mardi 11 août 2026
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Earthbound

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Earthbound © Guido Mencari

À la croisée du théâtre, de la performance et de la réflexion écologique, Earthbound dresse le portrait d’une humanité contrainte d’apprendre à s’associer, à se mêler à d’autres espèces et à des machines, non pour dominer, mais pour guérir la planète et réinventer sa relation au vivant. Un spectacle de la metteuse en scène et marionnettiste italienne Marta Cuscunà, inspiré directement de l’essai Staying with the Trouble de la philosophe américaine Donna Haraway, interrogeant nos rapports contemporains à l’environnement, à la technologie, à l’identité et à la transformation.

Sur scène, l’artiste manipule des figures scéniques hybrides : chimères mécaniques, entités animales et traces d’humanité se confrontent et se combinent pour imaginer une utopie de coexistence symbiotique.

M.V.
22 et 23 janvier
Bois de l’Aune, Aix-en-Provence

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La Folle Journée

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Le Mariage de Figaro © Louie Salto

Une relecture vivante et engagée de La Folle Journée ou le Mariage de Figaro de Beaumarchais, avec dans le rôle principal Philippe Torreton. L’histoire est connue : Figaro, valet du comte Almaviva, doit surmonter obstacles, manipulations et intrigues pour épouser Suzanne, sa bien-aimée, quand bien même le comte souhaite la faire sienne. Ruses, manipulations et retournements de situation se succèdent à un rythme soutenu, une pièce où les quiproquos amoureux se mêlent à une satire sociale corrosive. La mise en scène de Léna Bréban met en lumière l’actualité du texte : au-delà de la comédie de caractère et du vaudeville, l’intrigue interroge la domination des privilégiés, la corruption des institutions et la question du consentement.

M.V.
22 janvier
L’Usine, Istres
Dans le cadre de la Saison Vagabonde du Théâtre de l’Olivier.
23 janvier
Théâtre de L’Esplanade, Draguignan

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Histoires de manger

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Histoire de manger © Geoffrey Posada-Serguier

Ce projet théatro-culinaire invite le public à partager un repas mis en scène, transformant la table en un espace de représentation, de mémoire et d’échange. Installée dans le hall du théâtre du Théâtre Joliette, une cuisine mobile met dans chaque plat cuisiné autant d’éléments de narration que d’ingrédients culinaires. Maly Diallo et Tatiana Spivakova, autrices, comédiennes, metteuses en scène et cuisinières, mêlent leurs héritages culturels – respectivement russo-arménien et sénégalais – et transforment les recettes en récits de vie. Histoire de manger est une expérience hybride, entre partage des saveurs et réflexion sur la transmission culturelle, les injonctions alimentaires et les histoires personnelles, à travers ce rituel universel qu’est le repas.

M.V.
23 et 24 janvier
Théâtre Joliette, Marseille

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Malandain Ballet Biarritz

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Boléro © Olivier Houeix

Héritier d’une tradition néo-classique, sur le plan chorégraphique comme sur le plan musical, Thierry Malandain nous invite à traverser Midi-Minuit, un triptyque célébrant une danse virtuose et multiple, cadencée par des chefs-d’œuvre du genre. Midi-pile, ou le concerto du soleil, recréé pour l’occasion, convoque ainsi Poulenc et son concerto pour deux pianos. Minuit et demi, ou le cœur mystérieux, création la plus récente, s’érige, entre autres, sur la célébrissime Danse Macabre de Saint-Saëns. C’est enfin le Boléro de Ravel tant célébré par la danse qui conclut ce programme, invitation à entrer dans la ronde pour mieux s’en émanciper.

S.CA.
23 et 24 janvier
Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence

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Un Requiem pour les vivants

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© Caroline Doutre

Laurence Equilbey dirige Insula orchestra et le chœur Accentus dans le Requiem allemand de Brahms, œuvre qui se distingue radicalement des requiem traditionnels. Composé sur des textes de la Bible de Luther choisis par Brahms lui-même, cette messe qui débute par « Heureux sont ceux qui portent le deuil » ne prie pas pour les morts mais s’adresse aux vivants, leur offrant consolation et espoir. Brahms construit une méditation humaniste et bouleversante en sept mouvements, centrée sur le réconfort de ceux qui restent. Cette interprétation marque le retour de Laurence Equilbey à cette partition, qu’elle avait déjà abordée dans une version à deux pianos en 2009. La soprano australienne Eleanor Lyons et le baryton américain John Brancyassureront les parties solistes.

A.-M.T.
21 janvier 
Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence

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Anniversaire en chambre

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Philippe Cassard, Anne Gastinel et David Grimal © X-DR

Marseille Concerts accueille trois sommités de la musique de chambre : Philippe Cassard au piano, David Grimal au violon et Anne Gastinelau violoncelle. Cette formation célèbre ses vingt ans d’existence avec un programme consacré à deux géants du répertoire. La soirée s’ouvrira sur le Notturno en mi bémol majeur D. 897 de Schubert. Composé en 1827, ce mouvement isolé à l’atmosphère contemplative préfigure l’univers du grand Trio n° 1 en si bémol D. 898 qui suit. Achevée quelques mois avant sa mort en 1828, cette œuvre monumentale traverse quatre mouvements d’une richesse expressive hors norme. Le concert s’achèvera avec le Trio en la mineur de Ravel, composé entre 1914 et sa mobilisation durant la Première Guerre mondiale. Œuvre impressionniste et novatrice, elle marie raffinement harmonique, rythmes basques dans Passacaille et virtuosité éblouissante du Finale.

