samedi 11 avril 2026
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Salagon : entre musée et jardins

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© Thibaut Carceller

Dans l’enceinte de cette église romane du XIIᵉ siècle voisinée par le village de Mane, le musée Salagon propose cinq expositions temporaires dont une permanente Traces au prieuré. Parmi elles, deux installations en résonance avec la protection de l’environnement. L’auteur et photographe indépendant Franck Pourcel propose Aux abords du loup, une série de photos accompagné d’objets – issus des mythes et légendes, entre effroi et fascination – (livres, figurines, cartes postales…). On peut y voir aussi EN FORÊT, de la gestion à l’évasion de Vincent Munier, un travail photographique centré sur la relation entre l’homme et son habitat dans une société contemporaine. 

© Thibaut Carceller

Le lieu, classé monument historique puis labellisé « Musée de France » en 2002, est bordé par six hectares de jardins, avec un total de 1700 espèces de plantes différentes recensées. Un véritable Eden de senteurs et de couleurs, parsemé de grands arbres, idéal pour des balades au frais par temps de canicule. L’artiste et plasticienne Anne Poivilliers y propose un jeu aérien, avec des œuvres aussi fragiles que légères, dans l’exposition Dans le vent, la lumière présentée jusqu’au 15 juillet. Un compromis entre découverte et détente qui ne manquera pas de surprendre. 

THIBAUT CARCELLER

Aux abords du loup
Jusqu’au 15 décembre
Musée Salagon, Mane

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Témoigner pour résister   

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RADIO LIVE – REUNI.ES Conception et ecriture scenique Aurelie Charon Avec Karam Al Kafri (Palestine/Syrie), Sihame El Mesbahi (France/Maroc), Yannick Kamanzi (Rwanda) En complicite avec Amelie Bonnin et Gala Vanson Creation musicale Emma Prat Creation visuelle live Gala Vanson Identite graphique Amelie Bonnin Images filmees Hala Aljaber, Aurelie Charon, Thibault de Chateauvieux Lumiere Thomas Cottereau Montage video Celine Ducreux, Mohamed Mouaki Espace scenique Pia de Compiegne

Samedi 18 juillet, treize heures. La salle se prépare à un poignant témoignage qui va résister neuf heures durant. Neuf heures de récits édifiants, de l’Ukraine à Gaza, de la Bosnie à la Syrie, du Congo au Liban, du Maroc à Avignon. Huit participants aux vécus sensibles traversés par la guerre, des histoires de fratrie et de patrie qui se décomposent et se recomposent, et d’une infinie tendresse toujours victorieuse.  

Radio Live, depuis une dizaine d’années, porte sur scène la création radiophonique, celle qui donne une voix, documentaire, aux témoins de l’histoire. Animée par Aurélie Charon, productrice à France Culture, autrice et réalisatrice, porteuse de cette forme nouvelle de théâtralisation du réel.

Les huit protagonistes semblent porter un fardeau collectif, une histoire dont les blessures irriguent nos intimités. Pourtant Radio Live (Radio Love ?) fait la preuve que la lumière peut surgir de l’obscurité. Comment ne pas rire aux éclats, quand Ines Tanovic (historienne de l’art, activiste, éternelle fan de Nirvana), raconte sa rencontre, à neuf ans, avec un obus bosniaque lors d’un visionnage chez la voisine de l’iconique Santa Barbara entre deux coupures de courant ? 

« Votre corps ressemble à un fromage suisse ! » s’exclame le médecin à la radiographie, observant les plus de cinquante objets métalliques fichés pour toujours dans le corps de la jeune fille. 

Les narrations sont fortes, elles ont le naturel du récit vrai, la voix et la guitare d’Emma Prat sont comme un  subtil intermédiaire au cheminement de nos émotions nous emmenant toujours plus loin dans ces paysages de boue et de sang. Les dessins ludiques tout en couleurs de Gala Vanson viennent esquisser à point nommé les contours géographiques de ces terres endeuillées. Ou souligner des sourires, des vieilles photos de famille comme pour mieux nous inclure dans la confidence comme des amis. 

C’est la force du groupe, on filme, on accroche, on installe pendant les prises de paroles, on voyage chez les uns et chez les autres, on se soutient et on se prend (souvent) dans les bras. Un souffle de joie et de solidarité, au-delà des clivages et des haines.  

MICHÈLE GIQUIAUD

L’intégrale de Radio Live a été jouée le 18 juillet.

