mercredi 11 février 2026
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La Folle Histoire de Marseille est lancée 

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Samia Chabani, commissaire de l'exposition Les statues des escaliers de la gare Saint-Charles © X-DR

C’est un nouveau rendez-vous, qui va ponctuer l’année 2025 puis 2026 à Marseille. Un festival d’histoire publique porté par la Ville de Marseille, en partenariat avec la revue L’HistoireLa Provence et Aix Marseille Université (Amu), qui entend « faire de l’histoire un bien commun vivant, partagé et accessible à toutes et tous. » Ce 4 juillet au Musée d’histoire, La Folle Histoire de Marseille accueillait les deux premiers rendez-vous de cette première édition « expérimentale » : une exposition sur les escaliers de la gare Saint-Charles, témoins du passé colonial de la ville, et une table ronde qui s’interrogeait sur le cosmopolitisme de Marseille.

2025, exposition décoloniale 

Au sous-sol, le musée présente l’exposition Les statues des escaliers de la gare Saint-Charles. Comment le passé colonial de Marseille marque le paysage urbain. Un premier rendez-vous pour La Folle Histoire de Marseille conçu par Samia Chabani – sociologue, directrice de l’association Ancrages, et collaboratrice au journal Zébuline rubrique Diasporik– qui met en avant l’histoire impériale et coloniale de la ville. Elle adopte une approche critique, invitant à débattre de l’iconographie coloniale encore présente dans l’espace public, en particulier dans cet escalier monumental.

Des panneaux et illustrations analysent les représentations symboliques présentes sur ces escaliers. Ils reflètent une conception hiérarchique de la société, marque de l’époque coloniale : au plus haut, les lions d’Ary Bitter, qui personnifient « Marseille et le Commerce/Marseille et l’Industrie ». Un palier en dessous, les pylônes d’Auguste Carli, avec Marseille en colonie grecque et porte de l’Orient. Et plus bas, des figures de femmes et d’enfants d’Afrique et d’Asie, : allégories coloniales de 1924 réalisées par Louis Botinelly sur les consignes précises du Port et des édiles. Des représentations qui sexualisent, voire animalisent, les femmes racisées représentées. L’exposition présente aussi les maquettes d’origine de ces statues, une affiche de l’exposition coloniale de 1922, ainsi que des mini-documentaires de Mars Imperium à découvrir.

Une histoire en mouvement

S’en est suivi une table ronde intitulée « Marseille : Porte du monde ? », vouée à éclaircir les récits migratoires à l’aide de quatre historiens spécialisés de l’Antiquité à l’époque actuelle. Modérée par Valérie Hannin, directrice de la rédaction de la revue L’Histoire et co-initiatrice du festival, la discussion interroge les imaginaires de Marseille « ville cosmopolite ». Si le point d’interrogation de la dénomination de la table ronde peut surprendre, Céline Regnard, historienne spécialiste des migrations et de Marseille à l’époque contemporaine, précise qu’en 2021, 15,7 % des habitants de Marseille sont nés à l’étranger, contre 20 % en région parisienne. 

L’échange se poursuit à l’époque de la Grèce antique avec Paulin Ismard, historien politique et social de cette période ; passe par Gilbert Buti, historien spécialiste d’histoire économique et sociale de l’Europe méditerranéenne moderne, qui analyse une peinture diffusée incarnant la diversité des peuples présents le vieux port de Marseille ; poursuit avec Benjamin Stora, grand historien spécialiste de l’Algérie contemporaine, qui évoque la connexion entre Alger et Marseille ainsi que les récits oubliés de cette communauté ; et revient à Céline Regnard, qui s’attèle à défaire les stéréotypes et à remémorer l’ambivalence de la ville.

