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Wuambushu, la République raflée

Dans quel département français métropolitain, l’État se permettrait-il de marquer à la peinture des logements de fortune occupés par des hommes, des femmes, des enfants parce qu’ils sont étrangers ?
Dans quel département français métropolitain, un gouvernement oserait-il programmer, à grand renfort de communication, une entreprise de démolition massive d’habitations pour montrer ses muscles contre l’immigration dite clandestine ?
Dans quel département français métropolitain, des élus locaux se sentiraient libres d’encourager la détestation anti-étrangers en insultant, stigmatisant publiquement, jusqu’à évoquer l’hypothèse d’en tuer certains – avant de s’excuser – parmi celles et ceux qui subissent déjà l’extrême pauvreté ?

Stérilisation
Mais à l’Outremer, à Mayotte, dans ce 101e département français dont la République du bulldozer écrase ouvertement les droits, il n’y a ni foi ni loi pour la dignité humaine. Un territoire d’exception à la merci des pulsions répressives du ministre de l’Intérieur dont l’ignominie politique n’a d’égal que l’ambition politicienne : s’installer à Matignon pour rivaliser de haine avec celle dont il prétend empêcher l’avènement, Marine Le Pen. Avec l’opération Wuambushu, le pire est atteint, entre rafle de sinistre mémoire et politique du tractopelle chère aux colons israéliens. Fort heureusement, ce funeste projet n’a pu être mené comme l’entendait Gérald Darmanin, interrompu, dès les premières 24 heures, grâce à l’annulation par la justice de la première destruction de bidonville. S’érige aussi un obstacle diplomatique avec la non-réadmission par le gouvernement comorien des personnes expulsées et reconduites à la frontière.
Les citoyens de ce petit bout de France dans l’archipel des Comores sont-ils mieux considérés parce qu’ils résident « légalement » dans le territoire ? Pas les citoyennes, assurément. Les jeunes femmes qui se présentent à l’hôpital se voient proposer une stérilisation par ligature des trompes. Quelle époque formidable !

LUDOVIC TOMAS

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