lundi 9 février 2026
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Marseille vibre au rythme des tout-petits

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Maxence, Andrea, Madeleine, Romane, Léon et les autres à La Criée © Marie Du Crest

L’OKA désigne chez les Amérindiens un îlot de vie collective. Délimité sur le sol sous forme de tapis de feutre blanc de différentes tailles, l’archipel dessine sur la scène de la Criée une cartographie faite de tissus, textures et couleurs chaudes. Le plateau, bordé de rideaux et nimbé d’éclairages doux et tamisés, devient un lieu d’accueil inédit pour un public âgé de 6 mois à 3 ans, dans une très belle scénographie de Marlène Rocher. La pièce conçue et interprétée par les musiciens Florence Goguel et Gonzalo Campo, convoque les sons de la forêt, tisse des liens entre arbres, animaux et humains, et glisse de la parole à la ritournelle. Les musiciens-chanteurs s’emparent de percussions, d’instruments à vents, esquissent quelques pas de danse … et embarquent même leur tout jeune auditoire dans un récit poétique et sensible. Décliné le temps de plusieurs représentations, y compris scolaires, le spectacle s’installe également le temps d’une journée de célébration s’étendant dans chaque recoin de la Criée. 

Du tableau à la scène

Du côté des bibliothèques et musées marseillais, les nouvelles initiatives se pensent et s’installent joyeusement. Celle du musée Cantini détonne par sa fraîcheur et sa pertinence. La médiatrice et artiste Carine Mina convie à son tour les moins de trois ans en terrain nouveau. C’est dans les couleurs vives d’un tableau de Victor Brauner qu’elle invite les tout-petits à se plonger. Armée d’une réplique plastifiée de deux figures cubistes extraites du tableau, elle reconstruit ensuite sur un rétroprojecteur l’exploration par ce personnage d’autres lieux, et la visite à d’autres entités extraites de différentes collections et marqués par différentes approches du dessin. Bricolée, participative, joyeuse, la visite ainsi projetée sur les murs du musée fascine ses petits spectateurs.  

SUZANNE CANESSA

OKA a été joué du 13 au 15 novembre au Théâtre de la Criée
La Journée famille et la Journée des enfants a eu lieu le 15 novembre dans divers lieux à Marseille

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Le folk à travers les ères

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© L.S.

Birds on a Wire, le duo formé par Rosemary Standley (chanteuse du groupe Moriarty) et Dom La Nena (chanteuse et violoncelliste brésilienne), façonne un univers délicat tissé de reprises qui traversent les siècles. Un public nombreux est venu au Zef écouter sa dernière sortie, Nuées Ardentes.  

Le public attend, tapi dans le noir, jusqu’à ce que la violoncelliste fasse entendre un bourdon et que la voix de Rosemary Standley s’élève. Évoquant un imaginaire folklorique, la musique plane, d’un ton ancestral, et l’audience est transportée dans un autre temps. Lorsque la lumière arrive, on observe une scène parsemée de feuillages d’automne et un arbre aux côtés des musiciennes. Elles demandent au public : « Si Marseille était un arbre, lequel serait-il ? »

Puis elles se lancent dans Myla et l’arbre bateau. Sans couper la musique, la violoncelliste enchaîne vers La Marelle / Amarelinha où elle déploie une juxtaposition d’effets – comme un rythme frappé sur le corps de son instrument – grâce à son looping station. Le public reprend la mélodie, et dès lors, les deux chanteuses harmonisent une contre-mélodie par-dessus. 

Elles basculent ensuite vers la pop de Bronski Beat avec Smalltown Boy où un effet pluie sonne en « off » et les boucles superposées au violoncelle donnent une impression de tempête. Sur la chanson suivante, Dom La Nena emploie les techniques de musique contemporaine et crée un rythme col legno – en frappant les cordes avec le bois de l’archet. 

Voyage à travers les terres

Après Perlimpinin de Barbara, le public est transporté au XVIe siècle avec le magnifique Hélas mon cœur, une chanson de languissement et de solitude où la mise en scène inclut des oiseaux qui volent autour, faits de papiers tenus à l’aide de perches tenus depuis l’arrière de la scène. 

Elles interprètent ensuite La Jeunesse des morts, un poème d’Anna de Noailles écrit en 1920 qu’elles ont mis en musique, et qui commence avec le bruit de cloches d’une église. La violoncelliste se tourne vers un feu qui crépite au pied de l’arbre, et une fois la chanson finie, Rosemary Standley s’y assoit. 

