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	<title>Archives des Festival International de Piano de La Roque-d’Anthéron - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des Festival International de Piano de La Roque-d’Anthéron - Journal Zebuline</title>
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		<title>Plongées romantiques</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Aug 2023 16:44:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Une carte blanche «&#160;La valeur n’attend point le nombre des années&#160;», sans doute rarement l’adage né de la pièce de Corneille n’a été aussi bien illustré que la soirée «&#160;Carte Blanche&#160;» offerte au jeune pianiste&#160;Alexandre Kantorow, lauréat à vingt-deux ans en 2019 de la Médaille d’Or du prestigieux Concours Tchaïkovski ainsi que le Grand Prix, [&#8230;]</p>
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<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une carte blanche</mark></strong></p>



<p>«&nbsp;<em>La valeur n’attend point le nombre des années</em>&nbsp;», sans doute rarement l’adage né de la pièce de Corneille n’a été aussi bien illustré que la soirée «&nbsp;<em>Carte Blanche</em>&nbsp;» offerte au jeune pianiste&nbsp;<strong>Alexandre Kantorow</strong>, lauréat à vingt-deux ans en 2019 de la Médaille d’Or du prestigieux Concours Tchaïkovski ainsi que le Grand Prix, décerné seulement trois fois auparavant dans l’histoire de ce concours (né en 1958). Le programme consacré à Beethoven et à Schubert abordait diverses configurations, forme concertante avec le&nbsp;<strong>Sinfonia Varsovia</strong>&nbsp;dirigé par&nbsp;<strong>Gordan Nikolitch</strong>, puis chambriste, réunissant&nbsp;<strong>Liya Petrova</strong>&nbsp;et son violon Hélios fabriqué à Crémone en 1735 par l’héritier de Stradivari, Carlo Bergonzi,&nbsp;<strong>Violaine Despeyroux</strong>&nbsp;et son alto Jacquot de 1863,&nbsp;<strong>Aurélien Pascal</strong>&nbsp;et son violoncelle «&nbsp;Maisky&nbsp;» réalisé par David Tecchler à Rome en 1703,&nbsp;<strong>Yann Dubost</strong>&nbsp;et sa contrebasse de Giuseppe Zanotti de 1733, et soliste enfin, sans doute les instants les plus attendus par le public tant le jeu du pianiste conjugue avec brio élégance, poésie et virtuosité.&nbsp;</p>



<p>Violon, piano et violoncelle commençaient le bal avec une œuvre de jeunesse de Beethoven, son&nbsp;<em>Trio pour piano et cordes n° 1 en mi bémol majeur</em>&nbsp;délicieusement volubile et brillant avant son&nbsp;<em>Triple Concerto pour piano, violon et violoncelle en ut majeur</em>, œuvre assez particulière unissant le concerto grosso et la symphonie concertante qui faisait fureur à Paris à la fin du XVIIIème et au début du XIXème siècles avec à côté de l’orchestre un groupe de solistes qui «&nbsp;concertent&nbsp;» entre eux et avec l’orchestre, ici, le&nbsp;<strong>Sinfonia Varsovia</strong>&nbsp;dirigé par&nbsp;<strong>Gordan Nikolitch</strong>. Cette conversation animée où l’écoute de l’autre permet des rebondissements, des surprises, des exclamations, des monologues, des voix qui se chevauchent, s’interrompent, surenchérissent, fut menée avec finesse par les trois instrumentistes liés par une longue complicité avant une deuxième partie au cours de laquelle Alexandre Kantorow, seul face à son Steinway, se glissait dans la&nbsp;<em>Wanderer-Fantasie en ut majeur&nbsp;</em>de Schubert dont les formes assez beethoveniennes par leur caractère exubérant ne dissimulent pas une intériorité sensible que le jeu subtil du pianiste épouse dans ses nuances les plus délicates, ses respirations, ses silences, ses modulations où se lovent les stridulations entêtantes des cigales, dialogue émouvant de la nature et du poète romantique.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Le&nbsp;<em>Quintette pour piano et cordes en la majeur</em>&nbsp;de Schubert, seul quintette avec piano du compositeur, est désigné par le nom&nbsp;<em>La Truite</em>&nbsp;en raison des variations de son quatrième mouvement sur le thème d’un lied du même Schubert,&nbsp;<em>Die Forelle</em>&nbsp;(la truite) inspiré d’un texte de Schubart (à une lettre près on est musicien ou poète&nbsp;!). L’entente entre les instrumentistes, l’élégance de leur interprétation, leurs regards parfois teintés d’espièglerie, la sensation de spontanéité, n’étaient pas sans rappeler certaines soirées données au château de l’Emperi lors du Festival international de Musique de Chambre de Provence, simplicité conviviale et intelligente au service d’une expressivité sans cesse renouvelée…&nbsp;</p>



<p>En bis, le quintette reprend avec humour le thème de La Truite puis Alexandre Kantorow s’adressa en souriant au public&nbsp;: «&nbsp;nous n’avons plus rien à jouer. On m’a forcé à jouer tout seul&nbsp;». Ce sera l’<em>Intermezzo opus 118 n° 2 en la majeur</em>&nbsp;de Brahms… Délices&nbsp;!</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une carte concertante</mark></strong></p>



<p>Une deuxième soirée, avec une salle pleine à craquer, permettait de retrouver Alexandre Kantorow et le&nbsp;<strong>Sinfonia Varsovia</strong>&nbsp;sous la houlette d’<strong>Aziz Shokhakimov</strong>. Le pianiste offrait une interprétation très subtile et intime du&nbsp;<em>Concerto pour piano et orchestre n° 1 en fa dièse mineur</em>&nbsp;de Serguei Rachmaninov, œuvre de jeunesse du compositeur russe (il avait alors 17 ans) qui construisit cet opus en regard du&nbsp;<em>Concerto pour piano en la mineur</em>&nbsp;de Grieg. La fougue juvénile du premier mouvement,&nbsp;<em>Vivace</em>, dont le thème n’est pas sans rappeler le générique de la regrettée émission de Bernard Pivot,&nbsp;<em>Apostrophes</em>, s’emporte avec passion, en un développement ample et mélodique. La virtuosité de l’œuvre réside sans doute dans ses contrastes, puissance grandiose et repli sur soi, élans vivaces et rêveries nocturnes. Le piano sait à merveille dessiner ces atmosphères si variées, oscillant entre les ondes tempétueuses du premier mouvement et les parfums de la mélancolie de l’<em>Andante</em>&nbsp;avant de renouer avec les échos tziganes chers au compositeur. Le lyrisme romantique de ce concerto sied comme un gant à Alexandre Kantorow qui apporte sa lecture, sa sensible poésie à une partition complexe. Sa connivence avec le chef d’orchestre, chacun admirant le travail de l’autre, autorisait une liberté neuve à cette œuvre tant de fois jouée et entendue. En bis, généreux, le jeune interprète offrait la&nbsp;<em>Valse Triste</em>&nbsp;de Vecsey transcrite pour le piano par Cziffra puis&nbsp;<em>Chanson et danse n° 6</em>&nbsp;que Mompou dédia à Rubinstein. Une bulle de rêve…</p>



<p>L’orchestre seul s’attacha à une interprétation enlevée de&nbsp;<em>Shéhérazade, suite symphonique opus 35&nbsp;</em>de Rimski-Korsakov. La musique très imagée de cette suite s’animait avec un enthousiasme communicatif sous la direction vive et précise d’Aziz Shokhakimov qui mime, danse, vit le propos avec une intelligence parfois malicieuse et toujours spirituelle. Face à un premier violon solo dont les aigus filés tenaient de la haute virtuosité, figure de la conteuse Shéhérazade, l’orchestre, puissant, endosse le rôle du sultan. Les miniatures se succèdent, cavalcades, fêtes, tempête maritime… Les finales somptueuses figées en falaises vertigineuses et immobiles accentuent le caractère épique du conte des&nbsp;<em>Mille et une nuits</em>, les instruments solistes offrent leurs paillettes à ce kaléidoscope foisonnant (flûte, cor, basson, hautbois) qui danse dans la douceur du soir. Une nouvelle page d’enchantements à La Roque&nbsp;!</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p>Concert donné le 7 août au parc de Florans dans le cadre du Festival international de piano de La Roque d’Anthéron</p>
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		<title>Concerto pour mistral et piano  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Aug 2023 16:34:08 +0000</pubDate>
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<p>La programmation de La Roque d’Anthéron se plaît année après année à dénicher de jeunes prodiges dont l’aisance technique ne cesse de nous surprendre. Si certains se cantonnent dans le numéro de cirque des prouesses impossibles, la plupart font preuve malgré leur jeune âge d’une intelligence et d’une maturité qui laissent présager les grands de demain. Le festival de La Roque les fait revenir, et le public a le loisir de découvrir l’évolution de ces artistes en herbe. </p>



