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Beytna 

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Beytna © Paul Bourdrel

C’est un spectacle qui vient de ses souvenirs de jeunesse. Tous les dimanches, le chorégraphe libanais Omar Rajehn se rendait chez son grand-père, où se réunissaient famille et amis autour d’un grand banquet. Un moment sacré, de vie et d’amour, auquel le chorégraphe rend hommage avec son spectacle Beytna, donné ce 3 décembre à Châteauvallon, scène nationale d’Ollioules. Sur scène, danseurs et musiciens venus des quatre coins de monde, échangent, dansent… et préparent et un repas un repas qui sent bon le Liban. Autant dire que pour le public l’expression « danser devant le buffet » prendra tout son sens.

NICOLAS SANTUCCI

3 décembre
Châteauvallon, scène nationale d’Ollioules

Tous en sons ! : de la musique pour les minots

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String Quatuor Meraki © X-DR

Créativité, partage, joie et ouverture d’esprit seront au rendez-vous de cette nouvelle édition de Tous en sons et ses 47 représentations dans le département du 1er au 19 décembre. On doit cette réjouissante initiative à Mathilde Rubinstein, désormais directrice déléguée de la Citadelle de Marseille qui, en 2017, décide de fonder ce festival pour la jeunesse. Passionnée par la musique et le théâtre, forte de son expérience au sein de grandes structures culturelles, elle choisit de créer un événement joyeux tourné vers la création, la transmission et le partage. Elle s’assure pour cela de la collaboration de Raoul Lay. Compositeur, chef d’orchestre, directeur de l’ensemble Télémaque, ce dernier est un acteur incontournable de la vie musicale en France et en Europe. Marseillais, attaché à sa ville et à sa région, il s’investit depuis de nombreuses années dans la transmission et les projets à destination du jeune public. 

Ça jazz et ça rap

Pour cette sixième édition, vingt lieux jouent le jeu pour accueillir nos minots. Ainsi, l’Opéra de Marseille les invite à arpenter ses couloirs pour découvrir son architecture, ses coulisses et son histoire unique. Ils pourront aussi s’installer dans son majestueux foyer en compagnie d’un trio de musiciens de l’orchestre philharmonique pour un concert qui leur sera spécialement dédié (4 décembre). L’Énelle compagnie emmène les amoureux de sons plus actuels dans le conte fantastique, Jazz et rap au cœur du quartier de la Plaine à Marseille. Il replace la poésie du rap dans la lignée du jazz et du blues en tant que moyen d’expression pour l’émancipation (8 décembre Pic Télémaque Marseille, 11 décembre L’Idéethèque, Les Pennes Mirabeau, 17 décembre La Criée — Théâtre National de Marseille).

Place ensuite à Rétropolis, ville ultra-moderne où tout le monde est heureux, travaille, consomme et se divertit. Trop beau pour y croire ? Un matin, quatre musiciens s’y installent avec une mission : retrouver leur nièce. Hélas, cette cité est plus complexe qu’il n’y paraît. On suivra leurs aventures et leur musique dans un milieu urbain tantôt absurde, tantôt hostile : le métro fait le grand huit, les taxis franchissent le mur du son et les agents immobiliers parlent une langue inconnue. Nos héros du Weepers Circus seront ballottés dans un univers où les enfants ont mystérieusement disparu. (1er décembre, Espace Julien, 11 décembre Théâtre de l’Olivier/L’Usine, Istres).

Ça rock et ça dribble

Faire de la musique autrement en laissant tomber les chaises, les pupitres et les partitions ? C’est ce que proposent les quatre musiciennes serbes du String Quatuor Meraki qui embarquent petits et grands à la Nextstation, pour un voyage fait de rencontres et de petites bulles de vie et d’amitié qui se racontent dans une langue universelle : la musique et son répertoire classique. (15 décembre, Pic Télémaque).

En partant d’une œuvre liée à la littérature orale napolitaine, la chanteuse et marionnettiste Chiara Caruso déroule dans Novella, le fil d’histoires très anciennes qu’elle adapte aux questionnements de nos sociétés d’aujourd’hui sur les discriminations et les dominations. Nous découvrons ensemble un monde coloré et baroque que des marionnettes queers, dont l’utopie traverse les âges et les frontières, peuplent et redessinent (19 décembre, Cité de la Musique).

