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	<title>Archives des Aziz Shokhakimov - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Aziz Shokhakimov - Journal Zebuline</title>
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		<title>Nelson Goerner l’enchanteur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Aug 2023 15:01:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Deux concertos de Rachmaninov dans la même soirée, même pas peur&#160;! L’immense pianiste&#160;Nelson Goerner&#160;interpréta les&#160;Concertos pour piano et orchestre n° 3 et 4&#160;du compositeur russe aux côtés du&#160;Sinfonia Varsovia&#160;avec la puissance et la verve poétiques qui lui sont propres&#160; Une annonce en début de concert précisait le changement de programme&#160;: l’ordre chronologique serait bouleversé et [&#8230;]</p>
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<p></p>



<p>Deux concertos de Rachmaninov dans la même soirée, même pas peur&nbsp;! L’immense pianiste&nbsp;<strong>Nelson Goerner</strong>&nbsp;interpréta les&nbsp;<em>Concertos pour piano et orchestre n° 3 et 4&nbsp;</em>du compositeur russe aux côtés du&nbsp;<em>Sinfonia Varsovia</em>&nbsp;avec la puissance et la verve poétiques qui lui sont propres&nbsp;</p>



<p>Une annonce en début de concert précisait le changement de programme&nbsp;: l’ordre chronologique serait bouleversé et le quatrième concerto précèderait le troisième, cette apogée du romantisme.</p>



<p>Certes, le&nbsp;<em>quatrième concerto en sol mineur</em>, est d’une facture très intéressante, se détache de l’humus romantique, esquisse de nouvelles voies, répond à des inspirations multiples, se fait l’écho des ébauches écrites en Russie (Rachmaninov le créera en 1927 à Philadelphie aux USA) et pourtant il est d’une grande sobriété par rapport aux œuvres précédentes. L’écriture somptueuse de la partition réservée à l’orchestre pour ce concerto mal aimé lui donne la capacité d’un dialogue foisonnant avec le piano. Et quel piano&nbsp;! Une émotion à fleur de peau, sans excès, d’une élégance bouleversante… L’artiste soliste accorde tout son sens à l’œuvre, en dessine l’ossature, la transcende, alchimie virtuose qui sera mise au service du&nbsp;<em>Concerto n° 3</em>&nbsp;en ré mineur. En tout cas, on est loin de la critique américaine qui affirmait «&nbsp;l’écriture orchestrale a la richesse du nougat et la partie de piano rutile de mille effets éculés&nbsp;» (in feuille de salle remarquablement concoctée par Marie-Aude Roux)&nbsp;!&nbsp;</p>



<p>Le&nbsp;<em>Concerto n° 3</em>&nbsp;était porté par la verve intelligente de Nelson Goerner dont les mains volent littéralement sur le clavier, emporte l’orchestre dans sa fougue. Ses échanges de regards avec les instruments solistes qui dialoguent avec lui soulignaient l’osmose entre l’œuvre et les musiciens. Les cadences offertes au piano, démentes de difficultés (la première déjà monstrueuse est suivie par une seconde qui est un véritable Everest pianistique&nbsp;!), en laissent goûter toute la brillance. Si le thème initial est d’une allure simple, les superpositions de voix, la complexité de la structure, le tissage aux expansions chatoyantes, la richesse des motifs rythmiques, le foisonnement des variations pianistiques, tout concourt à l’expression d’un lyrisme aux formes multiples, envoûtant dans ses orages comme dans ses danses légères. Le jeu ancré et aérien du poète du piano qu’est Nelson Goerner subjugue, son sens aigu des nuances, ses phrasés signifiants, touchent, bouleversent, transportent, au point que l’on ne sait plus si l’orchestre dirigé avec passion par Aziz Shokhakimov le suit dans la finesse extrême de son interprétation. Les grands élans de l’ensemble suffisent à construire un écrin au sublime. On est submergé par la beauté.&nbsp;</p>



