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	<title>Archives des On y était - Journal Zebuline</title>
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	<title>Archives des On y était - Journal Zebuline</title>
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		<title>L’Etrangère</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elise Padovani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jun 2026 13:44:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’eau, la nuit, les cris, la panique, les corps qui luttent pour ne pas se noyer, s’accrochent les uns aux autres. Puis, la fuite dans les bois devant les policiers et les chiens. L’Etrangère &#160;commence, comme beaucoup de films sur l’immigration clandestine, par cette arrivée chaotique. La caméra suit Selma (Zar Amir Ebrahimi ), une [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">L’eau, la nuit, les cris, la panique, les corps qui luttent pour ne pas se noyer, s’accrochent les uns aux autres. Puis, la fuite dans les bois devant les policiers et les chiens. <em>L’Etrangère </em>&nbsp;commence, comme beaucoup de films sur l’immigration clandestine, par cette arrivée chaotique. La caméra suit Selma (<strong>Zar Amir Ebrahimi</strong> ), une Syrienne qui fuit le régime de Bachar al-Assad, laissant derrière elle, un mari dont elle n’a plus de nouvelles depuis son arrestation par les sbires du régime, sa mère et son petit garçon, Rami.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Arrêtée en Hongrie, Selma devrait selon les accords européens y rester. Mais professeur de français, elle a choisi la France. La voilà sans papier, cumulant les boulots non déclarés, à la plonge dans un resto bordelais, femme de ménage dans des bureaux, hébergée par des compatriotes qui la protègent autant qu’ils la surveillent. Étrangère, illégale, invisibilisée mais ne perdant jamais espoir. Déterminée à régulariser sa situation, à faire venir son fils auquel elle téléphone tous les jours, elle se soumet à des procédures que là encore les cinéastes nous ont rendu familières. La réalisatrice se démarquera de ces récits en traitant son sujet comme un mélodrame, une tragédie romantique et un parcours d’émancipation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selma rencontre Jérôme (<strong>Alexis Manenti</strong>), un avocat installé dans une confortable conjugalité bourgeoise qui ne le satisfait plus. Entre eux, naît un amour impossible, mais libérateur pour les deux. Se donner l’espace de vivre. S’autoriser le bonheur. Ou comme le mari de Selma (<strong>Amr Waked</strong>) revenu des terribles geôles syriennes, le soulagement coupable devant la mort d’un codétenu parce qu’il laisse plus de place pour déplier ses jambes. Le film explore le sentiment de l’exil, met en scène avec délicatesse et pudeur le déchirement de Selma entre son passé et son avenir, son mari et son amant. Une des plus belles scènes du film les met tous trois en présence. Sans éclat, par le truchement d’une traduction inutile, assurée par Selma, le mari entre arabe et anglais, malgré sa détresse, justifie au-delà de la culpabilité, ce besoin légitime de respirer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Film pudique, délicat servi avec intelligence par la musique originale de <strong>Valentin Hadjadj</strong>, qui épouse le rythme de la narration et se glisse dans ses silences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exil suppose un déplacement physique mais aussi un déplacement mental et émotionnel. Pour aller de l’avant, c’est sans doute Rami qui a la bonne solution. Il a laissé à Damas bombardé, Nani, l’ami imaginaire qui l’aidait à supporter confinement et solitude. A sa mère qui lui demande pourquoi il ne l’a pas emmené avec lui, Rami répond que Nani est mort sous les décombres du quartier. </p>



<p class="wp-block-paragraph">ELISE PADOVANI</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film en compétition officielle a été présenté le 2 avril 2026 au cinéma Artplexe en présence de <strong>Gaya Jiji</strong> et de <strong>Valentin Hadjadj</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En salle le 17 juin</p>
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		<title>Quand l’enfant grandit</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 09:34:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[cinema]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En  2013 Maxence Voiseux avait réalisé son premier court métrage, Des Hommes et des bêtes, où il filmait André Lourdel et son fils Hubert, éleveurs et vendeurs de bovins,  dans l’Artois.  Trois ans plus tard, il consacre son premier long documentaire, Les Héritiers, à Hubert  et ses deux frères qui travaillent tous dans les métiers de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">En  2013 <strong>Maxence Voiseux </strong>avait réalisé son premier court métrage,<em> Des Hommes et des bêtes</em>, où il filmait André Lourdel et son fils Hubert, éleveurs et vendeurs de bovins,  dans l’Artois.  Trois ans plus tard, il consacre son premier long documentaire, <em>Les Héritiers</em>, à Hubert  et ses deux frères qui travaillent tous dans les métiers de la viande. C’est lors de ce tournage qu’il  rencontre Gabin, âgé de huit ans, fils de Dominique, un des frères et de Christiane, sa femme. Il décide de filmer  cet enfant car <em>«il était plus drôle et plus irrévérencieux que ses frères et ses cousins. Il osait déjà exprimer ses sentiments, ses volontés et pleurer, ce qui est rare dans cette famille. ». </em>Ce qu’il va faire de 2019 à 2025. C’est le petit dernier d’une fratrie et pour Dominique, qui a consacré sa vie à sa boucherie, il est évident que Gabin prendra sa succession. Mais Gabin, lui, voudrait  faire un métier avec les animaux vivants.  