<p>L’année passée, <strong>Alexandra Dovgan</strong>, lauréate de maints concours internationaux, avait déjà séduit le public du haut de ses quatorze printemps par sa verve et son calme olympien. Fausse douceur, car il fallait un caractère bien trempé lors de l’édition actuelle de 2023 et résister au mistral qui soufflait en bourrasques folles ce soir-là, décoiffant les grands arbres du parc de Florans, emportant les notes, couvrant les piani, gommant les nuances, dévastant tout dans sa fièvre. Mais, comme la <em>Fiancée du Froid</em> du conte russe, imperturbable, la subtile pianiste enchaînait les danses de la <em>Partita n° 6 en mi mineur BWV 830</em> de Jean-Sébastien Bach avec une constance exemplaire. Le caractère paisible de la <em>Sarabande</em> et ses phrasés chantants, la régularité de la <em>Courante</em>, l’équilibre des tempi et l’harmonie des compositions, sans doute un peu trop sages, cédaient le pas devant la <em>Sonate n° 26 en mi bémol majeur</em> de Beethoven, dite <em>Les Adieux</em> (en allemand, <em>Lebewohl</em>, en raison du départ de l’élève de Beethoven et dédicataire de l’œuvre, l’archiduc Rodolphe, contraint de quitter Vienne occupée avec sa famille à la suite de la guerre de Wagram). Exil, regrets, absence, y sont traduits avec une discrète nostalgie tandis que le retour final exulte d’une joie expressive. C’est cependant la deuxième partie du concert qui permit à Alexandra Dovgan de faire la démonstration de la pleine mesure de son talent qui ne cherche pas l’éclat inutile ni l’acrobatie pour l’acrobatie, mais, avec une fine élégance sait épouser les œuvres qu’elle aborde. Les <em>Variations et fugue</em> de Brahms sur un thème de Haendel en si bémol majeur en firent l’éloquente démonstration. Le climat poétique de l’œuvre toute de gradations avant la grande fugue finale cache les trésors de technicité nécessaires à son exécution. L’immense musicienne Clara Schumann, qui créa la pièce, se plaignit souvent des difficultés qui lui donnaient l’impression que ce monument était au-dessus de ses forces ! </p>



<p>Les&nbsp;<em>Trois Intermezzi opus 117</em>&nbsp;de Brahms, souvent considérés comme le testament pianistique du compositeur plongent dans l’intimité de son âme. Ce sont les «&nbsp;berceuses de ma souffrance&nbsp;» affirme celui «&nbsp;qui ne riait jamais&nbsp;» selon ses dires. La jeune pianiste s’empare de cet univers complexe où la nostalgie et les peines se transfigurent en une contemplation mystique. Une poésie profonde sourd de son jeu qui peu à peu s’affirme, conjuguant l’âge adolescent de l’interprète et la maturité d’une pièce qui porte ses regards sur le passé. La richesse harmonique de l’ensemble frémit sous la conque alors que le vent s’apaise. L’<em>Étude opus 8 n° 12 en ré dièse, Patetico</em>&nbsp;de Scriabine vient en point d’orgue lors du rappel avec ses extensions démesurées (la plus grande, ré# / sol# était trop grande même pour les mains de Scriabine&nbsp;!), son brillant, sa fièvre et son onirisme.&nbsp;</p>



<p>Toute frêle dans sa longue robe rose (oui, c’est une fille), la jeune pianiste reste toute simple et tranquille alors que les gradins l’ovationnent et vibrent sous le martèlement de pieds enthousiastes.</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p>Le récital d’Alexandra Dovgan a été donné le 6 août à la Roque d’Anthéron dans le cadre de son Festival international de piano</p>
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		<title>Cent fois sur le métier</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 Aug 2023 16:30:29 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Nicolaï Lugansky]]></category>
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<p>Parfois il arrive d’entendre qu’à «&nbsp;La Roque, on entend toujours les mêmes, les mêmes œuvres&nbsp;». Ce soir-là, Nicolaï Lugansky, familier, ô combien, de la scène du parc de Florans, abordait un répertoire qu’il a interprété maintes et maintes fois&nbsp;:&nbsp;<em>Moments musicaux opus 16</em>&nbsp;(de 1 à 4),&nbsp;<em>Sonate n° 2 en si bémol mineur</em>, quatre des&nbsp;<em>Études-tableaux</em>&nbsp;et six parmi les Préludes<em>&nbsp;</em>de Rachmaninov, à l’occasion de la Journée Rachmaninov du festival en l’honneur du 150<sup>ème</sup>anniversaire de la naissance du compositeur russe.&nbsp;</p>



<p>«&nbsp;Encore&nbsp;!&nbsp;» s’exclameront les fâcheux. Et pourtant, année après année le jeu du pianiste russe ne cesse de surprendre. Les mêmes œuvres, arpentées, réfléchies, creusées, révèlent de nouvelles nuances, se moirent de couleurs toujours plus subtiles, dévoilent des facettes insoupçonnées. L’artiste offre chaque fois une vision plus intime, plus habitée, plus construite, alliant à une époustouflante virtuosité technique, celle du fin lecteur et interprète, passeur de sens et de songes.&nbsp;</p>



<p>Le programme, intense, bénéficiait d’une feuille de salle à conserver dans les archives. En effet, chaque morceau y était présenté par Nicolaï Lugansky lui-même en une analyse tout aussi personnelle que pertinente. Un détour par la&nbsp;<em>Première Symphonie</em>&nbsp;pour aborder les&nbsp;<em>Six Moments musicaux</em>, présentés comme une «&nbsp;romance urbaine&nbsp;» dotée d’une «&nbsp;couleur élégiaque&nbsp;» dans le premier «&nbsp;moment&nbsp;», «&nbsp;d’intonations tremblantes&nbsp;» pour le deuxième, du «&nbsp;rythme d’un cortège funèbre&nbsp;» quant au troisième et d’une «&nbsp;température dynamique et émotionnelle (…) encore plus élevée&nbsp;» dans le quatrième moment que dans l’<em>Étude révolutionnaire&nbsp;</em>de Chopin à laquelle on le compare en raison du «&nbsp;mouvement tourbillonnant turbulent des seizièmes&nbsp;»… En effet, on se laisse transporter au fil des variations de tempi, d’atmosphère, ici, une âme rêve, là, elle s’emporte en tempêtes, s’assagit soudain, dessine des falaises, franchit les océans. La&nbsp;<em>Sonate n° 2 en si bémol majeur</em>, composée à la veille de la Première Guerre mondiale est vue comme «&nbsp;une prémonition du grand artiste de la tragédie humaine à venir et, en particulier, de la tragédie de sa patrie&nbsp;» (cette explication de Lugansky prend aujourd’hui un relief particulièrement sombre). La version proposée de cette sonate est celle de Nicolaï Lugansky qui reprend des fragments de la première mouture de l’œuvre qui n’étaient pas inclus dans la seconde partition, simplifiée et la plus jouée. La légende veut que les difficultés techniques étaient telles que peu se décidaient à les affronter. Sans aucun doute, rares sont les pianistes de la trempe de Lugansky capables de rendre avec tant de justesse et de netteté une telle œuvre&nbsp;: le jeu d’une précision envoûtante et d’une clarté qui s’articule jusque dans les rythmes les plus rapides (les mains volent alors, défiant la pesanteur) sait être puissant tout en restant éloquent, sensible, murmure tout en gardant une fermeté souple dans le phrasé. La succession des&nbsp;<em>Études-tableaux opus 39, n° 4, 5, 6, 8</em>&nbsp;fait un détour au pays enluminé des contes, déclame des poèmes ciselés et se perd dans l’évocation nostalgique et émerveillée d’une beauté disparue. La rêverie fluide frisonne comme une rêverie de Debussy, se fait espiègle, marque les temps, se love dans une histoire puis, fantasque, s’anime de pas de danse, à l’instar des bras de l’interprète qui s’élancent au-dessus du clavier en arabesques de danseur. Généreux, le poète du piano accordait trois bis,&nbsp;<em>Liebesleid</em>(Kreisler/Rachmaninov), le septième des&nbsp;<em>Dix Préludes en do mineur</em>&nbsp;et pour signifier la fin, une&nbsp;<em>Berceuse</em>&nbsp;(opus 16 n° 1 Tchaïkovski/Rachmaninov). Une bulle poétique hors du temps.</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p>Concert donné le 5 août, Parc de Florans dans le cadre du Festival international de piano de la Roque d’Anthéron</p>
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		<title>Interpréter Chopin </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Jul 2023 17:23:02 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
		<category><![CDATA[Bruce Liu]]></category>
		<category><![CDATA[Festival International de Piano de La Roque-d’Anthéron]]></category>
		<category><![CDATA[Lawrence Foster]]></category>
		<category><![CDATA[Orchestre Philharmonique de Marseille]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les gradins du parc de Florans étaient combles pour assister au retour de Bruce Liu qui avait conquis La Roque d’Anthéron le 25 juillet 2022 (journalzebuline.fr/bruce-liu-une-revelation-a-la-roque/) avec le même piano, un Fazioli de concert, sur lequel il avait remporté le 18ème concours international Frédéric Chopin de Varsovie en 2021.  L’Orchestre Philharmonique de Marseille, créé en 1981 par Janos [&#8230;]</p>
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<p></p>



