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	<title>Journal Zebuline</title>
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	<title>Journal Zebuline</title>
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		<title>Lula hop !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Oct 2026 15:43:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Édito]]></category>
		<category><![CDATA[Politique culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quelque chose serait-il en train de changer et la fascisation mondiale de rencontrer enfin quelques obstacles&#160;?&#160; Lorsqu’en 1941 Brecht, exilé en Finlande, écrivait La Résistible ascension d’Arturo Ui avec Margarete Steffin (la coautrice fort peu souvent créditée de ses grandes pièces de 1933 à 1945), il espérait qu’Hitler/Ui allait rapidement être défait, et donnait une [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Quelque chose serait-il en train de changer et la fascisation mondiale de rencontrer enfin quelques obstacles&nbsp;?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsqu’en 1941 Brecht, exilé en Finlande, écrivait <em>La Résistible ascension d’Arturo Ui</em> avec Margarete Steffin (la coautrice fort peu souvent créditée de ses grandes pièces de 1933 à 1945), il espérait qu’Hitler/Ui allait rapidement être défait, et donnait une fin ouverte toute momentanée à sa pièce, la concluant par ces vers devenus célèbres&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le peuple a gagné</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Mais il ne faut pas crier victoire</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le ventre est encore fécond d&rsquo;où a surgi la</em> <em>bête immonde</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il tenait surtout à montrer que l’ascension d’Hitler était «&nbsp;résistible&nbsp;», pas inéluctable, et en montrait méthodiquement les étapes&nbsp;: crise capitaliste et corruption politique, alliance progressive du pouvoir avec les nazis, destruction de l’appareil judiciaire, emploi de la police contre le peuple, désignation de boucs émissaires, décrédibilisation de la gauche accusée d’attentat (incendie du Reichstag)… tout est soigneusement dramatisé, à peine transposé à Chicago (Hindenburgh s’appelle Hindsborough, Goebbels Gobbela…).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À chaque étape la machine nazie est arrêtable, résistible, pour peu qu’on s’y oppose. Arturo Ui remet d’abord en cause le droit de grève&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Si tu fais grève et ne travailles plus, alors tu n&rsquo;es plus un travailleur, mais un sujet dangereux</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il dresse les pauvres contre les travailleurs syndiqués</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Trop cher pourquoi ?&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Parce que nos chauffeurs, nos manutentionnaires, poussés par des meneurs, réclament des salaires toujours plus élevés.&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ce que veut monsieur Ui avec ses compagnons c&rsquo;est un bon nettoyage</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Et influence l’opinion en s’emparant des médias</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La seule chose que je veuille de vous</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>c&rsquo;est que vous cessiez d&rsquo;imprimer dedans votre gazette&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>tous ces récits d&rsquo;horreur qui attisent le feu.&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Autant de machineries dont on connait les ressorts, ce qui n’empêche pas aujourd’hui la résurgence forte de l’extrême droite, dans un nombre toujours plus grand de nations démocratiques.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Jusqu’à ce que ? </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En un seul week-end Lula a déjoué les prévisions et résisté au retour de l’extrême droite brésilienne. En Serbie, le mouvement des étudiants, entrainant avec lui tout un peuple, a gagné les législatives contre Aleksandar Vucic. La défaite de Trump aux Midterms s’annonce cuisante, celle de Netanyahou aux législatives est moins franche mais il est aujourd’hui possible qu’il dégage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En France le peuple se réveille, défend son droit à manifester, s’élève contre son appauvrissement, et contre les choix budgétaires et la destruction des services publics. Ces services qui sont des biens qu’il possède en propre, parce qu’ils ont été construits avec ses impôts et ses cotisations sociales. En France comme en Serbie ce sont les jeunes gens, que la gérontocratie française regarde sans considération, qui mènent le combat, avec les slogans inventifs, impertinents et joyeux d’une génération qui n’en peut plus d’endurer, et veut un avenir.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant ce temps, aussi, un attentat perpétré par un lecteur de <em>Mein Kampf</em> est commis pour des motifs clairement racistes. Pendant ce temps le RN réélit son président Jordan Bardella à 99% alors même qu’il est l’auteur de propos antisémites clairement identifiés et sourcés par Médiapart.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde</em>. Mais nous avons clairement tout en main pour choisir une autre route, avec les jeunes gens qui veulent, partout, changer ce monde malade dont ils héritent dans la douleur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">AGNÈS FRESCHEL&nbsp;</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/societe/"><em>Société</em> ici </a></p>
