lundi 9 février 2026
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Taire 

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Taire © Christophe Raynaud de Lage

Deux espaces, l’un ancré dans le réel, l’autre mythologique. Deux jeunes filles prises malgré elle dans des conflits, des systèmes profondément violents et injustes. Un aller-retour se joue entre elles deux, la jeune Eden, placée à l’Aide sociale à l’enfance, et Antigone, fille d’Œdipe, plongée dans les vicissitudes d’une Thèbes allégorie de la Palestine. La première, valdinguée de foyers en familles d’accueil, ne peut que crier sa colère. La seconde est mutique face à la guerre fratricide qui oppose ses deux frères. 

Dans Taire, la metteuse en scène Tamara Al Saadi [Lire notre entretien ici] donne la parole aux enfants, laissé·es-pour-compte ici et ailleurs, et victimes au premier chef de circonstances chaotiques dans lesquelles iels n’ont pas leur mot à dire.

CHLOÉ MACAIRE

30 septembre au 4 octobre 
Jeu de Paume, Aix-en-Provence 

7 et 8 octobre
Théâtre Joliette, Marseille 

À l’ombre du réverbère

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À l'ombre du réverbère © Claire Gaby

Redwane Rajel est né deux fois : une première à Avignon, et une deuxième, dit-il, au Théâtre de la Villette en 2018. À cette époque, il est incarcéré à la prison du Pontet et participe aux ateliers de théâtre donnés par Olivier Py et Enzo Verdet, ce qui lui donne l’occasion de monter à Paris avec le reste de la troupe de comédiens détenus, pour y jouer Antigone. Lorsque la peine de Rajel arrive à son terme, il devient comédien professionnel. 

En 2023, il crée avec Enzo Verdet son premier spectacle, À l’ombre du réverbère. Seul en scène, il raconte son histoire, et la manière dont la rencontre avec le théâtre a changé sa vie. Son témoignage se mêle à une réflexion plus large sur l’univers carcéral, fondée sur le travail de Bertrand Kaczmarek, ancien directeur adjoint de prison devenu docteur en philosophie, et co-auteur du texte. 

CHLOÉ MACAIRE

Du 30 septembre au 4 octobre 
Théâtre des Bernardines, Marseille 

16 Ânes 

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Le compositeur Ivan Grinberg © X-DR

L’Année Cezanne continue à Aix-en-Provence, et s’invite dans la programmation hors-les-murs du Grand Théâtre de Provence. Pour rendre hommage au peintre, le théâtre invite son public à une balade musicale inédite dans la Sainte-Victoire – où d’autres ? – en compagnie de conteur·euses, de musicien·nes à vent… et de 16 ânes. 

Au-delà du jeu de mot, la présence de ces animaux participe de l’hommage à Cezanne, qui grimpait lui-même sur la montagne accompagné de son âne. Ils viennent compléter le tableau esquissé par le compositeur Marc-Olivier Dupin et l’auteur Ivan Grinberg, à qui le texte et la musique ont respectivement été commandés par l’équipe du théâtre. 

Le rendez-vous est donné sur le parking du Toscan, au Tholonet, pour chacune des 12 représentations données au cours du week-end. 

CHLOÉ MACAIRE

Les 27 et 28 septembre 
Parking du Toscan, Le Tholonet 
Dans le cadre de la programmation hors-les-murs du Grand Théâtre de Provence 

Clôture artistique de l’exposition Giacometti

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© Thibaut Carceller

Après quatre mois et plus de 40 000 visiteurs, l’exposition Alberto Giacometti. Sculpter le vide [lire ici] vit ses derniers jours au Musée Cantini. Pour clore en beauté, la Ville de Marseille a choisi d’ouvrir gratuitement les portes du musée du 25 au 28 septembre, tout en ponctuant ces quatre derniers jours de rendez-vous artistiques, entre littérature, théâtre et performance. Jeudi, le jardin accueillera à 18h30 une lecture du texte de Jean Genet L’Atelier d’Alberto Giacometti par la Compagnie La Clac. Samedi, mots, gestes et mémoire de l’œuvre avec Redwane Rajel, une rencontre proposée par le Théâtre du Gymnase-Bernardines à 11h30. Et dimanche, à 16h, Gaëtan Marron offrira une performance inspirée de l’œuvre Tête noire (Portrait de Diego), transformant la salle en scène vivante. 

MARC VOIRY

Du 25 au 28 septembre
Musée Cantini, Marseille

Baro d’Evel – Qui som ?

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Qui som ? © Christophe Raynaud de Lage

Des pots brisés, un monticule vivant, une mer de plastique en guise de décor. Et cette question posée en catalan comme un murmure ou un cri : « Qui som ? » – Qui sommes-nous ? Le Grand Théâtre de Provence ouvre sa saison avec Baro d’evel et sa pièce fleuve créée l’an dernier au Festival d’Avignon (lire notre critique ici). Signée Camille Decourtye et Blaï Mateu Trias, Qui som ? mêle musique, danse, théâtre, arts plastiques, dans un élan total. Argile, sueur, cris et chants fusionnent dans une fresque mouvante. Entre clowns lunaires, créatures masquées, fanfare éclatée et figures transfigurées, les douze interprètes sculptent une communauté fragile mais tenace. 