Dès lors, seul le feu illumine la scène, donnant un éclairage très cinématographique et teinté de nostalgie pour Wish you were here de Pink Floyd. Après cette pause nocturne, elles nous invitent à « chanter haut et fort » avec une samba brésilienne. Pour finir, et après un petit débat avec le public pour choisir, elles interprètent la chanson éponyme Birds on a Wire de Leonard Cohen puis leur mashup de People are strange et When I ride.

LAVINIA SCOTT

Le concert a été joué le 14 novembre au ZEF de Marseille

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La mandoline contemporaine 

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© X-DR

Pour sa sixième édition, October Lab, plateforme de création internationale imaginée par l’Ensemble Télémaque et son directeur musical Raoul Lay, a célébré la mandoline en lui consacrant un programme inédit : quatre concertos originaux, composés pour Vincent Beer-Demander, soliste de la soirée. Après une tournée à Malte et à Bolzano, le public marseillais a pu découvrir ces Concertos du Sud au Pic Télémaque et à la Salle Archipel 49.

La soirée s’ouvrait avec Fighting for Hope, concerto ample et lyrique du compositeur maltais Karl Fiorini, au style « mahlérien » et « bernsteinien » qui évoque le temps qui s’écoule inexorablement. Ici, la mandoline s’intègre à l’orchestre et ne s’affirme vraiment que dans la cadence finale, un mouvement « agitato » virtuose et rock’n’roll, après que le violoncelle a longuement tenu, dans les graves, le rôle principal. 

Le ton change avec une partition facétieuse que l’on pourrait baptiser « Pièce pour Vincent » de Luca Macchi, professeur de composition au Conservatoire de Bolzano, présent dans la salle. Dès l’ouverture, le public est plongé dans un chaos joyeux : cris des musiciens qui interpellent le mandoliniste, effets de souffle, percussions malicieuses. L’orchestre mime une bande de garnements indisciplinés, à laquelle VBD répond avec des salves de mandoline. La pièce culmine dans une cadence spectaculaire, où le soliste dialogue avec un orchestre transformé en terrain de jeu sonore. Ça crie, ça clapote, ça grince, stridule dans les aigus… Puissant et d’une vivacité absolue. Deux jeunes musiciens du Conservatoire de Bolzano, Giulia Trabacchi (harpe) et Luca Cassini (percussions), qui ont suivi l’ensemble Télémaque dans leur tournée, apportent fraîcheur et énergie à l’interprétation.

Slapping et trémolos

Puis ce sera Fractures dela compositrice Manuela Kerer, œuvre minimaliste délicate. La pièce débute autour d’une seule note, le si, que chaque instrument « fracture » dans une esthétique ciselée. 

La soirée se clôt avec un concerto signé Raoul Lay. Inspiré par ses racines italiennes, il nous transporte sur la place d’un village méditerranéen avec un thème populaire – à tirer les larmes – décliné, pour la mandoline, en variations virtuoses à la Paganini. Le premier mouvement, « Cent’anni », « que tu vives cent ans », – expression italienne pour souhaiter longue vie –, évoque l’enfance, une fête foraine avec ses manèges anciens tournoyant. 

Le deuxième, Lacrimae, fait dialoguer violon et mandoline avec une immense sensibilité ; le dernier, enfin, invite à une danse rythmique, une rumba méditerranéenne, entrecoupée d’un long solo du mandoliniste, qui donne immédiatement envie de quitter sa chaise. Entre deux partitions, VBD aime aussi raconter au public toutes les possibilités offertes par son instrument : harmoniques, suraigus, pizzicato, glissandi, tap sur le chevalet, slapping, trémolos ou arpèges… Un disque a été enregistré. Il permettra de revivre ces quatre créations exceptionnelles.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Le concert s’est déroulé le 17 novembre à Archipel 49, Marseille. 

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Rencontres d’Averroès : Hériter de l’arabe

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Mauvaise langue de Nabil Wakim © © Nabil Wakim / Jaouhar Nadi / Nova Production

Spécialiste des questions climatiques, animateur du podcast et de la newsletter « Chaleur humaine » Nabil Wakim documente un impensé de l’enseignement en France : l’arabe est-il une Mauvaise langue ? 

Alors qu’en France le parler populaire a toujours puisé largement dans des mots d’origine arabe, la langue reste peu valorisée, voire marginalisée. Pis encore, les locuteurs eux-mêmes s’en détourneraient. C’est sur ce constat que le documentaire commence, pour explorer le rapport qu’entretiennent ceux qui héritent de l’arabe en France.

Si de nombreux témoins expriment le sentiment de honte, de rejet ou de stigmatisation rencontrés dans leur parcours scolaire ou professionnel,  le film, adapté du livre « L’Arabe pour tous », dévoile également le rapport complexe entretenu par les institutions avec la langue arabe dans une France marquée par l’héritage colonial, et par l’injonction générale au monolinguisme.

