mardi 25 juin 2024
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Voir les enfermés

Vis-à-Vis, festival de théâtre pénitentiaire créé en Île-de-France, se réplique en Région Sud, porté par le Théâtre Liberté-Châteauvallon et par Angelin Preljocaj

Le monde carcéral et les artistes qui ont eu l’occasion d’y travailler le savent : être acteur, pour des détenus, est une expérience irremplaçable qui les rend à nouveau visibles et, certains le disent, « vivants ». Olivier Py à Avignon, Joël Pommerat à Arles, mais aussi les compagnies Sur le Fil ou Lieux Fictifs ont, dans la région, porté des projets remarquables mais Valérie Dassonville, directrice et créatrice du festival Vis-à-Vis en Île de France, en explique la spécificité : il s’agit de créer des spectacles et des films dans tous les établissements pénitentiaires de la région Sud et de la Corse, du centre pénitentiaire de Borgo à la maison centrale d’Arles, réservée aux longues peines. Et de les montrer en public au théâtre, dans le cadre sublime de Châteauvallon, comme d’autres créations théâtrales. Avec billetterie et réservation (5 euros).

Encadrés par des metteurs en scène, réalisateurs ou chorégraphes professionnels, les détenus proposent des œuvres d’une grande ambition, qu’ils ont écrites ou adaptées.

Ainsi le 31 mai le centre pénitentiaire de Borgo accompagné par la Cie Premier acte s’interroge sur la culpabilité du loup dans les contes, tandis que la maison centrale d’Arles parle d’une tempête qui a emporté les visages. 

Évasion sensible

Le 1er juin les femmes des Baumettes montent sur scène pour partager leurs histoires en musique, accompagnées par les musiciennes et comédiennes du Fitorio théâtre, puis les détenus de la maison d’arrêt de Digne-les-Bains jouent une adaptation du roman d’André Chédid, L’autre, ou l’histoire d’un sauvetage après un tremblement de terre (Cie Totem) ; la soirée se conclut par la projection d’un film où les détenus de Gap et de Digne-les-Bains s’expriment sur leur sentiment d’exister.

Le 2 juin, la maison d’arrêt de Draguignan livre ses slams et ses danses hip-hop, improvisations travaillées et encadrées par le Théâtre du Lézard ; enfin la maison d’arrêt de Nice, accompagnée par la Compagnie Humaine, présentera une création sonore et chorégraphique qui veut rendre sensible, par les corps et les sons, les vécus personnels. 

Autant d’incursions vers des univers qui permettent aux détenus d’échapper au réel carcéral, de s’évader en esprit. Et aux spectateurs d’approcher de la réalité sensible de l’enfermement.

AGNÈS FRESCHEL

Vis-à-Vis
Du 31 mai au 2 juin
Divers lieux, Région Sud et Corse
chateauvallon-liberte.fr
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