mercredi 13 mai 2026
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Poète en cavale

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Poète en cavale © Karine Music

Traqué pour ses mots, Hadad, poète et chanteur dissident, est en cavale après s’être évadé d’un théâtre où il « était assigné à représentation ». Kaddour Hadadi, plus connu sous le nom de HK, incarne ce personnage en fuite, tandis que Claire Bernardot, à l’accordéon, l’accompagne et chante. La musique, populaire et familiale, occupe une place centrale et vient ponctuer le récit. Entre jeu et invocation de l’histoire, le poète convoque Brassens, Brel, Apollinaire, Rimbaud, Hugo ou encore Aimé Césaire. Le spectacle s’amuse d’une situation dramatique et met en garde sur l’émergence progressive et insidieuse d’une police des mœurs artistiques. Écrite par Kaddour Hadadi, la création théâtro-musicale porte une ode à « l’irrévérence, à la liberté d’expression et au vivre-ensemble ».

C.L.
30 janvier
Théâtre de l’Œuvre, Marseille

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Instabile

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© Cie Les Hommes de Mains

La vie va vite, parfois trop vite. Pris dans l’élan du temps qui file et s’accélère, Instabile questionne la vitesse à travers une « double lecture acrobatique » : un solo interprété par le metteur en scène et circassien Joris Frigerio, suivi d’un duo de mains à mains porté par Magdalena Hidalgo et Nicolas Moreno. Sur scène, un plateau roulant géant accompagne les artistes, créant une impression de mouvement permanent et obligeant les corps à s’adapter sans cesse. Le spectacle explore la lutte solitaire mais aussi le rapport à l’autre, lorsque tout semble aller trop vite. Mêlant cirque et chorégraphie, la compagnie Les Hommes de Mains interroge notre rapport collectif au temps. Doit-on forcément suivre la cadence générale? Et si l’on faisait l’éloge de la lenteur…

C.L.
30 et 31 janvier
Le Pôle
,La-Seyne-sur-Mer

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Leno

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Leno © X-DR

C’est l’un de ces duos que le jazz attendait. Deux amis dont les patrimoines métissés s’agrègent dans des cyclones sensoriels issus de leur maestria sur leurs instruments respectifs. Entre le piano aux réminiscences latines furtives de Leonardo Montana et la batterie aux contours gwo-ka d’Arnaud Dolmen, c’est un manifeste de la créolisation empli de vibrations alizéennes qui est donné à écouter avec jubilation. Le pianiste, parisien d’adoption, né en Bolivie, est tombé dans le chaudron des pulsations guadeloupéennes durant son adolescence et saisit la moindre nuance de jeu du batteur, quand celui-ci saisit les invitations du premier à emprunter des chemins de traverse, déployant des trésors de musicalité sur une simple jazzette (le plus petit des sets de batterie).

29 janvier

Le Petit Duc, Aix-en-Provence

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Luz Casal

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Luz_Casal © Felix Valiente

C’est en 1991 que Pedro Almodóvarfait découvrir, avec l’inoubliable bande originale de Talons Aiguilles, la voix et l’univers de Luz Casal. Piensa en mi, ballade amoureuse mélancolique, ou encore Un año di amor, reprise en espagnol d’une face B de Nino Ferrer, installent durablement l’artiste sur la scène européenne et internationale. À la croisée du répertoire lyrique, des musiques traditionnelles espagnoles – guitares flamenca à l’appui – mais aussi d’une certaine idée de la musique française – Henri Salvador, Marie Laforêt, Dalida – la chanteuse célèbre dans sa nouvelle tournée des figures féminines fortes :

Dalida, donc, mais également Miriam Makeba, Barbra Streisand ou encore Fayrouz.

30 Janvier

Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence

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Sanseverino

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© Alice Dalongeville

Sanseverino, 12 albums au compteur, parcourt depuis plus de 30 ans aussi bien les scènes intimistes des clubs que les grandes salles et festivals, avec un répertoire qui traverse les époques et les genres : swing manouche, rock, blues, tango et musiques tziganes. Auteur-compositeur-interprète, chanteur et guitariste virtuose, au jeu inspiré de Django Reinhardt, il conjugue sa musique vivante et inventive avec des textes souvent ironiques et remplis d’humour. Un artiste, comédien à l’origine, qui est en concert autant conteur que musicien. Entre les morceaux, il parle beaucoup, improvise, digresse, ironise sur l’actualité, la société, le quotidien. Ce qui ne devrait pas manquer de se produire pour ce concert au Théâtre des Calanques, imaginé en version intimiste, où il revisitera ses propres compositions.

