dimanche 30 novembre 2025
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[FID MARSEILLE] : ALARM NOTES, des chants d’outre-tombe

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Qu’il y a-t-il de commun entre l’incendie du Reichstag en 1933 et l’enregistrement du chant des oiseaux sauvages dans les non moins sauvages îles britanniques ? Et bien Anthea Kennedy et Ian Wiblin nous l’apprennent par un film passionnant, historique, poétique,  familial. C’est l’histoire d’un Juif allemand, méconnu des profanes, mélomane, chanteur d’opéra, pionnier de la prise de son, inventeur du livre sonore : Ludwig Koch. La co-réalisatrice en est la petite fille. Elle hérite de ses enregistrements et se sent obligée d’en faire « quelque chose ». De rendre compte de l’extraordinaire destin d’exilé de ce « non-arien ». En 1928, il vit à Berlin avec sa femme et ses enfants. Travaille dans l’entreprise de gramophones Carl Lindström. Il est à la tête d’une branche culturelle de cette industrie, et continue à recueillir les sons animaux et humains.

Dans la nuit du 27 au 28 février, un incendie criminel ravage le siège du Parlement. Les Nazis accusent les Communistes et finissent de brûler la démocratie par des milliers d’arrestations arbitraires et de jugements partisans. Kock louait une chambre de sa maison à un certain Monsieur Steiner qui se trouve être Geogi Dimitrov, cadre du Komintern accusé de complicité dans l’incendie. Kock, sa famille, seront interrogés par la commission d’enquête créée à l’occasion. Puis incriminés, contraints à l’exil après une tentative de suicide.

La première partie du film va raconter avec précision l’enchaînement des événements, l’investigation policière et la mécanique de la terreur mise en place par le régime d’Hitler. Un récit en voix off à la deuxième personne tandis qu’à l’écran apparaissent les lieux parfois disparus de cette histoire, cartographiée dans un Berlin ou un Leipzig, contemporains. S’afficheront aussi les reproductions des dépositions dactylographiées, des photos en noir et blanc, des objets retrouvés dans les musées. Reconstitution chronologique des faits, rythmée par les enregistrements de Kock, animaux, bruits urbains. Le passé hors champ se tient tout entier dans la voix narrative et le son.

L’exil anglais

La deuxième partie sera anglaise, toute de paysages et de cris d’oiseaux. Koch s’est réfugié à Londres où il travaille pour la BBC. Aux documents de police se substituent les pages manuscrites aux caractères déliés, aériens, de l’ornithologue-preneur de son. La narratrice poursuit son récit sur le même mode, évoque le camp où se retrouvent les apatrides après la déclaration de guerre, les difficultés de son grand père pour travailler et sa passion opiniâtre qui lui fait transporter sur des kilomètres de lochs, de landes et de forêt, un matériel lourd et volumineux. Peu à peu, la nature prend toute l’image. La présence humaine s’efface. Une foule de cygnes blancs au long cou coudé, bec orangé et masque noir, envahit l’écran. On traque le cri d’un héron, d’un courlis et on entend la naissance d’un Chevalier aboyeur. Ces oiseaux seront très équitablement cités au générique de fin comme des acteurs. Car on n’est pas dans un documentaire animalier. Loin s’en faut. Les animaux enregistrés par Koch sont morts depuis longtemps, comme lui. Ils sont ceux qu’on entend mais pas ceux qu’on voit. Par son montage savant et son subtil traitement des archives visuelles et sonores, le film rend présente l’absence, donne vie aux fantômes. Ce qui est sans doute une des missions du cinéma.

ELISE PADOVANI

Le  FID MARSEILLE 36 : du 8 au 13 juillet 2025.

[FID] Don’t take it personnaly

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Une femme en noir qui danse, un écran blanc, un écran noir, servent de prologue à un film en deux parties. . Une partition visuelle qui prend tout son sens avec le deuxième mouvement, une performance mêlant musique et danse. Oiseaux morts, ailes blanches tachées de sang, gibier tué, détails de tableaux de l’âge d’or néerlandais, revenant en boucle rythmée,  se mêlant à des dentelles, soulignant la violence cachée de l’époque et dévoilant le crime : des animaux qui dévorent leur propre race.