<p>Alors que Rachmaninov, lors de la première représentation de son œuvre avait été incapable de jouer un bis, présentant ses mains meurtries au public, Nelson Goerner, après deux concertos virtuoses, eut encore la force de faire agir la magie avec le&nbsp;<em>Nocturne n° 20 en ut dièse mineur (opus Posthume)</em>&nbsp;de Chopin, l’essence même de la poésie&nbsp;!</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p>Concert donné le 12 août au parc de Florans dans le cadre du Festival international de piano de La Roque d’Anthéron&nbsp;&nbsp;</p>
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		<title>Virtuose ? Affirmatif !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Aug 2023 12:19:39 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Alexander Malofeev]]></category>
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		<category><![CDATA[Sinfonia Varsovia]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Soirée monumentale à La Roque&#160;: les deux jeunes pianistes,&#160;Nathanaël Gouin&#160;et&#160;Alexander Malofeev&#160;se partageaient le concert aux côtés du&#160;Sinfonia Varsovia&#160;galvanisé par son chef,&#160;Aziz Shokhakimov, pour la deuxième partie de l’Intégrale des Concertos pour piano de Rachmaninov. En préambule, le&#160;Sinfonia Varsovia&#160;présentait une pièce de la compositrice polonaise&#160;Grazyna Bacewicz&#160;dont l’œuvre permet de retracer les remuements de l’histoire du XXème [&#8230;]</p>
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<p></p>



<p>Soirée monumentale à La Roque&nbsp;: les deux jeunes pianistes,&nbsp;<strong>Nathanaël Gouin</strong>&nbsp;et&nbsp;<strong>Alexander Malofeev</strong>&nbsp;se partageaient le concert aux côtés du&nbsp;<strong>Sinfonia Varsovia</strong>&nbsp;galvanisé par son chef,&nbsp;<strong>Aziz Shokhakimov</strong>, pour la deuxième partie de l’Intégrale des Concertos pour piano de Rachmaninov.</p>



<p>En préambule, le&nbsp;<strong>Sinfonia Varsovia</strong>&nbsp;présentait une pièce de la compositrice polonaise&nbsp;<strong>Grazyna Bacewicz</strong>&nbsp;dont l’œuvre permet de retracer les remuements de l’histoire du XXème siècle (joug du Tsar russe, guerre de 1914-1918, Seconde Guerre mondiale, occupation nazie, régime soviétique stalinien&#8230;). Ces époques troublées marquent le travail de l’artiste issue d’une famille de violonistes. Ses partitions portent une attention particulière aux cordes. Son&nbsp;<em>Ouverture pour orchestre symphonique</em>&nbsp;de 1943 est amorcée par un motif rythmique de timbales qui sous-tendra discrètement toute la pièce dont les effets proches de ceux des films d’action, à grand renfort de croches, d’accélérations, de tempêtes qui s’apaisent avec une flûte des temps heureux de l’Arcadie antique et chantent avec le cor et les altos. La transparence des paysages pacifiques s’interrompt soudain avec l’irruption de l’Allegro dont l’énergie balaie tout sur son passage, au son des clairons que la texture dense des cordes souligne, défiant l’ennemi et surmontant toutes les catastrophes.&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Élégantes coutures</mark></strong></p>



<p>Après cette entrée en matière époustouflante, le Sinfonia Varsovia était prêt à accueillir le Steinway des concertistes. Le très subtil&nbsp;<strong>Nathanaël Gouin</strong>&nbsp;entrait en scène pour la&nbsp;<em>Rhapsodie sur un thème de Paganini opus 43</em>&nbsp;de Rachmaninov qui peut être considérée comme son cinquième concerto, cousant (la rhapsodie du grec «&nbsp;ῥάπτω», coudre et «&nbsp;ᾠδή&nbsp;», chant) ensemble les onze premières variations en une section initiale, puis les 12 à 18 pour le mouvement lent, et les dernières constituant un finale. Il est souvent suggéré que le motif du Dies Irae que l’on retrouve dans cette pièce serait une référence au mythe selon lequel Paganini aurait vendu son âme au diable en échange de sa virtuosité et de l’amour d’une femme… La naissance de l’amour est reprise par le film de Tornatore, basé sur un roman d’Alessandro Baricco (<em>Novecento</em>),&nbsp;<em>La légende du pianiste sur l’océan</em>, qui mêle les accents poétiques de la variation XVIII et la rencontre amoureuse. Le soliste se glisse avec aisance dans les scansions oniriques de l’œuvre, y glisse un regard espiègle, en épouse les nuances, se laisse emporter dans la houle de l’orchestre en une musique d’une infinie délicatesse. Sa capacité à transcrire les moindres émotions était encore plus évidente lors des rappels, une sublime&nbsp;<em>Romance de Nadir</em>&nbsp;(<em>Les Pêcheurs de Perles&nbsp;</em>de Bizet dans un superbe arrangement du pianiste lui-même) et le&nbsp;<em>Prélude n° 12 en sol dièse mineur</em>de Rachmaninov. Il fallait bien un entracte pour se remettre afin de plonger dans le deuxième&nbsp;<em>Concerto pour piano et orchestre en ut mineur opus 18</em>&nbsp;de Rachmaninov.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Duo de géants</mark></strong></p>



