jeudi 12 février 2026
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Echo du monde

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Bryan’s Magic Tears © Thomas Florin

L’affiche est encore une fois bigarrée. Trois bouquetins bleus gravissent un mont d’où elles observent un ciel rose au soleil couchant. Elle est signée Camille Potte, illustratrice marseillaise tout juste auréolée du Fauve de la révélation au dernier Festival d’Angoulême. Certainement pas un hasard que The Echo l’ait une nouvelle fois choisie pour signer l’affiche. Le festival, toujours porté par l’agence Vedettes, Limitrophe Production et La Responsabilité des rêves, aime s’appuyer sur les jeunes talents, les inventifs, les nouvelles écritures. Autant de promesses que l’on va retrouver sur scène du 20 au 24 mai à Marseille, à L’Espace Julien, Makéda, Théâtre de l’Œuvre et à la Mesón.

Un festival à cinq temps

Cinq soirées sont donc au menu du rendez-vous. La première s’ouvre au Théâtre de l’Œuvre, et donne bien le ton de ce festival, avec la jeune londonienne Alpha Mamaid. De la pop-psyché, que l’on dit d’avant-garde ; on croit entendre un disque des Beatles rayé et écouté sur une sono qui déconne : autant dire que c’est génial, et qu’il faut vraiment aller la découvrir sur scène. 

Le concert terminé, il ne faudra pas perdre de temps pour aller voir la suite à quelques centaines de mètres de-là. L’Espace Julien accueille un des groupes les plus attendus de cette édition avec Osees : figure de proue du garage lo-fi né au tournant années 2010, il s’est appelé Thee Oh Sees, Oh Sees, OCS… mais n’a jamais lâché l’affaire ni son garage psyché exalté. Il est d’ailleurs l’un des derniers représentants encore actif de cette scène ouest américaine qu’avait notamment chapotée le label In The Red. 

Le lendemain, on ouvre encore par une curiosité, et toujours au Théâtre de l’Œuvre. On va découvrir le Belge Milan W. et sa pop expérimentale : du beurre pour les oreilles, à mi-chemin entre nappes électro et envolées guitares. La suite est au Makeda, avec un double duo : les Belges de Reymour et les Canadiens de Bibi Club

Le jeudi, deux salles deux ambiances. Une soirée très pop au Makeda avec E-Prime, Eat-Girls, Attention le tapis prend feu, et une soirée 100% Kinshasa à l’Espace Julien. Les excellents Fulu Mikizi, le collectif afro-punk-futuriste, et les non moins vibrants KOKOKO !, pionniers de cette incroyable scène congolaise. Le même schéma a été choisi pour la soirée du vendredi : du rock à l’Espace Julien avec The Limiñanas et David Shaw. Ambiance psyché et folk au Makeda avec Mark William Lewis et Dan A

Paris et c’est fini 

Pour son dernier soir, The Echo accueille deux poids lourds de la nouvelle scène rock parisienne. D’abord Rendez-Vous, petite bombe post-punk-new-wave apparue à Paris telle une comète, qui a rapidement séduit partout dans le monde, en Europe, aux États-Unis et même en Chine où le groupe a réalisé une tournée. Et enfin Bryan’s Magic Tears, dont beaucoup – en tous cas l’auteur de ces lignes – espéraient la venue dès la première édition en 2024. Ce sera finalement cette année, avec en bonus un excellent nouvel album sorti il y a quelques mois. On y retrouve le sel de la musique de ce groupe : du garage shoegaze, dans la lignée de la scène anglaise des années 1980, auquel on ajoute désormais des boucles électroniques réjouissantes. Et, ouf, l’honneur est sauf, le batteur est marseillais. 

NICOLAS SANTUCCI

The Echo
Du 20 au 24 mai
Divers lieux, Marseille

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Bleue à l’horizon

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Bivouac, Générik Vapeur. Confluent d'arts 2024 © Dominique Beyly

En février, mai et octobre, sur la Canebière et sur le Vieux-Port, il y a Au bout, la mer ! : une manifestation portée par la mairie des 1er et 7earrondissements dans l’espace public, trois rendez-vous annuels qui ont chacun une thématique : le cirque, la mer, les musiques.

