lundi 3 octobre 2022
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Stacey Kent, ou l’intimité

La chanteuse américaine n’est pas du genre à mettre le feu aux foules. Sa voix est un baume qui résonne doucement jusqu’en haut du ciel étoilé

Il est des moments de grâce. Comme le concert de Stacey Kent programmé le 16 juillet par le Marseille Jazz des Cinq Continents au Théâtre Silvain : même la canicule semblait s’apaiser, les avions passer en silence, lentement, comme s’ils voulaient écouter… 

La chanteuse maîtrise chacune de ses inflexions. En français, en anglais, en espagnol, c’est le sens des paroles qui l’anime, et qu’elle parvient à faire ressentir jusque dans chaque détail des phrases, des notes. Dans un registre allant du murmure au mezza voce, rarement à pleine voix, qu’elle a pourtant fort belle, elle entre en dialogue constant avec chacun de ses musiciens, leur laisse la place de solos magnifiques et inspirés et chante véritablement à deux voix avec le saxo de Jim Tomlinson, qui compose aussi quelques unes de ses chansons, et arrange le reste. Elle dit, comme à chaque concert, qu’il est son mari, et cette intimité partagée vibre jusqu’en haut de l’amphithéâtre de verdure. 

Car l’exploit de cette crooneuse au swing tranquille et aux gestes doux est d’installer une relation d’intimité avec chacune des deux mille personnes venues l’écouter. Diplômée de littérature comparée, elle connaît le poids des mots, leur rapport aux notes, et aime chanter en français. Son interprétation de Avec le temps a conclu le concert en apothéose. Douloureuse, sublime, comme si elle seule pouvait toucher au chef-d’œuvre de Ferré.

SARAH LYNCH

Stacey Kent était sur la scène du Théâtre Sylvain, le 16 juillet, dans le cadre du festival Marseille Jazz des Cinq Continents.

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