mardi 11 août 2026
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Commençons par faire l’amour

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Commençons par faire l’amour © César VayssieI

Voyager du fantasme à la réalité, parler de faire l’amour, mais aussi de ne pas le faire. Avec Commençons par faire l’amour, la chorégraphe Laura Bachman poursuit une démarche à la croisée de la danse, de la littérature et du théâtre. Après le succès en 2023 de Ne me touchez pas, l’ancienne danseuse de l’Opéra de Paris s’empare de l’œuvre de Jean-Philippe Toussaint, Le cycle de Marie et relève le défi de chorégraphier ce roman d’amour en s’appropriant les images cinématiques du texte. Enraciné dans les tiraillements d’un personnage complexe, le spectacle ouvre une réflexion sur la féminité, ses représentations mais aussi sur les rapports de pouvoir. Le temps d’une soirée, la scène devient un laboratoire et interroge la manière dont on représente l’amour, les corps et les sexualités.

C.L.
3 février
Les Salins
, Scène nationale deMartigues

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Mon petit cœur imbécile

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Mon petit coeur imbécile © Christophe Raynaud de Lage

Le petit cœur d’Akim, neuf ans, est malade. Il s’emballe et n’en fait qu’à sa tête. Là où il vit, l’opération coûte très, très, très cher. Impossible pour sa famille d’espérer pouvoir faire les réparations. Mais quand tout semble s’effondrer, sa mère, Maswala, tombe sur un article de journal évoquant une course de l’autre côté du pays. Elle se met alors en tête de courir ce marathon dans l’espoir de pouvoir payer l’opération de son fils. Adapté par Catherine Verlaguet d’après le roman de Xavier-Laurent Petit et mis en scène par Olivier Letellier, le spectacle combine le théâtre de récit et la danse hip-hop en croisant les genres: house, voguing, popping.

C.L.

28 janvier

Les Salins, Scène nationale de Martigues

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Élan vital

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Don Juan, Cie Grenade © Clara Lafuente

Malgré la douloureuse défection d’une tête d’affiche attendue de cette 28e édition – Entre chiens et loups du Théâtre du Centaure, annulé pour cause de blessure à quelques jours du lancement du festival – cette nouvelle cuvée des Élancées s’annonce trépidante.

L’énergie furibonde de grandes troupes internationales promet des étincelles sur la piste : bande son électro pour les spectaculaires portés de la Cie australienne Circa (le 31 janvier au Théâtre de Fos-sur-Mer), fantaisie sur les notes de Bach avec la compagnie espagnole Aracaladanza (le 8 février à la Colonne, Miramas)… Avec Moya du Zip Zap Circus, école implantée au Cap depuis 30 ans, dix jeunes acrobates sud africains content leur envies d’émancipation, mêlant la tradition – pantsula, acro-danse, gumboots –, aux techniques circassiennes – sangles aériennes, roue Cyr, jonglage, tissu, trapèze… (le 27 janvier à l’Usine, Istres).

En tournée depuis 10 ans à travers l’Europe, Mad in Finland pose son chapiteau à Miramas : 7 acrobates finlandaises y conjuguent leurs disciplines évocatrices – suspension capillaire, antipodisme, rola-bola, danse sur fil… – pour se jouer des clichés entourant le folklore de leur pays d’origine, entre nuit polaire, bûcherons et saunas (du 11 au 15 février, sous chapiteau à Miramas).

Parmi les fidélités régionales, on aura plaisir à retrouver les plus récentes créations de Michael Kelemenis ou encore de Josette Baïz, qui revisite le mythe de Don Juan entre krump et hip-hop (Cinq versions de Don Juan, le 10 février à la Colonne, Miramas). Au rayon des pépites, des valeurs sûres – Hourvari de Rasposo, impertinent charivari tissant une vénéneuse fable autour de l’enfance et de la désobéissance (du 13 au 15 février sous chapiteau à Istres) – ou prometteuses : un montage de meuble Ikea qui s’annonce savoureux, aux côtés de Mathieu Despoisse et Etienne Manceau (sortie de résidence de Pling-Klang, le 14 février au Citron Jaune, Port-saint-Louis-du-Rhône).