<p>Alexander Malofeev, familier de La Roque depuis ses treize ans, et suivi par un public qui se plaît à voir grandir ce grand artiste, s’attachait à l’interprétation du plus joué des concertos de Rachmaninov dont la conception a quelque chose d’assez romanesque : désespéré par l’échec de sa première <em>Symphonie </em>(les instrumentistes bâclent le travail, ne respectent ni les tempi ni les indications du compositeur et la plus grande partie de la critique l’éreinte), le compositeur se retire en lui-même, se réfugie dans l’alcool et ne crée plus durant trois ans. Nicolas Dahl, psychiatre spécialiste des désintoxications sous hypnose l’encourage à composer un concerto (n’y a-t-il meilleur remède que l’art ?). Le deuxième Concerto, dédié au docteur Dahl en remerciement, naît alors suivi par une période très féconde pour le compositeur. L’œuvre, aux multiples difficultés (dont celle des dixièmes à jouer d’une seule main), se raconte au fil de son écriture. Les célèbres premières notes du piano laissent ensuite le rôle central à l’orchestre dont il accompagne la mélodie jusqu’à son premier solo. La beauté, le lyrisme échevelé, les rêveries, les emportements, les nostalgies, sont déclinés avec une verve et une grâce bouleversantes. L’orchestre, dirigé avec une intelligente passion par Aziz Shokhakimov, puissant comme les orages d’une âme, devient un écrin aux élans pianistiques d’Alexander Malofeev dont le jeu lumineux transcrit les envols d’une partition qu’il sert avec enthousiasme et intelligence. Il séduira encore lors des bis avec le <em>Prélude pour la main gauche opus 9 n° 1</em> de Scriabine et l’éblouissante <em>Toccata en ré mineur opus 11</em> de Prokofiev qui décidément semble être l’un de ses morceaux de rappel fétiche : l’énergie mécanique et espiègle de cette Toccata avait conclu son concert soliste à la Maison du Cygne de Six-Fours-les-Plages en juillet dernier.  </p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p>Concert donné le 8 août au parc de Florans, dans le cadre du Festival international de piano de La Roque d’Anthéron</p>
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		<title>Plongées romantiques</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Aug 2023 16:44:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Une carte blanche «&#160;La valeur n’attend point le nombre des années&#160;», sans doute rarement l’adage né de la pièce de Corneille n’a été aussi bien illustré que la soirée «&#160;Carte Blanche&#160;» offerte au jeune pianiste&#160;Alexandre Kantorow, lauréat à vingt-deux ans en 2019 de la Médaille d’Or du prestigieux Concours Tchaïkovski ainsi que le Grand Prix, [&#8230;]</p>
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<p></p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une carte blanche</mark></strong></p>



<p>«&nbsp;<em>La valeur n’attend point le nombre des années</em>&nbsp;», sans doute rarement l’adage né de la pièce de Corneille n’a été aussi bien illustré que la soirée «&nbsp;<em>Carte Blanche</em>&nbsp;» offerte au jeune pianiste&nbsp;<strong>Alexandre Kantorow</strong>, lauréat à vingt-deux ans en 2019 de la Médaille d’Or du prestigieux Concours Tchaïkovski ainsi que le Grand Prix, décerné seulement trois fois auparavant dans l’histoire de ce concours (né en 1958). Le programme consacré à Beethoven et à Schubert abordait diverses configurations, forme concertante avec le&nbsp;<strong>Sinfonia Varsovia</strong>&nbsp;dirigé par&nbsp;<strong>Gordan Nikolitch</strong>, puis chambriste, réunissant&nbsp;<strong>Liya Petrova</strong>&nbsp;et son violon Hélios fabriqué à Crémone en 1735 par l’héritier de Stradivari, Carlo Bergonzi,&nbsp;<strong>Violaine Despeyroux</strong>&nbsp;et son alto Jacquot de 1863,&nbsp;<strong>Aurélien Pascal</strong>&nbsp;et son violoncelle «&nbsp;Maisky&nbsp;» réalisé par David Tecchler à Rome en 1703,&nbsp;<strong>Yann Dubost</strong>&nbsp;et sa contrebasse de Giuseppe Zanotti de 1733, et soliste enfin, sans doute les instants les plus attendus par le public tant le jeu du pianiste conjugue avec brio élégance, poésie et virtuosité.&nbsp;</p>