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		<title>À Toulon, Cohen-Paperman fait la thérapie d’Emmanuel Macron</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chloé Macaire]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Oct 2026 14:56:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[@La_Thérapie_d_Emmanuel_Macron]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Ve République est, dans sa pratique, un régime fortement présidentiel. Quoi de plus logique, alors, que de s’intéresser à chacun des huit présidents de cette République pour en décrire l’histoire ? Depuis 2020, Léo Cohen-Paperman et la Compagnie des Animaux en Paradis explorent cette histoire politique et l’évolution de la société française dans sa [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">La V<sup>e</sup> République est, dans sa pratique, un régime fortement présidentiel. Quoi de plus logique, alors, que de s’intéresser à chacun des huit présidents de cette République pour en décrire l’histoire ? Depuis 2020, <strong>Léo Cohen-Paperman</strong> et la <strong>Compagnie des</strong> <strong>Animaux en Paradis</strong> explorent cette histoire politique et l’évolution de la société française dans sa série «&nbsp;8 Rois (nos présidents)&nbsp;». Chaque épisode de cette saga théâtrale est consacré à l’un de ces présidents, en mobilisant à chaque fois un genre théâtral différent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce 3 novembre, en plein mouvement social, Léo Cohen-Paperman crée</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>@La_Thérapie_d_Emmanuel_Macron</em> à la Scène nationale de Toulon. Il décrit cette cinquième pièce de la série comme une comédie psychanalytique et science-fictionnelle. Il y imagine la psychanalyse de notre actuel président, dans un futur proche dans lequel l’intelligence artificielle à révolutionner ce type de thérapie.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Guérir de quoi ? </mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La pièce se déroule en 2058, un futur dans lequel Emmanuel Macron continue de s’accrocher au pouvoir : en 2032, il a été réélu président de la République et a effectué deux mandats de plus. Et à 79 ans, il entend se présenter une cinquième fois. Léo Cohen-Paperman imagine donc les événements de cette décennie supplémentaire de macronisme, qui viennent se mêler dans sa thérapie à ceux bien réels, tels que la pandémie du Covid-19 ou le mouvement des Gilets Jaunes, ou encore sa relation avec Brigitte (psychanalyse oblige, l’intime n’est pas mis de côté).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers le dialogue qui s’installe avec la thérapeute, l’auteur cherche à décrypter l’impact de la politique macroniste sur la société française, la relation de Macron aux Français·es, et vice-versa. Cohen-Paperman brouille volontairement, progressivement, la relation soignante-patient : qui des deux doit vraiment être soigné, se demande-t-il dans sa note d’intention, et «&nbsp;<em>Qui doit être guéri de qui ?</em>&nbsp;». Une création on ne peut plus d’actualité.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">CHLOÉ MACAIRE&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>@La_Thérapie_d_Emmanuel_Macron </em></strong><br>Du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">3 au 9 novembre </mark><br><strong>Le Liberté</strong>, Scène nationale de Toulon</pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Rock the Casbah </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Dussutour]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Oct 2026 14:53:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alger, juin 1955. Khadidja, 9 ans, rejoint son frère Malek, militant clandestin du FLN. Mais il est arrêté par la police coloniale et Khadidja se retrouve seule. Elle est repérée par 3 garçons au statut différent dans l’Algérie coloniale&#160;: Lyes, Philippe et Ahmed l’aider à libérer Malek. Depuis les terrasses de la Casbah, les quatre [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Alger, juin 1955. Khadidja, 9 ans, rejoint son frère Malek, militant clandestin du FLN. Mais il est arrêté par la police coloniale et Khadidja se retrouve seule. Elle est repérée par 3 garçons au statut différent dans l’Algérie coloniale&nbsp;: Lyes, Philippe et Ahmed l’aider à libérer Malek. Depuis les terrasses de la Casbah, les quatre enfants apprennent à se connaitre, et enquêtent…&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Issu d’une série parue d’abord en bande dessinée puis en dessins animés télévisuels, le passage au long format sur grand écran est plus qu’une réussite. Il y a comme un côté myiazakien dans le récit écrit à hauteur d’enfants, le réalisme des décors de la capitale algérienne (la Casbah, Bab-El-Oued, la ville européenne) ainsi que dans le dessin des personnages, les grands yeux des enfants notamment.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La touche singulière, avec des traits continus pour les personnages, discontinus pour les accessoires, confère au film des vibrations positives alors que les échos de la guerre d’indépendance s’amplifient. Les subtilités de l’animation, du récit et des dialogues, permettent aux autrices et au réalisateur de donner à saisir les fractures d’une société coloniale qui imprègnent jusqu’à l’innocence enfantine, mise à mal par ces dernières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une décolonisation des imaginaires est à l’œuvre dans ce film d’une grande tendresse, aux échos intergénérationnels, et qui donne une belle place aux militantes de l’indépendance. Un antidote puissant au nostalgérisme, qui peut éclairer les garçons et les filles marqué·es par cette histoire, longtemps censurée, qui est aussi une histoire française.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">LAURENT DUSSUTOUR</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Petite Casbah</em><br>Sorti le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">14 octobre</mark></pre>