Histoire d’un non-enseignement

 Le développement des ELCO, enseignement de la langue et de la culture d’origine, institué en France dans les années 1970, avait pour objectif de permettre aux enfants des familles immigrées d’apprendre la langue d’origine au sein de l’école publique.  En 1977 Lionel Stoléru, secrétaire d’État chargé de la condition des travailleurs immigrés a instauré une « aide au retour » financière, surnommée le « million Stoléru ». L’ELCO et le million visaient  à encourager les immigrés à retourner dans leur pays d’origine, un dispositif qui a maintenu la réalité de l’option du retour,  et qui concernera à peine 100 000 étrangers, principalement des Espagnols, Portugais et Maghrébins.

Aujourd’hui les chiffres sont clairs : l’arabe est parmi les langues les plus parlées au monde avec près de 345 millions de locuteurs natifs. En France, on estime  qu’il y a 4 millions de locuteurs, en particulier dans les populations immigrées ou descendants d’immigrés du Maghreb et du Moyen-Orient. 

Mais force est de constater que dans l’Education Nationale, la place de la langue arabe reste très marginale : à la rentrée 2020, quelques milliers d’élèves apprenaient l’arabe dans les établissements publics. En donnant la parole aux enseignantes comme Zeineb Zaza ou Assia Zegaoula, le film témoigne des difficultés comme de l’enjeu de partager les passerelles culturelles et linguistiques. Davantage assignée à une langue communautaire que professionnelle, l’arabe reste marginalisé.

Pluralité et diversité

Le film n’aborde pas d’autres questions, telles que le syncrétisme linguistique, l’acculturation entre arabe, darija, amazigh, français et parler populaire, ni l’impact dans la transmission entre une langue maternelle parlée au sein d’un couple mixte ou non mixte… 

Les pratiques artistiques sont, sans  aucun doute, l’illustration la plus démonstrative de la vitalité de cette langue. Les expériences de Wary Nichen, humoriste, de Rachid Sguini, bédéiste, illustrent combien cette langue refuse d’être silenciée et ressurgit dans l’espace créatif français. Alors si tu la parles même chouia, maaliche maaliche…

Samia Chabani 

Traverser avec Nabil Wakim 
le 22 novembre à 11h
La Criée
Entrée libre, réservation conseillée

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Rencontres d’Averroès : Parler plus fort que les faits 

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Barbara Cassin © Celine Nieszawer, Flammarion

Dans son nouvel ouvrage, Barbara Cassin repart d’un constat simple et vertigineux : « La clef de la puissance du langage, c’est son pouvoir performatif. » Un pouvoir qui agit, transforme, impose – surtout lorsqu’il est confisqué par ceux qui parlent plus fort que les autres. Comme les sophistes qu’elle aime, mais sans leur exquise malice, Trump et Poutine exercent un empire de la parole qui sidère et réduit au silence. « Asséner l’évidemment faux et avoir l’air d’y croire vraiment produit la sidération ». Il ne s’agit pas seulement de mentir, mais de saturer l’espace symbolique, de parler plus fort que les faits.

À l’affut de cet art de la virtuosité toxique, la pensée de Barbara Cassin, dans Trump, Poutine et l’Europe, ne se fait jamais austère. L’académicienne observe ainsi avec une drôlerie déconcertante les deux « exhibitionnistes de leur corps », l’un « jouissant-criant » et l’autre torse bombé sur son cheval : deux esthétiques du pouvoir, deux façons de faire de la langue un instrument d’hypnose collective. Et ce qui vaut en Russie vaut aussi en Amérique, en Italie ou en Hongrie, où l’on traque mots, genres, langues étrangères, nuances.

Langues en péril

C’est ici que son livre rejoint avec une précision remarquable les enjeux de la table ronde Prendre langue, traduire. Si les langues disparaissent, si certaines deviennent « hypercentrales » et d’autres périphériques, c’est que s’effacent aussi des façons de penser. Traduire, rappelle Cassin, n’est ni transparence ni équivalence : c’est une épreuve de l’altérité, parfois asymétrique, souvent délicieuse, toujours politique. 

Ce geste, elle l’avait déjà inscrit dans le monumental Vocabulaire européen des philosophies ou dans l’exposition Après Babel, traduire dont elle avait assuré le commissariat au Mucem. Ici, elle le replace au cœur d’un présent saturé de récits simplificateurs. Face aux rhétoriques du repli, Barbara Cassin propose une discipline de l’écoute : une manière d’habiter les langues comme on habite le monde, avec prudence, avec humour, avec hospitalité.

