mercredi 30 novembre 2022
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Sables (é)mouvants 

Subtil, harmonieux, et captivant. Une heure et demie avec Avishai Cohen, ce n’est pas assez

Incontournable figure du jazz international, le contrebassiste, chanteur et compositeur Avishai Cohen posait ses valises le temps d’une soirée au Grand Théâtre de Provence. Il y a présenté la musique de son dernier album, né durant les années de la pandémie, Shifting Sands (Naïve/Believe), « Sables mouvants ». À ses côtés, le pianiste Elchin Shirinov et la batteuse Roni Kaspi conjuguent leur talent à l’élégance musicale de ses compositions. Variété rythmique, amples phrases mélodiques, tournoiements ostinato, palette somptueuse, l’ensemble est captivant au point que l’on reste sur sa faim et que, malgré le rappel au cours duquel le musicien s’accompagnant du piano puis de la contrebasse offre deux chants aux couleurs nostalgiques, le public se sent lésé. Le concert a pourtant bien duré son heure et demie, montre en main, mais d’une telle poésie que chacun a eu l’impression de ne vivre qu’un bref instant. L’alchimie propre au contrebassiste se noue dès le premier morceau, Interwined, où le piano lumineux, la contrebasse toute en subtiles pulsations et la batterie énergiquement affirmée tressent de nouvelles explorations. Embarquement inconditionnel pour le lyrisme pailleté de Window, l’écriture contrapuntique de Dvash, l’atmosphère incantatoire de Joy, la nostalgie de Below, la délicatesse de Shifting Sands, le tempo dansant de Chacha Rom, le lyrisme de Hitragut, les étonnements ensorcelés de Videogame, l’expressivité à fleur de peau de Kinderblock… On se laisse emporter dans cette bulle magique au cœur de laquelle les improvisations de la contrebasse, les riffs du piano, la verve bouleversante de la batterie, atteignent des sommets inégalés.

MARYVONNE COLOMBANI

Avishai Cohen a joué le 30 septembre au Grand Théâtre de Provence, à Aix-en-Provence
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