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Sortir du trou

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© Cie eclair/ Artsud

Imaginez un espace obscur, encombré de gros sacs. Une femme (Milouchka) surgit, saute, pousse un cri en apercevant un homme avachi dans un fauteuil qui l’est tout autant. Elle est gênée, ne pensait pas trouver quelqu’un qui, visiblement, n’avait pas envie d’être dérangé. L’homme (Christian Mulot) s’énerve et affirme « on n’est pas là pour se faire des amis » tandis que la femme s’étonne de ne pas être dans « le bon trou » mais essaie d’être aimable. Ambiance tendue. Ça ne s’arrange pas avec l’arrivée tonitruante de celle qui se présente comme « la revenante » (Chrystelle Canals), celle qui revient toujours après ses épisodes de cuite. Enfin, un quatrième (Hugo Lebreton) surgit, éructe, déclare n’avoir rien à faire là ; il a un boulot, une femme et des enfants. Cependant, contraints de cohabiter ces quatre êtres paumés vont peu à peu communiquer, révélant leurs erreurs et leurs fractures.

Huis clos sartrien

Les deux autrices/metteuses en scène Milouchka et Chrystelle Canals, font basculerl’addiction dans le fantastique d’un enfer qui est aussi les autres : l’addiction de chacun.e. estsymbolisée par la métaphore brute du trou, un trou dont iels ne sortent pas et dans lequel iels sont invisibles. Des bruits inquiétants résonnent par moments, des fumées se répandent, telles des menaces ou des remords. Sont-ils condamnés ? Par qui ? Aucune intervention extérieure ne survient. 

Il est temps de cesser de juger et d’aider ces personnes, nous suggèrent les autrices qui sont en relation avec des centres sociaux. Leur création ne manquera pas de susciter des interrogations.

CHRIS BOURGUE

Shot, shoot, chut
jusqu’au 26 juillet
Théâtre Barretta, Avignon

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Twerker au musée

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© X-DR

Nicolas Misery, directeur des Musées de Marseille, était ravi d’accueillir à la Vieille Charité les 900 personnes inscrites pour la soirée de lancement des Jeudis au musée, série de quatre rendez-vous au programme de L’Été marseillais. « C’est une façon différente de découvrir les lieux : nous voulions montrer que l’on peut danser au musée, écouter de la musique, participer à une performance. On a tous immensément besoin de danser ! »

Entre les cimaises, des corps vivants

De fait, le public a manifestement apprécié la découverte de l’exposition du moment, Tatouage. Histoires de la Méditerranée, au tempo du collectif Twerkistan. Ses danseurs, après avoir travaillé au contact des œuvres et répété in situ, ont entraîné dans leur sillage un cortège de sourires ravis et étonnés, y compris chez les enfants les plus jeunes, marquant du pied le rythme. 

« Tatouage porte beaucoup sur la décolonisation et les rapports de genre, des questions qui résonnent avec les préoccupations des membres de Twerkistan. Nous apprécions leur esprit de liberté, leur impertinence, et c’est important de travailler avec des artistes locaux », commentait le directeur.

Cette mise en résonance festive aurait pu durer plus longtemps que l’on ne s’en serait pas plaints. Car la suite de la soirée, aussi agréable fut-elle, a pris la forme plus classique d’un sound system. Sur scène, dans la cour du vénérable bâtiment, les Djs du collectif ont ambiancé les spectateursavec du reggae, dancehall, hip-hop et afrobeats. Non dénuée d’une coloration politique – les paroles de certains titres classiques n’ont pas pris une ride : « No justice, no peace », comme le chantait Steel Pulse, se scande aujourd’hui encore dans les mobilisations contre les violences policières.

GAËLLE CLOAREC

Twerkistan a inauguré les « Jeudis au musée » le 17 juillet à la Vieille Charité, Marseille. Prochaine date, le 24 juillet avec une carte blanche au festival The Echo.

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Verdi sous les étoiles séduit Marseille

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© X-DR

L’Eté Marseillais a fait escale dans cet écrin de verdure à la belle acoustique, à l’invitation de Marseille Concerts et de la mairie du 1/7. Viva Verdi a offert au public marseillais, un florilège des plus grands « tubes » du maître italien, interprétés par quatre solistes talentueux accompagnés au piano par Ismaël Margain.

Celui-ci a introduit le concert avec une adaptation de la Marche triomphale de l’opéra AïdaPuis Olivier Bellamy, directeur musical de Marseille Concerts a présenté les solistes ironisant sur la structure des opéras verdiens « un amour entre un ténor et une soprane, rendu impossible par un baryton jaloux et une mezzo perfide ».