SUZANNE CANESSA


La table ronde « Prendre langue, traduire» réunira Cécile Canut, Barbara Cassin, Richard Jacquemond et sera animée par Chloé Leprince (France Culture). 
23 novembre, 10 h
Nouvelle Rencontres d'Averroès
La Criée

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Bienvenue à Pamparigouste

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© G.C.

Tôt le matin, le 15 novembre 2025, des dizaines de personnes reconnaissables à leurs chaussures de marche se retrouvent à la gare de Vitrolles Aéroport. Un petit café, et en route pour un circuit de 9 km ponctué de prises de parole, comme le Bureau des guides du GR2013 en est coutumier. « Est-ce que vous voulez la carte de la balade ? Vous verrez, elle est un peu particulière : on ne peut pas l’utiliser pour s’orienter. Seulement pour se perdre. » 

L’assemblée du jour clôt une période de trois ans, au cours de laquelle le « Laboratoire de Pamparigouste » a enquêté sur la présence du plastique dans l’Étang de Berre. Un dispositif de recherche-action financé par la Fondation de France, comprenant études physico-chimiques, prélèvements participatifs, enquête sociologique sur la perception des polluants par les habitants de la région, design et création artistique.

Larmes de sirènes

Pamparigouste ? Dans la tradition provençale, une île imaginaire au large de Berre, peuplée de fées et réputée inaccessible aux hommes. Le lieu où l’on n’arrive jamais, en somme. « Et si l’île de Pamparigouste, c’était l’Étang lui-même ? Depuis tout ce temps qu’on cherche la vie qui perdure dans les interstices du capitalisme ! », s’amuse un secrétaire général très corporate avec sa cravate, loué à la journée pour animer cette restitution finale. 

L’humour est bienvenu, mais ce sont de vrais résultats bien flippants qui sont présentés aux marcheurs, sur fond de paysage industriel, entre autoroutes et raffineries. « À toutes les étapes de leur cycle, les plastiques sont un danger pour la santé humaine et celle des écosystèmes, rappelle Christelle Gramaglia, sociologue de l’Inrae. Rejointe par le biogéochimiste Sylvain Rigaud : « les microplastiques se retrouvent dans nos poumons, le sang, passent les membranes amniotiques ». Ce sont les innombrables additifs qu’on y ajoute, renchérit Florence Joly, référente en Santé-Environnement chez Médecins du Monde, qui sont particulièrement toxiques. Des pollutions cancérigènes et perturbateurs endocriniens sont présents massivement dans les environs. « Devant LyonDellBasell, nous avons relevé entre 10 000 et un million de particules de PVC par kg de sédiments secs », précise Sylvain Rigaud. « Eh bien, est-ce qu’on peut se réjouir ? Ça nous aura évité des afflux de touristes », rit jaune une participante.

GAËLLE CLOAREC


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Rencontres d’Averroès : Trinités pour des Rencontres

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Dessin de David Prudhomme, extrait de sa bande dessinée Rébétissa © David Prudhomme / Futuropolis

Il n’y aura qu’un seul grand entretien, mais avec Souleymane Bachir Diagne, philosophe essentiel à la pensée contemporaine d’un universalisme désoccidentalisé [Lire ici]. Un débat préliminaire le 20 novembre sur le parler marseillais réunira le sociologue Médéric Gasquet-Cyrus et la réalisatrice Prïncia Car.

Neuf à tables

Mais pour cette édition, la Méditerranée veut « prendre langue », ce qui ne se fait jamais mieux qu’en conversant à plusieurs ! Les trois tables rondes réuniront chacune trois participants pour converser, négocier puis traduire.

Converser, conçu comme un préambule à la relation, n’en est-il pas plutôt l’aboutissement ? Le 21 novembre à 14h30 la philosophe Gloria Orrigi qui travaille sur les nouvelles technologies et leur fabrique de la rumeur (La vérité est une question politique, 2024, Albin Michel), conversera avec l’helléniste Pierre Chiron, spécialiste de l’art rhétorique (Manuel de Rhétorique, Comment faire de l’élève un citoyen, 2018, Les Belles Lettres) et Laëtitia Bucaille, sociologue arabophone spécialiste de la sortie de conflits [Lire ici].