Comment résister à cette pression paternelle ? Il n’est pas à l’aise à l’école. « <em>Je me méfie</em>, confie-t-il<em>. On y fonctionne en bandes séparées. Je m’entendrais bien avec les filles ; les garçons ne comprennent pas les choses ! »</em>…Gabin s’inquiète; sa mère s’est installée en 2012 mais malgré un travail acharné, la ferme est presque en faillite, confie-t-il à son amie, Lilou. <em>« On n’a pas de  matériel, juste un tracteur et une remorque. Rien que de penser perdre les vaches, ça me fait mal au cœur ! »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l’adolescent, la pression est forte. On le voit grandir entre les exigences de son père et l’affection de sa mère avec qui il a une tendre complicité.  A 14 ans il doit décider de son avenir .Quel lycée ? En internat ? « <em>Du moment que tu bosses, je m’en fous »</em> lui lance son père, déçu qu’il ne choisisse pas de s’orienter vers la boucherie. Ce sera un lycée agricole. On le voit avec ses camarades à l’internat, dans les alpages où il fait son stage, apprenant, avec un berger, à dresser un chien de troupeau. Le petit Gabin est devenu grand.  Il ira jusqu’au bout de ses rêves même si c’est dur de laisser sa mère, épuisée…Pour sortir de leur lassitude, Dominique et Christiane vont aussi faire des choix,  qu’on vous laisse découvrir. Des personnages attachants, des prés, les gestes du travail des champs, des visages, tout est filmé avec soin et justesse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si vous n’aimez pas la campagne, si vous n’aimez pas les paysages, si vous n’aimez pas les bêtes, n’allez pas voir <em>Gabin</em>&nbsp;! Si non, courez- y et vous y rencontrerez des gens très attachants que vous quitterez à regret.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Annie Gava</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Gabin </em>sortira en salles le18 novembre</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;© Arizona distribution</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Qui trop embrasse…</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Suzanne Canessa]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 07:43:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[On y était]]></category>
		<category><![CDATA[’Orchestre Opéra des Landes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’idée, pourtant, avait tout pour séduire. Ramener Les Noces de Figaro à l’Odéon, dans une forme annoncée comme réduite, c’était rappeler que l’opéra mozartien n’a rien d’un monument intimidant réservé à quelques initiés. Une « folle journée » peut tenir dans la proximité d’un théâtre, retrouver sa vivacité populaire, son nerf de comédie, son insolence [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">L’idée, pourtant, avait tout pour séduire. Ramener <em>Les Noces de Figaro</em> à l’Odéon, dans une forme annoncée comme réduite, c’était rappeler que l’opéra mozartien n’a rien d’un monument intimidant réservé à quelques initiés. Une « <em>folle journée</em> » peut tenir dans la proximité d’un théâtre, retrouver sa vivacité populaire, son nerf de comédie, son insolence première. La production d’<strong>Opéra Éclaté / Opéra des </strong><strong>Landes</strong> semblait d’ailleurs avoir fait ses preuves : costumes de <strong>David Belugou</strong> d’une simplicité de bon goût, scénographie lisible de <strong>Frank Aracil</strong>, élégance modeste plutôt que pauvreté revendiquée. Loin, donc, de tout élitisme. Peut-être un peu trop loin.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a></a> Car la réduction orchestrale confiée à l’<strong>Orchestre Opéra des Landes </strong>atteint vite sa limite. Les pupitres sont si nus que tout s’entend : le moindre couac, la moindre inexactitude, le moindre flottement de mise en place. Sous la direction de <strong>Gaspard Brécourt</strong>, les décalages avec le plateau deviennent nombreux, et l’on finit par entendre moins la transparence mozartienne que la fragilité du dispositif. Dommage, car le plateau ne démérite pas.<strong> Jean-Gabriel Saint-Martin</strong> campe un Figaro solide et généreux ; <strong>Judith Fa</strong> dessine une Suzanne habile, vive, toujours aux aguets ; <strong>Charlotte Despaux</strong> offre à la Comtesse une belle texture, plus noble que plaintive. Le Chérubin d’<strong>Estelle Mazzillo</strong> est vocalement consistant, et joue scéniquement d’une gaucherie plutôt sympathique. Barberine a la légèreté fraîche d’<strong>Agathe Petitjean</strong>, tandis qu’<strong>Ahlima Mhamdi </strong>prête à Marcelline une qualité sombrée étrange mais bienvenue. <strong>Matthieu Toulouse </strong>tient Bartolo avec efficacité, et <strong>Anas Séguin</strong> donne au Comte une solidité rare : drôle, oui, mais jamais inoffensif, toujours traversé d’une menace sociale et sexuelle qui rappelle que la farce a des dents.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">D’une barrière à l’autre</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Restait l’autre belle idée : faire entendre Beaumarchais autant que Mozart. Rendre au texte sa profondeur grinçante, son intelligence politique, sa cruauté de salon. On imaginait quelques scènes choisies, accompagnées d’airs capables de les éclairer, de les prolonger, de les contredire. C’est l’inverse qui advient. Rien, ou presque, n’est sacrifié de la partition – surtout pas les grandes longueurs de la fin du deuxième acte et du début du troisième – tandis que le théâtre vient s’ajouter comme un supplément mal intégré. Les chanteurs ont des qualités de comédiens, certes, mais le texte parlé ne semble pas avoir été travaillé pour lui-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et cette barrière-là devient infranchissable lorsqu’on comprend qu’aucun surtitrage n’a été prévu. Ici, ceux qui ne connaissent pas leurs Noces cœur restent dehors. Beaucoup, d’ailleurs, quittent l’Odéon à l’entracte.</p>



