mercredi 12 août 2026
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Bloombat : parkour jazz

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Bloombat © L.S.

Zébuline. Vous êtes musicien, mais vous accordez beaucoup de place dans vos clips à la pratique du parkour, notamment dans vos clips.
Bloombat. Ça me plaît beaucoup de faire des clips parce que j’ai plein d’idées qui me tiennent à cœur – des clips un peu drôles et étonnants, qui vont faire un peu réagir les gens, et qui, en même temps, représentent quand même ce que je fais. Les clips, c’est mêler mes deux passions – le parkour et la musique – c’est de l’art pour l’art. Ce n’est pas l’art pour l’argent. 

Et sur le plan musical, au début de Bloombat, en 2020, j’étais concentré sur le côté production musicale. Comment on agence les instruments. C’était l’époque du Covid, donc ce qui comptait le plus, c’était de créer un morceau qui sonne bien, faire des bonnes orchestrations, apprendre sur mon ordi en home-studio. Aujourd’hui, je suis très content d’avoir sorti ce premier album. Et justement, mon focus, c’est le live pour deux raisons. D’une part, personnelle parce j’ai fait un album, j’ai passé un an et demi enfermé. Je suis très content de reprendre le live pour ce côté humain – la musique à la base, je pense que c’est pour célébrer, communier ensemble. 

Vous êtes multi-instrumentiste, et vous jouez notamment de la clarinette.
L’anecdote est qu’il y a 10 ans lors d’un voyage en Australie, j’avais une tendinite à la main. Je venais d’arriver chez quelqu’un qui chantait et jouait aussi de la musique, Serena, qui a d’ailleurs collaboré sur plusieurs titres de l’album. On jouait dans la rue pour gagner des sous. Et j’avais trop mal aux mains pour l’accompagner à la guitare, et j’ai trouvé une clarinette et pendant deux semaines j’ai essayé. En plus de la guitare, je joue aussi de la basse, et du ukulele. Depuis deux ans je joue aussi saxophone. 

Vous aimez partagé votre musique à travers des collaboration.
Oui j’ai invité des rappeurs comme Joe Bruce ou TrueMendous. Mais j’ai aussi collaboré avec des athlètes de parkour, comme dans le clip de Reach Out. C’est à mi-chemin entre la danse et le parkour. Et ça m’a marqué pour ma pratique, j’ai envie d’essayer des mouvements plus expressifs. Il y a aussi  le clip de Wildcat Chili Soup, où on fait du skate dans les marches de Longchamp. On descend sur des panneaux de signalisation ou des valises. C’était vraiment un rêve d’ado. 

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR LAVINIA SCOTT 

Bloombat
11 décembre
Makeda, Marseille

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Le Misanthrope

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Le Misanthrope © Ephrem Koering

Dans Le Misanthrope, Alceste méprise l’humanité tout entière. Il en dénonce l’hypocrisie, la couardise et la compromission. Mais paradoxalement, alors qu’il est aimé d’Arsinoé, la prude, et d’Éliante, la sincère, il aime passionnément Célimène, une veuve de 20 ans, coquette, superficielle et médisante. Un classique parmi les classiques, que le metteur en scène Georges Lavaudant revisite dans une mise en scène moderne et épurée, trempée dans une atmosphère de crépuscule social. Dans le rôle d’Alceste Éric Elmosino, dans celui de Célimène Mélanie Richard, deux interprètes avec lesquels Lavaudant a déjà travaillé, tout comme avec la plupart des autres comédien·ne·s qu’il a choisi·e·s, dont Aurélien Recoing en Oronte, Astrid Bas en Arsinoé, ou François Marthouret en Philinte.

M.V.
16 décembre
La Colonne, Miramas

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Moman ! Pourquoi les méchants…

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Moman ! Pourquoi les méchants... © Thomas O’brien

Signé par Jean-Claude Grumberg et mis en scène par Noémie Pierre, Moman ! Pourquoi les méchants sont méchants ? est un spectacle qui creuse, avec humour et gravité, la relation fusionnelle entre une mère et son fils, entre rêves d’enfance et fantômes du passé. La pièce oppose la fragilité quotidienne aux élans de résistance : fins de mois difficiles, absence paternelle, peurs nocturnes… tout en interrogeant la figure maternelle et la façon dont se forment, parfois, les rancœurs et les peurs transmises. Entre humour populaire et pudeur dramatique, une fable domestique à l’énergie contenue, portée par le duo Clotilde Mollet et Hervé Pierre, qui transforme l’intime en théâtre universel.

