mercredi 21 octobre 2026
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La traversée poétique d’Andrea Laszlo de Simone

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Una Lunghissima Ombra, Andrea Laszlo De Simone © Giovanni Canitano

Dans le cadre de la Biennale d’Aix, Andrea Laszlo de Simone – compositeur césarisé de la BO du Règne animal – a dévoilé Una Lunghissima Ombra, une œuvre totale issue de son dernier album et pensée comme une immersion absolue. Ici, pas d’artifice : seul le mariage sacré de l’image, du son et du verbe compte.

Synesthésie humaniste

Ce n’est pas un concert, mais une expérience organique. Dans cette Fondation où la géométrie règne en maître, le musicien italien a insufflé une vie nouvelle aux parois de béton et de verre. L’expérience repose sur un équilibre fragile et magnifique entre la rigueur des lignes architecturales et la fluidité d’une musique qui semble couler directement du cœur.

La scénographie, jouant sur les contrastes d’ombres et de lumières, répond aux oscillations sonores d’un orchestre de chambre en état de grâce. Le spectateur, placé au centre de ce dispositif, se retrouve enveloppé par une architecture invisible, bâtie de vibrations et de reflets.

Pourtant, cette immersion sensorielle ne serait rien sans la présence de la parole. Dans cette langue italienne si mélodieuse, les textes de de Simone agissent comme un ancrage émotionnel nécessaire et portent des mots simples mais universels — sur le temps qui fuit, sur l’amour, sur la place de l’homme dans l’immensité.

« Le verbe vient ici donner un sens à l’abstraction, transformant une expérience esthétique en une confidence intime. »

En intégrant la poésie des paroles à cette architecture sonore et visuelle, l’artiste crée un pont entre l’immatériel et l’humain, et il semble qu’on écoute une âme.

Un manifeste de la fragilité

Ce passage à Aix-en-Provence est une démonstration de ce qu’un art humaniste peut produire : une invitation à ralentir, à regarder et à écouter vraiment. En faisant fusionner l’œil, l’oreille et l’esprit, Andrea Laszlo de Simone rappelle que l’art est avant tout une affaire de présence. Une ombre très longue, certes, mais qui rassure et qui éclaire.

DANIELLE DUFOUR-VERNA

Ce concert-installation a eu lieu le 25 avril à la Fondation Vasarely, Aix en Provence

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Au Château de Servières, la mémoire déplacée d’Élias Kurdy

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Sphinx de Palmyre 2023 © Elias Kurdy

Né en Syrie et passé par Damas, Beyrouth puis Marseille, Élias Kurdy propose au Château de Servières (Marseille) Mémoire en transit. Un parcours à la fois géographique et symbolique, qui « explore les liens entre circulation des objets archéologiques et déplacements forcés des populations » à travers « une narration sensible à la frontière entre mémoire, fiction et archéologie ».

Les œuvres exposées dans les espaces du Château de Servières prennent la forme de tablettes écrites, de fragments sculptés ou d’objets réalisés en terre, en plâtre ou en matériaux bruts, évoquant des vestiges archéologiques (tessons, reliques…). Des formes et des écritures énigmatiques, qui interrogent la circulation des objets, les déplacements forcés et la manière dont les civilisations laissent des traces, mais sans renvoyer à une époque identifiable. Des œuvres qui brouillent les temporalités : le présent devient un futur vestige, l’apparition de l’écriture reste une question toujours ouverte.

M.V.

Mémoire en transit

Du 15 mai au 4 juillet

Château de Servières, Marseille

Dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026 et du Printemps de l’Art Contemporain

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Écrire les mots qu’ils manquent

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© Thierry Laporte

« C’est quoi cette rage d’écrire ? ». La question est au centre du nouveau spectacle d’Aurélie Van Den Daele, Je crée et je vous dis pourquoi. Une pièce où chaque récit de femmes tente d’apporter une bribe de réponse, selon leurs expériences, leurs rêves ou leur milieu social. Des histoires que le public découvre à mesure qu’il évolue dans le théâtre Joliette. Des coulisses à la grande scène en passant par le débarras poussiéreux, ce spectacle déambulatoire plonge le spectateur dans des récits intimes. Casque sur les oreilles, isolé, avec presque l’impression que les histoires lui sont racontées à lui seul.

Il règne dans la pièce une atmosphère entre sororité, partage et bienveillance. Bien que chacune des comédiennes interprète seule le rôle d’une artiste dans l’une des pièces du théâtre, les motivations qui les poussent à écrire traduisent une forme d’universalité : « écrire pour celles qui n’ont pas les mots ». Dans le théâtre, ces femmes crient leur solidarité les unes avec les autres. « J’accepte que ta plume devienne ma plume », affirme l’une d’elles.