<pre class="wp-block-verse">SUZANNE CANESSA<br><br>Les Noces de Figaro ont été jouées <strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">les 4 et 5 juin</mark></strong> au Théâtre de l’Odéon dans le cadre de la saison de l’Opéra de Marseille.</pre>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez nos articles <a href="https://journalzebuline.fr/category/on-y-etait/"><em>On y était</em> ici</a></p>
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		<title>Touste dehors (enfin !)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Gaëlle Cloarec]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 07:43:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il faisait beau, et même très chaud sous le soleil gapençais pour le 13e festival des arts de la rue, Toustes dehors (enfin)&#160;!. Avec une affluence considérable, les festivaliers se pressant pour mieux voir et entendre. Pas facile, quand il s&#8217;agit d&#8217;une déambulation telle que celle proposée par La horde dans les pavés, qui explore [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Il faisait beau, et même très chaud sous le soleil gapençais pour le 13<sup>e</sup> festival des arts de la rue, <em><strong>Toustes dehors (enfin)&nbsp;!</strong></em>. Avec une affluence considérable, les festivaliers se pressant pour mieux voir et entendre. Pas facile, quand il s&rsquo;agit d&rsquo;une déambulation telle que celle proposée par <strong>La horde dans les pavés</strong>, qui explore l&rsquo;espace urbain avec d&rsquo;autres usages que ce pour quoi il a été prévu. Cinq acrobates inspirés par le parkour et un musicien avec clavier portatif composent ce collectif&nbsp;: de minute en minute, ils disparaissent et apparaissent dans des endroits improbables, juchés sur un lampadaire, en haut des toits, accrochés par les cheveux (!) à la fenêtre de la piscine municipale&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>J&rsquo;ai appris à sauter à l&rsquo;âge de deux ans</em>, révèle l&rsquo;un d&rsquo;eux. <em>Tout mon corps a décollé du sol, et c&rsquo;était cool.</em>&nbsp;» C&rsquo;est tout aussi cool la vingtaine passée, semble-t-il&nbsp;: ces jeunes femmes et jeunes hommes échangent entre eux des regards tendres, se rattrapent, se portent, sont présents les uns pour les autres, se remercient. Le message politique de la compagnie n&rsquo;est peut-être rien de plus que «&nbsp;<em>solidarisez-vous les uns des autres&nbsp;</em>», mais franchement, cela fait du bien.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Aimer contre tout</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Même tendresse entre potes dans <em>Hune</em>, spectacle de théâtre chorégraphié par la <strong>Cie Paon dans le ciment</strong>. Deux jeunes gens investissent l&rsquo;escalier du lycée pour y rouler-bouler, le temps, en moins d&rsquo;une heure, de raconter la vie de Mattia et Adri au moyen d&rsquo;un <em>mash up</em> brillant, dont l&rsquo;humour léger sert de cheval de Troie à un propos dramatique. Tour à tour journaliste cherchant le fait divers, passante n&rsquo;ayant pas vu grand chose mais ravie qu&rsquo;on lui tende le micro, politiciens en mal de récupération, gendarme, pompier intervenu pour prendre en charge un malaise, ils délivrent avec brio l&rsquo;histoire d&rsquo;une personne qui s&rsquo;effondre, dans un système fait pour exclure. Son ami d&rsquo;enfance, lui-même en bute à la violence du monde du travail, passe de boulot en boulot comme on change de chemise et, happé par ses responsabilités familiales, peine à empêcher la dégringolade. Des destins très familiers&nbsp;: ce pourrait être nous. Aussi l&rsquo;affection bourrue qu&rsquo;ils se témoignent perce le cœur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Joie partagée d&rsquo;avoir un corps</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une autre énergie, féminine cette fois, se déploie dans <em>Faune</em>, performance des trois danseuses de la <strong>Cie Libertivore</strong>. Elles roulent sur un tapis rond semé de feuilles, à l&rsquo;ombre des grands arbres du parc de la Pépinière, s&rsquo;entremêlent, s&rsquo;envolent, s&rsquo;échappent. Des bois de cerf leur servent d&rsquo;appui, de grappin, d&rsquo;ailes, de griffes. Une bande son musicale, rythmée par des cris et stridulations, accompagne leur gestuelle, toute de défi et de furtivité animale. Cette sauvagerie est une célébration de la joie d&rsquo;avoir un corps jeune et souple. Un cadeau offert au public&nbsp;: lorsqu&rsquo;ils se relèvent, encore songeurs, adultes, enfants et vieux et vieilles bougent pour un moment avec plus de liberté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même émotion soutenue par la musique, jouée en direct par le violoncelliste <strong>Guillaume Bongiraud</strong>, dans <em>Solstice</em>, de la <strong>Cie Contrepoint</strong>. Le mouvement hypnotique de deux circassiens maîtres de la roue Cyr procure une sensation poignante&nbsp;: ah, si une telle harmonie pouvait exister dans le cours banal de l&rsquo;existence humaine&nbsp;! Le spectacle ne dure qu&rsquo;une demi-heure, mais il mérite bien sa <em>standing ovation</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">En troupe ou bien tout seul : s&rsquo;aventurer</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Grand succès aussi pour <strong>La Bande à Tyrex</strong>, du cirque cycliste doté également d&rsquo;un accompagnement en musique <em>live</em>. Mais l&rsquo;esprit est bien plus déluré&nbsp;: ils sont neuf, véloces, taquins. Franchement, qui eût cru qu&rsquo;on pouvait faire autant de choses avec une bicyclette&nbsp;? Jouer de la trompette debout sur la selle et le guidon, s&rsquo;entasser à quatre dessus, s&rsquo;enfuir en marche arrière, jubilant après l&rsquo;avoir fauchée sans vergogne à ses copains&nbsp;? C&rsquo;est peut-être la morale de l&rsquo;histoire&nbsp;: ensemble, on rigole plus. Parfois, il n&rsquo;est pas besoin d&rsquo;autre chose.