Le 22 novembre à 14h30, il s’agira de Négocier. Un autre usage de la langue, qui ne consiste pas seulement à prendre contact, mais à obtenir des conciliations, sans compromission, en usant d’une langue rassurante qui habille de coton les rapports de force : la diplomatie est un art pour Stéphanie David directrice et représentante à l’ONU de la Fédération Internationale pour les Droits Humains (FIDH) et spécialiste de la Libye, la Palestine et la Tunisie ; pour Julien Vaïsse, historien fondateur du Forum de Paris sur la paix et spécialiste de la politique étrangère américaine ; et Yves Saint-Geours, diplomate, ambassadeur de France, spécialiste de l’Amérique latine et observateur du « nouvel ordre mondial ».

Après les négociations, il s’agit de Traduire, de s’élever contre le châtiment de Babel, de considérer que la pluralité des langues et des cultures est notre plus grande richesse ; un combat que Barbara Cassin, philologue, mène depuis sa connaissance de la Grèce antique, en allant  jusqu’à La Guerre des mots de Trump et Poutine [voir page suivante]. Elle discutera avec Richard Jacquemond, traducteur de littérature arabe moderne, et avec Cécile Canut, sociologue des langues minorisées : celles des Roms, des Maliens, des migrants dans leur pays d’accueil (Provincialiser la langue, langage et colonialisme, 2021, Editions Amsterdam).

Trois récits pas magistraux

Les nouvelles rencontres proposent aussi de nouveaux formats, des masterclass qui mettent en rapport direct l’intervenant·e et le public. Il ne s’agit pas de cours magistraux, mais de récits d’expérience qui se sont, l’an dernier, révélés passionnants.

Monia Ben Jemia ouvrira le seul·e en scène. Le 21 novembre à 17 h. La juriste, militante tunisienne, lutte contre les VSS en Tunisie et défend l’idée que la société civile, les défendeurs des droits, les ONG, sont les gardiens et les garants de la démocratie. Nabil Wakim mènera la masterclass du 22 novembre à 11h [voir page suivante] et Hervé Le Tellier, l’écrivain, président de l’Oulipo, raconter son match d’écriture contre l’IA… et s’interrogera sur ce nouvel interlocuteur le 23 novembre à 14h30.

Trio en soirées

Aux Rencontres d’Averroès, la programmation musicale n’est jamais un simple ornement : elle répond aux débats du jour, prolonge les questions de langue, de mémoire et de circulation des cultures par d’autres voies : celles du rythme, du chant et des corps. Cette année encore, trois soirées composent un triptyque où se déclinent les voix d’une Méditerranée plurielle, indocile et toujours en mouvement. Trois soirées pour faire entendre la Méditerranée.

La première, le 20 novembre à 19 h à l’Espace Julien, interroge : « Comment tu parles ? », avant de faire danser. Après un débat sur le parler marseillais – ce laboratoire vivant où se mêlent héritages, inventions et glissements – la scène se transforme en caisse de résonance avec Temenik Electric, dont le rock arabe incandescent épousera les pulsations de la ville-monde à partir de 21 h. Une manière de rappeler que Marseille s’écoute autant qu’elle se raconte.

Le 22 novembre, à 21 h à La Criée, place au concert dessiné Rébétissa. Dans un dialogue rare entre l’encre et la voix, les dessins de David Prudhomme redonnent souffle aux chanteuses de rébétiko que la dictature de Metaxás tenta de réduire au silence. Autour de lui, les musiciens Aggelos Aggelou et Maria Simoglou font vibrer ce blues grec, musique d’exil et de brasier intérieur. 

Enfin, le 23 novembre, toujours à La Criée et à 17 h, la lecture musicale Et la terre se transmet comme la langue offre un moment de recueillement ardent. La voix d’Elias Sanbar, complice et traducteur de Mahmoud Darwich, se mêle à celle de la soprano Dominique Devals, sur une composition ample et lumineuse de Franck Tortiller. Ensemble, ils tissent une traversée où la poésie palestinienne devient souffle commun, portée par le saxophone, la guitare et les percussions. 

Trois soirées, donc, pour dire autrement ce que les Rencontres n’ont cessé d’explorer : que penser la Méditerranée, c’est aussi l’écouter.

SUZANNE CANESSA

Juniors en peau de chagrin
Le dispositif Averroes Junior avait pris au fil des années une importance capitale pour de nombreux établissements scolaires et des centaines d’élèves de la région. Il sera très réduit cette année. Les financements spécifiques des collectivités se sont arrêtés ces dernières années puisque le Pass Culture avait pris le relais… Mais en 2025 la part collective de ce Pass controversé est passée brutalement de 25€ par élève à 2€50, réduisant comme peau de chagrin démarche essentielle d’éducation artistique et culturelle.
Cette année, Les Nouvelles Rencontres d’Averroès ne peuvent offrir qu’à trois classes de primaires, une de lycée et une de collège, pour certains en option arabe, d’échanger autour de la traduction et d’un karaoké plurilingue, le 18 novembre. Dans un monde aussi fragmenté et fragile, et une académie qui compte plus de 535 000 élèves, ce n’est pas même la part du colibri…  S.Ca