Bleue c’est la dominante mer, orchestrée par l’association Karwan, dont la dimension festive s’accompagne d’une mise en perspective de l’avenir de notre planète depuis le prisme de la mer. Planète qu’il serait plus juste d’appeler, comme le rappelle Anne Guiot, directrice de Karwan, planète mer plutôt que planète terre ! 

Alain Damasio et Générik Vapeur 

Les présences de deux invités illustres vont marquer cette cinquième édition de Bleue : celles de l’auteur de science-fiction Alain Damasio, invité d’honneur, et celle de la compagnie historique et marseillaise d’art de rue Générik Vapeur.

En ouverture de Bleue, Alain Damasio lira sa nouvelle Immeuble 0, qui figure dans le livre L’ADN fantôme – quand l’invisible laisse des traces (Ed. Les liens qui libèrent, avril 2025) de Benjamin Allegrini naturaliste, spécialiste des oiseaux, et cofondateur de l’École des vivants, basée dans les Hautes-Alpes. Une lecture accompagnée en musique par le violoncelliste Gaspar Claus, suivie d’une discussion-échange entre Alain Damasio et Benjamin Allegrini au sujet de l’ADN environnemental dont il est question dans le livre (Foyer de l’Opéra de Marseille, de 9h30 à 11h30, réservation fortement recommandée, déconseillé au jeune public).

Quant à Générik Vapeur, ce sera, près de 40 ans après sa création en 1988 sur la Canebière, le spectacle Bivouac. Un déboulé d’hommes et de femmes peint·e·s en bleu, de bidons, d’un chien de métal incandescent, du haut de la Canebière jusqu’au Vieux-Port, sur fond de pyrotechnies et au son de guitares saturées jouées en live par un trio survolté depuis un camion-taureau ! (Départ 12h30 du Kiosque à musique des Réformés).  

Transhumanité et frontières

On retrouvera Alain Damasio, ou plutôt l’un de ses textes Petit Homme, une traversée de l’humanité à la transhumanité (qui se sert de la technologie pour accroître les capacités physiques, mentales ou reproductives) pour un spectacle « en 45 minutes, 7 nœuds et slackline d’une centaine de mètres », interprété par le funambule Théo Sanson, et la comédienne Marie Daguerre (16h30 – quai de la Fraternité).

Autre spectacle proposé, Une jungle, chorégraphie de la compagnie Chao.s, inspiré d’écrits de Patrick Chamoiseau à propos des migrations humaines. Un couple de danseur, sur un fond musical et sonore de lamento classique et de roulis des vagues, évoluant dans les strictes limites d’un tapis persan, se cognant aux frontières tels des oiseaux sur une vitre invisible (11h et 14h30 – place du Général de Gaulle)

Digue du large et Méditerranée

Parmi les rencontres, le Musée d’Histoire accueillera dans son auditorium La digue du large, histoire et perspectives (dimanche 18 mai à 11h). Une table-ronde en compagnie de Thierry Durousseau, historien de l’architecture, et de Pierre-Yves Graf, Benjamin Clasen et Stéphane Coppey, membres du collectif Rendez la digue. L’occasion de redécouvrir la riche histoire de cet ouvrage patrimonial, interdit d’accès depuis les attentats du 11-Septembre, et de s’informer sur les démarches entreprises par le collectif qui revendique un accès simple et gratuit à la digue pour tous·tes.

À La Fabulerie, une autre rencontre évoquera la possibilité de donner un statut juridique à la mer Méditerranée pour mieux la protéger. Organisée par L’IRD (Institut de Recherche pour le Développement) et Opera Mundi, et en présence de SOS Méditerranée, avec Victor David, chercheur et juriste qui travaille sur cette question. L’occasion également de visiter l’exposition Regnum Marine que La Fabulerie accueille au même moment, conçue par l’artiste et médecin biologiste Lara Tabet : un atlas graphique d’espèces planctoniques, évoquant des hiéroglyphes. 