 Le deuxième mouvement, en de longs plans séquences, donne à voir la performance de deux musiciens croates à la chevelure rouge, Alen et Nenad Sinkauz et d’une danseuse néerlando-indonésienne Marije Nie , toute de noir vêtue. Ses pieds aux chaussures rouges martèlent le sol au rythme de la musique. Marije Nie dit, crie des paroles fortes, inspirées par les textes  de l’écrivaine Dubravka Ugrešić, qui dépeignent  les comportements individuels et collectifs quand la société s’effondre. Le corps de la danseuse devient la voix de la révolte et de la dénonciation du système capitaliste, nous happant, nous faisant entrer dans son rythme. Une performance fascinante que la directrice de la photographie, Fiona Braillon a brillamment captée.

Un film étonnant, une vraie expérience sonore et visuelle que nous offre Jelena Juresa, artiste plasticienne et cinéaste

Annie Gava

La marche de tous les possibles

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© Thibaut Carceller

Un certain Lilian accueille les bénévoles sur l’esplanade du J4 à Marseille, face à la mer et aux chants des gabians, deux convois à l’allure bien rodée font poids lourds. Ce samedi 5 juillet, se prépare comme chaque année la marche des fiertés, qui va animer toute la journée le centre ville, dans un esprit de fête et de paix. Le soleil tape déjà bien fort sur la cité phocéenne, quelques dizaines de personnes sont sur le pied de guerre, et la fête semble émerger peu à peu. Banderoles, drapeaux et basses, l’artillerie se déploie pour laisser place à un club à ciel ouvert. Il fait de plus en plus chaud, une main qui essuie les gouttes de sueur et l’autre qui accroche la dernière banderole avec frénésie.

Il est 16h, le cortège s’élance depuis le palais Longchamp, quelques coups de klaxon pour signifier sa présence, le camion en tête de file ouvre la marche. Les drag queens saluent la foule, et les bénévoles, armés de pistolets à eau, tentent comme ils le peuvent de rafraîchir les participants. Puis le cortège descend le boulevard de la Libération, une étape incontournable de la Pride marseillaise. La musique à fond, quelques têtes surgissent des fenêtres l’air étonné, une chose est sûre, la parade ne passe pas inaperçue.

Quelques centaines de mètres avant d’atteindre le cours Belsunce, la playlist déraille, les quelque 40 000 participants se retrouvent dans la spirale des hits latino, la foule est en transe, inarrêtable et plus déterminée que jamais à faire trembler la ville. Le volume se tasse, comme la tradition le veut, une minute de silence s’impose pour rendre hommage à toutes celles et ceux qui ont combattu et qui sont tombés pour leur liberté

Drapeaux lesbiens, gays, transgenres ou pansexuels à la main, la déambulation reprend encore plus bruyante et fracassante. Le soleil tape, il est temps de gâter les friands des sons des années 2010, Katy Perry, Beyonce ou encore Nicki Minaj, tous passent sous les platines du DJ. Après plus de 3h de marche, le cortège s’arrête devant la mairie, Titanium de Sia et David Guetta se lance pour clôturer cette 32e marche des fiertés. Plus que jamais solidaire avec les communautés LGBTQIA+ voisines mises sous silence – dont la Hongrie où la Pride a été interdite cette année mais dont plus de 180 000 manifestants ont défilé malgré les sanctions annoncées par Viktor Orbán. À Marseille comme ailleurs, l’amour triomphe toujours.

THIBAUT CARCELLER

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Sham3dan L’éloge de la lenteur

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Sham3dan
©Salma Olama

Une entrée calme, un pas souple sur une musique enveloppante. Des chandeliers sur la tête dont les cristaux scintillent sous la lumière du soir. Neuf danseurs aux regards hypnotiques. Tristesse, vide, colère, détermination ou encore désespoir se lisent entre les lignes – ou non-lignes – d’expressions. Nous sommes sur le toit du Mucem, pour la première représentation de la pièce Sham3dan de la compagnire Nasa4Nasa

Noura Seif Hassanein et Salma Abdel Salem s’inspirent directement du shamadan, une danse traditionnelle égyptienne qui se pratiquait lors des mariages comme danse nuptiale. Ici, les deux chorégraphes se réapproprient cette danse et lui insufflent un propos féministe. Si elle est à l’origine frénétique, elle devient dans Sham3dan une tranquille déambulation, aux mouvements lents et concentrés ; une expérience contemplative pour une reconquête du temps, de l’attention et du sens. 