<p>Les gradins du parc de Florans étaient combles pour assister au retour de <strong>Bruce Liu</strong> qui avait conquis La Roque d’Anthéron le 25 juillet 2022 (<a href="https://journalzebuline.fr/bruce-liu-une-revelation-a-la-roque/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">journalzebuline.fr/bruce-liu-une-revelation-a-la-roque/</a>) avec le même piano, un Fazioli de concert, sur lequel il avait remporté le 18<sup>ème</sup> concours international Frédéric Chopin de Varsovie en 2021. </p>



<p>L’<strong>Orchestre Philharmonique de Marseille</strong>, créé en 1981 par Janos Furst, offrait avec ses quatre-vingt-huit musiciens un écrin particulièrement heureux aux traits pianistiques du jeune artiste. Sous la houlette de&nbsp;<strong>Lawrence Foster</strong>&nbsp;qui a propulsé cette belle formation à un niveau international, l’orchestre s’attachait d’abord à l’<em>Ouverture de Guillaume Tell&nbsp;</em>de Rossini, démonstration de l’étendue de sa palette au fil des quatre parties de la célèbre partition&nbsp;: incipit par les premières notes veloutées du violoncelle solo, calme alpin des montagnes suisses en un quintette arpégé empli de lyrisme, tempête orageuse peinte par les trémolos des violons, le crescendo de l’orchestre, le déchaînement des cuivres, le retour à un paisible tableau pastoral où le cor anglais réitère un «&nbsp;ranz des vaches&nbsp;» que la flûte vient bercer avant le brillant et brusque fortissimo d’une cavalerie (sans doute le passage le plus connu&nbsp;!), les galops s’éloignent puis éclatent en une étourdissante coda avant l’exultation finale et victorieuse.&nbsp;&nbsp;</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Double défi&nbsp;</mark></strong></p>



<p>À la demande du directeur artistique du festival,&nbsp;<strong>René Martin</strong>, Bruce Liu avait accepté le pari impossible d’enchaîner les&nbsp;<em>Concertos n° 1</em>&nbsp;et&nbsp;<em>n° 2</em>&nbsp;de Chopin, une véritable prouesse physique (un marathon musical aux infinies exigences&nbsp;!).&nbsp;&nbsp;Le pianiste retrouvait un Fazioli pour l’occasion (pas «&nbsp;le&nbsp;» Fazioli du concours cependant) dont les sonorités moelleuses se marièrent à la finesse du jeu tout à la fois, élégant, virtuose, dépouillé, de l’interprète qui, s’il prit quelques libertés avec le texte, rendit avec justesse l’esprit du compositeur, tel que la légende nous l’a transmis. Après une introduction orchestrale de quelques trois minutes, le piano entre en scène sur le&nbsp;<em>Maestoso</em>&nbsp;du&nbsp;<em>Concerto n° 2 en fa mineur opus 21</em>&nbsp;(oui, foin des élucubrations mathématiques, le deux a été chronologiquement composé avant le un, et la soirée redonnait sa place temporelle aux deux œuvres&nbsp;!).&nbsp;&nbsp;La solennité du début cède vite le pas à un chant intime. «&nbsp;<em>Il faut chanter avec les doigts</em>&nbsp;» disait le maître polonais à ses élèves. Bruce Liu en apporte l’éblouissante démonstration&nbsp;: pas de recherche de virtuosité tonitruante, le jeu est tout de simplicité, d’évidence. Le chant du piano a le ton d’une conversation semée d’orages passionnés… la légende veut qu’à l’époque de la composition de ce concerto, Frédéric Chopin était amoureux de Constance Gladkowska, chanteuse rencontrée au Conservatoire de Varsovie (même si la dédicace est au nom de la comtesse Delphine Potocka). Peu importent les potins&nbsp;! Le deuxième mouvement,&nbsp;<em>Larghetto</em>, a les couleurs d’un nocturne aux variations lyriques dont les phrasés s’achèvent en murmures. Le piano chuchote, habité des frémissements mouvementés d’une âme, le fil musical tutoie l’infime et l’universel tout à la fois, se lie au chant des cigales. L’<em>allegro vivace&nbsp;</em>retrouve une respiration échevelée emportée par un rythme de mazurka dans le ruisseau fougueux des notes.&nbsp;</p>



<p>Le deuxième&nbsp;<em>Concerto, le n° 1 en mi mineur opus 11</em>, plus ample que le précédent est teinté d’un climat pensif où le piano love ses modulations comme de délicates improvisations. Le cor occupe une place toute particulière sans doute pour sa sonorité pastorale qui renvoie au paradis perdu d’une utopie joyeuse de la campagne. La romance du deuxième mouvement prend des allures de rêverie onirique. Le jeune interprète apporte sa lecture fine à l’œuvre, inclut l’assistance dans sa rêverie, dans le filet arachnéen des inflexions de son jeu. La complicité entre l’artiste et le chef d’orchestre est sensible, l’un séduit par l’autre. Lawrence Foster au pas duquel le jeune homme adaptera le sien lors de leur départ, adressera un clin d’œil espiègle au pianiste lors d’un passage particulièrement réussi. La légèreté de cette musique s’accorde aux souffles du vent dans les grands arbres du parc, tout n’est plus que vibration, échos, ondes spirituelles où affleure parfois un discret amusement. En bis, avant de mimer son besoin de repos, Bruce Liu offrira le&nbsp;<em>Prélude en si mineur BWV 855</em>&nbsp;de Bach et la&nbsp;<em>Valse en ré bémol majeur</em>&nbsp;(«&nbsp;valse minute&nbsp;») de Chopin. Nuit enchantée&nbsp;!&nbsp;</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p>Concert donné le 30 juillet au Parc de Florans dans le cadre du Festival international de piano de La Roque d’Anthéron&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>
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		<title>Sortez les violons, La Roque-d’Anthéron c’est terminé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Aug 2022 14:23:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Musiques]]></category>
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<p>Le Festival international de La Roque-d’Anthéron est estampillé «&nbsp;piano&nbsp;», cela va sans dire. Ce qui n’exclut pas d’autres familles d’instruments car le piano n’est ni un instrument forcément solitaire ni excluant. La preuve, outre les sessions purement orchestrales, laissant le concertiste du jour se remettre des prodiges accomplis sur son clavier, des formations chambristes (souvent avec piano quand même&nbsp;!) et des représentations où le violon s’affirme soliste voire chef, ont mis à l’honneur les archets.</p>



