jeudi 1 décembre 2022
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Deux sœurs pour une reine

La cheffe Debora Waldman accueille Karine Deshayes et Delphine Haidan pour le récital féminin et féministe Deux sœurs

« C’est une idée à laquelle je tiens, et qui me trottait dans la tête depuis déjà une dizaine d’années ». Idée que Debora Waldman a pris soin d’appliquer dès sa prise de poste à la tête de l’Orchestre national Avignon-Provence en 2020 : programmer, lors de chacun des concerts de la saison, une compositrice méconnue ou oubliée. « Le public avignonnais est ravi de ce parti pris. C’est un pari difficile car les partitions ne sont pas connues des musiciens : ils ne les ont pas du tout dans l’oreille ! Cela nécessite donc un travail supplémentaire, ou du moins différent. Mais qui vaut amplement le coup. Et qui permet au public de venir et de s’ouvrir sur un nouvel imaginaire, un nouveau paysage musical. » 

Le concert concocté avec les mezzos Karine Deshayes et Delphine Haidan ne déroge pas à la règle, Deux soeurs propose de redécouvrir non pas une, mais trois compositrices. Dont la grande Pauline Viardot, née Malibran, que l’Histoire aura retenue avant tout pour ses talents de cantatrice. Les extraits de ses opéras de chambre, écrits pour voix et piano, ont été orchestrés par Johan Farjot, complice de longue date du duo – il a notamment enregistré avec elles chez Klarthe cette année le très bel album Deux mezzos sinon rien. « Johan a pris soin de rester fidèle à l’esprit de ces œuvres romantiques françaises. Ce sont des traits que l’on trouvera entre autres chez Berlioz : la transparence orchestrale, la délicatesse dans les interventions des vents. Mais aussi chez Louise Bertin et Clémence de Grandval.» 

Une première
De Louise Bertin, les mélomanes les plus avertis ne connaissent encore que La Esmeralda inspirée de Victor Hugo. Le concert du 12 octobre, redonné à la Philharmonie de Paris le 14, propose d’entendre une œuvre n’ayant fait l’objet d’aucun enregistrement : l’ouverture de son Faust. Le Mazeppa de Clémence de Grandval, inspiré de la légende populaire ukrainienne, comporte également des similitudes esthétiques et politiques avec Les Troyens de Berlioz dont les mezzos interprètent des extraits. On retrouve par ailleurs à l’affiche des morceaux choisis de Gluck, mais aussi des Italiens Rossini et Bellini. Avec pour fil rouge les sœurs Malibran, cantatrices inimitables : Pauline, donc, et Maria-Felicia, « des voix extrêmement virtuoses, pour lesquelles les compositeurs d’alors créaient ces personnages très exigeants, vocalement et scéniquement parlant. » Des voix qu’il est grand temps de faire de nouveau résonner.

SUZANNE CANESSA

Deux sœurs 
12 octobre 
Opéra Grand Avignon
orchestre-avignon.com
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