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	<title>Archives des A la une - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des A la une - Journal Zebuline</title>
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		<title>Occitanie : Le souffle et l’abîme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jul 2026 13:14:39 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>The Unanswered Question</em> de Charles Ives s’érige sur un tapis de cordes presque immobile. Depuis les gradins, une trompette solitaire lance sa question ; les bois, menés par les chromatismes de la flûte, lui opposent des réponses de plus en plus agitées. <strong>Roderick Cox</strong> pose d’emblée les antagonismes de timbres et d’espaces. Très belle préparation à l’écoute : la musique ne sera pas un discours univoque, mais la coexistence de mondes qui s’entendent sans parvenir à se rejoindre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Jamie Barton</strong> entre alors dans les <em>Rückert-Lieder</em> de Mahler avec une voix ample, sombre, expressive. L’Orchestre national Montpellier Occitanie l’entoure sans jamais l’étouffer. Les textures se renouvellent autour d’elle, parfois caressantes, parfois rugueuses. Dans <em>Um Mitternacht</em>, les cordes se taisent ; les cuivres et les bois creusent la nuit, rencontrent les graves de la mezzo-soprano et leur donnent une profondeur presque tellurique. Barton, que l’on avait entendue en Brangäne à Aix en 2021 et dont le timbre incarne à lui seul ce post-romantisme-là, connaît intimement cette manière de faire de la voix le lieu même du drame. Avec <em>Ich bin der Welt abhanden gekommen</em>, le retrait du monde devient une paix étrange, suspendue.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis vient la <em>Symphonie n°6</em> de Tchaïkovski, et avec elle l’un de ces concerts dont on sort changé. Roderick Cox obtient de l’orchestre une plénitude extraordinaire : chaque pupitre existe, chaque motif revient chargé de ce qui l’a précédé, et l’émotion n’abolit jamais la construction. Le troisième mouvement emporte tout dans sa marche éclatante. Il possède l’énergie, l’évidence et la puissance conclusive d’un finale. Le public applaudit ; nous aussi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais non. Tchaïkovski nous a laissé croire à la victoire pour mieux nous la reprendre. L’<em>Adagio lamentoso</em> commence et défait lentement ce qui semblait acquis. Le célèbre motif revient, obsédant, terrassant ; les cordes s’enfoncent, la vie se retire. Créée sous la direction du compositeur en octobre 1893, quelques jours avant sa mort, la <em>Pathétique</em> a souvent été lue comme un requiem prémonitoire. Elle est surtout, ici, une expérience physique de l’effondrement. On quitte l’auditorium la boule encore vive au ventre, reconnaissant d’avoir entendu un orchestre et un chef capables de conduire si loin.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Isolde, enfin</mark></strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="418" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/Jaap-van-Zweden-et-l-Orchestre-Philharmonique-de-Radio-France-%C2%A9-X-DR.jpeg?resize=696%2C418&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-137834" style="aspect-ratio:1.6667191188040913;width:1014px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/Jaap-van-Zweden-et-l-Orchestre-Philharmonique-de-Radio-France-%C2%A9-X-DR.jpeg?w=1000&amp;ssl=1 1000w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/Jaap-van-Zweden-et-l-Orchestre-Philharmonique-de-Radio-France-%C2%A9-X-DR.jpeg?resize=300%2C180&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/Jaap-van-Zweden-et-l-Orchestre-Philharmonique-de-Radio-France-%C2%A9-X-DR.jpeg?resize=768%2C461&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/Jaap-van-Zweden-et-l-Orchestre-Philharmonique-de-Radio-France-%C2%A9-X-DR.jpeg?resize=150%2C90&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/Jaap-van-Zweden-et-l-Orchestre-Philharmonique-de-Radio-France-%C2%A9-X-DR.jpeg?resize=696%2C418&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/07/Jaap-van-Zweden-et-l-Orchestre-Philharmonique-de-Radio-France-%C2%A9-X-DR.jpeg?resize=700%2C420&amp;ssl=1 700w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">Jaap van Zweden et l&rsquo;Orchestre Philharmonique de Radio France © X-DR</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le lendemain, cinq heures de <em>Tristan et Isolde</em> passent comme un seul souffle. On goûte généralement peu les versions de concert, qui peuvent réduire l’opéra à une succession d’airs debout devant des pupitres. Celle-ci rappelle au contraire que toute la scène est déjà dans la partition de Wagner. Un solo, une inflexion, un appel hors champ : tout agit, tout vibre, tout signifie&nbsp;; tout désire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous la direction de <strong>Jaap van Zweden</strong>, le prélude déborde sans jamais perdre son assise. Tout est en place, mais rien n’est figé. Dès le premier acte, <strong>Anja Kampe</strong> impose une Isolde souveraine. Maîtrise absolue de l’instrument, timbre limpide, projection franche, intelligence de chaque inflexion : cet acte est le sien. Comment peut-on encore parler du « Tristan », comme si l’héroïne n’était que le terme du voyage masculin ? Sa colère, sa mémoire et son désir organisent toute la traversée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à elle, la Brangäne de <strong>Tanja Ariane