<p>On a ainsi pu applaudir dans un subtil programme de musique française, (<em>Quintette pour piano et cordes en fa mineur </em>de Franck et <em>Concert pour piano, violon et quatuor à cordes opus 21</em> de Chausson), l’une des coqueluches – et c’est mérité – du violon actuel, <strong>Renaud Capuçon </strong>entouré de <strong>Manon Galy</strong>, <strong>Raphaëlle Moreau</strong> (violons), <strong>Paul Zientara</strong> (alto), <strong>Maxime Quennesson</strong> (violoncelle) et <strong>Guillaume Bellom</strong>, toujours souverain au piano. Délicatesse, intelligence, expressivité, se conjuguent au cœur de ce programme exigeant et sans doute trop peu joué en comparaison des Chopin, Liszt, Rachmaninov qui emplissent les salles…</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une Écossaise exécutée</mark></strong></p>



<p>Renaud Capuçon revient pour le concert de clôture à la tête de l’<strong>Orchestre de Chambre de Lausanne </strong>dont il est le directeur artistique depuis 2021. La soirée est consacrée à deux œuvres de Felix Mendelssohn, l’une des grandes figures du romantisme (certains portraits le représentent en train de donner un concert chez Goethe). Le <em>Concerto pour piano</em> (excellent <strong>Jorge Gonzalez Buajasan</strong> dont on regrette l’absence de bis qui aurait permis d’écouter l’approche sensible et virtuose du jeune interprète), <em>violon et cordes en ré mineur</em> déploie son architecture souple, enchâssant des passages chambristes au cours desquels piano et violon duettisent à d’amples mouvements d’ensemble. La fougue se mêle à un sens mélodique très sûr, une pointe d’espièglerie se glisse ici ou là… Le compositeur en mai 1823 (date de la composition de l’œuvre) n’a que quatorze ans. Quelle fraîcheur !</p>



<div class="wp-block-jetpack-slideshow aligncenter" data-effect="slide"><div class="wp-block-jetpack-slideshow_container swiper-container"><ul class="wp-block-jetpack-slideshow_swiper-wrapper swiper-wrapper"><li class="wp-block-jetpack-slideshow_slide swiper-slide"><figure><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="464" alt="" class="wp-block-jetpack-slideshow_image wp-image-116301" data-id="116301" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Soiree-de-cloture-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022_11-1.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Soiree-de-cloture-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022_11-1.jpg?resize=1024%2C682&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Soiree-de-cloture-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022_11-1.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, 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<p>La plus connue peut-être des œuvres orchestrales de Mendelssohn, la <em>Symphonie écossaise</em> (<em>n° 3 en la mineur opus 56</em>), conçue dit-on devant la chapelle mortuaire de Mary Stuart envahie de lierre, lors du voyage du musicien en Grande-Bretagne. L’orchestre remarquablement uni et autonome nous emporte dans les brumes des Highlands, brossant des paysages emplis de mystères et de légendes, sculptant les contrastes, dessinant de fines eaux-fortes aux traits affirmés.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Il faut bien un clap de fin</mark></strong></p>



<p>L’équipe de cette superbe édition qui renouait avec des espaces abandonnés les deux dernières années retrouve le niveau de fréquentation de 2019. Un véritable succès, se réjouit <strong>René Martin</strong>, directeur artistique du festival, tandis que la vice-présidente déléguée du festival, <strong>Marie-Claude Alcaraz</strong> salue encore le travail des équipes. Qu’ils soient salariés ou bénévoles, leur efficacité, leur présence souriante, leur bienveillance font de ce festival un rendez-vous unique dans le paysage musical. Il invite les plus grands musiciens de la planète et sait garder une atmosphère simple et conviviale, se moquant bien des manières surplombantes ou snobs. Les qualités humaines priment et contribuent de même que le cadre unique (Ah, la merveilleuse allée des séquoias…), à l’atmosphère particulière qui règne ici. Et quel bilan&nbsp;! 124 propositions artistiques dont 19 gratuites, 63 récitals, 423 artistes invités dont 105 pianistes, répartis sur treize scènes, des ensembles en résidence, des masterclass dispensées par sept professeurs devant 630 personnes. Plus de 62&nbsp;000 entrées dont 50% viennent de la région Paca (non il ne s’agit pas d’un festival pour jet set parisienne, seulement 17% des entrées proviennent de la région Île-de-France). Certes, il y a toujours le souci de la moyenne d’âge, mais il faut déjà se réjouir des 7% des spectateurs 2022 de moins de trente ans. À cela s’ajoutent les actions culturelles et sociales avec un parcours découverte dédié à une trentaine de lycéens de la région et les soirées pédagogiques en direction des publics prioritaires du dispositif «&nbsp;Ensemble en Provence&nbsp;», porté par le département des Bouches-du-Rhône.&nbsp;</p>



<p>Rendez-vous est pris pour l’an prochain avec de nombreuses surprises à la clé comme l’ouverture dont René Martin garde le secret avec une gourmandise malicieuse. Du 20 juillet au 18 août 2023, de nouveaux enchantements nous attendent&nbsp;!</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p><sub><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Concerts donnés les 26 juillet et 20 août dans le cadre de la 42<sup>e</sup> édition du <em>Festival international de piano de la Roque-d’Anthéron</em> qui a eu lieu du 18 juillet au 20 août 2022.</mark></sub></p>



<p></p>
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		<title>Bruce Liu : une révélation à La Roque</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Aug 2022 15:12:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Certes, le Festival international de piano de la Roque-d’Anthéron nous rend familiers avec les meilleurs pianistes du monde au point de nous conduire à chipoter entre les excellences. Jauger de la pertinence de tel ou tel passage virtuose, nous demander si l’accord entre les stridulations des cigales et les volutes élégantes des pianos est bien [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Certes, le Festival international de piano de la Roque-d’Anthéron nous rend familiers avec les meilleurs pianistes du monde au point de nous conduire à chipoter entre les excellences. Jauger de la pertinence de tel ou tel passage virtuose, nous demander si l’accord entre les stridulations des cigales et les volutes élégantes des pianos est bien synchrone, bref, le côtoiement des grands incite parfois à la petitesse. Tout le monde est mis d’accord par le récent premier prix du 18<sup>e</sup> Concours international de piano Frédéric Chopin à Varsovie (2021), <strong>Bruce Liu</strong>.</p>



<p>Pour la petite histoire, le piano sur lequel il joue ce soir-là sous la conque du parc de Florans est celui sur lequel il remporta son prix à Varsovie. L’accordeur en titre du festival, Denijs de Winter, a, pour ce faire, appelé la maison mère des pianos Fazioli en Italie, muni du numéro de l’instrument qui fut ainsi acheminé à La Roque pour le concert du jeune impétrant.</p>



<p>Sans doute, il y a quelque chose d’émouvant dans ces retrouvailles entre l’artiste et l’instrument, une familiarité complice, liée à des souvenirs décisifs. Attaques sûres, phrasés aériens, irréprochable technique, tout y est, mais on sait bien que cela ne suffit pas toujours. Ici, le musicien passe la rampe, vit et donne à vivre les pièces qu’il interprète. Tout devient langage, voix incarnée. Les intentions des compositeurs soudain prennent une tournure d’évidence.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Des touches au sublime</mark></strong></p>



<p>On suit le cheminement des pensées, vagabondages oniriques de Chopin, avec les envolées et les ruptures abruptes de la <em>Ballade n° 2 en fa majeur opus 38</em> que le compositeur dédie à Schumann, ou la poésie mêlée d’éclairs de sa <em>Ballade n° 3 en la bémol majeur opus 47</em>. Les <em>Variations</em> de Frédéric Chopin sur <em>Là ci darem la mano</em> nous font entrer dans les mystères de l’improvisation. S’emparant du thème du duo chanté par Don Giovanni et Zerlina dans l’acte I de l’opéra <em>Don Giovanni</em> de Mozart, Chopin brode, s’amuse, paraphrase, s’exclame, sourit, livre sa lecture de l’œuvre mozartienne. Il y ajoute une vision amusée voire espiègle. Le morceau a les allures d’une conversation légère, la fluidité du jeu de Bruce Liu fait oublier les difficultés techniques. Que ce soit une note ou une série d’accords arpégés, un rythme simple ou des tempi différents selon main gauche et main droite, peu importe, on est emportés au-dessus de tout cela.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Bruce-Liu-7-%C2%A9-Pierre-Morales.jpg?resize=463%2C309&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-116222" width="463" height="309" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Bruce-Liu-7-%C2%A9-Pierre-Morales.jpg?resize=1024%2C683&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Bruce-Liu-7-%C2%A9-Pierre-Morales.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Bruce-Liu-7-%C2%A9-Pierre-Morales.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Bruce-Liu-7-%C2%A9-Pierre-Morales.jpg?resize=1536%2C1024&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Bruce-Liu-7-%C2%A9-Pierre-Morales.jpg?resize=2048%2C1365&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Bruce-Liu-7-%C2%A9-Pierre-Morales.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Bruce-Liu-7-%C2%A9-Pierre-Morales.jpg?resize=1068%2C712&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Bruce-Liu-7-%C2%A9-Pierre-Morales.jpg?resize=1920%2C1280&amp;ssl=1 1920w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Bruce-Liu-7-%C2%A9-Pierre-Morales.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Bruce-Liu-7-%C2%A9-Pierre-Morales.jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="auto, (max-width: 463px) 100vw, 463px" /><figcaption>Bruce Liu © Pierre Morales</figcaption></figure>
</div>


