mardi 13 octobre 2026
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Séances spéciales : la rentrée au ciné 

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Alors que la 31e édition de Ciné Plein Air a permis à plus de 20 000 spectateurs de voir des films en extérieur durant tout l’été à Marseille, c’est dans les salles de cinéma de la Région Sud que l’aventure continue. Jusqu’au 28 octobre, la Rentrée Cinéma de Séances Spéciales accueille des avant-premières, des rencontres, proposées par l’association Les Écrans du Sud. Dans 21 salles des Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Var et Vaucluse, le public pourra découvrir des films soigneusement sélectionnés, mais aussi échanger avec ceux qui les font, ou savent en parler.

De nombreux réalisateurices seront présent·es pour cette nouvelle édition. Citons par exemple Julien Gaspar Oliveri qui vient présenter La Frappe (https://journalzebuline.fr/corps-blesses/) à Vitrolles, Martigues et Istres ; Jean Boiron-Lajous est à Marseille, Cucuron et Vitrolles pour Gouffres et merveilles (https://journalzebuline.fr/peres-et-lettres/); et on pourra croiser à Berre-l’Étang Avril Besson, réalisatrice des Matins Merveilleux. (https://journalzebuline.fr/les-matins-merveilleux-les-fantomes-qui-nous-hantent/

Des avant-premières

Au-delà des rencontres, plusieurs avant-premières sont à noter. Tourné à Bangui, sélectionné à Cannes 2026 (Un Certain Regard), Congo Boy de Rafiki Fariala est la success story d’un jeune refugié congolais en Centre Afrique, « sauvé » par son talent de chanteur-compositeur : un film optimiste sur fond de guerre et d’exil présenté dans une dizaine de salles. 

De même que le Grand Prix du Festival de Cannes, Minotaure d’Andreï Zviaguintsev, un film qui mêle une trajectoire conjugale et le contexte politique russe. Enfin, le dernier opus de Radu Jude, sélectionné à la Quinzaine des Cinéastes, Le Journal d’une femme de chambre,une variationdu roman d’Octave Mirbeau paru en 1900. Une comédie grinçante aux accents politiques sur une mère roumaine qui travaille comme employée chez des bourgeois bordelais avec Ana Dumitrașcu, Vincent Macaigne, Mélanie Thierry…

ANNIE GAVA

Rentrée cinéma de Séances spéciales
Jusqu’au 28 octobre
Région Sud
Tout le programme à découvrir ici : seances-speciales.fr

Une de L’Incorrect : Antoine Volodine papote avec l’extrême droite

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Une de L'incorrect © DR X

Le 4 septembre, la couverture du numéro 100 de la revue L’Incorrect fuitait sur les réseaux sociaux. L’écrivain y paraissait avec lunettes de soleil et blouson noir, sur fond rouge, avec une titraille aux connotations mafieuses annonçant qu’il « braque la rentrée littéraire » et donne son « Entretien final ». 

La revue, dont le slogan est « culturel, conservateur et corrosif », a l’habitude de ce genre de couverture qui établit entre image et mots des liens implicites qui seraient attaquables s’ils étaient plus clairement assumés. Ainsi, la couverture où figurait Gisèle Pelicot à la sortie de son livre titrait « Le Culte des victimes, Le Crépuscule des héros ». Sans qu’il soit tout à fait assumé que les héros soient ses violeurs l’association des deux titres, assortis au dessin de Gisèle Pelicot le poing levé, était profondément abject, sinon directement attaquable. 

Fachosphère

Le numéro 100 de L’Incorrect consacre un grand entretien à Volodine, qui ouvre ses pages rentrée littéraire. Un entretien qui n’oriente pas l’écrivain sur les voies ultra-catholiques, discriminantes et antiféministes qui sont la ligne éditoriale du journal, et qu’il se garde d’emprunter.

Reste que les pages littéraires avec lesquelles cet entretien voisinent sont très problématiques. Introduites par un paragraphe qui l’annonce « Un grand dossier à notre façon assumant la discrimination nécessaire avec l’éclat qui nous caractérise. » Ils peuvent, effectivement, se vanter d’être discriminants, puisque les interviews consacrent exclusivement des hommes blancs – Louis Michaud, Jean-Pierre Montal, Patrice Jean, puis Yannick Haenel, Philippe Jeaneda et Pierre Bailly leur succédant pour la rubrique « en vrac », c’est à dire les critiques courtes. Dans ces critiques positives les passages problématiques ne manquent pas, pourtant : les profs sont ainsi accusés de « coopérer de toutes leurs forces à l’écroulement de la civilisation », et des adolescents, atteints de « pureté »,  se voient honorés pour leur « sainte inadéquation avec la comédie du monde ». Les références des uns et des autres sont Alphonse Boudard ou Drieu la Rochelle.

