vendredi 26 juin 2026
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Pristine Pit à l’Espace Julien

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© X-DR

La soirée mensuelle L’EJ c’est le S de l’Espace Julien (Marseille) invite le duo Pristine Pit, formé par Camille Chenal (Mila Necchella) et Charles Sinz (SinceCharles, Akzidance). Face à face, ils composent en tandem, jonglant entre synthétiseurs, séquenceurs, boîtes à rythme, pédales d’effets et voix au micro. Ils construisent à deux un univers sans limites, puisant leur inspiration dans des sonorités diverses, celles de Jessy Lanza, Modeselektor, Hamdi, Chromatics et Overmono, entre autres.

Lauréats d’une résidence au Château Ephémère en 2025, tiers-lieu culturel dédié à la création résidentielle numérique en région parisienne, ils développent un style et une technique empreints d’influences multiples : un mélange de dub, bass, breakbeat, jungle et post-dancehall, qui nous embarque dans un vaisseau spatial tantôt lent et suspendu, tantôt rythmé et entrainant. Un quatre main complice et habile.

PAULINE LIGHTBURNE

18 février

Espace Julien, Marseille

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Occupation

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© X-DR

Occuper les espaces publics, les villes, les théâtres et les usines. Occuper, c’est résister par la création. Créée en 1986, la compagnie Création Ephémère s’ancre dans le théâtre contemporain et de société, engagée dans une quête d’identité de l’homme moderne. Leur résidence à Valréas aboutit avec une représentation du spectacle Occupation. Pour la compagnie, le théâtre doit retrouver sa portée sociale et faire son retour dans la culture populaire. Mis en scène par Philippe Flahaut, Occupation est un spectacle proche du public inspiré de « Rouge » d’Emmanuel Darley. Face à un monde de plus en plus individualiste, quelle place reste-t-il à la parole collective ? Occupation ouvre le débat : c’est l’heure de la révolte ?

P.L.

19 février

Centre Dramatique des Villages (CDDV), Valréas

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Carte blanche Kamchàtka

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© Anikitos Hadjicharalambous

Lieux Public donne carte blanche à la compagnie Kamchàtka à l’occasion de son prochain Dimanche aux Aygalades. Kamchàtka, originaire de Barcelone, est une compagnie d’arts de rue dont les travaux ont été maintes fois récompensés. Ils transmettent avec une force poétique les thématiques de migration humaines, à travers un théâtre in situ toujours en symbiose avec le public. Accompagnés de leurs valises, ces artistes de nationalités diverses, issus de différentes disciplines, se sont produits dans plus de 37 pays au cours des 20 dernières années. Ils présenteront In continuo aux Aygalades le 6 mars, un spectacle engagé dans une lutte contre la polarisation des discours sur l’immigration, et nous invitent à un prélude musical le 1er mars.

P.L.

1er mars

Cité des arts de la rue, Marseille

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Kintsugi

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© X-DR

La troupe québécoise Machine de Cirque débarque en Provence pour y répandre son énergie contagieuse avec son spectacle Kintsugi. Le kintsugi, c’est l’art japonais de réparer les porcelaines brisées avec de la poudre d’or, qui met en valeur les imperfections au lieu de les cacher. Ici, on sublime les blessures de l’esprit et du corps. Huit individus, l’air un peu perdu, se retrouvent à un arrêt de bus. Soudain, ils basculent dans un monde parallèle et s’entraînent vers un tendre tourbillon d’acrobaties : trapèze, corde lisse, mât chinois, portés, acrodanse et autres envolées. Mis en scène par Olivier Lépine, ce ballet aérien aux allures de rêve éclabousse le public de joie de vivre et de beauté.

P.L.

3 et 4 mars

Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence

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Au-delà de Katmandou, l’adieu aux cimes

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Très peu sous nos latitudes connaissent le cordyceps sinensis nom scientifique du yarsagumba. On trouve cette chenille momifiée par un champignon parasite, à 5000 m d’altitude, cachée dans le sol aride des hauts plateaux himalayens. Recherché pour ses vertus aphrodisiaques, le yarsagumba se vend plus cher que l’or et provoque chaque printemps une véritable ruée. Des camps d’altitude s’installent et les chercheur-euses de cet or vert tentent leur chance. Si cette recherche est bien au cœur du film documentaire d’Alexander Murphy et si, selon ses dires, elle en a déclenché le désir initial, elle n’en est nullement le sujet. Au-delà de katmandou relève d’une quête bien plus personnelle, suivant l’itinéraire d’une jeune Népalaise entre retrouvailles et séparation.