 M.V.
9 et 10 décembre
Théâtre du Jeu de Paume, Aix-en-Provence

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Inflexions

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Inflexions, Pascale Criton © X-DR

Le GMEM et l’Opéra de Marseille invitent le public à un concert consacré à la compositrice Pascale Criton, qui développe une écriture musicale fondée sur les micro-intervalles et l’association d’instruments acoustiques et électroniques. Elle s’inspire des recherches sur le son et sa transformation pour créer des œuvres où timbres et mouvements sonores évoluent constamment. Baptisé « Inflexions », le programme réunit plusieurs pièces du parcours de la compositrice : OUT pour ondes Martenot, Plis pour guitare, Ritournelle for J & F, ainsi que la création A. KOI BA. Pour donner vie à ces œuvres, la soprano Juliet Fraser sera accompagnée de Caroline Delume, Nathalie Forget, Charlotte Testu, avec Monica Gil Gilardo et Alexis Baskind pour l’informatique musicale.

A.-M.T.
14 décembre, 11 h
Foyer de l’Opéra de Marseille

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Le Syndrome de Cassandre

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Syndrome de cassandre © Christophe Raynaud de Lage

Yann Frisch est un des artistes les plus reconnus de la magie nouvelle, cet art du spectacle qui a récemment fait son entrée dans les circuits des scènes publiques en se détachant de la magie traditionnelle, et en s’affirmant aux cotés du cirque et du théâtre. La magie de Yann Frisch repose sur des jeux d’illusion, mais aussi sur un art du clown dont le nez rouge est décidément noir. Dans son théâtre les objets se dérobent, et le Syndrome de Cassandre est celui de cette devineresse qui prévoyait les catastrophes mais que personne ne croyait. L’histoire d’un isolement, tragique : celui d’un clown que la magie ne sauve pas.

A.F.
12 et 13 décembre
Châteauvallon, Ollioules
Scène nationale de Châteauvallon-Liberté

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Le Murmure des Songes

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Murmures des songes © Julie Cherki

La quatuor de danseur·euses de Kader Attou (Cie Accrorap) ouvre les portes du rêve. Du battement des ailes de papillon, des fées géantes qui protègent, des lignes sur les murs qui s’animent et deviennent des fils à suivre, des guides dans les forêts oniriques. Le hip-hop de Kader Attou, qui s’orne aussi bien de pirouettes Preljocaj que ports de bras classiques, est d’une grande délicatesse. De propos, de forme, de ton. Tout en restant urbain, acrobatique, adressé à tous, même aux plus jeunes, grâce à l’univers graphique de Jessie Désolée qui construit ici un spectacle sur l’enfance, aussi pour les enfants, et tous ceux qui l’ont été.

A.F.
12 et 13 décembre
Théâtre Liberté, Toulon
Scène nationale de Châteauvallon-Liberté

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Le Petit Chaperon rouge

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Le Petit Chaperon rouge © Victor Tonelli/Hans Lucas

Chaque création et chaque reprise de Joël Pommerat par Joël Pommerat est un événement. Ce Petit Chaperon rouge révèle la profondeur d’un conte universel comme les chemins du désir dans les forêts obscures, la brutalité possible des loups, la sortie, parfois forcée, parfois désirée, de l’enfance. Ce grand petit chef d’œuvre n’est pas recommandé avant 6 ans : La Garance a prévu de garder les plus jeunes car l’expérience est bouleversante, murmurée, claire et sombre, traversée de non dits qui se révèlent, et préservent des loups. Même de ceux qu’on désire un peu, avant qu’ils nous dévorent, ou qu’on leur échappe.