Mais c’est dans la rubrique « Au pilon » que sont tenus les propos les plus violents. On y reproche à Daria Marx d’écrire « le millième roman sur l’inceste » ce qui « pue la recette commerciale ». À Olivier Grondeau, emprisonné en Iran, on reproche l’emploi de l’écriture inclusive, concluant que « le ridicule l’emporte » comme lorsqu’on est « pris d’un fou rire à un enterrement ». Ou plus simplement et directement, le livre de Maylis Besserie est qualifié de « sommet comique de gloubiboulga no pasaran » parce qu’il rappelle que « les collaborateurs, les Waffen SS français et les anciens de l’OAS ont contribué à la création du Front national ». 

Jeannette Winterson est moquée parce qu’elle parle de « non-blancs » et d’« inégalités socialement construites », Samuel Dock parce qu’« il a le courage d’assumer non seulement son homosexualité mais aussi son fétichisme ». Faut-il rappeler à ces chantres de la langue pure que dans la locution corrélative « non seulement … mais aussi » la restriction porte déjà sur le premier terme, et qu’il s’agit donc clairement d’une déclaration homophobe ? Ailleurs, une critique en demi-teinte se réjouit que « les vertus du mariage bourgeois embaument ces pages antipatriarcales ». 

Il n’y a pas en France de délit de patriarcat, considéré comme une opinion. Mais celui de l’outrage existe… Et que fait donc Volodine en tête de cet immonde fatras ?

AGNÈS FRESCHEL

L’humanité est sans limite

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Le petit État allemand de Saxe-Anhalt, dont la natalité est en berne, a clairement besoin d’immigration pour maintenir son système économique debout : avec 1,3 enfant par femme, une des moyennes d’âge les plus élevées du monde (48,5 ans) et un « déficit naturel » record (différentiel entre les morts et les naissances) sa démographie est en chute libre. Sans immigration son système social s’effondre. Comment peut-elle voter à 44 %, toutes générations et toutes classes confondues, pour un parti néonazi ?

L’AfD n’est pas simplement dans une démarche de dédiabolisation de l’extrême droite. Il avance, nazi, sans complexe ni masque. Défendant la famille et la domination masculine, il prône la ségrégation à l’école, avec des classes réservées aux immigré·es (mais ils n’emploient pas le point médian). Il veut aussi interdire les signes LGBTQI+ dans l’espace public (mais ils omettent QI+) et mettre en place une « remigration » radicale et rapide (en revanche ils aiment bien ce néologisme pour désigner l’expulsion des immigrés légaux et des réfugiés politiques vers des états où ils risquent toujours la misère et souvent la mort). 

Porté par Alice Weill, qui vit quant à elle officiellement avec une femme (est-ce un signe LGBT dans l’espace public ?), l’AfD repose sur le mensonge fondamental du grand remplacement qui efface l’évidence : l’homme devrait être libre de circuler sur sa planète (et au-delà, n’en déplaise aux prétentions lunaires de Trump). Le grand remplacement impose le paradoxe comme une vérité d’évidence, dans un monde qui semble actuellement rattrapé par le slogan d’Orwell « la guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force ».

« Le barbare, c’est d’abord celui qui croit à la barbarie. » Lévi-Strauss 

De fait, cette peur d’être « grand remplacé » n’épargne aujourd’hui aucun peuple d’Europe -sans parler de sa version MAGA constamment sidérante, mais aussi davantage dénoncée parce qu’elle attaque aussi l’Europe. Peur de l’Islam, peur du Noir aussi, même quand il est catholique, peur du Juif qui affleure toujours et se renforce par vagues. Et mépris envers l’Asiatique qui effraie par son nombre, et envers l’Ultramarin, sous-européen historique qui rappelle que le crime européen de l’esclavage n’est pas soldé.  