LILLI BERTON FOUCHET 

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Villeneuve en scène 

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Cie Nokill © X-DR

Jusqu’au 20 juillet, le festival Villeneuve en scène devient un « centre culturel à ciel ouvert »comme le définit Brice Albernhe, son directeur depuis 10 ans. Dans la plaine de l’Abbaye, une programmation variée est présentée. La Cie Nokill propose son spectacle Camera Obscura : un film projeté sans électricité, mais pas sans idées ; Tes bras les soirs d’orage qui raconte une histoire d’adoption entre théâtre et danse à la médiathèque Saint Pons ; La Cie Maurice et les autres propose quant à elle Carmen, une adaptation de Bizet entre théâtre de tréteaux, théâtre musical et opéra. Avec onze spectacles programmés, Villeneuve en scène veut être le « jardin du festival d’Avignon » : moins rythmé, plus intime mais avec autant de qualité et de rencontres. 

LOLA FAORO

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Les Rencontres d’Été de La Chartreuse

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Affaires Familiales © Martin Argyroglo

En parallèle du Festival d’Avignon, Les Rencontres d’été de la Chartreuse reviennent avec trois spectacles, quatre lectures et une exposition du 8 au 25 juillet. Un « conte pour enfant à destination des adultes » de Léa Katherine Meier (Tous les sexes tombent du ciel). Le Festival d’Avignon y renouvelle son partenariat historique avec Affaires familiales d’Émilie Rousset où l’on plonge dans le quotidien d’avocates spécialisées. Cyrille Atlan propose, lui, un seul en scène entre texte et théâtre d’objet qui se questionne sur l’art brut (Henriette ou la fabrique des folles). La langue arabe étant l’invitée discrète du festival, le texte Le Mur ou l’éternité d’un massacre d’Hatem Hadawi sera lu le 15 juillet. Il revient sur les horreurs commises par l’armée de Bachar el-Assad sur les rebelles de Deir Ez-Zor en 2012. L’ensemble de la programmation est à découvrir sur chartreuse.org

LOLA FAORO

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Marseille, du Nord au Sud 

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Fruit de quatre années de travail passionné, le double disque Légendes du Nord et Histoires du Sud, porté par l’Orchestre de Mandoline des Minots de Marseille (OMMM), est bien plus qu’un simple enregistrement musical, c’est un projet artistique, éducatif et citoyen.

Initiée en 2021 par le mandoliniste et compositeur Vincent Beer-Demander, épaulé à la direction par Catherine Arquez, cette aventure musicale fédère plus de 250 enfants âgés de 7 à 17 ans, issus des seize arrondissements de Marseille. Réunis chaque semaine dans leurs écoles, centres sociaux ou au sein du Conservatoire Pierre Barbizet, ces musiciens en herbe ont appris à manier l’un des instruments les plus méditerranéens qui soient : la mandoline.

Au fil des saisons, le répertoire s’est étoffé, les concerts se sont enchaînés, les rencontres ont fleuri. En novembre 2024, l’enregistrement en studio de ce double CD est venu concrétiser cette progression collective. L’album réunit quatre pièces de Vincent Beer-Demander, conçues pour orchestre de mandolines.

La première, Légendes du Nord, est un conte musical inspiré de sa rencontre avec Rachel Tolkien. Celle-ci fait partie de la quatrième génération de la famille du célèbre auteur du Seigneur des Anneaux. L’œuvre musicale va y puiser l’univers onirique des elfes, des nains, des chevaliers, des géants, des princesses et des démons de glace.

Festin musical

La deuxième pièce, Le Festin musical rend hommage aux communautés de la diversité marseillaise les plus représentées. On pourra se délecter avec bonheur des savoureux KeftaAlgerianaFiadona de BonifacioArarat d’ErevanCaviar de la mer Noire et Tiramisu du Panier

Viennent ensuite Trois portraits américains, dédiés aux mandolinistes Mike Marshall, Ricardo Sandoval et Hamilton de Holanda. Enfin, retour aux sources avec 7 couleurs, première des quatre créations de l’OMMM, donnée à l’été 2021 au théâtre du Merlan (devenu le Zef).