De son côtéle Théâtre Massalia propose deux spectacles : Autour de Marzia, un secret de famille, une enquête pleine de légèreté et de poésie (6 et 7 décembre) et Moi, mon chat, performance qui revisite la musique des années 1960 à partir d’un album jeunesse de Sandol Stoddard et Remy Charlip publié aux États-Unis en 1964 intitulé My very own special particular private and personal cat… Tout un programme. Un narrateur-guitariste, une chanteuse, un saxophoniste et un maestro de la musique électronique évoluent entre théâtre, musique et poésie. (14 et 15 décembre). Enfin les incroyables Basketteuses de Bamako raviront petits et grand avec leurs dribbles fous en musique. (18 décembre Le Semaphore, Port-de-Bouc).

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Tous en sons 
Du 1er au 19 décembre
Divers lieux, Bouches-du-Rhône
tousensons.fr

Marseille Jazz Collective : « Une alternative au chacun pour soi » 

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© X-DR

Groupement de musicien·nes profes- sionnel·les constitué il y a un peu plus d’un an dans la cité phocéenne, le Marseille Jazz Collective propose régulièrement des concerts, jam sessions et ateliers dans plu- sieurs lieux du centre ville. L’occasion pour les pros comme les amateurs·ices de se retrouver et converser musicalement. Entretien avec quatre de ses membres : Tiffany Muzelec (chanteuse), Mehdi Azaiez (guitariste), Amadis (chanteur) et Cathy Escoffier (pianiste).

Zébuline. Qu’est-ce donc que le « Marseille Jazz Collective » ?

Tiffany Muzelec. C’est une union entre musicien·nes qui partagent un véritable amour pour cette musique et qui ont la volonté de le transmettre au plus grand nombre. Se rassembler nous permet de travailler à plus grande échelle, et d’organiser des événements où chacun·e a la place pour exprimer sa personnalité musicale tout en se sentant soutenu·e par le groupe.

Mehdi Azaiez. L’objectif est de renouer d’une part avec une culture de proximité, qui soit à la fois de grande qualité, populaire et accessible. Et d’autre part d’améliorer la visibilité et la diffusion de cette musique en assurant au passage aux musicien·nes les meilleures conditions de travail et de création possibles. 

En quoi ce collectif est-il novateur ?

T.M. Le milieu du jazz a toujours été un milieu très masculin et très compétitif. Nous voulons nous séparer de ces valeurs tout en conservant la tradition du jazz, en particulier la jam session. Le but étant d’encourager les moins expérimenté·e·s à s’intéresser aux codes du jazz et à les comprendre, afin de favoriser l’écoute et le partage. 

M.A. On a démonté beaucoup de lieux communs – il n’y a pas d’audience pour le jazz à Marseille, le jazz c’est pour les vieux, ce n’est pas une musique vivante, il est utopiste d’essayer d’avoir de meilleures conditions pour les musiciens… – ça confirme une évidence : une action groupée et coordonnée est beaucoup plus efficace que celle des mêmes individus agissant en ordre dispersé. 

Cathy Escoffier. Face une réalité économique et sociale de plus en plus difficile, Marseille Jazz Collective propose une alternative concrète au « chacun pour soi ».

Alors le jazz peut-il sauver le monde ? 

T.M. Il invite chacun·e à être dans une démarche d’ouverture d’esprit, de partage et d’expérimentations. C’est une musique populaire par essence, qui rassemble et où chacun peut trouver sa place et exprimer son individualité ! 

M.A. Dans la manière même dont cette musique est imaginée, vécue et exécutée, elle constitue, le temps d’une répétition, d’une jam session, d’une résidence ou d’un concert, autant de tentatives de mise en pratique d’un projet de société idéale. 

C.E. Au-delà de la musique, c’est une application directe de comment on peut envisager la société autrement. En ce sens, le jazz peut sauver le monde. 

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR LAURENT DUSSUTOUR 

Concert + jam session
Le 1er décembre à partir de 20 h Le Mélo, Marseille

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FFM : Fatima Sissani fait entendre les dominées

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Fatima Sissani © LouizArt

Zébuline. Les figures féminines sont toujours au centre de vos films. Pourquoi ce choix ? 