<p>Violon, piano et violoncelle commençaient le bal avec une œuvre de jeunesse de Beethoven, son&nbsp;<em>Trio pour piano et cordes n° 1 en mi bémol majeur</em>&nbsp;délicieusement volubile et brillant avant son&nbsp;<em>Triple Concerto pour piano, violon et violoncelle en ut majeur</em>, œuvre assez particulière unissant le concerto grosso et la symphonie concertante qui faisait fureur à Paris à la fin du XVIIIème et au début du XIXème siècles avec à côté de l’orchestre un groupe de solistes qui «&nbsp;concertent&nbsp;» entre eux et avec l’orchestre, ici, le&nbsp;<strong>Sinfonia Varsovia</strong>&nbsp;dirigé par&nbsp;<strong>Gordan Nikolitch</strong>. Cette conversation animée où l’écoute de l’autre permet des rebondissements, des surprises, des exclamations, des monologues, des voix qui se chevauchent, s’interrompent, surenchérissent, fut menée avec finesse par les trois instrumentistes liés par une longue complicité avant une deuxième partie au cours de laquelle Alexandre Kantorow, seul face à son Steinway, se glissait dans la&nbsp;<em>Wanderer-Fantasie en ut majeur&nbsp;</em>de Schubert dont les formes assez beethoveniennes par leur caractère exubérant ne dissimulent pas une intériorité sensible que le jeu subtil du pianiste épouse dans ses nuances les plus délicates, ses respirations, ses silences, ses modulations où se lovent les stridulations entêtantes des cigales, dialogue émouvant de la nature et du poète romantique.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Le&nbsp;<em>Quintette pour piano et cordes en la majeur</em>&nbsp;de Schubert, seul quintette avec piano du compositeur, est désigné par le nom&nbsp;<em>La Truite</em>&nbsp;en raison des variations de son quatrième mouvement sur le thème d’un lied du même Schubert,&nbsp;<em>Die Forelle</em>&nbsp;(la truite) inspiré d’un texte de Schubart (à une lettre près on est musicien ou poète&nbsp;!). L’entente entre les instrumentistes, l’élégance de leur interprétation, leurs regards parfois teintés d’espièglerie, la sensation de spontanéité, n’étaient pas sans rappeler certaines soirées données au château de l’Emperi lors du Festival international de Musique de Chambre de Provence, simplicité conviviale et intelligente au service d’une expressivité sans cesse renouvelée…&nbsp;</p>



<p>En bis, le quintette reprend avec humour le thème de La Truite puis Alexandre Kantorow s’adressa en souriant au public&nbsp;: «&nbsp;nous n’avons plus rien à jouer. On m’a forcé à jouer tout seul&nbsp;». Ce sera l’<em>Intermezzo opus 118 n° 2 en la majeur</em>&nbsp;de Brahms… Délices&nbsp;!</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une carte concertante</mark></strong></p>



<p>Une deuxième soirée, avec une salle pleine à craquer, permettait de retrouver Alexandre Kantorow et le&nbsp;<strong>Sinfonia Varsovia</strong>&nbsp;sous la houlette d’<strong>Aziz Shokhakimov</strong>. Le pianiste offrait une interprétation très subtile et intime du&nbsp;<em>Concerto pour piano et orchestre n° 1 en fa dièse mineur</em>&nbsp;de Serguei Rachmaninov, œuvre de jeunesse du compositeur russe (il avait alors 17 ans) qui construisit cet opus en regard du&nbsp;<em>Concerto pour piano en la mineur</em>&nbsp;de Grieg. La fougue juvénile du premier mouvement,&nbsp;<em>Vivace</em>, dont le thème n’est pas sans rappeler le générique de la regrettée émission de Bernard Pivot,&nbsp;<em>Apostrophes</em>, s’emporte avec passion, en un développement ample et mélodique. La virtuosité de l’œuvre réside sans doute dans ses contrastes, puissance grandiose et repli sur soi, élans vivaces et rêveries nocturnes. Le piano sait à merveille dessiner ces atmosphères si variées, oscillant entre les ondes tempétueuses du premier mouvement et les parfums de la mélancolie de l’<em>Andante</em>&nbsp;avant de renouer avec les échos tziganes chers au compositeur. Le lyrisme romantique de ce concerto sied comme un gant à Alexandre Kantorow qui apporte sa lecture, sa sensible poésie à une partition complexe. Sa connivence avec le chef d’orchestre, chacun admirant le travail de l’autre, autorisait une liberté neuve à cette œuvre tant de fois jouée et entendue. En bis, généreux, le jeune interprète offrait la&nbsp;<em>Valse Triste</em>&nbsp;de Vecsey transcrite pour le piano par Cziffra puis&nbsp;<em>Chanson et danse n° 6</em>&nbsp;que Mompou dédia à Rubinstein. Une bulle de rêve…</p>