Baumgartner</strong> offre un timbre sombre, presque celui d’un alto, d’une mélancolie profonde. Au deuxième acte, la complémentarité des deux voix devient dramaturgie : l’une veille dans la nuit, l’autre conserve une lumière juvénile. Le duo s’écoule sans rupture, porté par un Orchestre Philharmonique de Radio France rompu à l’exercice wagnérien. Les heures disparaissent. Les soli sont d’une beauté inouïe, notamment celui du violoncelle ; les appels hors scène du cor anglais ouvrent soudain un autre espace dans la salle, comme la trompette d’Ives la veille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième acte appartient davantage à Tristan. <strong>Stuart Skelton</strong> semble né pour le rôle. Sa puissance terrienne, presque pataude, se fend d’une fragilité juvénile ; on entend les sanglots dans le timbre sans que la ligne cède jamais. <strong>Iain Paterson</strong> lui offre un Kurwenal d’une fidélité ardente, <strong>Kwangchul Youn</strong> un roi Marke noble et profondément humain. Mais Isolde revient, et <strong>Anja Kampe</strong> reprend jusqu’au dernier souffle son inoubliable <em>Liebestod</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les voix portent l’expérience d’artistes mûrs, tandis que les personnages conservent quelque chose d’absolu, de presque adolescent. Ce contraste ne les éloigne pas du mythe : il fait entendre dans leurs tourments à la fois la démesure puérile du désir et une douleur vieille comme le monde. Au terme de ces deux soirées, une même évidence demeure : celle d’une musique incandescente devenue pure émotion, lorsque l’interprétation atteint ce degré d’engagement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse">Les deux concerts, donnés les<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> 10 et 11 juillet</mark> au <a href="https://www.corum-montpellier.com/fr">Corum de Montpellier,</a> ont été diffusés sur France Musique : <em>Symphonie pathétique</em> en direct le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">10 juillet à 20h</mark> ; <em>Tristan et Isolde</em> le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">19 juillet à 20h</mark>. <br>Ils sont disponibles à la réécoute sur le site de <a href="https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/le-concert-du-soir/festival-radio-france-occitanie-montpellier-roderick-cox-dirige-la-symphonie-pathetique-de-tchaikovski-6224673">France Musique et l’application Radio France</a></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/on-y-etait"><em>Musiques</em> ici </a></p>
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		<title>L&#8217;Orchestre des Jeunes de la Méditerranée électrise Aix</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jul 2026 12:33:37 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est toujours un bonheur d&rsquo;assister à un concert de l&rsquo;Orchestre des Jeunes de la Méditerranée. Leur fougue et leur enthousiasme donnent aux œuvres une vitalité particulière, celle d&rsquo;une jeunesse qui découvre ensemble un répertoire exigeant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus de vingt nationalités sont représentées dans cette formation symphonique, réunie quelques jours avant le concert dans le cadre du <em>Festival d’Aix-en-Provence</em> : le pari est de faire naître en quelques jours une communauté sonore à partir de personnalités qui n&rsquo;ont rien de commun a priori. Pour cette session, l&rsquo;orchestre affiche 87 musiciens et un programme construit sur mesure autour du grand répertoire et sous la direction musicale, la cheffe coréenne <strong>Sora Elisabeth Lee</strong>, ample et enthousiasmante qui est déjà venue à l&rsquo;Académie du Festival en 2024 comme cheffe en résidence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le concert s&rsquo;ouvre sur les&nbsp;<em>Danses de Galánta</em>&nbsp;de Zoltán Kodály, magnifique compositeur hongrois trop peu joué. L&rsquo;œuvre puise dans ses souvenirs d&rsquo;enfance : le village de Galánta, sur la route reliant Prague, Bratislava et Budapest, était renommé pour son orchestre tsigane, dont le répertoire de danses nourrit toute l&rsquo;inspiration de la pièce.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vient ensuite une œuvre d’un autre hongrois Ernő Dohnányi, dont tout le monde a le thème principal à l&rsquo;oreille : les&nbsp;<em>Variationen über ein Kinderlied</em>, tournent autour du « Ah vous dirai-je maman », popularisé par Mozart mais attribué aussi à Campra ou à Rameau. Cette fresque symphonique est portée au piano par <strong>Aris Alexander Blettenberg</strong>, directeur musical de l&rsquo;Opéra de chambre de Munich depuis 2024, qui fait ici ses débuts au festival d&rsquo;été. L&rsquo;œuvre déploie un dialogue constant avec chaque pupitre. On peut entendre des carillons de Noël, des moments joueurs et des passages plus sombres ou lyriques, des fugues enjouées où le thème circule d&rsquo;un pupitre à l&rsquo;autre. Une partition qui va comme un gant à cet orchestre, mettant en valeur cors, bassons, flûte et piccolo, avant une dernière variation convoquant l&rsquo;orchestre au grand complet, puis un finale qui redonne toute sa place au soliste.