<p>Oui, mais Chopin, direz-vous, c’est son auteur de prédilection. Peut-être, mais la même verve se retrouve dans l’interprétation de <em>Miroirs</em> de Ravel, cette série sublime de tableautins expressifs où se croisent <em>Noctuelles</em> et <em>Barque sur l’océan</em>. Les <em>Réminiscences de Don Juan</em> de Liszt sonnent en écho aux <em>Variations sur «&nbsp;Là ci darem la mano&nbsp;»</em> de Chopin, mettant en évidence la différence des approches de ces deux virtuoses, l’un qui commente l’œuvre évoquée, l’autre qui s’en sert pour exposer sa maestria, chacun avec le brio et le brillant qui les caractérisent.</p>



<p>Au public enthousiaste le jeune artiste dédie quatre rappels avant de signifier sa fatigue&nbsp;: deux pièces de Rameau, <em>Les tendres plaintes</em> et <em>La poule</em> (rarement on entendit l’oiseau de la basse-cour aussi loquace&nbsp;!), le bouleversant <em>Nocturne n° 20 en do dièse mineur</em> (opus posthume) de Chopin, décliné avec une sobriété qui laisse la pureté des lignes mélodiques se conjuguer au vent dans les grands arbres, avant le clin d’œil aux <em>Études</em> du compagnon de George Sand avec la <em>n°5 op. 10</em>, <em>Sur les touches noires</em>… Le sublime existe, on l’a rencontré&nbsp;!</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p><sub><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Concert donné le 25 juillet, au parc du Château de Florans, dans le cadre du <em>Festival international de piano de la Roque-d’Anthéron</em>.</mark></sub></p>
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		<title>Au-delà des hyperboles</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Aug 2022 13:25:46 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Alexandre Kantorow]]></category>
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		<category><![CDATA[Festival International de Piano de La Roque-d’Anthéron]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il fallait bien deux monuments pour le fantastique duo entre le pianiste Alexandre Kantorow et le Sinfonia Varsovia dirigé par Aziz Shokhakimov&#160;! L’entente entre cette grande formation, magistralement mise en valeur par son jeune chef et le génial pianiste, premier français à avoir obtenu le premier prix du concours Tchaïkovski &#8211; véritable Graal du piano [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Il fallait bien deux monuments pour le fantastique duo entre le pianiste <strong>Alexandre Kantorow</strong> et le <strong>Sinfonia Varsovia</strong> dirigé par <strong>Aziz Shokhakimov</strong>&nbsp;! L’entente entre cette grande formation, magistralement mise en valeur par son jeune chef et le génial pianiste, premier français à avoir obtenu le premier prix du concours Tchaïkovski &#8211; véritable Graal du piano &#8211; à tout juste vingt-deux ans, est sensible dans les moindres accords. Un regard et la symbiose se noue, évidence de la musique, de ses mouvements, de ses tempi, en un dialogue fécond.</p>



<p>Le <em>Concerto pour piano et orchestre n° 2 en sol majeur opus 44</em> de Tchaïkovski ouvre le bal, sublimé par l’interprétation de l’ensemble. On dirait deux solistes géants face à face, aucun n’ayant nécessairement besoin de l’autre pour s’épauler, mais unis par la grâce. L’éblouissante technique devient accessoire, n’est pas la fin en soi qui servirait les rodomontades de beaucoup, mais un outil bien rodé entièrement mis au service de l’expression. Des intentions de la partition, nous donnant à entendre une voix, des accents emportés, le flux vibrant d’une pensée chatoyante. L’<em>Allegro con fuogo </em>qui conclut l’œuvre laisse l’auditoire saisi dans le foisonnement d’une musique exigeante.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Bel Kanto</mark></strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Alexandre-Kantorow-_-Sinfonia-Varsovia-direction-Aziz-Shokhakimov-22-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=465%2C309&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-116175" width="465" height="309" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Alexandre-Kantorow-_-Sinfonia-Varsovia-direction-Aziz-Shokhakimov-22-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=1024%2C682&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Alexandre-Kantorow-_-Sinfonia-Varsovia-direction-Aziz-Shokhakimov-22-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Alexandre-Kantorow-_-Sinfonia-Varsovia-direction-Aziz-Shokhakimov-22-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Alexandre-Kantorow-_-Sinfonia-Varsovia-direction-Aziz-Shokhakimov-22-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=1536%2C1024&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Alexandre-Kantorow-_-Sinfonia-Varsovia-direction-Aziz-Shokhakimov-22-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Alexandre-Kantorow-_-Sinfonia-Varsovia-direction-Aziz-Shokhakimov-22-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=1068%2C712&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Alexandre-Kantorow-_-Sinfonia-Varsovia-direction-Aziz-Shokhakimov-22-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Alexandre-Kantorow-_-Sinfonia-Varsovia-direction-Aziz-Shokhakimov-22-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?w=1772&amp;ssl=1 1772w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Alexandre-Kantorow-_-Sinfonia-Varsovia-direction-Aziz-Shokhakimov-22-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="auto, (max-width: 465px) 100vw, 465px" /><figcaption>Alexandre Kantorow, Sinfonia Varsovia, direction Aziz Shokhakimov © Valentine Chauvin</figcaption></figure>
</div>


<p>Tellurique, le pianiste bouleverse encore dans le <em>Concerto pour piano et orchestre n° 2 en la majeur</em> de Liszt. Falaises sonores, écarts, fortissimi exacerbés, pianissimi de rêve, le caractère symphonique de cet opus (qui en ce sens est proche de la conception de Tchaïkovski dans son <em>Concerto pour piano n° 2</em>) englobe avec une élégante virtuosité le piano au cœur des instruments de l’orchestre. Une seule note posée et déjà on entre en poésie. La méditation, le recueillement jouxtent les épanchements démesurés. Le chef d’orchestre danse et le Sinfonia Orchestra brille. La fougue d’Alexandre Kantorow, parfois subtilement espiègle, est au diapason. Les gradins du parc du Château de Florans, combles pour la première fois cette année, trépignent. Le premier bis qu’il nous offre est un discret hommage à Nelson Freire qui a quitté la scène du monde le 1<sup>er</sup> novembre 2021 (lire <a href="http://Trois hommages, trois visions | Journal Zebuline">ici</a>) : <em>La danse des esprits bienheureux</em> de Gluck (in <em>Orphée et Euridice Wq. 30</em>, arrangement Sgambati) était le bis traditionnel du pianiste disparu. Sa poésie onirique bouleverse ici doublement. La rêverie du pianiste-poète vagabondera ensuite dans le <em>Sonetto 104 del Petrarca</em> (<em>2<sup>e</sup> année de Pèlerinage</em> de Liszt) avant de conclure par <em>L’oiseau de feu III Finale</em> de Stravinsky (arrangements Agosti), démontrant par l’exemple que la virtuosité n’est pas qu’une histoire de technique mais bien la capacité à transmettre l’émotion. Temps suspendu !</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p><sub><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Concert donné le 5 août auditorium du parc du Château de Florans, dans le cadre du <em>Festival international de Piano de La Roque-d’Anthéron</em>.</mark></sub></p>
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		<title>Trois hommages, trois visions</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Aug 2022 13:08:06 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Le <em>Festival international de piano de la Roque-d’Anthéron</em> se voit orphelin cette année de grands interprètes qui ont fait le bonheur des éditions antérieures : <strong>Nelson Freire</strong>, <strong>Radu Lupu</strong> et le bien trop jeune <strong>Nicholas Angelich</strong>. Trois soirées étaient consacrées à ces étoiles, correspondant à des visions différentes de la mort et de la perte, tout aussi bouleversantes les unes que les autres.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un art de la joie</mark></strong></p>



