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	<title>Archives des Rencontres d&#039;Arles - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Rencontres d&#039;Arles - Journal Zebuline</title>
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		<title>Dans le champ de Battaglia </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nicolas Santucci]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Jul 2025 10:00:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
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		<category><![CDATA[Chapelle Saint-Martin-du-Méjan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est une exposition où l’on pourrait s’arrêter des heures sur chaque photo. Elles sont une bonne centaine, mais elles ont toutes un geste, un regard, une force, un discours. À la chapelle Saint-Martin-du-Méjan, les&#160;Rencontres&#160;proposent une grande rétrospective de l’œuvre de&#160;Letizia Battaglia, photojournaliste italienne engagée,&#160;prix Eugene Smith 1985,&#160;connue pour son travail sur la mafia dans les [&#8230;]</p>
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<p>C’est une exposition où l’on pourrait s’arrêter des heures sur chaque photo. Elles sont une bonne centaine, mais elles ont toutes un geste, un regard, une force, un discours. À la chapelle Saint-Martin-du-Méjan, les<em>&nbsp;Rencontres</em>&nbsp;proposent une grande rétrospective de l’œuvre de&nbsp;<strong>Letizia Battaglia</strong>, photojournaliste italienne engagée,&nbsp;prix Eugene Smith 1985,&nbsp;connue pour son travail sur la mafia dans les années 1970 en Sicile.&nbsp;</p>



<p>La magie des rétrospectives est souvent de&nbsp;faire&nbsp;voir l’évolution d’un artiste&nbsp;: ses débuts, ses éclats, parfois son déclin. Mais avec Letizia Battaglia, rien ne bouge.&nbsp;Ou&nbsp;peut-être est-ce la société qui ne bouge pas. Car à travers son objectif, c’est&nbsp;la réalité la plus crue qu’elle saisit.&nbsp;«<em>&nbsp;La photographie devient, ou plutôt elle est la vie racontée&nbsp;: je me glisse dans une photographie qui est le monde, c’est à dire que je deviens le monde et que le monde devient moi.</em>&nbsp;»&nbsp;</p>



<p>L’exposition s’attache&nbsp;donc&nbsp;à retracer chronologiquement le parcours de l’artiste italienne. Il y a ses débuts dans la presse à Milan, où on lui confiait les sujets de mœurs, puis son retour dans son île natale&nbsp;où elle travaillera jusqu’en 1988 pour le quotidien&nbsp;<em>L’</em><em>Ora</em>.&nbsp;Dans ce journal&nbsp;engagé&nbsp;à gauche, sa photo est à la fois politique et documentaire. Elle montre la réalité des crimes mafieux&nbsp;: les corps assassinés, les mères pleurant leurs enfants, ou le regard d’une jeune fille derrière un corbillard. Et puisque la misère est le terreau de la mafia, on voit aussi ces enfants sous alimentés, ou le doigt de ce bébé rongé par un rat.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Réalité surréaliste </mark></strong></h3>



<figure class="wp-block-image size-full"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="461" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/07/MEDIA-1991-Valentinafiglia-di-mimmo-ortolano-casa-professa-copia-4-1.jpg?resize=696%2C461&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-131260" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/07/MEDIA-1991-Valentinafiglia-di-mimmo-ortolano-casa-professa-copia-4-1.jpg?w=920&amp;ssl=1 920w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/07/MEDIA-1991-Valentinafiglia-di-mimmo-ortolano-casa-professa-copia-4-1.jpg?resize=300%2C199&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/07/MEDIA-1991-Valentinafiglia-di-mimmo-ortolano-casa-professa-copia-4-1.jpg?resize=768%2C509&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/07/MEDIA-1991-Valentinafiglia-di-mimmo-ortolano-casa-professa-copia-4-1.jpg?resize=150%2C99&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/07/MEDIA-1991-Valentinafiglia-di-mimmo-ortolano-casa-professa-copia-4-1.jpg?resize=696%2C461&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2025/07/MEDIA-1991-Valentinafiglia-di-mimmo-ortolano-casa-professa-copia-4-1.jpg?resize=633%2C420&amp;ssl=1 633w" sizes="(max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption class="wp-element-caption">© <strong>Letizia Battaglia</strong></figcaption></figure>



<p>Sa photo&nbsp;est aussi sociale, quand elle s’immisce dans une veillée&nbsp;funèbre, à la lueur de bougies, ou qu’elle suit&nbsp;les grandes manifestations religieuses siciliennes.&nbsp;Elle est même surréaliste, quand on voit cette colombe fendre la foule et se diriger vers deux garçons, ou ces enfants jouant avec les armes factices que leur offrent leurs parents.&nbsp;</p>



<p>Toutes ces photos, aux contrastes marqués, témoignent d’une époque qui n’est certainement pas révolue, en Sicile comme ailleurs. Il y a quelques jours à Nîmes, un jeune de 19 ans&nbsp;a ététorturé et&nbsp;assassiné par une bande de narcotrafiquants rivale. Le 11 novembre 1970, au lendemain de la mort du général de Gaulle, un même crime sordide était commis&nbsp;non loin de-là&nbsp;dans le Gard&nbsp;: «&nbsp;<em>Deux cadavres atrocement mutilés ont été découverts hier près d’</em><em>Orthoux</em><em>. Les premiers éléments de l’enquête laissent présager qu’il s’agirait d’un règlement de comptes</em>&nbsp;», expliquait alors le journal&nbsp;<em>La Marseillaise</em>. La réalité de Letizia Battaglia est d’une intemporalité glaçante.&nbsp;</p>



