jeudi 9 avril 2026
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États généraux de la culture : tribune prononcée à Avignon 

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© X-DR

« Nous vivons une période exceptionnelle, une période dans laquelle on en appelle à la démocratie et à l’État de droit contre des décisions de justice. Une période dans laquelle on bombarde  continuellement des populations civiles en prétendant résoudre des conflits.

Une période pendant laquelle une austérité budgétaire sans précédent empêche de faire fonctionner dignement les services publics de la santé, de l’éducation ou de la culture. Une période où on se retrouve comme sidérés face à cette actualité ultra-violente.

Précisément dans ce moment, face à l’obscurantisme, l’autoritarisme et la banalisation des idées d’extrême droite, la culture devrait nous servir de boussole. Or cette dernière est violemment mise en péril. Personne ici, de son vivant, n’a vécu de coupes budgétaires aussi drastiques que celles qui ont lieu actuellement. 

Nous sommes dans un lieu exceptionnel où fut inventée et expérimentée la culture de service public par un des pionniers du théâtre national populaire, Jean Vilar. Citons-le, juste pour le plaisir « Le théâtre [et par extension la culture] est une nourriture aussi indispensable à la vie que le pain et le vin. La culture est donc au premier chef un service public, tout comme le gaz, l’eau, l’électricité ». 

Nous sommes nombreuses et nombreux à partager cette conviction. Les arts et la culture ne sont pas un lien comme les autres, ils ne doivent pas répondre à la logique du marché, de l’industrie ou de la rentabilité. Pour garantir la diversité des œuvres et développer la pratique artistique nous devons défendre avec force la nécessité d’un service public de la culture et du spectacle vivant. 

Qu’en est-il dans notre territoire ?

Dans le cadre de Terre de Culture 2025, la ville d’Avignon consacre un budget annuel particulièrement important à la culture. Le Grand Avignon, quant à lui, a voté un budget de culture à la hausse cette année et le département du Vaucluse a rassuré le secteur en maintenant finalement sa dotation au niveau de l’année précédente.

Mais dézoomons un peu. Cette année, une baisse de 7,7% du budget de la culture a été votée par la Région Sud. Petite joueuse, comparée à la région Pays de la Loire, et ses 73% de baisse ! Christelle Morançais est élue tronçonneuse d’or de l’année 2025 [Lire ici]. 

Vous pouvez, collectivement, ne pas l’applaudir, sans oublier Kléber Mesquida, tronçonneur d’argent, le président du Conseil départemental de l’Hérault qui reste sur le podium : il était parti sur un chiffre record de 100% de baisse mais a dû se contenter de 25% suite à la forte mobilisation des travailleuses et des travailleurs.

Et que dire des 150 millions de baisse dans le budget du ministère de la Culture qui sont annoncés pour 2025 et sont accompagnés des 2,5 milliards d’économies demandées par l’État aux collectivités territoriales ? 

Alors, nous aimerions réaffirmer à Rachida Dati que la culture est essentielle, car c’est notre bijou et nous savons que madame la ministre aime ça… la culture.

Quant à notre ministre de l’Éducation nationale, madame Borne, si elle cherche des idées innovantes pour permettre aux plus jeunes élèves de trouver la voie, nous lui proposons non seulement de dégeler la part collective de la culture, mais également de l’étendre… jusqu’à la maternelle ? 

Plus sérieusement : nous sommes des centaines de milliers d’artistes, techniciens, personnels administratifs et d’accueil à œuvrer collectivement pour que le spectacle soit un bien commun. Derrière les œuvres, il y a des professionnels engagés qui continuent, malgré les difficultés actuelles, à faire vivre ce projet politique essentiel.

Que vont devenir nos métiers ?

Que dire à tous les jeunes qui rêvent encore de devenir artistes, techniciens, techniciennes du spectacle vivant ? Que les conditions de travail sont de plus en plus précaires ? Que les plannings se vident ? Que malgré l’inflation, les salaires n’augmentent toujours pas ?

Qu’aujourd’hui, financer une création est devenu un parcours du combattant ? Car oui, c’est la réalité pour une grande partie des travailleurs et des travailleuses de la culture, l’avenir devient moins désirable que le passé. Et nous n’avons pas envie de dire que c’était mieux avant.

Nous voulons crier « ce sera mieux que demain ».