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		<title>Semaine de la pop philosophie : éropolitique et révolution joyeuse </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Diego Lesourd]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Oct 2026 14:50:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ambiance tamisée, musique house en toile de fond, l’atmosphère est festive. À l’heure où les budgets consacrés à la recherche sont réduits et où la liberté d’expression est attaquée, la Semaine de la pop philosophie semble presque nager à contre-courant en offrant un espace de réflexion collective, de partage et de fête. Créée en 2009 [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Ambiance tamisée, musique house en toile de fond, l’atmosphère est festive. À l’heure où les budgets consacrés à la recherche sont réduits et où la liberté d’expression est attaquée, la <strong><em>Semaine de la pop philosophie</em></strong> semble presque nager à contre-courant en offrant un espace de réflexion collective, de partage et de fête. Créée en 2009 à l’initiative de Jacques Serrano, cette manifestation annuelle fait de Marseille, le temps d’une semaine, « <em>l’épicentre de l’ouverture de la discipline à des objets ou à des thèmes de la culture populaire</em> ». Le 22 octobre, la thématique « Capitalisme et jouissances » laissait place à une soirée autour du concept d’«&nbsp;éropolitique&nbsp;». Dans la salle du Makeda, <strong>Laélia Véron</strong>, <strong>Myriam Bahaffou</strong>, <strong>Juliette Roguet</strong> et <strong>Raísa Inocêncio</strong> se livraient à des seuls-en-scène en résonance avec l’actualité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Le rire comme étendard</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Battles d’aura, pancartes humoristiques et références à la pop culture ; depuis le début des mobilisations, la jeunesse fait de l’humour une force centrale face à la répression. Car le rire est une arme – qui, n’arrache ni des mains ni des yeux –, mais reste vecteur d’un fort sentiment d’appartenance collective. Avec l’humour, « <em>on a l’impression de se comprendre sans avoir besoin d’expliciter pourquoi on se comprend</em> », explique Laélia Véron, spécialiste des liens entre langage et rapports de pouvoir.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Makeda, la linguiste s’empare de la relation entre Alcibiade et Socrate pour développer une réflexion autour de l’ironie mais aussi ses ambiguïtés. Car si le rire peut créer du lien et favoriser une « <em>forme de libération collective</em> », il peut aussi devenir un outil de séduction et même de domination. L&rsquo;ironie ne doit donc pas être une fin en soi, mais bien un point de départ vers un engagement sincère, comme en témoignent les récentes mobilisations.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Éropolitique</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, si les mobilisations sont portées par l’humour, elles le sont aussi par la joie et… l’érotisme. Myriam Bahaffou, autrice de plusieurs ouvrages, dont <em>Éropolitique : Écoféminismes, désirs et révolution</em>, développe le concept d’éropolitique et défend une insurrection joyeuse invitant à érotiser la lutte. Pour la philosophe, l’érotisme ne se résume pas à l’acte sexuel ; il englobe aussi une sensualité plus large, une « <em>pulsion de vie</em> » qui invite à faire corps ensemble en se connectant les uns aux autres. « <em>Les manières créatives, inventives et drôles que les jeunes donnent à voir dans leur façon de faire de la politique ne peuvent pas être réduites à des comportements futiles. Ils sont l’exemple d’une vitalité que nous pouvons envier et rejoindre</em> », explique-t-elle. Fanfares, bals intergénérationnels improvisés… sont autant de démonstrations où l’insurrection tire sa force de la spontanéité, de l&rsquo;érotisme, la joie et d’une capacité à rassembler des présences singulières dans l’espace public au risque de bousculer l’ordre établi…</p>



<p class="wp-block-paragraph">CARLA LORANG</p>



<pre class="wp-block-verse">Soirée donnée <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">le 22 octobre</mark> dans le cadre de la <em>Semaine de la Pop Philosophie</em> au Makeda, Marseille.</pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Hautes-Alpes : avec le Nid rouge, une culture de proximité dans la vallée  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Julie Bordenave]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Oct 2026 14:47:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est un joli cocon aux faux airs d’insecte, dardant sa carapace écarlate à 700 mètres d’altitude. Une arche qui invite à se tenir à l’abri, pour mirer les monts environnants par ses larges baies vitrées – Pic de Bure, montagne d’Aujour… Ancien barnum accolé au CDN de Thionville (Moselle), le Nid Rouge a traversé la [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est un joli cocon aux faux airs d’insecte, dardant sa carapace écarlate à 700 mètres d’altitude. Une arche qui invite à se tenir à l’abri, pour mirer les monts environnants par ses larges baies vitrées – Pic de Bure, montagne d’Aujour… Ancien barnum accolé au CDN de Thionville (Moselle), le Nid Rouge a traversé la France pour être réimplantée à la force du poignet, via un ubuesque chantier participatif. Une aventure presque folle au sens strict, d’autant plus dans le contexte actuel, peu propice aux défis culturels d’envergure !