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Quand le blues prend racine à Meyreuil

La 8e édition du Blues Roots Festival s’est tenue le week-end du 10 au 12 septembre. Retour sur les deux premières soirées

La soirée du vendredi au Blues Roots Festival de Meyreuil faisait la part belle aux leadeuses. Le trio d’Élise Frank, tout d’abord, suscita l’adhésion du public par son énergie juvénile et ses compositions exigeantes, pour ne pas dire expérimentales, tant les breaks et autres surprises musicales furent au rendez-vous. C’est surtout la voix de la chanteuse, originaire de Tarbes mais désormais à la conquête des scènes internationales, qui donne à ce power-trio toute sa saveur : oscillant entre le rocailleux d’une Janis Joplin et les incantations d’une Patti Smith, elle décline des séquences d’ego-trip bluesy débordantes d’émotions contrastées. 

Quant au set de Shemekia Copeland, il a répondu à toutes les attentes et même davantage : cette matriarche de Harlem a conduit son groupe avec maestria, la jouant constamment collectif, au service d’une musique profonde, lorgnant parfois vers le rock’n’roll, servie par un groupe d’excellence (superbe complémentarité des guitares et de la rythmique), pour balancer des messages plus que jamais d’actualité, notamment avec son titre Blame it on Eve (« la faute à Eve »), un hymne à la féminité revendicative.

Punk ? Il y en a 

Le second soir voyait se succéder deux formations étatsuniennes. Le trio du chanteur-guitariste Jamiah Rogers, originaire de Chicago, déploya une énergie punk pour un set oscillant entre ADN groove et shuffle du Chicago-blues et déflagrations rock d’inspiration hendrixienne. La flamboyance de l’orchestre du Louisianais D.K. Harrel fit plus que réchauffer le site de Valbrillant. Un saxophoniste et un trompettiste espagnols en verve, un batteur d’exception, un bassiste d’excellence et un organiste chef d’orchestre forment l’écrin musical de celui qui est considéré comme l’un des artistes les plus demandés de la nouvelle génération de bluesmen. Son art consommé du storytelling dans son jeu de guitare et dans ses intentions vocales amènent les musiciens et le public vers un climax. Si, pour lui, le blues est un langage de vulnérabilité, il n’en est pas moins aussi irrémédiablement politique -il égratignera d’ailleurs Trump entre deux morceaux. 

LAURENT DUSSUTOUR

Le Blues Roots Festival
du 10 au 12 septembre
Domaine Valbrillant, Meyreuil. 

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