<p>NICOLAS SANTUCCI</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Letizia Battaglia</em></strong><br><strong><em>J’ai toujours cherché la vie</em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu’au 5 octobre</mark><br>Chapelle Saint-Martin-du-Méjan</pre>



<p>Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/arts-visuels/">Arts-Visuels ici</a></p>
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		<title>Photographie ama-teur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nicolas Santucci]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Aug 2024 08:01:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est une histoire multi-millénaires dans un lieu millénaire. À l’abbaye de Montmajour, à quelques minutes de route d’Arles, les Rencontres proposent une plongée dans l’œuvre du photographe Uraguchi Kusukazu, qui a passé plus de trente ans aux côtés des ama, ces pêcheuses japonaises qui fendent la houle et la peur depuis plus de 3000 ans.&#160; [&#8230;]</p>
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<p>C’est une histoire multi-millénaires dans un lieu millénaire. À l’abbaye de Montmajour, à quelques minutes de route d’Arles, les <em>Rencontres</em> proposent une plongée dans l’œuvre du photographe Uraguchi Kusukazu, qui a passé plus de trente ans aux côtés des <em>ama</em>, ces pêcheuses japonaises qui fendent la houle et la peur depuis plus de 3000 ans.&nbsp;</p>



<p>À l’œil, c’est un contraste entre le noir et le blanc qui s’offre au visiteur. Le noir des abysses, des algues et des combinaisons de plongée. Un noir dur, pur, profond, qui tranche avec le blanc&nbsp;: celui de la peau, du sable, ou des tenues de coton – que les <em>ama</em> ont commencé à porter après l’importation des mœurs occidentales dans le pays, elles qui pêchaient jusqu’alors nues, ou avec un pagne.&nbsp;</p>



<p>Mais derrière ces couleurs ouatées, il y a les scènes de vie quotidienne. On comprend que ces femmes font un travail dangereux et harassant. Elles plongent au fond d’une eau froide, parfois déchaînée, à la recherche d’algues ou d’ormeaux. Des scènes d’action, ou de contemplation, qui témoignent d’un labeur rude et fascinant.&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="500" height="746" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/08/2024-KUSU-05.jpg?resize=500%2C746&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-124979" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/08/2024-KUSU-05.jpg?w=500&amp;ssl=1 500w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/08/2024-KUSU-05.jpg?resize=201%2C300&amp;ssl=1 201w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/08/2024-KUSU-05.jpg?resize=150%2C224&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/08/2024-KUSU-05.jpg?resize=300%2C448&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2024/08/2024-KUSU-05.jpg?resize=282%2C420&amp;ssl=1 282w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /><figcaption class="wp-element-caption">Uraguchi Kusukazu. Sous l’eau, 1965. Avec l’aimable autorisation d’Uraguchi Nozomu.</figcaption></figure>
</div>


<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">En voie de disparition </mark></strong></p>



<p>Photographe amateur, <strong>Uraguchi Kusukazu</strong> a passé une trentaine d’années à leurs côtés. Une fidélité qui lui a permis de gagner leur confiance, et d’ouvrir certaines portes fermées au reste du monde. Comme celles des <em>amagoya</em>, cet espace de repos exclusivement féminin où les plongeuses se retrouvent le matin et le soir pour se changer, se réchauffer, échanger des techniques ou des bons coins de pêche. </p>



<p>L’exposition redécouvre les archives de ce photographe décédé en 1988, riches de plusieurs dizaines de milliers de clichés consacrés aux <em>ama</em>. C’est aussi une archive d’une pratique en voie de disparition&nbsp;: changement de modes de vie, industrialisation, surpêche… cette pratique est désormais trop risquée pour les maigres gains qu’elle procure. D’ici quelques années, n’en restera peut-être que ce témoignage photographique, ainsi que les nombreuses œuvres que ces femmes ont inspirées aux artistes nippons à travers les siècles.&nbsp;</p>



<p>NICOLAS SANTUCCI&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Ama</em>, de Uragachi Kuzukazu se tient <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">jusqu’au 29 septembre</mark> à l’abbaye de Montmajour, Arles</pre>
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		<title>Rencontres d’Arles : de la photographie consciente</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Voiry]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Jul 2023 15:04:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Idées et rencontres]]></category>
		<category><![CDATA[Arles]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontres d&#039;Arles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Membre depuis l’année dernière du Collectif des festivals éco-responsables et solidaires (COFEES), les Rencontres d’Arles insistent fortement cette année sur sa dimension « engagée, solidaire et responsable », annonçant s’engager désormais plus concrètement dans une démarche RSO (responsabilité sociale des organisations). Une édition où, du 3 juillet au 24 septembre, vont résonner les grands débats [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Membre depuis l’année dernière du Collectif des festivals éco-responsables et solidaires (COFEES), les <strong><em>Rencontres d’Arles</em></strong> insistent fortement cette année sur sa dimension « engagée, solidaire et responsable », annonçant s’engager désormais plus concrètement dans une démarche RSO (responsabilité sociale des organisations). Une édition où, du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">3 juillet au 24 septembre</mark>, vont résonner les grands débats du moment, autour de l’environnement, du genre, des luttes des minorités&#8230; à travers des expositions déployées en six séquences thématiques : De films en images, Mises en scènes, Revisiter, Géographies du regard, Réminiscences, Émergences. Le tout va traverser comme de bonne habitude tous les genres de la photographie (documentaire, plasticienne, vernaculaire, &#8230;) et rendre hommage à de grandes figures de la photographie, tout en valorisant la création contemporaine.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Il fait chaud</mark></strong></p>