Pour que ce soit le cas, voici nos revendications :

Refinancement immédiat des services publics de l’art et de la culture. 

Préservation, sanctuarisation et prolongement du Fonpeps. 

Abrogation de la réforme de l’audiovisuel public. 

Et pour aller plus loin : engagement financier de l’État dans les écoles d’art territoriales, et entrée des artistes-auteurs dans la caisse commune de l’assurance chômage. 

Pour que la culture ne devienne pas un privilège mais demeure un droit accessible à toutes et à tous, restons mobilisés. »

Jérémy Bourges et Marie Hurault, CGT spectacle de Vaucluse


Retrouvez nos articles Société, Éditos et Tribunes ici

« Familia » : Au nom du père

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Familia de Francesco Costabile @Damned Films

En mars dernier, le long métrage en noir et blanc de Paola Cortellesi, Il reste encore demain – qui traitait de la violence domestique endurée par les femmes et dont l’action se déroulait  après-guerre, pulvérisait les entrées au box office en Italie. Cette année, un autre film, Familia de Francesco Costabile, présenté à la Mostra 2024, revient sur le même thème. Mais son scénario s’ancre dans la réalité contemporaine et s’inspire du récit autobiographique de Luigi Celeste : Non sarà sempre così. Autant dire que ce fait de société s’inscrit dans une continuité historique et garde, hélas, une actualité dramatique.

Le titre du film renvoie au tout puissant et redoutable pater familias romain. D’ailleurs on est à Rome. Pas celle de la Piazza Navona mais celle plus générique des cités périphériques. On ne verra guère la ville, la mise en scène enfermant la plupart du temps les personnages dans des intérieurs étroits, salle à manger, cuisine, corridor, cellule, parloir.

Licia (Barbara Ronchi) a deux fils. Alessandro et Luigi. Ils forment une petite famille aimante, dont l’équilibre et la paix sont menacés par la libération du père et mari, Franco (Francesco Di Leva). L’homme a passé 9 ans en prison pour vol à main armée. On comprend que les violences exercées sur sa femme l’ont également condamné à un « effacement du noyau familial ».

Mais la terreur est toujours présente chez Licia, qui change ses serrures, et chez Alessandro, l’aîné des garçons, qui entend encore les cris de sa mère sous les coups du père. Et en passant par ses fils et la faiblesse du cadet, Franco arrive à s’approcher du foyer et à s’y immiscer. Les violences reprennent, la police arrête Franco. Ale et Gigi sont envoyés en foyer, séparés pendant quatre ans de leur mère. Un traumatisme s’ajoutant aux autres. Une injustice pour la femme battue s’ajoutant aux autres.  

« Respire »

Allers retours entre espoirs et désespoirs, calme et tempête, moments de bonheur et scènes cauchemardesques, entre silences et cris, mensonge et vérité, le film crée un rythme spasmodique. Dans ce couloir où chuchotent les enfants tandis que leur mère hurle derrière la porte de la chambre, on est Licia, on est Luigi, on est Ale. « Respire » dit Ale à son petit frère. Mais comment faire, la boule à la gorge ?

La B.O. signée Valerio Vigliar est d’une redoutable efficacité pour accompagner et souligner ces tensions. On est dans un Shining. Franco est le diable en personne, passé maître dans l’art de la manipulation, dévoré par la jalousie, enfermé dans sa propre toxicité fatale. On entre dans les peurs de chacun. Celles de Licia marquée à jamais dans son corps, soumise comme une bête terrorisée. Celle des fils. Gigi, surtout, qui ne voudrait pas ressembler à son père et craint de poursuivre une relation amoureuse avec Giulia (Tecla Insolia).

Les miroirs déformants d’une fête foraine leur renvoient une monstruosité potentielle. Le réalisateur dissèque la complexité des sentiments et des émotions de chacun, s’attardant davantage sur Luigi qui devient le personnage principal. Rien n’est simple. Tous voudraient tant « faire famille ».

Ce mélodrame noir comme la nuit dans laquelle le directeur de la photo Giuseppe Maio, le plonge le plus souvent, rapproche la chronique sociale et le cinéma d’horreur, impliquant le spectateur quitte à le malmener un peu.

