dimanche 19 mai 2024
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Revoir ses classiques

L’Orchestre de Paris fait honneur aux pages oubliées de Gounod et Vincent d’Indy

La postérité a retenu de Vincent d’Indy sa contribution considérable à l’enseignement de la musique, et notamment à la création de la Schola Cantorum de Paris. Mais aussi et surtout à l’analyse musicale, puisque ses écrits consacrés à la composition et aux formes musicales (dont, tout particulièrement, la forme variation) sont encore étudiés aujourd’hui. Ce grand musicien à la carrière longue et multiple, puisqu’il mourra en 1904 à l’âge de 82 ans, était pourtant un compositeur pour le moins intéressant, certainement plombé par des positions beaucoup trop à droite sur l’échiquier politique pour convaincre ses contemporains… 

Il suffit cependant d’entendre le très lyrique Chanson et danses enregistré par les solistes de l’Orchestre de Paris pour regretter cette omission. Un premier mouvement finement agencé fait tinter les inimitables vents de l’Orchestre de Paris. Sept instruments y rivalisent de grâce, et s’unissent sur des harmonies évoquant les plus belles pages de Wagner. Sur les danses, un goût pour la mélopée et la dissonance se fait joyeusement entendre. 

Gounod et la couleur
Belle idée également que de l’unir, comme l’avaient fait leurs prédécesseurs en 1975, à la Petite Symphonie de Charles Gounod, composée en 1895, soit trois ans auparavant l’opus d’un Vincent d’Indy quasi octogénaire. Outre la nomenclature, fort rare, rassemblant également les seuls instruments à vent, on devine dès l’Adagio un même goût pour la conjugaison du majestueux et du facétieux, et la même passion pour la couleur. 

Les mélomanes les plus curieux pourront s’essayer au jeu des sept différences en faisant également l’acquisition de Gounod d’Indy, paru lui aussi chez Indé Sens mais comportant l’enregistrement par les solistes en 1975. L’opus enregistré en 2021 et paru lui aussi en ce début d’année 2023 comporte cependant un atout de taille : deux œuvres en sus de contemporains de Gounod et d’Indy. Le très beau Quintette en sol mineur d’un autre inconnu, Paul Taffanel, faisant sonner ses vents avec le grain des cordes et l’élan mélodique de la voix – à moins qu’il ne s’agisse du contraire ? Et la charmante Pastorale de Gabriel Pierné, modale en diable et joliment transcrite pour quintette par le clarinettiste Philippe Berrod. De quoi se tordre joliment les (h)anches !

SUZANNE CANESSA

D’indy Gounod, par les solistes de l’Orchestre de Paris
Indésens - 16,90 €
Suzanne Canessa
Suzanne Canessa
Docteure en littérature comparée, passionnée de langues, Suzanne a consacré sa thèse de doctorat à Jean-Sébastien Bach. Elle enseigne le français, la littérature et l’histoire de l’Opéra à l’Institute for American Universities et à Sciences Po Aix. Collaboratrice régulière du journal Zébuline, elle publie dans les rubriques Musiques, Livres, Cinéma, Spectacle vivant et Arts Visuels.
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