Elle a déjà largement traversé le printemps aixois. Invitée d’honneur de la troisième Biennale, l’Italie s’est glissée dans les rues et les lieux patrimoniaux, dans les grands textes de non-fiction réunis par le festival Effets Réels, ou encore dans la photographie de mode de Marino Parisotto. Elle sera encore au cœur du deuxième volet de la manifestation ; avant même son ouverture officielle, le cinéma prend les devants.
Avec Voyages en Italie, l’Institut de l’Image en parcourt les contradictions et les métamorphoses à travers douze films et 45 projections, du néoréalisme des années 1950 au cinéma contemporain. Une histoire du cinéma, donc, mais aussi celle d’un pays : ses fractures sociales, son rapport à la modernité, ses combats politiques, ses enthousiasmes et ses désillusions. Pâques sanglantes de Giuseppe De Santis, projeté dès le 3 septembre, ouvre cette traversée. Fellini lui succède avec La Dolce Vita, Palme d’or 1960, les 3, 11 et 20 septembre ; Antonioni avec L’Éclipse, les 4, 10, 18 et 26, rencontre entre Alain Delon et Monica Vitti ; Vittorio De Sica avec La Ciociara, porté par Sophia Loren et Jean-Paul Belmondo, à partir du 5 septembre. Dino Risi, Marco Ferreri, Damiano Damiani et Ermanno Olmi complètent ce panorama où la comédie côtoie le cinéma politique et l’inquiétude existentielle.
Nous nous sommes tant aimés d’Ettore Scola condense à lui seul une bonne part de cette histoire : celle d’une génération passée des espoirs de la Résistance aux compromis de l’Italie d’après-guerre. Le film sera projeté une seule fois, le 6 septembre à 18h15, lors d’une séance présentée par Sabine Putortì, qui introduira également la rétrospective.
D’une génération à l’autre
Le week-end des 12 et 13 septembre fait dialoguer trois générations de cinéastes. Le critique Eugenio Renzi, qui a participé à l’élaboration du cycle, présentera Des oiseaux petits et gros de Pasolini le samedi 12 à 14h30, puis Sogni d’oro de Nanni Moretti à 17h30 ; les deux projections seront suivies d’une discussion. Le dimanche 13 à 14h, il accompagnera Les Merveilles d’Alice Rohrwacher, Grand Prix à Cannes en 2014. Trois manières très différentes de regarder un même pays, de l’Italie des bouleversements politiques et idéologiques à celle, contemporaine, des territoires ruraux et des mondes menacés de disparition.
À ces 45 projections s’ajoute, le 19 septembre à 18h30, une séance unique de Journal intime de Nanni Moretti, qui ouvrira la soirée de départ de Sabine Putortì, après vingt-trois ans à la tête de l’Institut de l’Image – elle va prendre la tête de l’antenne marseillaise de la Cinémathèque française. La projection sera suivie d’une initiation à la pizzica menée par Federica Melcore, d’une restauration italienne et d’un karaoké. Une dernière fête avant de tourner la page.
SUZANNE CANESSA
Voyages en Italie
Du 3 au 27 septembre
École supérieure d’art d’Aix-en-Provence