<p>La question du réchauffement climatique, qui met particulièrement sous pression Arles et la Camargue, a poussé les <em>Rencontres</em> à sonder leur environnement proche, tout en s’interrogeant sur la respirabilité de ses lieux d’exposition. À Ground Control, ancienne halle industrielle de la SNCF, on y trouvera donc dans une « <em>scénographie métallique réutilisable et démontable qui laisse circuler l’air</em> » l’exposition <em>Soleil Gris</em> d’<strong>Éric Tabuchi </strong>et<strong> Nelly Monnier</strong>, saisissant les constructions les plus banales de France, de la ferme aux HLM en passant par les PMU ou les stations-services, sous un ciel gris&nbsp;: une tonalité de ciel qui risque de disparaître du paysage bientôt&#8230; Dans <em>Ici près</em>, au Monoprix, <strong>Mathieu Asselin, Tanja Engelberts</strong> et <strong>Sheng-Wen Lo</strong> vont présenter trois projets traitant des nuisances variées qui menacent l’équilibre écologique d’Arles et de ses environs, s’attachant à l’industrie, aux transports, à la vie animale et au réseau de distribution d’eau. Dans <em>Insolare</em> présentée au cloître Saint-Trophime, <strong>Eva Nielsen</strong> procède à une mise en image de la sédimentation des paysages solaires et liquides de la Camargue, qu’elle est allée observer sur le vaste îlot triangulaire formé par le golfe du Lion et la bifurcation du Rhône aux portes d’Arles. Et dans <em>Les Enfants du fleuve</em>, présenté au jardin d’Été, <strong>Yohanne Lamoulère</strong> s’intéresse au Rhône, qu’elle a remonté à contre-courant sur une embarcation fabriqué en matériaux de récup, de son delta jusqu’à son glacier.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Têtes d’affiche</mark></strong></p>



<p>Parmi les grandes figures de la photographie présentes à Arles cette année trois sont américaines&nbsp;: <strong>Gregory Crewdson</strong>, dont l’exposition à la Mécanique Générale réunit la trilogie, <em>Cathedral of the Pines, An Eclipse of Moths</em> et <em>Eveningside</em>&nbsp;: des photographies de facture cinématographique, spectaculaires, dix ans d’Amérique, entre 2012 et 2022, «&nbsp;<em>un monde happé par une brutalité lente</em>&nbsp;». Le palais de l’Archevêché accueillera lui une rétrospective <strong>Saul Leiter</strong>, peintre et photographe, qui a exploré pendant 60 ans le tumulte de New York, paradigme de la modernité. Et au Parc des ateliers, ce sera <strong>Diane Airbus</strong>, 450 tirages (!) présentés sous la forme d’une installation immersive : <em>Constellation</em>. D’autres pointures, cinéastes, seront présentes par l’intermédiaire de leurs photographies ou de leurs «&nbsp;scrapbooks&nbsp;» mêlant photos, journal intime, dessins, timbres, cartes postales, coupures de presse, etc. Les photographies, ce seront celles de la Pointe Courte, quartier populaire de l’étang de Thau, réalisés par <strong>Agnès Varda</strong>, avant d’y ancrer son premier film tourné en 1954 (cloître Saint-Trophime). Et les polaroïds de <strong>Wim Wenders</strong>, pris lors de la préparation de <em>L’Ami américain</em>, film noir sorti en 1977 (Espace Van Gogh) qui contribuera fortement à sa reconnaissance. Quant aux scrapbooks, ils seront signés <strong>Derek Jarman, Jim Jarmusch, Stanley Kubrick</strong> et <strong>Chris Marker</strong> (Espace Van Gogh).</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Cryptoportiques</mark></strong></p>



<p>À noter&nbsp;: les rencontres ouvrent un nouveau lieu d’exposition, les cryptoportiques, galeries souterraines vieilles de plus de 2 000 ans, qui formaient le soubassement de l’ancien forum de la ville romaine. Ils vont accueillir l’exposition de <strong>Juliette Agnel</strong> <em>La main de l’enfant</em> réalisées dans les grottes préhistoriques d’Arcy-sur-Cure, réflexion en images sur le temps, les traces, la lumière et l’obscurité.</p>