ÉLISE PADOVANI

Familia, Francesco Costabile

En salles le 23 avril

L’Amérique du Sud sur la toile

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Mexico 86 de César Diaz @ Bac Films

Cap sur l’Amérique latine avec pour boussoles obstinées les idées de solidarité et de fraternité. Comme toujours, depuis 26 ans, les Rencontres du cinéma Sud-Américain s’engagent par le cinéma – qui inclut musique, danse, peinture, photo, littérature – à défendre les valeurs humanistes, contre les vents contraires des guerres et des fascismes.

Pour cette édition, toujours portée par l’Association solidarité Provence/Amérique du Sud (Aspas), onze pays d’Amérique du Sud seront représentés. Dans les sept longs métrages en compétition officielle pour le Colibri d’or et le Prix du public, et dans la sélection des dix courts métrages. Un jury jeune décernera aussi son propre Prix. Le tout se passe principalement aux Variétés, à Marseille, où auront lieu débats, leçons de cinéma, rencontres, concerts et buffet aux célèbres empanadas – et d’autres événements sont à découvrir dans le reste de la Région Sud.

Pluie de pellicules

Ouverture le 25 avril avec Mexico 86 de César Diaz qui suit le parcours sacrificiel de Maria (Bérénice Bejo), une militante guatémaltèque en cavale, tiraillée entre la révolution et son amour maternel. Clôture le 1er mai, avec Soy Múcura de Nina Marin. La réalisatrice colombienne primée par le festival l’an dernier pour Tierra Quebrá donnera par ailleurs, une masterclass. Elle explore avec ce deuxième long métrage le monde caribéen, la puissance de la musique, l’histoire des peuples, dans le sillage d’une jeune fille sourde, douée pour la danse.

Entre les deux, venu de la République Dominicaine – un pays peu présent dans les festivals –, Sugar Island de Johanné Gómez Terrero,fera découvrir, à travers l’histoire d’une ado enceinte, le rude sort des coupeurs de canne à sucre haïtiens, devenus chômeurs sans indemnités après la mécanisation agricole, et les problèmes de leurs enfants apatrides. Séance suivie d’un échange avec Les Philosophes Publics.

En noir et blanc, Vrutos de Miguel Bou, nous conduira dans la banlieue argentine chez des « guerriers » de quartier, une épopée urbaine où rugby rime avec vengeance. On ira aussi avec Los Tonos Mayores d’Ingrid Pokropek dans l’imaginaire d’une jeune fille dont la prothèse de bras capte d’étranges messages. Me Dicen El Panzer de Rodriguo Quintero Arauz dans le rêve et la réalité d’un joueur de foot. Et De la Guerre froide à la guerre verte – documentaire d’Anna Recalde Miranda, sélectionné au dernier Festival du film engagé – dans les arcanes d’un désastre écologique en continuité d’un processus politique.

Des courts aussi

La compétition courts métrages fera la part belle aux thématiques sociopolitiques et familiales chère aux Rencontres, à l’instar de Las Olas Que Vendrán évoquant l’immigration africaine en Argentine. L’extraordinaire variété de ce format cinématographique nous fera passer de l’intimité d’un deuil (Adorable Puente de Juan Bruno Demichelis) à la passion pour une patate héritée des Incas et menacée par la normalisation commerciale (Nativa de Ronal Arancibia).

La cérémonie de remise des prix, le 2 mai, sera suivie par la projection de Salidos de la Salamanca, en présence de sa réalisatrice, Josefina Zavalia Abalos, un documentaire qui va à la source de la chacarera, danse traditionnelle née du métissage et la relie à Salamanca, la célèbre ville des sorcières.

ÉLISE PADOVANI

Rencontres du cinéma Sud-Américain

Du 25 avril au 2 mai

Les Variétés, Marseille

Programmation complète sur cinesudaspas.org

Numéro Zéro : à l’ouïe et à l’œil

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L'Ange Blanc de Yan Paranthoën et Claude Giovannetti @X-DR

Pour sa 8è édition, le festival Numéro Zéro marche encore sur ses deux jambes: le cinéma documentaire et la création radiophonique. Dans une programmation dédiée aussi bien aux scolaires et aux étudiants qu’à un large public. Du 23 au 27 avril, à Forcalquier et à Cruis ( 04), 19 films ont été retenus, la plupart accompagnés par les réalisateurs-trices.