<p>L’orchestre seul s’attacha à une interprétation enlevée de&nbsp;<em>Shéhérazade, suite symphonique opus 35&nbsp;</em>de Rimski-Korsakov. La musique très imagée de cette suite s’animait avec un enthousiasme communicatif sous la direction vive et précise d’Aziz Shokhakimov qui mime, danse, vit le propos avec une intelligence parfois malicieuse et toujours spirituelle. Face à un premier violon solo dont les aigus filés tenaient de la haute virtuosité, figure de la conteuse Shéhérazade, l’orchestre, puissant, endosse le rôle du sultan. Les miniatures se succèdent, cavalcades, fêtes, tempête maritime… Les finales somptueuses figées en falaises vertigineuses et immobiles accentuent le caractère épique du conte des&nbsp;<em>Mille et une nuits</em>, les instruments solistes offrent leurs paillettes à ce kaléidoscope foisonnant (flûte, cor, basson, hautbois) qui danse dans la douceur du soir. Une nouvelle page d’enchantements à La Roque&nbsp;!</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p>Concert donné le 7 août au parc de Florans dans le cadre du Festival international de piano de La Roque d’Anthéron</p>
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		<title>Au-delà des hyperboles</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Aug 2022 13:25:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il fallait bien deux monuments pour le fantastique duo entre le pianiste Alexandre Kantorow et le Sinfonia Varsovia dirigé par Aziz Shokhakimov&#160;! L’entente entre cette grande formation, magistralement mise en valeur par son jeune chef et le génial pianiste, premier français à avoir obtenu le premier prix du concours Tchaïkovski &#8211; véritable Graal du piano [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Il fallait bien deux monuments pour le fantastique duo entre le pianiste <strong>Alexandre Kantorow</strong> et le <strong>Sinfonia Varsovia</strong> dirigé par <strong>Aziz Shokhakimov</strong>&nbsp;! L’entente entre cette grande formation, magistralement mise en valeur par son jeune chef et le génial pianiste, premier français à avoir obtenu le premier prix du concours Tchaïkovski &#8211; véritable Graal du piano &#8211; à tout juste vingt-deux ans, est sensible dans les moindres accords. Un regard et la symbiose se noue, évidence de la musique, de ses mouvements, de ses tempi, en un dialogue fécond.</p>



<p>Le <em>Concerto pour piano et orchestre n° 2 en sol majeur opus 44</em> de Tchaïkovski ouvre le bal, sublimé par l’interprétation de l’ensemble. On dirait deux solistes géants face à face, aucun n’ayant nécessairement besoin de l’autre pour s’épauler, mais unis par la grâce. L’éblouissante technique devient accessoire, n’est pas la fin en soi qui servirait les rodomontades de beaucoup, mais un outil bien rodé entièrement mis au service de l’expression. Des intentions de la partition, nous donnant à entendre une voix, des accents emportés, le flux vibrant d’une pensée chatoyante. L’<em>Allegro con fuogo </em>qui conclut l’œuvre laisse l’auditoire saisi dans le foisonnement d’une musique exigeante.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Bel Kanto</mark></strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Alexandre-Kantorow-_-Sinfonia-Varsovia-direction-Aziz-Shokhakimov-22-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=465%2C309&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-116175" width="465" height="309" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Alexandre-Kantorow-_-Sinfonia-Varsovia-direction-Aziz-Shokhakimov-22-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=1024%2C682&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Alexandre-Kantorow-_-Sinfonia-Varsovia-direction-Aziz-Shokhakimov-22-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Alexandre-Kantorow-_-Sinfonia-Varsovia-direction-Aziz-Shokhakimov-22-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Alexandre-Kantorow-_-Sinfonia-Varsovia-direction-Aziz-Shokhakimov-22-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=1536%2C1024&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Alexandre-Kantorow-_-Sinfonia-Varsovia-direction-Aziz-Shokhakimov-22-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Alexandre-Kantorow-_-Sinfonia-Varsovia-direction-Aziz-Shokhakimov-22-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=1068%2C712&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Alexandre-Kantorow-_-Sinfonia-Varsovia-direction-Aziz-Shokhakimov-22-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Alexandre-Kantorow-_-Sinfonia-Varsovia-direction-Aziz-Shokhakimov-22-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?w=1772&amp;ssl=1 1772w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Alexandre-Kantorow-_-Sinfonia-Varsovia-direction-Aziz-Shokhakimov-22-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="(max-width: 465px) 100vw, 465px" /><figcaption>Alexandre Kantorow, Sinfonia Varsovia, direction Aziz Shokhakimov © Valentine Chauvin</figcaption></figure>
</div>