&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est en 2024 que <strong>César Frère</strong> a vent de cet imposant chapiteau à ossature bois qui cherche repreneur. Fédérant une myriade de bonnes volontés, il part alors le récupérer gratuitement en Lorraine. La logistique est de taille : il s’agit de démonter sans casser et dans le bon ordre, pour pouvoir ensuite reconstruire à l’identique ! Une fois rapatriée dans le Buëch – cette vallée sauvage et préservée des Hautes-Alpes, entre rivières et montagnes – place aux premiers coups de pelle destinés à poser les fondations, avec la volonté d&rsquo;ouvrir le lieu en octobre 2026. Pari tenu ! C’est désormais à la Bâtie Montsaléon que le Nid Rouge accueille spectacles, ateliers et résidences. Le chapiteau a logiquement trouvé refuge sur le site de l’aérodrome, complice de longue date d’expérimentations festives. Doté d’un bail de 20 ans, le Nid Rouge s’y est implanté sur la dernière parcelle constructible de la zone.<br><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une offre culturelle alternative de proximité</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À la tête de l’association, le binôme constitué par <strong>Julie David</strong> et <strong>César Frère</strong>, venus du monde de la fête foraine artisanale, rêve «&nbsp;<em>un outil de rencontre, de lien social, d&rsquo;échange, de partage et de découverte, mêlant culture et éducation populaire</em>&nbsp;». Les événements testés ces dernières années dans le coin – festivals <em>La Grosse entube</em>, <em>Et pis c’est tout</em>, implantation du Cirque Plaisir… – confortent cette envie d’y créer un lieu pérenne de diffusion et de résidence. «&nbsp;<em>À chaque fois qu&rsquo;on crée des événements sur ce territoire, le public répond présent, et vient même parfois de la Drôme, du Triève, du Gapençais&#8230;</em>&nbsp;», témoigne Julie David.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Début octobre, le chaleureux weekend d’inauguration, festif et familial, a donné le ton : une participation bénévole de tous les intervenants, y compris les foodtrucks reversant l’intégralité de leurs recettes à l’association. Au plateau, <strong>Typhus Bronx</strong>, <strong>Valentin Dylas</strong>, <strong>Cie Mmmm…</strong>, <strong>Marc Prépus</strong>, ou encore la compagnie voisine du <strong>Pas de l’oiseau</strong>&#8230; Un aperçu de la programmation à venir, de qualité, volontiers irrévérencieuse, pluridisciplinaire. Si l’intuition semble juste – «&nbsp;<em>les lieux sont investis quasi en permanence, on est très sollicités</em>&nbsp;» -, l’enjeu désormais, c’est de faire vivre le lieu, financé jusqu’à présent par un fonds Leader de 80 000 euros (fonds européen d’aide aux zones rurales) et une campagne participative ayant levé plus de 28 000 euros.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Conforté par une équipe municipale militante, le Nid Rouge constitue l’un des maillons qui contribue à asseoir une identité forte pour le Buëch, porté par l’impérieuse nécessité de «&nbsp;<em>continuer de construire l’imaginaire, pour les générations futures</em>&nbsp;», ainsi que l’évoquait l’équipe le soir de l’inauguration.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec un espace intérieur modulable, une jauge de 250 personnes et 6,50 mètres de hauteur sous faîtière propice à l’accueil d’agrès de cirque, le Nid Rouge proposera une saison culturelle d&rsquo;octobre à mai. Pour l’instant, place au <strong>Cirque Bruit</strong>, qui y jouera son spectacle du 30 octobre au 8 novembre.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph">JULIE BORDENAVE </p>



<pre class="wp-block-verse">Agenda sur le site <a href="https://nidrouge.fr">nidrouge.fr </a></pre>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/hautes-alpes-avec-le-nid-rouge-une-culture-de-proximite-dans-la-vallee/">Hautes-Alpes : avec le Nid rouge, une culture de proximité dans la vallée  </a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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		<title>« Médée·s » de Louise Vignaud : la boîte noire d’un infanticide </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chloé Macaire]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Oct 2026 14:44:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Zébuline. Dans Médée·s, la protagoniste interprétée par Rachida Brakni est une mère infanticide… Louise Vignaud. Non. On ne sait pas si elle va le commettre, si elle l&#8217;a commis… En fait, la pièce pose la question de la possibilité, cette possibilité qui existe quand on va mal. Pourquoi explorer cette possibilité ?&#160; Je dirais que [&#8230;]</p>
