dimanche 25 septembre 2022
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Art-o-rama : quand l’art fait son marché

Du 25 au 28 août, quatre jours de salon d’art contemporain international à la Friche la Belle de Mai, ponctués de performances, de discussions et de remise d’une dizaine de prix

Pour la première fois depuis sa création, Art-o-rama n’est pas prolongé par une exposition d’une quinzaine de jours, qui offrait la possibilité d’une présentation des œuvres et des galeries à un plus vaste public. La raison ? La location par La Friche de l’espace de la Cartonnerie pour des manifestations privées, ressources financières dont elle ne peut se passer, nous a indiqué Jérôme Pantalacci, directeur du salon. Un rendez-vous réduit à quatre jours donc, qui a accueilli dans la Cartonnerie 42 galeries (France, Belgique, Suisse, Allemagne, Espagne, Angleterre, Italie, Autriche, Chypre, Estonie, Roumanie, États-Unis), les lauréates des prix François Bret et Région Sud au Studio, et le volet édition d’art du salon, élargi cette année au design, regroupant une vingtaine d’acteurs, au 3e étage de la tour.

Cartonnerie

Dans le dédale des galeries, beaucoup d’art figuratif et/ou de couleur, prolongeant un tournant amorcé depuis quelques éditions. Dès l’entrée, on était accueilli par les aquarelles vives et colorées, fantastiques et imaginaires de Flaminia Veronesi, réalisées in-situ sur le stand de la galerie milanaise Castiglioni. Un peu plus loin, les huiles de Katharina Höglinger, sur carton d’emballage ou sur toile, aux touches et compositions décidées, pétries à l’histoire de la peinture, présentés par la galerie viennoise Wonnerth Dejaco, se vendaient presque comme des petits pains. La galerie marseillaise Sissi Club avait recouvert ses murs complètement en noir, pour exposer les rêveries langoureuses et interrogatives d’Inès di Folco, inspirées par un voyage au Caire. Au détour des allées, on trouvait des duos d’artistes imaginés spécialement par certains galeristes pour le salon : Nir Altman de Munich mettait ainsi en dialogue les portraits de la tout juste diplômée de l’École des Beaux-Arts de Marseille Neïla Czermak Ichti avec les sculptures de queues (du diable ?) de Tarek Lakhrissi. Et les galeries Air de Paris de Romainville et LambdalambdaLambda de Pristina proposaient des sculptures de Mégane Brauer et des peintures de Brilant Milazimi, expressions acerbes de la dureté de certaines conditions de vie.

Studio

Dans le Studio, on pouvait voir notamment les œuvres lauréates des prix François Bret et Région Sud. Pour le premier, en design, le travail de Lucie Constantin, invitant vivement les visiteurs, à travers photographies et injonctions écrites, à aller voir Marseille depuis des ailleurs, répertoriés par ses soins, hors-circuits touristiques. Zoé Ledoux, en art, liait sculpture, architecture et alimentaire, en infiltrant des spaghettis cuits dans une grille d’aération, et en plaçant un accordéon vertical de toasts grillés derrière une porte, l’empêchant de se fermer. Le prix Région Sud, décerné le 1er jour du salon, a lui été attribué à Hayoung, qui, à partir de la fréquentation d’un site internet qu’elle a créé et de ses cookies, se saisit des données capturées pour élaborer « l’odeur internet », sous forme de parfum, de chacun de ses visiteurs.

MARC VOIRY

Art-o-rama s’est tenu du 25 au 28 août à la Friche la Belle de Mai, Marseille.

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