Et en effet, le programme débute avec un duo d’exception Un dì, felice, eterea, tiré de La Traviata dans lequel Alfredo (Samy Camps ténor) déclare sa flamme à Violetta, (Chloé Chaume soprano). Il est suivi par l’air d’Azucena Stride la vampa, du Trouvère. La gitane se remémore la mort de sa mère, brûlée vive par le Comte et crie vengeance. On y découvre une Ambroisine Bréremarquable de puissance et de théâtralité dans ce registre flamboyant. La soirée se déroule comme un voyage dans l’univers du Maestro. Bellamy nous y conte la passion de Verdi pour Shakespeare qui l’inspira pour Mac Beth, interprété avec fougue par Yohann Dubruque ou pour l’opéra Othello dans lequel Chloé Chaume interprète avec passion l’Ave Maria de Desdémone, qui annonce sa mort tragique.

Le gala est une succession de petits cadeaux : la Fantaisie impromptue de Chopin interprétée au piano par Ismaël, l’interprétation bouleversante de Chloé Chaume dans l’Addio del passato d’une Traviata qui se meurt ou celle d’un Samy Camps, irrésistible dans l’air La Dona e mobile, de Rigoletto. Il incarne à merveille un Duc de Mantoue arrogant et cynique envers les femmes. Et bien sûr, impossible de se quitter sans lever son verre avec un Libiamo, libiamo ne lieti calici endiablé repris en chœur par un public ivre… de musique.

Karine Fouchet Isambard, directrice de Marseille Concerts, très émue, s’est félicitée de cette collaboration en confiance avec la mairie de secteur et l’été marseillais , qui devrait en appeler d’autres. L’association, qui organise une trentaine de concerts par an dans des lieux emblématiques comme La Criée, Le Pharo ou le Conservatoire, n’avait jusqu’alors jamais proposé ce type de production, en plein air et entièrement gratuite. Alors, rendez-vous l’été prochain ? On entend déjà des grand Airs de Mozart résonner dans les branches des arbres du Théâtre Silvain… Pas vous ?

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Le concert s’est déroulé le 19 juillet au théâtre Sylvain

« Tout devient insupportable »

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© X-DR

Le temps du festival, la Maison Jean Vilar accueille ses « enjeux du présent », une série de rencontres qui se penchent sur les grands sujets contemporains et d’actualité. Après la guerre en Ukraine et avant les « Voix palestiniennes », la Maison s’est intéressée aux violences sexistes et sexuelles. Autour de cette table ronde animée par Chloé Macaire (journaliste à Zébuline), quatre dramaturges et spécialiste ont répondu à l’appel : Sephora Haymann, Bérénice Hamidi, Servane Dècle et Ronan Chéneau.

Comment aborder le sujet des VSS au théâtre, sans inciter à les reproduire, ni les excuser, ni les envelopper d’un voile sale de romantisme et d’érotisme ? Comment représenter l’horreur du crime sans agresser ni les comédiens ni l’assemblée ? Rien de plus simple si le regard porté dessus est une condamnation claire, si scénariste et metteur·se en scène sont réellement du côté des victimes. Mais difficile de ne pas désespérer quand des pièces, classiques ou récentes, issues d’une « zone grise » qui prétend analyser plus finement les tenants d’un viol, sont préférées à l’explicitement féministe. « Cette zone grise ne profite qu’aux agresseurs », lance Sephora Haymann, du collectif #MeTooThéâtre, et co-metteuse en scène desHistrioniques.

Sortir d’une esthétique stéréotypée

Autrice de l’essai Le viol, notre culture (2025), la chercheuse Bérénice Hamidi demande que l’on sorte d’abord des représentations dominantes du viol. Non, la plupart des agressions ne se fait pas dans la rue, la nuit, et n’est pas issue d’un accès passager de sauvagerie d’un inconnu. 91% des victimes connaissent leur agresseur. Et le crime est commis presque toujours à domicile.

Servane Dècle, co-conceptrice de la pièce coup de poing Le Procès Pélicot, renchérit sur la nécessité de sortir du mythe de la « victime exemplaire », vierge et sans aucun désir sexuel. Le procès de Dominique Pélicot et des 51 autres agresseurs a mis au jour une vérité qu’il est parfois difficile d’admettre : bien souvent, les violeurs sont des hommes ordinaires, mais qui ont intégré l’idée que leur domination sur les femmes est légitime. Pourquoi violent-ils ? Parce qu’ils le peuvent, répond Bérénice Hamidi.