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Terre et mer</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme toujours avec l&rsquo;OJM, un principe de création clôt la première partie. Cette année une composition collective pour quintette, née d&rsquo;une résidence au Caire sous la direction de Fabrizio Cassol, directeur musical depuis 2015 des sessions de composition collective de l&rsquo;orchestre. Le propos : depuis un lointain recoin du cosmos, la Terre apparaît comme un point bleu pâle ; l&rsquo;humanité s&rsquo;est égarée sur de sombres chemins, oubliant l&rsquo;importance du contact, de la paix et de la solidarité. Cette musique se veut un noyau de gratitude et de bienveillance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Grande place est donnée au trombone impressionnant du jeune <strong>Jules Regard</strong>, qui ouvre la création, rejoint par <strong>Akram Ben Romdhane</strong> à l&rsquo;oud, passé par l&rsquo;Institut Supérieur de Musique de Tunis. Le quintette s&rsquo;enrichit du piano de la Grecque <strong>Eirini Alisá</strong> et des voix d&rsquo;<strong>Amena El Abd</strong>,chanteuse égyptienne formée sur les appels à la prière et les maqâms, et du Tunisien <strong>Saber Radhouani</strong>, aux graves exceptionnels. Une belle richesse née de la rencontre entre traditions multiples.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La seconde partie est consacrée aux&nbsp;<em>Tableaux d&rsquo;une exposition</em>&nbsp;de Moussorgski. Chaque tableau y ménage un solo pour un musicien de l&rsquo;orchestre : un exercice formateur pour ces jeunes interprètes, appelés à porter seuls la couleur de l&rsquo;œuvre avant de se fondre à nouveau dans le <em>tutti</em>. Un programme généreux, une soirée qui confirme la vitalité de ce magnifique projet de rencontre entre des jeunes musiciens méditerranéens… Ovationnés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse">Le concert s’est déroulé <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">le 20 juillet </mark>au <a href="https://www.lestheatres.net/fr/33-grand-theatre-de-provence">Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence</a></pre>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Festival de Châteauvallon : Théâtre en résistantes</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Jul 2026 12:22:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le dispositif à l’intersection des genres a été initié avec la mise en scène de Léon Blum, une vie héroïque, qui était à l’origine un podcast sur France Inter de Face à l’Histoire. Avec l’apport de Charles Berling, à la fois à la conception scénique et sur le plateau comme acteur, la radio avait pris [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le dispositif à l’intersection des genres a été initié avec la mise en scène de <em>Léon Blum, une vie héroïque</em>, qui était à l’origine un podcast sur <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/face-a-l-histoire">France Inter de <em>Face à l’Histoire</em></a>. Avec l’apport de Charles Berling, à la fois à la conception scénique et sur le plateau comme acteur, la radio avait pris corps. Pour ce deuxième volet il est question de résistance durant la Seconde Guerre mondiale, en France, au féminin. Les trois résistantes sont incarnées par des actrices amateures, Charles Berling passe au rôle de narrateur en compagnie de Bérangère Warlouzé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Confronter amateurs et professionnels est le principe de ces pièces radiophoniques théâtralisées&nbsp;: les trois actrices lisent des témoignages de et sur Geneviève de Gaulle, Lucie Aubrac et Mila Racine, et le spectacle est accompagné du Chœur de préparation militaire marine d’Hyères et de l’Orchestre d’harmonie d’Ollioules, ponctué de deux débats ouverts aux questions du public, animé de chansons connues reprises en chœur par les spectateurs, illustré par les dessins réalisés en direct par Sébastien Goethals. Le magnifique amphithéâtre de plein air de Châteauvallon, offre un cadre idéal à ce déploiement, qui dure cinq trop courtes heures…&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le récit est découpé en huit chapitres et un épilogue, structurés par périodes. Résister en 1940 n’est pas la même chose qu’en 1944. Philippe Collin en maitre de cérémonie prévient : la Résistance a trop longtemps été assimilée au maquis, au maniement des armes, d’où une invisibilisation des femmes peu nombreuses dans ce rôle. L’historien Fabien Archambault apporte des précisions lors des débats&nbsp;: la résistance armée était menée par ceux qui savaient se servir d’une arme, donc plutôt des militaires, anciens ou démobilisés. Ce qui caractérise l’engagement des femmes est la précocité affirme Philippe Collin&nbsp;: ainsi Geneviève de Gaulle entre en résistance en arrachant un drapeau allemand, ou en allant fleurir la tombe délaissée de sa grand-mère, la mère de Charles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Collectif et individu·es</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les retours du public démontrent que les questionnements sont toujours là. Qui a résisté ? Quel nombre ? Qu’est-ce que résister ? Collin souligne qu’entrer en résistance n’est pas un acte de courage individuel, qu’il est lié à des engagements d’avant-guerre dans un réseau d’amitiés, de liens sociaux, susceptibles de se transformer en action collective et souterraine de renseignements, d’aide aux victimes et aux persécutés, de presse clandestine, voire de la prise d’armes comme a pu le faire avec son incroyable témérité Lucie Aubrac.