On retrouvera aussi sur l’album des amis et compagnons de route de l’orchestre comme Raphaël Imbert (saxophone), Claude Salmieri (piano) et Grégory Daltin (accordéon). La richesse sonore de l’ensemble, la fraîcheur de l’interprétation et l’engagement des jeunes musiciens impressionnent. On y entend non seulement des talents en devenir, mais surtout une volonté collective d’apprendre, de se rassembler, de créer. 

À l’heure où les politiques culturelles cherchent à renouer le lien entre création, éducation et territoire, Légendes du Nord et Histoires du Sud s’impose comme un modèle inspirant. Un disque à écouter, certes, mais aussi une histoire à partager, celle d’une ville qui fait de la musique un langage commun, entre le nord et le sud, entre enfants et artistes. L’album est disponible en ligne et dans plusieurs enseignes culturelles.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Légendes du Nord et Histoires du Sud, Orchestre de mandoline des Minots de Marseille.

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Les « fous » se posent à Marseille

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© Hervé Richaud

Jusqu’au 25 octobre à La Compagnie, Le Chemin des Fous présente quatre ans de production artistique par les membres accueillis au sein du Refuge Migrant.es LGBTQIA+ de Marseille (RML). Jeunes, émigrés, et queer, ils ont participé chaque semaine à des ateliers proposés par de nombreux artistes marseillais, pour créer cette exposition en partenariat avec RIFT, la Pride et le Festival de Marseille.

Sur des écrans plats, quelques-uns retracent leur périple sur une carte. Un parfum de lassitude plane face aux questions habituelles : « d’où viens-tu ? », « pourquoi es-tu parti ? », « pourquoi la France ? »… Certains le disent lors du vernissage : ils en ont assez de devoir justifier leur venue, leur présence, voire leur existence.

Dans des vidéos « submersives » projetées sur les murs d’une des salles, on entend le slogan : « Rien sans nous et sans nous rien », comme un écho aux pancartes de la première salle « Refugee Lives Matter », « Queer Lives Matter », puis « Lives Matter », tout simplement, car si les droits de certains ne sont pas respectés, le sont-ils vraiment pour les autres ?

C’est tout l’objet de l’association RML que d’offrir à ces personnes doublement marginalisées un espace de liberté d’expression. Le RML les aide en outre à gérer demande d’asile et recherche d’emploi, et a participé à la Pride, le 5, sur un char réservé.

GABRIELLE SAUVIAT

Le Chemin des Fous
Jusqu’au 25 octobre
La Compagnie, Marseille 

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Rencontres d’Arles

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© Adam Ferguson

Des dizaines d’expositions ont débuté le 7 juillet aux Rencontres d’Arles, autour du fil conducteur des « images indociles ». Parmi celles-ci, On Country à l’église Sainte-Anne, où une dizaine de photographes australiens, autochtones et non-autochtones, explorent les liens complexes à la terre dans ce pays marqué par deux siècles et demi de colonisation.

À l’église des Trinitaires, Futurs ancestraux, exposition où de jeunes artistes brésiliens passent au crible le passé raciste, colonial et homophobe de leur pays. 

À la Maison des peintres, un focus sur l’œuvre de la photoreporter Claudia Andujar. Et à l’église Saint-Blaise, Nan Goldin présente Le Syndrome de Stendhal, diaporama qui met en regard des images de chefs-d’œuvre de l’art classique, de la Renaissance et du baroque avec des portraits de ses proches et de ses amours.

Jusqu’au 5 octobre
Divers lieux, Arles et même ailleurs

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Mercredis du port

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Gratte Ciel Fuego © Alain Julien

Théâtre, cirque, art de rue, musique, ateliers, danse et apéros : les Mercredis du Port organisés par Le Citron Jaune sont de retour sur le port de plaisance de Port-Saint-Louis-du-Rhône, tous les mercredis du mois de juillet.