<p>Tellurique, le pianiste bouleverse encore dans le <em>Concerto pour piano et orchestre n° 2 en la majeur</em> de Liszt. Falaises sonores, écarts, fortissimi exacerbés, pianissimi de rêve, le caractère symphonique de cet opus (qui en ce sens est proche de la conception de Tchaïkovski dans son <em>Concerto pour piano n° 2</em>) englobe avec une élégante virtuosité le piano au cœur des instruments de l’orchestre. Une seule note posée et déjà on entre en poésie. La méditation, le recueillement jouxtent les épanchements démesurés. Le chef d’orchestre danse et le Sinfonia Orchestra brille. La fougue d’Alexandre Kantorow, parfois subtilement espiègle, est au diapason. Les gradins du parc du Château de Florans, combles pour la première fois cette année, trépignent. Le premier bis qu’il nous offre est un discret hommage à Nelson Freire qui a quitté la scène du monde le 1<sup>er</sup> novembre 2021 (lire <a href="http://Trois hommages, trois visions | Journal Zebuline">ici</a>) : <em>La danse des esprits bienheureux</em> de Gluck (in <em>Orphée et Euridice Wq. 30</em>, arrangement Sgambati) était le bis traditionnel du pianiste disparu. Sa poésie onirique bouleverse ici doublement. La rêverie du pianiste-poète vagabondera ensuite dans le <em>Sonetto 104 del Petrarca</em> (<em>2<sup>e</sup> année de Pèlerinage</em> de Liszt) avant de conclure par <em>L’oiseau de feu III Finale</em> de Stravinsky (arrangements Agosti), démontrant par l’exemple que la virtuosité n’est pas qu’une histoire de technique mais bien la capacité à transmettre l’émotion. Temps suspendu !</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p><sub><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Concert donné le 5 août auditorium du parc du Château de Florans, dans le cadre du <em>Festival international de Piano de La Roque-d’Anthéron</em>.</mark></sub></p>
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		<title>Liszt en majesté</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Aug 2022 08:50:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nelson Goerner, Gabriel Stern, Sinfonia Varsovia, Aziz Shokhakimov, le même soir à La Roque-d’Anthéron&#160;: quelle brochette&#160;! Les spectateurs du parc de Florans sont plus que gâtés avec la venue de tels interprètes. Le Sinfonia Varsovia, superbement homogène et éloquent sous la direction vive d’Aziz Shokhakimov, se glisse avec maestria dans les partitions de Liszt, compositeur [&#8230;]</p>
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<p><strong>Nelson Goerner</strong>, <strong>Gabriel Stern</strong>, <strong>Sinfonia Varsovia</strong>, <strong>Aziz Shokhakimov</strong>, le même soir à La Roque-d’Anthéron&nbsp;: quelle brochette&nbsp;! Les spectateurs du parc de Florans sont plus que gâtés avec la venue de tels interprètes. Le Sinfonia Varsovia, superbement homogène et éloquent sous la direction vive d’Aziz Shokhakimov, se glisse avec maestria dans les partitions de Liszt, compositeur phare du jour. La diabolique <em>Totentanz</em> (ou <em>Danse macabre, </em>sous-titrée<em> «&nbsp;paraphrase du Dies Irae&nbsp;»</em>) ouvre ce festival virtuose. Construite sur la séquence initiale du <em>Dies Irae</em> (celui-là même repris dans le cinquième mouvement de la <em>Symphonie fantastique</em> de Berlioz), elle s’appuie aussi sur le <em>diabolus in musica</em> (intervalle de quarte augmentée ou triton qui deviendra la note bleue du jazz). Déluges de notes, faux-bourdon, intervalles dissonants, glissandos éblouis de leurs propres audaces, rythmique enflammée qui emporte piano et orchestre dans de larges vagues puissantes. La musique décline tous les registres avec une verve sans pareille. Inspirée par les gravures sur bois de Hans Holbein (<em>Le triomphe de la Mort</em>) ou la fresque <em>Il trionfo della Morte</em> d’Andrea Orcagna, l’œuvre est réputée comme l’une des plus difficiles écrites pour le piano et on veut bien le croire. La modernité de la partition éblouit par son inventivité, ses tentations bruitistes, ses combinaisons de timbres bouleversantes, ses dissonances assumées. Difficile de jouer après de telles tempêtes, même après le retour apaisé en bis de Nelson Goerner avec la <em>Sonate pour piano n° 13 en la majeur op. 120 D.664</em>, à la lumineuse sérénité.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jeune virtuose</mark></strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="696" height="464" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Gabriel-Stern-Aziz-Shikhakimov-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-116100" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Gabriel-Stern-Aziz-Shikhakimov-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022.jpg?resize=1024%2C682&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Gabriel-Stern-Aziz-Shikhakimov-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Gabriel-Stern-Aziz-Shikhakimov-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Gabriel-Stern-Aziz-Shikhakimov-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022.jpg?resize=1536%2C1024&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Gabriel-Stern-Aziz-Shikhakimov-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Gabriel-Stern-Aziz-Shikhakimov-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022.jpg?resize=1068%2C712&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Gabriel-Stern-Aziz-Shikhakimov-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Gabriel-Stern-Aziz-Shikhakimov-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022.jpg?w=1772&amp;ssl=1 1772w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Gabriel-Stern-Aziz-Shikhakimov-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022.jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption>Gabriel Stern, Aziz Shikhakimov © Valentine Chauvin 2022</figcaption></figure>