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, Geneviève de Gaulle ne se contente pas de fleurir des tombes, elle rejoint le premier réseau de résistance français, celui du Musée de l’Homme. Et Lucie Aubrac, militante et proche du parti communiste, participe de ce fait à la création du journal clandestin lyonnais « Libération ». Mila Racine, la troisième protagoniste de la pièce, appartient avant-guerre à des mouvements clandestins qui lui permettent d’organiser la fuite de juifs et juives, victimes de pogroms, vers la Suisse. C’est pour ces faits qu’elle sera arrêtée et déportée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ces femmes apparaissent aussi dans la différence de leurs histories intimes. L’engagement très jeune de Geneviève de Gaulle au service des autres, dans le cadre d’une éducation catholique traditionnelle, répond à celui de Lucie Aubrac dans les mouvements d’éclaireuses.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux figures célèbres représentent les deux grandes tendances qui structurent la résistance : gaullisme et communisme. Mila Racine une inconnue parmi les 800 000 résistant·es recensé·es après-guerre, apporte cette part d’héroïsme des invisibles. À leur courage, on peut associer la fougue de la jeunesse. Nos trois protagonistes avaient 20 ans en 1940, tout comme les actrices amateures qui les «&nbsp;incarnent&nbsp;» aujourd’hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">CAMILLE LE PAT</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Les Résistantes</em> a été créé le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">4 juillet</mark> à <a href="https://www.chateauvallon-liberte.fr">Châteauvallon, Scène nationale d’Ollioules</a></pre>



<pre class="wp-block-verse"><strong>Charles Berling, bientôt sur le départ </strong><br>Comme annoncé il y a quelques mois, Charles Berling quittera ses fonctions de directeur de la Scène nationale Châteauvallon-Liberté ce <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">31 août</mark>. Une décision liée à « <em>une certaine fatigue</em> », mais certainement pas à un désir de retrait.<br>Sarah Behar, actuelle administratrice, assurera la transition jusqu’en janvier. Cinq candidatures restent en lice et la succession devrait être tranchée à la fin du mois de septembre. Charles Berling précise qu’il n’intervient pas dans le choix. « <em>Cela ne relève plus de mes compétences </em>»<em>.</em><br>De passage à Avignon le 14 juillet, il insistait surtout sur la nécessité de réfléchir à l’avenir de ces lieux, « <em>d’autant plus que les financements risquent de s’y raréfier</em> ». Le comédien et metteur en scène reviendra dès octobre au Liberté dans <em>Lost and Found</em> de Lars Norén, avant de retrouver <em>L’Histoire du soldat</em> de Stravinski et Ramuz à l’Opéra de Toulon. S’il cesse ses activités de direction, il dit avoir « <em>hâte de continuer à diriger et à jouer</em> ».<br>SUZANNE CANESSA</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"><em>Scènes</em> ici </a></p>



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		<title>Ainsi va la Vague Classique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jul 2026 12:04:42 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Ce soir-là, rien ne va. Déplacé à l’Espace André-Malraux en raison de la chaleur et des impératifs de sécurité, après avoir déjà changé de date quelques mois plus tôt, le concert commence avec un léger retard. <strong>Patricia Petibon</strong> paraît trop tôt : « <em>Je me suis trompée d’entrée. </em>» Dès <em>L’Arrivée de la reine de Saba</em>, une corde de violon cède. <strong>Jean-Christophe Spinosi</strong> meuble, raconte une anecdote, fait rire sans peine une salle complète et manifestement ravie d’être là.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’amplification légère ne dénature guère les instruments, mais complique la tâche des voix. Très peu augmentée, Patricia Petibon souffre parfois de la trop grande présence des graves, tandis que les micros saisissent jusqu’au moindre soupir de Jean-Christophe Spinosi. Heureusement, sa ligne de violon ne tremble jamais. L’<strong>Ensemble Matheus</strong> part à l’assaut de Haendel : le continuo fuse, les attaques claquent, la musique avance avec une énergie à toute épreuve.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Remanié pour s’accorder à l’acoustique, le programme devient un voyage plus libre encore que la succession d’airs annoncée. La <em>Music for the Funeral of Queen Mary</em> de Purcell répond à la <em>Médée</em> de Charpentier ; le <em>Cum dederit</em> de Vivaldi, transcrit pour violon et continuo, glisse vers la <em>Sarabande</em> de Haendel, avant le <em>Concerto rustico</em> et les folies de <em>Platée</em>. Les pages espagnoles de José de Nebra et de Haendel, puis les airs de tradition orale, déplacent encore les frontières. Tonalités parentes, traits semblables, mêmes élans de danse ou de plainte : ici, la musique classique n’est ni corsetée ni morte. Elle circule, vibre et se partage.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Vers l’horizon</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette liberté tient beaucoup à l’amitié ancienne et à la complicité réelle entre la soprano et le violoniste. Elle joue, ose, passe de la tragédie au sourire ; il relance, accompagne, provoque. Même les accidents deviennent matière de concert.