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	<title>Archives des A la une - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des A la une - Journal Zebuline</title>
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		<title>Vous reprendrez bien une Bourbon ? </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Apr 2026 12:26:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il était une fois une princesse blonde de 22 ans qui rêvait de se marier en la basilique Saint-Denis avec un futur chef d’État français. Juste au-dessus des tombes de ses ancêtres au sang bleu, les rois morts de Saint-Denis.&#160; Las, le futur époux et chef d’État n’est qu’un manant anabaptiste au nom italien et [&#8230;]</p>
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<p>Il était une fois une princesse blonde de 22 ans qui rêvait de se marier en la basilique Saint-Denis avec un futur chef d’État français. Juste au-dessus des tombes de ses ancêtres au sang bleu, les rois morts de Saint-Denis.&nbsp;</p>



<p>Las, le futur époux et chef d’État n’est qu’un manant anabaptiste au nom italien et au prénom à consonance hébraïque qui s’embourbe un peu dans le Jourdain. Mais sa naissance roturière en Seine-Saint-Denis ne disqualifie pas ce chevalier si blanc et bien photoshopé, pas comme cet édile noir qui a ravi la sépulture des Bourbons aux Dionysiens de souche.</p>



<p>D’ailleurs, cette mésalliance avec un jeune homme sans sang bleu ni baptême n’est pas, pour la princesse, un inutile sacrifice : seul ce chef du parti national peut ramener les Bourbon sur le trône de France, pour humilier enfin ces mécréants révolutionnaires qui ont décapité le bon Louis, mettant fin à la si mirifique histoire du Royaume François.&nbsp;</p>



<p>Heureusement pour la gloire du Royaume et sa possible résurgence, princes charmants et princesses blondes aux longs cheveux lissés persistent dans les contes de nos enfances, les dessins animées et produits dérivés Disney, la presse people et Bolloré, et la frénésie de la communication TikTok.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Monarchisme et extrême-droite</mark></strong></p>



<p>Est-elle vraiment décapitée, d’ailleurs, cette France des rois ? À force de financer des parcs à thèmes contre-révolutionnaires, de confondre restauration du patrimoine avec opération Stéphane Bern pour touristifier églises et châteaux décatis, à force de chanter les louanges des familles royales du Rocher ou d’Albion, pourtant peu admirables, la République française cultive en douce la nostalgie de la France aristocratique. Celle-là même qui savait si bien trafiquer les esclaves, exploiter les serfs et cuisser les servantes, mépriser le travail et affamer le peuple. Celle-là même qui est historiquement liée à l’ultra-droite nationaliste et collaborationniste. Celle-là même qui nie une valeur fondamentale de notre constitution républicaine, l’égalité de droit des citoyens.</p>



<p>Mais fi, que d’inutiles réserves ! Puisque la République française rend sans hésiter un hommage national à un facho patenté, pourquoi ne pas remonter sur le trône grâce à cette extrême droite certes roturière, mais si galamment prête à servir l’importance du sang, de la fortune et des valeurs héritées ? Allons-y, plus personne ne conteste les conséquences économiques du luxe dispendieux des familles royales et de leurs affidés. L’enclave monégasque et la monarchie anglaise sont glorifiées à longueur de séries populaires, de magazines people et de post consternants d’influenceuses, qui placent des produits de luxe auprès de jeunes consommatrices prisonnières de la mode et soumises aux it-girls. Pourquoi se gêner ?&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Luxe nauséabond</mark></strong></p>



<p>Car la prétendue Princesse Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, dont la légitimité d’héritière du trône français est contestée par la famille royale d’Espagne, est en revanche, incontestablement, une influenceuse TikTok qui place des produits de luxe auprès de ses fans roturières. Ses parents reçoivent la «&nbsp;jet set&nbsp;» (dont Jeffrey Epstein, Woody Allen et Caroline Lang) dans leur appartement de la rue Montaigne. Ils lui ont attribué le titre «&nbsp;de courtoisie&nbsp;» de comtesse de Calabre et de Palerme (palabres et balivernes ?). Et ont même «&nbsp;aboli&nbsp;» la loi salique en 2016 pour elle ! Elle milite d’ailleurs sur ses réseaux pour la mémoire des Reines, «&nbsp;<em>ces oubliées de l’histoire&nbsp;</em>» auxquelles elle veut enfin «&nbsp;<em>rendre justice</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p>Quant à sa fortune, elle vient de l’héritage de Camilio Crociani, son grand-père maternel vendeur d’armes, officier de Mussolini, collaborateur amnistié après la guerre, qui a fui au Mexique en 1976 après que la justice italienne a émis un mandat d’arrêt contre lui, suite aux pots-de-vin versés au gouvernement pour remporter des marchés militaires (affaire Lockheed).&nbsp;</p>



<p>Mais l’argent de l’aristocratie semble avoir moins d’odeur que celui de la bourbe, et la princesse peut sans complexe se pavaner en jet ski à Dubaï et étudier le luxe à Monaco sans que personne ne trouve cela scandaleux et indécent.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les crapauds de l’histoire</mark></strong></p>



<p>Heureusement, si dans les contes les crapauds se changent en princes charmants, les vieux autocrates de ce monde commencent à accumuler quelques revers. Pas sûr que les selfies de Marie Caroline avec Trump soient aujourd’hui une bonne publicité pour le petit prince brun du Rassemblement national. Le revers d’Orbán en Hongrie, le non au référendum de Meloni, les revers électoraux de Trump qui s’accumulent, semblent amorcer un recul possible de l’internationale d’extrême droite. Les masques tombent, et Princes et Princesses montrent enfin leurs vrais visages de batraciens.</p>



