lundi 10 août 2026
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Voyage au pays des couleurs

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© X-DR

Dans le cadre du festival Babel Minots, la Cie Les Amis de FantomUs investit l’Auditorium de la Cité de la Musique de Marseille avec un spectacle poétique. Nicolas Lelièvre aux percussions et à l’électronique, Olivier Hue aux cordes, clarinette et pédales d’effets, embarquent le public dans une traversée visuelle et sonore de l’histoire de la couleur. De Lascaux à Soulages, des miniatures persanes aux estampes japonaises, des peintures sur sable aborigènes aux pixels de nos écrans, les œuvres défilent sous un regard neuf. Un instrumentarium hors du commun – luth oriental, percussions d’eau, de cailloux, de tiges de verre, feuilles de papier – crée une musique originale qui transforme notre façon de voir. Rouge, vert, bleu : chaque couleur devient sensation, émotion, rythme.

A.-M.T.
13 mars
Cité de la Musique de Marseille

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Beck joue Mendelssohn

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Arielle Beck © Sylvain Gelineau Photographism

Révélée à neuf ans par Martha Argerich, Arielle Beck, 17 ans, s’impose déjà comme une artiste à part entière, compositrice et improvisatrice. Formée auprès de Stephen Kovacevich et de Claire Désert au Conservatoire national supérieur de Paris, elle avait ébloui le public de La Roque d’Anthéron l’an passé.Dans le foyer de l’Opéra de Marseille, elle rendra hommage à un autre génie précoce, Mendelssohn. Au programme, les exigeantes Variations sérieuses, sommet du piano romantique, le fringant Rondo capriccioso, la tendresse des Romances sans paroles, la rigueur du Prélude et fugue op. 35, et la féerie de L’Ouverture du Songe d’une nuit d’été, transcrite pour piano. Et en guise de cadeau, une improvisation signée Beck.

 AMT
15 mars, 11 heures
Foyer de l’Opéra de Marseille

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Taire

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Taire © Christophe Raynaud de Lage

Avec Taire, la metteuse en scène Tamara Al Saadi met ici deux jeunesses en miroir : celle du mythe antique d’Antigone et celle d’Eden, une jeune placée à l’Aide sociale à l’enfance (ASE). En ouverture, elle rappelle l’étymologie du mot enfant : « celui qui ne dit pas » en latin. Et c’est justement la parole aux enfants, d’ici et d’ailleurs qu’elle donne. Les laissés pour compte en France, 400 000 enfants placés en France à l’ASE et dont la communauté nationale ne se soucie guère. En creux aussi, les milliers d’enfants tués et délogés en Palestine dont la communauté ne se soucie guère plus. Des sujets difficiles, qu’elle parvient à mettre en scène non sans poésie et humour ; bien aidée par les performances de ses comédien·nes complices Mayya Sanbar et Ismaël Tifouche Nieto.

 N.S.
18 mars
La Colonne, Miramas

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Une maison de poupée

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La Maison de poupée © X-DR

Avec comme point de départ une maison de poupée, la marionnettiste norvégienne Yngvild Aspeli s’empare de la célèbre création d’Henrik Ibsen. Entre jeu d’acteur et marionette,cette oeuvre classique scandinave plonge dans le destin de Nora, femme au foyer et mère de trois enfants, qui pour sauver la vie de son mari, s’embarque dans le mensonge en empruntant de l’argent illégalement. Prisonnière de la toile qu’elle a tissée au fil des années, la découverte de son secret fait vaciller sa relation avec son mari et sa famille. Sur scène, la toile se démêle et laisse place à des créatures mystérieuses et effrayantes. Fiction et réalité se mélangent dans une version contemporaine, pensée comme un miroir du passé reflétant vraisemblablement le présent.

C.L.
10 mars

La Passerelle, Scène nationale de Gap

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Moi, canard

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Moi, canard © Louise Quignon

Dans cette version du Vilain Petit Canard de Hans Christian Andersen, l’histoire est racontée à hauteur d’enfant, mais avec une lucidité et une sensibilité qui parlent à tous les âges : un canard, qui ne correspond à aucune case sociale ou morphologique, choisit de tracer sa propre route et d’affirmer sa liberté. Cette réécriture du conte par Ramona Badescu met en lumière la quête d’identité et l’acceptation de soi, éloignée des regards normatifs ou exclusifs de la société. Sur scène, Enora Boëlle, co-auteure, occupe l’espace avec un jeu physique et expressif. Dans un décor épuré, son canard devient le narrateur de sa propre vie, explorant ses émotions, ses doutes et ses élans avec humour et profondeur.