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la fête ne dissipe pas tout. Depuis mars, la commune est dirigée par le RN, vainqueur par vingt et une voix d’avance. Le nouveau maire a promis de conserver l’édition 2026, tout en annonçant qu’en 2027 le festival « prendra une nouvelle forme » [<em><a href="https://journalzebuline.fr/le-rn-naime-pas-la-vague/">Lire ici</a></em>]. Une formule assez vague pour nourrir les craintes exprimées par Jean-Christophe Spinosi et les musiciens en fin de soirée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Patricia Petibon<strong> </strong>prend alors le micro pour évoquer sa famille de La Seyne-sur-Mer, les ouvriers des chantiers navals, artistes et musiciens en puissance qui auraient peut-être pu le devenir pleinement si les circonstances le leur avaient permis. Elle se dit chanceuse. L’émotion la gagne. Soutenir un festival, rappelle-t-elle en creux, c’est aussi empêcher que des vocations demeurent des vies inaccomplies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En bis, <em>Danny Boy</em> suspend la salle. Le navire tangue, mais la musique tient bon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse">Le concert a été donné le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">19 juillet</mark> à l’Espace André-Malraux de Six-Fours-les-Plages dans le cadre du<em><a href="https://www.sixfoursvagueclassique.fr"> festival La Vague Classique</a></em></pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr"><em>Musiques </em>ici</a></p>



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		<title>Avignon Off : « Badjens», le souffle de la liberté</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chris Bourgue]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jul 2026 15:15:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Badjens, le très remarqué roman de Delphine Menoui sorti en 2024, a été adapté pour le théâtre par son autrice. Récit d’une émancipation, il met en scène Zahra qui manifeste avec d’autres femmes après la mort de Mahsa Amini en 2022, arrêtée pour tenue vestimentaire non conforme à la loi islamiste, et décédée peu après. [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><em>Badjens</em>, le très remarqué roman de <strong>Delphine Menoui</strong> sorti en 2024, a été adapté pour le théâtre par son autrice. Récit d’une émancipation, il met en scène Zahra qui manifeste avec d’autres femmes après la mort de Mahsa Amini en 2022, arrêtée pour tenue vestimentaire non conforme à la loi islamiste, et décédée peu après. Les manifestantes enlèvent leur hidjab ou se coupent les cheveux. C’est ainsi qu’est né le slogan «&nbsp;Femmes, Vie, Liberté.&nbsp;»&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le spectacle commence avec Zahrah, interprétée par <strong>Alice Rahimi</strong>&nbsp;; elle veut brûler son foulard. En fond de scène, un écran fait défiler des images de Ralph Moussa sur les manifestations bruyantes de klaxons et de slogans. Avec ce geste de révolte, elle revit des événements marquants, souvent douloureux&nbsp;: à sa naissance les hommes s’en sont désintéressés puisqu’elle était fille, à 4 ans son père l’oublie dans la maison lors d’un incendie, plus tard un garçon l’oblige à une fellation… Sa mère l’a surnommée Badjens, qui veut dire effrontée ou mauvais genre et la soutient secrètement dans sa résistance à la soumission. Elle s’est construite sur ces blessures et à 12 ans s’habille en garçon pour contourner les interdits. La peur l’habite constamment, mais quand elle est à cette première manifestation, elle se sent «&nbsp;au bon endroit.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Projet multidisciplinaire</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Delphine Menoui a choisi un plateau dépouillé, uniquement occupé de trois cubes rouges, un grand tissu, rouge également, sert de drapeau ou de costume. La musique en live de Renaud Sastre accompagne les textes d’archives et les images, tandis que les chants (en alternance Hura Mirshekari et Fiona Sanjabi) évoquent la voix intérieure de la jeune fille. On s’émeut à cette évocation des femmes sacrifiées qui entonnent le chant de la colère pour libérer enfin la parole et le corps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">CHRIS BOURGUE</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Badjens</em> mis en scène par <strong>Delphine Menoui</strong> s’est donné au <a href="https://www.11avignon.com">*11 Avignon</a> durant tout le festival 2026</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/on-y-etait/"><em>On y était</em> ici </a></p>



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		<title>Avignon off : « L’étrangère », Camus revisité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chris Bourgue]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jul 2026 15:07:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est une idée originale qu’a eue Jean-Baptiste Barbuscia&#160;: revoir l’histoire de Meursault à travers le regard de son amoureuse, Marie Cardona. Une contre-enquête commence&#160;: une étudiante, Marie, va voir son professeur pour lui exposer sa vision du roman. Au début, celui-ci y est totalement opposé mais, s’identifiant à l’amoureuse, elle le convaint peu à peu [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">C’est une idée originale qu’a eue <strong>Jean-Baptiste Barbuscia</strong>&nbsp;: revoir l’histoire de Meursault à travers le regard de son amoureuse, Marie Cardona. Une contre-enquête commence&nbsp;: une étudiante, Marie, va voir son professeur pour lui exposer sa vision du roman. Au début, celui-ci y est totalement opposé mais, s’identifiant à l’amoureuse, elle le convaint peu à peu en reconstituant l’enchainement des événements. <strong>Marion Bajot</strong> joue son personnage avec passion, sincérité&nbsp;; on la suit et on adhère peu à peu à son regard.