mercredi 12 août 2026
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Belsunce dans les oreilles 

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© NICOLAS SANTUCCI

Depuis 25 ans, l’association Ancrages s’attache à préserver et à valoriser les mémoires des communautés immigrées. Sa coordinatrice, Samia Chabani (également collaboratrice de Zébuline) produit aujourd’hui une série de podcasts en partenariat avec Radio Grenouille pour faire entendre ces mémoires, quartier par quartier. 

Les cinq premiers épisodes, réunis sous le titre Fi Khatar Belsunce (« Hommage à Belsunce ») offrent chacun un point de vue différent sur l’histoire récente de ce quartier, à travers le récit d’un·e habitant·e – à commencer par Bouga, rappeur connu pour le titre culte Belsunce Breakdown.

Samia Chabani se concentre d’abord sur les activités commerciales dans le quartier, surnommé dans les années 1980 « le triangle d’or ». Comme l’expliquent les commerçant·es interrogé·es – Halima Brahim et Nasser Sabeur – Belsunce était alors économiquement prospère, notamment grâce aux vacanciers algériens qui venaient y acheter des produits de consommation. 

Iels décrivent également l’importance du commerce à la sauvette, les bazars, la répartition communautaire de l’activité (les Arméniens et la vente de chaussures, les juifs séfarades et la vente de gros…), et la possibilité d’une ascension économique et sociale. 

Bande-son

La musique est également omniprésente dans les récits, et chaque interview est entrecoupée de titres de musique maghrébine et arabe. D’ailleurs, dans le troisième épisode, Mohamed Chabani, ancien vendeur de cassettes, explique l’importance de la musique pour les populations exilées, et décrit l’industrie musicale qui existait dans le quartier. 

Le racisme, la précarité et les tensions avec les autorités sont sous-jacents dans nombre de leurs récits, mais n’en sont pas le cœur. Le podcast s’intéresse surtout à ce Belsunce prospère, de partage, dans lequel les différentes communauté « vivaient en bonne intelligence » comme le formule Mohamed Chabani.

Dans le dernier épisode, l’anthropologue Michel Peraldi offre un regard plus académique sur l’histoire et l’évolution du quartier, et met en lumière les dynamiques qui ont transformé le Belsunce prospère dont le podcast fait vivre la mémoire, en celui que nous connaissons aujourd’hui.

CHLOÉ MACAIRE 

Quartier d’exil - Fi Khatar Belsunce 
Disponible en streaming 
ancrages.org / radiogrenouille.com

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A l’an que vèn !

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Difficile de trouver, en cette fin d’année bien peu réjouissante, des accomplissements à célébrer. Difficile aussi de caresser des espoirs pour une année 2026 dont on peine encore à imaginer les contours, tant l’air du temps semble chargé de menaces, de replis et de renoncements. Le lancement d’un grand plan gouvernemental contre l’infertilité prêterait presque à sourire, tant il oublie que l’heure est, pour des Français plus que jamais contraints dans leur pouvoir d’achat et l’étendue de leur possible, davantage au bilan résigné qu’à l’espoir et à la foi en l’avenir.

Une page se tourne ?

On espère ainsi que le départ de Charles Berling de Châteauvallon-Liberté ne marquera pas la fin d’une ère : celle d’un théâtre ouvert, exigeant et populaire, mené à rebours des crispations identitaires et des calculs politiciens, au moment même où la montée du Rassemblement national inquiète au sein du territoire. L’association Karwan cessera l’an prochain ses activités pour d’énièmes raisons budgétaires, elle qui pourtant avait su développer et faire rayonner une certaine idée du spectacle de rue, et de la culture pour tous et toutes.

Les tribunes se multiplient pour alerter sur l’affaiblissement de la lecture, l’appauvrissement du pluralisme, les atteintes répétées à la liberté d’informer et au secret des sources. Notre propre rédaction s’en fait l’écho sur notre site : en Région Paca, l’éducation aux médias manque plus que jamais de moyens, alors qu’elle demeure indispensable pour former des citoyens critiques, capables de distinguer faits, idées, opinions et manipulations. Autant de signaux qui, mis bout à bout, dessinent un paysage culturel et démocratique dangereusement fragilisé.