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pour ceux qui apprécient la culture plus littéraire, il était aussi possible d&rsquo;aller applaudir dans le jardin du Centre diocésain <em>L&rsquo;Ouest Loin</em>, œuvre inclassable d&rsquo;<strong>Olivier Debelhoir</strong> (<strong>Cie d&rsquo;un Ours</strong>). Juché sur une paire de skis, avec sa perche de funambule, il soliloque en truffant son texte de citations de Victor Hugo, Marcel Proust, Edith Piaf ou encore Daniel Balavoine. Un éloge du risque qu&rsquo;on encourt à solliciter autrui&nbsp;: s&rsquo;il ne vient pas, il faut oser s&rsquo;aventurer tout seul.</p>



<pre class="wp-block-verse">GAËLLE CLOAREC<br><br>Le festival Toustes dehors (enfin) ! a eu lieu du<strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> 5 au 7 juin</mark></strong> à Gap.</pre>



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		<title>Le jazz jamais en rade</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Dussutour]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 07:42:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[On y était]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Alberto Cavalcanti]]></category>
		<category><![CDATA[Benjamin Moussay]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est désormais habituel&#160;: chaque printemps, le Marseille Jazz s’associe avec le cinéma L’Alhambra pour une proposition conjointe. Cette année, c’est un ciné-concert de haut degré artistique qui était proposé. Le film En Rade, muet et en noir et blanc, réalisé en 1927 par le Brésilien Alberto Cavalcanti, narre les rapports émus et craintifs entre une [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">C’est désormais habituel&nbsp;: chaque printemps, le <em><strong>Marseille Jazz </strong></em>s’associe avec le cinéma L’Alhambra pour une proposition conjointe. Cette année, c’est un ciné-concert de haut degré artistique qui était proposé. Le film <em>En Rade</em>, muet et en noir et blanc, réalisé en 1927 par le Brésilien <strong>Alberto Cavalcanti</strong>, narre les rapports émus et craintifs entre une petite serveuse de bar, rudoyée par sa mère, affolée par ses clients les dockers et Jean, le fils de la blanchisseuse qui rêve à d&rsquo;autres horizons – un simple d&rsquo;esprit s&rsquo;en mêle, fasciné par la jeune fille et les bateaux qui s&rsquo;éloignent des rivages marseillais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Restauré par Les Films du Jeudi, il permet de découvrir des images de la cité phocéenne loin de tout stéréotype. Ici, pas de Vieux Port ni de Bonne Mère, mais des vues sur les marchandises, les cargos et les portefaix. À peine les docks de la Joliette et la Digue du Large sont-ils esquissés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La musique, une suite composée par le pianiste <strong>Benjamin Moussay</strong>, est interprétée par un quartet d’excellence. Outre le pianiste, Airelle Besson est à la trompette, Thomas Savy à la clarinette et Eric Echampard à la batterie, qui tous sont là pour amplifier les émotions que suggèrent les images.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">La musique et l’héroïne</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a></a> On croit que chaque instrument est censé représenter un personnage – notamment la trompette, qui entre en jeu dès l’entrée en scène de l’héroïne. Puis on a la sensation que la clarinette fait vibrer le décor jusqu’à la moindre volute d’un châle, alors que le piano rend les cadrages plus précis encore, et que la batterie devient un instrument de montage. Par de subtiles polyphonies et polyrythmies, fondées sur des arpèges impressionnistes d’où émerge un swing furtif, l’orchestre déploie des ondes sensibles aux nuances infinies, rejoignant le propos artistique aux atours expérimentaux du réalisateur. Tout ça pour une histoire d’amour avec un port comme cadre&nbsp;? Oui. Et c’était sublime.</p>



<pre class="wp-block-verse">LAURENT DUSSUTOUR<br><br>Ciné-concert donné dans le cardre du Parcours métropolitain du Marseille Jazz des Cinq Continents <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">le 7 juin</mark> au cinéma L’Alhambra, Marseille.</pre>



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		<title>Dua : Une adolescence dans la guerre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Annie Gava]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jun 2026 16:50:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[cinema]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques]]></category>
		<category><![CDATA[Films]]></category>
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		<category><![CDATA[Semaine de laCritique]]></category>