<p>AGNÈS FRESCHEL</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/"><em>Société</em> ici </a></p>
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		<title>Dessine moi l’Italie</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Apr 2026 15:02:38 +0000</pubDate>
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<p>Le dessin n&rsquo;est pas seulement réservé aux artistes plasticiens. Qui connaissait ceux du réalisateur Federico Fellini ? Ou de Pier Paolo Pasolini ? Cette année, le <strong><em>Festival du Dessin</em></strong> d’Arles met à l&rsquo;honneur des dessinateurs italiens méconnus du grand public, ou dont les talents graphiques restent inexplorés. La sélection, réalisée par <strong>Frédéric Pajak</strong>, dessinateur et cofondateur de l&rsquo;événement avec <strong>Vera Michalksi</strong> en 2023, offre du 18 avril au 17 mai quarante expositions à travers les lieux emblatiques d’Arles. Et prouve, une fois encore, que le dessin est une langue universelle, qui sait traverser le temps et les pratiques.&nbsp;</p>



<p>L’exposition <em>VIVA L&rsquo;ITALIA</em>, visible au Museon Arlaten, est née grâce à la collection Ramo. Une collection caractérisée par son intérêt pour le dessin, sous toutes ses formes. Des œuvres de maîtres du XVII<sup>e</sup> siècle aux bandes-dessinées de <strong>Guido Crepax</strong>, en passant par le futurisme avec <strong>Umberto Boccioni</strong>, cette exposition retrace l&rsquo;héritage de l’Italie. Un héritage lexical également, puisque <em>dessiner</em> vient de l&rsquo;italien <em>designo</em>, la représentation graphique.&nbsp;</p>



<p>On retrouvera aussi une sélection d’artistes contemporains italiens, comme <strong>Chiara Gaggiotti</strong> et ses gravures toute en finesse, ou internationaux, comme <strong>Rosa Maria Unda Souki</strong> et ses intérieurs colorés.&nbsp;</p>



<p>La jeunesse crayonne</p>



<p>La «&nbsp;jeune garde&nbsp;» sera mise à l&rsquo;honneur dans la chapelle du Méjan. Une exposition qui accueille chaque année les futurs talents du dessin. Pour cette édition, des étudiants de l&rsquo;académie des Beaux Arts de Florence et d’Athènes y seront exposés, aux côtés des talents de l’école des Arts-décoratifs de Paris. Une sélection qui se démarque tant par le choix des sujets que par les styles graphiques.&nbsp;</p>



<p>À <em>Croisière</em>, on pourra admirer plusieurs expositions collectives : des œuvres naïves et colorées, une sélection plus politique, voire philosophique, avec en tête d&rsquo;affiche des originaux du chanteur-fantasque <strong>Philippe Katerine</strong>. Il donnera d&rsquo;ailleurs une lecture accompagné de son acolyte <strong>Philippe Eveno</strong> au Théâtre d’Arles, suivi d&rsquo;un concert, le 15 mai. Pas moins fantastique, la chanteuse <strong>Catherine Ringer</strong> (des Rita Mitsouko) sera également présente sur la scène du Théâtre d’Arles, et parlera de son père, le dessinateur Sam Ringer.&nbsp;</p>



<p>Nouveauté cette année, un plan permettra de se repérer dans la ville parmi les nombreuses expositions. Notons aussi que des cours de dessin pour tous les âges seront donnés par des artistes locaux, sur inscription, à l&rsquo;espace Van Gogh. De quoi se mettre en pratique après tant d’inspirations&nbsp;!&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse">MONA LOBERT<br><br>Festival du Dessin<br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 18 avril au 17 mai <br></mark><br>Divers lieux, Arles</pre>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/arts-visuels/"><em>Arts visuels </em>ici</a></p>



<p></p>
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		<title>Une enfance marseillaise</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Apr 2026 15:00:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans l’intimité de la salle, Ariane Ascaride ne joue pas : elle offre. Ce récit est celui d’une métamorphose, d’un corps blessé qui, par la grâce des planches, a su se réinventer une liberté. Sa silhouette évoque d&#8217;emblée le génie de la pantomime. Entre Chaplin et Pinocchio, dirigée par le chorégraphe Thierry Thieû Niang, elle [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Dans l’intimité de la salle, <strong>Ariane Ascaride</strong> ne joue pas : elle offre. Ce récit est celui d’une métamorphose, d’un corps blessé qui, par la grâce des planches, a su se réinventer une liberté. Sa silhouette évoque d&#8217;emblée le génie de la pantomime. Entre Chaplin et Pinocchio, dirigée par le chorégraphe Thierry Thieû Niang, elle déploie une gestuelle précise, presque dansée par la mémoire. Elle le confie avec une lucidité poignante : « <em>Je suis née le pantin de mon père et, d’où qu’il soit, il tente encore de me faire danser</em>. » Ce père lui a légué une identité chevillée au cœur : « <em>chez nous, on est rouge</em> ». Un rouge de fraternité ouvrière qui irrigue sa carrière et ses combats aux côtés de son mari Robert Guédiguian.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La brûlure des « jeudis »</mark></p>



<p>Puis arrive l’autre&nbsp;! Au milieu de ce monde «&nbsp;<em>violent, morbide et enchanté&nbsp;</em>», une brisure survient. Le drame des attouchements, ces « jeudis » volés, éclate dans la pudeur du texte écrit pour elle par Marie Desplechin. Elle dresse un constat glaçant : « <em>Nous sommes deux sur dix à nous arranger avec cette histoire&nbsp;</em>». Puis, ces mots qui hantent : « <em>Quand j’ai neuf ans, l’autre se lasse, j’ai pris perpète&nbsp;</em>»<em>.</em> Une condamnation portée par l&rsquo;enfant, alors que le coupable s&rsquo;efface.</p>