<p>MARC VOIRY</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Rencontres d’Arles</em></strong>
Du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">3 juillet au 24 septembre</mark>
Divers Lieux, Arles et alentours
rencontres-arles.com</pre>
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		<title>Derniers jours pour les Rencontres</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ludovic Tomas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Sep 2022 15:23:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[On y était]]></category>
		<category><![CDATA[Arles]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>
		<category><![CDATA[Provence]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontres d&#039;Arles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À l’instar du Festival d’Avignon, les Rencontres d’Arles n’auront pas créé cette année de grandes émotions artistiques. Qu’importe. L’essentiel restant la densité des propositions de ce rendez-vous majeur et incontournable de la photographie dans le monde et qui a encore le mérite de faire découvrir des artistes rares ou émergents.Zones de criseL’une des expositions phares [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>À l’instar du <em>Festival d’Avignon</em>, les <strong><em>Rencontres d’Arles</em></strong> n’auront pas créé cette année de grandes émotions artistiques. Qu’importe. L’essentiel restant la densité des propositions de ce rendez-vous majeur et incontournable de la photographie dans le monde et qui a encore le mérite de faire découvrir des artistes rares ou émergents.<br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Zones de crise</mark></strong><br>L’une des expositions phares de cette édition est sans aucun doute <em>Un monde à guérir </em>(Palais de l’Archevêché), explorant 160 ans d’opérations humanitaires menées par la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge à travers le monde. D’une ambulance serbe captée par un photographe anonyme dans ce qui allait devenir la Yougoslavie en 1876 aux campagnes récentes illustrant la crise de l’accueil des personnes réfugiées, en passant par l&rsquo;horreur de Nagasaki, l’immense collection rappelle combien le support photographique sert au-delà de sa mission de témoignage. Montrer la détresse humaine est aussi et surtout un acte de communication aux enjeux multiples. Celui d’informer et de sensibiliser comme s’y attèle n’importe quel reportage photo-journalistique. Celui de convaincre les populations de contribuer à la solidarité morale ou financière. Celui aussi de façonner l’image de l’organisation humanitaire elle-même à travers ses actions forcément salvatrices. </p>


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<figure class="alignleft size-large is-resized" style="margin-top:0px"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Anonyme.-Auxiliaires-juniors-de-la-Croix-Rouge-guerre-hispano-ame%CC%81ricaine-1898.-Archives-CICR-DR.jpg?resize=359%2C291&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-116516" width="359" height="291" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Anonyme.-Auxiliaires-juniors-de-la-Croix-Rouge-guerre-hispano-ame%CC%81ricaine-1898.-Archives-CICR-DR-scaled.jpg?resize=1024%2C832&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Anonyme.-Auxiliaires-juniors-de-la-Croix-Rouge-guerre-hispano-ame%CC%81ricaine-1898.-Archives-CICR-DR-scaled.jpg?resize=300%2C244&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Anonyme.-Auxiliaires-juniors-de-la-Croix-Rouge-guerre-hispano-ame%CC%81ricaine-1898.-Archives-CICR-DR-scaled.jpg?resize=768%2C624&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Anonyme.-Auxiliaires-juniors-de-la-Croix-Rouge-guerre-hispano-ame%CC%81ricaine-1898.-Archives-CICR-DR-scaled.jpg?resize=1536%2C1248&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Anonyme.-Auxiliaires-juniors-de-la-Croix-Rouge-guerre-hispano-ame%CC%81ricaine-1898.-Archives-CICR-DR-scaled.jpg?resize=2048%2C1664&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Anonyme.-Auxiliaires-juniors-de-la-Croix-Rouge-guerre-hispano-ame%CC%81ricaine-1898.-Archives-CICR-DR-scaled.jpg?resize=696%2C565&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Anonyme.-Auxiliaires-juniors-de-la-Croix-Rouge-guerre-hispano-ame%CC%81ricaine-1898.-Archives-CICR-DR-scaled.jpg?resize=1068%2C868&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Anonyme.-Auxiliaires-juniors-de-la-Croix-Rouge-guerre-hispano-ame%CC%81ricaine-1898.-Archives-CICR-DR-scaled.jpg?resize=1920%2C1560&amp;ssl=1 1920w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Anonyme.-Auxiliaires-juniors-de-la-Croix-Rouge-guerre-hispano-ame%CC%81ricaine-1898.-Archives-CICR-DR-scaled.jpg?resize=517%2C420&amp;ssl=1 517w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Anonyme.-Auxiliaires-juniors-de-la-Croix-Rouge-guerre-hispano-ame%CC%81ricaine-1898.-Archives-CICR-DR-scaled.jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="(max-width: 359px) 100vw, 359px" /><figcaption>Guerre hispano-américaine 1898. Auxiliaires « junior » de la Croix-Rouge.</figcaption></figure>
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<p>L’exposition a le mérite aussi de corriger le miroir déformant d’une imagerie humanitaire focalisée sur l’Afrique subsaharienne, démontrant que les zones de crise frappent quelquefois aux portes des Européens ou Occidentaux que nous sommes, prétendument protégés par la stabilité de nos vies et de nos institutions. Et de rappeler la participation, à côté de photographes anonymes, d’auteurs et autrices emblématiques de la photographie, à l’instar des grands noms de l’agence Magnum, à travers notamment un diaporama intercontinental des années 1946 à 2021 où défilent les signatures de prestige, de Cartier-Bresson à Depardon en passant par Capa. Une série met ainsi en lumière les prises de vue d’un Salgado en Ethiopie. Une autre, les clichés colorés de Robin Hammond (2017) sur des femmes nigérianes déplacées. Ceux, encore, collectés par Alexis Cordesse de réfugiés syriens en Europe, accompagnés de textes qui évoquent leur vie avant et après l&rsquo;exil.<br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Lee Miller : mode et camps</mark></strong><br>On redécouvre avec émotion et stupéfaction le parcours singulier de l’États-Unienne Lee Miller (Espace Van Gogh). Ou comment une portraitiste à l’expérience reconnue dans les domaines de la mode et la publicité devient photoreportrice de guerre, témoignant des atrocités des camps de la mort à leur libération. Que ce soit face à la blondeur éclatante d’un modèle apprêté dans son studio de New York ou devant les fours crématoires, ossements et cadavres entassés à Dachau ou Buchenwald, l’œil de Lee Miller garde une incroyable aisance à révéler ce qui a de plus cru chez son sujet, la beauté comme l’horreur. </p>