Et aussi

De nombreuses autres propositions vont animer cette journée Bleue : parmi celles-ci, organisées par Marseille capitale de la mer, des balades en bateau à voile (3 départs : 10h00 – 12h30 – 15h30).

Un atelier de danse participatif avec le Ballet national de Marseille autour d’un extrait de Room With a View, le célèbre spectacle de Rone et (La) Horde (15h30 à 16h30, parvis de l’Opéra)

Et pour les gourmand·e·s curieux·ses, l’Observatoire des Sciences de l’Univers (OSU) Institut Pytheas proposera une découverte, en compagnie de chercheur·euse·s, d’espèces méconnues de poissons sur les étals de Noailles et du Vieux-Port, suivie d’une dégustation (payante) de la Bouillabaisse Turfu du chef Christian Qi (de 10h à 13h en continu, bas de la Canebière).

MARC VOIRY

Au bout la mer ! Bleue
18 mai
Canebière, Vieux-Port et alentours, Marseille

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Arts Éphémères : suivre ou ne pas suivre ?

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Les Cerbères d’Elias Kurdy © Dan Warzy

Aux Arts Éphémères, à chaque année son thème. Et pour 2025, il a été choisi « Bifurquer ». En ces périodes troubles et guerrières, il a paru pertinent aux deux commissaires, Isabelle Bourgeois et Martine Robin, de suggérer des changements d’orientation et de choix. Ne s’agit-il pas aujourd’hui de ralentir, de résister à un mouvement de profit, d’accélération et de consommation ? Ne doit-on pas réfléchir aux façons de protéger la planète, de l’habiter plus respectueusement ?

Les 28 artistes et étudiants ont travaillé dans un souci d’économie de matières nobles, utilisant souvent des matériaux de récupération : bois, tissus, terre, paille. Ainsi Benjamin Bloch qui se dit artiste-maçon travaille avec différentes sortes de terre et leur érosion pour en faire des « morceaux de rêves », tandis qu’Élie Buisson relie des cagettes récupérées dans les centres commerciaux avec des tissus usagés pour confectionner des structures transformables. Quant à Valérie Edern, elle met en valeur les branches et les fibres des palmiers marocains avec une sculpture végétale en forme de chèvre nourricière.

Lenteur et silence inspirent la sculpture blanche d’Adrien Menu : un homme debout, la tête dans ses mains, s’isole et réfléchit. Par ailleurs, la légèreté inspire les toiles peintes de Diego Guglieri Don Vito qui flottent dans le mistral, comme les nuages de Mathis Berchery sortent de leurs cadres. Elias Kurdy mélange l’évocation de la mythologie et des techniques modernes avec ses Cerbères, gardiens de l’enfer. Leurs têtes ont été remplacées par des corolles blanches comme pour inviter à la paix et au bien-être.

© Dan Warzy

Organiser le cadre de vie

Le duo Léna Durr & Alexandre Telliez-Moreni photographie les territoires transformés par l’homme et ont suivi le projet de l’autoroute A69 qui pourrait finalement être abandonné. Ils soulignent la nécessité de s’ancrer dans la mémoire des lieux plutôt que de les détruire et de « rejeter le récit dominant de croissance infinie » pour des conditions de vie plus harmonieuses. Se donner le temps d’arpenter la campagne, les sentiers, les forêts, réfléchir aux rythmes de nos vies, voilà une attitude chère à la plupart de ces artistes qui explorent notre monde. 

Conviés, les Ateliers publics pour adultes ont proposé un accrochage de flèches colorées qui provoquent l’indécision, perturbent et détournent les trajets avec humour. Invités à « bifurquer », les promeneurs s’amusent et tournent autour des arbres… Des médiateurs seront là pour les adultes et les enfants durant l’exposition pour inviter aux bifurcations. Allez-y !

CHRIS BOURGUE

L’exposition se poursuit jusqu’au 22 mai, tous les jours de 9h à 18h45 – entrée libre
Parc Maison Blanche-Charles Aznavour. 