Alors il faut en parler, il faut représenter en condamnant sans détour. Il faut détruire toute ambiguïté, ne plus se demander si oui ou non on peut excuser une violence sexuelle. Représenter c’est conscientiser, c’est sensibiliser. Car une fois sensibilisé, à la misogynie explicite comme implicite, dans des œuvres d’art ou au quotidien, tout devient insupportable, lâche Sephora Haymann.

De la scène aux coulisses

« Alors que peut-on faire, collectivement, dans le monde de l’art, au-delà d’un travail personnel de renseignement et de déconstruction ? » demande Ronan Chéneau, auteur de A la barre. Il faut considérer par exemple les coulisses et la représentation sur scène comme un continuum, explique Bérénice Hamidi.

Sephora Haymann ajoute qu’au théâtre, il est difficile de traiter ces problématiques parce que les metteurs en scène et personnes de pouvoir n’y sont pas formés. Quand une agression se produit dans une troupe, ils se défaussent de leurs obligations d’en virer l’auteur, s’en remettant au Code du travail. Mais ce n’est pas à eux de décider du sort de l’agresseur, c’est au tribunal, et c’est une obligation pénale que de le mettre hors d’état de nuire.

Dommage cependant que l’assemblée ait été en grande majorité composée de femmes, comme si les hommes ne s’étaient pas sentis concernés… 

GABRIELLE SAUVIAT

Précieuse Rebecca Cruz

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© Florent Gardin

À Arles, Les Suds trentenaires proposent durant leur longue semaine d’exploitation juilletiste une liste de rendez-vous musicaux aussi variée en styles qu’en lieux d’accueil. Parmi ceux-ci, les bien nommés Moments Précieux, concerts organisés aux Alyscamps, ont ce quelque chose d’onirique qui enchante à tous les coups. 

Parfois, c’est même avec perfection qu’un projet artistique et un environnement se rencontrent, et s’allient le temps d’un concert. C’est la sensation que donnaient Rebecca Cruz, précédée de ses musiciens, dès leur montée sur scène, vendredi 19 juillet. L’ensemble paritaire, formé de la violoncelliste Léonore Grollemund, de la contrebassiste Léna Aubert, du violoniste Sylvain Rabourdin et du percussionniste Juri Caneiro entrait en scène dans des costumes blanc à l’aspect cérémoniel, avant que la chanteuse, arborant une robe à franges rouge brique et une très longue queue de cheval ébène, ne démarre son concert-rituel. À l’image des morceaux tantôt poétiques, transcendantaux ou puissants, la voix de la vénézuélienne se promène avec une aisance remarquable à travers les techniques du chant lyrique, jazz, pop ou théâtral, servant les compositions qui se font épisodes d’une épopée haletante par les monts et les vaux de l’âme. Une expérience singulière, que le groupe porte avec une précision qui force l’envoûtement. 

LUCIE PONTHIEUX BERTRAM 

Les Suds, à Arles, se sont tenus du 14 au 20 juillet.

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Magnétique Seu Jorge

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© Rosalie Parent

Dans l’arène du théâtre antique d’Arles ce 15 juillet, quelques personnes arborent le drapeau, les maillots et t-shirts du Brésil. Puis le groupe O Conjuntão Pesadão arrive, ils sont neufs, mais pas de Seu Jorge encore. Alors ils commencent à jouer, et dès les premières notes une atmosphère envahit l’amphithéâtre, d’une chaleur palpable. 

Puis Seu Jorge apparait. Charismatique à l’élégance décontractée – il est vêtu d’habits de lin couleur vert d’eau et de lunettes de soleil – le chanteur n’est pas n’importe qui dans son pays.Enfant des favelas, il est une icône de la musique populaire brésilienne pour ses textes empreints de sentimentalité, de romance et d’un engagement qui se nourrit de l’histoire des noirs de Rio de Janeiro et de Salvador de Bahia. 

Mêlant funk, soul, samba, pop et bossa-nova avec aisance, Seu Jorge crée une musique unique. De son timbre de voix rauque et suave, il interprète au public plusieurs de ses classiques : Carolina, Amiga de Minha Mulher, Burguesinha… repris en chœur par un public conquis. Il nous rappelle aussi ses talents de showman en offrant quelques pas de danse.

LILLI BERTON FOUCHET 

Les Suds, à Arles, se sont tenus du 14 au 20 juillet.