Jamuna et sa petite sœur Anmuna vivent seules à Katmandou. Quelques années auparavant,  leurs parents, de pauvres paysans de Maikot, village de montagne reculé, les ont confiées à un orphelinat où elles devaient recevoir une éducation. L’établissement en fait, maltraitait et exploitait les enfants. Les deux sœurs se sont échappées et installées dans la capitale népalaise. Jamuna travaille dur pour subvenir à leurs besoins et envoyer de l’argent à sa famille. A 21 ans, elle a décidé d’émigrer au Japon et d’y suivre des études. Pour financer ce projet, elle compte sur le yarsagumba. Elle ira une dernière fois à Maikot, avec Anmuna, pour retrouver son père, sa mère, ses deux sœurs restées là-bas. Elle leur dira adieu, même si c’est difficile.

Le réalisateur suit les jeunes filles dans un trajet interminable, de la ville surpeuplée aux chemins escarpés et déserts des montagnes, sous la pluie froide et glacée. Il entre avec elles dans la maison natale où on dort à même le sol, les accompagne aux champs puis à la rivière où on lave le linge. Plus tard, dans les prairies d’altitude où, à quatre pattes, tous cherchent le précieux champignon. Là-haut, au campement éphémère de tentes multicolores, on partage avec les autres cueilleurs de yarsagumba, un intermède festif ; la parole se libère devant des paysages à couper le souffle.

D’autres vies que la sienne

Tout au long du film, Alexander Murphy saisit les moments de complicité fusionnelle entre les sœurs, et se glisse dans l’intimité familiale. L’aînée est restée au foyer quand les deux cadettes sont parties. Mariée, enceinte, dépendante de son époux ; elle voit sa vie finie ; elle aussi pourtant a rêvé de faire des études. Les déchirures passées se devinent, les renoncements. La condition économique de ces castes très pauvres et celle des femmes, s’esquissent. La détermination de Jamuna n’en est que plus exemplaire.

La frontière entre documentaire et fiction s’estompe, on ne sait si les dialogues sont pré-écrits ou spontanés ; les protagonistes semblent ignorer la caméra, se livrant à nous avec une confiance stupéfiante.

Comme les sentiments, la lumière change sans cesse. Magnifique travail du chef op Vadim Alsayed, qui compose avec les couleurs éclatantes et les monochromes brumeux.

Le réalisateur franco-irlandais se coule avec aisance dans ces vies autres et semblables pour nous y inviter et s’y reconnaître.

ELISE PADOVANI

Au-delà de katmandou d’Alexander Murphy

en salle le 18 février

Aux Beaux-arts de Marseille : Le personnel partage ses inquiétudes

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Rentrée universitaire 2025-2026 © Cécile Braneyre

Le 15 janvier un mouvement social du personnel d’accueil a touché le Conservatoire, rejoint par d’autres revendications portées notamment par des personnels de l’école des Beaux arts – ils font partie du même établissement (Campus Art Méditerranée). Si dès le lendemain un accord a été trouvé pour les agents d’accueil du Conservatoire, plusieurs agents de l’école des Beaux arts rappellent que la situation est inchangée pour eux, et leur dialogue toujours aussi difficile avec la direction de Campus Art Méditerranée.

« Conditions salariales dégradées », « réductions des moyens alloués », « blocages administratifs persistants », ce sont les principaux griefs qui se sont retrouvés début janvier dans une pétition publiée par des membres du personnel de Campus Art Méditerranée, pour « exprimer [leur] vive préoccupation quant à l’évolution de [leur] établissement public depuis la mise en place du projet Campus Art Méditerranée. » Une pétition qui a rassemblé 75% des agents des Beaux-Arts selon les personnels de l’établissement que Zébuline a contactés. 

Des dépenses en question

Premier point d’achoppement entre la direction et les représentants du personnel, les arbitrages budgétaires réalisés par la direction depuis plusieurs années. « Ils dépensent de l’argent pour des projets qui ne font pas partie des missions pédagogiques », affirme Pierre-Laurent Cassière, enseignant aux Beaux-Arts et représentant du personnel au Comité Social Territorial de Campus Art Méditerranée. 