M.V.
31 janvier
Théâtre des Calanques, Marseille

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Les Dessay, Naouri à Broadway

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© Mathieu Foucher

La famille Dessay est constituée de Natalie, soprano française internationalement connue, Laurent, son mari, baryton-basse, figure importante du chant lyrique français, Neïma, leur fille, chanteuse au timbre jazzy, engagée dans diverses productions musicales, et Tom leur fils, chanteur et musicien. Ensemble, ils ont décidé de célébrer le répertoire des comédies musicales américaines issues du mythique théâtre de Broadway. Au programme, des standards de George Gershwin et Irving Berlin et des œuvres de Leonard Bernstein et Stephen Sondheim, le tout sous la direction musicale et au piano d’Yvan Cassar, accompagné de Benoît Dunoyer de Ségonzac à la contrebasse et Nicolas Montazaud aux percussions.

M.V.
28 janvier
Théâtre de l’Odéon, Marseille

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Chanter l’Auvergne

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Collectif La Crue © Ge ro me Blanchard

Sept musiciennes, sept parcours différents, un projet commun : faire résonner l’Auvergne autrement. Réunies au sein du collectif La Crue, Clémence Cognet, Marthe Tourret, Lisà Langlois-Garrigue, Mathilde Spini, Elisa Trébouville, Noëllie Nioulou et Anaëlle Marsollier ont mené l’enquête dans le patrimoine musical de la région pour en extraire matière à création. Sur commande des compositrices Marie Nachury et Perrine Bourrel, elles assemblent violons, cabrette, boha, viole de gambe, banjo, çumbus, fifres, contrebasse et électronique. Leurs sept voix complètent l’attirail. Et voilà Nuées. Du baroque au trad, du contemporain aux musiques du monde, leurs bagages respectifs, ce qu’elles trimballent, se mélangent avec ce qu’elles ont collecté ici. Une belle énergie collective.

A.-M.T.
30 janvier 
Cité de la musique, Marseille

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Deux pianos, mille sortilèges

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© Antoine Terrieux

Avec Sorcellerie pour deux pianos, le Duo Jatekok convie le public à un concert envoûtant où la musique dialogue avec la magie et les ombres. Naïri Badal et Adélaïde Panage, complices de longue date, déploient à deux instruments un répertoire habité par le mystère, de Debussy à Stravinsky, en passant par Dukas, Moussorgski ou de Falla. Derrière un rideau mouvant de fils noirs, l’ombromane Philippe Beau et le magicien Antoine Terrieux font surgir silhouettes inquiétantes, lévitations et illusions troublantes. Jamais décorative, la magie prolonge l’écoute et souligne la puissance expressive des œuvres, jusqu’au sabbat final de L’Apprenti sorcier ou du Sacre du printemps. Un spectacle hypnotique, poétique et accessible, qui stimule l’imaginaire des petits comme des grands.

 A.-M.T.
3 février
Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence

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Entrez, dans La librairie du vendredi

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Sawako Natori © X-DR

L’histoire débute avec Fumiya, un jeune étudiant tokyoïte en quête de repères, qui entend parler d’une rumeur étrange : quelque part dans la petite gare de Nohara existerait une librairie où chacun peut trouver exactement le livre dont il a besoin. Pour Fumiya, l’enjeu est particulier. Il cherche désespérément à retrouver un ouvrage prêté par son père, qu’il a égaré et que ce dernier lui réclame avec insistance. Intrigué et un brin désespéré, il quitte Tokyo. Et si la rumeur disait vrai ?

Un lieu magique

Dans cette librairie du vendredi nichée au cœur de la gare, Fumiya découvre bien plus qu’une simple boutique. Il y rencontre trois personnages aussi attachants qu’excentriques : Makino, la patronne rayonnante et fantasque dont la douceur apaise instantanément les visiteurs ; Waku, le propriétaire perpétuellement grognon qui cache sous son air revêche une vraie tendresse et une érudition pour les livres et Sugawa, le mystérieux et séduisant libraire aux yeux bleus, taciturne mais d’une perspicacité troublante.

Ce qui fait le charme fou de cette librairie, ce n’est pas seulement son catalogue. C’est son atmosphère unique, onirique. On y trouve un salon de thé où l’on sert de réconfortants mochi (pâtisserie préparée en pilant du riz gluant cuit à la vapeur jusqu’à obtenir une pâte très élastique et collante) mais aussi, de façon plus étrange, les plats évoqués dans les romans que l’on emprunte. Comme si la frontière entre fiction et réalité s’estompait entre ces murs. Et puis il y a ce sous-sol mystérieux et immense, aménagé dans une ancienne rame de métro désaffectée, véritable caverne d’Ali Baba littéraire où semblent dormir tous les livres du monde.