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]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zébuline. Dans</strong> <strong><em>Médée·s</em></strong><strong>, la protagoniste interprétée par Rachida Brakni est une mère infanticide…</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Louise Vignaud.</strong> Non. On ne sait pas si elle va le commettre, si elle l&rsquo;a commis… En fait, la pièce pose la question de la possibilité, cette possibilité qui existe quand on va mal.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi explorer cette possibilité ?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je dirais que la pièce porte sur la manière dont on regarde les choses. Les mères qui commettent des infanticides sont qualifiées de monstres ou de sorcières, mais je trouve nécessaire, et poétiquement passionnant aussi, d’essayer de comprendre ce qui s&rsquo;est passé humainement pour en arriver là.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet est né de deux sources d’inspiration. La Médée d’Euripide, la première version de la tragédie qui est assez incroyable dans ce qu&rsquo;elle raconte de la souffrance de cette femme pour en arriver là. Et le documentaire de Sophia Fischer, <em>Mères à perpétuité</em> [<em>qui donne la parole à des proches de mères qui ont tué leurs enfants, ndlr</em>], à propos duquel elle dit «&nbsp;<em>quand il y a un crash d&rsquo;avion, on regarde dans la boîte noire ce qui s’est passé.</em>&nbsp;» La même question se pose pour l&rsquo;infanticide, d&rsquo;un point de vue sociétal, on s&#8217;empare de la boîte noire, de ce qui s&rsquo;est passé avant, de la dépression, de ces choses-là, pour comprendre. C’est cet endroit qu’on a cherché.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment décririez-vous votre approche du sujet ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est ni une approche documentaire, ni sociologique ou politique. Mon endroit, au plateau, c’est une résistance esthétique et poétique au monde. La poésie au sens large permet d&rsquo;aller au fond des âmes, dans des chemins tortueux, au-delà de la difficulté de nommer ou de formuler certaines choses. C’est par là que j&rsquo;ai abordé le sujet.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quel a été votre processus d’écriture ?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;ai repris l’essentiel des grandes tirades de Médée, dans lesquelles elle exprime ce qu&rsquo;elle ressent. Je les ai retravaillées, retraduites, pour que ça entre en dialogue avec la langue contemporaine que je travaillais à côté. Et puis je me suis inspirée du documentaire pour plonger dans ce chaos, et essayé de mettre des mots dessus.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le dispositif mêle de la musique et du dessin au texte. Pour ce choix multidisciplinaire&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je travaille avec une scénographe qui fait vraiment de très beaux dessins, Irène Vignaud, et une créatrice sonore, Orane Duclos, qui est aussi violoncelliste et compositrice. Je trouvais intéressant pour ce sujet-là de rassembler des visions d&rsquo;interprètes, de femmes, pour en parler chacune avec nos biais. Moi avec l&rsquo;écriture et la mise en scène, Orane avec le violoncelle, Irène avec le dessin, Rachida [Brakni] avec le jeu…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La pièce est donc le fruit d’un travail collaboratif.&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai donné la direction par l&rsquo;écriture, mais on a ensuite travaillé collectivement. Il y a des projets plus ou moins construits, et d’autres qui apparaissent comme ça, comme un surgissement, et celui-ci en fait partie. C’est un projet très instinctif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ENTRETIEN RÉALISÉ PAR CHLOÉ MACAIRE</p>



<pre class="wp-block-verse"><strong><em>Médée/s </em></strong><br><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Du 3 au 14 novembre</mark><br>Théâtre des Bernardines, Marseille </pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Au festival En Ribambelle !, « Liteul Pipol » captive les tout-petits</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Oct 2026 14:36:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La lune se dédouble. Derrière le blanc immaculé, le bleu se révèle. Des marionnettes minuscules apparaissent, se dérobent, reviennent, de part et d’autre d’un plateau opulent. Tuyaux, portes et cachettes secrètes composent un petit monde dont on guette chaque ouverture. Le dispositif construit par Jean-Luc Tourné organise aussi bien le plaisir de la surprise que [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">La lune se dédouble. Derrière le blanc immaculé, le bleu se révèle. Des marionnettes minuscules apparaissent, se dérobent, reviennent, de part et d’autre d’un plateau opulent. Tuyaux, portes et cachettes secrètes composent un petit monde dont on guette chaque ouverture. Le dispositif construit par <strong>Jean-Luc Tourné</strong> organise aussi bien le plaisir de la surprise que celui des retrouvailles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’origine de ces apparitions, un roman pour adultes : <em>1Q84,</em> de Haruki Murakami. <strong>Sandrine Maunier</strong>, qui conçoit et met en scène le spectacle, en retient les « <em>Little People</em> », les deux lunes et la chrysalide de fils blancs. Ces motifs deviennent une matière visuelle et chorégraphique, accessible avant même la maîtrise du langage. L’étrangeté conserve toute sa place dans cet univers doux, jamais réellement inquiétant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Plus petits que soi</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces êtres de bois, les enfants deviennent des géants. Leurs tentatives pour se mouvoir et se redresser leur renvoient des expériences encore toutes proches. La danse, chorégraphiée et interprétée par <strong>Angélique Naccache</strong>, prolonge cette exploration du mouvement : trouver un appui, un équilibre, une façon d’habiter l’espace et d’entrer en contact.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La musique de <strong>Florent Gauthier</strong>, avec ses motifs cycliques, participe pleinement à la fascination. Pendant cette demi-heure de spectacle, personne ne bouge. Les regards suivent les apparitions et attendent la suite, suspendus aux mouvements de ce petit peuple. Quand l’interprète engage un corps-à-corps avec un corps à taille humaine, un suspens s’installe. Le passage peut dérouter les plus jeunes ; la tendresse de ce duo touche bien au-delà de l’âge annoncé. Quelques gestes suffisent pour nous attacher à cette matière devenue partenaire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">SUZANNE CANESSA</p>