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Souleymane Bachir Diagne : Réinventer l’universalisme contre la fragmentation du monde

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Souleymane Bachir Diagne © Charlotte Force

Son travail sur la traduction, le dialogue interculturel et  la philosophie islamique, est reconnu comme une réflexion fondamentale sur l’universalisme et la pensée plurielle entre Afrique et Occident. Ses dernières publications s’intitulent d’ailleurs Universaliser (2024) et Les universels du Louvre, paru en novembre 2025 

Diasporik. Les Nouvelles Rencontres d’Averroès vous invitent à un grand entretien sur le thème « Prendre langue, se parler ». Cette thématique se décline dans une programmation articulée autour de trois verbes : converser, négocier, traduire. Dans quel ordre pensez-vous les aborder ?

Souleymane Bachir Diagne : Je commencerai par « traduire ». J’y ai consacré un ouvrage intitulé « De langue à langue. L’hospitalité de la traduction », publié en 2022 chez Albin Michel. La traduction nous offre l’opportunité d’accueillir l’identité de l’Autre en la nôtre, d’ouvrir notre propre identité à celle d’autrui. C’est pourquoi je débute par ce verbe, qui est déjà la possibilité d’une ouverture…

L’expression « de langue à langue » désigne ce processus philosophique par lequel la pensée s’inscrit comme un mouvement constant de traduction et de dialogue entre diverses langues et cultures. Un processus qui permet le décentrement et l’accueil de l’Autre, en somme, en cultivant la capacité de voir le monde depuis plusieurs perspectives linguistiques et culturelles,  et instaurant ainsi une posture de traduction perpétuelle. 

Ensuite, je mettrai « négocier », parce que cette ouverture facilite la négociation, c’est-à-dire le moment d’échange d’idées qui fonde la proximité nécessaire à la conversation, que je placerai en troisième position. Une fois la traduction effectuée et la négociation amorcée, la conversation peut alors s’installer pleinement. Il m’a semblé essentiel de mettre en lumière le rôle central de la traduction, quand bien même nos langues portent la marque de nos différences ; ces différences ne doivent pas être perçues comme des « incommensurabilités »…

L’arabe est ainsi une langue d’ouverture à l’universalisation de la pensée philosophique

Dans vos publications, vous décrivez la ligne de crête complexe entre la décolonisation des savoirs et la réinvention d’un universalisme cosmopolitique. Comment tendre vers cet objectif dans un monde si fragmenté ?

Nous restons face à deux défis, poursuivre la décolonisation amorcée d’un universalisme impérial et surplombant et celui d’une réinvention en cours, inclusive de toute l’humanité. Tel que le disait Alioune Diop fondateur de la revue Présence Africaine, en 1947  « Désoccidentaliser pour universaliser tel est notre souhait. Pour universaliser il importe que tous soient présents dans l’œuvre créatrice de l’humanité ». 

Par ailleurs, nous traversons une époque paradoxale, où tous les moyens technologiques de rapprochement semblent à notre portée, incarnant une certaine « conscience horizontale globale », à l’instar de ce que nomme le philosophe Francis Wolff. Pourtant, loin de favoriser l’échange, ces outils s’accompagnent d’une intensification des polarisations. 

Les discours politiques, en Europe comme ailleurs, s’organisent autour de la stigmatisation de l’Autre. La question migratoire nourrit l’essentiel de la rhétorique de certains partis d’extrême droite ou suprémacistes, reléguant les populations migrantes à une forme d’inhumanité. 

Par exemple, aux États-Unis, les archevêques viennent de dénoncer les pratiques d’arrestation et d’expulsion, dans un article du New-York Times, et appellent à un retour au respect de la dignité humaine. Au Sénégal, les appels se multiplient pour un apaisement des débats politiques, tout comme lors des campagnes électorales, qui, à l’image des récentes élections en Tanzanie, ont connu de nombreuses dérives. Les discours politiques qui sont remplis de haine mettent en danger les sociétés et neutralisent la capacité à partager des débats sereins. 

L’universalisme cosmopolitique devrait découler naturellement des défis majeurs auxquels l’humanité est confrontée : le réchauffement climatique, les crises sanitaires telles que la pandémie de Covid, qui imposent une action collective à l’échelle mondiale.

Pourquoi les traditions juives et arabes sont-elles toujours perçues comme moins imprégnées par l’humanisme universaliste, aujourd’hui ?