<p>Deux concerti et pas des moindres attendaient le jeune Gabriel Stern (On peut même s’enorgueillir de sa formation puisqu’il débuta au conservatoire de La Ciotat puis poursuivit ses études musicales au CNRR de Marseille. Avant de partir sous d’autres cieux, dont la Suisse où il se perfectionne auprès de Nelson Goerner.). Le <em>Concerto pour piano n° 1 en mi bémol majeur</em> que Bartók qualifiait de «&nbsp;<em>première composition parfaite de forme-sonate cyclique, avec des thèmes communs traités sur le principe de la variation&nbsp;</em>», permet au jeune pianiste de décliner la palette moirée de son talent.</p>



<p>Virtuosité technique parfaite, mais qui devient accessoire tant la capacité à colorer le jeu, à dessiner les nuances, à sculpter la matière sonore est maîtrisée. Et s’accorde à la fougue de l’orchestre et parfois même du triangle qui, ce n’est pas coutume, se hisse à la hauteur d’un instrument soliste dans une conversation avec l’orchestre ou le piano. Le <em>Concerto symphonique pour piano et orchestre n° 2 en la majeur</em>, plus brillant encore dans son interprétation, sans doute grâce aux applaudissements frénétiques du public libérant les musiciens, tient en haleine avec ses six mouvements enchaînés. Il passe d’un registre à l’autre, emporte, séduit, offre au piano une partition redoutable et éblouissante. En bis, Gabriel Stern offre deux des douze études d’exécution transcendante, <em>Paysage</em> et <em>Chasse sauvage</em>, tableaux de genre finement polis qui achèvent de subjuguer l’auditoire.</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p><sub><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Soirée du 12 août, à l’auditorium du parc Florans, dans le cadre du <em>Festival international de piano de la Roque-d’Anthéron</em>.</mark></sub></p>
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		<title>À La Roque d’Anthéron, lumières sur un couple poly-gammes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Aug 2022 16:09:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sont réunis sous la conque du parc du château de Florans le bel orchestre Sinfonia Varsovia, dirigé avec passion par Aziz Shokhakimov, et deux remarquables pianistes distingués tous deux au Conservatoire national de Paris&#160;: les Français David Kadouch et Tanguy de Williencourt, lauréats de multiples concours et aux carrières internationales saluées par les critiques du [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Sont réunis sous la conque du parc du château de Florans le bel orchestre <strong>Sinfonia Varsovia</strong>, dirigé avec passion par <strong>Aziz Shokhakimov,</strong> et deux remarquables pianistes distingués tous deux au Conservatoire national de Paris&nbsp;: les Français <strong>David Kadouch </strong>et <strong>Tanguy de Williencourt</strong>, lauréats de multiples concours et aux carrières internationales saluées par les critiques du monde entier.</p>



<p>Malicieusement, la juxtaposition du <em>Concerto pour piano et orchestre en la mineur opus 54</em> de Robert Schumann et du <em>Concerto pour piano et orchestre n° 1 en la mineur opus 7</em> de Clara Wieck-Schumann, invitait à la comparaison. Aucune rivalité possible entre les interprètes, tous deux abordant avec justesse les œuvres, épousant les intentions, les nuances, les variations, les couleurs, les phrasés, en un dialogue fécond avec l’orchestre. Celui-ci mené intelligemment par son jeune chef qui sait mettre en évidence les pupitres, creusant la matière sonore, la sculptant comme du cristal.</p>