Elles retranscrivent aussi sur papier ce qui ne peut pas être dit à l’oral. C’est l’histoire de l’une d’elles qui écrit pour échapper au contrôle de son mari. Lui qui « colonise sa parole » mais enrage de ne pas avoir de droit de regard sur ses écrits.

L’émotion est saisissante, alors que comédiennes et public se retrouvent pour une dernière scène, aux airs de boum. Sous une immense boule à facettes, toustes dansent et chantent ensemble, dans un espace où iels étaient jusqu’alors isolé·es par leur casque. En fond sonore, Mourir sur scène de Dalida donne tout son sens au moment.

Un rapport à la transmission

L’amour des mots, l’une d’elles l’a découvert en jouant au scrabble avec sa grand-mère. Un rapport à la transmission et au passé particulièrement présent dans le spectacle. Dès les premières minutes, c’est la voix d’une enfant puis d’une personne âgée qui nous expliquent leur vision du désir. Puis, tout au long du spectacle, les références et hommages à des autrices et chanteuses pleuvent. Pour beaucoup d’artistes du passé dont le récit se mêle à celui des artistes actuelles.

FANTINE LAMBEY

Ce spectacle du Théâtre de l’Union a été joué au Théâtre Joliette, Marseille, les 6 et 7 mai

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Au Café Julien, Bandit Bandit se met à nu

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Bandit Bandit © X-DR

Lumières rouges sombres, scène exiguë, trois guitares et une batterie. Il n’en fallait pas plus à Bandit Bandit pour enflammer le Café Julien. Le ton est donné dès les premières minutes du concert. L’ambiance sera électrique, poignante et intimiste.

Sur scène, le duo et ses deux musiciens livrent une véritable performance rock. Entre quelques phrases adressées au public, Maëva Nicolas et Hugo Herleman enchaînent des morceaux de leur dernier album Cavalcades – ce que la nuit ne dit pas,et d’anciens titres que les fans affectionnent. La chanteuse est magnétique, danse et saute, les cheveux au vent. Hugo Herleman se fait plus discret, mais habite la salle, déchaîné, à chaque solo de guitare. Sans être superficiel, le concert, visiblement très travaillé, prend des allures de spectacle chorégraphié. Le duo ne perd pas le sens de la scène pour autant et joue, comme à son habitude, « comme si c’était la dernière fois ».

La puissance des maux

Changement d’atmosphère, lumières blanches. Après presque une heure de show, les riffs typiques du rock cèdent leur place à des rythmes plus lents et mélancoliques. Accompagnée par une guitare, Maëva Nicolas, encore essoufflée, lit un de ses poèmes. Les Chambres fermées parle de l’avortement qu’elle a vécu en 2024. Une manière d’annoncer la prochaine chanson, Opaline, qui porte sur la même thématique. Et de glisser un message : « Des personnes se permettent de parler d’avortement de confort. Déjà, ta gueule. Et après, ta gueule tout simplement ». Dans la salle, cris et applaudissements.

C’est à ce moment que le concert dépasse la simple performance. Maëva Nicolas descend dans la fosse, demande au public de crier, chante et danse avec lui. Quelques morceaux plus sombres viennent ensuite, abordant des sujets comme la mort ou la dépression. Puis, la batterie reprend le dessus, et le concert s’achève dans une dernière montée d’énergie. Maëva Nicolas fait alors face au public, soulève sa guitare sur laquelle figure un sticker« More Women On Stage ». C’est son ultime message à faire passer, avant que les lumières s’éteignent.

IVANIE LEGRAIN

Concert donné le 8 mai au Café Julien, Marseille.

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La citadelle résistance et désobéissance

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Citadelle de Marseille A©Jean-Pierre Garufi

Avec comme point de départ l’emprisonnement de Habib Bourguiba – leader politique indépendantiste puis président tunisien – à la Citadelle de Marseille entre 1939 et 1942, l’exposition La Citadelle : Résistance et désobéissance imagine un dialogue à plusieurs voix – artistes, chercheureuses – autour des mémoires coloniales franco-tunisiennes.

Initié par l’institut Français dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, le projet a réuni, entre mars et mai 2026, deux artistes en résidence croisée entre le centre d’art B7L9 et la Citadelle de Marseille. Des allers-retours entre les deux rives de la Méditerranée pour penser des œuvres autour du « patrimoine mémoriel et immatériel lié au passé colonial entre la France et la Tunisie ».

Parmi eux, le réalisateur Saber Zammouri, qui travaille à partir d’archives, d’images de récits pour interroger les relations entre la France et la Tunisie, les trajectoires individuelles et les dynamiques migratoires, et l’artiste sonore Hugo Mir-Valette, dont la pratique du deep listening explore les couches invisibles du son et l’écoute au-delà de ce qui est perceptible. Accompagnés de chercheurs, les artistes développent des œuvres questionnant les répercussions sociales, culturelles et politiques de cette histoire commune dans une démarche résolument décoloniale !