<p>Durant quelques jours le film de <strong>João Moreira Salles</strong>, <em>Nelson Freire</em>, était projeté chaque après-midi à l’auditorium du Centre Marcel Pagnol. Le pianiste, adulé dans sa patrie le Brésil au même titre que les joueurs de foot, est présenté ici dans sa relation à la musique. Une séquence très drôle ouvre le film. Fin de concert, applaudissements à tout rompre, Nelson Freire revient saluer avec le chef d’orchestre qui le renvoie seul devant le public, l’enjoint à jouer un rappel, mais le musicien n’a envie que d’une chose, fumer une cigarette. Et c’est en traînant les pieds qu’il se résout à jouer de nouveau&nbsp;!</p>



<p>On le voit aussi parler de son enfance, de sa solitude pesante mais aussi apprivoisée et fructueuse. Les hordes d’admirateurs qui se pressent à la fin des concerts passent vite et il mangera seul dans sa chambre d’hôtel. Les séquences en compagnie de l’amie de toujours, Martha Argerich, sont particulièrement marquantes. La complicité, l’humour, les souvenirs qui s’égrènent, le partage de la musique, créent des moments privilégiés (un jour ils se retrouvent face à une partition pour piano à quatre mains que ni l’un ni l’autre ne connaît. Qu’à cela ne tienne, ils déchiffrent, le morceau leur plaît, il sera joué cinq jours plus tard en rappel à La Roque&nbsp;!). On comprend aussi le sens du célèbre bis du pianiste, <em>La mélodie d’Orphée et Eurydice</em>,&nbsp;<em>Danse des esprits bienheureux&nbsp;</em>de Gluck et Sgambati, joué toujours avec un supplément d’âme. Nelson Freire évoque avec émotion celle qu’il considère comme la plus grande pianiste du monde et qu’il a connue alors qu’il était tout jeune, Guiomar Novaes, photos sépia et l’écoute de <em>La Mélodie</em> d’<em>Orphée et Eurydice</em>.</p>



<p>Le concert des amis de Nelson Freire donné sous la conque qui l’a tellement applaudi réunissait une pléiade de pianistes dont il faudra retenir le nom. Tous récompensés par les prix pianistiques les plus prestigieux : <strong>Eduardo Monteiro</strong>, né à Rio de Janeiro (docteur de musicologie à la Sorbonne pour ne citer qu’un élément), <strong>Cristian Budu</strong>, lauréat du prix Nelson Freire à Rio de Janeiro 2010, <strong>Pablo Rossi</strong>, lauréat du premier Concours national Nelson Freire des nouveaux talents brésiliens en 2003, <strong>Fabio Martino</strong> qui a remporté le premier prix du Concours international de piano BNDES (le plus important en Amérique latine), <strong>Clélia Iruzun</strong> pour qui de nombreux compositeurs contemporains écrivent, <strong>Juliana Steinbach </strong>qui a même partagé la scène avec Nelson Freire.</p>



<p>Le concert éblouissant de verve, de joie, d’espièglerie, croisait les œuvres des compositeurs d’Amérique latine et d’Europe comme Villa-Lobos, Lecuona, Guarnieri, Ginastera, Mignone, Nazareth et Chopin, Brahms, Schubert, Schumann, Saint-Saëns… Feu d’artifice d’<em>A folia de um blóco infantil </em>(<em>Carnaval das Crianças</em>, de Villa-Lobos, pour lequel Fabio Martino porte des chaussures rouges pailletées dignes du <em>Magicien d’Oz</em>). Élégance d’une <em>Barcarolle </em>(Chopin), virtuosité des chansons populaires magnifiées par Guarnieri, temps poétique aérien des valses de Brahms. Puis retour ému sur la <em>Danse des esprits bienheureux</em> de Gluck (arrangements de Sgambati), luxuriance malicieuse d’une <em>Arabesque </em>de Schumann, éblouissements de l’<em>Odéon</em> de Nazareth, puissance de la <em>Congada</em> de Mignone… Les artistes se succèdent, seuls, en duo, en trio, en quatuor. Inénarrable <em>Danse macabre</em> de Saint-Saëns à huit mains sur deux pianos&nbsp;! Rarement cette pièce fut aussi enlevée et joyeuse. En conclusion bissée <em>Brasiliera</em>, extrait de <em>Scaramouche</em> de Darius Milhaud (arrangement de V. Siret) réunissait tous les musiciens sur trois pianos (et un tambourin), éblouissant de verve et de bonheurs. Solitaire le piano, qui peut le croire ?</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Larmes</mark></strong></p>



<p>À la célébration joyeuse précédente, correspondant aux fêtes des morts d’Amérique latine, répond la vision «&nbsp;européenne&nbsp;», dominée par les larmes et la tristesse. Nicholas Angelich est parti bien trop tôt, à cinquante-et-un ans. <strong>Violaine Debever</strong> qui fut son élève ouvre le concert par une <em>Sonate en ré mineur</em> de Scarlatti, poésie pure qui effleure le soir. Le <em>thème et variations en ré mineur d’après le Sextuor à cordes opus 18</em> de Brahms sculpte l’infini sous les doigts d’<strong>Etsuko Hirose</strong>. <strong>Gabriele Carcano</strong> accorde son sens de la mélodie à un Schubert revu par Liszt (<em>Le meunier et le ruisseau</em>, <em>Marguerite au rouet</em>), <strong>Marie-Ange Nguci</strong>, sans doute la plus émue (elle fut aussi son élève au CNSMD de Paris), transcende son émotion dans une interprétation bouleversante des extraits des <em>Variations sur un thème de Chopin</em> de Rachmaninov.</p>



<p>Profondément émouvante aussi fut la reprise par <strong>François-Frédéric Guy </strong>du deuxième mouvement de la <em>Sonate n° 32 en ut mineur opus 111</em> de Beethoven qu’Angelich joua le 8 août 2020 sur cette même scène (partageant le plateau avec, entre autres, F.F. Guy). Auparavant, le pianiste joue la <em>Sonate pour deux pianos en fa mineur </em>de Brahms avec Marie-Ange Nguci, tandis que<strong> Jean-Baptiste Fontlup</strong> s’attache à la <em>Vallée d’Oberman</em> (extrait des années de pèlerinage de Liszt) au romantisme virtuose. Le désespoir de <strong>Bruno Rigutto</strong> est lui aussi sensible. Les artistes lors des nombreuses pièces écrites pour deux pianos ou à quatre mains semblent se soutenir dans les élans oniriques des œuvres, s’adressant par les notes à l’absent. La <em>Danse macabre</em> de Saint-Saëns à huit mains est rendue dans un registre empreint de gravité qui ne peut se résoudre à entrer dans le caractère souvent espiègle dont on la nourrit. <em>La Romance en la majeur pour piano</em> à six mains de Rachmaninov vient clore ces adieux déchirants. La présence du poète signée par un bouquet en fond de salle est tangible. Une rose donnée à chaque interprète est élevée vers le ciel avant de reposer sur le piano, scellant l’atroce absence.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">De la musique avant toute chose</mark></strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Nelson-Goerner-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022.jpg?resize=412%2C618&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-116170" width="412" height="618" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Nelson-Goerner-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022.jpg?resize=682%2C1024&amp;ssl=1 682w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Nelson-Goerner-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022.jpg?resize=200%2C300&amp;ssl=1 200w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Nelson-Goerner-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022.jpg?resize=768%2C1152&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Nelson-Goerner-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022.jpg?resize=1024%2C1536&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Nelson-Goerner-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022.jpg?resize=696%2C1044&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Nelson-Goerner-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022.jpg?resize=1068%2C1602&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Nelson-Goerner-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022.jpg?resize=280%2C420&amp;ssl=1 280w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Nelson-Goerner-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022.jpg?w=1181&amp;ssl=1 1181w" sizes="auto, (max-width: 412px) 100vw, 412px" /><figcaption class="wp-element-caption">Nelson Goerner © Valentine Chauvin 2022</figcaption></figure>
</div>