C’est la compagnie Gratte Ciel qui ouvre les festivités ce mercredi 9 juillet à 19h30 avec Fuego, et pour célébrer cette ouverture comme il se doit, ils ont mis les petits plats dans les grands : estrade, drapeau, feu d’artifice. L’occasion de retrouver la folie douce de cettecompagnie arlésienne, adepte des acrobaties aériennes explosives.

Un spectacle suivi à 21 h par un rendez-vous dance-floor avec le Mange bal, qui organise surle quai du Port une improbable rencontre entre bal folk et free-party, revitalisant clarinette et accordéon.

9 juillet
Quai du Port, Port-Saint-Louis du Rhône

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Fadas du monde

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Collectif Xanada © X-DR

Du 10 au 13 juillet, le Village des Fadas du Monde à Martigues propose une multitude de propositions artistiques et culturelles gratuites : de la musique, du théâtre, des sports, de la danse… 

Signalons côté concerts, le 10 juillet à 20h, une véritable machine à faire danser : Sekouss, c’est-à-dire douze percussionnistes au groove et à l’énergie plus qu’euphorisantes. Suivis à 22h par les Repris de justesse, groupe de reprises où passent notamment Jacques Brel et Iggy Pop. 

Côté spectacles, le 11 à 18h et 19h30 Radio 2000 Opus 2 par la Cie du Grand Hôtel, deux compères, techniciens d’électroménager, du genre embobineurs, vous attendent sur leur stand. Et à 22h30, Roadmovie sur place & sans caméra du Collectif Xanadou, l’histoire d’une voiture qui prend vie, fait grève et refuse de transporter qui que ce soit… 

Du 10 au 13 juillet
Base nautique municipale de Tholon, Martigues

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Billy Budd : mer agitée, désirs enchaînés

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The Story of Billy Budd, Sailor — Festival d'Aix-en-Provence 2025 © Jean-Louis Fernandez

Ted Huffman et Olivier Leith ont proposé à Aix-en-Provence en création mondiale, une adaptation en opéra de chambre de Billy Budd de Britten (1913-1976), œuvre elle-mêmeinspirée d’une nouvelle d’Herman Melville. Si cette production tient peu la comparaison avec la magistrale version originale avec orchestre, ce format, réduit, est cependant une bien belle réussite.

Cet opéra, exclusivement masculin, se déroule au XVIIIe siècle, à bord d’un navire de guerre britannique, L’indomptable, régi par des lois morales où émotions et désirs n’ont pas droit de cité. Britten, qui vit alors son homosexualité dans une Angleterre conservatrice où celle-ci est encore criminalisée, trouve ici un terrain d’expression symbolique.

Tragédie du non-dit

La force de cette pièce réside dans la dynamique entre trois personnages : le jeune Billy, d’une beauté et d’une innocence lumineuse, interprété par Ian Rucker, baryton à la voix claire et souple qui incarne le mousse désarmant, marqué par un bégaiement, illustrant, latragédie du non-dit, de la parole empêchée, de l’amour réprimé. 

Celui-ci est l’objet d’un désir trouble de la part de Claggart, capitaine d’armes, interprété avec une noire intensité par Joshua Bloomer. Ce dernier, incapable d’assumer l’attirance qu’il éprouve pour Billy préfère fomenter sa perte. Son aria central O beauty, O handsomenessgoodness! déploie une interprétation radicale, celle d’un personnage rongé par la frustrationqu’il détourne en haine.

Face à eux, le capitaine de navire Vere, campé par Christopher Sokolowski, semble droit dans ses bottes. Mais sa voix trahit l’ambiguïté. Il incarne cette figure du témoin déchiré entre sa fonction et sa tendresse pour Billy. Son grand monologue final, après l’injuste condamnation à mort de Billy, le montre hanté par la culpabilité de celui qui, lui non plus, n’a pu ni dire, ni sauver.

Le sommet émotionnel est atteint par Billy in the Darbies, solo de Billy juste avant son exécution, porté par le phrasé juvénile, presque enfantin de Rucker. Cette acceptation paisible de la mort, servie par la mise en scène, donne à Billy une dimension christique.