<p>Le concert débutait par l’<em>Ouverture, Scherzo et Finale opus 52</em> de Robert Schumann, vif, équilibré, achevé par de somptueux accords telle une entrée en matière enthousiaste. Tanguy de Williencourt s’attache alors à l’œuvre, véritable déclaration d’amour à l’épouse Schumann qui en fut la première interprète et la dédicataire. On s’amuse à retrouver les premières mesures de la trame de <em>Bésame mucho</em> qui, presque un siècle plus tard, connaîtra un succès mondial. On se laisse séduire par le côté « fleur bleue », mais jamais insipide, d’une mélodie qui court du piano à l’orchestre, en un dialogue qui les unit avec une infinie tendresse. Poésie et lyrisme dominent dans ce bouquet instrumental ciselé et frémissant.</p>



<p><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="600" height="900" class="wp-image-116066" style="width: 600px;" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Lorchestre-Sinfonia-Varsovia-sous-la-direction-dAziz-Shokhakimov-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=600%2C900&#038;ssl=1" alt="" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Lorchestre-Sinfonia-Varsovia-sous-la-direction-dAziz-Shokhakimov-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?w=1181&amp;ssl=1 1181w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Lorchestre-Sinfonia-Varsovia-sous-la-direction-dAziz-Shokhakimov-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=200%2C300&amp;ssl=1 200w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Lorchestre-Sinfonia-Varsovia-sous-la-direction-dAziz-Shokhakimov-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=682%2C1024&amp;ssl=1 682w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Lorchestre-Sinfonia-Varsovia-sous-la-direction-dAziz-Shokhakimov-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=768%2C1152&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Lorchestre-Sinfonia-Varsovia-sous-la-direction-dAziz-Shokhakimov-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=1024%2C1536&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Lorchestre-Sinfonia-Varsovia-sous-la-direction-dAziz-Shokhakimov-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=696%2C1044&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Lorchestre-Sinfonia-Varsovia-sous-la-direction-dAziz-Shokhakimov-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=1068%2C1602&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Lorchestre-Sinfonia-Varsovia-sous-la-direction-dAziz-Shokhakimov-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=280%2C420&amp;ssl=1 280w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Des différences majeures ?</mark></strong></p>



<p>À ce rayonnement envoûtant répond sous les doigts de David Kadouch le <em>Concerto</em> de Clara Schumann, usant de contrastes, de ruptures, d’élans fortement charpentés, laissant une plus grande liberté au piano, soulignant la virtuosité pianistique de la compositrice. La relation entre l’orchestre et le soliste se transforme, le premier devenant un véritable interlocuteur pour le second au caractère bien trempé, qui n’hésite pas à se livrer à l’ivresse de sa virtuosité. L’ensemble se scinde, offre des passages chambristes sublimes (superbe duo entre le violoncelle solo et le piano), se refonde en larges vagues, articule l’espace sonore, l’emplissant de sa verve puissante.</p>



<p>Tanguy de Williencourt joue en bis <em>Traümerei</em>,extrait des<em> Kinderszenen opus 15</em> de Robert Schumann, brossant la grâce vivante du tableautin en un jeu inspiré et tendre. David Kadouch décide pour sa part de rendre hommage à une autre immense compositrice, Fanny Mendelssohn, avec son <em>Allegretto en do dièse mineur</em> des <em>Six mélodies pour le piano opus 4</em>. «&nbsp;<em>Aujourd’hui,</em> souligne l’artiste, <em>on est en train de découvrir l’Amérique&nbsp;: jouer les compositrices que l’on avait «&nbsp;oubliées&nbsp;» n’est pas un effet de mode, mais une justice qu’on leur rend&nbsp;</em>». L’écoute en «&nbsp;aveugle&nbsp;» remet à plat la question de l’influence des sexes sur la création&nbsp;: le concerto de Clara est bien plus «&nbsp;viril&nbsp;» – s’il faut encore user de ce type de distinction – que celui de Robert…</p>



<p>Enfin, les deux pianistes se retrouvent à quatre mains sur les <em>Danses slaves pour quatre mains, allegretto grazioso en ré bémol majeur opus 72</em> de Dvorak. La magie de l’instant se double de significations fortes.</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI </p>



<p><sub><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Soirée du 11 août, à l’auditorium du parc de Florans, dans le cadre du <em>Festival International de Piano de La Roque d’Anthéron</em>.</mark></sub></p>
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