<p>« <em>La vie sans le théâtre, ce n’est pas la vie, c’est l’ombre de la vie.</em> » Comment survivre ? Par la fuite vers l&rsquo;imaginaire. « <em>Sur scène je n’ai pas peur, je suis une elfe </em>». L&rsquo;elfe, c&rsquo;est l&rsquo;être immatériel qui échappe à la souillure, le Peter Pan qui survole l&rsquo;abîme.</p>



<p>Le spectacle s’achève dans une apothéose napolitaine. Au son de <em>Volare</em>, chanté par une femme, Ariane Ascaride ne subit plus. Elle fait chanter la salle, transformant sa « <em>perpétuité </em>» en un hymne à la joie. Elle prouve que même les pantins peuvent un jour toucher l’azur. Une leçon de dignité, d’amour et de talent&nbsp;!</p>



<pre class="wp-block-verse">DANIELLE DUFOUR VERNA<br><br>Spectacle donné du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">31 mars au 11 avril</mark> au Théâtre des Bernardines, Marseille.</pre>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"><em>Scènes</em> ici</a></p>
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		<title>Le temps des compositrices</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Apr 2026 14:55:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a seize ans, la claveciniste Claire Bodin faisait un pari audacieux : consacrer intégralement un festival aux œuvres de compositrices, toutes nationalités et époques confondues. Il s&#8217;agissait de démontrer, programme après programme, que ce répertoire existe, qu&#8217;il est vaste, et mérite une place durable dans les salles de concert. Depuis, le festival Présence [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Il y a seize ans, la claveciniste <strong>Claire Bodin</strong> faisait un pari audacieux : consacrer intégralement un festival aux œuvres de compositrices, toutes nationalités et époques confondues. Il s&rsquo;agissait de démontrer, programme après programme, que ce répertoire existe, qu&rsquo;il est vaste, et mérite une place durable dans les salles de concert. Depuis, le festival <em>Présence Compositrices</em> a tenu ce cap sans en dévier.</p>



<p>Cette édition 2026 s&rsquo;ouvre le 17 avril avec un programme baroque réunissant la violoniste <strong>Sophie de Bardonnèche</strong>, le claveciniste <strong>Justin Taylor</strong> et la gambiste <strong>Salomé Gasselin</strong> autour d&rsquo;Élisabeth Jacquet de La Guerre et de compositrices françaises des XVII<sup>e</sup> et XVIII<sup>e</sup> siècles. Le lendemain, un duo voix-piano explore le romantisme allemand, de Fanny Hensel à Alma Mahler, avant que l’opéra instrumental <em>Ève noire, la genèse,</em> ne mette en dialogue le violon d&rsquo;<strong>Elsa Grether </strong>et les percussions d&rsquo;<strong>Oumarou Bambara </strong>dans une création autour de la musique de <strong>Virginie Aster</strong>.</p>



<p>La musique de chambre est aussi représentée. Le trio <strong>Marie Vermeulin</strong> – <strong>Anne Cartel</strong> – <strong>David Louwerse</strong> trace un arc du XIX<sup>e</sup> au XX<sup>e</sup> siècle, reliant Louise Farrenc à Germaine Tailleferre en passant par Clémence de Grandval et Mel Bonis. La pianiste <strong>Nour Ayadi</strong>, construit, elle, un récital autour de Varvara Gaigerova, dont les <em>Sketches </em>colorés et sa <em>Sonate</em> répondent aux pièces de Mel Bonis et de Tatiana Nikolayeva.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du baroque à la French Touch</mark></p>



<p>Le festival ménage aussi une place aux formes hybrides&nbsp;: <strong>Clémence Niclas</strong> seule en scène avec sa voix et une myriade de flûtes à bec, livre le récit qu’elle a tissé autour de ses thèmes de prédilection&nbsp;: l’histoire des femmes, le Moyen Âge et le conte. La gambiste <strong>Lucile Boulanger</strong> associe viole baroque et électronique de Calling Marian. Les ensembles structurent l&rsquo;édition : le <strong>Duo Néria</strong> défend les Françaises Marie Jaëll, Cécile Chaminade, Louise-Héritte Viardot et Hedwige Chrétien ; l&rsquo;Ensemble vocal <strong>Anarrès</strong> confronte l’italienne Barbara Strozzi de l’époque baroque à l&rsquo;écriture contemporaine de Laure-Alice Poulain.&nbsp;</p>



<p>Le <strong>Trio Nóta</strong> accompagné de cordes jouera en création mondiale une commande du Centre Présence Compositrices, <em>Le cahier de Gersende de Sabran – Fin&rsquo;amor,</em> signée <strong>Sophie Leleu</strong>, avec les élèves des chorales du <strong>Conservatoire Intercommunal de la Provence Verte</strong>.&nbsp;</p>



<p><strong>L&rsquo;Ensemble Obsidienne</strong> referme la boucle en remontant aux origines médiévales : saintes, trouveresses, et ménestrelles reviennent à la vie grâce à un arsenal d&rsquo;instruments issus de l&rsquo;iconographie ancienne. De Sainte Cécile à Hildegard von Bingen, le programme déploie un monde sonore savant et festif.&nbsp;</p>



<p>Des rencontres et actions de médiation accompagnent l&rsquo;ensemble de la programmation, fidèles à l&rsquo;idée que rendre audibles ces œuvres est un travail de long cours et non un geste ponctuel.</p>



<pre class="wp-block-verse">ANNE-MARIE THOMAZEAU<br><br>Présence Compositrices<br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 17 avril au 3 mai<br></mark>Abbaye de La Celle (83)</pre>