C.L.

Du 16 mai au 1er octobre

La Citadelle de Marseille, Marseille

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Adios Toledo !

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Julien Grassen © X-DR

Adios Toledo ! est le nom d’une rencontre musicale imaginée par le pianiste, compositeur de jazz et ethnomusicologue Julien Grassen Barbe. Ce projet, concocté lors d’une résidence à l’Espace culturel de Chaillol, a donné vie à une douzaine de pièces originales s’inspirant des traditions de l’Inde du Nord et de la liturgie des communautés judéo-portugaises du Sud-Ouest, sa terre d’enfance.

Avec trois musiciens aguerris au Dhrupad, la musique classique hindoustanie, le quartet propose un voyage poétique qui nous emmène à Jaipur, Barcelone, Porto et Jérusalem, et rend hommage à Garcia da Orta, médecin séfarade du XVIe siècle ayant fui l’Inquisition pour Goa.

AMT

Le 15 mai

Petit Duc, Aix-en-Provence

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Nine Spirit fête ses 25 ans

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Nine Spirit © X-DR

C’est à une grande fête musicale que le public de La Criée est convié ce 18 mai : les 25 ans de la compagnie Nine Spirit, fondée par Raphaël Imbert, et désormais portée par la pianiste Amandine Habib. Pour l’occasion, la compagnie présente Shake The Spirits, un concert au confluent du jazz onirique et d’un néoclassique aux teintes levantines. Ici, le groupe tisse une toile sonore où le piano dialogue avec des percussions subtiles et des cordes lyriques. Plus qu’une simple performance, cette soirée est une invitation à franchir les horizons musicaux sous l’égide d’une virtuosité sensible. Dans le cadre prestigieux de La Criée, Amandine Habib et ses complices offrent une fresque humaniste et solaire, marquant de leur empreinte cette escale phocéenne indispensable.

 D.D.-V.
18 mai
La Criée, Théâtre national de Marseille
Un programme de Marseille Concerts

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Saragossa

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Saragossa © X-DR

Entre Saragosse et Marseille, son cœur balance. Ce 30 mai au Théâtre des Calanques, le chorégraphe espagnol Andrés García Martínez présente sa toute nouvelle création, Saragossa, un spectacle de danse contemporaine et folklorique, peuplé d’inspirations espagnoles. Accompagné de quatre danseur·ses, il cherche à faire le lien entre sa ville de naissance et celle où il vit, Marseille. Habits traditionnels et symboles hispaniques se mêlent à la représentation d’autres cultures chères au chorégraphe. La pièce s’inspire des tableaux de Francisco de Goya, comme la bande-son créée par Léo Milhomme, qui reprend des éléments sonores espagnols mêlés à des rythmes électroniques. La danse, à la fois légère et ancrée dans le sol, représente les êtres humains qui traversent les territoires avant de s’y enraciner. Saragossa promet un voyage, « un pont entre les communautés ».

I.L.

30 mai

Théâtre des Calanques,Marseille

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Vagabondages & Conversations

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Vagabondages et conversations © J2mc-photo

Le paysagiste Gilles Clément et le chorégraphe Christian Ubl font alliance sur scène pour raconter le vivant. Une histoire présentée à travers les gestes du quotidien : cultiver, danser, combattre, cuisiner, marcher ou encore débattre. « Une proposition poétique et écologique s’inspirant de la nature, de la biodiversité et de la transmission intergénérationnelle », selon son créateur Christian Ubl. Les questions écologiques, au cœur du spectacle, sont abordées avec humour par le duo. Une manière plus légère de questionner le public sur ces thématiques. Une conférence dansée d’une heure où la danse devient le fil conducteur du propos. Le spectacle, joué depuis 2018, n’est pas la première collaboration pour les deux. Il y a dix ans, c’était sur la pièce A.U. que le chorégraphe et le paysagiste avaient collaboré.

F.L

19 mai

Espace 233, Istres

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Le mensonge

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Le Mensonge © Raoul Gilibert

Explorer le mensonge à travers le regard d’une petite fille. Dans ce spectacle, une enfant qui a menti va voir son mensonge prendre de plus en plus d’importance. Dans sa chambre, elle le retrouve matérialisé par la forme d’une boule qui grossit jour après jour, l’empêchant parfois même de respirer. Sa chambre devient alors la représentation de son espace mental dans lequel le mensonge devient de plus en plus pesant.

Chorégraphié par Catherine Dreyfus, ce spectacle s’inspire de l’album du même nom de Catherine Grive et Frédérique Bertrand. Sur scène, deux danseur·euse·s et une circassienne illustrent ce qu’une simple parole peut faire au corps et la manière dont un mensonge prend vie en nous. Un spectacle profond, ludique et comique à destination des enfants de 3 à 6 ans.

F.L.
13 mai
Les Salins, Scène nationale de Martigues

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