A.F.
Du 10 au 12 décembre
La Garance, Scène nationale de Cavaillon

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Accro- accrochage

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C’est le genre d’aventures incroyables qui arrivent à Daniel Pennac. Un matin d’hiver, une exposition du peintre Miró « lui donne rendez-vous à Beaubourg ». Devant Bleu II, l’écrivain repère un photographe sans y prêter plus attention. Il le retrouve une semaine plus tard au musée d’Orsay, alors qu’il va dire bonjour au Docteur Gachet de van Gogh. D’abord un peu parano, Pennac se dit que le photographe le suit. « Moi qui m’étais cru suivi, je me suis mis à le suivre ! » raconte-t-il. À sa grande stupeur, l’écrivain comprend que l’homme photographie non pas les toiles, mais les visiteurs de dos qui les regardent.

La filature parisienne

Pennac suit l’étrange bonhomme dans les rues de Paris. Celui-ci traverse la Seine en direction du Louvre où il pénètre par la porte des Lions. Le même manège reprend.

Quelques semaines se passent, la vie reprend son cours avec les douleurs de l’âge. L’écrivain doit consulter un médecin gastro-entérologue. Ce dernier est étrangement familier à Pennac. Brutalement, cela fait tilt : le médecin et le photographe ne font qu’un. La discussion démarre. Le toubib, Laurent Mallet, puisque c’est son nom, explique sa passion, son obsession même : chercher des analogies ou des antagonismes entre les visiteurs de dos et le tableau qu’ils regardent et les photographier. Pour la seule année 2024, le photographe aura saisi 62 500 de ces rencontres entre une œuvre et un spectateur en « état de préférence » selon la jolie formule de Pennac.

De cette rencontre insolite, les deux hommes ont tiré un ouvrage : Le Roman des regards, moitié texte, moitié photos. La galerie d’une bonne cinquantaine de pages est saisissante : jeune femme aux vêtements graphiques devant Deux cercles de Rodtchenko à la Fondation Vuitton ; portrait d’une jeune femme brune en veste kaki devant Jeune Italienne de Sonia Delaunayau Centre Pompidou et qui semble son double ; Portrait d’Alphonsine Fournaise de Renoir au musée d’Orsay et sa visiteuse au même chapeau rouge et habits bleus délavés.

L’occasion également pour Pennac de s’interroger sur le processus de création et sur notre relation aux musées. « Qui s’est dit un jour que des toiles conçues dans la solitude d’un atelier avaient finalement vocation à se retrouver accrochées en un lieu public pour être exposées aux foules, en compagnie de statues destinées au grand air » ?

Et quel genre de courant entraîne lesdites foules dans les dits musées ? Quelle faim les anime ? Comme nommer leurs amateurs ? Qui lit un livre est un lecteur, qui va au théâtre ou au cinéma est un spectateur. Dans les magasins vont des clients, les joueurs au casino, les fidèles à l’église, les malades à l’hôpital, les fous dans les asiles et les coupables en prison. Mais comment nomme-t-on le visiteur de musée ?

Après avoir tenu dans ses mains cet Ovni éditorial, gageons que nous n’entrerons plus jamais dans un musée avec le même regard.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Le roman des regards de Daniel Pennac et Laurent Mallet
Phillipe Rey – 25 €

Satire à l’italienne

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Dario Ferrari © X-DR

Si l’on pouvait décerner un prix pour le roman le plus drôle de l’année, La récréation est finie figurerait sans doute dans la liste des finalistes, en tout cas pour ce qui concerne sa première partie. Marcello Gori, le narrateur, trentenaire dilettante vivant à Viareggio en Toscane, semble avoir fait de l’indécision un art de vivre. Dès l’incipit, le ton est donné : « Certains choix conditionnent toute une vie et, jusqu’à présent, j’ai toujours eu tendance à faire ces choix au hasard ».

Fils de cafetier, le plus si jeune homme que çà, se lance dans la préparation d’un doctorat avec une seule motivation : échapper à l’obligation de reprendre l’affaire familiale. Il se définit avec une lucidité désabusée : « Je ne suis pas de ceux dont la carrière universitaire coule dans les veines. J’ai été un étudiant plutôt médiocre. Mon seul talent était un certain savoir-faire. Je devinais dès le premier jour ce qu’un professeur voulait s’entendre dire. »

Ferrari nous emmène dans les couloirs de la recherche universitaire avec un talent pour la satire mordante et caustique. Il décrit avec jubilation – et nous jubilons de concert – les luttes d’ego, les jeux de pouvoir et l’hypocrisie feutrée des universités – dont il est issu et où il enseigne la philosophie.