Parmi eux, le remarqué Sauve qui peut de Alexe Poukine qui nous transporte dans un centre de formation pour soignants. Là, s’organisent des jeux de rôle avec des comédiens : comment annoncer un diagnostic ? Travailler son empathie avec les patients ? Un angle d’attaque original pour explorer la souffrance en milieu hospitalier qui frappe aussi bien les malades que le personnel médical. Souffrance au travail abordée également par Jean Boiron-Lajous croisant les discours de  6 démissionnaires de la Fonction publique avec Hors-service.

On embarquera grâce à Save Our Souls de Jean-Baptiste Bonnet, sur l’Océan Viking, navire-ambulance affrété par SOS Méditerranée. On fera connaissance avec une pionnière océanographe des années 50, avec Voyage de documentation de Madame Anita Conti de la talentueuse Louise Hémon. Laïs Decaster qui a travaillé avec Claire Simon, présentera quatre de ses courts métrages.

Côté sonore, deux documentaires radiophoniques à ne pas rater : L’Ange Blanc  de Yann Paranthoën et Claude Giovanetti de 1995, jamais diffusé sur les ondes, pour découvrir la vie tumultueuse et chaotique de Gwénaëlle. Et l’utopie où j’ai vécu de Chloe Sanchez (2024), pour rencontrer cette « radiophile, bruit-colleuse, créatrice d’images et d’histoires pour les oreilles ».

Autour d’archives sonores, Maya Boquet proposera une rencontre-écoute et un atelier.

Et Jean-Baptiste Imbert, réalisateur en résidence, présentera sa pièce sonore sur le thème de la chasse et la cueillette.

Ne pas oublier le Ciné-performance de Léa Morin au titre énigmatique : Les films qui n’existent existent. Et la Ciné-conférence de Federico Rossin sur un sujet, on ne peut plus d’actualité, hélas : Ce que le Cinéma a fait et peut faire face au fascisme.

ELISE PADOVANI

Programme et agenda : www.festivalnumerozero.com

07 69 82 85 28

Le MIAM aux Célestins, un régal céleste !

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AVIGNON
© A.F

Est-il temps de repenser les hiérarchies des arts d’aujourd’hui ? Hervé Di Rosa est partout, et ses arts modestes interrogent à Sète l’art du papier d’emballage – d’agrumes exclusivement [lire sur journalzebuline.fr] – et font la joie du Mucem qui n’a jamais été aussi coloré et populaire. 

À Avignon, c’est la sublime église des Célestins, magnifiquement et modestement restaurée, qui accueille ses Curiosités du MIAM. Cinq ans après les Extases mystiques d’Ernest Pignon-Ernest, la chapelle principale est envahie d’une autre irrévérence religieuse, sans plus de sacrilège pourtant. 

Pignon-Ernest voulait faire entendre « les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée » chers à Nerval dans des extases charnelles sublimes mais délicieusement terrestres ; le MIAM alimenté par les œuvres de Di Rosa et les agencements de l’infatigable chineur Bernard Belluc, fait surgir des démons multicolores, des gremlins pop, des viscères roses, des démons bleus, et des figurines enfantines grimaçantes disposées en une immense croix sous la nef centrale. 

À l’entrée une sainte famille en papier mâché, un peu partout des gargouilles fantaisistes, des rocailles, des mickeys, une collection de faïences étalant des sortes de vulves paysagées, une barque de squelettes emmenant vers Cythère, un bus et des faux gardiens goguenards, assis, qui regardent les visiteurs… 

Tout-monde, Tout-art

On fait ainsi un tour du monde du goût, bon ou mauvais, peu importe, du Mexique à l’Afrique, de religiosités diverses en icones capitalistes, d’un sale portrait de Mireille Mathieu en chevalier du temps couvert de cadrans de montres. 

© A.F

Le plan ? Il est indiqué sur le planisphère à l’entrée : si les cartels sont rares, si les artistes sont pour la plupart anonymes, le projet des commissaires est clair.  Dans cette église il s’agit de renverser l’ordre de l’art. En irrigant le sacré de profane, sinon de profanations – le MIAM, modeste, n’est pas révolutionnaire – mais aussi en rapprochant ses pôles : L’Archipel des Arts modestes d’Hervé Di Rosa exposé à l’entrée inscrit ses trouvailles entre art académique et art populaire, déclinant tous les autres en une multitude d’îles : les petits continents, art naïf, brut, singulier, street art, art religieux, commercial, amateur, traditionnel, bordent les minusculesîles, fanzines, canevas, piñatas, boules de neige et épouvantails… 

Car cet art archipélique fait tout-art de sa diversité : de genre, de destination, de matériau, degéographie. Mais il s’emploie dans ses rapprochements à dégager des sensations de joie et de peur légère, d’enfance, et à convoquer des souvenirs communs, pour faire tout-monde.