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		<title>Géographies du commun</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Apr 2026 14:48:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Née d’une rencontre entre les danseurs de Via Katlehong et ceux de la Cia Gente sur le parvis du Théâtre de Tremblay-en-France, tamUjUntU conserve de son origine une qualité d’élan précieuse. Le chorégraphe brésilien Paulo Azevedo, fondateur de la Cia Gente, prolonge cette impulsion initiale en élaborant une pièce qui fait de la complicité et [&#8230;]</p>
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<p>Née d’une rencontre entre les danseurs de <strong>Via Katlehong</strong> et ceux de la <strong>Cia Gente</strong> sur le parvis du Théâtre de Tremblay-en-France, <em>tamUjUntU</em> conserve de son origine une qualité d’élan précieuse. Le chorégraphe brésilien <strong>Paulo Azevedo</strong>, fondateur de la Cia Gente, prolonge cette impulsion initiale en élaborant une pièce qui fait de la complicité et de l’entente un principe d’écriture autant qu’un horizon.</p>



<p>Réunissant des interprètes venus d’Afrique du Sud et du Brésil, la pièce ne repose pas sur une juxtaposition de styles mais sur une mise en relation de gestes situés. Le <em>pantsula,</em> ancré dans l’histoire des townships sud-africains, dialogue avec des pratiques urbaines brésiliennes, sans que l’un ne prenne le pas sur l’autre. Le hip-hop cher à Paulo Azevedo affleure, bien sûr, mais sans saturer l’espace ni réduire la diversité des langages.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Récits en partage</mark></p>



<p>Ce qui se joue alors tient moins d’une démonstration que d’une circulation. L’ensemble privilégie l’élan, le rythme, mais aussi une précision du geste qui inscrit la pièce dans une écriture rigoureuse, presque contenue. Quelques motifs et échanges esquissent des formes de narration : une main retournée à la Beyoncé, un micro mimé «&nbsp;à l’américaine&nbsp;», une station debout bras en l’air évoquant davantage un trajet en bus qu’une manifestation collective. Ces fragments n’organisent pas un récit linéaire mais ouvrent des pistes, des situations, des manières d’habiter l’espace ensemble. On pourrait souhaiter une appropriation plus marquée du plateau ou un travail de lumière accentuant les ruptures ; la pièce trouve cependant sa cohérence dans ce choix d’une géographie à ciel ouvert.</p>



<pre class="wp-block-verse">SUZANNE CANESSA<br><br>tamUjUntU aété dansé le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">28 mars</mark> au Théâtre de l’Olivier (Istres), les <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">31 mars</mark> et <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">1er avril </mark>au <a href="https://www.theatredurance.fr/" type="link" id="https://www.theatredurance.fr/">Théâtre Durance</a> (Château-Arnoux-Saint-Auban), le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">4 avril</mark> au <a href="https://www.theatresendracenie.com/" type="link" id="https://www.theatresendracenie.com/">Théâtre de l’Esplanade </a>(Draguignan) et les <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">7 et 8 avril </mark>au <a href="https://preljocaj.org/pavillon-noir/">Pavillon Noir</a> (Aix-en-Provence).</pre>



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		<title>Yeko enflamme le Makeda</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Carla Lorang]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Apr 2026 14:05:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Chanter, danser, partager. De la Gambie au Niger, en passant par le Cameroun et le Mali, La Nuit des Griots revenait pour une nouvelle édition afin de célébrer les griots, « ces femmes et ces hommes de mots et de musique, porteurs du patrimoine immatériel de leur peuple ». Entre concerts, histoire et rencontres, le [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Chanter, danser, partager. De la Gambie au Niger, en passant par le Cameroun et le Mali, <em>La Nuit des Griots</em> revenait pour une nouvelle édition afin de célébrer les griots, «<em> ces femmes et ces hommes de mots et de musique, porteurs du patrimoine immatériel de leur peuple </em>». Entre concerts, histoire et rencontres, le festival, porté par une diversité d’artistes – <strong>Ellé</strong>, <strong>Sona</strong> <strong>Jobarteh</strong>, <strong>Joys Sa’a</strong>…– mettait à l’honneur la musique africaine dans toutes ses sonorités. Dans une véritable étreinte collective, le groupe Yeko, composé par le breton <strong>Yoann Le Guerrand</strong>,la chanteuse malienne <strong>Socha </strong>et trois musiciens, offraient une invitation à se laisser aller, danser et faire corps tous·tes ensemble dans l’ambiance intimiste du Makeda.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un voyage musical</mark></p>



<p>En bambara <em>Yeko</em> signifie «<em> la façon de voir </em>», un nom pas trouvé au hasard puisque sur scène les musicien·nes laissent entrevoir une panoplie de couleurs et de langages musicaux allant de l’afro-rock aux sonorités bretonnes. Difficile, dès lors, d’enfermer Yeko dans une case. Ensemble, les membres du groupe puisent dans une large éventail d’instruments – n’goni, balafon, kora, basse, synthé, guitare et percussions – pour offrir des titres chantants et très entraînants faisant notamment écho à de grandes cantatrices maliennes comme Fatoumata Diawara et Mamani Keïta. Aux couleurs de la scène, teintée tantôt de bleu, de rose, les propositions musicales affluent, emmenant chaleureusement au fil des chansons les corps dans un voyage dansé.</p>



<p>Entre chant, rap et improvisation, le répertoire déploie de multiples facettes – reggae, afro-rock, funk, soul – laissant les influences s&rsquo;entrecroiser et faire apparaître une palette colorée aux sonorités envoûtantes. Porté par les percussions de <strong>Basile Guéguin</strong> et les rythmiques de <strong>Drissa Dembélé</strong> – qui alterne entre balafon, tama, kora et djembé –, <strong>Socha</strong>, la chanteuse, mène avec son timbre chaud ce voyage musical. Sa voix chaleureuse, parfois proche de celle de Fatoumata Diawara, chante le Mali avec une grande générosité. Entre deux morceaux, elle confie : «<em> Au Mali, il n’y a pas que la guerre, il y a l’amour, la musique, le partage, les gens s’aiment. </em>»<em>&nbsp;</em></p>