Jeux à danser

Ajoutons un soupçon de magie pour parfaire le paysage : close-up de Julien Becquelin, mentalisme de Scorpène, ou magie plus visuelle avec Ballroom, digression jonglée dans un camion théâtre, avec la compagnie belge Post uit Hessdalen (du 4 au 8 février à Istres et Fos).

Enfin, pour honorer sa ligne éditoriale dédiée aux arts du geste dans leur pluralité, le festival consacre cette année un focus à « la danse et l’enfant ». À glaner, une table ronde en matinée le 7 février, un jeu de société grandeur nature imaginé par Christine Fricker (Labyrinthe de l’oie, le 7 février à la Maison de la danse, Istres), une immersion ludique et documentée dans le mouvement hip-hop, de ses origines à nos jours avec la compagnie 6e Dimension (le 7 février à l’espace Gérard Philipe de Port-saint-Louis-du-Rhône), suivi d’un bal urbain ; ou encore P.I.E.D.#Format de poche, espiègle chorégraphie dédiée à ces membres parfois mal aimés, par la chorégraphe Bérénice Legrand (le 4 février à l’Oppidum de Cornillon-Confoux). Avec toujours des tarifs accessibles – de 5 à 8 euros – fidèles à l’éthique déployée tout au long de ces années par Anne Renault, ancienne directrice de Scènes & Cinés, qui signe ici sa dernière édition.

JULIE BORDENAVE

Les Élancées
Du 3 au 15 février
Istres et alentour

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Une communauté et ses épreuves

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Promis le ciel (C)Jour2 fete

Promis le ciel. Pour qui ? Pour cette fillette immergée dans un bain moussant doux et bleuté autour de laquelle s’affairent trois femmes noires, lui posant des questions, la rassurant. La fillette (Estelle Kenza Dogbo) évoque un bateau renversé, un homme avec des couteaux « Tout est cassé » répète t-elle. Elles doivent trouver une solution pour la fillette. C’est ainsi que commence le nouveau film de la Tunisienne Erige Sehiri, dont on avait apprécié le précédent, Sous les figues (https://journalzebuline.fr/une-jeunesse-mi-figue-mi-raisin/) Ici, c’est autour d’une communauté de femmes subsahariennes qui tentent de trouver leur place en Tunisie que se construit le film.  Trois Ivoiriennes. Une pasteure, (Aïssa Maïga) ancienne journaliste, Aminata qui se fait appeler Marie, a rassemblé la communauté dans son  Église de la persévérance, un culte catholique et un centre d’aides. Avec elle, Naney (Déborah Christelle Naney ) qui l’aide mais qui trafique avec un ami tunisien, Foued (Foued Zaazaa ),  espérant faire venir sa fille qu’elle n’a pas vue depuis 3 ans. La plus jeune, Jolie  (Laetitia Ky) étudiante, en règle avec ses papiers, pense surtout à ses études et voudrait être plus indépendante. La caméra de Frida Marzouk les suit de très près, captant sur leur visage toutes les émotions : espoir en un avenir meilleur, crainte et doutes quand les rafles de subsahariens s’annoncent. Scènes de la vie quotidienne, moments de ferveur quand Marie prêche et que toutes les femmes de la communauté prient et chantent : instants d’allégresse quand on danse, oubliant qu’on est loin de son pays et que la Tunisie n’est pas vraiment une terre d’accueil. Et lien entre les trois, la petite Kenza, l’enfant qu’on voudrait garder dans la communauté, ce qui pourrait être un risque pour Marie, Kenza qui ramène le sourire sur leur visage quand elles sont tristes, celle qui interroge les liens brisés, la maternité, l’avenir. Autour de ces trois femmes, gravitent des hommes, le propriétaire de la maison (Mohamed Grayaâ) assez indifférent à leur sort, Foued qui subit la crise économique comme bon nombre de Tunisiens, Noa, l’ami aveugle de Marie qui l’interpelle sur son projet de ne pas remettre Kenza aux autorités : Tu ne peux remplacer un enfant par un enfant »  dit –il à cette mère qui a perdu sa fille. Un moment très émouvant.