Le pouvoir de se mouvoir

À peine perceptibles, les danseurs se meuvent dans l’espace, seuls leurs pieds ne sont pas statiques. D’abord en complète dissonance puis comme un souffle qui se retrouve, les mouvements deviennent réguliers. À l’unisson, tous tournent dans le même sens, à la même vitesse, parfaitement alignés. Sitôt l’harmonie revenue, elle disparaît à nouveau. La musique parfois pesante, parfois apaisante, rythme les gestes toujours plus lents. Comme une vague, les sons de tambour et les bruits métalliques vont et viennent pour habiller la musique hypnotisante composée par l’artiste Ismail Hosny. Une ambiance et une mélodie qui évoluent au rythme des mouvements.

Un pas lent qui laisse percevoir le poids des chandeliers sur la tête des danseurs, presque comme dans un jeu d’équilibre. Le chandelier plus qu’un simple ornement représente les idées, la réflexion et surtout celle des femmes. Les 40 minutes que dure la représentation semblent être la métaphore d’une société où les gens se rangent et dérangent, des groupes se forment et se déforment – peut-être selon leurs idées. Soudain, deux danseuses sortent de leurs torpeurs pour bouger leurs bras, immobiles jusqu’à présent. Au son d’un tambour frémissant, le corps vibre avant de se briser. 

SAMIA CHABANI ET MÉLYNE HOFFMANN–BRIENZA

Spectacle donné le 28 juin au Mucem, dans le cadre du Festival de Marseille.

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Zik Zac Festival – Carton plein pour Def MaMa Def

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© Thibaut Carceller

Soutenir la musique émergente, c’est une des missions que se donne le Zik Zac Festival depuis ses débuts. Et en 2025, c’était une nouvelle fois le cas du 3 au 5 juillet, avec à l’honneur musique urbaine venue d’horizons différents. Parmi la belle programmation du rendez-vous aixois, les deux chanteuses du groupe Def MaMa Def, nouvelles reines de la scène hip-hop sénégalaise, qui ont électrisé l’amphithéâtre du parc Gilbert-Vilers de leurs tubes suave, et à l’énergie fiévreuse.  

CARCELLER THIBAUT

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Trois jours, trois ambiances 

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© Arnau Macia

Le Festival de Néoules est une institution des musiques du monde depuis sa création en 1991. Toujours organisé par les bénévoles de l’association Châteauloin Chemins Pluriels, la belle équipe a su pendant toutes ses années mêler grands artistes internationaux, et fine fleur locale, pour le bonheur d’un public toujours nombreux. Et ce sera encore le cas en cette édition 2025, puisque le rendez-vous affichait déjà complet bien des semaines avant son ouverture du 17 juillet. 

Le premier jour est dédié à l’électro dub. On y croisera THK, le duo aux basses et skanks affirmés. Leur show live, toujours très immersif, met le public dans l’ambiance avec « deslumières qui envoient du steak » se réjouit David Avril, le programmateur. Il a invité également Dawa Hifi et Root Raid qui présenteront les huit titres créés ensemble l’été passé, entre groovy reggae et dub jamaïcain.

Les minots 

Le vendredi 18 juillet place aux scènes nationale et internationale de reggae. Le groupe californien Groundation entamera les festivités avec son album sorti en mai Candle Burning Ils sont ravis de revenir, puisque leur dernière édition, c’était il y a plus de 10 ans »explique David Avril. Leur succédera Mo’kalamity, chanteuse d’origine capverdienne, passée par la soul, le gospel, le blues et le jazz avant d’arriver au reggae pour le plus grand plaisir du public. Raspigaous sera aussi de la partie. Le groupe de reggae et ska marseillais, créateur du morceau Vitrolles, fera un stop à Néoules pour sa tournée d’adieux qui doit durer un an. 