Fatima Sissani. C’est un parti pris féministe. L’espace public est saturé par la parole des hommes et ça me semble donc important de créer un espace qui soit exclusivement réservé à celle des femmes pour qu’elle puisse vraiment être entendue. J’ai toujours été entourée par des femmes, avec qui je me sens en sécurité et dans une relation égalitaire. Pour mon premier film, La Langue de Zahra, j’ai instinctivement choisi de donner la parole à ma mère et à celles qui l’entourent, sans me rendre compte qu’il n’y avait que des femmes. Cela m’a été renvoyé lors des projections, et j’ai alors réalisé que je n’arrivai pas à filmer d’autres êtres. Mais c’est assez stupéfiant la manière dont cette question revient systématiquement, alors que ce n’est pas le cas lorsqu’il n’y a qu’une parole masculine. 

Y voyez-vous un reproche ? 

Oui, je pense que c’est souvent un reproche déguisé. On a vraiment intégré cette domination masculine, et quand le dominant n’est plus sur la photo, c’est comme si on était un peu perdues. Sa présence est nécessaire pour légitimer toute parole.  

Pourquoi cette centralité de la parole ? 

Je travaille à partir du témoignage pour aller chercher une histoire collective, avec la parole des personnes concernées. Dans Les Gracieuses, on aborde l’immigration et les notions d’intégration et de relégations sociale et spatiale. Les jeunes filles qui en parlent sont concernées par ces questions, pourtant elles ne sont jamais entendues car se sont des femmes issues de l’immigration et des classes populaires. On parle d’elles sans leur donner la parole. Or, elles sont expertes de ce qu’elles vivent et sont les mieux placées pour l’expliquer. De même pour Résistantes, qui part du témoignage de femmes qui ont combattu pour l’indépendance de l’Algérie. Des historien·ne·s auraient sans doute très bien parlé du sujet, mais ce n’est pas ce qui m’intéresse. Mon fil conducteur est de proposer d’autres représentations de personnes qui sont soit sous-représentées, soit mal représentées, soit les deux. 

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR CHLOÉ MACAIRE 

Films Femmes Méditerranée
Du 29 novembre au 6 décembre
Divers lieux, Marseille

Les Récits de Fatima Sissani 
Les Gracieuses 
3 décembre, 18h
La Langue de Zahra 
3 décembre, 20h
Résistantes 
4 décembre, 18h 
Les Variétés, Marseille 

America

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AMERICA © Zenna

Pour sa première soirée en tant que nouveau directeur de la danse de l’Opéra Grand Avignon, Martin Harriague fait le choix audacieux de coller à l’actualité. Dominant les écrans d’une scène mondiale, un showman sans limites fait de la course à la Maison Blanche le triomphe de l’art du spectacle. Le personnage est à la fois divertissant et glaçant. La rusticité de ses messages fait écho à la complexité du monde, la musicalité du langage enrobe la grossièreté des mots. Mais le rideau se lève sur d’autres récits ; des récits d’espoir, d’optimisme et d’aventure d’une Amérique colorée, métissée et confiante qui fait tomber les murs. Le chorégraphe capture dans America l’énergie électrique et tumultueuse de cette société dans une danse explosive et jubilatoire. Politique et salutaire.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

30 novembre et 1er décembre
Opéra grand Avignon 

Kamilya Jubran 

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Kamilya Jubran © X-DR

En partenariat avec l’édition 2024 de Jazz sur la Ville, ce concert s’articule – à l’image des travaux de croisements culturels de la Cité de la Musique – autour de la rencontre de compositrices aux esthétiques et univers très différents. Sous l’impulsion de la musicienne palestinienne Kamilya Jubran, ce cycle de création intitulé Terrae Incognitae fait la part belle à l’improvisation, et convie en quatre volets diverses musiciennes reconnues dans leurs pratiques propres. Ainsi, après une première étape au GMEM, ce sont Valérie Vivancos, spécialisée dans l’improvisation électroacoustique et Soizic Lebrat, violoncelliste de formation classique, qui accompagneront Kamilya, au oud et à la voix, dans de cet acte de création sonore brute en terre inconnue.