<p><strong>Nelson Goerner</strong> dédie son concert à son ami, Radu Lupu, mort la veille du décès de Nicholas Angelich, en s’attachant à deux corpus complets&nbsp;: les quatre <em>Ballades</em> de Chopin et les <em>Études symphoniques opus 13</em> de Robert Schumann.</p>



<p>La gravité déchirante de l’incipit de la <em>Ballade n° 1</em> se décline en mélancolique tristesse, aborde les rivages de l’allégresse, revient au thème initial avec une sobre élégance (et une impeccable technique). Naissent à son écoute les images du film de Polanski, <em>Le pianiste</em>, reflet de tout ce que la musique apporte. Les figures de Nohant et de Majorque émergent, poétique sous les accords de la deuxième <em>Ballade </em>que son éditeur qualifia de «&nbsp;<em>gracieuse&nbsp;</em>». La fraîcheur et la gaité qui n’excluent jamais un fond de délicate tristesse animent la <em>Ballade n° 3</em>, relatant l’histoire d’Ondine de Mickiewicz et l’amour désespéré d’un chevalier amoureux d’une déesse. Enfin superposant tristesse et sérénité, la dernière ballade semble être à l’image de la vie, dans l’épaisseur des sentiments multiples et contradictoires qui nous hantent. Tout devient évident sous les doigts du poète du piano, en une respiration qui s’accorde au mouvement du monde. Les variations subtiles des <em>Études</em> de Schumann, courtes pages pour la plupart, deviennent des tableautins de l’âme, subjuguant la salle (la qualité des silences entre les morceaux en est l’éloquente démonstration). Le premier bis, <em>Intermezzo Op. 118 en la majeur</em> de Brahms est particulièrement habité. <em>«&nbsp;Radu Lupu était mon ami et il a beaucoup joué cette pièce&nbsp;</em>», explique le pianiste avant d’offrir l’<em>Étude n° 4 </em>de l’<em>opus 10 </em>de Chopin, <em>Torrent</em>, puis l’<em>Andante</em> de la <em>Sonate n° 13 en la majeur</em> de Schubert et enfin la <em>Rhapsodie hongroise n° 6 en ré bémol majeur</em> de Liszt. Jouer semble vouloir arrêter le temps et préserver dans l’orbe des sons, la mémoire de ceux qui ne sont plus, invisible écho et immatérielle présence.</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI </p>



<p><sub><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Soirées du 7, 10 et 13 août en hommage à Nelson Freire, Nicholas Angelich, et Radu Lupu, à l’auditorium du parc de Florans, dans le cadre du <em>Festival international de piano de La Roque-d’Anthéron</em>.</mark></sub></p>
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		<title>L’Afrique s’invite à La Roque</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maryvonne Colombani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Aug 2022 12:42:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Précédant le concert du soir, une rencontre intitulée Ligeti et les polyrythmies africaines et animée par le pianiste Florent Boffard, permet à Simha Arom, de donner quelques clés d’écoute de l’œuvre de Ligeti au programme de la soirée (Concerto pour piano et orchestre). Premier prix de cor d’harmonie au Conservatoire national supérieur de Paris et [&#8230;]</p>
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<p>Précédant le concert du soir, une rencontre intitulée <em>Ligeti et les polyrythmies africaines</em> et animée par le pianiste <strong>Florent Boffard</strong>, permet à <strong>Simha Arom</strong>, de donner quelques clés d’écoute de l’œuvre de Ligeti au programme de la soirée (<em>Concerto pour piano et orchestre</em>). Premier prix de cor d’harmonie au Conservatoire national supérieur de Paris et ancien musicien de l’Orchestre symphonique de Jérusalem, l’ethnomusicologue Simha Arom &nbsp;est accompagné dans son propos par des illustrations sonores et visuelles offertes par <strong>Demba Soumano</strong>, <strong>Dramane Sissoko</strong>, <strong>Julien André</strong> (percussions) et <strong>Aminata Traoré</strong> (percussions et danse).</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Un peu d’histoire</mark></strong></p>



<p>À ceux qui se demanderaient comment la jonction entre ses deux talents eut lieu, il y a toute une histoire : le gouvernement israélien envoie Simha Arom dans les années 1960 créer une fanfare à la demande du pays en République centrafricaine. Bien vite, le musicien s’aperçoit qu’il est impossible de plaquer son modèle dans un univers qui y est totalement étranger. Aussi, il émet une contre-proposition qui est vite acceptée : enregistrer et étudier les musiques traditionnelles du pays (les polyphonies vocales des Pygmées Aka, entre autres) afin de les conserver, toutes étant transmises oralement, et de créer un ensemble musical qui corresponde à une réelle culture vécue. La fascination pour cet objet d’étude est telle, que de 1971 à 1991, il mènera tous les ans des campagnes d’étude, secondé par des ethnolinguistes et des étudiants. Ses recherches concernant les échelles, les techniques polyphoniques, les systèmes rythmiques, l’inclusion des modèles musicaux dans le tissu social, passionnent Ligeti, ami du scientifique, et influent sur les propres recherches du musicien.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Rencontre-Simha-Arom-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=375%2C564&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-116165" width="375" height="564" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Rencontre-Simha-Arom-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=682%2C1024&amp;ssl=1 682w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Rencontre-Simha-Arom-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=200%2C300&amp;ssl=1 200w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Rencontre-Simha-Arom-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=768%2C1152&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Rencontre-Simha-Arom-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=1024%2C1536&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Rencontre-Simha-Arom-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=696%2C1044&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Rencontre-Simha-Arom-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=1068%2C1602&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Rencontre-Simha-Arom-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=280%2C420&amp;ssl=1 280w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Rencontre-Simha-Arom-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?w=1181&amp;ssl=1 1181w" sizes="auto, (max-width: 375px) 100vw, 375px" /><figcaption>Rencontre Simha Arom © Valentine Chauvin</figcaption></figure>
</div>


<p>«&nbsp;<em>La rythmique subsaharienne est fondée sur les nombres et les pulsations, donc ma conférence sera très mathématique&nbsp;!&nbsp;</em>» sourit le chercheur qui nous initie aux combinaisons très rigoureuses et sans mesure, à l’instar des musiques du Moyen Âge et de l’Ars nova, qui sont le soubassement de la polyphonie, tout en précisant que chants et musiques sont intimement liés à des rituels. Afin d’éclairer le cheminement de sa méthodologie, il cite la méthode cartésienne de déconstruction puis de reconstruction à partir des éléments les plus simples, revient à la métrique, étalonnage du temps musical indiquant qu’elle se manifeste en Afrique à trois niveaux&nbsp;: période, pulsation et leurs regroupements. Sans compter les hémioles (insertion d’une structure rythmique ternaire dans une structure rythmique binaire ou inversement que l’on retrouve entre autres chez Chopin). Revenant sur la pulsation, il explique avec humour combien il se sentit perdu à l’écoute des musiciens africains, cherchant vainement la pulsation au cœur de ces «&nbsp;trompe-l’œil de l’oreille&nbsp;», jusqu’au jour où la vue des évolutions des danseurs lui livra la solution&nbsp;: les pieds qui martèlent le sol sont l’élément qui donne la pulsation.</p>



<p>Malicieux, le savant reprenant les mots de Leibnitz &#8211; «&nbsp;<em>la musique est une pratique cachée de l’arithmétique, l’esprit n’ayant pas conscience qu’il compte</em>&nbsp;» &#8211; énonce, en montrant combien Ligeti composait de la même manière que les artistes de la polyphonie africaine, une nouvelle formulation&nbsp;: «&nbsp;<em>la musique est un exercice mathématique, lieu où tout est compté et où personne ne compte.</em>&nbsp;» Là-dessus, posons le conte et les vertus de sa fantaisie.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">« Passer au présent »</mark></strong></p>