Livres guérisseurs

Mais au-delà du cadre fantastique, c’est la philosophie du roman qui touche. Chaque chapitre se concentre sur un livre différent et tisse des parallèles entre l’histoire racontée et la vie des clients qui franchissent le seuil de la librairie. Sawako Natori explore, sans avoir l’air d’y toucher, combien les livres peuvent consoler nos âmes, nous apporter un soutien réel dans les moments difficiles, du courage face à l’adversité, et faire évoluer notre regard sur le monde.

On croise au détour des rayons les auteurs fétiches de l’écrivaine : Haruki Murakami, Raymond Chandler et Raymond Queneau. Car Sawako Natori, née à Kobe et diplômée en littérature française de l’université Meiji, est une francophile passionnée. Après avoir débuté comme scénariste de jeux vidéo, elle s’est consacrée à l’écriture de fiction, portée par son amour des livres et de ceux qui les font vivre, ces passeurs de mots qui enrichissent et enchantent nos vies. Un printemps au goût de mochi est 1er volume de la série La Librairie du Vendredi qui en compte quatre. Les suivants seront eux aussi publiés par Le bruit du monde. On a hâte.

 La Librairie du vendredi - Tome 1 : Un printemps au goût de mochi
De Sawako Natori
Traduit du japonais par Jean-Baptiste Flamin
Le bruit du monde - 19,90 €

Un conte à cœur perdu

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Valentina © Jean-Louis Fernandez

En France, on estime que la barrière de la langue est la principale limite à l’accès au soin pour environ un patient sur cinq. C’est le cas de la maman de la très jeune protagoniste de la dernière création de Caroline Guiela Nguyen, Valentina.

La pièce commence comme un conte fantastique, narré en voix off. L’histoire que vous allons découvrir, nous dit-elle, est celle d’un cœur humain « qui ne meurt pas », exposé sous un dôme de verre, dans une forêt roumaine. Le cœur est exposé dans une sorte d’autel nichée dans le décor, filmé en gros plan par un cameraman au plateau.

On rencontre la famille de la petite Valentina (incroyable Cara Parvu, 9 ans) dont la maman a le cœur très malade. Pour tenter d’être soignée, elle déménage en France avec sa fille de 7 ans. Elle lui fait promettre de ne parler de sa maladie à personne, sans que l’on ne sache ce qui motive cette décision.

Les comédien·nes ne quittent jamais le plateau, et modifient subtilement le décor pour signifier les différents espaces qu’ils occupent. La vidéo, filmée en live et projetée sans discontinuer, donne à voir le visage des comédien·nes de près. Ce dispositif participe de la fluidité du récit, comme si on tournait les pages d’un livre.

Mentir en Français

On suit le parcours parallèle de Valentina et sa mère, l’une à l’école, l’autre à l’hôpital. Valentina apprend rapidement le français, ce n’est pas le cas de sa mère qui ne parvient pas à communiquer avec sa médecin. Pour traduire, elle a recours à des sites de traduction ou à une amie jointe par téléphone, ce qui ne manque pas de créer des situations absurdes à l’humour bienvenu. Alors que son état s’aggrave, elle finit par amener sa fille pour faire l’interprète.

La petite apprend à dire « fibrose » et « service de cardiologie ambulatoire », et est de plus souvent absente de l’école sous de faux prétextes. Voulant protéger le secret de sa mère, elle multiplie les mensonges et s’y enfonce.

Pris dans le rythme du récit, on oublie la caractère fantastique de la pièce, bien que le cœur figé dans son écrin de verre demeure devant nos yeux. Le fin inattendue nous rappelle qu’il s’agit d’un conte moral… à la morale complexe et profondément touchante.

CHLOÉ MACAIRE

Valentina a été donné les 20 et 21 janvier à La Garance, scène nationale de Cavaillon.

À venir
L’Inouïe Nuit

Ces derniers jours de janvier, une grande yourte fait son apparition dans le patio de La Garance. À l’intérieur, c’est la nuit, le théâtre des rêves. Assis dans cet espace circulaire, au plus près des actrices, le jeune public (à partir de 6 ans) y rencontre la petite Moune, qui a peur de s’endormir, et sa grande sœur qui tente de la rassurer.

Dans L’Inouïe Nuit de Moune, la metteuse en scène Alexandra Tobelaim plonge ses petit·es spectateur·ices dans les rêves de Moune. L’espace se transforme au gré du récit, et le public est invité à explorer ce monde onirique et polyglotte (le texte, commandé à l’autrice Karin Serres, est en plusieurs langues). Une jolie manière de créer du commun et de rappeler que nous sommes tous égaux face aux rêves.
C.M.

Du 28 au 31 janvier

La Garance, scène nationale de Cavaillon

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