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le metteur en scène cherche à valoriser le rôle de l’enseignant campé par <strong>Fabrice Lebert</strong> dans un parcours scolaire&nbsp;: à travers lui il rend hommage à un de ses professeurs comme Camus lui-même l’avait fait pour son instituteur. Ainsi le rôle de la lecture dans l’ouverture sur le monde et la construction de la personnalité, est valorisé, inventant un nouveau rapport enseignant/enseigné.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peu à peu, Marie endosse le rôle de Marie Cardona et lui donne un relief qu’il n’a pas dans le roman. Elle réinvente des moments du procès, accompagne Meursault sur la plage, s’affronte à Raymond Sintès, celui dont le comportement violent a déclenché le drame. Nous assistons au déroulement d’une enquête, dont les résultats sont notés sur un grand tableau comme ceux que l’on voit dans les bureaux de la police. Face à elle Fabrice Lebert joue tous les rôles masculins avec précision. Le spectacle, convaincant et maîtrisé, amène à réfléchir sur l’évolution des mentalités et la place de la femme. Gageons qu’il déclenchera encore des discussions autour de ce grand roman de Camus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">CHRIS BOURGUE</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>L’étrangère</em> de <strong>Jean-Baptiste Barbuscia</strong>, primé en 2025, s’est joué au <a href="https://www.theatredubalcon.org">Théâtre du Balcon</a> durant le <a href="https://www.festivaloffavignon.com">Festival d’Avignon Off</a></pre>



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		<title>Avignon off : « Rumba », la fête des pauvres</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chris Bourgue]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jul 2026 15:02:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Imaginez un plateau nu et sombre. Le comédien David Murgia, qui appartient au Raoul collectif, célèbre compagnie belge fondée en 2009, plante oralement le décor : un parking vide, un supermarché fermé, un bistro de quartier. Il paraît que des pèlerins vont y venir pour fêter Noël sous les étoiles. Le narrateur veut leur proposer un [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Imaginez un plateau nu et sombre. Le comédien <strong>David Murgia</strong>, qui appartient au <a href="https://www.raoulcollectif.be">Raoul collectif,</a> célèbre compagnie belge fondée en 2009, plante oralement le décor : un parking vide, un supermarché fermé, un bistro de quartier. Il paraît que des pèlerins vont y venir pour fêter Noël sous les étoiles. Le narrateur veut leur proposer un spectacle pour se faire quelques sous. Il est en compagnie d’un accordéoniste, <strong>Philippe Orivel</strong>, qui ponctue le récit écrit et mis en scène par l’auteur italien <strong>Ascanio Celestini</strong>.Ce spectacle est la troisième partie d’un triptyque qui évoque les pauvres d’aujourd’hui : les immigrés sans papiers et sans boulot, les sans famille, les invisibles. David Murgia prend à peine le temps de respirer et c’est dans un débit époustouflant qu’il évoque Joseph, le fossoyeur, Job qui fait le café pour son patron et qui ne sait pas lire, la vieille femme à la tête embrouillée. Puis apparaît le personnage de François d’Assise (1182-1226), fils de bourgeois. Pas le saint, le pauvre, celui qui a choisi la pauvreté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Social et politique</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec une mise en scène sobre et statique, le propos avance par ricochets. Un personnage fait naître une image, puis un autre personnage… À travers des anecdotes amusantes, émouvantes ou tendres se pose la question de la précarité et de l’exclusion sociale. Ascanio Celestini se demande ce que serait François s’il vivait à notre époque et en profite pour égratigner notre société et ses dirigeants,&nbsp;le désintérêt pour les nécessiteux, la poursuite du profit… Un spectacle percutant et poétique, un comédien excellent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">CHRIS BOURGUE</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Rumba </em>de la Cie Kukaracha s’est joué au <a href="http://lesdoms.eu">Théâtre des Doms</a>, <a href="https://www.festivaloffavignon.com">Festival Off Avignon</a></pre>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>The Last Hamlet : Être ou ne pas être sur scène </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chloé Macaire]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jul 2026 14:50:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>D’un petit poste de radio posé à même le sol, s’élève la voix de la metteuse en scène Katie Mitchells. Elle appelle à ce que Hamlet cesse d’être autant monté sur scène. «&#160;J’en ai marre de voir des pièces à propos d’hommes dépressifs, violents et misogynes&#160;», dit-elle. Ben Duke, harnaché à un mur de cartons, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">D’un petit poste de radio posé à même le sol, s’élève la voix de la metteuse en scène <strong>Katie Mitchells</strong>. Elle appelle à ce que <em>Hamlet</em> cesse d’être autant monté sur scène. «&nbsp;<em>J’en ai marre de voir des pièces à propos d’hommes dépressifs, violents et misogynes</em>&nbsp;», dit-elle. <strong>Ben Duke</strong>, harnaché à un mur de cartons, se contorsionne pour éteindre le poste. Il est Hamlet, monument de la culture britannique, ce qu’il prouve en récitant à froid le fameux «&nbsp;<em>Être ou ne pas être&nbsp;</em>»… «&nbsp;<em>comme ça c’est fait</em>&nbsp;», dit-il.