Par un concours de circonstances, heureux ou malheureux, Marcello pénètre le cercle très fermé du prestigieux Sacrosanti, professeur fondateur du département de littérature italienne sur lequel il règne en maître absolu. Ce dernier, qui considère notre anti-héros comme un total incapable, l’exhorte, sans lui laisser vraiment le choi, de s’engager dans une thèse sur les écrits d’un certain Tito Sella. Il s’agit d’un obscur terroriste-écrivain (fictif) des années de plomb, membre de la brigade Ravachol (elle aussi fictive) entre 1978 et 1980 et mort en prison après avoir laissé derrière lui une autobiographie mystérieuse et perdue, La Fantasima. Au fil de ses recherches, Marcello mu par « une forme d’empathie et d’admiration », va s’identifier à son personnage d’analyse, reconstituer sa vie et y mêler la sienne jusqu’à s’y perdre.

L’originalité du roman tient à sa construction narrative parallèle. D’un côté, le quotidien provincial de Marcello et sa découverte catastrophée du milieu universitaire. De l’autre, le récit de ces années de plomb empêtrées dans les contradictions et paradoxes d’une génération d’activistes issus de milieux aisés bénéficiant du luxe de pouvoir « philosopher » sur la révolution au nom et en place du prolétariat. Ferrari ne juge pas, il observe, avec cette distance ironique qui fait tout le sel de son écriture. Le titre lui-même, « la Récréation est finie » citation détournée de De Gaulle en mai 1968, résonne comme un désenchantement.

Un dénouement magistral

Ferrari mène son intrigue en multipliant les mises en abyme. Il nous fait voyager avec finesse au cœur de la lutte et de la discrimination de classes, dans ce monde de nantis obséquieux, qui même kidnappés dans une cave par des « prolos » gardent une superbe que les seconds n’acquerront jamais. Il nous emmène aussi dans le petit milieu des gauchistes italiens réfugiés à Paris dans les années 1980, protégés par la France des années Mitterrand qui refusera de les extrader. On y croise aussi le philosophe Gilles Deleuze et le psychanalyste Félix Guattari. Le dénouement, dont on ne dira bien sûr rien, est mené avec « maestria » et replace toutes les pièces du puzzle entre elles. La récréation est finie a connu un grand succès populaire en Italie. On comprend aisément pourquoi.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

La récréation est finie,de Dario Ferrari
Éditions du sous-sol - 24 €

Mathieu Do Duc : 60 ans de photos

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nfants à vélo à Saigon en 2004 © Mathieu Do Duc

60 photographies, choisies par ses proches, seront présentées, mais l’exposition, qu’il organise, ne va pas se contenter de retracer son parcours artistique. Elle va mêler photographie, bande dessinée, arts visuels, partage culturel et immersion dans les liens franco-vietnamiens, avec l’invitation lancée à deux autres artistes d’origine vietnamienne : Suzy Xuan Thu Lloret, peintre, et Clément Baloup, auteur de bande dessinée, connu pour la série Mémoires de Viet Kieu, inscrivant sa pratique dans la mémoire collective des exilés vietnamiens, en mêlant récit documentaire, enquête et graphisme.

Au programme : vernissage le jeudi 11 décembre, rencontre Mathieu Do Duc et Clément Baloup le jeudi 18 décembre autour de leurs approches artistiques et leurs liens à la « vietnamité ». Et pendant toute la durée de l’exposition : initiations au tai-chi, ateliers de peinture à l’encre de Chine, les projections d’Allée des Jasmins, court métrage de Stéphane Ly Cuong, Once upon a bridge in Vietnam, documentaire de François Bibonne consacré à la musique, ainsi que Mille jours à Saïgon documentaire de Marie-Christine Courtès avec l’illustrateur Marcelino Truong.

MARC VOIRY

60 photos pour 60 ans

Du 11 au 21 décembre

Marseille 3013

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