Triomphes de la légèreté

Les attentats, en Australie comme ailleurs, ravivent la peur et sapent un peu plus l’idée d’un vivre-ensemble déjà mis à rude épreuve, nourrissant les réflexes de haine et de suspicion dont se repait l’extrême droite. L’Amérique aussi a perdu de sa légèreté. La disparition de Rob Reiner, suivie des déclarations glaçantes de Donald Trump frôlant l’appel au meurtre, semble refermer le chapitre d’une certaine idée joyeuse, égalitariste et fantasque des États-Unis. Celle des comédies romantiques, de Princess Bride et de Quand Harry rencontre Sally, de l’humour tendre, de ces films de fin d’année où l’amour et l’ironie triomphaient encore.

Et pourtant. Il reste des scènes où la jeunesse s’invente, des spectacles qui célèbrent la poésie, la puissance du langage et l’élan des corps. Une exposition épique au Mucem qui raconte la Méditerranée comme un espace de mythes, de conflits et de possibles. Même l’opéra – et même celui de Marseille, pourtant peu hospitalier aux femmes – continue de faire résonner des récits d’émancipation féminine.

Alors non, tout n’est peut-être pas perdu. À défaut de regarder de trop près l’année qui s’achève, trinquons à celle qui vient ! Avec vigilance, avec désir, et avec cette obstination qui consiste, envers et contre tout, à croire encore au commun.

SUZANNE CANESSA


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Boby Caraïbes

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Bobby Lapointe © X-DR

Surnommé « le chanteur sous-titré », en raison de la difficulté à saisir sa virtuosité verbale, Boby Lapointe a croisé le chemins de Brassens, Anne Sylvestre, François Truffaut ou encore Charles Aznavour. Dans le spectacle boby Caraïbes, il est incarné par Bass Dhem, comédien, acteur, chanteur, et amoureux des textes de l’auteur héraultais. À ses côtés, Christophe Cavallini signe la mise en musique et le spectacle est mis en scène par Bruno Dubois. C’est une première étape de création à laquelle est invité le public ce 18 décembre à l’Alpilium. L’entrée est gratuite.

L.S.

18 décembre

Alpilium, Saint-Rémy-de-Provence

Winter Story

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Winter Story © Gilles Senac

Après The Bear, qui s’appuyait sur le film du même nom, le groupe Oco propose un nouveau ciné-concert intitulé Winter Story. Sur le thème de l’hiver, comme son nom l’indique, le spectacle rassemble quatre films d’animation réalisés entre 1936 et 1948 par Max Fleischer. Pionnier dans le développement des cartoons animés, il est à l’origine des personnages de Betty Boop, Koko le Clown ou Superman. Ici, les images suivent les aventures d’un frère et d’une sœur, d’une famille d’ours polaires, d’un inventeur excentrique et d’un renne intrépide. Le ciné-concert est orchestré par Cyril Catarsi à la guitare, au chant et bruitages, et Violet Arnold au clavier, chant et bruitages.

L.S.
20 décembre, 15 h
La Colonne, Miramas

Ring (Variations du couple)

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Ring © Samy La Famille

Jina Djemba et Amaury de Crayencour présentent Ring (Variations du couple) : une pièce en seize rounds amoureux qui traversent la vie à deux, écrite en 2013 par Léonore Confino. De l’élan des débuts à la routine des soirées canapé, jusqu’aux silences et aux ruptures. Sur scène, les deux comédien·nes incarnent tous les visages du couple : amants, parents, étrangers, divorcés. Un grand canapé blanc devient tour à tour, tantôt un refuge, tantôt un champ de bataille, et même parfois une « baignoire des rancœurs ». Entre rires, colères et larmes, la mise en scène de Côme de Bellescize, accompagnée de la chorégraphie de Mehdi Baki, laisse entrevoir une partition sensible de la vie à deux, une vie où « chaque malentendu peut devenir un incendie, chaque étincelle, un adieu ».

