la différence est que pour  la fiction, tout est bien contrôlé, on a nos plans, on a nos acteurs ; évidemment on improvise beaucoup, mais on a un contrôle bien plus grand que sur le documentaire où c’est beaucoup plus instinctif. Ce que j’aime beaucoup dans le documentaire, c’est qu’on se lance, on part sur un instinct, sur un intérêt pour des personnages ou une certaine thématique, on se lance et on filme, et on filme, et on filme, ensuite on fait le tri au montage. C’est là qu’on doit trouver vraiment l’histoire et la meilleure manière de raconter cette histoire. Alors que dans la fiction tout est bien plus contrôlé

Le restaurant, un personnage du film

J’ai parlé justement avec mon chef-op Joe Saade et la directrice artistique, Hanady Medlej, je leur ai expliqué que si on prend des screen- shots du restaurant aux premier deuxième puis  troisième chapitre, on devrait voir vraiment l’évolution du Liban. Donc au début, à l’âge adulte tout est très coloré, tout est très saturé, on sent qu’il y a une.ère de prospérité ;  beaucoup de nourriture alors que vers la fin tout est plus monochrome, et on sent vraiment une sorte de pourriture dans la texture du restaurant. Donc oui, effectivement, traiter le restaurant comme un personnage, comme une réflection du contexte social et politique ou du bien-être de la ville était un choix très conscient.

Le trauma

Vouloir parler de ces trois époques, , c’est essayer de parler de ma propre création dans ces trois stades différents de ma vie vis-à-vis de Beyrouth, mais aussi c’était pour pouvoir parler de ce trauma né à la naissance et qui se transmet,  qui revient à l’âge adulte,  ce trauma dont ils n’arrivent pas à se débarrasser. C’est la fin, une fois que les personnages surmontent ce trauma, qu’ils peuvent  vraiment se retrouver et coexister avec toutes leurs différences. Je pense qu’au Liban en fait on n’est toujours pas sorti du trauma de la guerre civile parce qu’en fait on n’en a jamais parlé : il n’y a jamais eu de réconciliation nationale chose que les Européens font bien mieux que nous ; les Français ou les Allemands ont une  certaine conscience de leur histoire et une reconnaissance des atrocités de leurs conflits et de leurs guerres, ce qui fait qu’au final on peut surmonter ce traumatisme national et collectif et vraiment passer à autre chose. Alors qu’au Liban, on n’en est toujours pas là parce que justement de  la guerre civile, on n’en a jamais vraiment parlé. Je voulais refléter ça à travers leur enfance et ce trauma personnel qui reflète le trauma national et collectif dont on n’arrive pas à se débarrasser

La naissance de Nino et Yasmina

Ce plan -séquence est  le premier plan du film. Et pour moi, les films que j’admire vraiment des grands réalisateurs, se résument  au tout premier plan. Du moins, le ton du film ou bien l’émotion du film. Un Monde fragile et merveilleux : la vraie traduction serait Un monde triste et merveilleux .Cette tristesse et cette merveille, cette joie et ce désespoir devaient  coexister dès le premier plan. Cette histoire de naissance sous les bombes est, en fait, basée sur la naissance de l’actrice qui incarne le rôle de Yasmine, née effectivement ainsi dans les années 80. Sa mère était à l’hôpital ;  il y avait des bombardements  et ils devaient éloigner les patients des fenêtres. Mounia Akl est née dans le couloir de l’hôpital, un peu comme Nino et Yasmine. Je  trouve que cette juxtaposition entre ce moment de joie, d’espoir, d’espérance qui vient de la naissance d’un bébé, contraste avec cette destruction, cette mort tout autour d’eux, Pour moi, ça résume un peu la coexistence des deux émotions, le temps du film et aussi l’histoire du Liban. Il y a beaucoup de joie, mais on est souvent entouré par des conflits régionaux, qui coexistent d’une manière assez absurde avec nos joies internes et qui fait que, finalement, on vit constamment un ascenseur émotionnel. On passe vraiment constamment par des extrêmes. Avoir ces deux extrêmes dans un même plan, c’était important.

Les choix de réalisation

Avec mon chef opérateur, on s’est lancé un peu dans le challenge de faire des plans séquences, d’avoir beaucoup de staging avec ce qui se passe dans le premier plan, ce qui se passe dans l’arrière-plan, Je ne sais pas s’il y a un mouvement très spécifique qui  nous a  inspirés. Pour moi, c’est tout un mélange. Je reviens très souvent vers la Nouvelle Vague française que j’adore. J’aime beaucoup aussi le cinéma italien, Fellini, Antonioni des années 60. J’aime aussi le cinéma américain, et je pense que c’est assez évident. Les love stories classiques, mais aussi les love stories un peu plus pointues et radicales, comme Punch-Drunk Love de Paul Thomas Anderson ; c’est vraiment un mélange d’un peu tout ça.