M.V.

Du 17 au 20 mars

Zef, Scène nationale de Marseille

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Coquilles

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Coquilles © Frederic Lovino

Pensé comme une exploration sensorielle du mouvement et du monde pour les tout-petits (à partir de 1 an), Coquilles d’Amala Dianor met en scène deux personnages singuliers : un bébé gorille et une mante religieuse. Ces figures surgissent d’un parapluie-buisson, et dans une gestuelle mêlant danse contemporaine et influences hip-hop, tissent un dialogue visuel et poétique.

Sous une pluie de confettis, accompagnée d’une bande-son mêlant percussions et contes de griots sénégalais, c’est une proposition d’une trentaine de minutes visant à stimuler la découverte des sensations et à partager un moment de poésie corporelle en famille, sans nécessiter de langage verbal élaboré.

M.V.

14 mars
La Garance, Scène nationale de Cavaillon

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Douze hommes en colère

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Douze hommes en colère © Laurencine Lot

Cette œuvre emblématique met en scène un huis-clos oppressant : 12 jurés doivent décider à l’unanimité du sort d’un jeune homme accusé de meurtre. 11 jurés sont convaincus de sa culpabilité, un seul doute et remet en question les certitudes du groupe. Ce basculement déclenche une série de confrontations verbales où les préjugés, les certitudes et les visions personnelles se heurtent dans un débat intense.

Adaptée en français par Francis Lombrail et mise en scène par Charles Tordjman, cette version s’attache à rendre la tension dramatique du texte original de Reginald Rose, et sa capacité à interroger des questions toujours actuelles : la fragilité de la justice, le rôle des préjugés et la responsabilité individuelle dans un système démocratique.

M.V.

Du 17 au 21 mars
Théâtre de l’Odéon, Marseille

Dans le cadre de la programmation du Gymnase hors-les-murs

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Le Petit Chaperon Rouge

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Le Petit Chaperon rouge © Victor Tonelli Hans Lucas

Cette relecture contemporaine du conte du Petit Chaperon rouge par Joël Pommerat n’a pas pour ambition de transformer l’histoire traditionnelle, mais d’en « incarner l’imaginaire » de façon immédiate et sensorielle. La traversée d’une petite fille qui, poussée par l’ennui et le désir de liberté, obtient la permission d’aller seule chez sa grand-mère à travers une forêt peuplée de bêtes étranges, devient le lieu d’une exploration intérieure du courage, de la peur, et du passage à l’âge adulte.

Les jeux de lumières et inventions sonores viennent soutenir l’évocation du bois et de son imaginaire, tandis que sur scène, trois interprètes incarnent les personnages et leurs interactions : le Petit Chaperon rouge, la mère, et le loup.

M.V.

Du 12 au 15 mars

La Criée, Théâtre national de Marseille

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Marseille césarisée

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© Margaux Fournier / Caviar / Les Films de Nout

Soleil rayonnant, ciel bleu, plage, graffiti : « Welcome to Marseille ? Nique Paris ». Le décor est planté dès le plan d’ouverture. Nul doute, nous sommes bien dans la Cité phocéenne, plus exactement au Bain des Dames, petit bout de plage proche de la Pointe Rouge. C’est dans cette ambiance de vacances qu’une bande de copines septuagénaires marseillaises se retrouve pour profiter de la chaleur de l’été et discuter. Leurs accents chantants plongent l’auditoire dans une série de chamailleries et de conversations qui traversent les âges. Pour sa première réalisation, Margaux Fournier livre une fresque, forcément non exhaustive, de Marseille, de ses habitantes et de leurs singularités. Si au départ, elle imaginait ce projet simplement pour internet, elle ne mesurait pas encore l’ampleur que prendrait Au bain des dames.

Une success story à la plage

En juin, alors en repérage sur les plages marseillaises, Margaux Fournier fait la rencontre de ce groupe et découvre chez elles des personnalités presque fictionnelles. Ni une ni deux, l’évidence est là. Si certain·es réalisateur·ices mettent des années à écrire, la réalisatrice marseillaise travaille quant à elle dans la spontanéité. Très vite, le projet naît au détour du hasard de cette rencontre.