		<category><![CDATA[variétes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En 2022, la cinéaste kosovar Blerta Basholli avait réalisé Hive (La Ruche), un film touchant sur le combat d’une femme pendant la guerre du Kosovo&#160; Cette année, c’est Dua , sélectionné et récompensé à juste titre à la Semaine de la Critique. Un film inspiré par sa propre&#160; adolescence dans un pays en guerre. &#160;Dua&#160; [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">En 2022, la cinéaste kosovar <strong>Blerta Basholli</strong> avait réalisé <em>Hive (La Ruche),</em> un film touchant sur le combat d’une femme pendant la guerre du Kosovo&nbsp; Cette année, c’est <em>Dua ,</em> sélectionné et récompensé à juste titre à <em>la Semaine de la Critique.</em> Un film inspiré par sa propre&nbsp; adolescence dans un pays en guerre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Dua&nbsp; Gashi a 13 ans et comme toutes les adolescentes parle des garçons, d’un futur premier baiser. Cadette d&rsquo;une fratrie de quatre enfants, il lui tarde que son corps se transforme. On danse, on écoute de la musique. Mais on est à Pristina au&nbsp; Kosovo, à la fin des années 1990 et&nbsp; les tensions grandissent&nbsp; entre Serbes et Albanais. Dans la salle de classe, on accueille de jeunes réfugiés d’une&nbsp; zone de combat. Humiliations ordinaires, contrôles policiers, répression féroce de manifs étudiantes, le climat de peur grandit et des familles quittent le pays. La mort de la sœur d’une de ses amies, abattue dans une rue de Pristina par la police serbe, rend la menace encore plus présente pour Dua. Elle se lie d’amitié avec Maki (<strong>Vlera Bilalli),</strong> réfugiée d’une autre région qui l’initie au judo. Pour gagner,&nbsp; «&nbsp;<em>Pense à la bête qui est en toi</em>&nbsp;»&nbsp; lui conseille-t-elle. Dua et son frère Vegim (<strong>Andi Bajgora)</strong> pensent à rejoindre l’UÇK, l’armée de libération. «&nbsp;<em>Tout le monde n&rsquo;est pas né pour se battre</em> » rétorque la mère (<strong>Yllka Gashi)</strong> Mais Dua a la rage…</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Dua, c’est <strong>Pinea Matoshi</strong> dont c’est le premier rôle. Et c’est un coup de maitre&nbsp;! Son regard en dit long sans qu’elle ait besoin de parler. La caméra de la talentueuse directrice de la photo <strong>Lucie </strong><strong>Baudinaud</strong> ne la lâche pas, scrutant son visage comme un paysage changeant au fil des émotions, la suivant dans les rues de la ville en de longs plans séquences. La scène où, après la fermeture forcée de l’école, avec sa sœur Tina (<strong>Kaona Sylejmani</strong>), elle chante et danse dans leur chambre au rythme de <em>Brazen </em>de Skunk Anansie&nbsp; <em>«&nbsp;Pourquoi ne pleures tu pas quand je te blesse&nbsp; et la colère grandit en toi..</em>&nbsp;»&nbsp; traduit la colère et la soif de vivre de cette jeune adolescente&nbsp;; les oscillations entre l’insouciance et la conscience du danger se plus en plus prégnant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Je&nbsp; voulais </em><em>montrer la complexité de la vie d’adolescent en temps de guerre, faire un film sur des jeunes dans un pays en guerre, pour montrer qu’ils sont comme tous les ados du monde. Ils ont leurs rêves et leurs problèmes</em>.&nbsp;» précise <strong>Blerta Basholli</strong>. C’est réussi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Annie Gava</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dua&nbsp; © Jour2Fete</p>
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		<title>Au Pavillon Noir, Trajal Harell danse le « Köln Conert »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Isabelle Rainaldi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 07:26:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[On y était]]></category>
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		<category><![CDATA[Aix-en-Provence]]></category>
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		<category><![CDATA[Trajal Harrell]]></category>
		<category><![CDATA[Zurich Dance Ensemble]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au cœur de la fournaise aixoise, le Pavillon Noir accueillait, en cette fin de mois de mai caniculaire, l’un des derniers rendez-vous de sa saison. Salle comble pour cette pièce construite autour du « solo de piano le plus célèbre de tous les temps » : le Köln Concert de Keith Jarrett. Pourtant, c’est d’abord [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Au cœur de la fournaise aixoise, le Pavillon Noir accueillait, en cette fin de mois de mai caniculaire, l’un des derniers rendez-vous de sa saison. Salle comble pour cette pièce construite autour du « <em>solo de piano le plus célèbre de tous les temps</em> » : le Köln Concert de Keith Jarrett. Pourtant, c’est d’abord une voix féminine qui ouvre la soirée, celle de la chanteuse canadienne Joni Mitchell, comme une invitation à pénétrer un espace de mémoire avant que les premières notes du concert ne viennent envahir le plateau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est <strong>Trajal Harrell</strong> lui-même qui accueille le public et initie la performance. Sur scène, les interprètes sont assis sur de simples bancs, blancs et noirs, hommes et femmes ensemble, traversés d’émotions mouvantes et contradictoires. Puis vient le défilé, porté par la musique de Joni Mitchell. Habillés de tissus soigneusement choisis par le chorégraphe, les danseurs transforment peu à peu le plateau en un catwalk sensible et mouvant. La gestuelle singulière de chacun affirme des présences autonomes oscillant entre vulnérabilité et puissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une seconde partie, les danseurs vêtus de noir semblent surgir d’un espace suspendu entre rêve et réminiscence. On pleure, on rit sur ce plateau, parce qu’il est ici question de notre humanité commune. Depuis plusieurs années, le chorégraphe explore le corps comme réceptacle de mémoire et terrain de spéculation historique. Figure majeure de la danse contemporaine internationale, invité dans la Cour d’honneur du Festival d’Avignon en 2023, il s’est imposé en faisant dialoguer deux histoires que tout semblait opposer : le voguing né dans les ballrooms queer new-yorkaises et la postmodern dance américaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec cette nouvelle création, Trajal Harrell poursuit son travail de tissage esthétique et historique en y intégrant des influences du butō japonais et des premières formes de danse moderne. Une danse d’apparition et de disparition, d’une élégance rare, qui laisse le spectateur dans un état de suspension bien après la fin du spectacle. Pari réussi pour un chorégraphe qui confie : «&nbsp;Je ne sais pas comment faire une danse, je commence et je recommence.&nbsp;» On retrouvera Trajal Harrell au Festival d’Avignon 2026 du 22 au 24 juillet, au Cloître des Carmes.</p>