« On m’a promis le ciel, en attendant je suis sur la terre, à ramer. » chante le groupe Delgres.  Certes, elles rament ces trois femmes dont Erige Séhiri fait le portrait  dans ce film choral à l’image soignée, souvent bleutée, superbement interprété par Aïssa Maïga, Déborah Christelle Naney, Laetitia Ky et la petite Estelle Kenza Dogbo,  mais leur force, leur volonté face à l’adversité nous donnent une vraie leçon de vie.

Annie Gava

Lire ICI un entretien avec Erige Sehiri

Promis le ciel en salles le 28 janvier 2026

© Jour2fête

Le Chasseur de baleines

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Le Chasseur de baleines (C) Singularis films

Stay of a broken heart de Johny Cash, une rue miteuse la nuit, un cabaret où de jeunes femmes à moitié dénudées se maquillent dans des loges. C’est ainsi que démarre Le Chasseur de baleines du réalisateur russe Philip Yuryev. L’une d’elles traverse un couloir qui l’emmène dans une chambre aux voiles roses. C’est là qu’elle se filme, excitant tous ceux qui, au loin, se connecteront. Et parmi eux, très loin, dans un petit village isolé dans l’oblast de Pskov, non loin du détroit de Bering, des chasseurs de baleine, dans leurs tenues sombres, debout devant l’écran, hypnotisés par cette apparition. Lyoshka (Vladimir Onokhov) et Kolya (Vladimir Lyubimtsev) sont deux amis à peine sortis de l’adolescence, très travaillés par le sexe : « Tu crois qu’il y a des prostituées à Anadyr ? … Tu peux mater des meufs sur des webcams ! » C’est ce que fait Lyoshka quand il n’est pas en mer pour la chasse aux baleines et quand il n’y a pas de coupure d’électricité. Il veut retrouver cette fille blonde dont l’image l’a émoustillée, Hollysweet 999. Il en est tombé amoureux. Naïf, il est persuadé de vivre avec elle, par écran interposé, une grande histoire ; il lui parle, apprend des rudiments d’anglais pour lui déclarer son amour. Un rêve qui lui permet aussi d’échapper à un avenir tout tracé, une manière de se penser ailleurs. Ailleurs, c’est l’Alaska puis Détroit où semblerait se trouver la cam- girl. Une illusion qui lui permet de vivre autre chose que cette routine qui l’attend.  Partir, c’est ce qu’il va faire après une bagarre violente avec Kolya. On vous laissera découvrir le voyage de Lyoshka, avec ses obstacles, ses mauvaises rencontres, et ses mirages dont une séquence magistrale où dans un paysage aride trônent d’immenses carcasses d’animaux.

 Les plans de son voyage à travers des contrées désertiques sont superbes tout comme son visage filmé comme un paysage.  Les séquences de pêches, telles des plans documentaires sont annoncées dès le début du film par un étonnant tableau vu du ciel : une baleine morte sur la plage autour de laquelle des hommes s’affairent. Pour son premier long métrage, Philip Yuryev a choisi de travailler avec deux jeunes acteurs non professionnels, repérés dans un orphelinat de la région de Tchoukotka, qui ont su rendre sensibles les interrogations de ces adolescents. « L’adolescence est un moment où l’on traverse des sentiments comme la solitude ou la tristesse, où l’on cherche sa place. Le thème du premier amour nous permet de nous identifier au personnage, car il est universel. À mon sens, ce n’est pas un film sur la région de Tchoukotka, ce n’est même pas un film « russe » : c’est avant tout un film sur l’adolescence, que tout le monde peut comprendre.

Un premier long métrage prometteur qui nous invite  à décaler un peu notre regard.

Annie Gava

Un samedi pluvieux à l’Opéra 

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© L.S.