<pre class="wp-block-verse">CARLA LORANG     <br><br>Concert donné le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">9 avril</mark> auMakeda (Marseille), dans le cadre de La Nuit des Griots.</pre>



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		<title>Mémoires des déportations nazies</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Apr 2026 13:58:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mettre un «&#160;s&#160;» à ces mémoires, affirmer que les persécutions nazies ont été plurielles, est essentiel aujourd’hui. Car une conviction s&#8217;impose : ces mémoires, trop longtemps portées séparément, gagnent à se rencontrer. C&#8217;est dans leur croisement que se révèle toute la logique du système nazi – et toute l&#8217;urgence de la transmettre, à l&#8217;heure où [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Mettre un «&nbsp;s&nbsp;» à ces mémoires, affirmer que les persécutions nazies ont été plurielles, est essentiel aujourd’hui. Car une conviction s&rsquo;impose : ces mémoires, trop longtemps portées séparément, gagnent à se rencontrer. C&rsquo;est dans leur croisement que se révèle toute la logique du système nazi – et toute l&rsquo;urgence de la transmettre, à l&rsquo;heure où les idéologies d&rsquo;exclusion retrouvent une inquiétante actualité.&nbsp;</p>



<p>Les intervenants ont donc croisé leurs regards pour faire émerger des récits rarement réunis. La Maison du Combattant de Marseille, autrefois circonscrite à la mémoire militaire, faisait ainsi place, enfin, aux victimes et à la résistance civile.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La Shoah, meurtre de masse</mark></p>



<p>La persécution des juifs d&rsquo;Europe ne commença pas en 1942 avec la conférence de Wannsee, rappelle <strong>Raphaël Besson</strong>, professeur d&rsquo;histoire-géographie et membre de l&rsquo;association pour la Recherche et l&rsquo;Enseignement de la Shoah (ARES). Dès 1933 la stigmatisation et les persécutions ont été systématiques. Sur les 9,5 millions de juifs présents en Europe à cette date, plus de 6 millions périrent. Dans les « centres de mise à mort » – terme désormais officialisé par les historiens – que furent Auschwitz, Treblinka, Sobibor ou Chełmno, 90 % des arrivants furent envoyés directement à la chambre à gaz. Auschwitz compta environ un million de victimes juives, Treblinka 900 000 et Sobibor 265 000. Les marches de la mort de l&rsquo;hiver 1944-1945, qui firent des dizaines de milliers de victimes, marquèrent les derniers spasmes de cette destruction planifiée.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Résistance et solidarité</mark></p>



<p>Porteurs du triangle rouge à Mauthausen ou Buchenwald, les résistants communistes et les républicains espagnols tentèrent de puiser dans leur engagement idéologique une force collective. <strong>Sylvie Orsoni</strong>, historienne et présidente du comité de Marseille de l&rsquo;ANACR, a retracé leurs parcours : organisés clandestinement dès leur internement, ils montèrent des réseaux d&rsquo;entraide,&nbsp; omme Arthur London à Mauthausen ou Marcel Paul à Buchenwald. La solidarité, les références politiques communes et les valeurs partagées furent, selon elle, des armes contre la déshumanisation.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les oublié·es du triangle noir</mark></p>



<p>Sans-abri, alcooliques, prostituées, lesbiennes, transgenres : tous ceux que le III<sup>e</sup> Reich catégorisait comme « asociaux », et surtout «&nbsp;asociales&nbsp;», porteurs du triangle noir, furent interné·es, violées, stérilisées de force, déporté·es. Cette histoire longtemps&nbsp;tue&nbsp;n&rsquo;a été officiellement reconnue par l&rsquo;Allemagne qu&rsquo;en 2020. On estime à 70 000 le nombre de ces victimes, dont les persécutions se construisirent sur l&rsquo;hygiénisme social et l&rsquo;idée de « pureté » raciale.&nbsp;</p>



<p>Co-fondatrice de l&rsquo;association Queer Code – relais français du projet européen participatif <em>Constellations brisées</em> –, <strong>Isabelle Sentis</strong> s&#8217;emploie à retracer ces parcours oubliés, notamment ceux des lesbiennes, par le biais de cartographie numérique. Elle cite le cas de Mary Punjer, juive et lesbienne, arrêtée à Hambourg en juillet 1940 sur dénonciation et assassinée en 1942 à Ravensbrück, camp où des milliers de femmes furent déportées comme asociales. « <em>Il a fallu attendre des décennies pour qu&rsquo;un travail mémoriel et scientifique soit mené. Rendre leur humanité à ces personnes reste un travail immense.</em> »</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Roms: un génocide encore méconnu</mark></p>



<p><strong>Ilsen About</strong>, chercheur au CNRS, a exposé la dimension européenne du génocide tsigane entre 1933 et 1946. Sur une population estimée à 900 000 personnes, entre 25 et 50% perdirent la vie. Leur persécution se distingua par une obsession classificatoire : des experts raciaux cherchaient à séparer les « purs » &#8211; héritiers de la race aryenne &#8211; des « métis », retardant parfois les déportations, même si tous finirent par être envoyés à Chełmno, Belzec ou Auschwitz-Birkenau. La reconnaissance mémorielle fut extrêmement lente : le mémorial de Berlin n&rsquo;a été inauguré qu&rsquo;en 2012.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Gays : isolement et abus</mark></p>