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<figure class="alignleft size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Lee-Miller.-Femmes-accuse%CC%81es-davoir-collabore%CC%81-avec-les-nazis-Rennes-France-1944.-%C2%A9-Lee-Miller-Archives-Angleterre-2022-www.leemiller.co_.uk_..jpg?resize=378%2C249&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-116517" width="378" height="249" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Lee-Miller.-Femmes-accuse%CC%81es-davoir-collabore%CC%81-avec-les-nazis-Rennes-France-1944.-%C2%A9-Lee-Miller-Archives-Angleterre-2022-www.leemiller.co_.uk_..jpg?resize=1024%2C675&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Lee-Miller.-Femmes-accuse%CC%81es-davoir-collabore%CC%81-avec-les-nazis-Rennes-France-1944.-%C2%A9-Lee-Miller-Archives-Angleterre-2022-www.leemiller.co_.uk_..jpg?resize=300%2C198&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Lee-Miller.-Femmes-accuse%CC%81es-davoir-collabore%CC%81-avec-les-nazis-Rennes-France-1944.-%C2%A9-Lee-Miller-Archives-Angleterre-2022-www.leemiller.co_.uk_..jpg?resize=768%2C506&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Lee-Miller.-Femmes-accuse%CC%81es-davoir-collabore%CC%81-avec-les-nazis-Rennes-France-1944.-%C2%A9-Lee-Miller-Archives-Angleterre-2022-www.leemiller.co_.uk_..jpg?resize=1536%2C1012&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Lee-Miller.-Femmes-accuse%CC%81es-davoir-collabore%CC%81-avec-les-nazis-Rennes-France-1944.-%C2%A9-Lee-Miller-Archives-Angleterre-2022-www.leemiller.co_.uk_..jpg?resize=2048%2C1350&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Lee-Miller.-Femmes-accuse%CC%81es-davoir-collabore%CC%81-avec-les-nazis-Rennes-France-1944.-%C2%A9-Lee-Miller-Archives-Angleterre-2022-www.leemiller.co_.uk_..jpg?resize=696%2C459&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Lee-Miller.-Femmes-accuse%CC%81es-davoir-collabore%CC%81-avec-les-nazis-Rennes-France-1944.-%C2%A9-Lee-Miller-Archives-Angleterre-2022-www.leemiller.co_.uk_..jpg?resize=1068%2C704&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Lee-Miller.-Femmes-accuse%CC%81es-davoir-collabore%CC%81-avec-les-nazis-Rennes-France-1944.-%C2%A9-Lee-Miller-Archives-Angleterre-2022-www.leemiller.co_.uk_..jpg?resize=1920%2C1265&amp;ssl=1 1920w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Lee-Miller.-Femmes-accuse%CC%81es-davoir-collabore%CC%81-avec-les-nazis-Rennes-France-1944.-%C2%A9-Lee-Miller-Archives-Angleterre-2022-www.leemiller.co_.uk_..jpg?resize=637%2C420&amp;ssl=1 637w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Lee-Miller.-Femmes-accuse%CC%81es-davoir-collabore%CC%81-avec-les-nazis-Rennes-France-1944.-%C2%A9-Lee-Miller-Archives-Angleterre-2022-www.leemiller.co_.uk_..jpg?resize=741%2C486&amp;ssl=1 741w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Lee-Miller.-Femmes-accuse%CC%81es-davoir-collabore%CC%81-avec-les-nazis-Rennes-France-1944.-%C2%A9-Lee-Miller-Archives-Angleterre-2022-www.leemiller.co_.uk_..jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="auto, (max-width: 378px) 100vw, 378px" /><figcaption>Lee Miller. Femmes accusées d’avoir collaboré avec les nazis, Rennes, France, 1944. © Lee Miller Archives, Angleterre, 2022 [www.leemiller.co.uk].</figcaption></figure>
