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De l’art des contraires

Josette Baïz assène un vaste pied de nez aux lois de l’équilibre dans Antipodes créé au Grand Théâtre de Provence

Quatre pièces au programme s’enchaînent, entrecoupées d’intermèdes mutins au cours desquels les danseurs  parodient les bords de plateau, l’invitation d’un spectateur sur scène ou les annonces   réclamant l’extinction des portables.

The Roots de Kader Attou s’inspire d’un quotidien bancal pour composer, sur la musique d’un vinyle qui craque, une danse qui emprunte à la grammaire de chaque danseur, mêlant hip-hop et contemporain en un ensemble qui ne nie aucune singularité, racines porteuses d’une humanité foisonnante aux émotions multiples.

Puis la délicieuse saynète imaginée par Claire Laureau et Nicolas Chaigneau, Petite Dernière, interpellait la salle pour faire venir un spectateur imaginaire sur le plateau afin qu’il départage trois danseurs dans leur mime des Variations Goldberg de Bach, leurs pieds scandant les notes de la main gauche tandis que les mains et les bras épousent les gestes du pianiste pour les notes de la main droite. Les gestes hypnotiques apportaient une délicate fraîcheur à ce passage enjoué.  

Enfin, Young Men d’Ivàn Perez,  sur la musique de Keaton Henson, évoquait les dures séances d’un camp d’entraînement militaire, chorégraphiant les combats avec une précision d’orfèvre, puis ramenant sur scène des élans d’une fraternité et d’une tendresse qui manquent tant aujourd’hui à un monde qui s’emballe. Ronde folle où la vie dessine ses orbes. L’engagement des danseurs est irrésistible et leur bonheur d’être sur scène communicatif.  

Sulfureux ?

Le dernier opus du spectacle, -SIAS, chorégraphié par le collectif Les Filles de Mnemosyne, avec son défilé de mannequins de haute couture, ses effets de flashes, ses dandinements, ses tenues latex, empruntées à un univers sado-maso, sa musique électronique de circonstance, était moins convaincant. La violence gratuite d’un monde drogué que les jeunes danseurs n’incarnent pas reste aux frontières du sulfureux  et les postures sans équivoque ne dénoncent guère l’ensauvagement trouble qu’elles seraient censées condamner. 

MARYVONNE COLOMBANI

Antipodes a été créé les 6 et 7 novembre au Grand Théâtre de Provence 
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