mercredi 30 novembre 2022
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Indépendances

La Fiesta des Suds fête ses trente ans ! Au-delà de sa longévité, c’est sa persévérance dans la sphère indépendante qu’il se doit d’être saluée. Car le monde culturel n’est pas épargné par les appétits financiers. Depuis plusieurs années, dans tout le pays, des mastodontes de ce qui est devenu un marché jettent leur dévolu sur des projets initialement portés par des structures fragilisées par la course à la rentabilité. Particulièrement dans les métiers de la musique. Ce phénomène de rachat démarré avec les maisons de disque s’est déployé dans le secteur des salles de spectacle et des festivals, créant, à l’instar de nombreuses autres activités, une concentration de toute la chaîne musicale entre les mains de requins de la culture. Parfois, avec la complicité des pouvoirs publics comme c’est le cas à Marseille avec le Cepac-Silo, dont la gestion depuis son ouverture est déléguée à la holding Fimalac du milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière, à la tête d’une des principales agences de notation et ancien propriétaire de la très conservatrice Revue des deux mondes (oui, oui, celle qui a employé la peu besogneuse Penelope Fillon)…

En cette année marquée par le soixantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, le sujet de la colonisation, de sa logique comme de ses continuités pernicieuses, habite de nombreuses œuvres contemporaines. Le feuilleton théâtral d’Adeline Rosenstein, Laboratoire Poison, joué cette semaine à la Friche la Belle de Mai, est d’une habileté documentaire réjouissante. La Région Sud  commémore elle aussi les six décennies des accords d’Évian. À sa manière, par le prisme du « rapatriement », en mettant en lumière une autre indignité : le sort des Harkis. L’exposition consacrée aux hameaux de forestage en Provence-Alpes-Côte d’Azur participe au devoir de mémoire. Comment célébrer l’indépendance sans évoquer la tragédie ukrainienne. Instrumentalisant le droit des peuples à l’autodétermination, les référendums bidons organisés par Poutine font monter d’un cran l’inacceptable entreprise de recolonisation des anciens territoires soviétiques. Confirmant l’inefficience de toute option guerrière.

Sur quelle échelle positionner alors la bataille pour l’indépendance de la presse dans ce cortège de calamités ? Ni plus ni moins au niveau d’une condition indispensable pour dénoncer et affronter les oppressions d’où qu’elles viennent. 

LUDOVIC TOMAS

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