<p>Sous le titre délicieusement oxymorique <em>Passer au présent</em>, le pianiste Florent Boffard invite le public de La Roque-d’Anthéron à l’écoute de deux concertos. Le <em>Concerto pour piano et orchestre n° 3</em> de Bartók et le <em>Concerto pour piano et orchestre</em> de Ligeti. Associer les deux compositeurs hongrois prend sens sous l’éclairage de la conférence de l’après-midi. Béla Bartók fut un pionnier de l’ethnomusicologie, parcourant l’Europe de l’Est et enregistrant sur le vif les morceaux de musique folklorique, les notant, les classant, les utilisant dans ses propres compositions. Ces musiques ne sont pas alors de simples citations anecdotiques, mais deviennent ferment, matière de son inspiration, coulées dans le flux créateur.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="696" height="464" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Boffard-Varsovia-Rophe-18-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=696%2C464&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-116166" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Boffard-Varsovia-Rophe-18-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=1024%2C682&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Boffard-Varsovia-Rophe-18-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Boffard-Varsovia-Rophe-18-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Boffard-Varsovia-Rophe-18-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=1536%2C1024&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Boffard-Varsovia-Rophe-18-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=696%2C464&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Boffard-Varsovia-Rophe-18-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=1068%2C712&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Boffard-Varsovia-Rophe-18-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?resize=630%2C420&amp;ssl=1 630w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Boffard-Varsovia-Rophe-18-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?w=1772&amp;ssl=1 1772w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Boffard-Varsovia-Rophe-18-%C2%A9-Valentine-Chauvin.jpg?w=1392&amp;ssl=1 1392w" sizes="auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px" /><figcaption>Boffard, Varsovia, Rophé © Valentine Chauvin</figcaption></figure>



<p>Toute la poésie du <em>Concerto n° 3</em> de Bartók, dernière œuvre du compositeur, se retrouve condensée sous les doigts du pianiste, en un jeu lumineux qui répond à l’évocation des oiseaux du premier mouvement <em>Allegretto</em>, frémissement des cordes, clarté de l’orchestre <strong>Sinfonia Varsovia</strong> qui décidément sait se glisser avec le même bonheur dans tous les répertoires. Ici sous la houlette de <strong>Pascal Rophé</strong>. La pureté de l’<em>Adagio Religioso </em>prend des allures de nocturne et s’autorise un délicat hommage à Jean-Sébastien Bach, paix sereine… Un parfum de Hongrie s’immisce avec ses syncopes et ses accentuations dans l’<em>Allegro Vivace</em>,qui s’achève sur des formules quasiment mozartiennes. En intermède, présentés par Simha Arom qui ne venait pas pour « <em>un cours de rattrapage</em> » (sic !), Demba Soumano, Dramane Sissoko, Julien André (percussions) et Aminata Traoré<strong> </strong>(danse) offrent une présentation de rythmes et de danses africaines subsahariennes afin d’introduire l’œuvre de Ligeti. Dopant ainsi par leur énergie les spectateurs conquis : vivacité de la danse (bien sûr les initiés regardaient les pieds aériens qui donnent la pulsation), inventivité des agencements rythmiques, variété inépuisable des séquences… et intrusion de l’hémiole (qui nous fait effectuer un bond dans l’histoire, unissant les époques et les géographies). On peut tenter de repérer les polyrythmies, les asymétries, les discontinuités, les décalages, les illusions sonores, ces fameux « trompe-l’œil auditifs », ou simplement se laisser porter par le brillant des instruments, le kaléidoscope des superpositions, dans cette composition palimpseste au cœur de laquelle on croit percevoir des citations de l’œuvre de l’auteur. L’extrême difficulté de l’œuvre s’oublie grâce à la maestria des musiciens dont la verve, l’humour aussi, transcendent la partition. L’abstraction y trouve sa réalisation concrète, on s’envole, subjugués.</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI </p>



<p><sub><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Soirée du 9 août, au parc du Château de Florans, dans le cadre du <em>Festival international de piano de La Roque-d’Anthéron</em>.</mark></sub></p>
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		<title>Alexandra Dovgan : une enfant du siècle</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Aug 2022 12:12:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’engouement pour les jeunes prodiges ne se lasse pas. On est toujours surpris, subjugués par l’aisance technique, l’expression de ces musiciens à l’aube de leur vie. Il y a quelque chose du collectionneur chez les programmateurs qui trouvent la perle rare, le diamant brut à façonner peut-être. Les Pygmalion ne sont jamais très loin… Même [&#8230;]</p>
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<p>L’engouement pour les jeunes prodiges ne se lasse pas. On est toujours surpris, subjugués par l’aisance technique, l’expression de ces musiciens à l’aube de leur vie. Il y a quelque chose du collectionneur chez les programmateurs qui trouvent la perle rare, le diamant brut à façonner peut-être. Les Pygmalion ne sont jamais très loin… Même si l’intégrité des démarches artistiques n’est absolument pas à remettre en cause. Quoi qu’il en soit, la fascination exercée par les capacités hors normes séduit. Le public se presse au parc du Château de Florans pour écouter <strong>Alexandra Dovgan</strong>, née en 2007 mais déjà lauréate de maints concours internationaux, dans un programme exigeant qui lui est familier. Le concert débute par la <em>Sonate Op. 31 n° 2, «&nbsp;La Tempête&nbsp;»</em> où un Beethoven-Prospero (le compositeur donnait comme clé de lecture à cette œuvre la pièce de Shakespeare) fait face aux éléments contraires et, armé du pouvoir magique de la musique, maîtrise les déchaînements de la nature, dissipant les illusions afin de tracer de nouvelles routes. La maîtrise technique est indéniable, malgré sans doute un usage un peu excessif parfois de la pédale.</p>



<p><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Tissage savant</mark></strong></p>



<p>L’agilité, les attaques franches, offrent une lecture très classique, un peu lisse que l’on retrouvera dans le <em>Carnaval de Vienne</em> de Schumann. Remarquablement exécuté mais sans la folie pétillante de ce<em> Faschingsschwank aus Wien, Phantasiebilder für das Pianoforte</em> en allemand dont le terme <em>Schwank </em>qui signifie « facétie » caractérise la volonté de traiter ce carnaval par allusions et émotions. Le compositeur s’amuse d’ailleurs au jeu des citations. Un fragment de <em>La Marseillaise</em>, des échos de Schubert, un motif de Haydn (<em>Quatuor op. 76 n° 2 Les Quintes</em>), un extrait du menuet de la <em>Sonate op. 31</em> de Beethoven se conjuguent à l’expérience humaine de Schumann qui a fui à Vienne, le père de Clara hostile à leurs projets de mariage.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="682" height="1024" src="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Alexandra-Dovgan-18-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022.jpg?resize=682%2C1024&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-116161" srcset="https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Alexandra-Dovgan-18-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022.jpg?resize=682%2C1024&amp;ssl=1 682w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Alexandra-Dovgan-18-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022.jpg?resize=200%2C300&amp;ssl=1 200w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Alexandra-Dovgan-18-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022.jpg?resize=768%2C1152&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Alexandra-Dovgan-18-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022.jpg?resize=1024%2C1536&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Alexandra-Dovgan-18-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022.jpg?resize=696%2C1044&amp;ssl=1 696w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Alexandra-Dovgan-18-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022.jpg?resize=1068%2C1602&amp;ssl=1 1068w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Alexandra-Dovgan-18-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022.jpg?resize=280%2C420&amp;ssl=1 280w, https://i0.wp.com/journalzebuline.fr/wp-content/uploads/2022/08/Alexandra-Dovgan-18-%C2%A9-Valentine-Chauvin-2022.jpg?w=1181&amp;ssl=1 1181w" sizes="auto, (max-width: 682px) 100vw, 682px" /><figcaption>Alexandra Dovgan © Valentine Chauvin 2022</figcaption></figure>



<p>Il fallait attendre la deuxième partie du concert consacrée aux quatre <em>Ballades</em> de Chopin pour que la jeune pianiste donne toute sa dimension. Le tissage savant des mélodies, le passage d’un registre à l’autre, l’alliance entre liberté et rigueur, trouvent, sous les doigts d’Alexandra Dovgan, leur voix, leur fragrance poétique. En bis, elle offre la douceur de deux rappels aux accents bucoliques, le <em>Prélude op. 32 n° 12 en sol dièse mineur</em> de Rachmaninov et <em>Le rappel des oiseaux</em> de Rameau. Délicatesse des trilles, toute une gent ailée palpite sous la conque. Un talent virtuose qui ne peut que s’affermir et prendre de la profondeur avec le temps. La petite fée, si fine dans sa robe verte de princesse, saura moirer son jeu d’autres reflets que l’on viendra de nouveau applaudir.</p>



<p>MARYVONNE COLOMBANI</p>



<p><sub><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Concert donné le 16 août, à l’auditorium du parc du Château de Florans, dans le cadre du <em>Festival international de piano de La Roque-d’Anthéron</em>.</mark></sub></p>
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