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est, explique-t-il, dans une situation compliquée, car les institutions ont décidé de ne plus financer de mise en scène d’<em>Hamlet</em>, à l’exception de celle-ci, qui devra se monter avec un budget restreint. C’est donc sa dernière chance de prouver sa supposée «&nbsp;<em>pertinence actuelle&nbsp;</em>».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Petit budget oblige, il ne partage pas la scène avec d’autres comédiens, mais avec des peluches qu’il sort une à une des cartons empilés derrière lui : une grosse oie pour Gertrude, un serpent pour Claudius, une loutre pour Ophélie. Il sera demandé à certain·es spectateurices de lire le texte à la place de ce casting peu loquace…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Il y a quelque chose</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Duke se balade de version en adaptation, vêtu d’une grenouillère du Roi Lion (sans doute une des œuvres les plus célèbres inspirées d’Hamlet) auquel il fait de nombreuses références sous le rire du public. Plusieurs cadres spatio-temporels cohabitent ; la famille du Danemark est à la fois royauté et famille moderne qui dansent sur <em>Only you</em> et font des retraites spirituelles. Tout cela sans jamais briser la mise en abime initiale. La crédibilité de l’univers ainsi créé est plus que ténue, mais tient&nbsp; grâce à une écriture à l’humour pince-sans-rire qui embrasse l’absurde, et à la possible folie d’Hamlet.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>The Last Hamlet</em> est autant une lettre d’amour à Hamlet et à la beauté de la langue shakespearienne, qu’une concession aux critiques contemporaines faites à la pièce, un hommage à son caractère universel et une satire de celui-ci. Sans que cela ne soit réellement contradictoire… jusqu’à la fin alternative.</p>



<p class="wp-block-paragraph">CHLOÉ MACAIRE&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>The Last Hamlet </em><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu’au 24 juillet</mark><br><a href="https://festival-avignon.com/fr/edition-2026/programmation/the-last-hamlet-355391"><strong>Cloître des Célestins</strong>,</a> Avignon</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/scenes/"><em>Scènes</em> ici </a></p>
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		<title>Oiseau : Ce que la neige recouvre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jul 2026 14:39:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Deux femmes en blanc, deux pupitres et le mur presque nu du Palais des papes. Oiseau réunit deux mythes du cinéma et du théâtre : Isabelle Huppert, familière de la Cour, et Hyeyoung Lee, immense figure de la scène et de l’écran coréens. La première avance avec cette netteté inquiète qui lui appartient ; la [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Deux femmes en blanc, deux pupitres et le mur presque nu du Palais des papes. <em>Oiseau</em> réunit deux mythes du cinéma et du théâtre : <strong>Isabelle Huppert</strong>, familière de la Cour, et <strong>Hyeyoung Lee</strong>, immense figure de la scène et de l’écran coréens. La première avance avec cette netteté inquiète qui lui appartient ; la seconde lui répond dans une langue dont la musicalité fait déjà surgir un autre paysage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Adapté du début d’<em>Impossibles adieux</em>, le texte suit Gyeongha, envoyée par son amie Inseon sur l’île de Jeju pour sauver un oiseau laissé seul. Mais le voyage, pris dans une tempête, remonte peu à peu vers un autre hiver : celui du massacre de 1948 et de ses dizaines de milliers de victimes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La neige est partout chez <strong>Han Kang</strong>. Elle recouvre les chemins, les arbres, les tombes absentes ; elle efface les contours tout en révélant ce qui demeure dessous. Les silhouettes noires qui émergent du paysage deviennent celles des morts que l’Histoire a voulu ensevelir, et dont la douleur traverse encore les générations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette écriture narrative, poétique, faite de rêves, de déplacements et de strates temporelles, n’est pas la plus simple à porter à la scène. <strong>Julie Deliquet</strong> choisit justement de ne pas en forcer la théâtralité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Contre l’oubli</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La mise en scène assume la forme d’une lecture, jusque dans ce qu’elle peut avoir de frontal et de presque rétif au spectacle. Le parti pris ne fonctionne pas toujours &#8211; comme si le texte résistait encore à devenir action. Mais cette retenue trouve aussi sa nécessité : rien n’est reconstitué, rien n’est illustré avec insistance. Quelques lumières dans la pierre, un sol progressivement gagné par le blanc, la neige qui tombe enfin suffisent à faire apparaître le paysage mental du récit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’émotion passe surtout par les voix. Le passage du français au coréen rend particulièrement justice à la langue invitée du Festival : il permet à l’événement enfoui de revenir dans les mots mêmes de celles et ceux qui l’ont vécu. Isabelle Huppert et Hyeyoung Lee, remarquables de précision et de pudeur, rendent