SUZANNE CANESSA

Du 25 au 27 septembre 
Grand Théâtre de Provence
Départ le 27 septembre du Théâtre d’Arles

actoral : Pulsion – Je s’ingénie un genre 

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Pulsion © X-DR

« Comment ça s’organise, une psyché ? Par rencontres. Et parmi elles, celles des rapports sociaux qui composent une société : classe, race, genre ». Conçue à partir du livre de philosophie coécrit par Sandra Lucbert et Frédéric Lordon, Pulsion (paru en 2025 aux éditions La Découverte), la performance interroge le jeu de forces qui détermine la manière dont chacun·e investit le genre : accord, réticence ou franc refus. Avec la complicité de la dramaturge Barbara Métais-Chastanier, cette adaptation transforme l’essai philosophique en une traversée sensible. Une réflexion sur les identités et leurs possibles, à la croisée du texte, de la performance et de la pensée vivante.

MARC VOIRY

1er octobre
Friche La Belle de Mai
Dans le cadre du festival actoral

Lire ici notre article sur la 25e édition du festival actoral

actoral : On m’a jeté l’œil 

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On m'a jeté l'oeil © X-DR

Dans cette lecture-performance, Anya Nousri transpose son premier roman remarqué On m’a jeté l’œil sur scène. À travers un extraordinaire métissage linguistique (en français, en derdja, en kabyle, en anglais, en créole et en verlan), elle ausculte les questions d’appartenances multiples et leurs effets sur les identités. 

Persuadés que la protagoniste du roman, jeune québécoise d’origine Kabyle, est victime d’un mauvais sort, ses proches cherchent à conjurer le destin, à travers superstitions et rituels religieux transmis par les femmes de leur lignée. Mais face au poids des traditions, la jeune femme s’autorise à explorer et assumer des désirs qu’elle taisait jusque-là. Et trace sa propre voie, soutenue par la présence vive et incarnée de l’autrice. 

MARC VOIRY

30 septembre
La Criée, Théâtre national de Marseille
Dans le cadre du festival actoral

Lire ici notre article sur la 25e édition du festival actoral

actoral : L’Écho 

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Valérie Dreville, Photo de répétition © X-DR

Deux univers artistiques intenses se rencontrent : celui de Nacera Belaza, chorégraphe française d’origine algérienne, qui depuis plus de 20 ans développe une danse minimaliste et méditative, et celui de Valérie Dréville, comédienne majeure du théâtre contemporain, habituée aux grandes scènes européennes. 

Avec L’Écho, elles inventent un espace de résonance entre deux formes d’expression qui, souvent, s’opposent : la danse et la parole. Ici, le corps devient langage et la voix, mouvement. La danse de Belaza, faite de cycles hypnotiques et de gestes épurés, dialogue avec l’élocution singulière de Dréville, dont la diction sculptée façonne le silence autant que le verbe. Une expérience pour questionner le rapport à l’écoute et à la présence.

MARC VOIRY

30 septembre et 1er octobre
La Criée, Théâtre national de Marseille
Dans le cadrer du festival actoral

actoral : Analphabet

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Analphabet, d'Alberto Cortés © Alejandra Amere

Dans Analphabet, le metteur en scène, dramaturge et interprète Alberto Cortés déploie une poésie corporelle et vocale où la langue se mêle aux gestes. Ses textes, nourris aux vers de Goethe, d’Hölderlin et de Novalis, racontent une plaie amoureuse, incarnée par un fantôme qui chante la chute dans l’abîme d’un « couple d’amants », subissant la violence que le patriarcat inflige aux relations queer. Sur scène, la présence du violon amplifie la dimension dramatique, intime et tragique du récit. Un spectacle qui vise à transformer l’intime en expérience collective et politique, mêlant oralité, musique et performance scénique en un langage singulier.

MARC VOIRY

24 et 25 septembre
Ballet National de Marseille
Dans le cadre du festival actoral

actoral : Puff 

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Puff © Camille Blake

Puff condense la longue collaboration entre la chorégraphe brésilienne Alice Ripoll et l’interprète Hiltinho Fantástico, en faisant du geste une parole politique et poétique. À partir des danses urbaines brésiliennes, c’est un solo qui explore le thème du déguisement comme stratégie de survie et de transmission dans les cultures de la diaspora africaine. Sur un plateau épuré, le danseur déploie un langage corporel à la précision acérée : ruptures de posture, déhanchés accélérés, jeux d’illusion où le corps « disparaît » et réapparaît comme dans un souffle : puff ! Prouesse technique et émotion contenue, mémoire et identité, un solo qui invite le public à lire dans chaque geste une archive vivante. 

MARC VOIRY

24 et 25 septembre
Théâtre des Calanques
Dans le cadre du festival actoral

Lire ici notre article sur la 25e édition du festival actoral