AGNÈS FRESCHEL 

Les Curiosités du MIAM
Jusqu’au 15 juin
Entrée libre
Eglise des Célestins, Avignon

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Exode musical à l’Estaque 

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picsounds
Perrine Mansuy © X-DR

Musiques du monde, jazz, électroacoustique, un ciné-concert… le Pic, installé à l’Estaque, accueille toute l’année une diversité de propositions artistiques dans ses murs. Et il propose, du 24 au 27 avril, à l’occasion de son rendez-vous intitulé PicSounds, d’en offrir une restitution au public. Pour cette première édition, quatre compagnies vont se partager le plateau. 

Avec Perrine Mansuy (piano) et François Cordas (saxophones) le jazz sera bien représenté. Après avoir enregistré des albums consacrés à Brel et Aznavour pour le célèbre producteur américain Alan Douglas (Éric Dolphy, Miles Davis, Jimi Hendrix…) les deux musiciens se retrouvent sur scène autour de leurs compositions respectives. Du jazz certes, mais teintéaussi de poésie, de folk et de pop songs.

À travers champs

Connaissez-vous le DAS ? L’indice de « débit d’absorption spécifique » est une mesure indiquant la puissance d’un flux d’énergie véhiculée par les ondes radio absorbées par l’usager d’un téléphone lorsque l’appareil fonctionne à pleine puissance. L’absorption de ces champs électromagnétiques entraîne une élévation de la température des corps. Oui ça fait peur.

Sébastien Béranger © Christian Taillemite

Compositeur et interprète reconnu pour ses créations novatrices dans le domaine des musiques électroacoustiques, Sébastien Béranger nous embarque donc à travers champs… électriques et magnétiques avec une performance pour guitare électrique baryton, électromagnétismes et électronique live. Tels des fantômes, les spectres sonores des ondes se dévoilent. Le compositeur les module, les sculpte, les recompose.

Retour dans le monde visible avec les chanteuses, compositrices et musiciennes Sylvie Paz et Kalliroi Raouzeou. Le duo ZOPPA – il tire son nom du rythme contraint et syncopant qui donne aux notes une marche comme boiteuse – rend hommage à Alice Guy, première femme réalisatrice de cinéma. Dans ce ciné-concert, elles accompagnent en musique les œuvres de jeunesse de cette pionnière, sorties chez Gaumont. Des trésors et témoignages incroyables des premiers pas de l’art cinématographique…

Enfin, nos oreilles nous mèneront en Arménie avec le Trio Sayat. Le pianiste et compositeur Nicolas Mazmanian, le percussionniste Christian Bini et le violoncelliste Jean-Florent Gabriel sont au Pic comme chez eux puisqu’ils sont membres de l’Ensemble Télémaque en résidence dans le lieu. Le trio est le fruit de leur amitié humaine et musicale. Entre répertoire classique et création contemporaine, compositions originales et improvisation, les trois compères nous font voyager dans les espaces d’Asie mineure. 

ANNE-MARIE THOMAZEAU

PicSounds
24 et 25 avril : représentations scolaires
27 avril : 4 mini-concerts
Pic, Marseille 

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Trio Nóta : Y’a d’la joie

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trio

C’est sur la scène de la salle Musicatreize que Cati Delolme, Gabrielle Varbetian et Melissa Zantman ont présenté au public l’album Öröm(joie en hongrois). 

Le titre leur va comme un gant. Elles sont drôles, facétieuses, émouvantes et leur complicité est évidente. Elles aiment jouer avec leurs voix, avec des petits instruments en métal ou avec la flûte en bois de Mélissa. Elles aiment virevolter dans leurs déplacements circulaires et fluides et entraîner le public dans une douce allégresse. Pour ce concert exceptionnel, elles ont invité le percussionniste Thomas Bourgeois, visiblement en joie, lui aussi, d’être là.

Ce petit bijou musical à capella met à l’honneur la Hongrie à travers trois de ses plus grands compositeurs : Béla Bartók, Zoltán Kodály et Gyögy Ligeti et leurs œuvres vocales, la plupart du temps, composées pour grands chœurs, que le trio a réarrangé pour trois voix.