La peur du grand remplacement, si répandue, repose pourtant sur plusieurs aberrations aisément démontables. La chute de la courbe démographique de la forteresse européenne est un fait, comme est un fait le passé esclavagiste et colonial de l’Europe qui a exploité les peuples pour construire sa prospérité. Ou plutôt celle de quelques capitalistes, qui ne savent pas aujourd’hui comment accroitre encore leur fortune sans l’exploitation structurelle d’une main d’œuvre à bas coût maintenue hors du système social européen, et des avantages conquis de ses peuples.

L’idée même d’un « grand remplacement » suppose par ailleurs un autre présupposé, issu d’un autre héritage, intellectuel et culturel : celui qu’il existe des frontières entre l’humanité, blanche, de souche, et la barbarie, étrangère, racisée. 

« Chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage.» Montaigne

Depuis Montaigne, depuis la découverte de « l’indien » d’Amérique, l’altérité humaine se pose comme un problème, une menace… ou au contraire s’envisage comme une formidable occasion de faire progresser la pensée, d’interroger la nature humaine, les représentations de genre, les religions, les cosmogonies. Et d’interroger du même coup ce qui est « barbare » dans les civilisations européennes, de la féodalité au nazisme en passant par les féminicides et la pédocriminalité. Depuis Montaigne, et avant lui, l’altérité accueillie, acceptée, celle de l’étranger, de la femme, de l’enfant, de l’invalide, permet de progresser. En soi. En pratiquant le dialogue, l’échange, le « commerce » disait Montagne : en étant suffisamment confiant et prêt au doute ontologique pour accueillir l’étrangeté, le différent, les autres histoires. 

Pour y parvenir, nous devons les empêcher de tuer notre rire. Nous pouvons aussi écouter les chants venus du monde, aimer le désordre queer, et nous rappeler que l’Europe et les Etats-Unis ont laissé mourir des millions d’africains. Et qu’aujourd’hui ils recommencent, en fermant les portes, en arrêtant l’aide médicale, et en laissant croire que le suprémacisme blanc est une option.

AGNÈS FRESCHEL


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Les Émouvantes : du jazz résistant 

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Lea Ciechelsk © XDR

« Plus que jamais, il nous semble précieux de cultiver ces moments où l’on se rassemble pour écouter » proclame l’éditorial des Émouvantes. Ce festival, désormais solidement installé dans la salle Audioli du Conservatoire Pierre Barbizet, à Marseille, est l’un des événements musicaux les plus attendus de la rentrée, et invite, du 10 au 12 septembre, à la découverte des expressions du jazz contemporain.

Tout commence par une restitution d’atelier avec la flûtiste et saxophoniste Léa Ciechlelski : inlassable glaneuse de couleurs musicales inédites, gageons qu’elle aura à cœur d’ouvrir les oreilles des élèves du conservatoire vers des horizons débordants de vibrations contrastées. 

Elle reviendra en fin de soirée avec Franges, un quintet aux accents cinématographiques lauréat du dispositif Jazz Migration, oscillant entre pulsations synthétiques, énergies rock et improvisations libres. Entretemps, le quartet Abyskiss convie l’auditoire dans les profondeurs sensibles en croisant les fréquences inédites de la guitare baryton (Pierre Tereygeol) et de l’euphonium (Camille Maussion), entre autres.

Le lendemain, Les Émouvantes mêlent poésie et engagement. Avec le projet Unfolding tout d’abord : un quartet conduit par la vocaliste Maria-Laura Baccarini et le batteur François Merville, avec le pianiste Bruno Ruder et le violoncelliste Bruno Ducret, pour une mise en musique de textes de la dramaturge et poète Dorothée Zumstein. Il y est question de faits divers récents, de leur couverture médiatique, et des figures féminines qui se sont retrouvées au centre de ces affaires, souvent réduites au silence ou à l’image que l’on fabrique d’elles. 

Panthéon intime 

Dans le même élan, on écoutera Unsung Heroes : cinq poèmes musicaux dédiés à des figures d’un panthéon idéal – Nelson Mandela, Vandana Shiva, René Dumont, Frederick Douglass et Albert Ayler – par un orchestre de virtuoses du sensible – Sakina Abdou saxophones, Matthias Mahler trombone, Fabrice Martinez trompettes, bugle, Claude Tchamitchian contrebasse, compositions, Christophe Marguet,batterie.

Ouverture en fanfare le dernier soir avec le trio Journal Intime : ces funambules d’un jazz chambriste, compagnons de route de Vincent Peirani, Thiéfaine ou Calypso Rose déploient la puissance d’un brass band déjanté (Sylvain Bardiau trompette, Frédéric Gastard saxophone basse, Matthias Mahler trombone).  

