mardi 14 avril 2026
No menu items!
Accueil Blog Page 94

Château des Carpathes

0

Un petit village replié sur lui-même, cerné par d’impénétrables forêts, des habitant·es enclin·es aux superstitions et un château auréolé de folles légendes : inspiré du roman fantastique méconnu de Jules Verne, le Château des Carpathes est un spectacle entre opéra miniature et illusions visuelles signé Émilie Capliez.

La metteuse en scène fait dialoguer, dans une scénographie mouvante où intervient la vidéo, comédien·nes, chanteuse et musicien·nes de jazz – violoncelliste, pianiste et trompettiste – (musique du spectacle composée par la trompettiste Airelle Besson). Entre conte gothique et expérience sensorielle, un spectacle 2.0 telle une métaphore des obsessions contemporaines autour de l’image, du double et de la mémoire.

M.V.
9 et 10 octobre
Jeu de Paume, Aix-en-Provence
14 et 15 octobre
Théâtre d’Arles

Vespro

0

En 1610, Monteverdi compose ses Vêpres pour la Vierge, premier chef-d’œuvre sacré du baroque. Le chef Simon-Pierre Bestion et son ensemble La Tempête proposent avec Vespro une version spectaculaire de cette œuvre monumentale alternant morceaux flamboyants du maître italien avec chants anciens plus simples, tirés d’un recueil de faux-bourdonsharmonisation de chants grégoriens , de l’Antiphonaire des Invalides, manuscrit liturgique conservé à Paris et du Manuscrit de Carpentras, recueil de musique sacrée médiévale.

Cette respiration entre grandeur vénitienne et instants contemplatifs renforce l’émotion. Les chanteurs se déplacent comme dans un ballet, une cérémonie spirituelle tandis que des jeux de lumière créés par Marianne Pelcerf font passer la scène de l’obscurité à la clarté.

A.-M.T.
11 octobre
Grand théâtre de Provence, Aix-en-Provence

Les Saisons

0
© X-DR

Chez Thierry Malandain, la danse se suffit à elle-même : pure, sensuelle, vitale. Avec Les Saisons, le chorégraphe réunit Vivaldi et Guido dans un même élan d’énergie poétique. Sur les concertos flamboyants du premier et les partitions plus secrètes du second, les danseurs de son Malandain Ballet Biarritz incarnent la force des éléments, l’urgence du mouvement, la beauté nue des corps. Pas d’histoire, mais une traversée des cycles de la nature et du temps, où la virtuosité devient langage. Un ballet solaire et organique, tout en souffle et en grâce.

S.CA.
Les 11 octobre et 12 octobre
Zénith de Toulon

Stabat Mater

0
© X-DR

Deux voix, une prière : le contre-ténor Rémy Brès-Feuillet et la soprano Marie Théoleyre unissent leur souffle au sein de l’Ensemble La Palatine pour un bouleversant Stabat Mater de Pergolèse. Écrit par un compositeur de vingt-six ans à l’orée de la mort, ce chef-d’œuvre baroque mêle ferveur, douleur et lumière. Soutenus par Guillaume Haldenwang au clavecin, Roxana Rastegar et Yuna Lee aux violons, Maialen Loth, François Gallon et Adrien Alix aux cordes graves, les artistes feront vibrer la Basilique du Sacré-Cœur d’une émotion pure. En ouverture, des motets de Hasse rappelleront l’éclat du baroque napolitain.

S.CA.
14 octobre
Basilique du Sacré-Cœur, Marseille

Retrouvez nos articles Musiques ici

Passeport

0

Star du théâtre privé, le metteur en scène Alexis Michalik collectionne les succès sur les planches… et les Molière – il en a déjà six sur sa bibliothèque. Des succès populaires qui ne l’empêchent pas de traiter de sujets sensibles, lourds, qui le touchent. Après Intra Muros, qui s’intéressait aux prisons, il présente avec Passeport un récit social sur des réfugiés arrivés en France.

Dans cette comédie satirique qui prend pour cadre la « jungle » de Calais, Alexis Michalik entend offrir un peu d’humanité à ceux que beaucoup n’osent voir, sinon à travers les discours de haine d’une certaine classe politique.