Polyphonies subtiles

Les chanteuses rompent avec l’académisme pour proposer une interprétation naturaliste de ces morceaux renouant aux sources des traditions populaires d’un pays traversé par des multiples influences culturelles. Chacune prend à son tour le lead, les voix se mêlent, s’entrelacent, se répondent ; polyphonies subtiles, baladeuses, légères, endiablées, plus profondes ou berceuse tendre. 

Les textes parlent d’amour naissant ou passionné, de ce premier amant qui évoque le sucre de la pastèque, des étoiles dans le ciel qui portent le nom de l’élu(e), de noces, pas toujours heureuses, de tourments et des chagrins qui laissent avec tant de larmes. On y entend aussi les échos d’un monde rural, pastoral, paysan et des commères – que le trio mime à ravir – se raconter les derniers potins du village. On y croise enfin une petite taupe agile et le chant d’un oiseau magnifique qui ne veut plus de cage dorée mais juste être libre dans une forêt qui vibre. C’est très beau.

ANNE-MARIE THOMAZEAU

Öröm du Trio Nóta
(Empreintes digitales)
Production de l’association Le chant du Voisin, l’album a pu voir le jour grâce au soutien de l’Adami, de l’Espace Culturel de Chaillol et de la Région Sud. 

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Grand jeté

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grand jeté
© Andrea Macchia

En danse classique, le grand jeté, souvent réservé aux solistes triomphants, est un grand écart dans les airs, considéré comme l’un des pas les plus impressionnants et les plus virtuoses de l’art du ballet. La chorégraphe et artiste performeuse italienne Silvia Gribaudi transpose la signification métaphorique de ce mouvement (le courage de s’élancer dans l’inconnu) à la vie de tous les jours, en l’explorant avec humour et autodérision. 

Car après l’envol, il y a la chute… Tout de noir vêtus, les interprètes (10 danseuses et danseurs de la MM Contemporary Dance Company, dirigée par le chorégraphe Michele Merola) offrent de multiples variations de ce pas emblématique. Tandis que la chorégraphe, choisissant d’être sur scène et de dialoguer avec les danseurs et le public, joue de ses rondeurs avec une espièglerie clownesque. 

MARC VOIRY

29 avril
Le Zef, Scène nationale de Marseille

Les jours de mon abandon

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les jours de mon abandon
© Anna Van Waeg

Adaptation du roman d’Elena Ferrante, Les jours de mon abandon se situe dans l’Italie de la fin des années 1990, et met en scène Olga, 40 ans et deux enfants, mère et épouse dévouée, qui du jour au lendemain, se fait quitter par son mari, pour une femme deux fois plus jeune. De femme « parfaite » selon les « diktats archaïques du patriarcat », Olga, une fois le maquillage retiré et les apparences dissipées, va devenir violente et grotesque, scandaleuse et puissante. 

Un spectacle engagé et féministe, mis en scène par Gaia Saitta (qui interprète Olga) entre commedia dell’arte et approche cinématographique des rôles à la manière de Cassavetes, où le public, dispersé sur le plateau et en dehors, à la fois impliqué et témoin d’une Olga qui « apparaît dans toute sa tragédie : une Médée contemporaine, qui n’a plus besoin de tuer pour exister ». 

MARC VOIRY

Du 28 au 30 avril
Théâtre Joliette, Marseille

Paparazzi

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paparazzi
© Thibaud Ponce

Paparazzi ce sont des textes de Matéi Visniec, dramaturge et écrivain franco-roumain, poète et journaliste, « maître de l’écriture laconique du petit format » aux thèmes contemporains multiples et variés : solitude, enfermement, suspicion, espionnage, guerre, immigration, dystopie animale, jeux d’amour, espoir et vie. 

Dans cette mise en scène des Cartoon Sardines, le spectateur est transporté dans un monde futur, où la société est dénaturée par quelques événements imprévisibles, et sournoisement oppressée par un système invisible et omniprésent. Sur scène, quatre acteurs explorent les subterfuges et les échappatoires de cette société en déclin, tandis qu’un cinquième larron, musicien, tel un pilote sur son vaisseau musical, impulse le tempo dramatique et unifie l’ensemble. 

MARC VOIRY

25 et 26 avril
Théâtre des Calanques, Marseille