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How much we carry ? 

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How much we carry ?, Cie Cirque Immersif © Edouard Barra

La question du porté, du déséquilibre, de la prise de risque fait partie du cirque dans son essence-même. En investissant l’espace public avec un agrès de son invention, la perche acrobatique, le binôme franco-brésilien Cirque Immersif surgit de manière impromptue dans des lieux d’usage quotidien – une cour de récréation, un quartier, un flux de passants… 

Les images créées de manière éphémère résonnent singulièrement, évoquant tant la charge physique et mentale que la prise de soin, et appellent à la rencontre. À partir de 17 h dans le quartier de La Visitation (Marseille), la compagnie présente une étape de création de son spectacle prévu pour 2026.

JULIE BORDENAVE

17 mai 
La Visitation, Marseille 

Okilélé 

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Okilélé © Nicolas Guillemot

Avec ses poussins masqués et ses vertigineuses questions existentielles, l’auteur et illustrateur Claude Ponti n’en finit pas de séduire des générations d’enfants. Le Collectif Quatre Ailess’attelle à un classique de la littérature jeunesse, publié chez l’Ecole des loisirs. 

Manipulation et théâtre d’objets permettent d’aborder frontalement, avec malice et poésie, la thématique de l’exclusion. Déjouant l’adversité, le jeune Okilélé fait fi des injonctions – ce pernicieux « oh qu’il est laid ! » qui le berce depuis l’enfance – pour arpenter le monde et se forger ses propres valeurs.

JULIE BORDENAVE 

17 mai à 10h30 et 17h
Le Pôle, Le Revest-les-Eaux 

Le grand défilé 

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Le Grand Défilé © X-DR

Habituée des propositions théâtrales inattendues en espace atypique – cour d’école, terrain de sports, lisière de forêt… –, Edith Amsellem aborde la thématique du vêtement avec sa nouvelle création. À travers les corps fièrement exposés sur le podium, son Grand Défilé est l’occasion de questionner les stéréotypes de genre, de détricoter les attendus et de redonner une place à la féminité et sa représentation dans l’espace public. 

À l’issue d’un atelier au Citron Jaune, un groupe de dix jeunes filles non-professionnelles se mêle à l’expérience. La présentation de cette étape de travail sera suivie d’un apéritif.

JULIE BORDENAVE 

16 mai
Citron Jaune, Port-Saint-Louis-du-Rhône 

Tournée en Amour : le Québec chez vos libraires

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Rodolphe Christin, Vincent Brault, Jean-Christophe Folly, Isabelle Grégoire © X-DR

Depuis le 12 mai et jusqu’à la fin du mois, les Libraires du Sud s’associent à Québec Édition pour proposer un événement rare : trois semaines de rencontres littéraires entre le Québec et la région Sud. Ce sont douze maisons d’édition et d’auteurs·ices québécois·es qui vont parcourir le territoire, accueillis dans 19 librairies partenaires à Marseille, Nice, Avignon, Aubagne, Carpentras, Gap, Château-Arnoux, Le Pradet et bien d’autres villes encore.

Ce grand voyage éditorial, joliment intitulé Tournées en Amour, entend célébrer la vitalité de la scène littéraire québécoise contemporaine, dans toute sa diversité et sa richesse. Romans, essais, poésie, bande dessinée, jeunesse, sciences humaines : chaque maison invitée porte une voix singulière, curieuse du monde, résolument tournée vers l’échange et la transmission.