Parmi les dépenses qu’il pointe du doigt, les nombreux recrutements au secrétariat général de l’établissement, et une augmentation conséquente des salaires des catégories A, qui comprend les cadres de Campus Art Méditerranée*. « On s’est doté comme c’était prévu lors de la création de l’EPCC de services qui étaient prévus au tableau des effectifs. Il n’y a pas de surprises, et ce n’est pas aux dépends des activités pédagogiques ou administratives », répond Raphaël Imbert, directeur de Campus Art Méditerranée. 

Autre dépense visée, les travaux réalisés dans l’ancienne école architecture, désormais siège du secrétariat général de Campus Art Méditerranée. “Depuis plusieurs années on réclame le renouvellement des équipements de l’amphithéâtre des Beaux-Arts, qui a été budgétisé à hauteur de 100 000 euros. Et au dernier CA on vient de voter une demande de subvention de 600 000 euros pour rénover celui de l’ancienne école d’architecture », déplore un autre représentant du personnel, enseignant lui aussi aux Beaux-Arts/Ifamm. 

Financer des nouveaux projets au détriment de l’existant, et des missions pédagogiques ? Raphaël Imbert « s’inscrit en faux », même s’il dit comprendre les inquiétudes du personnel. « Peut-être qu’on a été pas assez à l’écoute… mais on a organisé de nombreux moments de dialogue, avec chaque instance au sein de l’établissement. »

De la friture sur la ligne

Un dialogue qui est mis en doute par les agents que Zébuline a contactés, notamment sur le projet global Campus Art Méditerranée que porte Raphaël Imbert. « Ce projet n’a jamais été débattu ni même présenté. Les représentants du personnel siègent au conseil d’administration, mais c’est un endroit de validation, pas de débat. Si l’on est contre, ça passe quand même… » explique Pierre-Laurent Cassière. Même son de cloche pour Denis Prisset, professeur aux Beaux-arts depuis 8 ans, qui voit dans l’établissement « un fonctionnement erratique, avec des arbitrages assez illisibles. »

Face à ces reproches, Raphaël Imbert explique avoir lancé une nouvelle phase de dialogue avec les différents services de l’établissement. « On sait qu’il y a des choses à améliorer, on a mis en place des réunions, et des groupes de travail avec les différents services et les administrations des écoles concernées. On est dans un travail d’écoute et d’échanges. » 

Si pour l’instant, certains membres du personnel espèrent trouver une issue favorable à la suite de ces discussions, tous soulignent les inquiétudes de voir les conditions d’enseignement aux Beaux-Arts se détériorer : « L’alerte qui a été lancée peut paraître excessive, mais elle est surtout excessivement réelle. À la hauteur de la crainte d’une dégradation, comme d’autres Ecoles d’Art ont connu », conclut Denis Prisset. 

NICOLAS SANTUCCI

*Les rapports sociaux uniques (RSU) montrent une nette augmentation de la rémunération annuelle moyenne pour les emplois administratifs de catégorie A. Pour les titulaires, elle passe de 54 018 € à 63 425 € entre 2021 et 2024 ; pour les contractuels, de 48 907 € à 71 000 € sur la même période. 


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Prompter le pillage

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© G.C

Toute la journée du 28 janvier, se tenait au Mucem Changer le monde ?, un colloque en lien avec l’exposition Don Quichotte – Histoire de fou, histoire d’en rire (à voir jusqu’au 30 mars). Un temps était dédié, durant l’après-midi, à la question des droits d’auteur, dont la journée mondiale est fixée le 23 avril, en hommage à Miguel de Cervantes et William Shakespeare. Des champions de la littérature, qui ne se sont pas privés d’utiliser des matériaux plus anciens, et dont l’œuvre a été à son tour mainte fois adaptée, détournée, plagiée.

Une appropriation populaire massive de leur capacité créative qui, selon l’historien du livre Roger Chartier, en visio depuis les États-Unis, est au cœur d’une tension fondamentale, entre bien public et propriété intellectuelle. Tension que la législation s’est attachée, sinon à dénouer, du moins à réguler, depuis la Révolution française.

Inspiration ou plagIA ?