<p>Condamnés en vertu du paragraphe 175 en vigueur en Prusse depuis 1871, 50 000 gays furent emprisonnés entre 1936 et 1945, (le terme «&nbsp;homosexuel&nbsp;» ne concernait que les «&nbsp;relations entre hommes&nbsp;»). Entre 5 000 et 15 000 d’entre eux furent déportés, porteurs du triangle rose, victimes d&rsquo;expériences médicales, d&rsquo;abus sexuels et d&rsquo;un isolement quasi total dans les camps. Certains autres furent internés et exterminés comme «&nbsp;malades mentaux&nbsp;».</p>



<p>Fondateur de l&rsquo;association Mémoire des sexualités, <strong>Christian de Leusse</strong> souligne que les recherches historiques sur ce sujet ne débutèrent en France que dans les années 1980, et que le mémorial berlinois dédié aux homosexuels ne fut inauguré qu&rsquo;en mai 2008.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">L&rsquo;euthanasie des malades mentaux</mark></p>



<p>Dès 1922, le psychiatre Alfred Hoche théorisait des « vies sans valeur ». Hitler en formalisa le programme dans une lettre datée du 1<sup>er</sup> septembre 1939 : 75 000 patients furent exterminés dans les institutions allemandes, 350 000 stérilisés de force avant 1939. Le docteur <strong>Bernard François Michel</strong>, de l’ANDMRF (Association Nationale des descendants des médaillés de la Résistance Française) a conclu la rencontre avec une intervention glaçante sur ce programme d&rsquo;euthanasie ciblant handicapés et malades mentaux. Il a rappelé aussi que des figures comme Konrad Lorenz – eugéniste convaincu mais prix Nobel de médecine en 1973 – participèrent à cette idéologie meurtrière, et que la plupart des médecins impliqués survécurent à la guerre et poursuivirent leurs carrières, sans être jugés.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Cumuler les triangles</mark></p>



<p>Ces déportations, différentes dans leurs visées et leur ampleur, ont été abordées successivement lors de cette rencontre. Mais Isabelle Sentis a aussi fait remarquer qu’on pouvait être déporté·e car juive, lesbienne et résistante… Le cumul des triangles, leur panachage, était d’ailleurs prévu par l’administration des camps [voir illustration].</p>



<p>Une rencontre qui a permis de ne pas opposer les discriminations et de visibiliser, dans leurs nuances, toutes les déportations. Pour que chacun prenne conscience que la barbarie exterminatrice, lorsqu’elle est un projet de purification raciale ou nationale ne s’arrête jamais à une communauté.<br></p>



<pre class="wp-block-verse">ANNE-MARIE THOMAZEAU<br><br>Fille de Marcel Thomazeau, Résistant communiste déporté à Mauthausen, ex-directeur de La Marseillaise<br><br>AGNÈS FRESCHEL<br><br>Petite-fille d’Abraham Freschel, Juif déporté à Auschwitz, survivant de la marche forcée, assassiné à Dora. <br><br>La rencontre s’est déroulée le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">8 avril</mark> à la Maison du Combattant, Marseille</pre>
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		<title>Les Cris de Paris chantent l’Italie à Marseille</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Apr 2026 13:42:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Musiques]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
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		<category><![CDATA[Provence]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Fondés et dirigés par Geoffroy Jourdain, Les Cris de Paris sont une compagnie dédiée à l&#8217;art vocal, rassemblant chanteurs et instrumentistes au double profil de soliste et de musicien d&#8217;ensemble. Leur projet s&#8217;appuie sur des collaborations avec des compositeurs vivants. En cela, ils sont bien cousins de l&#8217;ensemble Musicatreize de Roland Hayrabédian. Musicologue autant qu&#8217;interprète [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Fondés et dirigés par <strong>Geoffroy Jourdain</strong>, <strong>Les</strong> <strong>Cris de Paris</strong> sont une compagnie dédiée à l&rsquo;art vocal, rassemblant chanteurs et instrumentistes au double profil de soliste et de musicien d&rsquo;ensemble. Leur projet s&rsquo;appuie sur des collaborations avec des compositeurs vivants. En cela, ils sont bien cousins de l&rsquo;ensemble <strong>Musicatreize</strong> de <strong>Roland Hayrabédian</strong>. Musicologue autant qu&rsquo;interprète baroque, Jourdain est un érudit du répertoire vocal et sait faire dialoguer les siècles et les résonances.</p>



<p>Le point de départ est le disque <em>Strana armonia d&rsquo;amore</em>, consacré aux madrigaux de la Renaissance italienne : Sigismondo d&rsquo;India, Michelangelo Rossi, Scipione Lacorcia, Carlo Gesualdo&#8230; Tous ces compositeurs à l’élégance fine dont les thèmes de prédilection sont l’amour courtois, les unions impossibles, la beauté des larmes et de l’affliction. C&rsquo;est poignant.</p>



<p>Au centre du programme, Niccolò Vicentino. Ce théoricien visionnaire du XVI<sup>e</sup> siècle a imaginé en 1555 l&rsquo;archicembalo, un clavecin dont l&rsquo;octave se divise en 31 intervalles microtonaux, là où le tempérament ordinaire se satisfait de douze demi-tons. Vicentino a imaginé une palette infiniment plus subtile, capable de restituer les genres de la musique grecque antique – diatonique, chromatique et enharmonique – et de mouvoir les émotions par des nuances que l&rsquo;oreille perçoit autant qu&rsquo;elle les ressent.&nbsp;</p>