A.-M.-T.
24 janvier
Auditorium du palais du Pharo, Marseille

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Fora

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Fora - Alice Rende © Clara Pedrol

Dans le cadre de l’Entre2 Biac organisée par Archaos, pôle national du cirque, Alice Rende, une des artistes de la « Bande » du Zef, présente un solo de cirque où la contorsion, spectaculaire, se marie à l’art de la disparition. Enfermée dans un parallélépipède de plexiglas très étroit, comme un gastéropode dans un tube à essai, elle plaque son ventre, ses mains, ses joues, ses pieds, contre les parois transparentes, laissant apparaître les pressions, les torsions qu’elle doit déployer pour se hisser hors de ce cocon froid et lisse. Dehors, Fora, où elle parviendra au terme de ce beau solo animé de lenteurs et d’accélérations, qui fait remonter des images inconscientes, utérines, oniriques, noyées. Où la virtuosité de l’acrobate n’a d’égale que sa puissance de suggestion.

AGNÈS FRESCHEL

21 et 22 janvier
La Gare Franche (Zef)
Scène nationale de Marseille

23 janvier
Théâtre de Pertuis

28 janvier
Le Sémaphore, Port de Bouc

30 et 31 janvier
Théâtre de Fonblanche, Vitrolles

Mare Nostrum 4

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© X DR

Tout commence en 2005 quand Paolo Fresu, trompettiste sarde, Richard Galliano, accordéoniste français, et Jan Lundgren, pianiste suédois, décident d’associer leurs talents lors de trois concerts en Suède. Le succès est immédiat tant leur proposition combine à merveille les traditions musicales de chacun. Trois albums vont suivre en 2007, 2016 et 2019 enregistrés dans leurs pays natals, témoignant d’une fusion unique entre folk, musique classique et jazz. On pensait la boucle bouclée mais que nenni. Avec Mare nostrum 4 (mars 2025), le trio impétueux propose douze récits musicaux qui célèbrent des lieux, comme Belle île en mer, la vie (Life), l’espoir (Hope), la vérité cachée (Hidden Truth). Ils nous offrent aussi une bouleversante relecture de La Vie en Rose que l’on aura le bonheur d’entendre à Aix-en-Provence.

 A.-M.-T.
27 janvier
Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence

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Rêvons c’est l’heure

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Rêvons c’est l’heure (lors du festival Avant le soir) © Mairie1_7

Titre d’un air de Jules Massenet, « Rêvons c’est l’heure », donne le ton à ce récital intimiste porté par Brigitte Peyré (soprano), Muriel Tomao (mezzo-soprano) et Caroline Boirot (piano). Sœurs par la musique, les deux chanteuses forment avec la pianiste une triade complice. Le répertoire pour duos de femmes n’est pas si étendu mais elles l’explorent avec des mélodies françaises et des lieds allemands. Elles y incluent des œuvres de compositrices. Elles alternent premiers et seconds sopranos, dessus et dessous, mêlant harmonieusement duos et solos brillants. Ce spectacle a été créé l’été dernier dans le cadre du festival Avant le soir, qui invite les Marseillais à des spectacles dans les parcs et jardins des 1er et 7e arrondissements. Nous aurons plaisir à les entendre à nouveau. En salle, cette fois.

A.-M.T.
24 janvier
Cité de la musique, Marseille

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Mouvement social au Conservatoire de Marseille  : Jean-Marc Coppola fait le point

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© AMAURY BAQUÉ

Après une semaine de colère sociale au Conservatoire puis dans l’ensemble du Campus Art Méditerranée, son président du conseil d’administration Jean-Marc Coppola, et adjoint au maire en charge de la Culture, revient sur cette semaine agitée. S’il salue l’accord signé vendredi avec les représentants du personnel [lire sur lamarseillaise.fr], il dénonce l’incurie des autres collectivités, les procès injustes faits contre l’établissement, et pointe l’instrumentalisation du conflit par la France Insoumise. Entretien 

Zébuline. Après une semaine de tensions, vous avez finalement trouvé un accord avec les représentants du personnel vendredi dernier. Que pouvez-vous nous dire sur la teneur de cette réunion ? 

Jean-Marc Coppola. Cette grève des agents d’accueil portait essentiellement sur des questions de pouvoir d’achat, de reconnaissance de leur métier, et de conditions de travail. Les agents d’accueil font un métier ingrat, ils travaillent tôt le matin et tard le soir, et ils ne se sentaient pas assez reconnus et valorisés par rapport à leur fonction et à leur engagement. On a répondu à des revendications tout à fait légitimes, qu’on aurait même dû anticiper. Il y avait des gens sérieux et constructifs en face de nous, qui ont exprimé leur colère et leur mal-vivre. 