Comme le précisait Marie-Anne Ferry Fall (directrice de la Société des Auteurs dans les Arts Graphiques et Plastiques), les idées sont « de libre parcours ». Contrairement au droit moral qui protège les intérêts non économiques de l’auteur, et aux droits patrimoniaux qui permettent à leur titulaire de percevoir une rémunération pour l’exploitation de ses œuvres par des tiers. En clair, si le sculpteur Christo peut gagner un procès contre un éditeur de cartes postales, pour avoir utilisé des vues de son Pont Neuf emballé, il ne peut pas s’opposer à un publiciste qui emballe des arbres « à la manière de » Christo.

Mais aujourd’hui le droit, soigneusement élaboré par des décennies de jurisprudences, est ébranlé. L’IA générative « met à mal la protection des auteurs. Avec un simple prompt, elle opère une concurrence déloyale : n’importe qui peut créer n’importe quoi “à la manière de” ».

Pour Roger Chartier, il s’agit d’un changement de paradigme, une discontinuité radicale dans l’histoire. « Cela supprime les trois piliers du droit d’auteur : la notion de propriété (des non-humains s’emparent de la production humaine), l’originalité, et l’individualité (liées à l’expression singulière des artistes) ». L’historien y perçoit un danger conceptuel, voire existentiel, rejoint là-dessus par Marie-Anne Ferry Fall. Les deux, au delà du pillage des œuvres, se sont montrés inquiets du coût écologique de l’IA, et des conséquences que son usage peut avoir sur la santé mentale.

GAËLLE CLOAREC

Rencontre organisée le 28 janvier au Mucem, Marseille.

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Là, personne

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Là, personne © Lou Rousseau Fouchs

Conçu, écrit, mis en scène et interprété par Geoffrey Rouge-Carrassat, ce seul en scène met en scène un narrateur anonyme qui raconte l’apparition d’une présence mystérieuse dans son quotidien. Au lieu de réagir avec peur, il choisit d’intégrer cette étrangeté à sa vie, acceptant de dépasser la peur initiale pour traverser le vaste territoire du fantasme et de l’inconnu. Cette présence énigmatique devient le point de départ d’une enquête intime, un éloge du doute plus que de la résolution, questionnant les mécanismes psychologiques qui nous lient à ce qui nous échappe. Accompagné par une création sonore signée Nicolas Daussy et les lumières d’Emma Schler.

M.V.

12 février
Théâtre des Halles, Avignon

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Mémoire de fille

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Mémoire de fille © Gianmarco Bresadola Szene mit Veronika Bachfischer. Uraufführung am 9. April 2022.

Conçue par Veronika Bachfischer, Sarah Kohm et Elisa Leroy, adaptée du récit autobiographique d’Annie Ernaux et portée sur scène par la comédienne Suzanne de Baecque, Mémoire de fille estune pièce qui explore les souvenirs d’une jeune femme de 17 ans, projetée hors de son milieu provincial à l’été 1958 pour travailler dans une colonie de vacances, sur la côte nord de la France. C’est là que se déroule une expérience fondatrice et traumatisante : son premier rapport sexuel, marqué par la violence et le désintérêt, événement qu’elle tentera longtemps de comprendre et de nommer. Un spectacle qui interroge la manière dont le désir féminin est façonné, ou nié, par les normes sociales et patriarcales, et comment la mémoire peut être un lieu de confrontation entre l’expérience vécue et sa narration.

M.V.
13 février
Les Salins, Scène nationale de Martigues

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Longwy-Texas

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Longwy-Texas © Christophe Raynaud de Lage

Créé en février 2016 au Carreau à Forbach, Longwy-Texas estun spectacle écrit, mis en scène et interprété par Carole Thibaut, ancré dans le monde des aciéries de Longwy en Loraine, qui mêle récit intime, mémoire ouvrière et chronique sociale. Sur scène, à la manière d’une conférencière, tout en questionnant la place des femmes dans un univers façonné par les codes patriarcaux de l’industrie, elle retrace le parcours de trois générations d’hommes de sa famille liés aux hauts-fourneaux et aux luttes sociales des années 1970-80. Entrelaçant témoignages personnels, documents d’archives et souvenirs d’enfance, évoquant manifestations, radios libres et un paysage industriel aujourd’hui déserté.

M.V.
13 février
Les Salins, Scène nationale de Martigues

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