<p>Jourdain y intercale une création qu&rsquo;il a commandée à <strong>Francesca Verunelli</strong>, <em>VicentinoOo</em>, réponse contemporaine directe à Vicentino. Cette compositrice italienne née en 1979 au CV impressionnant – elle a été résidente au GMEM de Marseille et à la Villa Médicis – s&rsquo;intéresse à la perception de l&rsquo;écoute et travaille le temps comme matériau sonore. Dans <em>VicentinoOo</em>, elle s&#8217;empare du système microtonal de Vicentino. Il en émerge un univers minéral et organique peuplé de lamentations, âmes du fond des âges venus interpeller les artistes d’aujourd’hui.</p>



<p>Les douze chanteurs – équipés de casques lorsque la partie contemporaine prend le pas – font évoluer les formations au fil du concert, hommes seuls, voix mixtes. Les deux harpistes jouent parfois avec des plectres insolites ou d&rsquo;un harmonica à une note glissée entre les lèvres. Renaissance et création contemporaine se répondent et s&rsquo;illuminent mutuellement. Intelligent, exigeant, poétique… Sublime.</p>



<pre class="wp-block-verse">ANNE-MARIE THOMAZEAU <br><br>Le concert s'est déroulé le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">12 avril </mark>au Foyer Reyer de l'Opéra de Marseille.</pre>



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		<title>LaMAM est à tous</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Apr 2026 13:33:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
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		<category><![CDATA[Théâtre Toursky]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’histoire du Théâtre Toursky, flamboyante, conflictuelle et belle, puis problématique [lire encadré], est close. Une conclusion peu glorieuse qui ne doit pas faire oublier le rôle essentiel qu’a tenu ce théâtre rebelle qui a programmé sur son plateau des spectacles mémorables. Cette mémoire numérisée est désormais conservée par les archives municipales : plus de 11 [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>L’histoire du Théâtre Toursky, flamboyante, conflictuelle et belle, puis problématique [lire encadré], est close. Une conclusion peu glorieuse qui ne doit pas faire oublier le rôle essentiel qu’a tenu ce théâtre rebelle qui a programmé sur son plateau des spectacles mémorables. Cette mémoire numérisée est désormais conservée par les archives municipales : plus de 11 000 documents pourront ainsi nourrir la mémoire du théâtre à Marseille.&nbsp;</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Travailler ensemble</mark></p>



<p>Quant à son avenir, c’est l’association Scènes Méditerranée qui va en écrire le récit. Le Tribunal administratif de Marseille a attribué la gestion du théâtre au projet mené par trois directeurs artistiques : Bouziane Bouteldja, directeur artistique de Danse6T et chorégraphe tendance hip-hop militant, Nathalie Huerta, directrice du Théâtre Joliette qui aime le cosmopolitisme local et donne de la voix aux oppressions internationales, Julie Kretzschmar, fondatrice des <em>Rencontres à l’échelle</em>, metteuse en scène et directrice actuelle de la <em>Saison Méditerranée</em> de l’Institut Français.</p>



<p>Une co-direction artistique, complétée par la direction déléguée attribuée à Géraldine Garnier : elle coordonne et dirige le projet et les actions culturelles dans un quartier jeune, populaire et riche d’histoires diverses. Une équipe de choc, pour construire ensemble une Maison qui se veut avant tout un lieu convivial de création, d’accueil des compagnies et de partage des pratiques.&nbsp;</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Pléthore d’espaces, manque de budget</mark></p>



<p>Car LaMAM bénéficie d’espaces dont toutes les équipes artistiques rêvent : la salle de 732 places, un des plus beaux plateaux de la ville, avec une fosse d’orchestre, une bonne acoustique et un confort visuel exceptionnel ; la salle Léo Ferré, parfaite pour le cabaret, le stand-up, les petites formes et les lectures ; le toit terrasse avec sa scène sous le pin, véritable «&nbsp;<em>poumon du théâtre</em>&nbsp;», le bar, un nouveau restaurant d’insertion… et une flopée de petites salles qui peuvent accueillir des cours de danse, des ateliers, des répétitions… et des bureaux pour les compagnies sans lieu.&nbsp;</p>



<p>Le problème reste évidemment qu’un tel équipement, pour mener une politique publique dans chacun de ces espaces, nécessite un budget conséquent, que l’ex-Toursky n’a plus. Si la Ville de Marseille reconduit le financement annuel de 950 000 euros, LaMAM n’a pas recouvré pour l’heure le budget du Toursky : la Région Sud a voté un faible engagement symbolique, mais ni l’État, ni le Département 13, ni la Métropole ne se sont pour l’heure engagés. Julie Kretzschmar l’annonce : «&nbsp;<em>Avec les baisses de budgets de l’État qui se répercutent sur les budgets des collectivités, il va falloir travailler autrement&nbsp;</em>».</p>



<p>Faire des économies tout en menant une politique publique, est-ce possible ? Nathalie Huerta voit aussi cela comme une opportunité : «&nbsp; <em>nous avons la chance de ne pas avoir de label ni de cahier des charges, nous pouvons donc inventer, hors des circuits de diffusion où tout est bouclé deux ans à l’avance</em>.&nbsp;»</p>



<p>Si Julie Kretzschmar promet aussi d’accueillir aussi les spectacles de théâtre qui tournent dans la région et ne viennent pas à Marseille, la programmation au trimestre permettra une souplesse qui laissera place aux coups de cœur inattendus.&nbsp;</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Ça commence !</mark></p>