La conclusion du festival est confiée à Jet Whistle qui fusionne avec une énergie débordante jazz, électro, bruitisme, récits aquatiques et rock, autour des compositions de la flûtiste Fanny Martin, leadeuse du groupe désireuse de bousculer l’image de son instrument.

LAURENT DUSSUTOUR

Les Émouvantes
Du 10 au 12 septembre
Conservatoire Pierre Barbizet, Marseille 

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Télémaque ouvre October Lab#7 

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L’Ensemble Télémaque, en résidence au PIC, entame sa saison avec un temps fort : October Lab #7, septième édition de la plateforme de création musicale. Le principe d’October Lab est de passer commande à des artistes du monde entier autour de thématiques renouvelées chaque année. Cette édition franchit l’Atlantique. Sous la direction de son chef Raoul Lay, elle fait dialoguer l’ensemble marseillais avec trois compositeurs confirmés, Yu-Hui Chang, John Aylward et Kate Soper, rejoints par deux doctorants en composition de l’université de Brandeis, dans le Massachusetts, Jingmian Gong et Dylan Needleman pour le programme Sounds, Tears and Skins. 

Le fil conducteur est littéraire et historique. Il s’appuie sur cinq figures : l’Américaine Mary Jane Gold, autrice de Crossroads Marseilles 1940, l’écrivain austro-tchèque Franz Werfel, le poète et homme de théâtre Antonin Artaud, ainsi que Marcel Proust et Arthur Rimbaud. Tous ont connu, à des degrés divers, des formes de discrimination liées au genre, à l’origine, à l’orientation sexuelle ou à la santé mentale. Leurs œuvres et leurs trajectoires interrogent le voyage, la migration et l’histoire des minorités, dans un axe reliant Marseille aux États-Unis, avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale, que les compositeurs sont invités à réactiver.

Ponts et compositions

Ce qui frappe, à regarder les parcours des compositeurs réunis pour ce projet, c’est à quel point ils entrent en résonance avec les thèmes de déplacement et de discrimination que le programme explore. Yu-Hui Chang, qui signe Accidental Hero, un mini-drame musical, est née, à Taïwan, en 1970, avant de traverser l’Atlantique en 1994 pour construire sa carrière d’abord à l’université de Californie à Davis, puis à Brandeis, où elle occupe une chaire de composition. Son écriture, saluée par une bourse Guggenheim et un prix de l’Académie américaine des arts et des lettres, cherche justement à dépasser les frontières culturelles et stylistiques, un geste qui prolonge, dans la matière musicale, sa propre expérience de l’exil.

John Aylward, auteur de Between Heaven and Earth a grandi dans le désert de Sonora, à la frontière entre l’Arizona et le Mexique, fils d’une mère immigrée allemande elle-même réfugiée de la Seconde Guerre mondiale. Cette mémoire irrigue son œuvre, empreinte d’un sens aigu de la communauté et des paysages désertiques. Formé à Brandeis, aujourd’hui professeur à Clark University, il a fondé en France, dans les années 2010, le festival Etchings, à Auvillar, tissant lui-même des ponts entre les deux rives de l’Atlantique. Il est en outre doublement lauréat de l’Académie américaine des arts et des lettres et d’une bourse Guggenheim.

Kate Soper, enfin, dévoile Antonin Artaud’s Drama of the Mind, pièce composée directement sur un texte du poète français. Figure singulière de la scène new-yorkaise, à la fois compositrice, chanteuse et autrice, elle a été finaliste du prix Pulitzer de musique en 2017 pour son opéra de chambre Ipsa Dixit. Elle choisit de faire entendre la voix d’Artaud, l’une des cinq figures littéraires au cœur du projet.

À leurs côtés, les deux jeunes compositeurs issus du cursus doctoral de Brandeis complètent le programme. Jingmian Gong signe Proust Impression, mise en musique d’un extrait de Du côté de chez Swann ; Dylan Needleman, Les Ponts, d’après le poème en prose d’Arthur Rimbaud tiré des Illuminations, une écriture qu’il nourrit d’influences aussi variées que le punk hardcore et le minimalisme.

