En 2013 Maxence Voiseux avait réalisé son premier court métrage, Des Hommes et des bêtes, où il filmait André Lourdel et son fils Hubert, éleveurs et vendeurs de bovins, dans l’Artois. Trois ans plus tard, il consacre son premier long documentaire, Les Héritiers, à Hubert et ses deux frères qui travaillent tous dans les métiers de la viande. C’est lors de ce tournage qu’il rencontre Gabin, âgé de huit ans, fils de Dominique, un des frères et de Christiane, sa femme. Il décide de filmer cet enfant car «il était plus drôle et plus irrévérencieux que ses frères et ses cousins. Il osait déjà exprimer ses sentiments, ses volontés et pleurer, ce qui est rare dans cette famille. ». Ce qu’il va faire de 2019 à 2025. C’est le petit dernier d’une fratrie et pour Dominique, qui a consacré sa vie à sa boucherie, il est évident que Gabin prendra sa succession. Mais Gabin, lui, voudrait faire un métier avec les animaux vivants. Comment résister à cette pression paternelle ? Il n’est pas à l’aise à l’école. « Je me méfie, confie-t-il. On y fonctionne en bandes séparées. Je m’entendrais bien avec les filles ; les garçons ne comprennent pas les choses ! »…Gabin s’inquiète; sa mère s’est installée en 2012 mais malgré un travail acharné, la ferme est presque en faillite, confie-t-il à son amie, Lilou. « On n’a pas de matériel, juste un tracteur et une remorque. Rien que de penser perdre les vaches, ça me fait mal au cœur ! »
Pour l’adolescent, la pression est forte. On le voit grandir entre les exigences de son père et l’affection de sa mère avec qui il a une tendre complicité. A 14 ans il doit décider de son avenir .Quel lycée ? En internat ? « Du moment que tu bosses, je m’en fous » lui lance son père, déçu qu’il ne choisisse pas de s’orienter vers la boucherie. Ce sera un lycée agricole. On le voit avec ses camarades à l’internat, dans les alpages où il fait son stage, apprenant, avec un berger, à dresser un chien de troupeau. Le petit Gabin est devenu grand. Il ira jusqu’au bout de ses rêves même si c’est dur de laisser sa mère, épuisée…Pour sortir de leur lassitude, Dominique et Christiane vont aussi faire des choix, qu’on vous laisse découvrir. Des personnages attachants, des prés, les gestes du travail des champs, des visages, tout est filmé avec soin et justesse.
Si vous n’aimez pas la campagne, si vous n’aimez pas les paysages, si vous n’aimez pas les bêtes, n’allez pas voir Gabin ! Si non, courez- y et vous y rencontrerez des gens très attachants que vous quitterez à regret.
Annie Gava
Gabin sortira en salles le18 novembre
© Arizona distribution