Le samedi 19 juillet « ça va partir dans tous les sens », car punk et burlesque s’unissent pour finir en beauté le festival. Au programme les Rennais de Tagada Jones mais aussi Didier Super et son groupe Discount ou Maggy Bolle. Citons aussi Festi’minots réservé aux enfants qui proposera animations, spectacles et autres surprises pour les plus jeunes festivaliers.  

LOLA FAORO

Festival de Néoules
Du 17 au 19 juillet
Bastide de Châteauloin, Néoules

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Une citadelle haute de 70 ans 

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© X-DR

Le festival Les Nuits de la Citadelle, un des plus anciens de la région, fête ses 70 sous l’égide de la jeunesse. Entre danse, théâtre et musique, du 18 juillet au 13 août, les rues de Sisteron seront bien occupées. 

La compagnie Junior Ballet de l’Opéra national de Paris entame les festivités le vendredi 18 juillet à 21h30. Créée en 2024, elle réunit 24 danseurs sous la direction de José Martinez, et proposeront « un programme exclusivement sur pointe, conçu pour pouvoir aller partout et être adaptable ». Le ballet dansera par exemple Allegro Brillante de George Balanchine et Requiem for a Rose d’Annabelle Lopez Ochoa. Mi Favorita, création de 2002 du chorégraphe José Martinez pour l’Opéra de Paris servira de bouquet final.

De la danse en ouverture, de la danse aussi en clôture pour cette édition anniversaire : la création Beauséjour de Mourad Merzouki est présentée 13 août, et viendra questionner le corps vieillissant et la recherche de beauté.

Ballades en BWV

En musique, Bach et Vivaldi seront mis à l’honneur le 24 juillet par Nemanja Radulovic au violon dans un concert intitulé Double Sens. Pour sa quatrième fois à Sisteron, le violoniste a choisi les merveilleux concertos BWV 1041 en la mineur, le BWV 1052 en ré mineur et la Sicilienne de Bach, ainsi que les Quatre Saisons du maître italien.

Vient ensuite Paul Lay Trio le vendredi 8 août au cloitre Saint Dominique. Accompagné de Jules Billé à la contrebasse et Donald Kontomanou à la batterie, le concert se baladera entre piano jazz, omprovisations et Jean-Sébastien Bach. Citons aussi l’Orchestre philarmonique de Marseille dirigé par Daniel Kawka, pour une cinquième fois invité au festival, qui fêtera l’Espagne, l’amour et Ennio Morricone ; ou Nathalie Dessay pour interpréter les classiques de Broadway le 29 juillet.

LOLA FAORO

Les Nuits de la Citadelle
Du 18 juillet au 13 août 
Sisteron

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LUMA dans tous ses états 

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luma
KOO JEONG A - ODORAMA CITIES, Korean Pavilion 2024, La Biennale di Venezia, Installation view, Courtesy of Pilar Corrias, London, and PKM Gallery, Seoul, Photo Mark Blower

Après avoir inauguré trois expositions au mois de mai, la fondation d’art contemporain arlésienne a dévoilé le 5 juillet le second volet de sa programmation 2025. La plupart de ces six expositions sont consacrées à des artistes pluridisciplinaires. C’est le cas de LAND OF OUSS (KANGSE) de la coréenne KOO JEONG A. Seule artiste femme représentée parmi ces six expositions, elle propose des œuvres sensorielles. Visuelles bien sûr, comme les sculptures [EVER] [VAST] réalisées in situ, mais aussi sonores et olfactives comme[(KANGSE SpSt] – exposée jusqu’en janvier 2026.

Mais aussi de People Planet Profit, première exposition monographique consacrée à Peter Fischli en France, qui met à l’honneur certaines de ses créations récentes. On y retrouve des sculptures, des installations, mais surtout de la vidéo et de la photo, des œuvres multiples qui assument d’interroger le capitalisme, et en particulier ses formes les plus récentes qui prétendent prendre en compte la question environnementale et le bien-être humain (jusqu’en janvier 2026). 