À Marseille et Cassis

Le parcours se déploie en trois temps. D’abord la création européenne du concert Sounds, Tears and Skins, le 15 septembre au GMEM à la Friche Belle de Mai. Puis, le 17 septembre, un concert-rencontre à la Fondation Camargo de Cassis, Artaud, Gold et Werfel : l’invitation américaine, précédé d’une discussion avec Kate Soper, Yu-Hui Chang et John Aylward. Enfin, le 20 septembre au PIC-Télémaque, un concert commenté, Inside STS : un parcours américain, où Raoul Lay et l’ensemble décrypteront en direct les œuvres du programme. Sur scène, les musiciens accompagneront la soprano Brigitte Peyré et la comédienne Agnès Audiffren, dans des pièces mêlant voix parlée, chantée et écriture instrumentale.

Au printemps dernier, l’Ensemble Télémaque s’était déjà rendu aux États-Unis dans le Massachusetts et à New York pour jouer les œuvres commandées ; un aller-retour transatlantique dont ce nouveau chapitre marseillais vient aujourd’hui refermer la boucle.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

October Lab #7
Du 15 au 20 septembre
Marseille et Cassis

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Bon Entendeur : à la Friche, les derniers tubes de l’été  

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©CarolineDutrey

Après plusieurs semaines à cuire sous un soleil qui ne connaît visiblement plus la modération, Marseille suffoque. Pourtant, ce soir-là, le toit-terrasse de la Friche la Belle de Mai est bien rempli. Alors dans les transats colorés, éventails à la main, on attend que le soleil baisse enfin d’un ton. Une pinte, des frites-mayonnaise, un couscous aux sardines : le public des soirées On Air semble avoir trouvé la recette des vacances à durée indéterminée.

La DJ marseillaise Carla Mo ouvre la soirée avec un set groovy et solaire où house, disco, techno et new wave se répondent. Son credo, « I play disco at techno parties », lui va comme un gant. Bientôt, les transats perdent leur fonction première : on était venu s’asseoir, on finit debout.

Derrière cette programmation, la jeune maison marseillaise Extra entend défendre la scène locale tout en invitant des noms reconnus de la scène nationale. « On essaie de faire la parité et d’associer un ou une DJ local·e à une tête d’affiche », explique Théo, membre du collectif. Après ce closing des On Air, Extra donne déjà rendez-vous le 11 septembre au Petit Cab de la Friche, à partir de 23h30, pour sa soirée d’inauguration. De nombreux évenements marseillais sont annoncées dans les prochains mois.

« Le temps est bon, le ciel est bleu »

Puis une forêt de téléphones se lève : Bon Entendeur entre en scène. Leur recette est connue mais toujours efficace : prendre des tubes populaires appartenant à la mémoire collective et les passer à la moulinette de la french touch. Les voix de Nicoletta, notamment sur Fio Maravilha, flottent au-dessus des basses. Puis Dalida avec Je veux mourir sur scène, et Claude François avec Magnolias for Ever, font basculer la foule. Des chansons parfois kitsch, devenues matière électro et prétexte à danser.

Le duo transforme ainsi la nostalgie en fête et fait dialoguer plusieurs générations autour de refrains que chacun croit connaître par cœur. Les plus anciens les ont entendus à la radio et les plus jeunes les ont découverts sur les plateformes de streaming.

Et puis vient l’hymne attendu : « Le temps est bon, le ciel est bleu… », quelques mots que tout le public reprend en choeur. Puis à 22h tout le monde regagne sagement ses pénates, on est en septembre après tout, même si l’été n’en finit plus.  En remontant vers la place Leverrier, on croise des vélos qui filent vers le centre-ville, sifflotant les notes du dernier titre du set, comme une pilule d’optimisme dans une ville en inquiétante surchauffe.

ISABELLE RAINALDI

Concerts donnés le 6 septembre 
Friche de la Belle de Mai, Marseille. 

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Trois nouvelles expositions à la Biennale d’Aix 

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Chiara Camoni sister's - flame and foam © Chiara Camoni

Nature peinture. Le Domaine Saint-Joseph – Atelier François Aubrun au Tholonet ouvre ses portes pour une exposition consacrée à l’un des peintres français majeurs du XXe siècle, associé à la scène de l’abstraction française de l’après-guerre, puis développant une peinture en lien avec la nature : Jean Messagier, l’été continué. Face à la Sainte-Victoire, ses œuvres sont mises en résonance avec celles de François Aubrun, qui avait fait du domaine son lieu de vie et de création. Une exposition d’une quinzaine de tableaux, prolongée tous les samedis à 16h, par des tables rondes, concerts et performances autour de la thématique du paysage.