<pre class="wp-block-verse">ISABELLE RAINALDI<br><br> Spectacle donné le<mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"> 28 mai </mark>au <a href="https://preljocaj.org/pavillon-noir/" type="link" id="https://preljocaj.org/pavillon-noir/">Pavillon Noir</a>, Aix-en-Provence.</pre>



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		<title>« Ciné Palestine » : un projectionniste dans les lacets de l’histoire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Agnes Freschel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 07:23:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[On y était]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Alex Bakri]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La cinquième édition marseillaise du festival Ciné Palestine s’est ouverte le 28 mai dans un climat tragique, empreint de la situation des cinéastes palestiniens. Et de prises de position malaisantes&#160;: la représentante de Culture en lutte 13 appelait à boycotter tout spectacle et tout film provenant d’Israël, mais aussi la venue de Joann Sfar le [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">La cinquième édition marseillaise du festival <em><strong>Ciné Palestine</strong></em> s’est ouverte le 28 mai dans un climat tragique, empreint de la situation des cinéastes palestiniens. Et de prises de position malaisantes&nbsp;: la représentante de <em>Culture en lutte 13</em> appelait à boycotter tout spectacle et tout film provenant d’Israël, mais aussi la venue de Joann Sfar le lendemain à la Criée dans le cadre de <em>Oh les beaux Jours</em>. Or le bédéiste n’est ni Israélien, ni financé par Israël, ni belliqueux. Mais il a bien signé une tribune demandant que l’État de Palestine ne soit pas reconnu par la France avant la libération des otages. Doit-il voir, pour autant, sa parole censurée&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La minute de silence observée en hommage à Mohamed Bakri, réalisateur du documentaire <em>Jenine Jenine</em> interdit en Israël, avait plus de sens. D’autant que son très court métrage était projeté juste après&nbsp;: dans <em>Le Monde</em>, tourné quelques jours avant sa mort en décembre on voit l’acteur, aveugle et malade, quitter une fête qui se déroule devant une télé diffusant des images de la destruction de Gaza, devant des convives totalement indifférents.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Des épaisseurs d’échecs</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film d’Alex Bakri (son cousin) est tout aussi subtil. <em>Habibi Hussein</em> ne parle jamais directement d’Israël. À Jenine les policiers sont palestiniens, et la bonne volonté de l’ONG allemande venue en 2010 reconstruire le Jenin, cinéma historique de la ville, s’avèrera très surplombante&nbsp;: «&nbsp;<em>On ne va pas passer du Godard, ils aiment les films indiens et Bruce Lee</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concevant son documentaire comme une fiction ménageant ses effets narratifs, Alex Bakri met en scène les échecs superposés de l’ONG, de l’Autorité nationale palestinienne, et du vieux projectionniste Hussein dépassé par l’usure de son vieux matériel, et sa méconnaissance des appareils sophistiqués qui le remplacent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La métaphore est profonde, complexe, et désespérante, puisque le cinéma Jenin sera, dans le réel, détruit en 2016. Non par les forces occupantes, mais faute de spectateurs. Quant au projectionniste, le «&nbsp;<em>très cher&nbsp;Hussein</em>&nbsp;», on le voit une dernière fois, les tempes blanchies, sur les décombres du cinéma qui fut sa vie. Il est, depuis, décédé.</p>



<pre class="wp-block-verse">AGNÈS FRESCHEL<br><br> Le Festival Ciné Palestine s’est tenu à Marseille du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">27 au 31 mai</mark>.<br> Il se poursuit à Paris du du <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">5 au 14 juin</mark>.</pre>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>André Péri : jouer et soigner</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Carla Lorang]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 07:22:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[On y était]]></category>
		<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[André Péri]]></category>
		<category><![CDATA[Bouches-du-Rhône]]></category>
