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Dans les voyages de Meryem Koufi 

En résidence à la Cité de la Musique de Marseille, Meryem Koufi a présenté jeudi 1er décembre un concert-hommage aux grandes voix de la musique arabo-andalouse, accompagnée d’Hakim Hamadouche

Sur la scène de l’auditorium de la Cité de la Musique de Marseille, deux artistes et deux instruments se font face : la kouitra de Meryem Koufi et le mandole-luth d’Hakim Hamadouche. Facétieux, ce dernier s’estime être « à la rue » pour ce premier jour de résidence. Rien pourtant dans ce qu’ils jouent ensemble ne saurait laisser penser une telle chose. D’ailleurs Meryem Koufi sourit et le tempère. Elle a invité l’ancien acolyte de Rachid Taha pour l’accompagner sur cette nouvelle création, en hommage aux voix féminines de la musique arabo-andalouse. Celles de Reinette l’Oranaise ou d’Alice Fitoussi qui ont toutes deux bercé son enfance. Un retour aux sources pour cette artiste algéroise installée en France, qui navigue depuis dix ans dans les sonorités flamencas.

Si cette soirée convoque la musique et les figures tutélaires de son enfance, Meryem Koufi, chanteuse-musicienne, nourrit son art de ses nombreux voyages. Une aventure qui commence quand elle arrive en France en 2004. « Je faisais une fac de musicologie en Algérie, et j’ai collaboré avec une compagnie française à l’occasion de l’année de l’Algérie en France en 2003. » À la suite de cette expérience, elle décroche une bourse du gouvernement français et s’installe à Besançon, en Franche-Comté. Et si elle rit quand on lui fait remarquer que la transition entre la douceur algéroise et la rigueur hivernale de cette région a dû être difficile, elle en garde un très bon souvenir. « C’était une époque très riche de ma vie, je découvrais plein de choses, je rencontrais des musiciens… » Nait alors un goût du voyage qui ne la quittera plus. 

Excursions musicales
Comme en 2005, quand la compagnie Altérité avec laquelle elle collabore à Besançon, lui propose de partir de Inde pour mettre en musique des poèmes soufi qu’elle venait de découvrir. Elle rencontre alors Nishit Mehta avec qui elle monte le spectacle Chemin de soie, qui a depuis tourné en Inde et en France et fait l’objet d’un disque. « Quand je suis arrivée dans ce pays j’étais très jeune, ça a été une découverte majeure pour la jeune musicienne que j’étais. C’était une explosion de couleurs, de saveurs et de liens très forts que j’ai gardés. » Elle y retourne depuis ponctuellement, un « repère » pour elle. 

Son autre repère, c’est l’Espagne. Pays où elle voyage aussi régulièrement, puisqu’elle se forme auprès Eduardo Rebollar, son « maestro » comme elle l’appelle. « Dans ces musiques, ce qu’on nous transmet, c’est plus qu’un enseignement musical, c’est un enseignement autour de la vie, de l’humain. » Aujourd’hui encore, quand on lui demande pourquoi elle est tombée dans le flamenco, elle ne sait que répondre. « Je n’arrive toujours pas à m’expliquer la fascination, la passion et l’engagement que j’ai pour cette musique. Ce n’était pas ma formation initiale, mais quand j’en joue, je sens que je suis chez moi. » 

L’appel du Sud 
C’est d’ailleurs pour se rapprocher du pays du flamenco qu’elle s’est installée à Arles en 2015, après dix ans passés à Paris. Une ville qu’elle découvre en 2013 après y avoir joué. Elle y repère des « gitans flamencos d’Algérie », des pieds noirs dont elle ne connaissait pas l’existence. De cette rencontre est née le spectacle Mémoire des gitans et flamencos d’Algérie qu’elle a joué dans cette même salle où elle sera accompagnée cette fois d’Hakim Hamadouche

« On a bu un coup après sa carte blanche au théâtre de l’Œuvre, et je lui ai dit que ce serait bien qu’on fasse une résidence ensemble », explique Meryem. Le hasard faisant bien les choses, Manu Théron, musicien et programmateur de la Cité de la Musique, l’appelle deux semaines plus tard pour lui proposer une résidence. Le soir même, elle soumet l’idée à Hakim : il est disponible. Ils se retrouvent donc tous les deux pour rendre hommage à ces figures importantes de la musique algérienne, et à ses grandes oubliées. Ils préparent « un voyage, un retour à [leurs] premiers amours, l’arabo-andalou et le chaâbi qui en est un dérivé populaire, avec des sonorités flamencas et le rock, blues, punk d’Hakim. »

NICOLAS SANTUCCI

Meryem Koufi et Hakim Hamadouche
1er décembre
Cité de la Musique de Marseille
citemusique-marseille.com
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