Marcher, cueillir, transmettre. La Chapelle des Andrettes accueille elle une artiste appartenant à une tout autre génération et à une autre géographie : l’artiste contemporaine italienne Chiara Camoni. La Passeggiata (d’après) est un projet consacré à la montagne Sainte-Victoire, dans lequel l’artiste associe sculpture, céramique, dessin, impression botanique et vidéo, mais aussi artisanat, rituels et pratiques collectives. 

Artistes de demain. Enfin, à L’École supérieure d’art d’Aix-en-Provence, Dérive, exposition conçue par Capsule Vortex, plateforme curatoriale indépendante dédiée à la création émergente. Dix artistes étudiants issus de quatre écoles supérieures d’art de la région y sont réunis autour de la notion de dérive : déplacement, égarement volontaire, glissement, du pavé urbain aux reliefs nature. Peinture, poésie, édition, performance, installation, vidéo et œuvres in situ vont composer le parcours de cette exposition. Une conférence intitulée « L’art de la Dérive, de Vinci à Guy Debord » par Nil Samar (Chaire de l’Improbable) sera donnée dans l’amphithéâtre de l’école le samedi 19 de 16h à 17h.

MARC VOIRY

Jean Messagier, l’été continué
Du 12 septembre au 15 novembre
Domaine Saint-Joseph – Atelier François Aubrun, Le Tholonet
La Passeggiata (d’après) 
Du 12 septembre au 7 novembre
Chapelle des Andrettes
Dérive
Du 18 au 24 septembre 
École supérieure d’art d’Aix-en-Provence

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OctOpus

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Dans les alentours de Cavaillon, la rentrée se fait en fanfare. Du 4 au 7 septembre, les circassien·nes du collectif Cheptel Aleïkoum proposent une petite tournée vauclusienne de leur spectacle OctOpus, qui allie musique, acrobaties et vélo dans l’espace public. 

Comme le titre l’indique, iels sont huit, et sont, à la manière des membres d’une pieuvre, aussi indépendants qu’indissociables les uns des autres. Toustes acrobates et musicien·nes, iels s’entassent sur de petits vélos, puis peu à peu s’élèvent dans des portés aériens et autres pyramides, sans jamais lâcher ni leurs tambours ni leurs trompettes. Une fanfare fantasque, familiale, programmée par La Garance.

C.M.

Du 4 au 7 septembre 
Noves, Mérindol, Mollégès, L’Isles-sur-la-Sorgue 
Dans le cadre de la programmation de La Garance, scène nationale de Cavaillon  

Festival Unworlding

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Temps fort de l’exposition Unworlding, le festival est inspiré par le nouvel ouvrage de Jack Halberstam Unworlding : Anarchitecture after Everything. Il s’ouvrira au LaboFriche par une lecture de cet ouvrage essentiel dont la traduction française est parue en août. S’en suivra une conversation avec Paul Preciado modérée par Simon(e) Van Saarloos.

Dans son livre Jack Halberstam identifie un lexique de transformation de l’architecture, et caractérise les pratiques de division propres au pouvoir déstabilisateur de la transidentité. Il fait ainsi éclater au grand jour les actes de violence formelle de notre époque. En son hommage, le festival Unworlding propose une série de dialogues publics pour réimaginer les structures et les relations que nous nous efforçons de bâtir dans un contexte d’effondrement social et institutionnel.

N.T.

Du 3 au 5 septembre
Friche la Belle de Mai, Marseille

France-Espagne

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elise bertrand© X-DR

Élise Bertrand (violon) – nommée dans la catégorie « Révélation Soliste Instrumental » aux Victoires de la Musique 2024– et Laure Cholé (piano), habituée de grands festivals, invitent à une traversée entre raffinement français et flamboyance espagnole. Les deux musiciennes proposent un dialogue tout en extrême avec au programme la Berceuse et la Romance de Gabriel Fauré, pages tendres et introspectives ; la Suite populaire espagnole de Manuel de Falla, mosaïque de couleurs folkloriques ; une Danse espagnole de Granados, portée par son élan rythmique. Mais aussi D’un matin de printemps de Lili Boulanger, œuvre lumineuse d’une compositrice trop méconnue jusqu’à l’incroyable Carmen Fantasy de Sarasate, sommet de virtuosité inspiré de l’opéra de Bizet. 

A.-M.T.

6 septembre 
Église de Saint-Christophe, Vachères