Parmi les éditeurs présents, on retrouve notamment Écosociété, Québec Amérique, Mémoire d’encrier, La Peuplade, Pow Pow, Les 400 coups ou encore L’Oie de Cravan. Et dans leurs catalogues, les voix d’écrivains d’aujourd’hui : Isabelle Grégoire, Sophie Bédard, Rodolphe Christin, Jean-Christophe Folly, Jonas Fortier, Stéphane Picher, Marianne Chbat, Alexandra Boilard-Lefebvre…

Des rencontres 

Chaque soirée est une invitation à rencontrer une œuvre, une pensée, un territoire, et des personnalités singulières, passionnées, souvent engagées. Le 13 mai à la librairie Maupetit (Marseille), Isabelle Grégoire présentait Vert comme l’enfer (Québec Amérique), un roman choral entre Amazonie et Canada. Le lendemain, même lieu, le sociologue Rodolphe Christin questionnera notre rapport au tourisme et au monde avec Peut-on voyager encore ? (Écosociété).

Le 15 mai, trois lieux, trois auteurs. C’est le comédien et auteur franco-togolais, Jean-Christophe Folly qui viendra parler de son Benoît Blues (Mémoire d’encrier), une magnifique histoire d’amitié, à la Librairie l’Attrape-Mots à Marseille – il sera le 16 mai à Aubagne, librairie Les Furtifs. Marianne Chbat nous attendra, elle aussi à Marseille, chez Pantagruel, pour échanger autour de Famille Queers (Éditions du remue-ménage). À Avignon, Vincent Brault viendra faire découvrir un roman sensuel et déroutant, Le fantôme de Suzuko (Héliotrope), à La Comédie Humaine à Avignon.

Avec cette Tournée en Amour, les librairies deviennent des lieux de partage, d’altérité, un pont humain entre deux rives francophones Elles permettent aux mots de circuler, aux idées de se frotter et de découvrir ou de mieux connaître cette littérature québécoise, singulière, libre et vivante.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Tournée en Amour
Jusqu’au 31 mai
Divers lieux, Marseille et Région Sud  

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L’appel du rock

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Il ne faut parfois pas aller bien loin pour trouver le nom d’un événement : La Plaine du Rock. Tout est résumé en quatre mots. L’article est terminé. Ou presque. Disons quand même que le rendez-vous est gratuit, qu’il réunit 16 groupes de la « scène souterraine » marseillaise, et qu’ils représenteront toutes les chapelles du genre (punk, cold wave, folk, metal…). On y verra les vétérans de Bird in Shell, Piedebiche, Peritel… et des jeunes pépites avec La Flemme ou Catchy Peril. 

Si l’organisation garde les mêmes ingrédients, elle se permet quelques nouveautés. Un before du festival se tiendra dès 16 mai avec un « parcours itinérant entre musique et cinéma dans plusieurs de Marseille », où l’on verra notamment le premier volet de l’excellente « trilogie marseillaise » signée Benoît Sabatier et Marcia Romano. 

NICOLAS SANTUCCI 

La Plaine du Rock
18 mai
Place Jean-Jaurès

Du spectacle sur les rails 

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SOAF II. © Michel Wiart

Le Train Bleu investit le territoire à travers le regard d’artistes venus d’ici et d’ailleurs. Sur quatre jours, répartis en deux week-ends, c’est l’occasion de virevolter entre spectacles vivants, danse, musique, œuvres plastiques, et même des activités sportives. Proposée par le Théâtre des Salins dans sept lieux de culture, cette 9e édition emmène son public d’un lieu à l’autre, à pied, en bateau et même à vélo, relayant une programmation pour tous les goûts.  

De gare en gare, les spectateurs sont invités à une déambulation artistique le long de la côte bleue. Un parcours par jour est proposé, les 17, 18, 24 et 25 mai, avec à chaque fois un panaché de propositions éclectiques élaborées avec les opérateurs culturels partenaires : le Sémaphore (Port-de-Bouc), le Cadran (Ensuès-la-Redonne), le PIC Télémaque, la mairie de Vitrolles, Scènes & Cinés, et la mairie des 6e et 8e arrondissements de Marseille.  

17 mai

Pour le premier parcours la compagnie Furinkaï propose à Port-de-Bouc son spectacle MIZU — « eau » en japonais – pour un moment de poésie autour de l’urgence climatique, incarnées par une marionnette de glace – confectionnée par Elise Vigneron bien sûr. 