<pre class="wp-block-verse">Le spectacle a été joué <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">les 25 et 26 octobre 2026</mark> au <strong>Mucem</strong>, Marseille<br><strong>À venir</strong><br>Du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">29 au 31 octobre</mark> au <strong>Théâtre Massalia – Friche la Belle de Mai</strong>, Marseille<br>Le <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">19 janvier 2027</mark> à <strong>La Stella</strong>, La Trinité<br>Du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">18 au 20 mars 2027</mark> au <strong>Théâtre de Fos</strong>, Fos-sur-Mer<br><strong>Version nomade <em>Fofil</em> </strong><br>Du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">22 au 24 mars 2027</mark> avec <strong>Scène55</strong>, Mougins <br>Du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">5 au 7 avril 2027</mark> au <strong>Théâtre de la Licorne</strong>, Cannesa</pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/au-festival-en-ribambelle-liteul-pipol-captive-les-tout-petits/">Au festival En Ribambelle !, « Liteul Pipol » captive les tout-petits</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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		<title>« Zarafa », l’épopée de la célèbre girafe par Agnita de Ranitz</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Oct 2026 14:27:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Octobre 1826 : Marseille voit débarquer un animal que personne n&#8217;a jamais vu. En 1824, Méhémet Ali d&#8217;Égypte fait capturer une girafe encore bébé au Soudan pour l&#8217;offrir au roi Charles X. Après un long périple sur le Nil puis une traversée de la Méditerranée, la girafe arrive à Marseille devant une population ébahie. Sa [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/zarafa-lepopee-de-la-celebre-girafe-par-agnita-de-ranitz/">« Zarafa », l’épopée de la célèbre girafe par Agnita de Ranitz</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Octobre 1826 : Marseille voit débarquer un animal que personne n&rsquo;a jamais vu. En 1824, Méhémet Ali d&rsquo;Égypte fait capturer une girafe encore bébé au Soudan pour l&rsquo;offrir au roi Charles X. Après un long périple sur le Nil puis une traversée de la Méditerranée, la girafe arrive à Marseille devant une population ébahie. Sa taille immense, ses grands yeux doux et ses petites oreilles vont conquérir les Français.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est cette arrivée qui ouvre le roman d&rsquo;<strong>Agnita de Ranitz</strong>, un récit fondé sur des faits historiques. Zarafa passe l&rsquo;hiver à Marseille, chez le préfet et son épouse qui la chouchoutent, puis part à pied pour Paris le 20 mai 1827, escortée par des gendarmes, des antilopes et un mouton. Le roman s&rsquo;attache à la marche de 42 jours entre Marseille et Paris, et à deux personnages qui accompagnent l&rsquo;animal. Le premier est Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, célèbre zoologue, âgé, catholique, habitué à la vie mondaine parisienne. Le second est Atir, jeune soigneur musulman élevé dans un village soudanais, ancien esclave, qui connaît les secrets des plantes, des oiseaux et des animaux. Tout les sépare, et pourtant un rapprochement s&rsquo;opère peu à peu. Le livre raconte ainsi une rencontre entre cultures et entre générations, portée par la présence douce et placide de la girafe.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="265" height="500" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/9782330226923.jpeg?resize=265%2C500&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-138837" style="width:169px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/9782330226923.jpeg?w=265&amp;ssl=1 265w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/9782330226923.jpeg?resize=159%2C300&amp;ssl=1 159w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/9782330226923.jpeg?resize=150%2C283&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/9782330226923.jpeg?resize=223%2C420&amp;ssl=1 223w" sizes="(max-width: 265px) 100vw, 265px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">« Girafomania »</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fil de la route, c&rsquo;est aussi toute une page de la vie locale de l&rsquo;époque qui se déploie.Le cortège croise des maires et des préfets qui rivalisent d&rsquo;honneurs, fait étape dans des tavernes, et se heurte à ceux qui restent fidèles à Napoléon. Il traverse des champs de lavande et de coquelicots, des vignes et des cépages, de la Provence à la Bourgogne en passant par la vallée du Rhône. Derrière la girafe, une foule venue de loin se presse sur le passage. Zarafa devient la star du Jardin des Plantes jusqu&rsquo;à sa mort, le 12 janvier 1845, et déclenche la « girafomania ». Sa dépouille naturalisée est aujourd&rsquo;hui exposée au muséum de La Rochelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paradoxalement, c&rsquo;est une autrice néerlandaise qui raconte cette histoire. Installée en France depuis de nombreuses années, elle a refait le voyage de Marseille à Paris et même jusqu’au Kenya sur les traces de Zarafa pour les besoins du roman. Pour la célébrer la ville de Marseille a érigé une copie colorée de l’animal en haut de la Canebière. Son ventre accueille une boîte à livres et donne ainsi accès aux passants à de nouveaux imaginaires</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>Zarafa</em> d’<strong>Agnita de Ranitz</strong><br>Éditions Actes-Sud - 24 €&nbsp;</pre>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>« L’incident du pain perdu » de Hammour Ziada : satire féroce du pouvoir soudanais</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Oct 2026 14:23:24 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Hammour Ziada]]></category>