N.S.
14 octobre
Théâtre de l’Esplanade, Draguignan

Romain Guilhem

0
©X-DR

De Schubert à Piazzolla, en passant par Satie et Glass, le pianiste Romain Guilhem traverse les styles, les siècles et les esthétiques avec élégance. Son récital gratuit à l’Idéethèque des Pennes-Mirabeau retrace l’évolution d’un instrument caméléon, tour à tour romantique, poétique, minimaliste ou jazz. Virtuosité lisztienne, tendresse schubertienne, mélancolie argentine : un véritable traité de technicité et de panache. Lauréat de plusieurs concours internationaux et pédagogue passionné, le musicien marseillais révèle la continuité sensible entre les époques. Un voyage accessible et lumineux, pour tous les publics.

S.CA.
8 octobre à 15h
Idéethèque des Pennes-Mirabeau
concert gratuit sur réservation

Retrouvez nos articles Musiques ici

Bien, reprenons !

0

C’est une de nos grandes fiertés régionales. Le Détachement international du Muerto Coco sait manier les arts, croiser les genres, pour présenter des spectacles toujours empreints d’humour, d’astuce, d’irrévérence bien sentie. Ce 14 octobre au Théâtre du Rocher (La Garde, Var), à l’invitation du Pôle de la Seyne-sur-Mer, c’est un spectacle petit format qu’il présente, une « Divagation biographique pour 1 interprète musicien né en 1987, 2 clarinettes, un ensemble de Voix off et un homard bleu d’Atlantique. »

Faut-il vraiment en dire plus ? Disons juste que ce spectacle intitulé Bien, reprenons ! mêle musique, fable sociale, poésie… entre autres bien sûr !

N.S.
14 octobre
Théâtre du Rocher, La Garde
Une proposition du Pôle, arts en circulation, de La Seyne-sur-Mer.

Il n’y a pas de Ajar

0

Adapté du roman de Delphine Horvilleur, Il n’y a pas de Ajar s’inspire des doubles de l’écrivain Romain Gary, qui publia sous plusieurs pseudonymes, dont le plus célèbre : Émile Ajar. L’auteure s’est emparée de cette mystification littéraire pour inventer le personnage du fils d’Émile, Abraham, qui vit caché dans une cave qu’il appelle « le trou juif », celui où est morte Madame Rosa, dans le roman La vie devant soi.

Dans cette adaptation pour la scène, Abraham (qui se révèle être une femme, jouée par Johanna Nizard), décortique, en dialogue avec le public, cette imposture littéraire devenue légende, tout en questionnant nos propres masques, identités et fictions. Derrière l’humour, une méditation sur la création, la judéité, la transmission, et la puissance de l’imaginaire face aux enfermements sociaux. M.V.

13 au 18 octobre
Théâtre des Bernardines, Marseille

Deux concerts

0
Michelespotti©marcoborrelli

Deux rendez-vous à l’Opéra de Marseille cette semaine pour célébrer la musique dans tout son lyrisme et toute sa puissance. Le 9 octobre, Michele Spotti dirige l’Orchestre Philharmonique dans un triple hommage au génie romantique et à la modernité : l’ouverture des Maîtres chanteurs de Nuremberg et le Liebestod de Tristan et Isolde de Wagner précèdent le choc tellurique du Sacre du printemps de Stravinsky. Entre solennité, passion et pulsation païenne, c’est l’intensité qui prime sur ce beau programme symphonique. Le 11 octobre, place à l’intimité du Foyer avec Quatuors et Trios tous azimuts : le charme nocturne de Doppler, l’élégance cinématographique de Nino Rota, le souffle romantique du Trio pour cor de Brahms et la grâce debussyste de La Petite Suite. Deux concerts naturellement accessibles, entre grand orchestre et dialogue chambriste.

S.CA.
9 octobre à 20h
11 octobre à 17h

Opéra de Marseille

Retrouvez nos articles Musiques ici

[ Canebière Film Festival] Avec Anna Le Mouël

0

Le Canebière film festival met à l’honneur les technicien·nes du cinéma, avec cette année un focus sur les concepteurs de décors. L’occasion de rencontrer Anna Le Mouël, cheffe décoratrice invitée avec la cinéaste Louise Hémon pour le film L’Engloutie. Zebuline l’a rencontrée

Qu’est ce qui vous a donné envie de devenir Cheffe Déco ? Quelles études avez-vous suivies ?