À vélo ou en bateau, le public atteindra ensuite Les Salins pour un voyage au cœur théâtre didactique, joué en moyen français par la compagnie En devenir 2, qui présente Quelques quintessences, cinq leçons et demie de pantagruélisme : de liberté d’esprit, d’un art de vivre dans la sagesse et la bonne humeur, inspiré de l’œuvre de Rabelais.

18 mai 

Le 18 mai, rendez-vous est donné au parc du Griffon à Vitrolles pour une performance de danse urbaine de la compagnie Oxyput et son spectacle intitulé SOAF II. Ensuite, un choix s’impose entre la pièce Mon premier mari était scaphandrier au Pic Télémaque, une co- médie hilarante mise en scène par Renaud Marie-Leblanc [lire notre retour ici], et une balade dans les calanques guidée par l’animateur nature Philippe Gregori, qui raconte l’histoire du parc par la faune et la flore du littoral.

24 mai

Au bord de l’étang de l’Olivier, à Istres, la compagnie Ayaghma, propose Un Grand Récit (premiers pas), une invitation dansée à célébrer la vie, pensée par le chorégraphe Nacim Battou. Suivie d’unesoirée chaleureuse avec Le Banquet des Merveilles. Sylvain Groud, metteur en scène, écrit une pièce chorégraphique qui donne une parole à cette partie de nous qui n’attend que d’être dévoilée au grand jour.

25 mai

Dernier parcours et peut-être le plus sportif : une sortie en kayak dans les calanques à Carry-le-Rouet – ceux qui n’ont pas le pied marin pourront profiter d’une balade à pied – après quoi un concert gipsy-latino et variété français est donné par le duo La Touche Manouch’ au Solarium de la Redonne.

LILLI BERTON FOUCHET

Le Train Bleu
17, 18, 24 et 25 mai
Divers lieux, entre Marseille et Port-de-Bouc 

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Humour, scaphandrier et stéroïdes

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Mon premier mari était scaphandrier, lors de sa « tournée en appartements » © A.-M.T.

Le musicien surgit, empêtré dans une combinaison de plongée, affublé de palmes aux pieds qui lui donnent une irrésistible allure de canard. Violoncelle en main, Jean-Florent Gabriel avance, imperturbable, vers un siège qu’il ne quittera plus, prêt à dérouler son jeu avec un sérieux désarmant. Face à lui, Agnès Audiffren enchaîne un monologue décapant, servi avec une énergie impertinente. La salle éclate de rires à chaque réplique, tandis que le contraste entre la frénésie de l’actrice et l’immobilité du musicien, savamment orchestré par le metteur en scène Renaud Marie Leblanc, déclenche une mécanique comique imparable.

Le texte, porté par Agnès Audiffren, est succulent. Elle y déroule l’histoire de sa vie commune avec sept maris improbables, dont les décès le seront tout autant. Le premier, Albert, était scaphandrier, le second, Robert, n’avait pas de problème d’argent : « avec lui, c’était terrasse viaïpi, toilettes viaïpi ». Le troisième, Ernest, faisait de la musculation. Gavé de stéroïdes, il perdit « ses bourses, sa rate, ses oreilles, son foie et sa zigounette… ».

Et puis il y eut André l’endocrinologue, Dédé l’ennemi public numéro quatre, Toto, le neveu par alliance de Garcimore. Désespérée des hommes, notre héroïne s’éprend d’Astrid, puis de Bébère, la pro du compost, et de bien d’autres encore… 

Avec Octave Santoro, auteur inspiré de ce texte – on avait découvert sa prose avec Le Tournoi des Sixtes, fable mordante et déjantée mêlant histoire, musique et politique – les personnages de cette comédie loufoque pour un violoncelle et une veuve, en prennent pour leur grade. Mais c’est sans doute l’amour et ses illusions… comiques que l’écrivain interroge avec le plus d’acidité.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Mon premier mari était scaphandrier
18 et 20 mai dans le cadre du Train Bleu
Pic Télémaque, Marseille

Spectacle vu dans le cadre de sa « tournée en appartements ». 

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