LUCIE PONTHIEUX BETHAM

29 novembre
Cité de la Musique, Marseille

L’Avare

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L'Avare © Juliette Parisot

On connait bien Jérôme Deschamps, auteur, metteur en scène, comédien, ancien directeur de l’Opéra-Comique et cocréateur de la troupe des Deschiens. Et lui connaît bien son Molière ! Après avoir mis en scène Les Précieuses ridicules (1997) puis Le Bourgeois Gentilhomme, il s’est remis à l’ouvrage sur un autre grand classique du maître : L’Avare. À la satire d’origine, Jérôme Deschamps ajoute une touche de folie teintée d’absurde, dans une mise en scène sobre, laissant toute la place au jeu des acteurs et à la richesse du texte : décor volontairement minimaliste, fard blanc sur les visages, et costumes d’époque (pensés par Macha Makeïeff). Tout comme Molière, dans le rôle du vieil avare accroché à sa cassette, le metteur en scène s’en donne à cœur joie : bedonnant et traînant de l’arrière-train, tout en délires, loufoqueries et férocités.

MARC VOIRY

29 novembre
Les Salins, scène nationale de Martigues 

Ambra Senatore

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Solo (sans titre), Ambra Senatore © Bastien Capel

Le Zef poursuit son cycle dédié au solo chorégraphique. Après Pierre Rigal, le plateau du Merlan accueille Ambra Senatore, directrice du CCN de Nantes. Avec cette création provisoirement intitulée Solo D’altro Canto, la chorégraphe choisit de renouer avec les solos qui ont marqué le début de sa carrière. Ce retour aux sources exprime son désir de danser avec intensité, de questionner son écriture chorégraphique et de se redécouvrir dans la solitude du plateau. Son solo, traversé par des récits de femmes questionnant leurs racines, leurs liens aux lieux et aux autres, le départ, l’attente et l’engagement, tisse un dialogue entre expériences personnelles et collectives tout en préservant cette relation directe et spontanée avec le public qui caractérise son travail.

ISABELLE RAINALDI

30 novembre
Zef, scène nationale de Marseille

Animal

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Cirque Alfonse, Animal © Andy Phillipson

Le Cirque Alfonse s’installe sur la scène du Grand Théâtre de Provence les 29 et 30 novembre prochain avec Animal, histoire de ferme. Un spectacle explosif où traditions rurales et créativité contemporaine se mêlent avec humour et énergie. Sur scène, dix artistes multidisciplinaires – le père, la sœur, le frère, le beau-frère, les cousins et autres amis d’enfance de la famille Carabinier Lépine –plongent le spectateur dans leur univers déjanté, né au cœur de la ferme familiale canadienne. Pots à lait, cloches géantes, brouettes, roues de tracteur et même un taureau mécanique servent de décor à des acrobaties spectaculaires, le tout porté par la musique live et les paroles entrainante de la troupe. Drôle, émouvant et vraiment unique, ce show intergénérationnel revisite l’imaginaire rural avec un humour irrésistible et un souffle de modernité.

CÉLIANE PERES PAGÈS

29 et 30 novembre
Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence

Le Mystère du gant

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Le Mystère du gant © Noémie della Faille

Quand on pense vaudeville, on pense amant dans le placard, quiproquos rocambolesques et portes qui claquent. Mais l’auteur et metteur en scène Léonard Bérthet-Rivière, lui, pense surtout au rire et à la façon dont le théâtre de boulevard, parfois relégué au passé, le fait émerger. Le Mystère du gant est un vaudeville absurde et surtout statique, une mise en abîme d’une répétition théâtrale dans laquelle le metteur en scène et la comédienne Muriel Legrand interprètent, assis derrière une table, une galerie de 13 personnages plus déjantés les uns que les autres. Comment piquer l’intérêt du public et le faire rire en jouant avant tout sur le pouvoir du texte et de l’imagination ? Voilà la question à laquelle il entend répondre.

CHLOÉ MACAIRE

Les 29 et 30 novembre 
Théâtre d’Arles 

Du 3 au 14 décembre 
Théâtre des Bernardines, Marseille