Si le livret, coécrit par Britten et E.M. Forster, n’évoque jamais explicitement l’homosexualité, tout le suggère. Ce « sous-texte » devient aujourd’hui central dans les lectures contemporaines. Cette création l’assume avec justesse et élégance. Soixante-dix ans après sa création, l’histoire de Billy Budd ne cesse de résonner.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Spectacle donné le 5 juillet au Théâtre du Jeu de Paume, dans le cadre du Festival d’Aix-en-Provence.

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Ayo : la musique est politique

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AYO © Sophie KOELLA

Zébuline. Dans Mami Wata, votre septième album, il est question d’eau, et de féminité. 
AyoOui, je l’ai dédié à l’océan et à la féminité, Mami Wata, c’est une déesse dans la religion yoruba, qui est aussi ma tribu et celle de mon père [au Nigéria, ndlr]. En tant que mère de trois enfants, je dis toujours que la vie commence dans l’eau, quand on est enceinte, c’est comme si on avait un océan en nous et pour moi c’est assez symbolique. Aussi, je parlais de féminité, il y a une chanson qui s’appelle Woman, qui donne une voix aux femmes qui n’en ont pas, qui ne sont pas entendues. Pour moi, c’est très important d’être solidaire avec une sœur, j’aime bien voir les femmes comme si nous étions toutes liées.

Il y a aussi un hommage à Mahsa Amini, l’étudiante assassinée par la police des mœurs iranienne. 
Oui, mais c’est aussi un hommage à toutes les autres femmes qui se font tuer par le régime iranien. C’est Mahsa qui m’a inspirée, c’est grâce à elle que j’ai fait des recherches sur ce sujet et tout ce que j’ai trouvé m’a tellement brisé le cœur. On est en 2025, et on parle encore de pays où certains n’ont pas le droit de s’exprimer ni de porter ce qu’ils veulent… On doit être tous ensemble, on ne doit pas faire comme si on ne voit pas ce qu’il se passe ailleurs. On ne peut pas dire que ça ne nous concerne pas. 

Vous parlez aussi des violences domestiques et sexuelles dans votre album, pour vous c’est important d’évoquer ces problématiques à travers la musique ? 
Très important. Je crois même que l’on connait tous quelqu’un qui a vécu ou qui a eu des problèmes à la maison… c’est presque normal. Il y a beaucoup de femmes qui se font violenterpar leur mari… alors, j’essaye trouver une façon de parler de ces sujets sans être trop dans le négatif. 

Vous parliez de cette inspiration de la culture de votre père, vous êtes né en Allemagne, est-ce une manière de vous reconnecter avec vos racines nigérianes ?
Je dis toujours que c’est presque comme si je n’ai pas vraiment besoin de me reconnecter à mes racines. Je suis née et j’ai grandi en Allemagne, mais il n’y avait pas un jour où quand j’allais à l’école je n’entendais pas les insultes racistes de la part d’autres enfants. On ne peut pas être déconnecté de nos racines, c’est plutôt l’opposé en fait, on se connecte encore plus. Aujourd’hui, je me sens comme une citoyenne du monde avec tous les endroits où j’ai vécus, les gens que je vois et tout ce que j’ai fait.  

C’était difficile pour vous en tant qu’artiste féminine afrodescendante de vous faire une place dans la scène musicale ? 
À mes débuts en France, on m’a dit « ah non, nous on a déjà un artiste noir », donc ils n’ont pas voulu me signer alors qu’on ne va jamais dire « j’ai déjà un artiste blanc ». Ça m’a choqué à l’époque. Aujourd’hui, je ris de ça, mais ce n’était pas facile, et je suis contente de voir qu’aujourd’hui ce n’est plus comme ça. 

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR LILLI BERTON FOUCHET 

Les Nuits d’Istres 
Du 7 au 11 juillet 
Pavillon de Grignan, Istres

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