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<p>Impressionnants aussi ces témoignages quasiment en direct de la violence vengeresse exercée sur les prisonniers nazis qui officiaient dans les camps dont Lee Miller dévoile les nez éclatés par les coups des Alliés. D’autres osent un dernier affront, dressant le bras pour le salut de la honte. L’exposition nous plonge enfin dans les coulisses d’une carrière, en évoquant à travers différents courriers, sa dimension marchande. Loin du mouvement surréaliste qu’elle fréquentait, la photographe gardait la tête sur les épaules quand il s’agissait de se vendre aux organes de presse. Dans les salles suivantes, une véritable redécouverte venue du Luxembourg. Si le grand public connaît les signatures de Doisneau ou Cartier-Bresson sur les images d’un Paris révolu, celle de Romain Urhausen est restée dans l’ombre de ses prestigieux contemporains. Pourtant son regard sur les anciennes Halles – le fameux ventre de Paris – vaut largement la comparaison. La radicalité des images en sus. Urhausen ne fait pas vraiment dans le cliché&nbsp;de carte postale et n’hésite pas à montrer le sang des étals de boucher. Ses têtes de veau fraîchement préparées trouvent ici une expression humaine. Une poésie iconographique qui n’aura pas échappé à Jacques Prévert, auteur de la préface du livre de photos <em>Les Halles</em>.<br>Mais ce qui marque le plus dans l’œuvre prolifique du photographe luxembourgeois est son appétence à expérimenter les genres et les pratiques. Des paysages industriels inspirés par l’esthétique subjective de son maître Otto Steinert à un toit d’ardoise que l’on prendrait pour un Soulages, en passant par un amoncellement de chaises, au graphisme géométrique étonnamment abstrait.<br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Performeuses</mark></strong><br>Faux pendant de la grande exposition <em>Masculinités</em> de 2021, <em>Une avant-garde féministe</em> (Mécanique générale, Parc des Ateliers) rassemble plus de deux cents œuvres de la collection Verbund à Vienne, réalisées essentiellement dans les années 70 par quelque soixante-et-onze femmes. Le long parcours organisé par thème met en lumière la vitalité et surtout l’impertinence d’artistes féminines en réaction à la société patriarcale et machiste. Sans pour autant revendiquer l’affiliation à un mouvement artistique commun, ces artistes sont, pour une grande partie d’entre elles, d’abord des performeuses. Non sans ironie, certaines mettent en scène leur condition de femme dans laquelle la société de consommation les assigne. C’est le cas de Birgit Jürgenssen posant, de face puis de profil à la manière d’une prisonnière, avec son <em>Tablier de cuisine pour ménagère</em> (1975), vêtement accroché autour du cou qui intègre une cuisinière. Autre performance photographique dans la même veine, <em>Rêve de repassage</em> (1975), de Karin Mack. Cette série quadriptyque montre l’artiste qui repasse ce qui finira par être la tenue de ses propres obsèques… Dans <em>Peinture féministe</em> (1973) – le mot est lâché –, Anna Kutera se réapproprie la pratique jusque-là très masculine de l’<em>action painting </em>en peignant sur une toile blanche posée au sol à l’aide d’un balai. Image forte et plurivoque que cette <em>Madone accouchant</em> (1976) de Valie Export où, dans une référence à une Pietà de Michel-Ange, la femme est assise, les paumes de la main tournées vers le ciel, sur un lave-linge du tambour duquel s’échappe une robe rouge sang. Dans la partie Enfermement / Emancipation, le triptyque d’Àngels Ribé, <em>Le Non Dit-Le Non Fait-Le Non Vu</em> (1977), nous replonge dans le régime fascisant de Franco, véritable prison de la parole pour les femmes victimes de violences sociales. S’exprimant elle dans le cadre d’une dictature, celle des militaires au Brésil, Sonia Andrade s’expose à travers une performance-châtiment (1974-1977) où elle introduit un fil de nylon dans ses lobes percés dont elle entoure ensuite son visage jusqu’à le recouvrir quasi-intégralement.</p>