 C’est arrivé un peu par hasard. J’avais entamé des études d’archi et on m’a proposé de faire un TPE (Travaux de Fin d’Etudes) à la FEMIS. J’ai adoré car ça correspondait à ma personnalité. J’ai arrête les études d’archi et j’ai travaillé dans la déco. Au départ sur des courts, puis des longs en tant que cheffe déco. J’avais fait une école d’arts appliqués, je dessinais beaucoup, faisais des chantiers. Les décors c’est la rencontre de milieux artistiques avec des choses très manuelles. Il y a le regard artistique et aussi un gros aspect technique auquel je tiens beaucoup

Vous avez commencé par le court métrage Massacre de Maité Sonnet, nous semble t-il  en 2019. Et depuis des longs dont Saint Omer et Le Ravissement. Comment abordez-vous une nouvelle proposition ? Par le scénario, les échanges avec les cinéastes ?

J’ai commencé avant par des courts moins connus, très jeune. D’abord, je tiens beaucoup au scénario. J’aime lire le scenario et voir ce que le réalisateur a fait avant. C‘est comme cela qu’on se projette dans une mise en scène, qu’on imagine les choses et il y a la confrontation avec le réel. C’est assez rare que ce qu’on imagine corresponde au désir du réal. Parfois ce sont nos deux idées qui vont se rencontrer, parfois je me laisse emporter par la vision du réal quand je la trouve incroyable. Parfois c’est l’inverse : il faut alors l’accompagner par des références, de films ou des dessins

Y a t-il eu des propositions que vous avez refusées (Sans citer des noms bien sûr) et dans ce cas pourquoi ?

Pas tant que ça ! Je suis jeune ! Ce sont souvent des questions politiques. Je suis plutôt de gauche et il y a des films que je ne pourrai pas faire car la représentation des personnes dans le film serait trop compliquée : ça me bloquerait pour me projeter. C’est dur quand on n’aime pas un scénario d’aller chercher du désir. Le cinéma demande tellement d’énergie, une implication totale. C’est tellement chronophage ! Sans ce désir-là c’est terrible ! Autant faire autre chose !

Pouvez-vous nous préciser comment vous travaillez : repérages de lieux, dessins, maquettes, tableaux… ?

Il faut parler de quelque chose de très important : le budget d’un film et celui de la déco qui est un très gros budget. Tout se passe dans les pré-repérages, les dessins et beaucoup de références. J’adore les chercher et je travaille beaucoup avec ça. Après on dessine une trame avec le chef opérateur.

Comment avez-vous travaillé avec Louise Hémon pour L’Engloutie ?

Il y a une petite exception pour L’Engloutie. Louise avait une iconographie délirante, vraiment beaucoup de livres sur l’époque. Elle m’avait conseillé la Cinémathèque des montagnes, une base de données incroyable. L’Engloutie est un film à base de nombreuses images documentaires, des images de films comme Les Portes du Paradis, Heureux comme Lazare. Le Cimino pour quelque chose du western. Des peintres du clair-obscur aussi avec ce choix de la lumière du feu. Avec le chef op, on fait beaucoup de réunions. On s’échange des références en dehors du réal. C’est important car on parle de pure image, de pure lumière. J’aime aborder aussi la question des couleurs.

 Pour L’Engloutie, il a fallu fabriquer la cheminée, créer un conduit pour évacuer la fumée. Pas toujours efficace ! Il fallait beaucoup de grands feux pour avoir le maximum de lumière. On a repeint tous les murs, et dans les patines du bois, on mettait beaucoup de blanc, pour que la lumière  rebondisse. Dans cet espace tout était noir. Des noirs qu’on a vernis pour qu’ils prennent le plus possible la lumière. Dans les lampes à pétrole, pour les extérieurs, on a caché des torches remplies de paraffine pour que dans les plans de loin, on ait assez de lumière.

Combien de temps a duré la construction du décor et combien de personnes y ont participé ?

La construction a pris beaucoup de temps. On a eu un mois sur place mais la neige est tombée très tôt, en novembre,  et on s’est retrouvé avec des véhicules improbables pour transporter du bois à 2000 mètres d’altitude. On a mis presque 6 mois, ce qui est très long pour ce type de film. On était une vingtaine. Parfois pour certains films, l’équipe monte jusqu’à 200 personnes. C’est le premier assistant qui gère le budget pour les embauches. La période de négociations avec la production est très compliquée. Un budget où il y a les matériaux et les embauches « chargées » , c’est souvent 5 à 10% du budget d’un film.

Un entretien réalisé par Elise Padovani et Annie Gava  le 8 octobre à l’occasion de l’avant-première du film de Louise Hémon, L’Engloutie

Anna Le Mouël © A.G.

Lire ICI la critique du film et ICI l’interview de Louise Hémon