Ou encore de Je suis les hymnes des nouveaux temples de l’artiste égyptien Wael Shawky. Installée dans La Grande Halle du musée, le dispositif immersif prend pour point de départ la ville ensevelie de Pompéi et allie sons, sculptures et peintures pour interroger la transmission et la perméabilité des cultures (jusqu’au 2 novembre). 

Dans le cadre de « Arles associé » en collaboration avec les Rencontres de la photographie, LUMA expose le travail du photographe David Armstrong, disparu en 2014 et connu pour ses portraits de la jeunesse new-yorkaise des années 1970. L’exposition contraste ces portraits francs et mélancoliques avec des paysages vaporeux, réalisés par Armstrong à la fin des années 1980.

La fondation consacre aussi une exposition à l’architecte paysagiste Bas Smets, qui a conçu le Parc des Ateliers de LUMA Arles. Les Climats du Paysage revient sur plusieurs projets d’architecture paysagère visant à transformer les écosystèmes urbains pour les adapter au changement climatiques, créés au cours des vingt dernières années (jusqu’au 2 novembre). 

LUMA invite l’IA 

Toujours avide de croisements arts-sciences – comme le prouve l’exposition consacrée au mouvement E.A.T. (pour Experments in Art and Technology) inaugurée en mai – propose deux expositions mobilisant l’intelligence artificielle comme matériaux artistique. 

Jour spectral et contes étranges donnent à voir cinq installations multimédias de l’artiste et cinéaste singapourien Ho Tzu Nyen. Les visiteur·euses peuvent y découvrir sa création la plus récente, Phantoms of Endless Day, commandée pour l’occasion par LUMA, pour laquelle il a utilisé l’IA pour créer les images et le son (jusqu’en janvier 2026). 

Enfin, la fondation d’art contemporain poursuit sa collaboration avec le studio expérimental EBB, fondé par l’artiste Neïl Beloufa. Pour le deuxième chapitre de ce projet intitulé Me TimeTony Oursler présente Sibyl, décrit comme un « oracle » utilisant l’IA générative. 

CHLOÉ MACAIRE 

EBB en collaboration avec Tony Oursler : Me Time #2 – Sibyl
Parc des Ateliers, La Tour
À partir du 5 juillet 2025

Ho Tzu Nyen : Jour spectral et contes étranges
La Mécanique Générale
Du 5 juillet 2025 au 11 janvier 2026

Wael Shawky : Je suis les hymnes des nouveaux temples
La Grande Halle
Du 5 juillet au 2 novembre 2025

Bas Smets : Les Climats du Paysage
Le Magasin Électrique
Du 5 juillet au 2 novembre 2025

Peter Fischli : People Planet Profit
Parc des Ateliers -Les Forges
Du 5 juillet 2025 au 11 janvier 2026

KOO JEONG A : LAND OF OUSSS ❲KANGSE❳
La Tour
Glassroom, Niveau - 2
Galerie Est, Niveau 0
Du 5 juillet 2025 au 4 janvier 2026
David Armstrong
La Tour - Underground, Niveau -3
À partir du 5 juillet 2025

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30 ans de jazz

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Marcus Miller sur la scène des Platanes du Charlie Jazz Festival © Gérard Tissier

ZébulineVous fêtez les 30 ans de Jazz à Sète cette année. Quelque chose de spécial est-il prévu ?

Louis Martinez. Cette année, je me suis penchée sur les artistes qu’on a pu faire venir, et qui avaient beaucoup plu au public. Et il y a toujours les découvertes, les coups de cœur, par exemple, le groupe de Louis Matute

Depuis 30 ans, avez-vous réussi à élargir votre public ?

Je pourrais dire que le public s’est rajeuni, tout en gardant quand même la fidélité d’un public qu’on revoit chaque année pratiquement. On a gagné un public plus jeune grâce à certaines soirées qu’on a pu organiser, notamment des groupes de hip-hop comme Arrested Development, Jurassic 5 ou De la Soul.

Et cette année aussi ? 

Oui, par exemple, la soirée Electro Deluxe. Ils passent le même soir qu’un artiste qui est vraiment devenu une icône : John Scofield, qui a monté un projet funky cette année. On est d’ailleurs complet sur cette soirée, mais également sur celle de Marcus Miller et celle d’Avishai Cohen.