C.L.
19 décembre
Espace Robert Hossein,Grans

Soirée Frichti

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Yann Frisch © X-DR

Révélé au grand public avec Baltass, un numéro mêlant illusion et jonglage, le champion du monde de magie Yann Frisch a carte blanche en cette fin d’année pour clore le temps fort Magic’s Not Real, à La Seyne-sur-Mer. Le temps d’une soirée, il devient chef d’orchestre en proposant un show décalé, débridé et rempli de surprises. Sur scène, il sera accompagné de trois complices et acolytes : Fred Blin, « clown punk au regard acide », Véronique Tuaillon, « poétesse gouailleuse et tendre », et le musicien Antonin Leymarie. Tous·tes seront présent·es aux côtés du magicien afin de garantir une expérience singulière, inventant ensemble un format inédit mêlant performance et exploration. Aucune certitude sur ce qui peut arriver car absolument tout peut arriver durant cette Soirée Frichti.

C.L.
20 décembre
Chapiteau de la mer, La Seyne-sur-Mer
Une proposition du Pôle

Bab et les chats en famille

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Bab et les chats © X-DR

Un rock festif combiné à l’énergie débordante de Candice Guennec et Guillaume Baranger : voici la recette magique pour faire chanter à tue-tête et gigoter joyeusement une foule d’enfants. Souvent assignés à de simples spectateurs, ici, les rôles s’inversent. Le temps d’une soirée, le concert de Bab et les Chats invite les petits comme les grands à participer et à interagir avec la scène. Sur du rock, du ska, les paroles chantantes résonnent en un véritable cri d’espoir pour les jeunes générations. Avec des instruments fabriqués à partir de matériaux recyclés, les deux artistes jouent, chantent, et partagent généreusement leur énergie avec le public. Un duo explosif qui promet un concert familial, festif et interactif.

C.L.
20 décembre
Espace 233, Istres

Le rêve de Sam

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Le rêve de Sam © Karine Gilly

Transformer une compilation de quatre courts-métrages d’animation en une expérience symphonique : c’est le pari de Raoul Lay avec l’Ensemble Télémaque. Ils jouent avec les images animées pour composer une bande sonore, tantôt joyeuse, tantôt mélancolique, qui vient directement sublimer les dessins. La projection débute avec Le Renard et la Baleine, un voyage contemplatif, où un renard recherche désespérément un cétacé, poursuivi par Jonas et la Mer, un « hymne vibrant à la beauté des profondeurs », puis par le road-movieHome Sweet Home. Enfin, Le Rêve de Sam clôt le ciné-concert sur une note poétique. Une expérience sonore et visuelle qui convoque les imaginaires mais invente aussi des passerelles entre les mondes.

C.L.
20 décembre
Espace Gérard Philipe, Port-Saint-Louis-du-Rhône

Tu connais la chanson ?

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Tu connais la chanson ? © Jérôme Quadri

Tu connais la chanson ? est un spectacle interactif à la croisée du stand-up et du blind-test. Le chanteur et compositeur, Louis Caratini, invite le public à un grand karaoké naviguant à travers la musique francophone, avec comme point de départ, les paroles. Sur scène, il est entouré de divers instruments – d’un piano, un mini clavecin mais aussi d’une machine à écrire – pour mettre en musique ce répertoire qui passe par le chant, le slam et le rap. Il alimente sa performance d’anecdotes et d’humour en interrogeant le public sur la genèse de ces chansons, et d’évoquer en passant la notion du plagiat. Le spectacle est porté par le Collectif Animale et mis en scène par Charlotte Adrien.

L.S.
17 et 18 décembre
Théâtre du Jeu de Paume, Aix-en-Provence

La Cité des amours

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La cité des amours © ClaraLePicard

Autrice, metteuse en scène, chanteuse et comédienne basée à Marseille depuis plus de vingt ans, Clara le Picard convie la neurobiologiste Sylvie Thirion et le psycho-sociologue Themistoklis Apostolidis pour une exploration commentée du sentiment amoureux. La cité des amours est une balade sonore immersive dans les pensées intimes d’un homme et d’une femme en proie à l’amour. D’où vient-il, comment expliquer son caractère saisissant et son intensité parfois dévastatrice, à quel point est-il prévisible et socialement déterminé derrière son apparente irrationalité ? Fiction théâtrale scientifiquement étayée, La Cité des amours s’inscrit dans la série des « bons moments » du Zef qui propose au public de se rapprocher du processus créatif dans un format original propice aux échanges avec les artistes.

A.C.
17 décembre, 15h30
Zef, Scène nationale de Marseille