Des rails coupés

Au Liban, avant, il y avait des trains, et les trains allaient jusqu’à la Turquie, ils passaient par la Palestine, par Jérusalem, ils allaient carrément jusqu’en Égypte. Et tous ces trains-là ont été coupés, évidemment, coupés avec la guerre civile, Donc, c’est cette ségrégation de toutes les régions que ce plan suggère parce que le Liban c’est très confessionnel, il y a une grande  ségrégation ;  il y a des régions à majorité chrétienne, des régions à majorité musulmane, et cette connexion-là, ou bien cette déconnexion du train entre les régions fait que ces communautés ne se parlent plus. Donc oui, effectivement, c’était un choix très clair, une allusion très claire au fait que ce jour-là, le dernier tronçon de rail qui nous connectait s’est déconnecté et c’est là que vraiment on est entré dans une ère de déconnexion totale.

Les enfants

Au Liban, ‘il y a beaucoup de jeunes adultes qui ne veulent pas d’enfants  J’ai montré à mon producteur Georges Schoukair tout un article qui montrait les chiffres, que ce soit au Moyen-Orient, que ce soit en Europe, en Asie aussi, en Corée du Sud, au Japon, des régions- où les jeunes couples décident très volontairement de ne plus avoir d’enfants. Des raisons financières mais aussi à cause du réchauffement climatique. Est-ce qu’on aura une planète dans 30 ans ? Dans quel genre de monde ? Est-ce qu’ils vont grandir ? Est-ce qu’il y aura de plus en plus de conflits régionaux et de guerres qui résultent du fait que les ressources vont diminuer ? Il y a justement toute cette vague de pessimisme ambiant, universel et général, que les gens de ma génération ont vis-à-vis des enfants. Quand ils ont des enfants, en général, c’est  un ou deux mais deux c’est l’exception. Quand je pense à mes grands-parents, ils étaient huit donc vraiment c’était les très grandes familles. Tout ça vient d’une sorte de cynisme assez universel C’est en fait toute la base du film ; la question d’enfant c’était la question principale du film finalement ;  j’ai construit un monde tout autour et je suis entré dans d’autres thèmes,  l’exil , l’immigration etc mais la toute première idée c’était :  est-ce que moi-même, j’ai envie d’avoir des enfants dans ce monde ?Je pense qu’avoir des enfants, c’est un grand  geste d’optimisme et d’espoir. Et donc c’est un choix très conscient.

Propos recueillis par Annie Gava

Lire ICI la critique du film

Pristine Pit à l’Espace Julien

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© X-DR

La soirée mensuelle L’EJ c’est le S de l’Espace Julien (Marseille) invite le duo Pristine Pit, formé par Camille Chenal (Mila Necchella) et Charles Sinz (SinceCharles, Akzidance). Face à face, ils composent en tandem, jonglant entre synthétiseurs, séquenceurs, boîtes à rythme, pédales d’effets et voix au micro. Ils construisent à deux un univers sans limites, puisant leur inspiration dans des sonorités diverses, celles de Jessy Lanza, Modeselektor, Hamdi, Chromatics et Overmono, entre autres.

Lauréats d’une résidence au Château Ephémère en 2025, tiers-lieu culturel dédié à la création résidentielle numérique en région parisienne, ils développent un style et une technique empreints d’influences multiples : un mélange de dub, bass, breakbeat, jungle et post-dancehall, qui nous embarque dans un vaisseau spatial tantôt lent et suspendu, tantôt rythmé et entrainant. Un quatre main complice et habile.

PAULINE LIGHTBURNE

18 février

Espace Julien, Marseille

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Occupation

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© X-DR

Occuper les espaces publics, les villes, les théâtres et les usines. Occuper, c’est résister par la création. Créée en 1986, la compagnie Création Ephémère s’ancre dans le théâtre contemporain et de société, engagée dans une quête d’identité de l’homme moderne. Leur résidence à Valréas aboutit avec une représentation du spectacle Occupation. Pour la compagnie, le théâtre doit retrouver sa portée sociale et faire son retour dans la culture populaire. Mis en scène par Philippe Flahaut, Occupation est un spectacle proche du public inspiré de « Rouge » d’Emmanuel Darley. Face à un monde de plus en plus individualiste, quelle place reste-t-il à la parole collective ? Occupation ouvre le débat : c’est l’heure de la révolte ?

P.L.