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<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Noe%CC%81mie-Goudal.-Phoenix-VI-2021.-Avec-laimable-autorisation-de-lartiste-et-de-la-galerie-Les-filles-du-calvaire.-.jpg?resize=427%2C571&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-116518" width="427" height="571" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Noe%CC%81mie-Goudal.-Phoenix-VI-2021.-Avec-laimable-autorisation-de-lartiste-et-de-la-galerie-Les-filles-du-calvaire.--scaled.jpg?resize=765%2C1024&amp;ssl=1 765w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Noe%CC%81mie-Goudal.-Phoenix-VI-2021.-Avec-laimable-autorisation-de-lartiste-et-de-la-galerie-Les-filles-du-calvaire.--scaled.jpg?resize=224%2C300&amp;ssl=1 224w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Noe%CC%81mie-Goudal.-Phoenix-VI-2021.-Avec-laimable-autorisation-de-lartiste-et-de-la-galerie-Les-filles-du-calvaire.--scaled.jpg?resize=768%2C1028&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Noe%CC%81mie-Goudal.-Phoenix-VI-2021.-Avec-laimable-autorisation-de-lartiste-et-de-la-galerie-Les-filles-du-calvaire.--scaled.jpg?resize=1147%2C1536&amp;ssl=1 1147w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Noe%CC%81mie-Goudal.-Phoenix-VI-2021.-Avec-laimable-autorisation-de-lartiste-et-de-la-galerie-Les-filles-du-calvaire.--scaled.jpg?resize=1529%2C2048&amp;ssl=1 1529w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Noe%CC%81mie-Goudal.-Phoenix-VI-2021.-Avec-laimable-autorisation-de-lartiste-et-de-la-galerie-Les-filles-du-calvaire.--scaled.jpg?resize=696%2C932&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Noe%CC%81mie-Goudal.-Phoenix-VI-2021.-Avec-laimable-autorisation-de-lartiste-et-de-la-galerie-Les-filles-du-calvaire.--scaled.jpg?resize=1068%2C1430&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Noe%CC%81mie-Goudal.-Phoenix-VI-2021.-Avec-laimable-autorisation-de-lartiste-et-de-la-galerie-Les-filles-du-calvaire.--scaled.jpg?resize=1920%2C2571&amp;ssl=1 1920w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Noe%CC%81mie-Goudal.-Phoenix-VI-2021.-Avec-laimable-autorisation-de-lartiste-et-de-la-galerie-Les-filles-du-calvaire.--scaled.jpg?resize=314%2C420&amp;ssl=1 314w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Noe%CC%81mie-Goudal.-Phoenix-VI-2021.-Avec-laimable-autorisation-de-lartiste-et-de-la-galerie-Les-filles-du-calvaire.--scaled.jpg?w=1912&amp;ssl=1 1912w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/09/Noe%CC%81mie-Goudal.-Phoenix-VI-2021.-Avec-laimable-autorisation-de-lartiste-et-de-la-galerie-Les-filles-du-calvaire.--scaled.jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="auto, (max-width: 427px) 100vw, 427px" /><figcaption>Noémie Goudal. <em>Phoenix VI,</em> 2021. Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la galerie Les filles du calvaire.</figcaption></figure>
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<p><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Orlan-loi</mark></strong><br>Présente à plusieurs reprises dans l’exposition, la jeune et encore non célèbre Orlan affirme sa volonté de s’affranchir des codes artistiques imposés par les hommes dans <em>Tentative pour sortir du cadre à visage découvert</em> (1966). Quelques années plus tard, la même provoque le scandale avec <em>Le baiser de l’artiste</em> (1977). En proposant au public de la Foire internationale d’art contemporain de Paris d’acheter pour la somme de cinq francs, un baiser ou une bougie, l’irrévérencieuse ose un rapprochement explosif entre prostitution, religion et art. On retrouve l’infatigable agitatrice dans <em>Corps à vendre à vendre à côté des poires et des carottes</em> (1976). Cette fois Orlan commercialise un corps féminin en pièces détachées sur un étal de marché&nbsp;! Une performance immortalisée en images qui se passent de sous-titres. La sexualité et le diktat de la beauté constituent tout naturellement deux des chapitres de cette <em>avant-garde féministe</em>. L’<em>Histoire d’amour </em>(1971) sur lithographie de Judy Chicago montre une arme à feu pointée entre les fesses d’une femme nue et à quatre pattes, cliché accompagné d’un extrait du roman <em>Histoire d’O</em> de Pauline Réage. Ou quand la pornographie légitime la violence et la domination exercées par les hommes dans le rapport hétérosexuel. La même artiste rompt le tabou des règles et lui donne une dimension politique avec <em>Signal d’alarme</em> (1971), montrant un tampon ensanglanté à la forme d’un pénis amputé que l’on extrait d’un vagin. Un sein enserré dans une machine électro-stimulante pour le remodeler à moins que cela ne soit pour raffermir sa peau. <em>Les tortures volontaires</em> (1972) d’Annette Messager dénoncent l’adage sexiste «&nbsp;il faut souffrir pour être belle&nbsp;». Autre célébrité, que l’on trouve en toute logique dans la partie du parcours évoquant l’identité, Cindy Sherman enchaîne les jeux de rôle et transformations avec le talent de narratrice visuelle qu’on lui connaît.<br>Plusieurs expositions font honneur aux photographes féminines cette année&nbsp;: Noémie Goudal, Bettina Grossman, Frida Orupabo, Sandra Brewster, Jacqueline Salmon… &nbsp;L’intérêt de celle consacrée au travail essentiellement documentaire de Babette Mangolte, <em>Capter le mouvement dans l’espace</em> (église Sainte-Anne), est essentiellement d’apporter un témoignage sur le bouillonnement créatif de l’avant-garde artistique new-yorkaise des années 70. En posant son objectif dans l’intimité des compagnies qu’elle a longuement accompagnées, la photographe et cinéaste, qui a reçu le prix <em>Women in motion</em> 2022 à l’occasion des <em>Rencontres d’Arles</em>, a contribué à la constitution d’une véritable archive de la performance dans le milieu du théâtre underground et de la danse contemporaine. Les amateurs·trices seront réjouis de croiser les chorégraphes Lucinda Childs ou encore Trisha Brown alors qu’elles étaient en train d’écrire une des pages les plus effervescentes de l’histoire de la danse.</p>