		<category><![CDATA[L'incident du pain perdu et autres affaires cocasses]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après trente ans de pouvoir, le régime d&#8217;Omar el-Béchir, issu du coup d&#8217;État de 1989 baptisé « Révolution du Salut », est renversé en avril 2019 par une mobilisation populaire. Les manifestants réclament un pouvoir civil. Un pouvoir de transition associant militaires et civils est mis en place. Le 3 juin, à Khartoum, les forces [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/lincident-du-pain-perdu-de-hammour-ziada-satire-feroce-du-pouvoir-soudanais/">« L’incident du pain perdu » de Hammour Ziada : satire féroce du pouvoir soudanais</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Après trente ans de pouvoir, le régime d&rsquo;Omar el-Béchir, issu du coup d&rsquo;État de 1989 baptisé « Révolution du Salut », est renversé en avril 2019 par une mobilisation populaire. Les manifestants réclament un pouvoir civil. Un pouvoir de transition associant militaires et civils est mis en place. Le 3 juin, à Khartoum, les forces de sécurité dispersent brutalement un sit-in réclamant un pouvoir civil faisant 120 morts. En octobre 2021, les militaires renversent à leur tour le gouvernement de transition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le roman commence là, à l&rsquo;arrière d&rsquo;un taxi dans lequel un ancien «&nbsp;dircab&nbsp;» d&rsquo;un ministre d&rsquo;Omar el-Béchir regagne Khartoum après s’être retiré deux ans dans sa ville natale après la chute du régime qu&rsquo;il avait servi avec zèle. Celui-ci fanfaron, suffisant, de mauvaise foi, n’a rien perdu de ses certitudes. Hargneux, rancunier, convaincu d&rsquo;avoir raison contre tous, il harangue son chauffeur et refait, à sa manière, l&rsquo;histoire de son pays. Le trajet devient le fil conducteur d&rsquo;un récit où remontent les souvenirs de sa ville et de leurs habitants aux histoires tragi-comiques comme celle de deux sœurs jumelles qui se disputent autour d&rsquo;une recette de pain perdu.&nbsp;</p>


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<figure class="alignleft size-full is-resized"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" width="314" height="500" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/9782330227128.jpeg?resize=314%2C500&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-138833" style="aspect-ratio:0.6280073299048294;width:220px;height:auto" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/9782330227128.jpeg?w=314&amp;ssl=1 314w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/9782330227128.jpeg?resize=188%2C300&amp;ssl=1 188w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/9782330227128.jpeg?resize=150%2C239&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/9782330227128.jpeg?resize=300%2C478&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2026/10/9782330227128.jpeg?resize=264%2C420&amp;ssl=1 264w" sizes="(max-width: 314px) 100vw, 314px" /></figure>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une mécanique burlesque</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces querelles de quartier font écho à ce qui se passe au sommet de l’État, entre les dirigeants successifs du Soudan. Plus l&rsquo;ancien dignitaire parle, plus l’absurdité de son discours se fait jour. Ses invectives dévoilent les arrangements entre militaires et islamistes et les délires d’un système dans lequel les anciens alliés deviennent des adversaires et vice-versa. Dans ce brouhaha d&rsquo;alliances qui se renversent, il faut avouer que l&rsquo;on peine parfois à retrouver ses petits.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce chaos surréaliste donne toute sa force à cette ronde folle entraînant la confusion du lecteur comme celle des personnages, ballottés par des retournements incompréhensibles. Pour raconter la folie qui s’est emparée de son pays d’origine, Ziada a choisi la satire, la mécanique burlesque plutôt que le récit politique. Et il est vrai que l’on rit beaucoup même si, comme l’écrit Ziada en préambule du livre, la guerre civile dans son pays d’origine a causé des centaines de milliers de morts, 10 millions de déplacés et plus de 2 millions de réfugiés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Né en 1977, Hammour Ziada est écrivain et journaliste soudanais et vit au Caire. En 2014, il a reçu la médaille Naguib-Mahfouz de littérature pour&nbsp;<em>Le Désir du derviche</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>



<pre class="wp-block-verse"><em>L'Incident du pain perdu et autres affaires cocasses</em>, d'<strong>Hammour Ziada</strong><br>Sindbad/Actes Sud - 18,50 €<br>Traduit de l'arabe (Soudan) par Marcella Rubino</pre>