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		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre de l'Astronef]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce samedi 30 mai, la chaleur est étouffante dans l’enceinte de l’hôpital Édouard-Toulouse. Derrière les façades en crépi, les salles de commission et les espaces médicaux, difficile d’imaginer un théâtre. Pourtant, quelques centaines de mètres plus loin, au bord d’un espace de verdure, se cache l’Astronef. Une fois le pas de la porte franchi, l’air [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Ce samedi 30 mai, la chaleur est étouffante dans l’enceinte de l’hôpital Édouard-Toulouse. Derrière les façades en crépi, les salles de commission et les espaces médicaux, difficile d’imaginer un théâtre. Pourtant, quelques centaines de mètres plus loin, au bord d’un espace de verdure, se cache l’Astronef. Une fois le pas de la porte franchi, l’air est plus frais. Assis sur un tabouret au centre de la scène, André Péri se prête à une séance photo avec une aisance relative. «<em> Baisse les épaules, les mains sur les genoux, regarde droit devant, les yeux dans les orbites </em>», lui lance le photographe d’un ton rieur. André obtempère, esquisse un sourire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a></a> L’exercice n’est visiblement pas son terrain de jeu favori. Il faut dire qu’il n’est ni acteur professionnel ni modèle. Depuis plus de quarante ans, il est infirmier psychiatrique. Le théâtre, pourtant, il l’a dans le sang. En cette soirée de début d’été, c’est tout un public qui l’attend sur le plateau de l’Astronef, lieu qu’il dirige avec Marie Laigneau-Bignon. Il vient y présenter <em>Placement libre, une vie passée à soigner</em>, une création intime qui retrace quatre décennies passées dans les couloirs de l’hôpital psychiatrique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Une vie à soigner</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À 17 ans, ce fils d’ouvriers italiens rêve de devenir kinésithérapeute. Faute de moyens, il doit renoncer. Son professeur de philosophie lui fait alors découvrir Marx et Freud. Une idée germe :«<em> Je me suis dit que si on ne prend pas soin des personnes les plus fragiles, qu’est-ce qu’on est comme société ? </em>».«<em> L’utopie, c’est mon truc </em>», confie-t-il. André Péri se lance alors dans la psychiatrie, mais également dans un combat constant contre des maladies souvent incurables, une technocratie déconnectée des enjeux de terrain et la stigmatisation associée à la folie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réalité est bien loin de ses idéaux, mais pour André son métier c’est avant tout sa colonne vertébrale. Dans les années 1980, il fait partie de cette nouvelle génération de soignants qui rêve de faire tomber les murs qui séparent les patients de la «société ». Avec d’autres, il lie sa vocation à sa passion en créant des ateliers de théâtre puis un carnaval. Mais pourquoi s’arrêter là ?«<em> Quand je m’entraîne au foot, c’est pour faire un match </em>»<em>, </em>lui suggère un patient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors les ateliers deviennent spectacles, et les spectacles quittent l&rsquo;hôpital, se jouent dans des maisons de retraite, des festivals, jusqu’au Off d’Avignon. Faire avec les contraintes est devenu sa méthode : « <em>On prend les contraintes et on voit comment les utiliser au mieux pour les patients. </em>»Longtemps aux mains de l’administration, André Péri prend finalement la direction de l’Astronef en 2019. Avec des soignants, des artistes et des patients, il contribue à faire vivre ce lieu singulier où création artistique et psychiatrie se mêlent. Depuis cinq ans maintenant, l’équipe y organise ateliers, spectacles en tout genre, théâtre-forum et rencontres. Mais ce soir, les projecteurs sont braqués sur lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Raconter la psychiatrie</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La veille encore, les technicien·nes terminaient d’installer le décor. Une scénographie volontairement sobre que le comédien décrit comme «<em> le désordre de sa mémoire </em>»<em>.</em> Pendant une heure, il invite le public à s’y perdre avec lui. Le spectacle n’a rien d’un bilan de carrière. «<em> Ce n’est pas une méthode. Ce n’est même pas un témoignage. C’est simplement ce que j’ai vécu. </em>» Sur scène, il déroule quarante années de psychiatrie à travers une série de portraits. Il raconte Marie, persuadée d’être un cyborg, ou encore JP et sa compagne, tous deux psychotiques, qui rêvent de construire une famille. Des histoires drôles, bouleversantes et toujours profondément humaines. Au terme de la représentation, lorsque les applaudissements retentissent, l’émotion est palpable dans la salle. Debout, le public salue autant le spectacle que l’homme qui le porte. Un infirmier, mais aussi un comédien désormais à la retraite, qui pendant quarante ans a tenté, à sa manière, de soigner.</p>



<p class="wp-block-paragraph">CARLA LORANG</p>



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		<title>La belle semaine d’Oh les beaux jours</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anne-Marie Thomazeau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 07:20:13 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Nos larmes</mark></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Séquence émotion du Festival que ce spectacle <em>Nos Larmes</em> imaginé par la chanteuse <strong>Maissiat</strong>. Les textes, fruits d’ateliers d’écriture organisés au Centre hospitalier Valvert, ont été restitués en musique par les patients eux-mêmes. À travers ces cascades de petites larmes, émouvantes ou cinglantes, on entend la tristesse mais aussi l’abandon, l’impuissance, la colère, le sentiment d’injustice, l’histoire qui se répète, la folie des guerres, les cris étouffés de ceux à qui on a répété «&nbsp;un homme ça ne pleure pas&nbsp;». Quand la lumière s’allume, les larmes ne sont plus seulement sur la scène.