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Les femmes africaines à l’honneur à Marseille 

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© Shellac Films

Baptisé « Empreintes africaines », le cycle se veut représentatif de la diversité et richesse du travail de femmes artistes, activistes, défenseuses de traditions africaines à l’international.Dans une démarche écoféministe, cette 1re édition de JIFA Marseille, organisée en majoritépar des femmes afrodescendantes, célèbre les cultures des diasporas africaines à Marseille, à travers une série de rendez-vous au large spectre social et artistique.  

À la projection du documentaire Germaine Acogny : l’essence de la danse [lire ci-dessous] le 21 juillet, succède un brunch littéraire le 27 à l’Oasis de Noailles. Les discussions tournerontautour de l’ouvrage collectif Terres et liberté : Manifeste antiraciste pour une écologie de la libération (2025) en présence de Nadia Yala Kisukidi, sa co-autrice. À 20 h au Videodrome 2 sera projeté Nha Fala, de Flora Gomes.

Logiquement, le principal temps fort se tiendra le 31 juillet, aux Grandes Tables de la Friche la Belle de Mai, de 18 h à 23 h. Après une inauguration en forme de rituel africain, auront lieu tour à tour : une table ronde d’artistes et entrepreneuses africaines autour de l’héritage des pionnières de la lutte pour l’émancipation des femmes africaines ; un défilé de mode upcyclée et durable par le Collectif Mac NB et Djivani Créations ; un concert multiculturel de Thileli Ahfir, Zeina Ndong et Sandra Richard, et un DJ set final par le collectif queer et racisé Heat.

Le 1er août, on va pouvoir partager son repas en communauté devant un second concert gratuit de la Sénégalaise Zeina Ndong, au centre socio-culturel Del Rio à 20 h. Le lendemain, la plasticienne capverdienne Daja do Rosario propose un atelier de tressage créatif collectif sur la Placette de la Friche, de 15h à 18h. En clôture le 3 août, une masterclass de danse traditionnelle guinéenne par la « griotte des Temps Modernes » Aissata Kouyate.

GABRIELLE SAUVIAT

Une femme d’exception

En prélude au JIFA le cinéma la Baleine accueillait le 21 juillet la projection, suivie d’un débat, de Germaine Acogny, l’essence de la danse un magnifique documentaire de Greta-Marie Becker sorti le 16 juillet, sur trop peu d’écrans en France.

Le film est magnifique, alliant avec douceur et profondeur les images d’archives, de danse, de sable, de vagues et de baobabs, et faisant entrer doucement, discrètement, dans l’intimité de cette femme d’exception, que tous ceux qu’elle a croisés admirent. Et ils sont nombreux tant elle est généreuse. 

Car elle a révolutionné la danse en Afrique, la perception du corps noir en Europe, portant avec ferveur et douceur, bien avant l’heure, la question décoloniale. Ses relations avec Senghor, avec Béjart, avec l’Académie des Beaux Arts ou la Biennale de Venise sont autant de marques d’une reconnaissance publique qui l’a accompagnée tout au long de ses 80 ans, mais semble importer moins, pour elle, que la transmission de longue haleine, précise, à son Ecole des Sables de Dakar. Dont témoignent ses chorégraphies inoubliables, Fagaala sur le génocide des Tutsis, Mon élue noire conçu avec Olivier Dubois, Le Sacre du printemps repris de Pina Bausch. 

La Baleine a refusé du monde pour cette unique projection de la semaine. Une autre, une seule, a lieu le 26 juillet à 15 h. Désinvisibiliser les femmes africaines passe aussi par la conquête des écrans…

AGNÈS FRESCHEL

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Regards de tempête 

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filles
© Agnès Geoffray

C’est en étudiant les « écoles de préservation » pour jeunes filles qualifiées de « déviantes » avec Vanessa Desclaux qu’Agnès Geoffray a imaginé cette exposition. Dans Elles obliquent, elles obstinent, elles tempêtent, la photographe donne un visage, des émotions, à ces femmes enfermées dans ces institutions de placement pour filles mineures de la fin du XIXe au milieu du XXe siècle. 

Des portraits fictions aux sourcils froncés et aux regards défiants pour les visiteurs venus à la Commanderie Sainte-Luce. Entre plusieurs documents « médicaux » relatant les comportements « déviants », le public peut apercevoir des femmes qui sautent, qui soulèvent leur jupe, qui courent, qui défient l’ordre établi… Autant de manières de photographier le mouvement, autant de manière de photographier une histoire volontairement embuée. 

LOLA FAORO

Elles obliquent, elles obstinent, elles tempêtent
Jusqu’au 21 septembre
Commanderie Sainte-Luce

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