<p>Cette invention est déjà à l’œuvre : les 11 ateliers de pratique, depuis le hip-hop jusqu’à l’afro-fusion en passant par les clubs sportifs pour femmes et les open trainings hebdomadaires pour tous, ont depuis septembre 2025 entrainé 110 adhésions. Les récrées surprises, les gouters dansés, font venir des centaines d’enfants du quartier. La maison commune a aussi accueilli sur son plateau la programmation du Gymnase (<em>Le Prix </em>avec Pierre Arditi du 8 au 11 avril) et lancera bientôt ses premières «&nbsp;coréalisations&nbsp;», c’est à dire des productions proposées par des festivals que LaMAM financera à 50% : la soirée de clôture de la <em>Biennale des Ecritures du </em><em>réel </em>le 3 mai, <em>Danser ma ville</em> de Taoufiq Izeddiou dans le cadre de la Saison Méditerranée (du 12 au 14 mai) l’ouverture des <em>Rencontres à l’Echelle </em>le 2 juin…&nbsp;</p>



<p>Et&nbsp; d’autres dates en juin : l’accueil d’un spectacle d’humour de Gabrielle Giraudinaugurera une politique de location du théâtre à des productions privées, mais choisies en accord avec la ligne artistique LaMAM; et les dix galas des écoles de danse, ainsi que l’accueil des spectacle scolaires, renoueront avec la tradition du Toursky.&nbsp;</p>



<p>Mais c’est en novembre 2026 qu’aura lieu le premier temps fort produit par LaMAM, autour de la thématique de l’hospitalité, avec des formes artistiques qui navigueront dans tous les espaces du 12 au 25 novembre. Place y sera faite aux récits diasporiques, aux cuisines et théâtres du monde, et de Marseille. Puisque le Monde est ici !</p>



<pre class="wp-block-verse">AGNÈS FRESCHEL<br><br>LaMAM, Maison des Arts Marseille<br><br>Spectacle vivant, Pratiques, Récits</pre>



<pre class="wp-block-verse">Une fin pas digne de son histoire <br><br>Fondé en 1971 par Richard Martin et Tania Sourseva, sa première femme, revendiqué par Françoise Delvalée, sa deuxième femme, qui voulait succéder comme directrice à son mari, le Théâtre Toursky, placé en redressement judiciaire en 2024, a eu une fin qui n’est pas digne de son histoire. Un dernier épisode qui s’est égaré entre soutiens politiques à Bruno Gilles, invectives sur scène et sur les réseaux sociaux, procès perdu en diffamation – contre Zébuline –, et refus de se mettre en conformité avec la loi : la compagnie Richard Martin exploitait le Toursky sans convention d’occupation, dans un lieu qui, légalement, nécessitait des travaux pour continuer d’être ouvert au public. A.F.</pre>
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		<title>Une Sirène à Aix-en-Provence</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Apr 2026 13:22:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Régis Campo a reçu, parmi ses nombreux prix, la Victoire de la musique pour la composition, saluant la carrière de ce compositeur formé au Conservatoire de Marseille dont la musique sait être contemporaine sans abandonner le fil mélodique ou l’épaisseur harmonique. Elle sait aussi susciter l’émotion, essentielle pour les bambins, se faire drôle, triste ou [&#8230;]</p>
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<p><strong>Régis Campo</strong> a reçu, parmi ses nombreux prix, la Victoire de la musique pour la composition, saluant la carrière de ce compositeur formé au Conservatoire de Marseille dont la musique sait être contemporaine sans abandonner le fil mélodique ou l’épaisseur harmonique. Elle sait aussi susciter l’émotion, essentielle pour les bambins, se faire drôle, triste ou onirique, ou figurative, mimant le son des profondeurs marines.&nbsp;</p>



<p>Sa <em>Petite Sirène</em>, produite par la Région Sud et les opéras régionaux – qui pratiquent enfin la coproduction qui permet de baisser les coûts, et la commande contemporaine qui est dans leur cahier des charges – a vu le jour à l’Opéra de Nice, dans une scénographie qui a la couleur des profondeurs marines.</p>



<p>Elle a tourné dans les opéras de Toulon et Avignon, puis de Marseille, et s’est déclinée en une forme instrumentale légère jouée par l’ensemble Télémaque (piano, clarinette, flute, percussions, violon violoncelle) à Martigues, à Carros ou Mougins… C’est cette version, précise et plus visuelle encore parce qu’elle donne à voir les musiciens en action et les gestes du chef, qui sera sur la grande scène du Grand Théâtre de Provence.&nbsp;</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La leçon du conte</mark></p>



<p>Quelle que soit la version, cette petite sirène reçoit un accueil enthousiaste des enfants : des réactions de joie quand le Prince déploie sa voix, de frayeur quand la sorcière sortie d’une armoire allonge ses tentacules et coupe la langue de la Sirène… les percussions s’amusent, les voix se déploient, accompagnées tendrement par les bois, les cordes, le piano véloce.</p>



<p>Le livret, que Régis Campo a écrit lui-même, reprend la fin cruelle du conte d’Andersen, et la sirène privée de sa queue et de sa voix par amour pour son Prince se fond en écume… Les spectateurs, habitués aux fins heureuses que les réécritures des contes leur réservent, encaissent le coup.</p>



<p>On se souvient alors qu’Andersen, homosexuel et genderfluid, avait imaginé une fille dotée d’un appendice dont elle devait se défaire pour être aimée… Régis Campo habile, a enrobé le conte trans&nbsp; d’un récit cadre qui l’actualise, où une très&nbsp; jeune fille se défait d’une dangereuse domination exercée par textos, échappant ainsi à la castration.</p>



<pre class="wp-block-verse">Agnès Freschel<br><br>La Petite Sirène<br><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">24 et 25 avril<br></mark><a href="https://www.lestheatres.net/fr/33-grand-theatre-de-provence" type="link" id="https://www.lestheatres.net/fr/33-grand-theatre-de-provence">Grand Théâtre de Provence<br></a>Aix-en-Provence</pre>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"><em>Scènes</em> ici</a></p>
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