À côté des revendications des personnels d’accueil du Conservatoire, d’autres revendications se sont agrégées. Notamment sur le manque de transparence autour du projet de Campus Art Méditerranée. 

Certains membres du personnel émettent des critiques, en disant que le projet n’est pas débattu, qu’il n’y a pas de transparence. Mais la réalité est très simple : non seulement il y a de la transparence, mais il y a aussi un dialogue nourri. Toutes les décisions prises passent par le conseil d’administration, et l’ensemble des représentants du personnel, ainsi que les étudiants et étudiantes, peuvent être présents s’ils ou elles le souhaitent. Avant le conseil, il y a aussi des réunions préparatoires où l’on débat des questions en amont, où des éléments, des éclaircissements, sont donnés. Ce n’est pas possible d’entendre qu’il n’y a pas de transparence. C’est la transparence la plus claire. 

Les agents ont tout de même dû se mettre en grève pour obtenir gain de cause.  

On tire toujours des enseignements pour que cela ne se reproduise pas. Il faudra mieux anticiper à l’avenir. Mais je sais aussi que la porte de Raphaël Imbert est ouverte en permanence. Qu’il rencontre parfois des représentants syndicaux en dehors des réunions préparatoires. Après ils peuvent contester, ne pas être d’accord. Certains représentants du personnel – pas la majorité – ont peut-être autre chose dans la tête, surtout en période électorale. 

Qu’est-ce qui vous fait penser cela ? 

Quand je me suis rendu mercredi matin au Conservatoire, j’ai croisé Sébastien Barles et trois personnes de la France insoumise, qui m’ont dit qu’ils étaient allés voir les agents d’accueil. Si c’est pour soutenir dans leur grève, ça ne me dérange pas, mais parfois, on est aussi capable de souffler sur les braises… 

Des représentants du personnel ont aussi dénoncé les choix dans le budget du Campus. Il serait favorable à la direction, au détriment des agents de contact, et des missions pédagogiques. 

Sur le financement, on hérite d’un établissement qui a été créé dans le passé, que l’on continue d’accompagner puisque le principal financeur c’est la Ville. Mais l’objectif c’est qu’il soit de plus en plus autonome de la municipalité : non pas que la Ville se désengage, mais qu’il y ait aussi l’État dans une plus grande part. Quant à la Région, le Département et la Métropole, ils sont aujourd’hui complètement absents. La Métropole a par exemple une compétence obligatoire en matière d’enseignement supérieur, ce qu’il y a aux Beaux-Arts. Or la Métropole ne l’exerce pas. Elle argue qu’elle n’a pas la compétence culture, alors qu’il n’est pas question de cela, mais bien d’enseignement supérieur. À ce titre, elle devrait financer une grande partie de l’établissement. D’ailleurs, la Métropole finance allègrement le Conservatoire d’Aix-en-Provence… Il y a une volonté de ne pas aider Marseille. C’est paradoxal pour une présidente de Métropole qui est candidate à la mairie de Marseille. 

Dans les contestations sur la répartition du budget, certains estiment qu’il y a des économies à faire en interne. Dans le budget proposé mercredi, il a été proposé une baisse de 4% dans les dépenses au niveau de la direction générale, du secrétariat général, et de l’administration. Certains estiment que l’argent qui est mis pour le secrétariat général, ou la direction, prive en même temps les missions pédagogiques. C’est faux. On ne touche pas aux missions des enseignants et enseignantes, on fait très attention à ça. 

Vous apportez toujours votre soutien à Raphaël Imbert ? 

Bien sûr, on a la chance d’avoir en directeur général un artiste capable de gérer un tel établissement. Il a dirigé le Conservatoire avant le Campus Art Méditerranée, et personne n’a jamais remis en cause cette gestion. Mais il y a des expressions parmi les représentants du personnel – quelques-uns, pas la majorité – qui remettent en cause sa légitimité. Mais en quoi peuvent-ils juger la légitimité d’une personne qui a fait ses preuves ? En tant que jazzman reconnu, et en tant que directeur de conservatoire. 

Je le soutiens d’autant plus que mercredi, devant le Conservatoire, il a entendu quelqu’un lui dire « voleur, on sait ou t’habites ». C’est inadmissible, je le condamne, et je souhaite qu’il y ait des suites données. Le conflit, c’est la vie. Mais dans le respect. 

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR NICOLAS SANTUCCI

C’est quoi le Campus Art Méditerranée ?
Campus Art Méditerranée est le nouveau nom donné à l’Inseamm (Institut national supérieur d’enseignement artistique Marseille Méditerranée). Il regroupe le Conservatoire de Marseille, l’école des Beaux-Arts, et l’Ifamm (Institut de formation artistique Marseille Méditerranée). Le budget de cet Établissement public de coopération culturelle, dirigé par Raphaël Imbert depuis octobre 2023, est abondé en grande partie par la Ville de Marseille (16,5 millions) et par l’État à hauteur d’1,2 million. N.S.

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