sensible cette remontée vers l’origine de la blessure. Leur naturel apparent ne masque jamais leur maîtrise du plateau : un recul devant le micro, un silence prolongé, un regard porté jusqu’au fond de la Cour suffisent à faire basculer le récit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque <strong>Han Kang</strong> les rejoint pour saluer un public visiblement ému, elle ne prononce aucun mot. Après cette traversée de ce que la neige recouvre sans parvenir à l’effacer, sa présence prolonge simplement celle du texte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Oiseau</em>, d’après <em>Impossibles adieux</em> a été joué les <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">15 et 16 juillet</mark> à la <a href="https://festival-avignon.com/fr/edition-2026/programmation/oiseau-355347">Cour d’honneur du Palais des papes</a></pre>



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		<title>L’Intraitable beauté du monde : « Rien n’est vrai, tout est vivant »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jul 2026 12:04:08 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Katrine Suwalski]]></category>
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		<category><![CDATA[Sony Labou Tansi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le dispositif est minimal, le comédien burkinabé dit un montage de textes, d’abord de Sony Labou Tansi, puis d’Édouard Glissant. La performance tient autant du stand-up que du conte africain, de la palabre que de la conférence, du théâtre que du concert. Car l’apparente simplicité du dispositif construit un cheminement dans des pensées complexes qui [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le dispositif est minimal, le comédien burkinabé dit un montage de textes, d’abord de Sony Labou Tansi, puis d’Édouard Glissant. La performance tient autant du stand-up que du conte africain, de la palabre que de la conférence, du théâtre que du concert. Car l’apparente simplicité du dispositif construit un cheminement dans des pensées complexes qui se rejoignent et qui, au bout de 2h30, ouvrent une voie jusqu’alors cachée, un moyen de sortir de la caverne platonicienne pour découvrir le vrai soleil.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur la tombe de Glissant, la célèbre épitaphe «&nbsp;<em>Rien n’est vrai, tout est vivant</em>&nbsp;», rappelle, ironie pour la pierre tombale d’un philosophe, que le monde se comprend dans la relation, l’évolution, et l’émerveillement. En commençant son spectacle par un montage des textes de Sony Labou Tansi, <strong>Étienne Minoungou</strong> part de la critique politique, celle du capitalisme, du colonialisme, de l’impérialisme. Un constat d’échec civilisationnel, et de nécessité d’emprunter d’autres voies, de construire d’autres relations. Empreint de la pensée de Glissant, Labou Tansi décrit les douleurs de l’Afrique, de la Palestine, de la pauvreté, dans un discours marxiste qui fustige les relations néocoloniales, mais n’oublie pas <em>L’Intraitable beauté du monde</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est après être descendu dans le public, après avoir partagé de l’eau, des mots, des sourires avec des spectateurices accablé·es par la canicule, après avoir chanté avec ses musicien·nes, que le comédien reprend le spectacle, quittant son micro sur pied pour occuper davantage la scène, s’assoir sur une chaise, laisser place aux belles mélodies du saxophone de<strong> Katrine Suwalski</strong> et des flûtes, au rythme de la kora et des percussions de <strong>Simon Winsé</strong>. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Le monde est pluriversel</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré la nuit et le silence des cigales les problèmes de son, de visibilité de la scène, s’accentuent&nbsp;:&nbsp;le dispositif scénique du jardin du Musée Calvet est prévu pour des lectures et débats, pas pour des spectacles. Mais le public, avec qui une relation de proximité s’est installée, reste et écoute. La cale négrière, l’intraitable traite, les plantations, l’origine traumatique de la société capitaliste, fondée sur l’innommable, le crime, l’esclavage. 250 années de traite humaine.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais un lien s’est tissé. Entre le public, le conteur et les musiciens, entre l’Afrique et la Caraïbe, entre les luttes et les traumatismes. Et surgit, intacte, la beauté du monde et du vivant. La possibilité de créoliser, de s’emparer des langues disparues, des langues de l’exil, des langues du colon et de l’esclavagiste, pour modeler des relations nouvelles, hospitalières, réparatrices, évolutives, vivantes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La possibilité d’un avenir apparait comme une évidence. Comme l’expliquent Glissant, Chamoiseau, Minoungou, c’est l’Afrique qui le porte. Non le continent, mais l’histoire vivante de peuples déportés, exploités, abandonnés (Labou Taznsi est mort du Sida en 1995 faute d’accès aux soins), qui savent que le capitalisme doit finir, pour qu’advienne une mondialité de la relation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;AGNÈS FRESCHEL</p>



<pre class="wp-block-verse"> <em>L’Intraitable beauté du monde</em> a été créé au Jardin du Musée Calvet du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">16 au 19 juillet</mark> dans le délicieux jardin du <a href="https://institutcalvet.fr/fr">musée Calvet</a></pre>



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