<p>LUDOVIC TOMAS</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Les Rencontres d’Arles</em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu’au 25 septembre</mark><br>Divers lieux, Arles et alentours</pre>



<pre class="wp-block-verse"><strong>À voir aussi&nbsp;</strong><br>Collection «&nbsp;48 vues&nbsp;», Julia Gat &amp; Julien Geister, La Croisière<br><em>Dress Code</em>, Fondation Manuel Rivera-Ortiz</pre>
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		<title>Des Rencontres révélatrices</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ludovic Tomas]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Aug 2022 14:33:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
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		<category><![CDATA[Christoph Wiesner]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Provence]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontres d&#039;Arles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. C’est la deuxième édition des Rencontres d’Arles que vous dirigez. Qu’est-ce qui pour vous fait la singularité de cet événement ?Christoph Wiesner. C’est un rendez-vous qui a plus d’un demi-siècle d’histoire et qui a su fédérer un territoire autour du vecteur de la photographie. Au-delà de l’artistique pur, il existe plusieurs dimensions et champs d’intervention. [&#8230;]</p>
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<p><strong>Zébuline. C’est la deuxième édition des <em>Rencontres d’Arles</em> que vous dirigez. Qu’est-ce qui pour vous fait la singularité de cet événement ?<br>Christoph Wiesner.</strong> C’est un rendez-vous qui a plus d’un demi-siècle d’histoire et qui a su fédérer un territoire autour du vecteur de la photographie. Au-delà de l’artistique pur, il existe plusieurs dimensions et champs d’intervention. Le mot <em>Rencontres</em> lui-même est important. Pendant la semaine d’ouverture, des professionnels du monde entier viennent à Arles pour échanger. Il y a aussi un volet éducatif tout au long de l’année, à travers nos activités de médiation en milieu scolaire. On peut évoquer enfin le Grand Arles Express. Ce sont des institutions extérieures à Arles -c’est le cas à Nîmes, Avignon ou encore Marseille- qui se joignent à la programmation officielle du festival. Il faut re-contextualiser tous ces éléments pour comprendre le chemin parcouru en cinquante ans. A l’époque, les <em>Rencontres</em> étaient loin d’avoir la visibilité d’aujourd’hui ni le rayonnement dont elles bénéficient.<br><br><strong>Le leitmotiv de cette édition est la révélation. Qu’entendez-vous par là ?</strong><br>Pour moi, un festival est un moment de révélation, de découverte. Qu’il s’agisse de mettre en lumière de jeunes talents ou des artistes oubliés. C’est notre pratique depuis longtemps, notamment à travers la diversité des prix décernés. A chaque édition, on redécouvre des photographes qui avaient un peu disparu ces dernières années ou qui sont restés méconnus pendant des décennies. C’est le cas de Lee Miller qui a été une photographe importante autant dans le domaine de la mode que celui du reportage, lorsqu’elle a par exemple accompagné les troupes alliées pour la libération de l’Europe du joug nazi. Elle avait rangé tout son travail dans des boîtes sur lesquelles est tombé son fils très tardivement. On peut parler d’une certaine façon de révélation.<br><br><strong>En quoi l’exposition <em>Une avant-garde féministe des années 1970 est-elle un événement ?</em></strong><em><br>C’est un peu le match retour de l’exposition Masculinités, présentée l’an dernier. Les œuvres -environ 200 pour une soixantaine d’artistes- appartiennent à la collection Verbund, à Vienne, qui existe depuis moins de vingt ans. Elle s’est d’abord constituée autour de photographes et artistes qui travaillaient dans la scène germanophone. Puis elle s’est élargie à toute l’Europe et au continent américain. Cette collection montre de façon assez surprenante des similarités dans les pratiques de travail des années 70 et 80, où que l’on se trouve dans le globe, avant l’existence d’internet et des réseaux sociaux. C’est très intéressant de constater comment une réflexion, souvent liée aux mouvements de contestations de la fin des années 60 sur la position de la femme dans la société, a généré des travaux semblables. On retrouve des noms célèbres comme Cindy Sherman mais la plupart des photographes étaient totalement inconnues à l’époque où elles ont travaillé. Contrairement aux autres arts telles que la peinture et la sculpture, le medium photographique n’était pas encore accaparé par les hommes et ouvrait une autre porte d’expression.</em><br><em><br><strong>Quelles autres surprises ou raretés attendent les visiteurs ?<br></strong>Au Jardin d’été, où les portraits de Nord-Coréens par Stephan Gladieu ont connu un tel succès en 2021, nous invitons Bruno Serralongue et son exposition Les gardiens de l’eau. Ce sont des images de la lutte de communautés Sioux qui s’opposaient à l’installation d’un pipeline qui devait traverser leur territoire. La mobilisation avait conduit Obama à stopper les travaux que Trump a relancés.<br>Une autre exposition très importante pour moi est celle du fonds de la Croix Rouge. Ce sont 160 ans d’images qui permettent de comprendre le rôle joué par la photographie non seulement dans l’action humanitaire mais aussi dans les conflits internationaux. Comment au départ une image purement documentaire devient une prise de position politique et peut être utilisée pour des levées de fonds. Cette exposition donne également des clefs de lecture même si je ne pensais pas qu’elle aurait autant de résonance avec l’actualité terrible en Ukraine. En fait, on ne peut qu’y penser.</em><br><em><br><strong>Quel équilibre recherchez-vous entre photographie d’avant-garde et populaire ?<br></strong>La principale règle est de viser la plus grande diversité afin de toucher des publics différents. Il y a des expositions pointues qui vont surprendre et d’autres qui seront comprises et appréciés immédiatement par un grand nombre.</em><br><em><br><strong>Regrettez-vous la disparition d’un off ?</strong><br>On dit toujours « un bon in a un bon off ». Cela demande un engagement très fort et pour l’instant, rien d’aussi structuré que par le passé ne semble se profiler. J’espère que cela reviendra.</em><br><em><br><strong>Comment les Rencontres cohabitent-elles avec le grand nombre d’événements et d’institutions culturelles ambitieux -comme les fondations LUMA et Lee Ufan- qui se concentrent dans la même ville d’Arles ?</strong><br>On marche dorénavant main dans la main avec la Fondation LUMA qui met la demi-halle de la Mécanique Générale à notre disposition, pour une durée de cinq ans. Une de leurs expositions figure dans le programme des Rencontres. On a chacun un rôle différent à jouer et maintenant que ces fondations ont ouvert, on est passé à une autre phase, celle la complémentarité. On vit dans un écosystème où chacun bénéficie de l’autre. Les publics sont curieux et profitent de cette offre grandissante qui crée de l’émulation bien plus que de la concurrence.</em><br><br><em>Entretien réalisé par LUDOVIC</em> TOMAS</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Les Rencontres d’Arles</em></strong>
<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 4 juillet au 25 septembre</mark>
Divers lieux, Arles
rencontres-arles.com</pre>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/des-rencontres-revelatrices/">Des Rencontres révélatrices</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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