À travers son visuel coloré, la plage s’impose comme un décor évident, évoquant à la fois des souvenirs d’enfance mais aussi symbole d’un espace réflexif où les corps sont de fait exposés. « La plage est un lieu où l’on est particulièrement vulnérable. On est presque nu, on dort, on se laisse aller. »

Vieillir sous le soleil

À coup de verve, la bande de copines parle de tout et de rien : de leurs corps, d’amour, de sexualité, du temps qui passe. « Je ne veux pas que ça dure, je n’ai pas envie de m’attacher », confie l’une d’entre elles en parlant d’un homme qu’elle a rencontré sur internet. Comme si, finalement, d’une tranche d’âge à l’autre, les conversations avaient peu changé.

Loin de livrer une vision faussement optimiste du vieillissement, la réalisatrice tisse une toile sensible et complexe autour de l’âge : la violence du regard social, les complexes, mais aussi la joie de vivre. « Vieillir n’est pas facile, et on ne peut pas demander aux femmes d’aimer chaque partie de leur corps. » Des corps parfois traversés par des violences et une génération marquée par le silence d’avoir été victime.

La caméra laisse une place importante à la parole. Au fil des séquences, le film prend une dimension politique autour du corps des femmes, du vieillissement et de leur place dans l’espace public. À l’heure où le cinéma manque encore de représentations de la vieillesse, Au bain des dames expose des portraits sensibles : des visages, des corps, des expressions qui n’ont rien à envier à d’autres. Un premier pas dans le monde du cinéma prometteur pour la réalisatrice marseillaise.

CARLA LORANG

Les paroles de la jeunesse

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Asfar Shamsi © Lea Esposito - Ultraviolence

Le public marseillais s’alignait devant l’Espace Julien ce 5 mars pour débuter les festivités d’Avec le Temps par deux nouveaux talents de la scène française. En première partie, c’était la Strasbourgeoise Asfar Shamsi qui sortait son troisième EP cuicui le mois dernier. Et pour clôturer la soirée, le public attendait Aupinard, artiste bordelais à la voix suave et lisse, aux rythmes bossa nova et aux riffs de guitare accrocheuses qui a connu une ascension fulgurante récemment. Les deux artistes convient alors le public marseillais dans leurs univers pop – l’une penchant sur le rap, l’autre le r’n’b.

Poésie de la Gen Z

Arrivée sur la scène en 2023 avec Au revoir Février, Asfar Shamsi se fait surtout connaître en 2025 avec son titre 2006 joué live dans l’émission Planète Rap, invitée par Youssef Swatts – vainqueur la troisième saison du Netflix-crochet Nouvelle Ecole (2024).

À l’Espace Julien ce 5 mars, c’est donc une artiste rap qui débarque sur scène, et les punchlines qui vont avec. Elle écrit d’une plume vulnérable, parfois teintée de mélancolie. Des textes bruts et poétiques, à l’authenticité remarquée. Et de même que ses textes sont délicats, sa voix l’est aussi, presque parlée, mais envoutante et d’un timbre qui fait penser à celle d’Angèle.

Ses textes touchent à sa vie, ses expériences, ses observations, la société. Un parti pris audible dans La Crise où elle décrit les sentiments d’une jeunes face aux crises géopolitiques : « depuis que je suis née, c’est la crise ». Elle porte ensuite sa veste en pics noir emblématique de son opus précédent Le dilemme du hérisson pour interpréter Escrocs qui évoque les tribulations de ses relations amoureuses. De ce même opus, elle chante Grands ensembles, un texte – qui rien que de son titre – critique l’aliénation urbaine avant de chanter la sincérité touchante de Nuage bleu.

Pour finir en beauté cette première soirée d’Avec le temps, c’est ainsi Aupinard, qui après avoir percé sur les réseaux sociaux, s’est trouvé une place dans la scène française avec des chansons comme Texto ou Parisienne high level. Le public marseillais était alors à l’affût chantant toutes les paroles de Un thé ? alors que le titre n’était pourtant sorti qu’une semaine plus tôt !

LAVINIA SCOTT

Concert donné à l’Espace Julien ce jeudi 5 mars dans le cadre du festival Avec le Temps, Marseille.

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