C’est un public marseillais échaudé par la pluie qui s’est retrouvé au foyer de l’Opéra ce samedi, pour assister au concert de musique de chambre avec au premier plan, la clarinette, autour d’un répertoire qui mêle Baermann, un jeune Webern et Brahms. Pour interpréter ce programme, Valentin Favre – qui occupe le poste de clarinette solo à l’Orchestre de l’Opéra de Marseille depuis 2014 – se trouve aux côtés des violonistes Quentin Reymond et Cécile Freyssenède, de l’altiste Brice Duval et du violoncelliste, Etienne Beauny.

Le concert débute par une pièce, longtemps attribuée à Wagner, mais qui est en réalité une création de Heinrich Joseph Baermann, clarinettiste virtuose et compositeur allemand :  l’Adagio pour clarinette et quatuor à cordes (1821). L’instrument est alors une nouveauté, et les compositions fondatrices de Baermann inspireront les grands compositeurs comme Mendelssohn ou Carl Maria Weber. Sereine, malgré le fait d’être un adagio, l’œuvre est caractérisée par l’ambiance contemplative d’un matin de rosée où la nature s’éveille. Douce et lyrique, la clarinette s’élève, poétique, au-dessus de la formation à cordes qui déploie de légers trémolos atmosphériques. Sa beauté s’y trouve reflétée par la fresque illuminée qui survole les têtes du public : Orphée charme le monde par la musique de sa lyre d’Augustin Carrera.

L’œuvre suivante, Langsamer Satz, écrite à Vienne presque un siècle plus tard, est une pièce d’étude d’Anton Webern, alors élève d’Arnold Schönberg. L’œuvre est empreinte de lyrisme, a contrario de ce qu’il pourra écrire plus tard – plus concis, atonal, sériel et contrapuntique. Marquée par la jeunesse, l’amour, l’optimisme et la candeur du jeune compositeur autrichien, la musique est également marquée par les tourments qui l’accompagnent. Ce sentiment d’être emporté dans plusieurs directions se retrouve dans l’emploi des nuances, du lyrisme des mélodies et les passages pizzicati qui accentuent ce mouvement fluctuant. Composé dans la tradition du compositeur romantique allemand, le Quintette pour clarinette et cordes en si mineur, op. 115 de Johannes Brahmssuit celui de Webern et clôture le concert.

LAVINIA SCOTT

Concert donné le 17 janvier au Foyer de l’Opéra

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Jules Henriel parade désormais en solo

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Chanteur du groupe de rock marseillais Parade, Jules Henriel prend un nouveau tournant dans sa jeune carrière, et fête ce mois-ci la sortie de son premier morceau solo intitulé Our own self assurance. Pour ceux qui grenouillent déjà dans les salles du cours Julien et de la Plaine, rien de vraiment étonnant. Voilà quelques années déjà qu’il aime prendre la poudre d’escampette, et jouer, seul avec sa guitare, lors de showcases à Lollipop Music Store ou pour des premières parties dans d’autres salles du coin. On retrouve donc sur le titre sa folk mélancolique, aux accents british. Notons aussi la très belle pochette signée Angeline Le Corre, que l’on avait découverte pour sa non moins jolie maquette du magazine Antichambre. L’album est attendu courant 2026. N.S.

Flathead passe une tête à Lollipop 

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Flathead a eu une année 2025 bien chargée. Deux disques enregistrés – tous deux sortis sur Dangerhouse Skylab Records et Wanda records –, et une jolie ribambelle de concerts, ici ou ailleurs. En 2026, le groupe marseillais ne perd pas son temps et commence l’année avec une première date à Lollipop Music Store ce 23 janvier. Au programme, la power-pop ultra huilée du groupe, qui combine influences 70’s et énergie punk.

N.S.

23 janvier
Lollipop music store, Marseille 

Samedi Midi, à la bonne heure 

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La scène rock de Marseille regorge de jeunes talents. On a parlé ici de La Flemme, Technopolice et autre Avee Manaa. Il faut désormais compter aussi sur Las Grimas – quatuor féminin dont on attend le premier album dans quelques mois – mais également sur Samedi Midi, qui a joué les trouble-fêtes pendant la trêve hivernale, en célébrant son premier album ce 3 janvier dans un Intermédiaire bondé. 