19 février

Centre Dramatique des Villages (CDDV), Valréas

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Carte blanche Kamchàtka

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© Anikitos Hadjicharalambous

Lieux Public donne carte blanche à la compagnie Kamchàtka à l’occasion de son prochain Dimanche aux Aygalades. Kamchàtka, originaire de Barcelone, est une compagnie d’arts de rue dont les travaux ont été maintes fois récompensés. Ils transmettent avec une force poétique les thématiques de migration humaines, à travers un théâtre in situ toujours en symbiose avec le public. Accompagnés de leurs valises, ces artistes de nationalités diverses, issus de différentes disciplines, se sont produits dans plus de 37 pays au cours des 20 dernières années. Ils présenteront In continuo aux Aygalades le 6 mars, un spectacle engagé dans une lutte contre la polarisation des discours sur l’immigration, et nous invitent à un prélude musical le 1er mars.

P.L.

1er mars

Cité des arts de la rue, Marseille

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Kintsugi

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© X-DR

La troupe québécoise Machine de Cirque débarque en Provence pour y répandre son énergie contagieuse avec son spectacle Kintsugi. Le kintsugi, c’est l’art japonais de réparer les porcelaines brisées avec de la poudre d’or, qui met en valeur les imperfections au lieu de les cacher. Ici, on sublime les blessures de l’esprit et du corps. Huit individus, l’air un peu perdu, se retrouvent à un arrêt de bus. Soudain, ils basculent dans un monde parallèle et s’entraînent vers un tendre tourbillon d’acrobaties : trapèze, corde lisse, mât chinois, portés, acrodanse et autres envolées. Mis en scène par Olivier Lépine, ce ballet aérien aux allures de rêve éclabousse le public de joie de vivre et de beauté.

P.L.

3 et 4 mars

Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence

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Au-delà de Katmandou, l’adieu aux cimes

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Très peu sous nos latitudes connaissent le cordyceps sinensis nom scientifique du yarsagumba. On trouve cette chenille momifiée par un champignon parasite, à 5000 m d’altitude, cachée dans le sol aride des hauts plateaux himalayens. Recherché pour ses vertus aphrodisiaques, le yarsagumba se vend plus cher que l’or et provoque chaque printemps une véritable ruée. Des camps d’altitude s’installent et les chercheur-euses de cet or vert tentent leur chance. Si cette recherche est bien au cœur du film documentaire d’Alexander Murphy et si, selon ses dires, elle en a déclenché le désir initial, elle n’en est nullement le sujet. Au-delà de katmandou relève d’une quête bien plus personnelle, suivant l’itinéraire d’une jeune Népalaise entre retrouvailles et séparation.

Jamuna et sa petite sœur Anmuna vivent seules à Katmandou. Quelques années auparavant,  leurs parents, de pauvres paysans de Maikot, village de montagne reculé, les ont confiées à un orphelinat où elles devaient recevoir une éducation. L’établissement en fait, maltraitait et exploitait les enfants. Les deux sœurs se sont échappées et installées dans la capitale népalaise. Jamuna travaille dur pour subvenir à leurs besoins et envoyer de l’argent à sa famille. A 21 ans, elle a décidé d’émigrer au Japon et d’y suivre des études. Pour financer ce projet, elle compte sur le yarsagumba. Elle ira une dernière fois à Maikot, avec Anmuna, pour retrouver son père, sa mère, ses deux sœurs restées là-bas. Elle leur dira adieu, même si c’est difficile.

Le réalisateur suit les jeunes filles dans un trajet interminable, de la ville surpeuplée aux chemins escarpés et déserts des montagnes, sous la pluie froide et glacée. Il entre avec elles dans la maison natale où on dort à même le sol, les accompagne aux champs puis à la rivière où on lave le linge. Plus tard, dans les prairies d’altitude où, à quatre pattes, tous cherchent le précieux champignon. Là-haut, au campement éphémère de tentes multicolores, on partage avec les autres cueilleurs de yarsagumba, un intermède festif ; la parole se libère devant des paysages à couper le souffle.

D’autres vies que la sienne

Tout au long du film, Alexander Murphy saisit les moments de complicité fusionnelle entre les sœurs, et se glisse dans l’intimité familiale. L’aînée est restée au foyer quand les deux cadettes sont parties. Mariée, enceinte, dépendante de son époux ; elle voit sa vie finie ; elle aussi pourtant a rêvé de faire des études. Les déchirures passées se devinent, les renoncements. La condition économique de ces castes très pauvres et celle des femmes, s’esquissent. La détermination de Jamuna n’en est que plus exemplaire.

La frontière entre documentaire et fiction s’estompe, on ne sait si les dialogues sont pré-écrits ou spontanés ; les protagonistes semblent ignorer la caméra, se livrant à nous avec une confiance stupéfiante.

Comme les sentiments, la lumière change sans cesse. Magnifique travail du chef op Vadim Alsayed, qui compose avec les couleurs éclatantes et les monochromes brumeux.

Le réalisateur franco-irlandais se coule avec aisance dans ces vies autres et semblables pour nous y inviter et s’y reconnaître.

ELISE PADOVANI

Au-delà de katmandou d’Alexander Murphy

en salle le 18 février