C’est là une question de perception. La religion musulmane est parfois vue comme un particularisme, alors qu’elle est, tout au contraire, une ouverture vers l’universel. Elle s’adresse à l’humanité en tant qu’humanité. Je n’ai de cesse de rappeler que l’islam est une civilisation de la traduction, comme en témoigne Bayt al-Ḥikma, la « Maison de la Sagesse » évoquée dans les sources arabes médiévales. Ce centre intellectuel fondé à Bagdad sous le règne du calife al-Maʾmūn (813-833) a vu l’émergence de multiples bibliothèques et cercles de traducteurs, qui ont rendu possibles de nombreuses traductions des textes grecs vers le syriaque puis l’arabe, notamment dans les arts et les sciences. Cet héritage illustre combien la langue arabe fut celle de la philosophie, un aspect trop souvent méconnu, y compris chez les musulmans.

L’arabe est ainsi une langue d’ouverture à l’universalisation de la pensée philosophique. L’islam, au même titre que le christianisme, est une religion universelle : elle s’adresse à l’humanité et non à un peuple particulier. Enfin, il faut souligner qu’Averroès, Maïmonide et Avicenne, trois figures essentielles de la philosophie médiévale, incarnent cette articulation décisive entre pensée rationnelle et traditions. Tous trois issus du monde arabo-musulman et juif, ils ont puisé dans les textes antiques en cherchant à concilier foi et raison.

Il est important de rappeler combien le monde islamique s’est ouvert à la philosophie, et il faut saluer que Les Nouvelles Rencontres d’Averroès participent activement à créer des espaces où cette dimension universelle et d’ouverture peut s’exprimer pleinement.

Samia Chabani

Grand entretien 
Les langues de Souleymane Bachir Diagne
le 22 novembre à 18h
La Criée 
Entrée libre, réservation conseillée

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Nos articles Diasporik, conçus en collaboration avec l’association Ancrages sont également disponible en intégralité sur leur site

Rencontres d’Averroès : Peut-on encore parler à Gaza ? 

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Laetitia Bucaille © X-DR

Gaza, quel avenir ? vient de sortir chez Stock. Lætitia Bucaille débute par un avant-propos très personnel qui situe sa parole : celle d’une sociologue française arabophone qui a vécu dans des camps, en Cisjordanie, à Gaza ville, a enquêté sur le Fatah et le Hamas depuis les années 90, a appris l’hébreu puis y a renoncé durant l’Intifada-al-Aqsa (2000). 

Après ce préambule où elle se met en scène avec sa fille le 7 octobre, elle entre dans le sujet, et s’efface : la question de l’avenir de Gaza doit être posée, en écartant un à un les plans délirants d’éradication d’un ou de l’autre peuple, et sans occulter la violence, les morts, les viols, les impasses dont il va falloir sortir malgré la solidité des murs.

Car nécessité est claire de « prendre langue ». Avec le Hamas, clairement terroriste, ayant commis le 7-octobre un acte d’une barbarie sans nom plus traumatique encore que le 11-septembre à New York ou le 13-novembre à Paris. Avec le gouvernement génocidaire d’Israël. Avec les colons et leurs victimes. Avec les états voisins et leurs réfugiés candidats au retour. Entre le Fatah et le Hamas, peut-être par l’entremise d’une personnalité comme Marwan Barghouti.

Le cheminement de l’essai est clair, historique, thématique. L’autrice montre comment les accords d’Oslo ont été trahis par la droite israélienne et ont affaibli le Fatah, discréditant l’Autorité palestinienne et permettant au Hamas de prendre le pouvoir à Gaza. Elle étudie la Cisjordanie et explicite la scission de l’Autorité palestinienne. Et elle cite des enquêtes précises qui recensent une conviction partagée : 64 % des Israéliens pensent que les Gazaouis veulent tous, comme le Hamas, la disparition d’Israël.

Les peuples doivent vivre

Lætitia Bucaille documente peu « les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité » que commet Israël à Gaza, pourtant à l’origine de son livre et de sa réflexion, objets d’un court chapitre où l’emploi du terme de génocide est sans ambiguïté. Car il ne s’agit pas de dénoncer, de reconnaître, même si elle appelle à la mise en place d’une justice transitionnelle pour punir les crimes. 

Fondamentalement, la politologue cherche à comprendre comment les idées de l’extrême-droite israélienne suprémaciste sont parvenues au pouvoir, alors qu’elle est minoritaire dans le pays et plus encore dans la diaspora internationale dont le soutien est indispensable. Elle esquisse des hypothèses, solides et multiples, propose des voies à emprunter, rappelle que les peuples gazaouis, cisjordaniens et israéliens peuvent reprendre le pouvoir, et doivent, en tout état de cause, se parler. 