Du goût dans le frigo

À l’écoute du disque – dont chacune des pochettes faites main est unique – quelque chose saute immédiatement à l’oreille. La formation ne compte pas de guitare : batterie, claviers, basse, chant. Si ce n’est pas inédit – on se souvient des Grenoblois de Taulard, dont on retrouve ici quelques cousinages musicaux – ce n’est pas commun pour autant, dans une musique qui place bien souvent la guitare au-dessus de tout. 

Cette première originalité n’est certainement pas la dernière. Il y a dans ce disque des airs de Niagara, des Rita Mitsouko, ou des Calamités pour les chansons les plus pop. On se rapprochera du punk-rock à d’autres endroits du sillon. Il y a aussi la voix de la chanteuse, Magalie Bernard, également comédienne. Une qualité qui s’entend largement à l’écoute, puisqu’elle ne se contente pas de chanter, mais interprète ses titres, ajoutant sourires, rires ou larmes à ses voix.

L’album, aux contours artisanaux, offre aussi de la joie dans les mélodies, de l’humour dans des paroles, des textes engagés, des parties claviers qui scintillent. Il y a également cet aparté en plein air, dans un duo guitare-voix avec Kael – membre de nombreuses autres formations marseillaises (Kael & les remords ou Flathead) – qui permet d’entrevoir les conditions dans lesquelles l’album a été enregistré : une maison dans le Sud de la France, sous le soleil estival. 

Le disque se termine par le très drôle Frigo dont la principale ritournelle dit : « Tout ce qui a du goût dans le frigo donne du goût à ce qui n’a pas de goût dans le frigo ». Le disque, lui, ne manque pas de saveurs. 

NICOLAS SANTUCCI


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Trouver sa place

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Garçon © Thomas Fourneau

À la demande de ce metteur en scène engagé, Simon Grandgeat a enquêté auprès des jeunes d’un collège de Haute Marne. En immersion durant trois mois, il a observé, interrogé élèves, professeurs, pour écrire au plus vrai. L’équipe de la compagnie La Paloma l’a rejoint en résidence. Le résultat : un spectacle enlevé, vivant, touchant. Les deux jeunes interprètes, finalement encore très proches de l’adolescence, se sont investis avec ferveur au service du texte de l’auteur. Le plateau est astucieusement occupé par trois espaces de jeu. Trois lieux de vie, successivement éclairés ou pas en fonction des besoins. Au début, le père parle de la disparition de Garçon (l’auteur ne lui a pas donné de prénom) à une personne qui pourrait être une psychologue mais qui se révèlera être plutôt de la police. Veuf et médecin surchargé de travail, il ne peut s’occuper de son fils de 15 ans. Démissionnaire, il l’a confié à sa sœur, Camille, célibataire, qui vit à la campagne. 

Se tromper pour mieux se trouver…

L’adolescent a changé de collège, a perdu ses copains de la ville. Isolé, déboussolé, très vite, il devient violent, griffe ses camarades, cesse rapidement d’aller au collège. Camille le prend en charge, essaie de l’intéresser à la chasse dans cette région montagneuse, lui propose des cigarettes et lui procurera une vieille bécane. Pour le viriliser ? Une copine de classe lui apporte les devoirs. Peu à peu, un lien se crée entre eux, même s’il se méfie. Il lui parle de son malaise, de son refus d’obéir, de sa volonté de se mettre à la muscu. Malgré son attirance, il est violent avec elle. Il prend conscience qu’il est allé trop loin…Joseph Lemarignier joue les deux rôles masculins, Sophie Claret les trois autres rôles. Les changements de costumes se font rapidement à vue : jeu avec les cheveux de Joseph, blousons différents pour Sophie. Leurs jeux sont parfaits, les changements de situation sont fluides. Le public, dont plusieurs jeunes, est séduit par cette histoire touchante qui se déroule à un rythme soutenu, souligné de musiques dansantes.

CHRIS BOURGUE

Garçon, mise en scène de Thomas Fourneau, s’est joué au Théâtre Massalia les 16 et 17 janvier et sera en tournée dans les établissements scolaires en novembre

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