<p>L’article <a href="https://journalzebuline.fr/lincident-du-pain-perdu-de-hammour-ziada-satire-feroce-du-pouvoir-soudanais/">« L’incident du pain perdu » de Hammour Ziada : satire féroce du pouvoir soudanais</a> est apparu en premier sur <a href="https://journalzebuline.fr">Journal Zebuline</a>.</p>
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		<title>À l’Estaque, le PIC menacé par un manque de financement</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Oct 2026 14:21:12 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">« <em>On est un peu comme le coureur de marathon qui arrive à 20 mètres de la ligne d’arrivée et qui s’écroule.</em> » Raoul Lay a le sens de la formule qui dit l’urgence. Le Pôle Instrumental Contemporain (PIC), à l’Estaque, est menacé. Le bail de l’Ensemble Télémaque s’achève le 31 décembre 2026 et le propriétaire ne souhaite pas le renouveler. Pour garder le lieu, il n’y a qu’une issue : l’acheter. « <em>La Ville, le Département et la Région nous soutiennent magnifiquement et ont tous respecté leurs engagements, mais il manque 120 000 euros, qui correspondent à la défection de la Métropole et de l&rsquo;État.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au total, l’opération représente environ 1,3 million d’euros : 1,2 million pour le bien, auxquels s’ajoutent les frais de notaire. Elle a été imaginée avec la Ville de Marseille, qui ne préempte plus, faute de pouvoir gérer davantage de lieux, et préfère soutenir une association implantée de longue date et « <em>en laquelle elle a confiance</em> », explique Lay.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un lieu au rayonnement international</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2013, le PIC a vu défiler plus de 500 artistes sur 213 levers de rideau, devant près de 12 000 spectateurs. Il fonctionne comme un lieu mutualisé de résidence, de travail et de création. « <em>Renoncer à ce lieu, c’est toucher à tout un écosystème</em> », prévient Raoul Lay.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Ensemble Télémaque, qui occupe le lieu, est né à Marseille en 1994 et s’est fait une place unique dans la création contemporaine. Il a passé commande à de très grands compositeurs comme Georges Boeuf, Régis Campo, Pierre-Adrien Charpy, Ivan Fedele ou Bernard Cavanna. Il a collaboré avec Olivier Py, Catherine Marnas ou Frédéric Flamand, et joué de la Cité de la musique à Paris à la Biennale de Venise, dans 17 pays. Il a obtenu en 2016 le label « Atelier de Fabrique artistique » du ministère de la Culture, lancé la même année le temps fort <em>Grandes musiques pour petites oreilles</em>, devenu le festival national <em>Tous en sons</em>, et porte depuis 2018, avec Raoul Lay, <em>October Lab</em>, plateforme internationale d’échanges musicaux qui a déjà réuni des compositeurs des États-Unis, du Canada, de Chine, du pays de Galles, d’Espagne ou de Sardaigne. « <em>On n’est pas si nombreux à Marseille à avoir une carrière à l’international</em>, souligne Raoul Lay. <em>On en parle rarement, mais c’est une compagnie qui s’exporte depuis très longtemps.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Ancré dans le quartier</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce rayonnement n’empêche pas un travail de terrain. Télémaque intervient auprès des jeunes et des publics éloignés de la musique, notamment au centre social de la Castellane, avec des projets de percussions et bientôt de direction d’orchestre. « <em>Ce que nous avons monté à l’Estaque ou à la Castellane est transposable à New York</em> », où Raoul Lay doit partir dix jours pour créer un opéra pour enfants au lycée français.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le quartier, le PIC travaille avec le cinéma L’Alhambra et La Déviation, et a prêté sa salle à l’Agence de voyages imaginaires après l’incendie de ses locaux. L’ensemble participe aussi au Train bleu, déambulation artistique sur le territoire métropolitain jusqu’aux Salins à Martigues. Raoul Lay rêve d’un réseau, « Nord magnétique », pour échanger concerts et projets entre quartiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">«&nbsp;La crémaillère ou les adieux&nbsp;»</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du PIC, Raoul Lay perçoit le signe d’un mouvement plus large. Il s’inquiète de voir les budgets de fonctionnement se réduire drastiquement et constate que les acteurs culturels n’ont jamais rien connu d’équivalent. « <em>Il faudra faire avec moins, mutualiser, nous dit-on dans toutes les collectivités</em> », observe-t-il, <em>alors que les arbitrages semblent déjà rendus, sans que personne sache comment ça va tomber, ni quand.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les petites structures n’ont pas attendu : « <em>Les économies, on se les ait déjà appliquées.</em> » « <em>Mutualiser, on le fait depuis longtemps</em> », assure-t-il. Il redoute que la contrainte budgétaire n’isole les acteurs et que « <em>chacun tire la couverture à soi</em> » au lieu de se réunir. Sa demande aux élus est simple : de la transparence. « <em>Que l’on se voie, qu’on en parle, qu’on prévoie. L’opacité, ce n’est jamais bien.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ensemble a lancé une campagne de financement participatif en ligne sur son site Internet. Les dons ouvrent droit à une réduction d’impôt de 66 % pour les particuliers et de 60 % pour les entreprises. Le dimanche 20 décembre, le PIC accueillera « <em>la crémaillère ou les adieux</em> », selon l’issue de ce rachat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">ANNE-MARIE THOMAZEAU</p>
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