Et le reste de la programmation cette année ?

Il y a une soirée qui me tient particulièrement à cœur, c’est celle du 15 juillet. On a réuni 14 artistes qui font partie du gotha du jazz français, et ce sont des artistes qui ont pu jouer avec Sylvain Luc, qui a malheureusement disparu l’an dernier. Il était ce qu’on peut appeler un génie de la musique, reconnu mondialement. J’ai eu la chance d’être ami avec lui pendant 30 ans, je l’ai invité sur certains de mes albums et on a fait des tournées ensemble. Je n’ai pas encore le détail, mais il pourra y avoir des duos, des trios, des quartettes, tout au long de la soirée.

Et pour la soirée du 17, vous avez fait le choix de faire un plateau vocal féminin avec China Moses et Madeleine Perroux. Comment s’est organisée cette soirée ?

Pour China Moses, qui n’était jamais venue, il s’est trouvé que j’ai fait sa première partie l’été dernier. Puis j’ai écouté son dernier projet, et j’ai trouvé ça magnifique. Madeleine Perroux, on l’avait eue il y a 15 ans et son dernier album m’a énormément plu. Donc, je me suis dit, ça serait bien de faire une soirée de jazz vocal féminin. Mais il y a pas mal de voix féminines en dehors de cette soirée du 17. À l’Abbaye de Valmagne [lors du « hors les murs », ndlr], on a un groupe exceptionnel, qui s’était produit au Théâtre de la Mer, d’ailleurs, Jî Dru. Sandra Nkaké, qui fait partie de ce groupe, a été élue Victoire du jazz dans la catégorie vocale en 2024.

Il y a tout de même moins d’artistes femmes que l’édition précédente non ? 

C’est quelque chose que je ne calcule pas spécialement ; je programme les choses qui me plaisent. Et dans le lot, il peut y avoir des femmes, bien évidemment. Il faut savoir aussi que les femmes sont encore largement minoritaires par rapport aux musiciens hommes.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR LAVINIA SCOTT

Jazz à Sète
Du 15 au 21 juillet
Théâtre de la Mer

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Lassés pour conte

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© Christophe Raynaud

Nôt, songe autour des 1001 Nuits, ne manque pas de qualités, à commencer par celles de sa Shéhérazade principale Mariana Tembé. La danseuse mozambicaine handi est aussi impressionnante masquée et assise, jouant de ses jambes absentes, que parcourant la scène avec son intensité physique si particulière. Par ailleurs le travail musical, reposant sur des musiques diffusées auxquelles s’ajoutent trois caisses claires et les voix des danseurs-musiciens, est d’une précision parfaite et scande le spectacle, des premiers roulements aux Noces de Stravinsky en passant par l’émotion de Nick Cave et la vigueur de Prince. Et de fait, la chorégraphe performeuse sait formidablement organiser l’espace, habillant ses interprètes de masques de poupée, occupant la largeur et la profondeur d’une scène impossible et la structurant comme un tableau. Hélas statique.

Car le problème de Nôt réside bien dans cette paradoxale staticité d’un spectacle chorégraphique,  présentant de fait une série de performances répétitives et sans évolution interne. Parfois frappantes, parfois pénibles, comme lorsque qu’un acteur se déplace dans la foule durant un quart d’heure en mimant la défécation. Mais la plupart du temps simplement ennuyeuses, parce qu’essuyer longuement des parois avec des chiffons blancs, répéter les gestes en boucle, ouvrir et fermer les lits, même lorsqu’ils s’entachent de sang, ne parvient pas à construire une narration – ce qui pourrait s’entendre – ni même à imprimer un rythme, en dépit d’une musique qui imprègne l’air de ses élans.

Au final, on ne sait pas quel est le sens de Nôt. Ou les sens, les dénonciations, les révoltes, les affirmations. Ce qui, au vu des urgences à penser un monde au bord du gouffre, a de quoi décevoir, dans ce symbole qu’est devenue la Cour d’honneur, offert pour la première fois à une chorégraphe en ouverture du Festival.

AGNÈS FRESCHEL

Nôt
Jusqu’au 11 juillet
Cour d’honneur du Palais des papes

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