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Siestes acoustiques<br></mark></strong>Assister à une <em>sieste acoustique,</em> c’est entrer dans une bulle de douceur et comprendre combien, dans un monde devenu virtuel, nous avons besoin de liens, de proximité et de confiance en l’autre comme celle d&rsquo;accepter de s’endormir à côté d’un inconnu. Tandis qu’on ferme les yeux, Guillaume Poix – il vient d’obtenir le prix littéraire du barreau de Marseille – raconte la mer, les voiles et les criques du bord de mer, la journée qui commence, « <em>la joie qui n’a d’autres regards que le temps pur</em> ». Sa voix caresse les corps allongés dans la salle Billoud du Conservatoire Barbizet. Les musiciens Bastien Lallemant, Maissiat, JP Nataf, Maëva le Berre, illustrent en musique dans de doux Blues aux inspirations « bashungiennes ». Tiens, mais déjà certains ronflent et apportent une pulsation à l’ensemble. C’est chaleureux, enveloppant, consolant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Les Voix de Camus</mark></strong><br>Fidèle à ses grands entretiens posthumes, le festival a choisi cette année de célébrer Albert Camus. Né en Algérie en 1913, l’enfant du quartier pauvre de Belcourt a puisé sur les rives méditerranéennes ce « tragique solaire » qui infuse sur toute son œuvre. Écrivain engagé, philosophe de l’absurde, Camus se définissait d’abord comme un artiste. C’est autour de cette vision que l’écrivain franco-afghan Atiq Rahimi (prix Goncourt 2008) et Rémi Baille (La Crique, éditions le Bruit du Monde) ont échangé. Ils nous ont parlé de « leur » Camus, découvert à l’adolescence mais qui les accompagne encore. L’occasion d’entendre la voix de l’écrivain grâce à des extraits radiophoniques et la lettre à son ancien instituteur Louis Germain, qu’il remercia, quelques jours après avoir appris qu&rsquo;il recevait le prix Nobel de Littérature, de lui avoir permis d’obtenir une bourse pour poursuivre ses études. Une gratitude profonde qui a donné lieu sur la scène de la Vieille Charité à la lecture d’écrits de jeunes lycéens « à la manière de… »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Delerm en point d’orgue<br></mark></strong>Adolescent, Vincent Delerm n&rsquo;aimait pas lire, au grand dam de son père Philippe, professeur qui venait tout juste de connaître le succès avec ses <em>Petites gorgées de bière</em>. Devenu adulte, pianiste et chanteur, Delerm film n&rsquo;a cessé depuis de se glisser dans les livres et d&rsquo;en faire des chansons qui ressemblent à des nouvelles. Pour cette soirée de clôture du festival, la nuit tombant sur le Fort Saint-Jean, Vincent a chanté son amour pour la littérature : celle qu&rsquo;on chine sur un étal de bouquiniste au bord de la Seine, celle des délicats Modiano et Holder. Une soirée pleine de douce ironie et de nostalgie qui le ramène – et nous avec lui – à ces vendredis soirs, aux côtés des parents devant le sacro-saint Apostrophes de Bernard Pivot.</p>



<pre class="wp-block-verse">ANNE-MARIE THOMAZEAU<br><br><strong> Oh les beaux jours</strong> s’est tenu <mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color"><strong>du 26 au 31 mai</strong></mark> à Marseille.</pre>



<pre class="wp-block-verse"><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Verve aveyronnaise<br></mark></strong>Alain Guiraudie, bien connu pour son film L’inconnu du lac de 2013, a régalé le public avec sa verve aveyronnaise, son franc parler et les anecdotes cocasses sous lesquelles se cachent une « mâle gaité » et une profondeur d’une grande humanité. La conversation à bâtons rompus avec Chloë Cambreling a fait surgir des éclairages sur son œuvre qui passe sans arrêt du livre au film et inversement. Sa boulimie pour les mots et les histoires le fait imaginer des rencontres au cours d’errances des personnages, mélangeant rêve et réalité. Ainsi les fantasmes lui permettent de franchir des limites. Et il ne s’en prive pas. Il a été question des 1000 pages de Rabalaïre (2021) et de leur suite Pour les siècles des siècles (2024), avec un curé très particulier qui dort avec ses paroissiens, d’hommes nus dans les forêts… Et ce n’est pas fini. Notons que tous ses livres sont édités chez P.O.L. <br><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Souvenirs d’enfance<br></mark></strong>Avale (Grasset), premier roman de Séphora Pondi, a déjà reçu 2 prix. Comédienne accomplie d’une grande intensité, le texte est tout autant ravageur que son jeu, repéré et inoubliable alors qu’elle était élève de l’Eracm à Marseille. Après son passage au TNS, elle est maintenant pensionnaire de la Comédie-Française. Soutenues par la musique d’Edgard Chenest, la voix et la langue se sont imposées. Deux personnages centraux, des souvenirs de l’enfance, des premières amitiés surgissent avec une certaine violence. Séphora a choisi de ne rien dévoiler sur le déroulement de l’intrigue et ne lit rien au-delà des cinquante premières pages. À découvrir. <br><br><strong><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-luminous-vivid-orange-color">Ne pas oublier Shaïna<br></mark></strong>Une émotion mêlée de révolte a traversé la grande salle de La Criée pendant la lecture de Negar Haeri, avocate de la famille de Shaïna, adolescente poignardée et brûlée vive en 2017. Elle avait d’abord été victime de viols en réunion, de chantage. Enceinte, elle voulait garder l’enfant. Son violeur avait alors organisé sa mise à mort. Cinq procès ont été nécessaires pour arriver à la condamnation. Negar Haeri n’a pas connu Shaïna, mais elle s’adresse à elle dans un texte sobre, voulant que le livre offre à la jeune fille « un tombeau à l’abri de la violence du monde ». Son livre porte le titre La jeune fille et la mort, emprunté au quatuor à cordes de Shubert exécuté en live par quatre musiciens remarquables. C.B.<br></pre>



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