L’enjeu n’est pas local, et il n’y a pas d’autre solution que de sortir du conflit. Lætitia Bucaille  nomme le piège tendu par les extrêmes droites européennes dans leur soutien inconditionnel  à Israël depuis le 7-octobre. Giorgia Meloni, Marine Le Pen, Viktor Orbán, alors que leurs partis sont les héritiers directs du fascisme, du nazisme et de la Shoah, se posent aujourd’hui en paradoxaux remparts  contre l’antisémitisme des immigrés, des musulmans. Sans illusion, elle rappelle que dans leur « obsession »  anti-arabes, « les Juifs ne sont que des alliés provisoires ». 

Elle conclut en disant qu’il s’agit, en Israël et partout « de retrouver comme boussole commune l’impératif moral universel plus jamais ça ». Les solutions doivent exister, ou l’avenir n’a plus de nom.

Agnès freschel

Laetitia Bucaille sera présente à la première table ronde, « Prendre langue, Converser » le 21 novembre à 14h30

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Écouter les enfants

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Montessori © Guillaume Castelot Châteauvallon-Liberté scène nationale

Le spectacle, intime, commence comme un conte horrifique : Chronos dévorant ses enfants parce qu’il a peur d’être remplacé. Que nous dit ce mythe fondateur de notre relation aux enfants ? 

Maria Montessori est une figure encore controversée. Parce que comme Rousseau, elle percevait les enfants comme des êtres venus d’un ailleurs naturellement bon, et qu’il suffisait de les laisser être pour qu’ils grandissent. Et ceci au moment où Freud, son contemporain, psychiatre comme elle, inventait la psychanalyse. Mais aussi parce qu’elle a été soutenue, puis censurée, par Mussolini. Et qu’elle a abandonné, puis retrouvé, son fils Mario, devenu l’héritier et le passeur de sa « méthode ». 

Expérimentation généreuse

Dans Montessori, Bérengère Warluzel a l’intelligence de n’occulter aucune de ces failles, mais de les contextualiser, de les incarner avec hésitation, d’avancer dans l’espace scénique avec peu de certitudes. Première femme médecin italienne au début du XXe siècle, dans un pays où les mères célibataires ne peuvent pas travailler, elle met au point sa méthode pour éduquer les « attardés », puis les pauvres des bidonvilles de Rome. L’idée, dans un contexte où les bébés étaient emmaillotés et les enfants contraints au silence et à l’immobilité, était de les laisser jouer, de faire place à leurs corps et à leur désir d’apprendre. 

La méthode Montessori a largement influencé l’éducation concrète et permis de considérer les enfants comme des personnes et non des êtres en devenir à dresser et redresser. Le seule en scène de Bérangère Warluzel se fonde sur ses écrits, son journal, sa vie, pour donner à voir une femme qui tâtonne, se réjouit de découvrir la soif d’apprendre spontanée des enfants. Elle se bat, en coulisses, sur le terrain, contre une société réactionnaire et pas même paternaliste, puisqu’elle tue les élans de ses enfants récalcitrants. La mise en scène de Charles Berling la place très joliment à hauteur d’enfants, penchée parmi des objets simples et colorés, unis, qui sont aujourd’hui dans toutes les crèches et écoles du monde. Montessori a gagné !

AGNÈS FRESCHEL

Montessori a été recréé le 12 novembre au studio du Baou à Châteauvallon.
À venir
19 et 20 novembre
Châteauvallon, Ollioules
Scène Nationale Châteauvallon-Liberté
« Soif d’apprendre », une table-ronde
« Quelles alternatives pour transmettre la soif d’apprendre ? » Autour d’une table ronde, Michel Ferrandi, professeur de philosophie, Nadia Hamidi, présidente des écoles Montessori, et Sylvain Wagnon, historien et professeur en sciences de l’éducation, explorent les pistes offertes par l’éducation nationale et les pédagogies alternatives pour permettre aux plus jeunes de prendre plaisir à apprendre. De Montessori à Freinet, en passant par l’instruction à domicile et les écoles éco-citoyennes, les invités mettent en lumière les enjeux auxquels cette nouvelle génération est confrontée. Entre intelligence artificielle et innovations pédagogiques, les invité·es entendent réfléchir à la manière de maintenir une «culture commune curieuse » et montrer que ces questions concernent l’apprentissage à tous les âges de la vie. C.L.

20 novembre
Châteauvallon, Ollioules 
Scène nationale Châteauvallon-Liberté 

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